Jeu Mortel

Chapitre 16 : Funeste Folie

La fin du mois de mars et le mois d'avril passèrent sans problèmes et assez rapidement. Le soleil avait réapparu avec la chaleur. C'était devenu courant de voir les élèves de la School Magic avec des t-shirts et des chaussures ouvertes. Ceux de Durmstrang avait renoncés à mettre leurs capes de fourrure, de mêmes pour les élèves de Poudlard qui se débarrassaient un maximum de leurs couches de vêtements. Quant au élèves de Beauxbâtons, ils semblaient plus qu'à l'aise avec leurs robes de sorciers en soie fines.

Il était donc fréquent de remarquer les étudiants faire de longues balades dans le parc de Poudlard sous le soleil, ou de voir les plus courageux se tremper les pieds dans l'eau du lac à côté du calmar géant.

Les quatre amis avaient officiellement terminé leurs thèses respectives, mais ils ne pouvaient s'empêcher de la relire chaque jour, pour s'assurer qu'aucune erreur ne s'y été infiltrer.

La date butoir pour rendre leurs copies avait été fixé au vingt juin. Quatre jours avant la troisième et dernière tâche, Paige récupérerait toutes les thèses. Elle avait ensuite expliqué que la remise de diplôme aurait lieu le premier juillet dans le parc de la School Magic.

- Vous vous rendez compte ? demanda soudainement Alyssa en se redressant. Dans moins de deux mois, on sera diplômé et on ne dépendra plus de l'école.

- Oui, on dépendra des fondateurs, répondit Leïla assise en tailleur dans l'herbe.

- Attendez qu'ont soient tous diplômé avant dire ça, dit avec sagesse Angel les bras derrière la tête allongée sur la pelouse.

- Ah dit pas ça ! s'exclama Alyssa en lui donnant une tape sur le ventre. Tu vas nous porter la poisse.

- Qu'est-ce qu'on fait pour les vacances ? interrompit Enzo adossé contre un arbre alors que Leïla reposait sa tête sur ses genoux.

- Pourquoi pas le lac ? demanda Alyssa en évitant le regard d'Angel. Ça va faire trois ans cette été qu'on n'y a pas été.

- Et tu as peut-être oublié pourquoi ? répondit sarcastiquement Angel.

- Angel, essaya de résonner Alyssa, je sais que cet endroit te rappel de mauvais souvenirs. Mais il en contient aussi des bons, ont y allaient bien avant ce qui est arrivé.

- Vous pouvez y aller, dit Angel d'un ton sec, mais ça sera sans moi.

- Et sinon ont pourraient aussi parler de l'emménagement de l'appart où ont voulaient tous habiter ? demanda Leïla en essayant de calmer le jeu. T'as eu des nouvelles, Alyssa ?

- J'ai envoyé une lettre à ma mère il y a plusieurs semaines, expliqua Alyssa en se rallongeant dans l'herbe. Mais depuis rien, mais elle doit être pas mal occupé à l'hôpital.

- Et l'appart tu sais dans quel état il est ? interrogea Enzo.

- Pas trop, marmonna Alyssa avec une grimace. Mais sûrement couvert de poussières du sol au plafond, d'araignées et peut-être aussi d'une odeur de renfermée.

- Charmant, commenta Leïla, j'ai hâte de le visiter.

- Après, poursuivit Alyssa, ça fait quelques années que je ne l'ai pas visité. Au moins mon père m'aura légué quelque chose d'utile.

- D'ailleurs, pourquoi tu n'as pas réclamé cet appartement à tes dix-huit ans ? demanda par curiosité Angel.

Sa voix était redevenue amical et toute trace de colère ou de sécheresse avait disparu.

- Ma mère à préférait que j'attende la fin de ma scolarité que j'en ai l'utilité, et j'avoue que je n'ai pas protesté à ce moment-là. L'avantage est que les autres appartements sont toujours loués, donc chaque mois l'argent continu à tomber dans le compte indépendant que ma mère m'a ouvert à la mort de mon père.

- C'est sûr que depuis onze ans, ça fait quand même pas mal d'argent, dit Leïla.

- Il est placé où ? demanda Enzo. En centre-ville ?

- Oui en plein centre-ville de Manhattan, répondit Alyssa, mais ça va, il est plutôt bien foutu et la vue du dernier étage est belle. Enfin de ce que je me souviens.

- Manhattan ? s'étonna Angel. Je pensais qu'il était à San Francisco.

Mais Alyssa démentit.

- Non, mon père a acheté le building en pensant faire sa vie là-bas, mais quand il s'est marié avec ma mère elle ne voulait pas vivre à New-York. Alors il a choisi de louer tous les appartements, sauf un, et quand je voudrais m'installer, il comptait m'offrir cet appart.

- Mais il est mort avant, dit Leïla, donc finalement c'est ta mère qui à gérer tout ça et qui continue à le faire ?

Alyssa approuva d'un signe de tête.

- Oui, et quand il y a un an, on s'est dit que vivre en colocation ne serait pas si mal, j'ai tout de suite pensée à New-York, et j'en ai parlé à ma mère. Au début elle était pas très chaude à me laisser vivre avec d'autres personnes juste après mon diplôme. Mais quand je lui ai dit que Leïla voudrait sûrement vivre avec moi, elle a déjà été plus clémente.

- Pour les attaques de démons, c'est mieux d'être à plusieurs sous le même toit, dit Enzo, et ça ta mère ne peut pas le réfuter.

- Oui, répondit Alyssa, et puis en une année, l'idée à germer dans sa tête et elle a eu le temps de réfléchir.

Alors que quelques minutes plus tard ils se reposaient tous en silence sous le ciel bleu de Poudlard, ils furent sortis de leurs léthargies par Lana et Amy.

- Salut, dirent-elles en chœur en se penchant sur le groupe d'amis.

Leïla qui avait son bras replié sur sa tête le déplaça et ouvrit un œil.

- S'lut, marmonna la brune, dit Amy tu pourrais t'écarter de trente centimètres sur la gauche ? Tu es devant le soleil.

- Oh, désolé, dit Amy en se déplaçant. On peut se joindre à vous ?

- Sans problème, répondit Alyssa les yeux profondément fermés. Vous vous ennuyez ?

- Non, ont voulaient juste vous voir pour discuter, expliqua Lana en enlevant sa veste en cuir.

- Comment tu fais pour porter du cuir sous cette chaleur, se plaignit Enzo.

- L'habitude, répondit Lana en s'asseyant en tailleur sur sa veste. Vous avez remarqué que depuis pas mal de temps Sophia se comporte bizarrement ?

Leïla et Alyssa se redressèrent tandis que les deux garçons regardèrent sérieusement Lana et Amy.

- Non, dit après un moment Leïla, mais après on n'est peut-être pas les meilleurs pour juger. On a été pas mal occupés cette année.

- Je n'ai rien remarqué non plus, renchérit Alyssa.

- Et vous les garçons ? demanda avec espoir Amy en fixant Angel et Enzo.

Mais eux aussi n'avaient rien vu.

- Pourquoi tu penses qu'elle se comporte bizarrement ? interrogea Alyssa.

- Son comportement, répondit aussitôt Lana, elle a toujours été plutôt ouverte à toutes sortes de sujets toutes ces dernières années : sa famille, sa vie sentimentale, ses problèmes.

- Oui je suis d'accord, dit Alyssa qui ne devait pas avoir oublié le jour où Sophia avait fait irruption dans la salle de bain de la School Magic pour raconter devant tout le monde son escapade amoureuse à Katherine qui était sous la douche.

- Et depuis septembre, elle est beaucoup plus secrète, poursuivit Amy. On lui à demander si tout allait bien et si elle voulait nous parler, mais elle s'est contenté de nous dire que tout allait bien.

- Et vous avez essayés d'en parler à Katherine ? supposa Enzo. En général elles se disent tout.

- Ouais on a déjà essayé, répondit Amy, mais elle a rien voulu nous dires.

- C'était mon idée de l'inviter à la soirée dans la salle de bain des préfets, dit Lana, je pensais qu'une fois détendu, elle se livrerait peut-être, mais non.

- C'est vrai qu'elle était pas très ouverte, remarqua Leïla en se rappelant. J'ai dû carrément la pousser dans les bras d'Angel pour la faire danser.

- Or elle adore danser, précisa Amy.

- Vous auriez dû profiter de l'action ou vérité pour la faire parler, dit Enzo, sans aucun tact.

- Quelle merveilleuse idée ! cingla Alyssa. Comme ça elle se serait encore plus renfermé et ont se seraient mis à dos une de nos amies. Réfléchie Enzo.

- Oui tandis que pour moi, ça ne dérangeait personne que j'ai dû avouer avec qui j'ai perdu ma virginité, répliqua avec sarcasme Leïla.

- Alors sans vouloir te vexer, déclara Lana, ont le savaient déjà tous. On voulait juste être sûre de ne pas faire erreur.

- Merveilleux, marmonna Leïla en se rallongeant.

- Peut-être qu'elle a un copain, dit soudainement Angel, et qu'elle ne souhaite pas en parler.

Les autres se contentèrent de hausser les épaules.

- Après on peut voir si on remarque quelque chose, raisonna Alyssa, et si c'est le cas on vous le dit, d'accord ?

- Okay, ça marche, soupira Amy avant d'attirer l'attention de la championne. Au faîtes, Leïla, tu sais en quoi consiste la dernière tâche ? T'as une idée ?

- Absolument aucune idée, avoua Leïla.

C'était vrai, depuis la fin de la seconde tâche elle n'avait aucune idée à quoi s'attendre pour la dernière.

- Enfin, je verrai le vingt-quatre de ce mois, marmonna Leïla. J'aurai un mois entier pour me préparer.

Tandis que Lana et Amy se levaient et rentraient au château, Leïla se mit sérieusement à réfléchir au comportement à Sophia. C'était vrai que c'était inquiétant. Sophia avait toujours été bavarde et sans secrets.

Elle se rappela soudainement que Sophia depuis quelques temps évitait son regard quand Leïla posait les yeux sur elle, mais elle chassa cette idée de ses pensées. Pourquoi Sophia éviterait son regard ? Et pourquoi son comportement étrange aurait-elle avoir avec elle ? Elle n'avait rien fait pour.

Quelques jours plus tard elle se rendit en cours de potions et se mit volontairement à côté de Sophia pour pouvoir lui parler.

- Hey, So', dit-elle joyeusement en posant son sac sur le bureau.

- Salut Leïla, répondit à voix basse la blonde.

- Tu vas bien ? demanda la championne.

- Oui, marmonna Sophia, et toi ?

- Ça va...

Alors que Rogue débutait son cours aussi insoutenable que d'habitude, Leïla ne pouvait pas s'empêchait de lancer plusieurs œillades à sa voisine de bureau.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Sophia au bout d'un certain moment.

- Je m'inquiète pour toi, répondit platement Leïla alors qu'elle ajoutait un foie de rat dans sa potion.

- Pourquoi ?

- Pour la même raison que les autres, poursuivit Leïla, tu n'agis pas comme d'habitude depuis septembre.

- Comme je l'ai dit aux autres, je vais bien, répondit fermement Sophia. Tu devrais plutôt t'inquiéter pour toi-même.

- Ça s'est déjà fait, maintenant je m'inquiète pour mes amis. Et celle en ce moment qui à l'air d'avoir besoin de plus d'aide et de soutiens, c'est toi.

- Tu veux dire qu'on est encore amie ? s'étonna Sophia.

- D'accord, là tu m'inquiète vraiment, lâcha Leïla en laissant retomber un morceau d'aile de chauve-souris sur son bureau. Bien-sûre que je suis ton amie Sophia, pourquoi je ne le serai plus ?

- C'est à dire qu'on n'est pas vraiment très proche cette année, marmonna la blonde en touillant sa potion.

- Ce n'est pas parce que on se parle moins que d'habitude, qu'on est plus amies, répondit Leïla. Je suis là pour toi.

- D'accord, mais je n'ai vraiment pas besoin d'aide, déclara Sophia d'un air buté.

Voyant qu'elle n'obtiendrait rien d'autre venant de Sophia, elle laissa tomber l'affaire.

- Katherine, je peux te parler ? dit-elle plus tard en se rendant au cours de Paige.

- Euh...bien-sûre, bredouilla Katherine pris au dépourvu par cette embuscade.

- Parfait, répondit Leïla en lui attrapant fermement le bras et en l'entraînant dans le couloir à une bonne distance des autres. Écoutes je m'inquiète pour Sophia, elle n'est pas comme d'habitude.

- Oh non, marmonna Katherine, tu ne vas pas t'y mettre non plus ?

- Tu sais quelque chose, c'est évident, dit Leïla, c'est ta meilleure amie. Et si tu ne savais rien tu t'inquiéterais comme nous.

Katherine garda le silence quelque seconde avant de déclarer :

- Tu as raison, c'est ma meilleure amie, et si elle me demande de garder un secret je le garde. Ce n'est pas pareil pour toi avec Alyssa ? Si elle te demande de garder quelque chose pour toi ?

Leïla maugréa mais finit par lui donner raison.

- C'est juste qu'elle nous inquiète tous.

- Vous en faîtes pas, rassura finalement Katherine, elle va bien. Et s'il y avait un problème grave je le saurais.

- Okay, fini par capituler Leïla, mais si vraiment ça devient un problème qui puisse la mettre en danger, tu m'en parles, d'accord ?

- Rien ne la mettra en danger, contredit la sorcière, mais en partant sur ce principe d'accord. Si c'est grave, je t'en parlerai.

Leïla la remercia avant de rejoindre ses meilleurs amis pour leur faire part de ses découvertes.

- Donc pour l'instant, tout va bien ? voulu comprendre Alyssa.

Leïla approuva d'un signe de tête, elle espérait que ce soit le cas.

Leïla aurait bien voulu faire quelques excursions nocturnes pour se changer les idées, mais elle tenait bien compte de l'avertissement de Sirius. Pendant ce temps-là le trio d'or aussi avait des problèmes. Hermione recevait régulièrement des menaces par courrier, dût à l'article de Rita Skeeter, que celle-ci avait écrit. La journaliste avait inventé une sorte de triangle amoureux entre Hermione, Harry et Viktor Krum.

Tout ça à cause de l'invitation du champion de Durmstrang à l'attention de la jeune sorcière de quinze ans. Celle-ci avait promis de se venger de la journaliste et travaillait avec acharnement pour prouver que Rita Skeeter obtenait ses interviews d'une façon illégale.

Pendant ce temps Ron pataugeait dans ses révisions pour les examens de fin d'année, quant à Harry celui-ci ne voulait pas démordre de percer le mystère de Croupton, malgré le fait que Leïla lui est dit à mainte reprise de laisser tomber.

Quand la fin mai arriva Leïla fut retenu par Paige, après un cours particulièrement compliqué.

- Leïla, ce soir tu devras te rendre au stade de Quidditch à neuf heures. Mr Verpey t'y attendra en compagnie des autres champions, pour vous révéler en quoi consiste la dernière tâche. Ne sois pas en retard, prévint-elle avant de quitter la classe.

Leïla avait presque oublié que dans un mois, jour pour jour, ce Tournoi serait enfin terminé. Au moins elle serait fixée ce soir sur ce qu'elle affronterait.

- Demain matin rendez-vous à la bibliothèque, dit-elle à ses amis au déjeuner. La nature de la troisième tâche me sera révélé ce soir.

- J'espère que ça ne va pas être trop dure, confia Alyssa en servant des pommes de terres sautés à tout le monde.

- Honnêtement, je ne sais pas s'ils peuvent faire plus compliqué que les deux premières tâches, répondit Enzo, enfin j'espère.

- Ouais, moi je ne suis pas sûre. Je pense qu'ils peuvent faire bien pire pour la dernière tâche, dit Leïla, ce sera comme un bouquet finale d'un feu d'artifice.

- Fait attention à ne pas te brûler dans ce cas-là, fit sombrement Angel, et crois moi, en feu je m'y connais.

Leïla prit très sérieusement l'avertissement d'Angel.

Le soir même, après avoir dîné et être remonté à la salle commune, Leïla attendit que l'heure vienne.

- Tu veux qu'ont viennent avec toi ? demanda Enzo. Histoire d'avoir le soutien moral.

- Non ça ira, déclina gentiment Leïla, je ne veux pas que vous ayez des ennuis. De plus Paige m'a dit qu'il n'y aurait que les champions et Verpey, les autres élèves ne sont pas admis je pense.

À huit heures et demie, Leïla en compagnie du survivant, qu'elle avait repéré, sortit de la salle commune de Gryffondor et descendit les escaliers. Lorsqu'ils arrivèrent dans le hall d'entrée, Cedric apparut à son tour, sortant de la salle commune des Poufsouffle, et ils se rendirent ensemble au terrain de Quidditch, sous le ciel nocturne chargé de nuages.

- Qu'est-ce que ça va être, à votre avis ? demanda Cedric. Fleur est persuadée qu'il va falloir découvrir un trésor caché dans des souterrains.

- Ce ne serait pas trop mal, dit Harry.

- Bof, pas génial... répondit Leïla en sentent un frisson la parcourir. Pas génial du tout quand on est claustrophobe.

Mais les deux autre se contentèrent de hausser les épaules, et après tout ils n'avaient pas tort. C'était une compétition, celui ou celle qui s'adapterait le mieux avait une chance de gagner.

Ils traversèrent la pelouse plongée dans l'obscurité et entrèrent sur le terrain de Quidditch en passant entre deux rangées de gradins.

- Qu'est-ce qu'ils ont fabriqué ? s'indigna Cedric en s'arrêtant net.

Le terrain avait cessé d'être plat et lisse. Il était sillonné de longs murs bas qui serpentaient et se croisaient en tous sens.

- Ce sont des haies, dit Harry qui s'était penché pour regarder de plus près.

- Je ne sais pas où le décorateur a eu son diplôme, plaisanta Leïla, ironiquement. Mais moi je m'inquiéterais

- Bonjour ! lança une voix joyeuse.

Ludo Verpey se tenait au milieu du terrain, en compagnie de Krum et de Fleur. Leïla, Harry et Cedric s'avancèrent vers eux en enjambant les haies et Fleur leur fit un grand sourire.

- Alors, qu'est-ce que vous en pensez ? dit Verpey d'un air ravi lorsque Leïla, Harry et Cedric eurent franchi la dernière haie. Elles poussent bien, non ? Encore un mois et, grâce aux bons soins de Hagrid, elles auront atteint six mètres de hauteur. Ne vous inquiétez pas, ajouta-t-il avec un sourire en voyant leur expression déconfite, votre terrain de Quidditch sera remis en état dès que la tâche sera terminée ! J'imagine que vous avez deviné ce qu'on est en train d'installer ?

Pendant un instant, tout le monde resta silencieux. Puis…

- Un labyrinthe, grommela Krum.

- Exactement, approuva Verpey. Un labyrinthe. Le principe de la troisième tâche est tout simple. Le trophée du Tournoi sera placé au centre de ce labyrinthe, le premier champion qui l'atteindra recevra la note maximum.

- Il suffit simplement de trouver son chemin dans le labyrinthe ? demanda Fleur.

Non, ça serait bien trop beau et trop simple, pensa sombrement Leïla, un bouquet final avait besoin de plus de...spectaculaire.

- Oh, bien-sûre, il y aura des obstacles, répondit Verpey d'un air guilleret en se balançant d'avant en arrière. Hagrid va nous fournir quelques créatures pour pimenter l'épreuve... Il y aura aussi des mauvais sorts qu'il faudra conjurer... des tas de choses dans ce genre-là. Les champions qui ont actuellement le plus grand nombre de points pénétreront les premiers dans le labyrinthe.

Verpey adressa un grand sourire à Harry et à Cedric.

- Ensuite, ce sera au tour de Miss Black… Puis à celui de Mr Krum et enfin à celui de Miss Delacour. Mais chacun aura sa chance, tout dépendra de la façon dont vous parviendrez à franchir les obstacles. Ça devrait être amusant, non ?

Amusant ? Pensa Leïla, sarcastiquement. Non, faire une blague de mauvais goût était amusant. Mais ça c'était dangereux. Pas amusant.

Elle aurait bien voulu dire sa façon de penser mais elle se contenta de hocher poliment la tête, comme les autres champions.

- Parfait… Si vous n'avez pas de questions à poser, nous pouvons tout de suite rentrer au château. Il fait un peu froid, dehors…

Après avoir jeté un dernier regard sur les haies, qui serait bientôt un labyrinthe. Tout le monde commença à rebrousser chemin.

Elle comptait rentrer en compagnie de Harry. Sirius lui avait demandé de veiller sur lui, et elle prenait sa mission très à cœur, mais celui-ci se fit aborder par Krum.

- Harrrry, je pourrrrais te parrrler ?

- Oui, bien-sûre, répondit Harry, légèrement surpris.

- Allons fairrre un tourrr, tu veux bien ?

- Okay, dit Harry avec curiosité.

Verpey, qui lui aussi était resté, eut l'air un peu décontenancé.

- Je t'attends, Harry, d'accord ?

- Oh, ne vous inquiétez pas, rassura Leïla avec un sourire. Je vais l'attendre, d'accord Harry ? ajouta Leïla avec un regard soutenu.

Elle espérait lui faire passer le message de cette façon.

- Euh...ouais, répondit-il avant de s'éloigner avec Krum.

Mr Verpey adressa finalement un signe de tête à Leïla puis remonta au château.

Leïla regarda Harry et Viktor s'éloigner vers la forêt.

- Pas possible, pourquoi ils vont se foutre là-bas ? jura Leïla pour elle-même avant de les suivre à distance pour leurs laisser un espace privé.

Finalement Leïla s'arrêta devant le muret de la cabane de Hagrid, d'où elle pouvait observer les deux garçons de loin, à l'orée de la forêt.

Pour passer le temps, elle tira une cigarette et un briquet de sa poche, et alluma le bâton de nicotine.

Elle tira une première taffe, puis une deuxième. Mais quand elle fut arrivée à la moitié de la cigarette, elle sentit une angoisse lui serrer la poitrine.

- Merde, murmura Leïla en se penchant en avant la main sur la poitrine et la cigarette à la bouche.

Quand elle se redressa elle put voir que les deux silhouettes des garçons au loin s'agitaient.

Elle écrasa précipitamment sa cigarette contre le muret de la cabane, avant de courir de toutes ses forces vers la forêt.

Quand elle arriva sur les lieux elle demanda directement à Harry :

- Qu'est-ce qu'il se passe ? J'ai senti ton angoisse.

Mais le jeune sorcier ne répondit pas et pointa seulement le doigt devant lui.

Leïla, qui n'avait pas observer le cadre dans lequel elle était, regarda droit devant elle et enfin elle put apercevoir ce qui causait l'angoisse de Harry.

Mr Croupton était là, à Poudlard.

Mais on aurait dit qu'il venait de faire un voyage de plusieurs jours. Sa robe de sorcier était déchirée et tachée de sang à la hauteur des genoux, son visage portait des égratignures, il avait une barbe de plusieurs jours, le teint grisâtre, l'air épuisé. Ses cheveux d'ordinaire si bien coiffés auraient eu besoin d'un shampooing et d'une bonne coupe. Sa moustache elle-même paraissait beaucoup moins nette que d'habitude. Mais son comportement était plus étrange encore que son apparence. Marmonnant, gesticulant, Mr Croupton semblait parler à quelqu'un que lui seul pouvait voir.

- Okay on a un gros problème, annonça Leïla en continuant à regarder le membre du ministère.

- C'est un des juges, non ? dit Krum en regardant attentivement Mr Croupton. Il n'était pas avec toonn ministrrre ?

Harry approuva d'un signe de tête, puis il s'approcha lentement de Mr Croupton qui ne lui prêta aucune attention et continua de parler à l'arbre devant lequel il se tenait.

- Et lorsque vous aurez terminé, Wistily, vous enverrez un hibou à Dumbledore pour lui confirmer le nombre d'élèves de Durmstrang qui assisteront au Tournoi. Karkaroff vient de nous informer qu'ils seraient douze…

- Mr Croupton ? dit prudemment Harry.

- Ensuite, vous enverrez un autre hibou à Madame Maxime parce qu'il se peut qu'elle veuille augmenter le nombre des élèves qui l'accompagneront, maintenant que Karkaroff a limité les siens à douze… Mais Miss Matthews ne sait pas combien ils seront... Faites cela le plus vite possible, Wistily, n'est-ce pas ? N'est-ce… ?

Mr Croupton avait les yeux exorbités. Il fixa le tronc de l'arbre en marmonnant des paroles incompréhensibles, puis vacilla et tomba à genoux.

- Mr Croupton ? dit Harry à haute voix. Que se passe-t-il ?

Les yeux de Barty Croupton roulèrent dans leurs orbites. Harry se tourna vers Krum et Leïla qui l'avait rejoint et qui regardaient Croupton d'un air anxieux.

- Qu'est-ce qu'il lui arrive ? demanda Krum.

- Il doit être déboussolé, dit Leïla, c'est évident qu'il n'est pas dans son état normal. La question est qui lui à fait ça ?

- Aucune idée, murmura Harry. Il faudrait peut-être aller chercher quelqu'un…

- Dumbledore ! dit Mr Croupton d'une voix haletante.

Il tendit la main et s'agrippa à la robe de Harry qu'il tira vers lui, mais ses yeux se fixèrent quelque part au-dessus de sa tête.

- Je dois… voir… Dumbledore…

- D'accord, dit Harry. Si vous voulez bien vous relever, Mr Croupton, je vous accompagnerai au…

- J'ai fait… des choses… stupides… murmura Mr Croupton dans un souffle.

Il avait l'air complètement fou. Ses yeux exorbités continuaient de rouler dans leurs orbites et un filet de salive coulait sur son menton. Chaque mot qu'il prononçait semblait lui coûter un terrible effort.

- Faut… dire… Dumbledore…

- Levez-vous, Mr Croupton, dit Harry à haute et intelligible voix. Levez-vous, je vais vous amener auprès de Dumbledore !

Les yeux de Mr Croupton roulèrent à nouveau avant de se poser sur Harry.

- Qui… vous ? murmura-t-il.

- Je suis un élève de l'école, répondit Harry qui se tourna vers Krum et Leïla en espérant un peu d'aide, mais Krum restait en retrait, l'air de plus en plus inquiet. Tandis que Leïla s'avança en tentant de sonder les sentiments de Mr Croupton.

- Il est complètement à côté de la plaque, dit Leïla, avec inquiétude. J'essaye d'utiliser mon pouvoir sur lui, mais on dirait une coquille vide...

- Vous n'êtes pas… avec lui ? murmura Croupton, la mâchoire tombante.

- Lui ? demanda Leïla. Qui ?

- Non, répondit Harry.

- Du côté… Dumbledore ?

Là ça devenait très inquiétant s'il parlait d'un côté. Comme le bien et le mal.

- C'est ça, assura Harry.

Croupton le tira un peu plus vers lui. Harry essaya de lui faire lâcher prise mais sa main serrait sa robe avec une force incroyable.

- Avertir… Dumbledore…

- Si vous me lâchez, je vais aller chercher Dumbledore, promit Harry. Lâchez-moi, Mr Croupton, et je le ramène ici…

- Merci, Wistily, et quand vous aurez fini, j'aimerais bien une tasse de thé. Ma femme et mon fils ne vont pas tarder à arriver, nous devons aller à un concert, ce soir, avec Mr et Mrs Fudge.

Croupton avait recommencé à parler à l'arbre sans aucune difficulté d'élocution et semblait ne plus s'apercevoir de la présence de Harry, de Krum ou de Leïla.

- Il faut prévenir quelqu'un. Maintenant, décida Leïla tandis que Mr Croupton continuait à parler dans son délire. Harry, tu sais où est le bureau de Dumbledore, va le chercher.

- Oui, mon fils a obtenu douze BUSE. C'est très satisfaisant, en effet, merci, oui, c'est vrai, je ne vous cache pas que j'en éprouve une certaine fierté. Et maintenant, pourriez-vous m'apporter ce mémorandum du ministre de la Magie d'Andorre, je pense que je vais avoir le temps de rédiger une réponse…

- Restez ici avec lui, dit Harry à Krum et Leïla. Je vais chercher Dumbledore.

- Il est fou, dit Krum d'un air dubitatif en regardant Croupton qui continuait de parler à l'arbre, apparemment convaincu qu'il s'agissait de Percy Weasley.

- Restez avec lui, répéta Harry.

Il se tourna vers le château, mais le mouvement qu'il fit déclencha un autre changement brusque dans l'attitude de Mr Croupton qui l'attrapa violemment par les genoux et le fit tomber par terre.

- Ne… me… laissez pas ! murmura-t-il, les yeux à nouveau exorbités. Je… me suis enfui… il faut… prévenir… Dumbledore… ma faute… entièrement ma faute… Bertha… morte… ma faute… mon fils… ma faute… dites à Dumbledore… Harry Potter… le Seigneur des Ténèbres… plus puissant… Harry Potter…

- J'irai chercher Dumbledore si vous me lâchez ! s'exclama Harry.

Il jeta un regard furieux à Krum et à Leïla.

- Vous voudriez bien m'aider, s'il vous plaît ?

Leïla et Krum s'avancèrent et s'accroupirent à côté de Mr Croupton.

- Faites attention qu'il ne s'en aille pas, dit Harry en se dégageant de l'étreinte de Mr Croupton. Je reviens avec Dumbledore.

- Dépêche-toi, d'accorrrd ? cria Krum tandis que Harry partait en courant vers le château.

Leïla se rapprocha de Mr Croupton et lui parla :

- Harry est allé chercher de l'aide...Tout ira bien...Vous avez dit le Seigneur des Ténèbres, Mr Croupton...

A ses mots le membre du ministère se recroquevilla sur lui-même.

- Vous parliez de Voldemort ? insista Leïla. N'est-ce pas? Il devient plus fort ?

Mais elle ne connut jamais sa réponse car à cet instant elle vît Krum s'effondrer quelques mètres plus loin au sol. Avait-il été assommé ?

- Viktor ! s'écria Leïla en se dirigeant vers lui et en délaissant Mr Croupton. Viktor !

Elle le secoua mais il n'esquissa aucun geste. Consciente du danger qu'il y avait-elle voulut se relever pour regarder derrière elle, où l'agresseur avait pu agir.

Mais son corps refusa de bouger. Elle essaya de se relever avec toute la volonté du monde, mais sans succès. Elle ne pouvait même pas tourner la tête et quand elle voulut crier, elle s'aperçut aussi qu'elle ne pouvait plus ouvrir la bouche.

Et tout à coup se fut le néant. Elle ne voyait plus rien. Elle sut juste que son corps fut enfin libre de toute contrainte en tombant lourdement à côté de Krum.

Quand elle rouvrit les yeux, elle aperçut quelqu'un penché sur elle. Son premier réflexe fut d'envoyer son poing en l'air.

La silhouette touchée par le coup de poing recula en se tenant le nez. Elle comprit que la silhouette qu'elle avait prise comme une menace était simplement Harry.

- Harry ? Qu'est-ce que...qu'est-ce qui est arrivé ? bredouilla Leïla, complètement désorienté.

- Vous avez été assommez, miss Black, répondit une voix juste à côté d'elle.

C'était Dumbledore, un air d'une extrême gravité sur le visage. Krum aussi était réveillé, mais aucun signe de Croupton.

Leïla secoua la tête, puis tout lui revint en tête.

- Oui, oui... répondit enfin Leïla en fouillant dans sa tête. J'ai parlé à Mr Croupton et tout à coup Viktor est tombé...mais il n'y avait personne. Je me suis précipité vers lui pour voir si allait bien et quand j'ai voulu me relever, mon corps été comme paralysé. Je ne pouvais ni parler, ni bouger, et tout d'un coup je n'ai plus rien vu.

Des bruits de pas qui martelaient le sol comme un tonnerre retentirent alors derrière eux et Hagrid apparut, hors d'haleine, son arbalète à la main, Crockdur sur ses talons.

- Professeur Dumbledore ! s'exclama-t-il, les yeux écarquillés. Harry ! Qu'est-ce que… ?

- Hagrid, il faut que vous alliez chercher le professeur Karkaroff et Miss Matthews, dit Dumbledore. Leurs élèves ont été attaqué. Quand vous l'aurez prévenu, soyez assez aimable pour avertir également le professeur Maugrey…

- Inutile, Dumbledore, grogna une voix essoufflée. Je suis là.

Maugrey s'avança vers eux de son pas claudicant, s'appuyant sur son bâton, sa baguette magique allumée.

- Fichue jambe, marmonna-t-il avec fureur. J'aurais pu être là plus vite… Qu'est-ce qui s'est passé ? Rogue a parlé de Croupton…

Rogue lui avait parlé de Croupton ? pensa Leïla en essayant de remettre ses idées en place. Pourtant un quart d'heure plus tôt personne ne savait de quoi il s'agissait. De plus Rogue évitait Maugrey comme la peste.

Quelque chose clochait, songea Leïla.

Elle eut alors l'idée d'essayer de sonder l'esprit de Maugrey. Même si elle venait de se faire attaquer, elle réussit sans trop de difficulté à briser les barrières de son esprit.

Ces émotions étaient plus qu'étrange. Il ressentait de la peur, ceux qui était étrange venant de lui. Et de l'excitation, une grande excitation.

Leïla remarqua qu'à son tour Maugrey la fixait. Alors consciente du danger, elle rompu la connexion et fit mine de se tenir la tête pour simuler un mal de tête

- Croupton ? dit Hagrid, déconcerté.

- Hagrid, s'il vous plaît, allez chercher Karkaroff et Miss Matthews, répéta sèchement Dumbledore.

- Ah oui… Oui, bien-sûre, professeur…

Hagrid fit volte-face et disparut dans l'obscurité, suivi par Crockdur.

- J'ignore où est Barty Croupton, dit Dumbledore à Maugrey, mais il faut absolument le retrouver.

- Je m'en occupe, grogna Maugrey.

Il pointa sa baguette magique devant lui et s'enfonça dans la forêt alors que Leïla le suivit des yeux. Elle aurait bien voulu se lever et le poursuivre pour l'espionner, mais dans son état cela n'était même pas envisageable.

Dumbledore, Krum, Harry et Leïla, qui s'était remis debout, restèrent silencieux jusqu'à ce qu'ils entendent à nouveau le bruit de pas caractéristique de Hagrid qui revenait avec Crockdur. Karkaroff se hâtait derrière eux, vêtu de sa fourrure argentée, le teint pâle, l'air anxieux. Paige aussi, dans une frêle jupe et chemisier, arrivait en courant visiblement très inquiète.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? s'écria Karkaroff lorsqu'il vit Krum toujours étendu sur le sol.

- J'ai été agrrressé ! dit Krum qui s'était assis et se massait la tête. C'est ce Mrrrr Crrrroupton…

- Croupton vous a agressé ? Vous avez bien dit Croupton ? Le juge du Tournoi ?

- Igor, commença Dumbledore.

Mais Karkaroff se redressa, serrant sa fourrure autour de lui, le visage livide.

- Trahison ! s'exclama-t-il, le doigt pointé sur Dumbledore. C'est un complot ! Vous et votre ministre de la Magie m'avez attiré ici sous des prétextes fallacieux, Dumbledore ! Cette compétition n'est pas loyale ! D'abord, vous vous arrangez pour introduire clandestinement Potter dans le tournoi, bien qu'il n'ait pas l'âge minimum ! Et maintenant, l'un de vos amis du ministère essaye de mettre mon champion hors d'état de concourir ! Toute cette affaire est entachée de duplicité et de corruption et vous, Dumbledore, vous, avec vos grands discours sur l'amitié internationale entre sorciers, sur la nécessité de renouer les liens du passé, d'oublier les anciennes différences – voilà ce que je pense de vous !

Karkaroff cracha sur le sol, aux pieds de Dumbledore. D'un mouvement vif, Hagrid le saisit aussitôt par le col de sa fourrure, le souleva en l'air et le plaqua contre un tronc d'arbre.

- Des excuses ! exigea Hagrid d'un ton menaçant.

Karkaroff, les jambes pendantes, suffoquait, étranglé par le poing massif de Hagrid qui lui écrasait la gorge.

- Hagrid, non ! s'exclama Dumbledore le regard étincelant.

Hagrid lâcha Karkaroff qui glissa le long du tronc et s'effondra par terre en une masse informe.

- Vous vous trompez, dit finalement Leïla au directeur de Durmstrang. J'étais avec Croupton lorsque Viktor a été attaqué.

- Alors c'est vous ! accusa Karkaroff en pointant du doigt la jeune fille.

Paige ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais Leïla ne lui en laissant pas le temps.

- Évidemment, j'ai attaqué Viktor, dit Leïla, d'un ton cinglant. Ensuite je me suis débarrassé de Croupton et j'ai bien-sûre fini par m'assommer moi-même. Tout cela en l'espace d'un quart d'heure.

En règle général, Paige l'aurait réprimandé pour un tel manque de politesse, mais elle semblait être en proie de pleine maîtrise d'elle-même.

Karkaroff ne répliqua pas, mais la regarda furieusement, si des regards pouvaient tuer, elle serait morte.

- Hagrid, vous serez aimable de raccompagner Harry au château, dit sèchement Dumbledore. Respirant profondément, Hagrid lança à Karkaroff un regard noir.

- Je ferais peut-être mieux de rester avec vous, monsieur le directeur…

- Hagrid, vous allez raccompagner Harry au château, répéta Dumbledore d'un ton sans réplique. Emmenez-le directement à la tour de Gryffondor. Et Harry, je veux que tu y restes. Tout ce que tu pourrais avoir envie de faire – envoyer des hiboux, par exemple – attendra jusqu'à demain matin, tu m'as bien compris ?

- Heu… Oui, dit Harry en le regardant d'un air intrigué.

- Je vous laisse Crockdur, monsieur le directeur, dit Hagrid.

Il continuait de lancer des regards menaçants à Karkaroff, toujours étalé par terre, empêtré dans ses fourrures et les racines de l'arbre.

- Tu restes ici, Crockdur. Viens avec moi, Harry.

Ils s'éloignèrent en silence, passèrent devant le carrosse de Beauxbâtons puis traversèrent le parc en direction du château.

- Leïla, tu rentres aussi, dit Paige en s'approchant de son élève.

- Je vais bien, voulu rassurer la sorcière, vraiment...

- Ça n'empêche pas le fait que tu rentres à ton dortoir, déclara Paige en s'assurant que Leïla allait vraiment bien. Tu vas directement te coucher, tu as besoin de dormir. Évite toutes conversations.

Leïla qui ne voulait pas se battre hocha la tête et remonta en direction de château en laissant les directeurs (et Krum) ensemble.

Le lendemain matin, ils n'étaient pas tous, comme prévu à la bibliothèque pour parler de la troisième tâche, que Leïla avait momentanément oubliée, mais dans la salle commune de Gryffondor à l'abri des regards en compagnie du trio d'or.

Leïla, malgré la demande de Paige de se coucher tout de suite après être rentrée, avait raconté à ses amis ce qu'il venait de se passer. Ces trois-là avait sautés de leurs fauteuils quand Leïla avait dit qu'elle avait été attaqué. Mais après les avoir rassurés Leïla avait pu terminer son récit.

- Il n'y a qu'une seule possibilité, dit Hermione en se frottant le front. C'est quelqu'un d'autre qui vous ont attaqués tous les trois pendant que Viktor était assommé et que tu étais près de lui.

- C'est peut-être Croupton, supposa Ron. C'est pour ça qu'il n'était plus là quand Harry et Dumbledore sont arrivés. Il avait déjà fichu le camp.

- C'est impossible Ron, dit Leïla avec lassitude, j'étais près de lui quand Viktor est tombé. Je l'aurai vu s'il avait tenté quelque chose.

- Peut-être que Croupton a réussi à transplaner, dit Harry, quand toi et Krum vous étiez dans les pommes ?

Leïla remarqua qu'il se tenait le nez. C'est vrai qu'elle lui avait donné un coup.

- Au faîtes, Harry, excuse-moi pour le coup de poing hier, je n'ai pas vu que c'était toi.

Harry la remercia tandis qu'Hermione réfuta la supposition de son meilleur ami.

- On ne peut pas transplaner dans l'enceinte de Poudlard, combien de fois faudra-t-il que je vous le répète ? soupira Hermione.

- Attends, j'ai une autre théorie ! s'exclama Ron d'un air enthousiaste. Krum à fait semblant de tomber, a attaqué Leïla l'air de rien. Puis Mr Croupton et ensuite, il s'est stupéfixé lui-même !

- Et Mr Croupton s'est volatilisé, c'est ça ? répliqua froidement Hermione.

- Ouais, bon…

- Et puis Ron c'est pas possible. Un, Krum était vraiment assommé. Deux, je me serai aperçu s'il m'attaquait. Trois, Hermione à raison. Et enfin, quatre, pourquoi il ferait ça ?

- Répète-nous ça encore une fois, Harry, demanda Hermione. Qu'est-ce qu'a dit Croupton exactement ?

- Ça n'avait pas beaucoup de sens. Il disait qu'il voulait avertir Dumbledore de quelque chose. Il parlait de Bertha Jorkins comme si elle était morte. Il n'arrêtait pas de répéter que c'était sa faute… Il parlait aussi de son fils.

- Ça, c'était vraiment sa faute, dit Hermione avec colère.

- Il avait perdu l'esprit, poursuivit Harry. La moitié du temps, il semblait penser que sa femme et son fils étaient toujours vivants et il s'adressait à Percy pour lui parler travail et lui donner des instructions.

- A moitié seulement ? dit Leïla, ironiquement. Tu es bien gentil, je dirais à quatre-vingt-quinze pourcents.

- Rappelle-moi ce qu'il a dit à propos de Tu-Sais-Qui ? demanda Ron d'une voix mal assurée.

- Je te l'ai déjà répété, répondit Harry avec lassitude. Il a dit qu'il devenait plus puissant.

Il y eut un silence, puis, d'un ton faussement assuré, Ron reprit :

- Il devait délirer, puisque tu nous dis qu'il avait perdu l'esprit…

- Il paraissait plus lucide quand il parlait de Voldemort, fit remarquer Harry sans prêter attention à la grimace de Ron. Il avait du mal à aligner deux mots, mais c'étaient les seuls moments où il avait l'air de savoir où il se trouvait et ce qu'il voulait faire. Il répétait sans cesse qu'il devait absolument voir Dumbledore.

- C'est vrai, approuva Leïla, après que tu sois parti, je lui ai demandé, pour m'assurer, s'il parlait de Voldemort et si celui-ci retrouvait sa puissance. Mais je n'ai pas eu le temps d'avoir sa réponse, Krum a été attaqué à ce moment-là.

Harry se détourna de la fenêtre de la salle commune et leva les yeux vers le plafond.

- Si Rogue ne m'avait pas retenu, dit Harry d'un ton amer, on aurait peut-être pu arriver à temps. « Le directeur est occupé, Potter… Qu'est-ce que vous racontez encore comme bêtises, Potter ? » Si seulement il m'avait laissé passer !

- Peut-être qu'il ne voulait pas que tu voies Dumbledore, dit précipitamment Ron. Peut-être que – attends… À ton avis, combien de temps il lui aurait fallu pour aller jusqu'à la forêt ? Tu crois qu'il aurait pu arriver là-bas avant vous ?

- Non, à moins de se transformer en chauve-souris, répondit Harry,

- Ça ne m'étonnerait pas de lui, marmonna Ron.

- Nous devons voir le professeur Maugrey, dit Hermione. Il faut savoir s'il a retrouvé Croupton.

- S'il avait la carte du Maraudeur sur lui, il n'a pas dû avoir trop de mal, dit Harry.

- Sauf si Croupton n'était plus dans l'enceinte de Poudlard, dit Ron, la carte ne va pas plus loin que la...

- Harry, dit brutalement Leïla en sortant de ses pensées. Tu dis que tu as rencontrée Rogue ?

- Oui...devant le bureau de Dumbledore, répondit intriguer Harry

- Il n'y avait pas Maugrey ?

- Non...marmonna le sorcier ne voyant pas où elle voulait en venir.

- Quand Maugrey est arrivé, raconta précipitamment Leïla, il a dit que Rogue lui avait raconté ce qui c'était passé. Mais tu n'as rien dit à Rogue à propos de Croupton ?

- Non, mais il a pu m'entendre quand j'ai discuté avec Dumbledore. Leïla, où tu veux en venir ?

- Écoutes, quelque chose ne colle pas dans son histoire. En plus il avait la carte...Il aurait du tout de suite savoir que Croupton était ici sans besoin de discussion.

- Peut-être qu'il ne l'avait pas sur lui, dit Alyssa.

- Bon, je ne voulais pas vous le dire, déclara Leïla en se jetant à l'eau. Mais j'ai utilisé mon pouvoir d'empathie sur Maugrey et j'y est ressentis de la peur et de l'excitation.

Mais tout le monde la regarda d'un air d'incompréhension.

- Vous pensez vraiment que Maugrey est quelqu'un qui à peur ? Et pourquoi cette excitation ?

- Il cache peut-être sa peur mieux que les autres, tenta de raisonner Hermione, mais il est humain, c'est normal d'avoir peur.

- Et pour l'excitation ? demanda Leïla, vexé qu'on ne la prenne pas au sérieux. Tu as une explication, Hermione ?

Mais ce fut Harry qui répondit :
- Tu as peut-être mal analysé ses émotions tu venais de te faire attaquer.

- Mes pouvoirs ne mente pas, Harry, expliqua Leïla d'un ton clair. Même si je me trouvais au bord de la mort, je pourrais te dire l'exact vérité sur les émotions d'une personne.

- Et tu en tires quoi comme conclusion ? demanda Angel.

- Qu'il a menti, répondit Leïla, en disant que Rogue l'avait prévenu à propos de Croupton.

Mais elle voyait que le trio d'or avait dû mal à la croire.

- Écoutes, Harry, finit-elle par dire, j'espère vraiment que je me trompe, mais fais quand même attention.

- Okay, marmonna-t-il, bon je vais envoyer une lettre à Sirius. Il nous a dit de le tenir informé de tout ce qui se passe.

Il se leva en compagnie de Ron et d'Hermione et disparut dans le trou du portrait.

- Bien, à nous, déclara finalement Angel en attirant l'attention de Leïla. Alors ce labyrinthe ? Tu comptes faire comment ?


Hey !

Voilà un nouveau chapitre !

Nous nous approchons doucement de la fin, encore un peu moins d'une dizaine de chapitres.
J'espère que ça vous plaira !

Les droits appartiennent à J.K Rowling et Constance M. Burge.

Isia31,