Jeu Mortel
Chapitre 15 : Rencontre Avec Sirius
La deuxième tâche avait suscité une grande admiration auprès des champions et des prisonniers, qui étaient souvent arrêtés entre deux cours pour connaître le récit complet de la seconde épreuve. Mais maintenant qu'il n'y avait aucune énigme ou mystère à découvrir, Leïla profitait du temps qu'il lui restait jusqu'à juin pour se reposer.
Le mois de mars débuta sous la pression des devoirs que les professeurs donnaient à tous les élèves. Les professeurs de de Poudlard avaient semblé avoir oublier que les élèves de la School Magic ne passaient pas d'examens, mais ça avait l'air peine perdu d'essayer de leur expliquer.
D'ailleurs Alyssa, Leïla, Enzo et Angel avaient réussi à plancher sur leurs thèses respectives et les quatre amis avaient presque réussi à la terminer. Ils ne leur manquaient plus qu'à ajouter quelques détails et la conclusion finale.
Un vendredi matin, particulièrement venteux, Leïla s'installa toute seule à la table des Gryffondor en compagnie de Ron, Hermione et Harry, qui venait de recevoir un courrier.
- Vous allez bien ? demanda Leïla en se beurrant un toast.
- Oui, répondit Harry en pliant la lettre et en la rangeant dans sa poche.
- C'est quoi ? dit Leïla en plissant les yeux.
- De quoi tu parles ?
- De la lettre que tu viens de cacher dans ta poche à l'instant où je suis arrivé, répondit Leïla, avec sarcasme. Ne me prend pas pour une quiche.
- C'est juste une lettre de...
- De Sirius, devina Leïla en baissant la voix. Comment va-t-il ? Je n'ai pas eu de nouvelle de lui depuis un moment.
- Il va bien, dit Harry. Il veut me voir, avec Ron et Hermione, à la prochaine sortie de Pré-au-Lard.
- Vraiment ? s'étonna Leïla un air choqué sur le visage. Mais où à Pré-au-Lard ?
- Euh... hésita Harry en échangeant un regard inquiet avec ses amis. Je ne sais pas si c'est une bonne idée, Leïla...
- Harry, s'il-te-plaît, insista la sorcière avec un air grave sur son visage que Harry avait rarement vu.
- On ne sait pas exactement, lâcha Harry, on sait juste qu'à deux heures on doit le rejoindre devant ue clôture, après le magasin de Derviche et Bang.
- Tu veux venir ? proposa Hermione à la surprise de tous en recevant un regard furieux de la part de son meilleur ami.
- J'avoue que oui, répondit honnêtement Leïla en évitant de regarder Harry. Ça fait quinze ans que je ne l'ai pas vu.
- D'accord, céda Harry, d'un ton ferme. Mais il faut que tu n'en parles à personne même pas à tes amis, s'il était découvert...
- Je sais, coupa la jeune sorcière, je n'ai pas l'intention de le faire arrêter, Harry. Merci, Hermione, de me l'avoir proposé.
Sur ses mots elle quitta la table sans avoir touché à son toast. Elle savait que Harry ne faisait que s'inquiéter pour son parrain. Elle savait qu'être au courant qu'autant de monde sache où il se trouvait pouvait être dangereux, mais elle n'avait pas pu s'empêcher de saisir cette occasion de le revoir après quinze ans d'absence.
Lorsqu'elle entra dans la salle de classe, où Paige dispensait ses cours, elle rejoignit Enzo, Alyssa et Angel au troisième rang.
- Tu étais passée où ? demanda Alyssa en se penchant sur sa meilleure amie. On t'a dit qu'on te rejoignait dans la Grande Salle et tu n'y étais pas.
- Euh...ouais, improvisa Leïla, finalement je n'avais pas faim...
Elle avait promis à Harry de ne le dire à personne, même à ses meilleurs amis. Et d'une certaine façon elle avait dit la vérité, après tout elle avait abandonné son toast dans son assiette.
- Mais tu arrives après nous en cours ? argumenta Angel en haussant un sourcil
Leïla jura en silence contre l'infaillible logique de son ami.
- Oui, j'ai rencontré Diggory dans un couloir et on a discutés un peu. Au sujet de la troisième tâche...menti Leïla.
Apparemment cette excuse avait été valable car les trois amis ne posèrent plus de questions.
Le sujet du cours d'aujourd'hui était la localisation de démons et d'innocents.
Ils passèrent tous deux heures à écouter Paige parler de carte, de cristal magique, pendule et bien d'autre chose.
- Bien, voilà pour la fin de cette session, conclut Paige en se levant de sa chaise. A présent, pour mardi, je voudrais que vous me faisiez une rédaction explicative concernant les différentes gemmes de pendule et leurs propriétés principales.
- Quelles gemmes ? demanda Sophia eu deuxième rang.
- Toutes celles que vous avez étudiés jusqu'ici, répondit Paige très sérieuse. Donc pour être plus clair, votre devoir devra au minimum compter une copie double recto-verso.
- Vous plaisantez ? dit Will en compagnie de Liam et Sleek au fond de la classe. On a déjà beaucoup de boulot dans les autres matières, et en plus faut aussi s'occuper de notre thèse...
- Je ne plaisante pas du tout, Will, déclara Paige en s'avançant. Je vous rappelle à tous que d'ici quatre mois votre scolarité sera fini. Je dois m'assurer que votre apprentissage est bien terminé. Je vous rappelle aussi que des vies d'innocents en dépendes. Votre thèse est importante, c'est vrai.
Elle laissa planer un silence de quelques secondes avant de reprendre la parole :
- Mais, même si votre thèse est la meilleure du monde, mais que je m'aperçois que vous manquez de base tels que les potions, formules ou localisation démoniaque, je n'aurais aucune hésitation à recaler l'élève en question.
Il y eut un tonnerre d'exclamations et de rugissement mécontent.
- Silence ! s'écria Paige avant de reprendre calmement. Comme je viens de vous le dire, des vies sont en jeu en plus de la vôtre. Je ne prendrais pas un tel risque. De plus je vous rappelle que le sujet démoniaque de votre thèse est libre. C'est à vous d'en prendre pleinement les responsabilités.
Tout le monde se tût en laissant échapper des soupirs.
- Donc pour mardi prochain, je veux une rédaction complète sur les différentes gemmes de localisation, répéta Paige, fermement. Vous pouvez y aller.
Même si Paige avait réussi à ramener le calme quelques instants de plus, quand ils sortirent elle entendit beaucoup de protestations.
- D'après vous, dit Enzo, sombrement. Ça va nous prendre combien temps ce truc à faire ?
- Le week-end entier, répondit tout aussi sombrement Alyssa, et dire que la sortie à Pré-au-Lard est demain.
Leïla s'arrêta brutalement. C'était vrai. Quand Harry lui avait parlé de Pré-au-Lard elle n'avait pas réalisée que la sortie était le lendemain.
- Ça va ? demanda Angel en se retournant s'apercevant que Leïla était deux mètres derrière.
- Ouais, ouais, ça va, dit Leïla en reprenant ses esprits. Je pensais juste à ce que disais Alyssa.
- Je crois qu'on ne va pas avoir le choix cette fois, expliqua Angel, va falloir rester ici pour bosser.
- Génial...marmonna Alyssa.
Hors de question, pensa Leïla, elle ne laisserait pas passer l'occasion de voir Sirius pour un quelconque devoirs. Aussi important soit-il.
Tant pis si elle devait passer la nuit à plancher sur son devoir.
Elle allait juste devoir trouver une très bonne excuse pour échapper aux regards de ses amis.
- Je vous rejoindrais à treize heures trente devant les Trois-balais, dit Leïla à Harry à midi avant de filer voir ses amis.
Le soir même elle passa une partie de la nuit, jusqu'à deux heures du matin, à bosser sur le devoir de Paige.
Le lendemain alors qu'ils étaient tous dans la salle commune assis à une table, une main tenant un crayon et l'autre soutenant la tête, Leïla jetait des coups d'œil fréquent au portrait pour voir si le trio d'or était déjà parti.
- Bon je vais aller marcher un peu, dit Leïla d'un ton dégagé au bout d'un moment. J'ai besoin de me dégourdir les jambes, avant d'attraper des fourmis.
Les trois autres relevèrent la tête avant de lui faire un signe de tête.
Pour ne pas risquer que quelque chose ne la trahisse, Leïla prit soin de ne pas toucher à sa copie et de ne pas esquisser le moindre mouvement de rangement.
Elle sortit de la salle commune et rejoignit le hall avant de suivre la masse d'élèves qui se précipitaient en direction du village.
Elle put remarquer que hormis Will et Sleek, qu'elle évita, il n'y avait pas d'autre élèves de la School Magic. Tous devaient sûrement plancher sur leurs devoirs.
Il lui restait encore pas mal de temps avant de rejoindre Harry, Ron et Hermione au Trois-balais, alors elle en profita pour faire un tour à Gaichiffon pour racheter, comme promis, un blazer bleu roi à Alyssa, en remplacement de la veste qu'elle avait déchiré lors de la seconde tâche.
Elle prit aussi du temps pour choisir un cadeau d'anniversaire pour Angel qui avait lieu le trente, mars.
- Parfait, dit Leïla à la vendeuse en choisissant un piercing en argent.
Angel s'était fait percer l'oreille à l'hélix l'an dernier et regrettait de ne pas plus souvent changer de piercing.
A treize heures trente, elle rejoignit le trio d'or.
- On peut y aller, lança Leïla.
- Où sont les autres ? demanda Harry, comme s'ils allaient débarquer par surprise.
- Au château, répondit la sorcière, Paige nous as filé un devoir plutôt compliqué. Ils ne savent même pas que je suis ici.
- D'accord, dit finalement Harry après un temps. Ont devraient y aller, Sirius va nous attendre.
Ils se dirigèrent vers la grand-rue, passèrent devant Derviche et Bang et poursuivirent leur chemin vers la sortie de Pré-au-Lard. Leïla ne connaissait pas cette partie du village, elle n'avait même pas envisager de s'y rendre avec les autres.
Une allée sinueuse les mena dans la campagne luxuriante qui s'étendait alentour. Ici, les maisons étaient moins nombreuses et leurs jardins plus grands. Ils marchèrent vers la montagne qui dominait Pré-au-Lard, puis, au détour d'un virage, ils aperçurent une clôture au bout de l'allée. Les pattes posées sur la plus haute barre de la clôture, un gros chien noir aux longs poils les attendait. Il portait des journaux dans sa gueule.
Les trois autres s'arrêtèrent et Leïla les regarde interrogativement.
- Qu'est-ce que vous faîtes ?
- Ba...on est arrivé, dit Hermione en désignant le chien noir toujours les pattes posées sur la clôture. C'est Sirius.
Leïla eut un éclat de rire.
- Non, tu plaisantes ?
Mais les trois autres étaient bien sérieux. Leïla se retourna pour regarder le chien encore une fois.
Elle s'approcha lentement et avec prudence. Elle voulait éviter d'effrayer ou énerver le molosse.
- Sirius ? demanda Leïla d'une voix étrange en tendant sa main vers la tête du chien.
Le chien aboya joyeusement et laissa Leïla lui toucher la tête.
- Tu te transformes en chien ? dit Leïla à nouveau avec un éclat de rire. Sérieusement ?
Le chien de nouveau aboya comme pour approuver.
- C'est un Animagus, précisa Hermione, il a la capacité de se transformer en chien quand il veut. Je pensais que tu le savais.
- Bonjour, Sirius, dit Harry à son tour lorsqu'il fut arrivé devant lui.
Le chien se détourna de Leïla pour flairer le sac de Harry, qui contenait du poulet, avec avidité. Il remua la queue puis fit volte-face et traversa d'un bon pas l'étendue broussailleuse qui montait en pente douce vers la montagne. Leïla, Harry, Ron et Hermione passèrent par-dessus la clôture et le suivirent.
Sirius les conduisit au pied de la montagne, sur un terrain couvert de pierres et de rochers. Avec ses quatre pattes, il n'avait aucun mal à avancer, mais Leïla, Harry, Ron et Hermione furent bientôt hors d'haleine. Sirius les emmena plus haut, au flanc de la montagne. Pendant près d'une demi-heure, ils escaladèrent un sentier tortueux et escarpé, suivant la queue touffue du gros chien. Ils ruisselaient de sueur.
Soudain, Sirius disparut. Ils aperçurent alors une étroite fissure par laquelle il s'était glissé. Ils parvinrent à s'y faufiler à leur tour et se retrouvèrent dans une caverne fraîche et sombre.
- Ouf, j'ai cru qu'on n'y arriverait jamais, marmonna Leïla en enlevant sa veste.
Mais les trois autres ne lui répondirent pas. Ils regardaient une créature tapie au fond de la caverne. Une créature moitié aigle, moitié cheval avec des yeux orange.
- D'accord...dit Leïla. Qu'est-ce que c'est ?
- C'est Buck, répondit Harry en s'inclinant devant lui. Un hippogriffe.
Ron et Hermione s'inclinèrent aussi, ce qui incita Leïla à en faire de même.
Après les avoir regardés pendant un bon moment d'un air impérieux, Buck fléchit ses genoux couverts d'écailles et consentit à laisser Hermione caresser les plumes de son cou.
Pendant ce temps, Harry, Ron et Leïla regardèrent le gros chien noir se métamorphoser en humain.
- Sirius ! s'exclama Leïla cette fois sûre qu'il était son oncle.
Sirius était vêtu d'une robe grise en lambeaux. Ses cheveux noirs familier à la famille Black, était sales et hirsutes et plus longs que lorsqu'il était apparu dans la cheminée en novembre dernier. Il semblait aussi plus maigre que jamais.
Mais ça restait bien son oncle.
- Leïla ! répondit Sirius en s'approchant d'elle. Ce fut une surprise de te voir là.
- J'ai beaucoup insisté pour te voir, expliqua-t-elle, il fallait que je te revois.
- Quinze ans, c'est très long, approuva Sirius avec un sourire triste sur le visage. Tu ressembles beaucoup à ta mère...
Leïla hocha la tête avant de se retourner pour cacher le reniflement et les larmes qui menaçaient de couler. Elle laissa Harry profiter de ses retrouvailles avec son parrain.
- Du poulet ! dit-il d'une voix rauque en sentant l'odeur venant du sac.
Harry ouvrit son sac et lui donna des cuisses de poulet et du pain, enveloppés dans une serviette.
- Merci, dit Sirius assis sur le sol de la caverne.
Il déplia la serviette, saisit un pilon et le dévora.
- Jusqu'à maintenant, j'ai surtout mangé des rats. Je ne peux pas me permettre de voler de la nourriture à Pré-au-Lard. Je risquerais de me faire repérer.
Il sourit à Harry qui s'efforça de sourire à son tour. Mais sans parvenir à dissimuler son inquiétude sentit Leïla.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? lui demanda-t-il.
- Mon devoir de parrain, répondit Sirius en rongeant l'os de poulet à la manière d'un molosse affamé. Ne t'inquiète pas pour moi, je fais semblant d'être un gentil chien errant.
Il souriait toujours mais, voyant l'expression anxieuse de Harry, il reprit d'un ton plus sérieux :
- Je tiens à être sur place. Ta dernière lettre, et celle de Leïla... Enfin, disons que les choses semblent de plus en plus louches. J'ai volé La Gazette chaque fois que je voyais quelqu'un la jeter et, apparemment, je ne suis pas le seul à m'inquiéter.
Il montra d'un signe de tête les numéros jaunis de La Gazette du sorcier qu'il avait jetés par terre. Ron les ramassa et commença à les lire.
- Et si quelqu'un te voit ? Si tu te fais prendre ? dit Leïla. Tu te rends compte que tu es recherché ?
- Vous êtes les seuls, avec Dumbledore, à savoir que je suis un Animagus, répondit Sirius en continuant de dévorer ses cuisses de poulet.
Ron donna un coup de coude à Harry et lui tendit les numéros de La Gazette du sorcier. Qu'il fit ensuite passé à Leïla.
Il y en avait deux. Le premier avait pour titre : La mystérieuse maladie de Bartemius Croupton. À la une du deuxième, on pouvait lire : La sorcière du ministère reste introuvable - Le ministre de la Magie personnellement impliqué.
Leïla parcourut l'article sur Croupton. Des morceaux de phrases lui sautèrent aux yeux : n'a pas été vu en public depuis le mois de novembre... la maison paraît déserte... L'hôpital Ste Mangouste pour les maladies et blessures magiques s'est abstenu de tout commentaire... Le ministère refuse de confirmer les rumeurs de maladie grave...
- Quand on lit ça, on a l'impression qu'il est en train de mourir, dit lentement Leïla en levant les yeux du journal.
- Mais il ne doit pas être si malade que ça, s'il a été capable de venir jusqu'ici..., déclara Harry sans que Leïla comprenne.
- Apparemment, Harry aurait vu Mr Croupton dans le bureau de Rogue sur la carte du Maraudeur. Avant la seconde tâche, précisa Hermione.
- Mon frère est l'assistant de Mr Croupton, dit Ron à Sirius sans écouter Hermione. D'après lui, Croupton souffre de surmenage.
- En tout cas, il avait vraiment l'air malade quand je l'ai vu de près, le soir où mon nom est sorti de la Coupe..., déclara Harry.
- En même temps, commenta Leïla, tout le monde étaient choqués lors de ta sélection.
- Il a eu ce qu'il méritait pour avoir renvoyé Winky, non ? dit froidement Hermione sur un ton que Leïla ne lui connaissait pas.
Elle caressait Buck qui croquait les os de poulet laissés par Sirius.
- Je suis sûre qu'il le regrette... Il doit sentir la différence maintenant qu'elle n'est plus là pour s'occuper de lui.
- Hermione est obsédée par les elfes de maison, murmura Ron à Sirius.
Mais Sirius semblait intéressé par la nouvelle.
- Croupton a renvoyé son elfe ?
- Oui, le jour de la Coupe du Monde de Quidditch, dit Harry.
Il se lança alors dans un récit que Leïla ne connaissait pas. Il raconta ce qui c'était passé ce soir-là, l'apparition de la Marque des Ténèbres, Winky qu'on avait trouvée en possession de la baguette de Harry, la fureur de Mr Croupton...
Lorsque Harry eut terminé, Sirius s'était relevé et s'était mis à faire les cent pas dans la caverne.
- Résumons-nous, dit-il au bout d'un moment en brandissant une nouvelle cuisse de poulet. D'abord, vous avez vu l'elfe dans la tribune officielle. Elle gardait une place pour Mr Croupton, d'accord ?
- C'est ça, dirent Harry, Ron et Hermione d'une même voix.
- Mais Croupton n'a pas assisté au match ?
- Non, répondit Harry, il a dit qu'il avait trop de travail.
Sirius fit le tour de la caverne en silence. Puis il demanda :
- Harry, est-ce que tu as vérifié si ta baguette était toujours dans ta poche quand tu as quitté la tribune ?
- Heu...
Harry réfléchit longuement.
- Non, dit-il enfin. Je n'ai pas eu besoin de m'en servir avant d'être arrivé dans la forêt. A ce moment-là, j'ai mis ma main dans ma poche et je n'y ai trouvé que mes Multiplettes.
Harry regarda Sirius d'un air interrogateur.
- Tu veux dire que celui qui a fait apparaître la Marque des Ténèbres m'aurait volé ma baguette quand j'étais encore dans la tribune ?
- C'est possible, répondit Sirius.
- Winky n'a pas volé cette baguette ! s'exclama Hermione d'une voix perçante.
- L'elfe n'était pas la seule à se trouver dans la loge, dit Sirius qui continuait de faire les cent pas, le front plissé. Qui d'autre était assis derrière vous ?
- Plein de gens, dit Harry. Des ministres bulgares... Cornélius Fudge, les Malefoy...
- Les Malefoy ! s'écria Ron d'une voix si forte qu'elle se répercuta en écho autour de la caverne. Surpris, Buck remua la tête d'un air inquiet.
- Je suis sûr que c'est Lucius Malefoy qui a pris ta baguette !
- Il n'y avait personne d'autre ? demanda Sirius.
- Non, répondit Harry.
- Si, Ludo Verpey était là aussi, lui rappela Hermione.
- Ah oui...
- Je ne sais rien de Verpey, sinon qu'il était batteur dans l'équipe des Frelons de Wimbourne, dit Sirius en faisant toujours les cent pas. C'est quel genre ?
- Il est très bien, assura Harry. Il n'arrête pas de me proposer de m'aider dans le Tournoi.
Ça Leïla ne s'y attendait pas. Pourquoi un membre du ministère prendrait le risque d'aider un élève au risque de l'accuser de tricherie ?
- Ah bon ? s'étonna Sirius en fronçant les sourcils. Et pourquoi donc ?
- Il dit qu'il me trouve sympathique.
- Mmmm, marmonna Sirius, l'air songeur.
- Te trouver sympathique c'est une chose, mais t'aider c'en est une autre, interrompit Leïla à la surprise de tous. Il risque gros...et toi aussi par la même occasion...
- On l'a vu dans la forêt juste avant l'apparition de la Marque des Ténèbres, dit Hermione. Vous vous souvenez ?
- Oui, dit Ron, mais il n'est pas resté dans la forêt. Dès qu'on lui a parlé des incidents avec les Moldus, il a filé vers le terrain de camping.
- Comment tu le sais ? répliqua Hermione. Il a transplané, mais on ne sait pas où.
- Arrête un peu, dit Ron d'un air incrédule, tu ne vas quand même pas prétendre que c'est Ludo Verpey qui a fait apparaître la Marque des Ténèbres ?
- Il serait plus vraisemblable que ce soit lui plutôt que Winky, dit Hermione d'un air buté.
- Qu'est-ce que je disais ? lança Ron à Sirius avec un regard éloquent. Elle est complètement obsédée par les el...
Mais Sirius leva la main pour le faire taire.
- Quand la Marque des Ténèbres est apparue et que l'elfe a été découverte avec la baguette de Harry, qu'est-ce qu'a fait Croupton ?
- Il est allé voir dans les sous-bois, dit Harry, mais il n'y avait personne.
- Bien-sûre, marmonna Sirius en continuant de marcher de long en large. Il aurait préféré mettre ça sur le dos de n'importe qui plutôt que de son elfe... Et ensuite, il l'a renvoyée ?
- Oui, dit Hermione d'un ton enflammé. Il l'a renvoyée simplement parce qu'elle n'était pas restée sous sa tente à attendre de se faire piétiner...
- Hermione, tu vas nous laisser un peu tranquilles, avec tes histoires d'elfe ? s'exclama Ron.
Mais Sirius hocha la tête.
- Elle a beaucoup mieux compris que vous qui était Croupton, Ron. Si tu veux savoir ce que vaut un homme, regarde donc comment il traite ses inférieurs, pas ses égaux.
Il passa une main sur son visage recouvert d'une barbe naissante. De toute évidence, il était plongé dans une profonde réflexion.
- Et toi, Leïla ? interpella Harry en levant la jeune fille de ses pensées. Tu n'as rien ressenti avec ton pouvoir d'empathie ?
Sirius la regarda attentivement, mais il fut déçu par sa réponse.
- Non, répondit Leïla après avoir pris le temps de réfléchir. Mais je n'ai pas vraiment sondé son esprit...Et je ne pense pas qu'Enzo est pris le temps de lire dans ses pensées.
- Toutes ces absences de Barty Croupton... Il prend la peine de demander à son elfe de lui garder une place pour la finale de la Coupe du Monde de Quidditch, mais il ne vient pas regarder le match. Il travaille avec acharnement pour faire renaître le Tournoi des Trois Sorciers, mais il ne vient pas non plus y assister... Ça ne ressemble pas à Croupton. Si, au cours de sa carrière, il a manqué une seule journée de travail pour cause de maladie, je suis prêt à manger Buck.
- Tu connais Croupton ? s'étonna Harry.
Le visage de Sirius s'assombrit
- Je le connais même très bien, dit Sirius à voix basse. C'est lui qui a donné l'ordre de m'enfermer à Azkaban – sans procès.
- Quoi ? s'exclamèrent Ron et Hermione d'une même voix.
- Tu plaisantes ? dit Harry et Leïla ensemble.
- Pas du tout, répondit Sirius en mordant à nouveau dans une cuisse de poulet. A cette époque-là, Croupton était directeur du Département de la justice magique, vous ne le saviez pas ?
Harry, Ron et Hermione hochèrent la tête.
- Tu as été enfermé à la même époque que la mort de Lily, James et maman, dit distinctement Leïla en réfléchissant. Pourquoi on n'a pas été au courant ? Moi et Liam, au moins ?
Sirius soupira avant de le lui demander :
- Quand est-ce que tu as appris que j'avais été emprisonné ?
- Je devais avoir dix ans, répondit Leïla avec un soupire las, je l'ai appris en écoutant Valentin par la porte de son bureau. Il en avait parlé parce-que...parce-qu'il s'était plaint que Bellatrix était toujours enfermé, et que la plupart des membres de la famille Black étaient soit mort, soit emprisonné...Tu parles ! Ça ne le regarde même pas.
Sirius soupira tristement avant de rediriger la discussion sur Barty Croupton.
- On le donnait favori comme prochain ministre de la Magie, reprit Sirius. C'est un grand sorcier, Barty Croupton, il a un grand pouvoir magique et le pouvoir, il en est avide. Oh, il n'a jamais été partisan de Voldemort, ajouta-t-il en voyant l'expression de Harry. Non, Barty Croupton a toujours été ouvertement hostile à la magie noire, mais beaucoup de gens qui étaient opposés à la magie noire... non, vous ne comprendriez pas... vous êtes trop jeunes...
- C'est ce que mon père a dit à la Coupe du Monde, lança Ron avec une pointe d'irritation. Essayez quand même de nous expliquer, on verra bien si on comprend ou pas...
Un sourire apparut sur le visage maigre de Sirius.
- Très bien, je vais essayer...
Il parcourut à nouveau la caverne sur toute sa longueur, puis reprit :
- Imaginez qu'aujourd'hui Voldemort soit au sommet de sa puissance. Vous ne savez pas qui sont ses partisans, vous ne savez pas qui travaille pour lui, mais vous savez qu'il est capable d'exercer son pouvoir sur des gens qu'il oblige à commettre des actes abominables malgré eux. Vous avez peur pour vous-même, votre famille, vos amis. Chaque semaine apporte son lot de nouvelles morts, de nouvelles disparitions, de nouvelles souffrances... Le ministère de la Magie est en plein désarroi, ses responsables ne savent plus quoi faire, ils essayent de tout cacher aux Moldus mais, dans le même temps, des Moldus meurent aussi. La terreur règne partout... la panique... la confusion... C'était comme ça, à l'époque... Des périodes comme celles-là peuvent inciter les uns au meilleur et les autres au pire. Les principes de Croupton étaient peut-être très bons au début - je n'en sais rien. Son ascension au sein du ministère a été très rapide et il a tout de suite pris des mesures radicales contre les partisans de Voldemort. Les Aurors ont reçu de nouveaux pouvoirs - celui de tuer plutôt que de capturer vivant, par exemple. Et je n'ai pas été le seul à être livré aux Détraqueurs sans procès. Croupton a combattu la violence par la violence et a autorisé contre certains suspects l'usage des Sortilèges Impardonnables. Je dirais même qu'il est devenu aussi implacable, aussi cruel, que de nombreux sorciers qui avaient choisi les forces du Mal. Lui aussi avait des partisans - beaucoup pensaient que c'était la bonne méthode et il s'est trouvé de plus en plus de sorciers et de sorcières pour le pousser à devenir ministre de la Magie. Lorsque Voldemort a disparu, tout le monde pensait que Croupton ne tarderait pas à décrocher le poste suprême. Mais il s'est alors passé un événement assez malheureux...
Sirius eut un sourire sinistre.
- Le propre fils de Croupton a été arrêté en compagnie d'un groupe de Mangemorts qui avaient réussi à convaincre leurs juges de ne pas les envoyer à Azkaban. Apparemment, ils essayaient de retrouver Voldemort pour le ramener au pouvoir.
- Le fils de Croupton a été arrêté ? murmura Hermione le souffle coupé.
- Ouais, dit Sirius en jetant son os de poulet à Buck.
Il s'assit à nouveau et s'attaqua cette fois à la miche de pain qu'il rompit en deux.
- Un sale choc pour ce vieux Barty, j'imagine. Il aurait peut-être dû passer un peu plus de temps à s'occuper de sa famille. Il aurait mieux fait de quitter son bureau un peu plus tôt de temps en temps... Ça lui aurait permis de connaître son propre fils.
- Ça ne marche pas toujours comme ça, Sirius, dit Leïla les yeux dans le vide. Quelques fois, la famille ne peut pas aider, si celle-ci est trop déchirer.
Sirius garda le silence, comprenant ce que sa nièce voulait dire et se mit à engloutir de gros morceaux de pain.
- Son fils était vraiment un Mangemort ? demanda Harry.
- Aucune idée, répondit Sirius, la bouche pleine. J'étais moi-même à Azkaban quand il y a été enfermé. Je n'ai appris la plupart des choses que je vous raconte qu'après ma sortie de prison. Ce qui est certain, c'est que le fils Croupton a été pris en compagnie de gens dont je suis sûr et certain qu'ils étaient des Mangemorts – mais peut-être s'est-il trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, comme l'elfe de son père.
- Est-ce que Croupton a essayé de faire sortir son fils de prison ? murmura Hermione.
Sirius eut un éclat de rire qui ressemblait plutôt à un aboiement.
- Croupton faire sortir son fils de prison ? Hermione, je croyais que tu avais compris qui était Croupton ! Tout ce qui pouvait menacer de ternir sa réputation devait disparaître. Il consacrait sa vie entière à son unique ambition : devenir ministre de la Magie. Tu l'as vu renvoyer une elfe de maison qui lui était entièrement dévouée simplement parce qu'à cause d'elle on risquait de l'associer à nouveau à la Marque des Ténèbres. Ça suffit à montrer ce qu'il est, non ? L'affection paternelle de Croupton l'a tout juste conduit à assurer un procès à son fils mais, en fait, ce n'était qu'une occasion pour lui de montrer à quel point il haïssait ce garçon... Ensuite, il l'a envoyé droit à Azkaban.
- Il a livré son propre fils aux Détraqueurs ? dit Harry à voix basse.
C'est bien exactement ce que ferait Valentin, pensa amèrement Leïla, il n'hésiterait pas à la faire disparaître. De même que son frère.
- Exactement, répondit Sirius qui n'avait plus du tout l'air amusé. J'ai vu les Détraqueurs l'amener à Azkaban, je les ai vus passer devant la porte de ma cellule. Il ne devait pas avoir plus de dix-neuf ans. Ils l'ont enfermé dans une cellule voisine de la mienne. Lorsque la nuit est tombée, il a hurlé en appelant sa mère. Mais au bout de quelques jours, il s'est tu... Tout le monde finissait par se taire... sauf ceux qui hurlaient dans leur sommeil...
Le regard de Sirius s'assombrit comme si un voile était soudain descendu devant ses yeux.
- Il est toujours à Azkaban ? demanda Harry.
- Non, répondit Sirius d'une voix éteinte. Non, il n'y est plus. Il est mort environ un an après son incarcération.
- Il est mort ?
- Oh, il n'a pas été le seul à mourir, dit Sirius avec amertume. La plupart des prisonniers deviennent fous et beaucoup finissent par ne plus rien manger. Ils perdent la volonté de vivre. On le savait toujours quand quelqu'un allait mourir : les Détraqueurs le sentaient et ils étaient de plus en plus excités. Ce garçon avait l'air malade quand il est arrivé. Étant donné la position importante de Croupton dans la hiérarchie du ministère, lui et sa femme ont été autorisés à lui rendre une ultime visite sur son lit de mort. C'est la dernière fois que j'ai vu Barty Croupton. Quand il est passé devant ma cellule, sa femme était tellement effondrée qu'il était obligé de la porter à moitié. Elle-même est morte peu après. De chagrin. Elle a dépéri comme son fils. Croupton n'est jamais venu demander le corps de son fils. Les Détraqueurs l'ont enterré devant la forteresse, je les ai vus creuser la tombe.
Sirius posa le morceau de pain qu'il venait de porter à sa bouche et vida d'un trait la flasque de jus de citrouille.
- Ainsi, tout s'est effondré pour le vieux Croupton au moment même où il croyait avoir tout réussi, reprit-il en s'essuyant les lèvres d'un revers de main. Le héros promis au poste de ministre perdait d'un coup son fils et sa femme, l'honneur de sa famille et, d'après ce que j'ai entendu dire depuis mon évasion, sa popularité. En apprenant sa mort, les gens ont commencé à éprouver de la sympathie pour le fils Croupton et se sont demandé comment un garçon si jeune, issu d'une bonne famille, avait pu s'écarter à ce point du droit chemin. Ils ont fini par conclure que le vrai responsable était son père qui ne l'avait jamais beaucoup aimé. Et c'est comme ça que le poste de ministre est revenu à Cornélius Fudge tandis que Croupton était envoyé au Département de la coopération magique internationale.
Il y eut un long silence.
- Maugrey soutient que Croupton est obsédé par la capture des mages noirs, dit Harry à Sirius.
- Oui, j'ai entendu dire que c'était devenu une manie chez lui, répondit Sirius. A mon avis, il pense pouvoir retrouver son ancien prestige en arrêtant un nouveau Mangemort.
- Et il est venu ici en cachette spécialement pour fouiller le bureau de Rogue ! dit Ron d'un air triomphant en se tournant vers Hermione.
- Se faire passer pour malade au lieu de se montrer en public pour fouiller un bureau ? répondit Leïla, sceptiquement. Je ne suis pas sûre qu'il est choisi la bonne solution. Même si c'est le bureau de Rogue.
- Tout ça n'a rigoureusement aucun sens, dit Sirius.
- Bien-sûre que si ! répliqua Ron avec fougue.
Mais Sirius fit « non » de la tête.
- Écoute-moi bien : Leïla à raison, si Croupton voulait enquêter sur Rogue, pourquoi n'a-t-il pas occupé sa place de juge pendant le Tournoi ? Il aurait eu un prétexte idéal pour venir régulièrement à Poudlard et le surveiller de près.
- Alors, tu crois que Rogue mijote quelque chose ? demanda Harry.
Hermione l'interrompit :
- Tu peux dire ce que tu veux, il n'empêche que Dumbledore fait confiance à Rogue...
- Laisse tomber, Hermione, dit Ron d'un ton agacé. Je sais que Dumbledore est très intelligent et tout ce que tu voudras, mais ça ne veut pas dire qu'un mage noir vraiment habile ne puisse pas le tromper...
- Dans ce cas pourquoi est-ce que Rogue aurait sauvé la vie de Harry quand on était en première année ? Pourquoi est-ce qu'il ne l'a pas laissé mourir, tout simplement ?
- Sais pas. Peut-être qu'il a eu peur que Dumbledore le renvoie...
- Qu'est-ce que tu en penses, Sirius ? demanda Harry d'une voix forte pour que Ron et Hermione arrêtent de se disputer et écoutent.
- Je crois qu'ils ont raison tous les deux, répondit Sirius en regardant Ron et Hermione d'un air songeur. Depuis que j'ai appris que Rogue était professeur ici, je me suis demandé pourquoi Dumbledore l'avait engagé. Rogue a toujours été fasciné par la magie noire, il était réputé pour ça quand il faisait ses études. Un type répugnant, avec ses airs doucereux et ses cheveux gras.
Harry et Ron échangèrent un sourire.
- On ne peut pas te contredire là-dessus, approuva Leïla. Je ne te raconte pas le cirque qu'il m'a fait pour une photo...
- Quand il est arrivé à l'école, Rogue connaissait plus de sortilèges que les élèves de septième année et il faisait partie d'une bande de Serpentard qui sont presque tous devenus des Mangemorts.
Sirius cita des noms en comptant sur ses doigts.
- Rosier et Wilkes – ils ont tous les deux étés tués par des Aurors un an avant la chute de Voldemort. Les Lestrange – c'est un couple marié – sont à Azkaban. Avery – d'après ce que j'ai entendu dire, il est parvenu à s'en tirer en prétendant qu'il avait agi sous l'influence de l'Imperium et il est toujours en liberté. Mais autant que je le sache, Rogue n'a jamais été accusé d'être un Mangemort – ce qui ne veut pas dire grand-chose. Beaucoup d'entre eux n'ont jamais été pris. Et Rogue est sans aucun doute suffisamment rusé pour avoir réussi à échapper aux soupçons.
- Il y a aussi mon père, ajouta Leïla, sinistrement. Même s'il est mort avant la chute de Voldemort, c'était un Mangemort lui aussi. Bien qu'on n'a jamais retrouvé son corps.
Harry, Ron et Hermione furent stupéfiés. Même s'ils avaient pu avoir des doutes, maintenant ils en étaient sûrs.
- Non...mais...mais, bredouilla maladroitement Hermione. Je croyais que ton père était toujours vivant ?
- Celui d'adoption oui, Hermione, répondit Leïla en parlant d'un sujet qu'elle avait longtemps évité. Mais le biologique est décédé six mois après notre naissance à Liam et à moi.
- Mais ta mère du coup ? dit Ron en ne comprenant pas.
- Ma mère c'est remarié presque aussitôt à Valentin, pour éviter toutes polémiques. Pour échapper au joug de la famille Black, ils se sont installés aux États-Unis juste après. Mais pour lui c'était un si grand honneur de faire partie de la famille Black, expliqua Leïla avec une acidité dans la voix. Qu'il à même était jusqu'à s'approprier ce nom. Ma mère a toujours eu une façon extrêmement étrange de choisir ses amants...
Les autres la regardèrent bouche-bée continuer à parler avec amertume.
- C'est pour ça que Rita Skeeter ne pouvait pas être sûr à cent pour cent que j'étais parents avec Sirius. Parce qu'aucun Valentin ou Evangelyne n'a été répertoriée dans la liste de la famille. Le nom de ma mère à été effacé au moment où elle a fui en Amérique. Regulus Black, mon vrai père, est mort sans épouse, ni enfants aux yeux de la société.
Tout trois essayèrent de dire quelque chose mais Leïla les interrompit encore.
- Cependant l'une de mes peurs durant la première tâche, aurait pu mettre la puce à l'oreille de tout le monde.
- C'était ton père biologique, comprit lentement Hermione, l'homme qui est apparu devant toi ?
Leïla approuva d'un signe de tête, tandis que Sirius avait arrêté de manger et semblait plongé dans de vieux souvenirs.
- En tous cas, reprit-elle, Rogue n'est pas facile à sonder comme personnage. Je vous avoue que jusqu'à maintenant, je n'ai jamais utilisé mon pouvoir sur lui. Et je ne sais pas si j'ai vraiment envie de le faire.
- Rogue connaît très bien Karkaroff, mais il préfère qu'on ne le sache pas, dit soudainement Ron à Sirius.
- Oui, tu aurais dû voir la tête de Rogue quand Karkaroff est arrivé au cours de potions, hier ! dit Harry. Karkaroff voulait parler à Rogue, il lui reprochait de tout faire pour l'éviter ? Karkaroff avait l'air vraiment inquiet. Il a montré à Rogue quelque chose qu'il avait sur le bras, mais je n'ai pas vu ce que c'était.
- Il a montré à Rogue quelque chose sur son bras ? dit Sirius, qui semblait déconcerté.
D'un geste machinal, il passa ses doigts dans ses cheveux sales puis haussa les épaules.
- Je ne vois pas ce que ça peut signifier... Mais si Karkaroff est vraiment inquiet et qu'il va demander conseil à Rogue...
Sirius contempla la paroi de la caverne et fit une grimace.
- Je ne vois pas ce que ça peut signifier... Mais si Karkaroff est vraiment inquiet et qu'il va demander conseil à Rogue...
Sirius contempla la paroi de la caverne et fit une grimace.
- Bien-sûre, Dumbledore fait confiance à Rogue... Dumbledore fait toujours confiance à des tas de gens dont beaucoup d'autres se méfieraient, mais je ne peux pas imaginer qu'il lui ait confié un poste de professeur si jamais Rogue a été au service de Voldemort.
- Dans ce cas, pourquoi Maugrey et Croupton tiennent-ils tant à fouiller son bureau ? s'entêta Ron.
- Maugrey serait bien capable d'avoir fouillé le bureau de tous les professeurs dès son arrivée à Poudlard, dit lentement Sirius. Il prend très au sérieux son cours de défense contre les forces du Mal. Je ne suis pas sûr que lui fasse confiance à qui que ce soit, ce qui n'a rien d'étonnant, après tout ce qu'il a vécu. En tout cas, il y a une chose qu'il faut reconnaître à Maugrey, c'est qu'il n'a jamais tué personne quand il pouvait l'éviter. Chaque fois que c'était possible, il ramenait les gens vivants. Il était intraitable mais il n'est jamais descendu au niveau des Mangemorts. Croupton, lui, c'est différent... Est-ce qu'il est vraiment malade ? Si oui, pourquoi a-t-il fait l'effort de se traîner jusqu'au bureau de Rogue ? Et sinon... Que fabrique-t-il ? Qu'avait-il de si important à faire à la Coupe du Monde pour rester absent de la tribune officielle ? Et pourquoi n'est-il pas venu juger le tournoi ?
Sirius se tut, le regard toujours fixé sur la paroi de la caverne. Buck furetait autour de lui, pour voir s'il n'avait pas oublié quelques os de poulet, enfin, Sirius se tourna vers Ron.
- Tu dis que ton frère est l'assistant de Croupton ? Tu crois que tu pourrais lui demander s'il a vu Croupton récemment ?
- Je peux toujours essayer, répondit Ron d'un air dubitatif. Mais il ne faut pas lui laisser entendre que Croupton mijote quelque chose de louche. Percy a une véritable vénération pour lui.
- Pendant que tu y es, tu pourrais aussi essayer de savoir où ils en sont de l'enquête sur la disparition de Bertha Jorkins, ajouta Sirius en montrant l'un des numéros de La Gazette du sorcier.
- Verpey m'a dit qu'ils n'avaient rien trouvé, répondit Harry.
- Oui, il est cité dans l'article, dit Sirius. Il raconte partout que Bertha a une très mauvaise mémoire. Peut-être qu'elle a changé depuis que je l'ai connue mais, quand elle était jeune, elle n'était pas du tout étourdie – c'était plutôt l'inverse. Elle était un peu idiote, mais elle avait une excellente mémoire quand il s'agissait de colporter des ragots. Ce qui lui a valu pas mal d'ennuis, elle était incapable de se taire quand il l'aurait fallu. J'imagine qu'elle devait représenter plutôt un handicap pour le ministère de la Magie... C'est peut-être pour ça que Verpey ne se donne pas trop de mal pour la chercher...
Sirius poussa un profond soupir et se frotta les yeux.
- Quelle heure est-il ?
- Trois heures et demie, dit Hermione.
- Vous feriez bien de retourner à l'école, conseilla Sirius en se levant. Et maintenant, écoutez-moi bien...
Il regardait particulièrement Harry.
- Je ne veux pas que vous quittiez le château en cachette pour venir me voir, d'accord ? Envoyez-moi des lettres ici, c'est tout. Il faudra continuer à m'informer de tout ce qui vous paraît bizarre. Mais j'insiste : pas question que vous sortiez de Poudlard sans permission. Ce serait le meilleur moyen de vous faire attaquer.
- Jusqu'ici, personne n'a essayé de m'attaquer à part un scorpion et quelques Strangulots, dit Harry.
- Je confirme, approuva Leïla, et puis pour l'avertissement tu tombes un peu tard. Je me suis déjà peut-être promené hors du château une fois ou deux...
Sirius la regarda sévèrement.
- Ne me regarde pas comme ça, j'ai enfreints des règles bien pires que celle-ci... Je n'ai pas attendu mes quatorze ans.
Sirius les regarda en fronçant les sourcils.
- Peu importe... Je ne serai tranquille que lorsque le Tournoi aura pris fin, c'est-à-dire à la fin du mois de juin. Et si jamais, vous parlez de moi entre vous, appelez-moi Sniffle, d'accord ?
Il rendit à Harry la flasque vide et la serviette dans laquelle il avait enveloppé les cuisses de poulet puis alla donner une petite caresse à Buck.
- Je vais vous accompagner jusqu'à l'entrée du village pour voir si je peux dénicher un autre journal. Avant de quitter la caverne, il se transforma à nouveau en un gros chien noir puis ils descendirent tous les cinq le flanc de la montagne et retournèrent devant la clôture. En guise d'au revoir, ils caressèrent la tête du chien qui partit en courant le long du village.
Elle aurait souhaité le voir et lui parler plus longtemps, elle aurait voulu aborder tant de sujets : Liam, sa mère, son père...
Mais elle savait qu'elle ne pourrait jamais le faire en présence du trio d'or. Elle espérait juste qu'elle puisse le revoir encore une fois à l'abri des regards pour lui parler de ces conversations qui lui tenaient à cœur.
- Où tu étais ? s'écria Alyssa en la retrouvant dans le hall. Ça fait trois heures qu'on te cherche.
- Ouais désolé, improvisa Leïla, je me suis posée dans un couloir du château, et je me suis endormie.
Elle savait que sa meilleure amie n'avait pas cru à son histoire. Mais elle ne posa pas de question, et Leïla l'en remercia silencieusement.
Hey !
Alors voilà un nouveau chapitre qui ne regorge pas d'action, je le concède, mais qui est pleine d'information. Pour ceux qui auraient lu les livres ce chapitre n'est pas inconnu car il s'agit tout bêtement d'une grosse partie d'un chapitre de la Coupe de Feu.
Je ne pouvais pas le couper avec une phrase du genre "Et ils discutèrent pendant longtemps à propos des Mangemorts & Cie".
Non ce n'était pas possible, il est sûre que j'ai pris moins d'affection à écrire ce chapitre car il s'agit d'une quasi reproduction à mon grand regret, mais une quasi reproduction nécessaire, qui lève le voile sur les origines de Leïla, bien que je pense que beaucoup ait déjà compris.
Le prochain sera plus personnelle et les personnages d'Alyssa, Enzo et Angel seront plus présent.
En espérant tout de même que ce chapitre vous plaira.
Les droits appartiennent à J.K Rowling et Constance M. Burge.
Isia31,
