Bonsoir !

Si vous suivez toujours : voici votre dose hebdomadaire de drama et de larmes.

Une fois de plus, on salut celles et ceux qui suivent/fav/ l'histoire. J'espère qu'elle vous plaît. N'hésitez pas à me laisser un mot, vraiment, pour le moral, le boost, l'égo (vous connaissez oof)

Pour ce qui est des trigger warnings de chapitre : violence, sang, meurtre, combat, etc

Comme toujours : si vous vous sentez mal, déprimé, etc, cette histoire n'est peut-être (voir probablement) pas la bonne pour vous (moi-même je projette mon propre ouin-ouin dans mes écrits en vrai donc bon, ça va être la foire à la violence) bref : faites attention à vous, prenez soin de vous, buvez de l'eau et restez hydraté.

Pour celles et ceux qui se réveillent tous les jours en choisissant le chaos et les fanfictions où on ne vit que pour le drama : bonne lecture !

Le titre du chapitre est une chanson de Stevie Wonder


LETTING SINK HIS TAILS TIL THEY TRAILED IN THE DUST

INTERLUDE : I
SUPERSTITiON


Son premier jour ! Il s'agissait enfin de son premier jour de boulot en tant qu'ANBU et le Rikudo savait à quel point il était surexcité à l'idée de rejoindre enfin son escouade. Il avait attendu cette promotion depuis des années, lui, du haut de ses vingt-deux ans. Il n'était plus tout à fait considéré comme faisant partie des 'jeunes Shinobi' mais il n'était pas non plus à mettre à la retraite — loin de là ! Il se savait bon Ninja, la preuve, voilà qu'il finissait finalement par entrer dans l'élite du village. Alors ouais. La journée allait être bonne, il le pressentait, vous pouviez appeler cela un sixième sens si vous le vouliez.

« — Et voilà vous êtes officiellement ANBU de Konoha, félicitation ! s'exclama la dame âgée en reposant son appareil.»

Le jeune homme à qui elle venait de s'adresser, ne put empêcher un large sourire de venir manger la commissure de ses lèvres en avisant de son reflet dans le miroir et du tatouage rouge qui ornait désormais son épaule gauche. Enfin, se dit-il. Mon heure de gloire est arrivée ! Il récupéra le masque blanc qu'on lui tendit – celui doté d'un bec à l'effigie d'un aigle et dont deux bandes de couleur orange barraient ce dernier, tandis que deux triangles de mêmes couleurs avaient trouvé place de part et d'autre du marquage de ses yeux – et le passa sur son visage, complétant ainsi sa tenue. Dans son dos, son capitaine esquissa un léger sourire derrière son masque en voyant à quel point son nouveau coéquipier semblait satisfait.

« — Je vous remercie Madame Oyasaru, fit le capitaine en s'inclinant respectueusement. Nous allons y aller si tu es prêt, Iguru

La vieille femme eut un léger rire, alors qu'elle faisait signe aux deux Shinobi de filer. La sieste l'attendait et les deux hommes allaient avoir du boulot, n'est-ce-pas ? Iguru puisque tel était désormais le nom qu'il devrait porter lorsque ce masque couvrirait son faciès hocha la tête et l'instant d'après, voilà qu'ils avaient disparu via un Shunshin.

À des kilomètres de là, plus exactement à quelques mètres de la porte Est du village, le Capitaine – Karasu – et son équipier firent leurs apparitions, au milieu d'autres ANBU, alors d'ors et déjà perché sur le toit d'un appartement. Six personnes étaient ainsi réunies silencieusement et toutes avaient en commun, l'uniforme traditionnel des ANBU de Konoha, ainsi qu'un masque à l'effigie d'un oiseau. Peint de rouge, parfois de bleu ou de jaune ou de vert, leurs becs étaient proéminent — ils étaient à n'en pas douter, une équipe à eux six. Enfin, le chef s'avança légèrement dans l'espèce de cercle qu'ils avaient naturellement formé en attendant de recevoir les ordres. Il avait une tignasse noir d'encre, comme hérissée autour de sa tête, bien que quelques mèches plus longues, furent nouées en une petite natte derrière son oreille. Son masque lui, possédait un long bec, plus long que ses camarades et était peint de bleu en de petites vagues continues sur le pourtour dudit masque, depuis ses oreilles jusqu'à son front, quoique séparé par deux petites gouttes qui avaient l'air de tomber sur ses yeux. Ces derniers par ailleurs, avaient été peint de tellel façon à ce qu'il donne l'impression de pleurer constamment, à cause des deux larges bandes colorées qui partaient du haut des pseudo-paupière, jusque dessous sa mâchoire.

« — Équipe Tori, dit-il de son ton grave.

Les Shinobi lui prêtèrent aussitôt une attention toute particulière, bien que l'on pouvait sentir la curiosité écumer les esprits. Karasu esquissa un fin sourire sous son masque..

— À compter de ce jour, Iguru rejoint cette escouade. Nozuru, tu feras équipe avec lui.

Nozuru semblait être un homme à première vue, de part sa carrure large, et ce, malgré sa tignasse longue et d'un gris fade. Son masque, lui, devait être à l'égérie d'une buse malgré les peintures vertes qui le colorait. Le bout de son bec – qui lui était petit, bien que recourbé vers l'intérieur – était peint de la même façon que le haut de ses yeux, eux-mêmes dessinés dans une expression colérique. Deux ronds peints prenaient place en plein milieu de son front, tandis qu'un trait s'étendait, vert, d'une pommette à l'autre.

Nozuru donc, opina du chef, n'échangeant alors qu'un regard avec Iguru dont la nervosité lui faisait constamment remettre ses longues mèches folles et rousses derrière ses oreilles.

Karasu poursuivit ;

— Il s'agit d'une mission d'assassinat. Les cibles sont E85-701, I23-647, N19-117, ainsi référencées dans le Bingo Book. Haitaka et Kûren seront responsables de la première.

Respectivement, il s'agissait d'un jeune garçon d'une dizaine d'années peut-être, à la tignasse blonde cendrée coiffée comme l'ancien ANBU Hatake et dont il était l'unique porteur d'un masque comme doté de minuscules oreilles tombantes, sur le haut de sa tête. À l'effigie d'un épervier, son masque était peint de motifs divers et variés, tous jaunes. Le contour de ses yeux, le tracé de son bec large – qui donnait comme une expression narquoise au masque – et quelques autres marques là, au-dessus de son œil gauche et dessous son œil droit, sans compter les autres traces en forme de triangle dessous son bec. À ses côtés, l'unique femme du groupe, Kûren, était dotée d'une longue et épaisse tignasse d'un doux violet. Son masque était à l'effigie d'une grue et peint de motif rouge. Tout comme Nozuru, deux points rouges avaient trouvé place en plein milieu de son front, en plus des deux marques symétriques qui s'étendaient sur ses tempes. Son bec de taille relativement normale était peint de rouge, juste en bordure. Elle échangea comme un regard complice avec Haitaka, son binôme de toujours et reporta son attention sur Karasu qui terminait de distribuer les cibles.

Ainsi, la seconde ; I23-647 fut attribuée à un dénommé Tsubame, un jeune homme dont le masque était à l'effigie d'une hirondelle et peint tout comme Karasu de bleu. La moitié haute, gauche de son masque plus précisément, ainsi que la démarcation de son bec et deux petites marques au coin de son œil droit. Le tout lui donnait un air las, bien qu'il soit loin de l'être. Négligemment, Tsubame passa une main dans sa courte tignasse brune, l'ébouriffant un peu plus qu'elle ne l'était déjà. Comme toujours, lui et Karasu feraient équipe. Ainsi ne resta qu'Iguru et Nozuru à s'occuper de la dernière cible. Le petit nouveau avait du mal à tenir en place.

— Les cibles sont respectivement de rang S, S et A. Vous êtes priés d'effectuer votre mission de façon à ce qu'aucunes traces ne soient laissées, aucune remontant à Konoha tout du moins. Les corps sont à sceller et à apporter au légiste Ayasegawa. »

Un silence plana, quelques instants à peine, le temps que ses coéquipiers intègrent ce qu'il venait de dire. La seconde d'après et sur un : Dispersion ! Tous s'étaient comme.. Envolés.


D'un geste simple et dans un bruit de succion répugnant, Nozuru termina d'essuyer le sang qui maculait son Ninjatō avec la propre tenue de la femme qu'il venait d'assassiner froidement. Iguru ne lui aurait pas donné trente ans – elle en avait à peine vingt-cinq pour être exacte – mais il n'avait fait aucune remarque. En tout cas, pas après qu'il eut émis un doute quant à éliminer le témoin à ses côtés. Nozuru s'était contenté de le fixer longuement, avant de répéter les mots que le capitaine avait dit, quelques jours plus tôt. Pas de traces signifiait qu'il était impensable de laisser le moindres témoin, et ce, même s'il s'agissait d'un bambin. C'était dur, injuste, mais les règles étaient les règles. Ils étaient ANBU pour l'amour du Rikudo, pas de simples Genin ou civiles. Les ANBU n'étaient-ils pas spécialisés dans l'assassinat – en plus de l'espionnage et d'autres choses ? Iguru aurait bien vite fait de s'en souvenir. Il avait voulu intégrer l'escouade, à lui de l'assumer désormais. Tant pis s'il avait toujours cru que Konoha était le village le plus honorable du lot.

« — Qu'en est-il du sceau ? demanda l'homme au masque vert.

La nouvelle recrue termina de tracer les kanji sur son morceau de parchemin puis effectua quelques mudras. Une lueur rouge fut émise et il avisa de son aîné.

— Paré à être scellé.

— Bien. »

Rien de plus ne fut ajouté. Le corps de la défunte Shinobi de Kumo fut scellée et celui du gamin qui l'accompagnait, réduit en cendres qu'ils eut bien vite fait de disperser en contrebas, dans la rivière. La mission avait été un franc succès et il était temps désormais, de retourner à Konoha, afin de rendre leurs rapports. Iguru fut celui qui s'occupa de la vérification, afin d'être sûr qu'ils n'avaient laissés aucune traces de pas ou autre et laissa son coéquipier user d'une technique Doton afin d'aplatir le terrain comme il l'avait été avant que le combat ne soit engagé. Et sur cette entrefaite, ils firent le chemin inverse.

Et tandis qu'ils bondissaient de branches en branches, Iguru eut tout le loisir de laisser son esprit divaguer. Concrètement, l'ANBU n'était pas comme il se l'était réellement imaginé. Pas pire, pas mieux. C'était à quelques exceptions près le même boulot qu'être Jonin, si ce n'est que son identité était désormais cachée et qu'il ne rendait de compte, plus qu'à Tsunade en personne et personne d'autre. Sa paie était aussi plus élevée, naturellement, mais vue la besogne qui lui était donnée de faire, rien d'étonnant. Restait à voir si absolument tous les ANBU étaient de tels.. Trou-du-cul, comme Nozuru, songea le rookie.

Son coéquipier ne lui avait, après tout, pas décroché un seul mot de tout le trajet à l'aller et s'était contenté de lui faire froidement remarquer qu'il n'avait pas son mot à dire sur le déroulement d'une mission. Pour Iguru, c'était suffisant pour que ce type soit considéré comme un connard fini et il ne disait pas cela parce que sa fierté avait été piétinée. Au bout du troisième jour, lorsqu'il fut las de ce silence – lui qui était un vrai moulin à paroles, comprenait sa souffrance – il prit son courage à deux mains et sauta à hauteur de son coéquipier, dans l'idée de lui faire la conversation.

« — Tout baigne Nozuru-sempai ? babilla t-il d'une voix guillerette.

L'homme avisa son cadet quelques secondes à peine et sur le coup, Iguru fut persuadé qu'il avait haussé les sourcils, là, sous son masque. Aucune réponse ne vint pourtant. Nozuru se contenta de continuer sa course, rehaussant alors négligemment le gros rouleau de parchemin sur son dos, tenu par des lanières de cuirs. Iguru ne s'avoua pourtant pas vaincu.

— C'était plutôt calme comme missi..

— La ferme, Iguru !

Surprise, la nouvelle recrue manqua de s'étaler en bas d'un arbre. La surprise fut d'autant plus grande, lorsque l'ANBU au masque vert daigna finalement s'arrêter, pour le toiser. L'expression peinte sur son masque reflétait naturellement la colère, mais pour le coup, Iguru fut certain que même sous ce masque, une fois encore, la même expression s'y trouvait.

— Ce mot est tabou dans ce genre de mission, merde, on ne t'a jamais rien appris ? Éructa t-il avec humeur. Ça porte malheur ! »

Le gamin eut la décence de courber l'échine, contrit – bien que perdu. Il ne voyait pas trop en quoi le fait qu'il dise que la mission avait été calme, était un porte-malheur en soi. Son aîné souffla longuement, lui faisant signe de se remettre en route, non sans le maudire sur sept générations. C'était la règle d'Or des ANBU – de tout Shinobi même. Jamais Ô grand jamais, le mot en "C" ne devait sortir avant que les portes du village ne soient atteintes. Le Rikudo lui-même ne savait quel genre de merde pouvait alors leur tomber dessus. Les mercenaires pouvaient apparaître soudainement et les abattre, une guerre pouvait être déclenchée et tout ce bazar.

Inutile de préciser que rien ne se passe vraiment calmement après ça.


Haitaka toussa une gerbe de sang, là, assis – ou plutôt échoué – au pied d'un arbre. Un trou presque béant était venu élargir ses flancs dans l'unique but de le vider de son sang. La manœuvre avait été plutôt réussie jusque-là. Plus loin, à quelques mètres de là, Kûren poussa un rugissement de rage en assénant un énième coup à cet ennemi qui était soudainement apparu. Et comme les dix derniers, il explosa en une gerbe de feu. Elle hurla à nouveau, de rage, de frustration, le tout non sans jeter un coup œil en arrière, sur son éternel binôme, ce gamin de dix piges à peine.

« — Montres-toi, lâche ! hurla t-elle de nouveau.

Quelque chose de dur entra en collision avec son épaule et elle hurla lorsque cette dernière émit un craquement assourdissant. L'épaule brisée – elle pouvait sentir que l'os s'était réellement brisé en plusieurs morceaux – elle retient les larmes qui brouillaient sa vue. Un homme doté d'un masque monochrome, uniquement teint de blanc et portant sur son épaule un enfant vraisemblablement assommé, émit un rire gras.

— Bouges ton cul grognasse ou je t'assure que je te réduis en putain de pâtée pour chien !

Kûren ne bougea pas d'un poil. Bordel, elle aurait tout simplement pu fuir, et laisser ce type emmener ce gosse qu'elle ne connaissait pas, seulement, quelque chose clochait. Non content de porter le blason de l'ancien village caché d'Uzushio sur son épaule, ce type qu'elle avait vu fouiller dans les affaires du gosse, en avait ressorti une missive, avec le sceau de l'Hokage elle-même. Alors non. Ça ne tournait pas rond et qu'Izanami la foudroie sur-le-champ si elle manquait à ses devoirs d'ANBU, qui consistait à la protection de son village natal – et de ses habitants.

— Pas avant que t'aies laissé partir ce môme, connard ! »

D'où il sort celui-là d'ailleurs ! maugréa-t-elle mentalement en évitant une volée de Shurikens. Le Clan Uzumaki d'Uzushio était censé avoir été réduit en cendres lors de la première grande guerre. Le seul survivant connu qui vivait à Konoha était l'hôte du Démon Renard – et ce bien que seuls les hauts placés furent au courant de ce fait. Et elle était certaine que l'hôte de Kyûbi était blond et non pas roux et âgé de plus de seize ans. Or, elle n'en donnait pas plus de onze ou douze, à celui que ce mercenaire trimballait comme un sac à patates. Et puis merde ! Depuis quand les mercenaires étaient aussi forts ! Elle était une putain d'ANBU, bordel !

Sur sa droite, quelqu'un toussa une fois de plus, lui faisant perdre le fil de ses pensées, l'espace d'une seconde. Haitaka était mourant et elle était en train de se prendre la tête avec ce type sorti de nul-part. Elle n'abandonna pourtant pas, bondissant à nouveau sur l'homme, son poing chargé de chakra qu'elle tenta de lui abattre sur le coin de la tronche. Il l'évita pourtant si facilement pour répliquer d'un coup de pied retourné, donné par d'un de ses clones qu'il venait d'invoquer une fois de plus. Le coup fit mouche et elle alla s'écraser à quelques mètres plus loin, en un bruit d'os brisé. Son masque désormais fendu ne couvrait qu'à peine la partie droite de son visage, ses yeux gris étaient désormais vagues, comme éteint. Elle respirait à peine lorsqu'une nouvelle silhouette apparue soudainement. Elle reconnut sans mal la tignasse folle de son capitaine qui prit à son tour part au combat. Ce ne fut que lorsqu'elle s'aperçut que Haitaka était désormais aux bons soins de Tsubame, qu'elle se laissa sombrer dans l'inconscience.


C'est une explosion à dix kilomètres de là en direction du village de Konoha, qui avait fini de les avertir que quelque chose clochait. Karasu avait alors fait signe à son binôme de s'arrêter et tous deux, avaient observés quelques secondes durant, le nuage de fumée s'élever, noir, dans le ciel. Là où l'équipe de Kuren et Haitaka aurait dû normalement se trouver, sur le chemin du retour. Il ne leur fallut qu'un coup d'œil échangé, pour qu'ils se lancent dans un mouvement synchrone, à la poursuite de leurs coéquipiers. Ils bouffèrent ainsi huit kilomètres à une vitesse qu'ils n'avaient jamais atteinte auparavant, Tsubame en était sûr, pour se retrouver au milieu d'un champ de bataille. Des trous creusés partout, du sang étalé dans l'herbe, sur la roche – des cadavres de lames, des Shurikens, un Ninjato brisé là à quelques pas plus loin et un gamin de l'ANBU échoué au pied d'un arbre, probablement déjà mort. Ce gamin qui faisait parti de la Team Tori – de leur famille.

Tsubame fit de son mieux pour demeurer impassible derrière son masque, et ne pas se précipiter aux côtés de son coéquipier – pas tant que Karasu ne lui aurait pas donné le signal. Ce même signal qui vint quelques instants à peine plus tard. D'un mouvement, le Shinobi au masque bleu fut aux côtés du plus jeune membre de leur équipe, les mains déjà illuminées de ce feu vert caractéristique de la paume mystique, technique de soins par excellence.

« — Restes avec moi, gamin, t'entends.. ? qu'il souffla entre ses lèvres, faisant dès lors son possible pour garder son calme. T''as plutôt pas intérêt à me crever entre les doigts.

Mais déjà, Haitaka perdait conscience.

Au-delà, Karasu avait dégainé son Ninjatō et s'épuisait désormais à tenter de porter le moindre coup au mystérieux mercenaire, sorti d'on ne sait où. L'ANBU n'avait pas la moindre foutue idée d'où ce mec pouvait bien venir. Il ne portait pas le moindre signe distinctif ou d'appartenance à un village et était couvert des pieds à la tête, de noir. Impossible alors de savoir si ce type était brun, blond ou roux, si ses yeux étaient bleus ou verts, et même si sa peau était brune ou pâle. Il était comme une ombre — bougeait comme ces dernières. Insaisissable qu'il était. Et surtout, il se remit à rendre les coups, alors que jusqu'à présent, il s'était contenté d'esquiver avec trop de facilité. Karasu explosa ainsi le premier clone, puis le second, manqua de se prendre un coup par le troisième et faillit y passer avec le quatrième. Et alors que le kunaï de ce dernier allait l'égorger, Nozuru fit son apparition à son tour et bloqua le couteau de son propre ninjatō. D'un revers de sa lame, il mit fin aux jours du quatrième clone, embrocha d'un même mouvement le troisième.

— Quelle est la situation ? demanda t-il au capitaine, le souffle court.

Ils reculèrent de quelques mètres tous deux, sans pour autant quitter leur cible du regard. Derrière eux, Iguru s'était élancé vers Kuren — sur les ordres de son binôme afin de procéder aux premiers soins. Karasu cracha le trop-plein de sang qui avait envahi sa bouche à même le sol, les sourcils froncés derrière son masque bleu.

— Vas savoir.. Je suis arrivé ici, Haitaka était déjà au tapis et Kuren au bord de l'inconscience.

— Merde.. Qu'est-ce qu'il nous veut, hein ?

— Aucune idée.

Et son regard se porta à nouveau sur l'ombre plus loin. Celle-là même qui commençait à évaluer sa situation, avec attention. Il n'eut le temps de faire le moindre geste toutefois, car soudainement, Karasu et Nozuru s'étaient jetés sur lui, lames toutes brandies. Les derniers clones s'interposèrent, mais ne firent pas mouche cette fois-ci et furent rapidement détruits. Le mercenaire dû sentir le danger se profiler pour sa petite personne, car il recula de quelques pas, jurant dans sa barbe inexistante ; qui sait ? Ça tournait en six contre un, bien que deux soient hors-jeu et deux autres en train de les soigner — et ça, ça n'était pas bon du tout pour lui.

— Putain, vous faites chier ! qu'il gronda d'une voix sourde. Vous perdez putain de rien pour attendre !

Et il lâcha son précieux fardeau aussi simplement que cela. Le gamin échoua au sol à la manière d'une poupée de chiffon, visiblement inconscient puisqu'il ne l'avait pas ouverte de tout l'échange de coups et autre joyeusetés — et comme si la surprise n'était déjà pas suffisamment de taille, l'homme vêtu de noir éclata en un soudain nuage de fumée.

— .. Est-ce que tu as vu ce que je viens de voir, Cap' ? souffla Nozuru, choqué.

Karasu laissa ses bras retomber le long de son corps, bien que les sens toujours alerte.

— Un foutu clone, acquiesça t-il, sidéré.

Ils s'étaient fait botter les fesses par une putain d'armée de clones. L'original n'avait semble t-il, jamais été présent. Un coup dur pour la fierté de l'escouade d'ANBU. À quel point ce type était-il donc puissant pour ainsi parvenir à tenir tête à quatre ANBU et s'en sortir aussi facilement que cela ?

— Dois t'on partir à sa recherche, Karasu-san ?

Nozuru n'avait toujours pas rengainé sa lame, prêt à filer aux trousses du mécréant si l'ordre lui était donné. Karasu n'en fit rien.

— Inutile.. Soignons nos blessés et retournons au village.

— Et pour le gamin ?

Les regards convergent vers la silhouette étalée à même le sol, sa tignasse rousse — plus rouge que rousse en fait — et longue s'étendant autour de lui, comme un drap protecteur. Il n'était vêtu qu'en tout et pour tout, d'une cotte de mailles noire et d'un sarouel de même couleur. Le capitaine émit un soupir las.

— On l'emmène à Konoha.»

Ils ne virent pas le gamin darder son regard rouge sur eux. Son regard rouge et ses pupilles fendues. Un sourire étira la commissure de ses lèvres — un sourire satisfait.