Jeu Mortel
Chapitre 9 : Première Tâche Et Dernière Peur.
La première chose que Leïla Black fit en se réveillant fut de bailler et de s'étirer. Étonnamment aujourd'hui, alors qu'elle était pratiquement vouée à mourir avant ce soir, elle n'avait ni crainte, ni peur au contraire elle se sentait...apaisé et tranquille. Chose étrange quand on se préparait à affronter un scorpion géant cracheur de feu. Ne voulant pas réveiller la marmotte à côté d'elle, qui lui servaient également de temps à autres de meilleure amie, elle se leva et fila sous la douche. Quand elle sortit, une légère vapeur flottait dans la pièce, alors qu'elle avait enfilé ses sous-vêtements et qu'elle s'apprêtait à mettre une chemise et un jean. L'image du scorpion revînt dans son esprit, elle opta alors pour quelque chose de plus sportif. Elle prit alors un débardeur noir de sport élastique et un jogging noir avec sur le côté de fines rayures bleu foncé. Pendant qu'elle attachait ses longs cheveux en une queue de cheval, Alyssa, qui avait enfin émergée arriva une brosse à dent dans la main droite et le dentifrice dans la gauche.
- Salut, tu vas bien ? Pas trop angoissée ? demanda-t-elle en posant les mains sur le lavabo.
- Étrangement, non, répondit avec sincérité celle-ci en se mettant devant la glace.
- Tiens, on voit ton tatouage. Sa faisait longtemps que tu ne l'avais pas laissée à porter de vue de tout le monde, dit Alyssa à moitié étonné.
Leïla hocha les épaules et entreprit de se laver les dents.
- Enfin bon, je suis contente que tu aille bien. Je n'imagine pas dans l'état que Harry doit-être.
- Angoissé, répondit aussitôt Leïla, il l'a été toute la nuit. J'espère pour lui qu'il a une stratégie pour ce qui nous attends.
- Il faut prendre avec toi ce qu'il te faut, rappela Alyssa.
- Je vais prendre tout ce qu'il me faut et donner la potion à Angel, qui en cas de danger, la lancera sur moi.
- Tu ferais bien aussi de poser ton pendentif, dit Alyssa en donnant un coup de tête vers l'objet qui pendait au cou de son amie. Tu pourrais l'abîmer ou le perdre
- Tu as raison, soupira Leïla en se résignant à défaire sa précieuse chaîne qu'elle n'enlevait habituellement jamais même pour combattre les démons.
- Tu viens ? demanda Alyssa vingt minutes plus tard. Enzo et Angel vont nous attendre.
- J'arrive, répondit Leïla qui finissait de lacer solidement ses lacets de basket, hors de question de trébucher à cause d'un nœud mal fait dans ce cas, ça pourrait lui coûter la vie
Au petit déjeuner, alors qu'elle prenait du café tout en écoutant Enzo raconter une plaisanterie, une chouette effraie se présenta à elle.
- Alors tu t'es perdu ? lui dit-elle en la caressant.
Mais la chouette ne bougea pas. C'est alors que Leïla remarqua le petit rectangle plié qu'elle tenait dans ses pattes. Elle le détacha délicatement, sachant que ce n'était pas une lettre de son père, et déplia le papier après que la chouette est pris son envol. Le papier ne comportait seulement quelques mots : "Bonne chance S.O.B."
Leïla eut soudain un sourire. Ses amis lui avaient bien-sûr souhaité bonne chance : Lana, Amy et les autres, même les jumeaux Weasley, alors qu'il soutenait en premier Harry, même lui en personne le lui souhaita ainsi qu'Hermione. Mais aucuns membres de sa famille n'avait pris cette peine, alors Leïla eut chaud au cœur que Sirius prenne le temps de lui souhaiter bonne chance. Alors que c'était un criminel en cavale.
Quand elle voulut sortir de la Grande Salle pour se rendre à son cours de botanique, Leïla, Alyssa, Angel et Enzo croisèrent Paige accompagné comme promis de ses sœurs.
- Ah tu es là, Leïla. Moi-même et mes sœurs voulions te souhaiter bonne chance dès maintenant pour cette après-midi, s'exclama-t-elle en la regardant.
- Merci, professeur, répondit Leïla, touchée.
- Bonne chance, fit alors Phoebe dans sa robe bleue. Ne t'en fait pas nous ne serons pas très loin si tu as besoin.
- Tout va bien se passer, rassura Piper qui elle était en noir. En tant que mère je devrai désapprouver ce genre de choses. Mais sachant que mes garçons connaîtront un jour ce danger, je ne peux que te souhaiter bonne chance.
- Merci, mesdames. Vraiment, c'est pratiquement une bénédiction de vous avoir avec moi toutes les trois.
- Comme je te l'ai dit Leïla, répondit Paige avec le sourire, tu le mérites. Maintenant, file en cours. Oh et à propos, si jamais tu survis, toi et tes amis n'oubliez pas de venir me voir pour les cours séchés hier...
- Aïe, fit Alyssa après être un peu plus loin. En fin de compte je préfère affronter un scorpion géant qu'une des sœurs Halliwell.
- Tu veux que je te donne ma place ? offrit Leïla. Je veux bien te l'échanger.
Aux yeux de Leïla le cours de botanique ne dura pas longtemps. Même si, en se levant, elle avait ressenti de l'apaisement maintenant que l'heure approchait, elle devait bien avouer qu'un petit nœud commençait à se former dans son estomac. Le cours suivant fut pour Enzo et Leïla études des runes tandis qu'Alyssa étouffait sûrement en divination et qu'Angel s'amusait sans doute comme un petit fou en arithmancie.
Mais l'heure du déjeuner arriva bien vite. Même si sa tête avait faim, son estomac refusait catégoriquement d'avaler quoi que ce soit. Au bout d'une petite demi-heure, elle vît le professeur McGonagall s'approcher de Harry, et quelques secondes plus tard ce fut Paige qui se pencha vers elle. Elle comprit alors que l'heure était venue, elle inspira un grand coup tandis que ses meilleurs amis lui souhaitaient une dernière fois bonne chance.
Elles quittèrent la Grande Salle et Paige la mena dans la fraîcheur de novembre. Elle lui mit une main sur l'épaule et se crispa légèrement.
- Ne t'en fait surtout pas, Leïla. On sera là. En cas de danger, ont interviendra.
Ces mots auraient pu la rassurer mais au contraire, l'hésitation de son professeur dans ces mots ne la rassura pas.
Elle l'emmenait à présent vers l'endroit où étaient rassemblés les scorpions, à la lisière de la forêt mais, quand ils s'approchèrent du bosquet d'arbres derrière lequel se trouvait l'enclos, Leïla vit qu'une tente avait été dressée, cachant les scorpions.
- Viens, tu dois entrer tout te sera expliquer là-bas, dit faiblement Paige aux points que Leïla cru qu'elle été au point de l'évanouissement. Tu vas devoir y aller seule.
Quand Leïla pénétra elle put découvrir ce qui se cachait dans la tente, Fleur Delacour était assise dans un coin, sur un tabouret de bois. Le front moite, elle avait perdu son air assuré et paraissait plutôt pâle. Viktor Krum semblait plus renfrogné que jamais, ce qui devait être sa façon d'exprimer son appréhension. Cedric, lui, faisait les cent pas et Harry était resté debout étant arrivé à peine quelques minutes plus tôt.
- Ah, mais voilà notre dernière championne ! s'exclama Verpey d'un ton joyeux en se tournant vers elle. Entrez.
Au milieu de tous ces champions au teint livide, Verpey avait l'air d'un personnage de dessin animé haut en couleur. Cette fois encore, il était vêtu de sa vieille robe de l'équipe des Frelons.
- Ça y est, tout le monde est là. Il est donc temps de vous mettre au courant ! dit Verpey d'un ton enjoué. Lorsque le public se sera installé, je vous demanderai de piocher à tour de rôle dans ce sac.
Il leur montra un petit sac de soie pourpre qu'il agita devant eux.
- Vous y prendrez chacun un modèle réduit de la chose que vous devrez affronter tout à l'heure ! Il y en a différentes... heu... variétés, vous verrez. Il faut aussi que je vous dise autre chose... oui... voilà... votre tâche consistera à vous emparer de l'œuf d'or !
Leïla regarda autour de d'elle. Cedric hocha la tête pour montrer qu'il avait compris et recommença à faire les cent pas. Il avait le teint légèrement verdâtre. Fleur Delacour et Krum n'eurent aucune réaction. Ils craignaient peut-être que le seul fait d'ouvrir la bouche les rende malades. Tandis que Harry l'imitait.
Et soudain, des centaines d'élèves affluèrent au-dehors. On entendait le martèlement de leurs pas devant la tente, leurs conversations surexcitées, leurs rires, leurs plaisanteries... Leïla se sentait si loin d'eux qu'elle avait l'impression d'appartenir à une autre espèce. Entre l'arrivée du public et le moment où Verpey ouvrit le sac de soie pourpre, il lui sembla qu'il s'était écoulé tout juste une seconde.
- Les dames d'abord, dit Verpey en présentant le sac à Fleur Delacour pour après le tendre à Leïla.
Elle y plongea une main tremblante et en retira un minuscule modèle miniature de scorpion, parfaitement imité – c'était un Leiurus Quinquestriatus. Le chiffre « deux » était accroché autour de son cou. Devant l'expression de Fleur, qui ne manifesta aucune surprise mais plutôt une détermination résignée, Leïla sut que Harry avait vu juste : Madame Maxime lui avait dit ce qui l'attendait.
Quand Verpey lui présenta le sac, Leïla en sortit un peu tremblante le scorpion jaune du nom de, Buthus Occitanus, qui portait le numéro « cinq ».
Il se produisit la même chose que Fleur avec Krum. Il sortit le Hottentotta Tamulus aux couleurs écarlates. Le chiffre « trois » était accroché autour de son cou. Krum n'eut même pas un battement de cils, il se contenta de regarder le sol.
A son tour, Cedric glissa la main dans le sac et en sortit le Androctonus Mauretanicus, aux couleurs gris-bleu. Il portait le chiffre « un » autour du cou. Sachant ce qui restait, Harry plongea la main dans le sac et prit le Androctonus Crassicauda, qui portait le numéro « quatre ». Lorsque Harry le regarda, le scorpion miniature agita sa queue et fit claquer ses pinces minuscules.
- Eh bien, nous y voilà ! dit Verpey. Vous avez chacun tiré au sort le scorpion que vous devrez affronter et le chiffre que chacun porte autour du cou indique l'ordre dans lequel vous allez accomplir cette première tâche. Mais sachez qu'il y a quelque chose que vous ne savez pas...
Leïla le regarda brusquement sachant qu'elle n'allait pas aimer la suite.
- Il y a une autre épreuve, révéla-t-il. Avant d'affronter les scorpions il va y avoir une épreuve mentale. Une épreuve, où vous devrez faire face à vos cinq peurs les plus profondes et je dois vous prévenir que tout le monde verra ce qui se passera. Donc vos peurs leurs seront révélé. Maintenant, il va falloir que je vous quitte car c'est moi qui fais le commentaire. Mr Diggory, vous êtes le premier. Lorsque vous entendrez un coup de sifflet, vous sortirez de la tente et vous entrerez dans l'enclos où vous attendra vos peurs et le scorpion encore entravé pour le moment, d'accord ? Harry ? Est-ce que je pourrais te voir un instant ?
Leïla resta sous le choc de cette révélation. Puis la phrase de Paige, la veille, lui revînt en mémoire. « Et qui sait tu peux encore avoir des surprises d'ici là ». Elle regarda alors les autres et vu les mêmes visages de stupéfaction. Puis elle se concentra sur elle. Sur ses cinq peurs. Quelles étaient ses cinq peurs les plus profondes ? Une image s'imposa dans son esprit mais elle la repoussa immédiatement. Aucune formule ou potion n'avait été prévu pour ça. Même si elle savait que les formules étaient inefficaces sur la peur. Hormis la Source, La Triade ou Tempus, c'était du démon de la peur qu'elle se méfiait le plus. Car elle savait que la peur pouvait réveiller ce qui était le plus profond en soi, le plus sombre...
Puis un coup de sifflet se fit entendre, et Verpey s'échappa de la tente. Elle vît Cedric, le teint malade, prendre une inspiration et sortir de la tente où l'attendait les pires épreuves de sa vie jusque-là.
C'était pire que tout ce que Leïla avait imaginé. Assise là, immobile, elle entendait la foule crier... hurler... pousser des exclamations... retenir son souffle au spectacle des efforts de Cedric pour passer sans dommage devant ses plus grandes peurs et le Androctonus Mauretanicus. On aurait dit que les spectateurs ne formaient plus qu'une seule et même entité aux têtes multiples qui réagissaient toutes d'une même voix. Krum continuait de regarder le sol. Fleur, elle aussi, s'était mise à faire les cent pas autour de la tente, sur les traces de Cedric. Harry était assis sur une chaise incapable de faire un mouvement. Les commentaires de Verpey ne parvenaient qu'à rendre les choses plus terribles encore... D'horribles images se formèrent dans la tête de Leïla lorsqu'elle entendit : « Oh, là, là ! C'était tout juste, vraiment tout juste... On peut dire qu'il prend des risques, celui-là ! Très belle tentative. Dommage qu'elle n'ait rien donné ! »
Heureusement, Leïla avait pris une potion la veille, qui l'aiderait à faire barrages plus facilement à toutes les émotions qu'elle pouvait ressentir pendant vingt-quatre heures. Mais ne rendant tout de même pas son pouvoir inefficace au point de ne plus rien ressentir.
Enfin, un quart d'heure plus tard, Leïla entendit le rugissement assourdissant de la foule qui ne pouvait signifier qu'une seule chose : Cedric avait réussi à passer ses peurs et le scorpion et à s'emparer de l'œuf d'or.
- Bravo ! Vraiment très bien ! hurlait Verpey. Voyons maintenant les notes des juges !
Mais il n'annonça pas les notes. Leïla supposa que les juges devaient les écrire sur des panneaux qu'ils montraient au public.
- Encore quatre autres concurrents, à présent ! s'écria Mr Verpey tandis que retentissait un autre coup de sifflet. Miss Delacour, s'il vous plaît !
Fleur tremblait de la tête aux pieds. En la voyant sortir de la tente la tête haute, la main crispée sur sa baguette magique, Leïla ressentit plus de sympathie pour elle qu'elle n'en avait éprouvé jusqu'à présent, Krum. Elle et Harry restèrent seuls, chacun de son côté, évitant les regards des uns et des autres.
Et tout recommença...
- Oh, voilà qui n'était peut-être pas très prudent ! entendaient-ils Verpey crier d'un ton ravi. Oh, là, là... presque ! Attention, maintenant... Mon Dieu, j'ai bien cru que ça y était !
Dix minutes plus tard, Leïla entendit une nouvelle fois la foule exploser en un tonnerre d'applaudissements... Fleur avait dû également réussir. Il y eut un silence pendant qu'on montrait les notes qu'elle avait obtenues... puis de nouveaux applaudissements... et enfin, un troisième coup de sifflet retentit.
- Voici à présent Mr Krum ! s'exclama Verpey.
Krum sortit de son pas traînant, laissant Harry et Leïla seuls dans la tente.
- Très audacieux ! s'écria Verpey quelques minutes plus tard.
Leïla entendit le Hottentotta Tamulus émettre un horrible hurlement tandis que la foule retenait son souffle.
- On peut dire qu'il n'a pas froid aux yeux... et... Mais oui, il a réussi à s'emparer de l'œuf !
Les applaudissements retentirent avec tant de force dans l'atmosphère glacée de l'hiver qu'ils semblèrent la briser comme du cristal. Krum avait fini. A tout moment, ce serait le tour de Harry.
Il se leva avec l'impression d'avoir les jambes en guimauve et attendit. Quelques instants plus tard, le coup de sifflet retentit et il sortit de la tente après que Leïla lui est soufflé un petit "Bonne chance."
Leïla n'écouta plus ce qui se passait à l'extérieur mais elle se demanda tout de même qu'elle était les peurs les plus profondes de Harry. Eh bien oui, elle ne voulait pas voir un Voldemort tout beau tout neuf revenir à la vie à cause d'un stupide Tournoi. Étrangement, elle eut l'impression que chaque candidat n'avait pas passé beaucoup de temps devant leurs peurs. Ou peut-être qu'en réalité ça ne durait que cinq minutes mais que dans leurs têtes cela pouvait sembler plusieurs heures ?
Elle repensa à ses plus grandes peurs, mais finalement n'ayant pas de réponse à sa question elle abandonna. Après tout, elle aurait bien assez vite la réponse, dans moins d'une demi-heure pour être précise.
Elle eut l'impression qu'une éternité c'était déroulé entre la sortie et visiblement la victoire de Harry, d'où les cris de la foule. Elle savait que dans un instant se serait à elle. Elle poussa sur ses jambes et se força à se lever. Ses jambes étaient toutes raides, elle marcha dans la tente quelques secondes pour les détendre avant que le sifflet se fasse entendre.
Elle se positionna fasse à l'entrée prit une profonde inspiration et marcha sur ce qu'ils devaient être ses plus grandes peurs.
Elle passa devant le bosquet d'arbres, puis franchit une ouverture dans la palissade qui entourait l'enclos.
Tout ce qu'elle voyait devant elle avait l'air de sortir d'un rêve aux couleurs aveuglantes. Des centaines et des centaines de visages la regardaient dans les tribunes qui avaient été dressées par magie depuis la nuit où elle était venue ici pour la première fois. Quand elle regarda à droite de l'enclos, elle vît le scorpion – encore enchaîné – qui pour l'instant avait l'air de se tenir tranquille. Elle essaya de trouver les visages de ses meilleurs amis parmi la foule mais c'était peine perdu. Puis l'important, c'était qu'eux la voyaient.
Une douleur lui lancina alors la tête et elle sut qu'elle s'apprêtait à affronter ses plus grandes peurs.
Quand elle rouvrît les yeux, elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle s'était recroquevillé au sol. Elle se releva et voulût avancer ne comprenant pas quelle était cette peur. Mais elle se heurta à un mur invisible. Elle essaya d'avancer à sa gauche mais le résultat était le même. Elle comprit aussitôt qu'elle était coincée dans un cube au murs invisible.
- La claustrophobie, murmura-t-elle.
Elle savait qu'elle n'aimait pas les endroits exigus, mais de là à être claustrophobe. Comme quoi on pouvait découvrir une peur seulement en la vivant.
Elle savait que ses pouvoirs ne pouvaient pas l'aider dans cette épreuve, et la potion qu'elle avait préparé à la base pour le scorpion, ne l'aiderait pas. Non, elle ne prendrait pas le risque de l'utiliser et de mourir avec, dans cet endroit.
Puis elle se souvînt tout d'un coup du cours de démonologie, et plus particulièrement de celui qui était censée l'aider à maîtriser sa peur face à Barbas. Après tout même si ce n'était pas l'œuvre du démon, la situation restait la même.
- Il faut que je me calme, se répéta-t-elle dans sa tête. S'énerver et paniquer ne servirait qu'à empirer la situation.
Elle décida alors de s'accroupir dans sa cage invisible et de se mettre la tête à l'intérieur de ses bras.
Elle chantonna alors la chanson que sa mère lui avait apprise pour la calmer le soir, après avoir fait un cauchemar.
« Dors mon ange,
Rien ne pourra t'arriver tant que je serai là,
Je chasserais tout tes cauchemars,
Tant que tu auras besoin de moi je serai là,
Près de toi,
Ta maman veillera sur toi éternellement,
Pour toujours et à jamais. »
Quand Leïla rouvrît les yeux et se redressa, elle put avancer sans aucun problème et se libérer à la fois de sa peur et de sa cage.
Leïla soupira une fois de plus, elle avait passé une de ses peurs. Elle était soulagée mais en même temps inquiète, elle savait qu'à chaque peur cela deviendrait plus difficile.
Elle chercha du regard sa nouvelle peur à affronter, mais elle ne vît rien. Du moins pas dans la seconde, puis une fumée noire apparu. Cette fumée, prit une forme grande, puissante et humaine.
Un homme c'était formé. Un homme grand, brun au cheveux court et aux yeux gris, habillé d'une chemise et d'un jean noire.
- Leïla, fit l'homme d'une voix grave.
- Père ? se stupéfia Leïla en le regardant ébahi.
- Comment à tu as pu faire ça ?! grogna l'homme.
- Faire quoi père ? demanda Leïla ne comprenant pas ce que son géniteur faisait là.
- Nous abandonner ! cracha son père, nous abandonner. Abandonner notre famille.
Le mot "abandonner" sonna comme un réveil aux oreilles de Leïla qui se souvenu que c'était une de ses peurs.
- Ce n'est pas moi qui est abandonné, répondit froidement sa fille, c'est vous qui l'avez fait.
- Vraiment ? dit-il en s'approchant.
- N'approchez pas, prévînt Leïla en ayant un mouvement de recul. Je n'ai pas envie de vous blessez, mais si j'y suis obligé je le ferai.
- Eh bien prouve le, provoqua l'homme qui continuait d'avancer et qui avait une forme de moins en moins humaine.
- Vous n'êtes pas réel, dit Leïla en fermant les yeux, vous êtes une de mes peurs. Vous n'êtes pas mon père.
Elle rouvrit les yeux et balança d'un geste ferme son bras dans la direction de sa deuxième peur qui alla s'encastrer contre une des parois de l'enclos où il s'évapora.
Leïla se laissa tomber au sol. De son front coulait quelques gouttes de sueur, dans les gradins la foule était toujours aussi enthousiaste et regardaient ça comme s'il s'agissait d'un spectacle.
Sa troisième peur se présenta alors à elle, à peine après avoir eu le temps de se relever. Les doubles d'Alyssa, d'Angel et d'Enzo étaient apparu devant elle.
- Je ne comprends pas, dit alors Leïla, je n'ai pas peurs de mes meilleurs amis...
- Bien-sûre que si, répondit sèchement Alyssa, tu as peur que nous te laissions tomber...
- Depuis le tout début, ajouta Angel, depuis le jour où tu nous as rencontré...
- Et tu as raison, fit Enzo, pourquoi resterions-nous avec toi ?
- Tu mets en péril notre avenir, continua Alyssa, tu ne penses qu'à toi.
- La ferme Alyssa ! s'écria Leïla comme si elle avait reçu un coup de poignard. La ferme !
- As-tu si peur de la vérité ? demanda Angel, narquoisement.
- Nous voulions simplement ne pas te faire de la peine, mais cela suffit, murmura Enzo.
Leïla éclata alors de rire et n'arriva qu'à se contrôler qu'au bout d'une minute.
- Tu viens de te trahir, répondit Leïla en voyant leurs visage déconfit. Le vrai Enzo aurait assez de cran pour ne pas me cacher quelque chose d'aussi capitale. Tout comme Alyssa et Angel d'ailleurs, mais tu as raison cela suffit. C'est terminé !
Les doubles de ses amis la regardèrent sans comprendre.
- Mes amis ne m'abandonneront pas ! Ils ne m'ont jamais abandonné et cela ne vas pas commencer maintenant ! Alors comme je vous ai dit c'est terminé !
Une seconde plus tard les doubles s'évanouirent dans une fumée noire. Leïla souffla et s'avança encore. La prochaine peur serait pire mais quelle était-elle ?
Une autre fumée se matérialisa et la forme quelle prit laissa Leïla dans le plus grand choc et désarrois.
- Pas vous. Non, vous êtes mort, murmura-t-elle comme un supplice.
A la table des juges Paige, Phoebe et Piper se redressèrent d'un coup, prêtent à intervenir.
- Non, vous ne pouvez rien faire. C'est la peur à Leïla, intervînt le professeur Dumbledore.
- Mais enfin ! cria presque Paige. C'est La Source...
- Oui, je sais. Mais c'est à Leïla de le combattre, dit sagement Dumbledore.
Leïla, elle, était paralysée par la...peur ? Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle n'était pas assez puissante pour affronter La Source.
- Vous êtes mort, répéta-t-elle, vous êtes mort il y a deux ans et demi. C'est impossible que vous soyez là.
- Je ne suis pas le seul mort que tu as vu, insinua narquoisement le plus grand des démons.
- Pourquoi êtes-vous là ? demanda Leïla toujours sur le choc et refusant d'y croire.
- Parce que je te paralyse. Parce que je te terrifie et que tu as peur de moi.
- Ce n'est pas vrai, nia Leïla en secouant la tête comme si elle essayait de le chasser.
- Bien-sûre que si. Le jour où tu as eu peur de moi est le jour où ta mère est morte.
- Taisez-vous ! cria Leïla tandis que son visage exprimer une immense terreur.
- Le jour où j'ai tué Evangelyne, ignora La Source.
- C'est faux, je n'ai pas peur de vous ! essaya de se convaincre Leïla. Je vous tuerai !
- Tu as masqué ta peur par le courage et l'insolence depuis ce jour-là, révéla le démon.
- C'est faux. Je suis courageuse ! répondit Leïla cette fois sur d'elle.
- Bien-sûre que non. Sinon pourquoi en voudrais-tu as ton frère ?
- Je l'implique parce qu'il est responsable ! s'écria tout fort Leïla.
- Voyons cela, dit simplement La Source.
Il déploya son bras aux doigts dotés d'ongles, ressemblant davantage à des griffes, et par magie une image translucide apparut comme un hologramme.
Le décor était sombre et très menaçant, on aurait dit l'Enfer. Des roches couvraient le sol et des torches illuminait peu le lieu très ténébreux. Une femme blonde élancée courrait et se retournait fréquemment pour vérifier que personne ne la suivait. Son visage exprimait la peur et la terreur de ne jamais revoir ses enfants.
Alors qu'elle continuait à courir, La Source se matérialisa devant elle dans une fontaine de feu de flammes infernales. La femme recula quelque peu et essaya de masquer sa peur.
- Je t'ai trouvé, fit l'image de La Source en faisant apparaître une boule de feu dans sa main.
- N'attendez pas que je vous supplie pour avoir la vie sauve, dit fièrement la femme, et je ne vais pas non plus me laisser faire.
Elle leva le bras attendant que quelque chose se produise mais cela ne se fit jamais.
- Tu n'es pas assez puissante, ricana La Source. Une dernière parole ?
- Un jour, trois sœurs vous vaincront et ce jour-là vous brûlerez en Enfer, cracha la blonde prête à mourir avec le plus de dignité qu'elle avait.
La Source lança la boule de feu, qu'il avait dans la main, en direction de la femme qui ne se consuma pas mais qui alla s'écraser sous la puissance de la magie contre une paroi de roche.
C'est ainsi qu'Evangelyne Black mourut laissant ses deux enfants sans mère.
L'image disparût sous les yeux écarquillés de Leïla et de la foule qui ne faisait plus aucun geste ou n'esquissèrent aucune parole.
- C'est ainsi que ta mère est morte, reprit La Source. Toute seule. Sans personne. Vous avez tout juste eu la chance de récupérer le cadavre.
Leïla ferma les yeux et quelque chose se passa. Une chose qu''il n'y avait pas eu lieu depuis plusieurs années. Quelque chose coula, une perle d'eau salé s'écoula de ses yeux.
- C'est ce que je veux, dit la Source, je veux que tu ressentes toute la peine du monde. Je veux que tu ressentes tout ce que tu avais mis de côté. Continues c'est bien.
À présent, plusieurs dizaines de larmes dévalèrent le visage, si joyeux d'habitude, de Leïla et un cri perçant remplie de désespoir perça le ciel.
D'un coup le corps du démon s'éleva dans les airs et une lumière noire l'entoura.
- Qu'est qui se passe ? demanda Alyssa dans les gradins à Angel qui comme elle avait regardé toute la scène impuissante.
- Non, je n'y crois pas, murmura celui-ci.
- Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? s'affola Enzo.
- Sa peur, prononça Angel en se penchant vers l'arène. Sa peur le rend vivant de nouveau.
- Mais c'est impossible, dit Alyssa, c'est totalement impossible.
Angel secoua la tête avant d'expliquer :
- Pour qu'une peur rende vivant quelque chose, ou quelqu'un, il faut que la personne visée soit dans un cas extrême de peur. A un point même pas imaginable. Seulement dans ce cas-là, cela peut se produire.
- Mais enfin, c'est insensé, dit Enzo, on parle de Leïla, elle n'a peur de rien.
- Ah, oui ? Et d'après toi c'est normal qu'elle pleure ?! cria Alyssa en se tournant vers lui. Dis-moi Enzo, dans toute ta vie l'as-tu vu pleurer une seule fois ?!
- Alyssa à raison Enzo, reprit calmement Angel. Sa peur est en train de le rendre vivant et Leïla n'en n'est pas consciente.
- On doit prévenir Paige, dit Alyssa en se tournant vers la table des juges où les sœurs Halliwell étaient stupéfaites.
- Ça ne servirait à rien, Paige ne peut pas intervenir et ses sœurs non plus, expliqua le brun, il faut qu'ont prévienne Leïla de ce qui se passe. Sinon elle sera impuissante.
- Je m'en occupe, fit Enzo d'un ton sérieux avant d'entrer dans la tête de sa meilleure amie.
- Leïla ! Leïla ! Tu m'entends ? demanda-t-il par télépathie.
- Enzo ? répondit Leïla en sortant de sa torpeur.
- Il faut que tu m'écoute, commença Enzo, tu dois arrêter d'avoir peur, tu m'entends ?
- Arrêter d'avoir peur ? répéta Leïla ayant mal compris.
- Oui, ta peur est tellement puissante que tu le rends vivant. Il va retrouver la vie si tu ne t'arrête pas d'avoir peur.
- Comment veut-eu que je renonce à avoir peur ? Il a tué ma mère, implora Leïla dans sa tête.
- Je le sais, mais si tu continues ta mère ne sera pas la seule à avoir été tué par lui. Et les sœurs Halliwell ne peuvent rien faire.
- Tu me déconcentre Enzo, dit platement Leïla en continuant de fixer La Source.
- Je sais et c'est pour ça que je vais rompre la connexion, décida Enzo, mais je vais te dire une dernière chose. N'oublie pas qu'il est mort, il ne peut pas être vivant ! Il est juste une peur, mais si tu continues à le craindre, il le deviendra.
Ce fut la dernière phrase que Leïla entendit dans sa tête "réussir à ne plus avoir peur" Enzo en avait de ces idées quelques fois...
- C'est trop tard, annonça La Source quand ses pieds eurent retrouvé le sol de l'arène. Je te remercie Leïla Black, grâce à toi j'ai retrouvé ma puissance.
A peine eut-il finit sa phrase qu'une boule de feu de la taille d'une boule de cristal apparût dans sa main.
- DÉGAGE DE LÀ, LEÏLA ! lui cria Alyssa savant pertinemment qu'elle n'entendrait pas.
- Pourquoi il a réussi à faire apparaître une boule de feu ? interrogea Enzo en fixant Angel comme un sage.
- En le rendant vivant Leïla lui a aussi redonner ses pouvoirs, répondit Angel en fixant Leïla qui n'avait toujours pas bouger.
- Je vais geler cette boule de feu, décida Alyssa en s'apprêtant à la pointer du doigt avant qu'Enzo lui attrape fermement le poignet l'empêchant de faire un geste.
- Mais enfin, lâche moi ! s'écria Alyssa en essayant de se défaire de la poigne de son ami, sans succès.
- Si tu interviens, les juges penseront que Leïla triche, expliqua Enzo, pour eux c'est une peur comme les autres. Il faut que Leïla se débrouille toute seule ont à déjà fait tout ce qu'ont pouvaient.
- Mais enfin Enzo, tu ne vas pas laisser...
- Enzo à raison, tenta de raisonner Angel, on a fait tout ce qu'ont pouvaient. La seule façon de l'aider c'est de la soutenir et que contre le scorpion ont lui apporte toute l'aide qu'elle aura besoin.
Leïla n'avait toujours pas bougé d'un poil fixant alternativement la boule de feu et son détenteur.
- Alors ainsi tu fais le choix de ta mère, commenta La Source en levant le bras, tu attends la mort et bien qu'il en soit ainsi. Adieu, Leïla Black.
Il lança la boule de feu en direction de la sorcière et alors que la boule allait l'atteindre, Leïla plongea sur le côté s'écorchant au passage l'épaule contre une roche.
La prochaine attaque de La Source fut cette fois-ci une boule d'énergie à laquelle Leïla du rouler sur sa droite pour l'éviter, se fracassant à moitié la tête. Quand elle se releva et qu'elle décida de répliquer, elle remarqua que son épaule saignait abondamment et que son visage était égratigné. Sur les deux boules de feu que La Source prépara Leïla put en dévier une et la rediriger vers son détenteur, mais ce n'eut aucun effet. Peu importe les boules d'énergie, ou de feu, qu'elle renvoyait. Elle eut beaucoup de mal à éviter La Source et se blessa en se jetant à terre. Ce petit manège continua un bon quart d'heure, où il était question d'attaque et d'esquive avant que Leïla tente le tout pour le tout.
Elle se releva de là où elle s'était jetée, et se mit face à la silhouette encapuchonnée avec un plan en tête qui pourrait lui coûter la vie.
- Alors tu décides de finalement te rendre, déclara La Source, tu en as mis du temps, mais tu as raison, ça serait plus sage.
- Je ne vais pas me rendre, murmura Leïla pour elle-même avant de hausser la voix, et vous savez pourquoi ?! PARCE-QUE VOUS ÊTES MORT ! QUE LES SOEURS HALLIWELL VOUS ONT VAINCU ! DE CE FAIT JE N'AI PLUS À AVOIR PEUR DE VOUS !
- Une peur ne meurt jamais, répliqua La Source en faisant apparaître une boule de feu plus grosse que les précédentes.
Dans sa tête Leïla se répéta sans cesse "La Source est morte". Elle se le répéta autant de fois qu'elle le put et quand La Source projeta sa magie, Leïla lui cria :
- VOUS ÊTES MORT VOUS NE POUVEZ PLUS ME FAIRE DE MAL !
Alors que la boule de feu approchait de plus en plus, Leïla, qui se tenait droite, attendait en se répétant les mêmes mots. Mais plus la boule approchait, plus elle devenait translucide jusqu'à ce qu'elle soit à quelques centimètres de son visage, et qu'elle disparaisse complètement. Alors que Leïla se demandait si elle était toujours vivante, un hurlement suivi d'un grognement se fit entendre. La Source était en train de disparaître et elle fut bientôt complètement dissoute dans un dernier cri.
Leïla respira fort et se permit de fermer les yeux quelques instants comme si tout ceci n'était qu'un cauchemar avant de se préparer mentalement à affronter sa dernière peur.
La sorcière regarda autour d'elle, s'attendant à voir le diable en personne apparaître. Mais ce fut en faîtes quelqu'un de bien diffèrent...Elle était comme dans son souvenir. Elle était d'une beauté gracieuse. Ses cheveux d'or, qui lui arrivait aux épaules, étaient ondulés. Ses yeux gris orageux étaient magnifiques. Elle portait une splendide robe de soirée bleu fendu sur le côté, et pourtant quelque chose manquait sur son visage. Une chose importante qu'elle portait en toute circonstance. Son sourire. Un sourire si rassurant. Mais cette fois-ci aucun sourire n'effleurait son visage si parfait.
- Mère ? hésita Leïla. Est-ce bien vous ?
- Leïla, je vais te poser une question, lui dit Evangelyne en guise de réponse. Cela te convient-il ?
- Une...question ? bredouilla Leïla encore sous le choc de voir sa mère morte il y a treize ans. Bien-sûr, demandez-moi n'importe quoi.
- D'après toi, pourquoi j'ai été tué ? interrogea la sublime jeune femme en s'avançant vers sa fille.
- Pourquoi...vous avez été tuez ? répéta Leïla. Mais c'est impossible de vous répondre. Vous êtes morte parce-que...
- Oui ? encouragea sa mère en lui faisant signe de continuer.
Mais Leïla ne trouva pas les mots pour achever sa phrase.
- Je vais alors te répondre, se décida Evangelyne, je suis morte parce-que tu n'as pas été assez rapide.
- C'est faux, dit Leila tout bas, ce n'était pas ma faute. Pas cette fois.
- Si seulement tu avais su ce que ton père avait préparé plus tôt. Je serais encore là, auprès de mes deux enfants, continua sans remord la femme qui avait été sa mère.
- J'ai essayé, répondit Leïla, je vous jure que j'ai essayé. Il ne s'est pas écoulé un jour sans que je n'y pense.
- Est-ce vraiment vrai, Leïla ? demanda Evangelyne toujours sur le même ton.
- Je vous le jures sur ma vie mère, promis Leïla en s'avançant espérant toucher une dernière fois la femme qu'elle avait tant aimée.
- Feras-tu tout pour tes amis et ton frère ? demanda-t-elle en se reculant pour éviter que sa fille la touche.
- Pour mes amis, oui, répondit Leïla en laissant retomber son bras comprenant qu'elle ne pourrait pas la toucher. Mais pour Liam, il a déjà choisi sa voie et son destin.
- Ne t'ai-je pas appris que pour les personnes qu'on aime ou qu'on a aimé on pouvait et on devait tenter de les sauver et qu'il n'était jamais trop tard ?
Leïla se mordit la lèvre inférieure, c'était vrai elle le lui avait appris. Mais avec Liam c'était trop compliqué...
- Si tu veux que je te pardonne et surtout que tu te pardonne à toi-même tu vas devoir protéger ton frère. T'y engages-tu ? poursuivit Evangelyne.
- Protéger mon frère ? murmura Leïla. Et si je m'y engage cela le sauvera-t-il ?
- Peut-être pas, avoua la blonde, mais cela te sauvera à coup sûr. Leïla Black, n'est-ce pas ce que tu veux ?
- Si, approuva sa fille en fermant les yeux. De tout mon cœur.
- Alors protège ton frère et cela te sauvera, fit Evangelyne en ayant pour la première fois ce magnifique sourire qui était scotché sur son visage en toutes circonstances.
- Mère ! s'écria Leïla en courant vers elle sachant qu'elle venait de vaincre sa dernière peur et que celle-ci ne tarderait pas à disparaître
Evangelyne ouvrit alors les bras et recueilli dans ses bras la frêle jeune fille qui se trouvait être sa fille qui l'enlaçait de toute ses forces.
- Mère, je vous en supplie. Pas encore. Ne disparaissez pas encore, demanda Leïla en tenant sa mère aussi forte qu'elle le pouvait.
- Je ne suis jamais parti, répondit celle-ci, j'ai toujours été avec toi dans toutes tes épreuves et cela va continuer. Jusqu'à ce que tu me rejoignes. Mais nous avons encore un peu de temps, alors serre moi dans tes bras et dis à ton frère que je ne lui en veux pas et que je l'aime de tout mon cœur.
- Oui, mère, dit Leïla en laissant s'échapper quelques larmes.
- Et toi aussi tu devrais arrêter de lui en vouloir.
Dans les gradins tout le monde avait une expression de stupéfaction. Comment sa dernière peur, la plus terrifiante de toute, s'était retrouvé à faire câlin-câlin avec sa détentrice ?
- Euh ? Angel, tu nous expliques ? demanda Alyssa ne réussissant pas à détacher les yeux du spectacle qui s'offrait à elle.
- Je crois que sa peur c'est transformé en espoir, répondit-il en cherchant ses mots. C'est pratiquement impossible, décidément Leïla nous étonnera toujours.
Leïla quant à elle, serrait toujours sa mère dans ses bras. Mais elle sentit que le moment était venu. Alors elle se détacha de sa mère. Celle-ci lui caressa le visage une dernière fois, et contrairement à ses autres peurs celle-ci ne disparut pas avec une fumée noire. Mais avec des boules de lumières écarlates.
Leïla soupira. Alors c'était terminé ? Elle avait réussi à affronter ses peurs et la première tâche ?
Pas tout à fait, pensa-t-elle en regardant le scorpion toujours attaché. Je l'avais oublié celui-là.
Elle s'avança alors jusqu'à être à cinq bon mètres de lui et l'examina du regard.
- Je ne pense pas que tu puisses faire pire mon vieux, lui dit-elle en le regardant. Désolé de te dire ça, mais je veux terminer cela vite.
Le scorpion émit ce qui ressembla à un grognement. Les sorciers le détachèrent, comprenant que Leïla était prête à l'affronter. Celle-ci sortit de sa poche de son jogging une formule écrite plusieurs jours plus tôt, et s'empressa de la lire :
« Que blessure et brûlure je ne sente pas,
Le corps marchera,
Vers sa bataille,
Que je n'ai pas peur des représailles,
Puis le vaincre sans dommage,
Pour terminer mon apprentissage. »
Aussitôt eut-elle finit de psalmodier que le scorpion c'était redressé et lui avait craché un jet de flammes. Par réflexe, Leïla mit ses bras devant son visage, et détourna la tête. Quand elle rouvrît les yeux elle s'aperçût que ses bras avaient été brûlée superficiellement. Mais elle ne ressentait aucune brûlure, visiblement sa formule marchait. Leïla esquissa un sourire et pendant que le scorpion surpris de son échec faisait quelques pas en arrière, elle sortit de son autre poche, cette fois une potion à la magnifique couleur violette. Elle la lança sur le monstre s'attendant, soit à ce que cela le tue, ou que cela l'assomme le temps pour elle de récupérer l'œuf d'or. Mais la potion qu'elle avait préparée avec tant d'attention n'eut pas vraiment les effets que Leïla attendait. Celle-ci avait explosé avant qu'elle entre en contact avec la créature et avait provoqué une explosion dans l'air qui l'avait projeté contre la roche, l'assommant à moitié. Mais malheureusement pas son adversaire. L'onde de choc fut si forte, que Leïla, même en ne sentant aucune douleur, avait senti que quelque chose avait dû arriver à son corps.
Mais n'ayant absolument pas le temps de penser à ça maintenant, alors qu'un monstre se préparait à la manger toute crue, elle se releva et sorti cette fois de son décolleté, un nouveau parchemin qu'elle déplia et lu:
« J'en appelle à la magie,
Moins dangereux il sera,
Toi glace affranchie,
Plus vite on vaincra,
Magie aide moi,
Fait de lui ce que tu en conviendras. »
Alyssa dans les gradins comprît alors que c'était son tour d'intervenir. Alors que des immenses éclairs de glace se formaient au-dessus de la créature, elle leur donna un coup de main en donnant plus de puissance à celle-ci en invoquant son pouvoir.
- C'est à toi de jouer maintenant, souffla-t-elle pour Leïla en abaissant sa main.
En effet, maintenant c'était à Leïla de jouer avec ses propres pouvoirs. A présent d'immenses éclairs de glace s'étaient formés. Il ne restait plus qu'à les envoyer vers le scorpion.
- C'est terminer, déclara Leïla en levant le bras. Merci, je me suis bien amusé avec toi, mais je commence en avoir assez.
Alors telle une déesse elle abaissa le bras d'un coup sec et ferme, et toutes les éclairs de glace s'étaient désormais fondu comme des glaciers sur le scorpion le gelant ou l'écrasant, ou peut-être les deux à la fois. Tout ce que Leïla savait, c'est que maintenant elle pouvait récupérer ce satané œuf d'or et aller faire une longue sieste pour se remettre de sa journée éprouvante.
Alors qu'elle s'approchait d'une démarche bancale du nid du scorpion, où les œufs de ses futures progénitures étaient installés, et où elle put reconnaître aisément l'œuf tant convoité par sa couleur. Toutes les blessures et brûlures que lui avait causé la première tâche faisait ou refaisait surface. A peine s'empara-t-elle de l'œuf que sa cheville la lâcha et qu'elle tomba sur le sol épuisé.
Alors c'était donc ça le truc qui clochait après avoir ressentis l'onde de choc, pensa-t-elle ironiquement en fermant les yeux.
Ce fut sa dernière pensée avant de tomber dans l'inconscience. Après tout elle avait mérité sa petite sieste, ou son petit malaise, de point de vue diverge...
Quand Leïla eut repris connaissance elle sentit que son corps meurtri était soulevé dans les airs. Trois sorciers qu'elle ne connaissait pas avait ensorcelé son corps pour qu'il flotte et qu'ils puissent la soulever plus facilement. Ses yeux s'ouvrirent tout doucement, sa vision floue ne l'aidait pas à voir où elle était, mais elle pouvait distinguer le ciel bleu de novembre...
- Alyssa...Angel...Enzo, marmonna-t-elle de sa bouche sèche.
- Ils sont là juste derrière toi, lui parvînt la voix de ce qui semblait être sa directrice.
- Paige ? demanda n'en étant pas sur Leïla et en oubliant les marques de respect en l'appelant par son prénom.
- Oui c'est moi, Leïla, répondit-elle. Tu t'es très bien battu.
- J'ai mal, se plaignit la brune en essayant de bouger.
- Stop, prévint Paige, tu vas te faire mal. Où est-ce que t'as mal ?
- Partout, maugréa Leïla, je dois voir mes amis.
- Ils sont juste derrière toi, répéta la directrice, nous t'emmenons à la tente pour te faire soigner. Tu t'en remettras vite.
Le voyage fut pénible autant pour l'une que pour l'autre. La première voulant bouger, et la deuxième en lui répétant à tout bouts de champs qu'elle devait éviter de faire un geste.
Quand les trois sorciers l'allongèrent sur ce qui sembla être un brancard, trois personnes se jetèrent sur elle.
- Au mon Dieu ! s'exclama Alyssa. Leïla, tu vas bien ? Tu as mal quelque part ?
- Oui, juste là où tu me tiens, marmonna Leïla comme elle pût en ayant une grimace de douleur.
- Oh, désolé, s'excusa-t-elle en se redressant aussitôt.
- Tu t'es bien battu, félicita Angel en ayant un sourire.
- Merci, Ange, répondit Leïla en essayant de bouger le bras.
- Et tu es particulièrement belle après avoir combattu, rajouta Enzo avec sa fameuse répartie.
- Je n'en doute pas, souri Leïla en ayant un rire. Avec des vêtements déchirer, du sang coulant d'un peu partout et une tête à moitié enflée. Qui ne voudrait pas de moi ?
- Ne t'en fait pas pour la tête enflée, chambra Alyssa, ça ne changera pas de d'habitude.
- Si j'étais en état je te frapperai, répondit Leïla, mais dans mon état je vais demander à Angel de le faire. Tu veux bien ?
- Avec plaisir, dit celui-ci avant d'appliquer une petite tape derrière la tête de son autre meilleure amie.
- Hey, ce n'est pas juste, répliqua Alyssa, c'est déloyal.
- Ce qui est déloyal c'est que tu te moques de moi alors que je suis blessé, dit Leïla en souriant de toute ses dents.
La petite dispute continua quelques minutes avant que Mme Pomfresh vienne les mettre dehors pour s'occuper de Leïla.
- Non, mais quelle idée. Des scorpions ! grogna-t-elle tandis qu'elle inspectait le visage de Leïla. Ton arcade sourcilière est égratignée jeune fille. Et ta lèvre inférieure est coupé sur deux centimètres. Tu as quelques autres blessures mais rien de très inquiétant. Je vais d'abord m'occuper de ta lèvre et de ton sourcil.
Elle se retourna pour prendre ses remèdes, et pendant qu'elle avait le dos tourné Leïla réussi à bouger pour avoir son reflet dans le miroir d'à côté. En effet le sang qui avait commencé à sécher s'écoulait de son sourcil droit et de sa bouche.
Plusieurs minutes plus tard Mme Pomfresh s'occupait de son épaule qui avait été méchamment amoché et dont le sang continuait à couler. Il lui fallut un quart d'heure pour arrêter l'hémorragie.
- Je ne peux rien faire de plus, informa-t-elle, tu ne vas pouvoir utiliser ton bras droit pendant quelques jours mais je ne pense pas que c'est utile de mettre une atèle. Voyons cette cheville maintenant.
En revanche elle put réparer la cheville brisée en quelques minutes et déclara qu'elle pourrait l'utiliser comme bon lui semblait.
- C'est bon, tu peux aller voir tes notes maintenant, libéra enfin l'infirmière.
Entre ses blessures et ses amis elle avait complètement oublié qu'ils y avaient des notes. Quand elle sortit de la tente, elle put s'apercevoir avec enthousiaste que sa cheville était entièrement réparée et que ses amis étaient plantés à sa sortie.
- Tu vas mieux ? demanda sérieusement Alyssa.
- Beaucoup mieux. Ma cheville est impeccable. Juste mon bras et mon visage qui me font un peu mal et je ne vais pas pouvoir utiliser mon bras avant quelques temps.
- Si on allait voir tes notes dans ce cas, proposa Enzo en avançant déjà.
Paige avait regagné la table des juges et attendait avec ses collègues la jeune championne. Karkaroff donna sa note le premier en formant un « cinq » à l'aide de sa baguette.
- Quoi seulement « cinq » ?! s'indigna Enzo.
- J'ai été blesser, rappela Leïla en mettant une main sur le bras de son meilleur ami. Et j'ai failli ramener à la vie La Source.
- Ce n'est pas une raison, dit Enzo rageant toujours contre l'ancien Mangemort.
- Voyons la suite, déclara Angel.
Mr Croupton fut le suivant à mettre une note en formant un « huit » sous les applaudissements de tout le monde.
- Hé c'est cool, s'enthousiasma Alyssa.
Ludo Verpey en revanche lui donna la note de « six »
- Je n'y crois pas, commenta Angel. Il a mis dix à Harry, alors qu'il est plus blessé que toi.
Leïla hocha les épaules et se contenta de dire que c'était déjà une chance qu'elle soit en vie.
Mme Maxime fut la quatrième à mettre une note, correspondant au chiffre « sept ».
- Pas mal du tout, scandèrent les trois amis ensemble.
Mais la note qu'attendait le plus avec impatience était celle de sa directrice.
Dumbledore dessina alors un « neuf » avec sa baguette.
- C'est super Leïla, souri Enzo, il n'a mis qu'un neuf à toi et à Harry. Ça prouve que vous avez été brillant.
Et enfin, après ce qui parût une éternité Paige invoqua des boules de lumières qui formèrent également un « neuf ».
- Si on ne prend pas compte de la note de Karkaroff. Ça reste un très bon score, rationalisa Enzo.
Leïla sourit dans le vague. Maintenant tout ce qu'elle avait envie de faire était d'aller se coucher. Mais elle devait retourner dans la tente où lui serai communiqué des renseignements pour la seconde tâche. Quand elle entra elle put voir que Krum, Fleur, Cedric et Harry étaient déjà là.
Tout un côté du visage de Cedric était couvert d'une épaisse pâte de couleur orange qui devait sans doute guérir les brûlures. Fleur n'avait que quelques égratignures légères. Krum ne semblait même pas de sortir d'un combat mortel, et le bras de Harry était en écharpe et une cicatrice figurait sur sa joue.
- Bravo à vous tous ! s'exclama Ludo Verpey qui venait de surgir dans la tente d'un pas bondissant.
Il avait la mine aussi réjouie que si c'était lui qui avait réussi à arracher un œuf d'or à un scorpion et à cinq de ses pires peurs.
- Et maintenant, quelques petites précisions très rapidement, dit-il. Vous allez avoir largement le temps de souffler avant la deuxième tâche qui aura lieu le vingt-quatre février à neuf heures et demie du matin mais - entre-temps, on va vous donner de quoi réfléchir un peu ! Si vous regardez bien les œufs d'or qui sont en votre possession, vous constaterez qu'on peut les ouvrir... Vous voyez les charnières, là ? Alors écoutez bien : ces œufs contiennent une énigme que vous devrez élucider pour savoir en quoi consistera la deuxième tâche et comment vous y préparer. Tout est clair ? Vous êtes sûrs ? Très bien, vous pouvez partir !
Leïla quitta la tente en même temps que Harry qui rejoignait Ron.
- Félicitation Harry, lui adressa Leïla chaleureusement.
- Merci, toi aussi. Je t'ai vu affronter tes peurs et le scorpion c'était...
- A déplorer ? proposa Leïla.
- Non, pas du tout, si tu m'avais vu faire...
- Tu as ramené Lord Voldemort à la vie ? insinua Leïla
- Non mais toi tu as juste...essaya de formuler Harry en vain.
- Ramener La Source à la vie, fini Leïla. C'est l'équivalent de Voldemort chez vous, et crois-moi ce n'est pas très réjouissant...
Quand Harry, Leïla, Ron, Alyssa, Angel et Enzo atteignirent le château, Rita Sketter, habillé de vert, s'avança vers eux sa Plume à Papote déjà prête.
- Félicitations, Harry ! lança-t-elle en lui adressant un grand sourire. Et toi aussi Leïla. Je voulais vous demandez si vous pouvez simplement me dire un mot ? Qu'avez-vous ressenti en affrontant le scorpion et vos plus grandes peurs ? Et que ressentez-vous maintenant, après avoir vu vos notes ? Vous trouvez qu'elles sont justes ?
- Oh, oui, je serai ravi de vous dire un mot, répliqua Harry d'un ton féroce. Au revoir !
Et il regagna l'intérieur du château en compagnie de Ron.
- Je n'aurai pas dit mieux, rajouta Leïla avec un sourire ironique. Cependant, sachez que si vous écrivez encore des articles sur ma famille, et de plus, rapportez des faits totalement faux. Vous finirez comme le scorpion. Vous avez vu de quoi je suis capable ? Est-ce clair ?! demanda-t-elle cette fois d'un ton plus menaçant.
En voyant le visage décomposé de la journaliste, Leïla sut que son message avait été passé. Elle reprit joyeusement son chemin avec ses trois amis de toujours.
En plus d'avoir survécu à ses plus grandes peurs, avoir battu un scorpion géant cracheur de feu, avoir réussi à accomplir la première tâche du Tournoi des Quatre Sorciers, elle avait en plus réussi à rabattre le caquet de Rita Skeeter. Oui, décidément c'était une bonne journée.
Hey !
Voilà enfin la première tâche du Tournoi que j'ai légèrement personnalisé !
En espérant que ce chapitre vous plaira !
Un grand merci aux lecteurs, car grâce à vous 'Jeu Mortel" à atteint 200 vues, pour moi c'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur.
J'ai passé un nombre incroyable d'heure à écrire et imaginer cette histoire, savoir que vous la lisez me fait vraiment chaud au cœur.
Alors merci à tous !
Les droits appartiennent à J.K Rowling et Constance ,
Isia31,
