Jeu Mortel
Chapitre 18 : Troisième Tâche
Contrairement à d'habitude ce fut Alyssa qui réveilla Leïla le lendemain matin. Quand la brune regarda sa meilleure amie elle vit que celle-ci dégageait une certaine anxiété et que son visage semblait plus pâle qu'a l'accoutumé. Ses lèvres étaient gercées, comme si elle les avait mordus et des cernes violettes pochaient ses yeux.
- Hé, ça va aller, rassura Leïla en écartant ses draps au bout de son lit. Je sais à quoi tu penses, mais ne t'inquiète pas.
- Je ne peux pas m'en empêcher, confia Alyssa en laissant échapper un soupire d'exaspération.
- C'est la dernière tâche, rappela la sorcière, après ce soir, ce sera terminé. Que je gagne ou pas. Pour de bon.
- Je sais…
Quand elles descendirent, après une longue douche froide pour remettre leurs pensées droites dans leurs têtes, un grand vacarme s'élevait de la table autour de laquelle les élèves de Gryffondor prenaient leur petit déjeuner.
Vacarme en l'honneur de Harry Potter.
Quand Leïla s'assit à la table, avec une certaine raideur, elle croisa le regard de celui-ci qui essaya de lui faire un sourire, sans succès. Elle répondit avec un hochement de tête, elle avait un nœud dans la gorge.
Lorsque les hiboux postaux apparurent, l'un d'eux apporta à Leïla une carte de Sirius pour lui souhaiter bonne chance. C'était un simple morceau de parchemin plié en deux qui portait l'empreinte boueuse d'une patte de chien. Harry semblait avoir reçu la même. Elle remercia silencieusement son oncle pour cette preuve de bienveillance.
Après avoir ranger la carte dans une des poches arrière de son jean, Enzo et Angel arrivèrent dans la Grande Salle et s'installèrent en face des deux filles.
- Bien dormi ? demanda Enzo en essayant d'adopter un ton enjoué.
Mais quand il tendit le bras vers les toasts, Leïla remarqua que sa main tremblait comme une feuille.
- On a connu mieux, se contenta de répondre Alyssa, mais ça ira mieux demain...
- Tout va bien se passer, dit Angel en se servant du café. Les deux premières épreuves se sont bien déroulé, il n'y a pas de raison que cela change pour celle-ci.
Leïla hocha la tête avant de se forcer à avaler un croissant de plus.
- On a seulement deux cours aujourd'hui, remarqua Alyssa en voulant changer de sujets. A cause des examens des élèves de Poudlard.
- Oui et pas les meilleurs, marmonna Enzo. Potions et histoire de la magie.
Mais leurs élans de critiquer ces deux cours furent vite coupé par Paige qui s'avança vers eux.
- Leïla, dit-elle en se penchant derrière son épaule. Après le déjeuner tu es attendu dans la pièce du fond, celle où tu t'es retrouvé après avoir été choisi par la Coupe.
- Pourquoi ? s'étonna Leïla qui préférait largement rester avec ses amis.
- La famille a été autorisé à venir rendre visite au champion, répondit Paige avec un sourire.
Leïla eut le souffle coupé en comprenant la signification des mots de sa directrice.
- La famille ? ricana-t-elle avant de brutalement reprendre un sérieux absolu. Vous voulez dire que mon père est là ?
Paige soupira puis lui répondit à nouveau :
- Va dans pièce du fond Leïla, fais-moi confiance.
Puis elle les planta là, avant de reprendre la direction de la table des professeurs.
Mais Leïla était encore plus abasourdi qu'avant.
- Vous croyez que mon père est là-dedans? demanda-t-elle à haute voix en pointant du doigt la porte du fond.
Mais ses trois amis semblaient eux aussi abasourdi est à cours de réponses.
Puis à la fin du petit déjeuner se fut Angel qui lui répondit :
- Écoutes, Leïla, Paige t'a dit d'avoir confiance en elle, et d'y aller. Donc écoutes là, et puis au pire si c'est vraiment Valentin, tu n'auras qu'à faire chemin arrière.
Alyssa et Enzo hochèrent la tête en signe d'approuvassions.
- Nous, on va être en retard chez Rogue, poursuivit Angel en regardant sa montre et en saisissant son sac. On se retrouvent à onze heures dans le hall ?
Leïla acquiesça et quelques instant plus tard ses trois amis quittèrent la Grande Salle pour se rendre dans les cachots.
Prenant tout son courage à deux mains, elle se leva, ramassa son sac et se dirigea vers la salle du fond.
Puis elle entra enfin en ayant peur de qui elle pourrait trouver à l'intérieur.
Elle vit d'abord Cedric, avec ses parents, qui étaient juste derrière la porte. Puis après Viktor Krum, qui se trouvait à l'autre bout de la pièce et parlait en bulgare avec sa mère. Une femme aux cheveux bruns, et son père dont il avait hérité les traits. De l'autre côté, Fleur bavardait avec sa mère qui tenait par la main sa petite sœur Gabrielle. Puis en dernier elle aperçut Harry qui était en compagnie d'une petite femme replète rousse, qui devait être la mère de Ron comprit Leïla. A côté d'elle se trouvait un jeune homme grand, roux qui avait les cheveux attachés en catogan et qui portait un crochet de serpent en guise de boucle d'oreille.
Puis soudainement, elle vit la personne qui lui rendait visite.
Mais ce n'était pas, heureusement Valentin, mais Sasha. La mère d'Alyssa.
Comme pour Harry, c'était une personne extérieure à la famille, mais qui comptait à ses yeux beaucoup plus, qui était venu lui rendre visite.
Sasha ressemblait beaucoup à sa fille bien qu'elle avait déjà plus de quarante ans. Elle avait de long cheveux châtain, qui contrairement à ceux de sa fille n'étaient pas striés de mèches blondes. Elle avait aussi des yeux bleus, mais clair, et des lèvres plus pulpeuse que celle d'Alyssa.
Leïla avait déjà vu des photos de Sasha quand elle avait vingt ans. Elle aurait eu tout le potentiel pour devenir mannequin, mais son amour pour la médecine l'avait emporté.
- Leïla, s'écria la mère d'Alyssa en avançant et en écartant les bras. Quel plaisir de te voir.
Leïla sourit de toutes ses dents, rejoignit Sasha et lui fit un câlin.
- Mon Dieu, s'exclama Sasha en la regardant de près. Presque un an que je ne t'ai pas vu, et tu me sembles avoir grandi et devenue être encore plus ravissante.
Leïla rougit de gêne mais la remercia.
- Toi aussi, ce n'est pas souvent qu'on te voit maquillé, taquina Leïla.
- Aujourd'hui est un jour spécial, répondit Sasha avec un grand sourire, et avec l'hôpital je n'ai pas souvent le temps de me faire jolie.
Pour Leïla, Sasha était le type de mère et de femme exemplaire. Elle avait presque élevé sa fille toute seule (et plus tard elle prit Leïla sous son aile) en exerçant la profession d'infirmière et malgré tout elle semblait toujours d'excellente humeur.
- Mais comment as-tu fait pour venir ? Au début j'ai cru que Valentin…
- Oui, coupa Sasha, en fait c'est ta directrice qui m'a demandé si je voulais bien venir, alors évidemment je n'ai pas hésité. Ça faisait si longtemps que je ne vous ai pas vu toi et Alyssa.
- Oui et excuse-moi de ne pas t'avoir donné trop de nouvelle, dit Leïla ne se grattant la nuque.
- Ne t'inquiètes pas, rassura la mère d'Alyssa, je sais que tu es bien occupé cette année. Et puis Alyssa m'en a donné.
- Très bien alors.
Elle espérait que Sasha ne lui parle pas des papiers d'adoptions, et jusqu'à maintenant elle n'en n'avait pas fait allusion.
- Et si tu me faisais visité ce château ? proposa tout d'un coup Sasha en s'apercevant que les familles se dispersaient. Il a l'air magnifique.
- Bien-sûre, accepta Leïla, soulagé. Alyssa, Angel et Enzo sortent de cours vers onze heures, ils nous rejoindront dans le hall.
- Génial ! se réjouit Sasha. Je suis impatiente de revoir ma fille.
- Par contre je ne pourrais pas rester pour te voir accomplir la dernière tâche, informa Sasha en sortant de la salle.
- Oh…
- Je suis désolé, mais j'ai beaucoup de travail en ce moment…s'excusa-t-elle.
- Ce n'est rien, dit Leïla tout de même un peu peiné. Et puis regardé une haie pendant des heures n'a rien de distrayant…
Leïla fit de son mieux pour guider la mère de sa meilleure amie dans le château et lui fit visiter le parc, puis le lac noir où s'était déroulé la seconde tâche, qu'elle raconta dans les moindres détails.
- Mon Dieu, quelle horreur, se désola Sasha en ayant un frisson. Mes deux filles piégé sous l'eau.
- Rien ne pouvait nous arriver, précisa Leïla touché par la déclaration de celle qui se considérait comme sa mère.
- Tout de même, insista la sorcière la plus âgée.
Puis elle l'amena ensuite à la tour d'astronomie, où Sasha trouva la vue splendide.
- D'ailleurs tu es au courant au sujet de la colocation qu'on veut faire l'année prochaine ? Alyssa, moi, Enzo et Angel ? demanda Leïla en s'adossant à la barrière.
Leïla faillit sortir une cigarette par réflexe avant de se souvenir que Sasha détestait qu'on fume devant elle.
- Oui, je suis au courant, répondit-elle, Alyssa m'a envoyé une lettre en me disant de lui faire parvenir tous les documents indispensables pour l'appartement.
- Et alors ?
- Je n'ai pas eu beaucoup de temps à moi ces derniers jours, confia Sasha avant de jeter un coup d'œil à la brune. Vas-y.
Mais Leïla ne comprit pas ses derniers mots et lui jeta un regard d'incompréhension.
- Je sais que tu meurs d'envie de fumer une cigarette, laissa échapper Sasha, donc vas-y.
- Mais tu détestes ça, se défendit Leïla, tu nous disais toujours d'aller dehors…
- Hé bien jusqu'à preuve du contraire, nous somme dehors, et pour cette fois je serai un peu plus tolérante. Mais ne le dis pas à Alyssa.
- Marché conclu, répondit Leïla en sortant une cigarette de son paquet et en la coinçant entre ses lèvres. Et sinon pour toi ça va ? Pas trop d'attaques de démons ?
- Non pas du tout, raconta la sorcière en s'appuyant contre la barrière. Ça en devient même inquiétant en y pensant. Mais ils ré-attaqueront bientôt, je leurs fait confiance là-dessus.
Il eut un petit silence avant que Sasha ne reprenne la parole :
- Je lui ferait parvenir tous les documents nécessaires dans les prochaines semaines. Je n'ai pas encore remis la main sur tout.
Un peu plus tard, alors qu'elle faisait visité à Sasha la serre, elle se rendit compte qu'il allait bientôt être onze heures. Donc après avoir évité les morsures la Tentacula Vénéneuse, elles se rendirent dans le hall du château où elles retrouvèrent Alyssa, Angel et Enzo qui sortaient d'un cours d'histoire de la magie avec Binns.
- Maman ! s'exclama Alyssa en apercevant sa mère en compagnie de Leïla.
Quelques secondes plus tard elle se jeta dans les bras de sa mère.
- Madame Blanka, présentèrent deux minutes plus tard Enzo et Angel en échangeant une poignée de main.
- Enzo, Angel, contente de vous revoir, répondit Sasha. Alors tout se passe bien ?
- Oui, approuva Angel, nous devrions avoir nos diplômes d'ici peu.
- J'espère bien, dit Sasha en accordant un regard à sa fille. En tout cas je te félicite, Alyssa.
- Pourquoi ?
- C'est la première fois au cours de ces dernières années qu'on ne me contacte pas pour tes bêtises.
Alyssa éclata de rire avant de reprendre son sérieux.
- On n'a pas vraiment eu le temps cette année, répondit-elle, mais promis je me rattraperais cet été.
- Hors de question, répliqua sa mère, à moins que tu veuilles que ton appartement te passe sous le nez, jeune fille ?
- Alors t'es vraiment d'accord ?! éclata Alyssa avec un grand sourire.
- Oui.
Un instant plus tard Alyssa se jeta une fois de plus dans les bras de sa mère.
- Oh merci, merci, merci. Je te jure que cet été je fais pas de bêtise.
Pendant que la mère et la fille se taquinaient, Enzo donna à Leïla une mini-lampe torche en métal.
- Au cas où que tu en aurais besoin dans le labyrinthe, précisa Enzo avec un sourire d'encouragement. J'y ai pensé ce matin.
- Merci, répondit la brune en mettant la torche dans son sac. Tu me fais penser que je dois aller récupérer quelque chose dans ma chambre.
Une heure plus tard les quatre amis et la mère d'Alyssa se rendirent dans la Grande Salle pour le déjeuner.
- C'est merveilleux ici, s'extasia encore une fois Sasha, cette nourriture est excellente.
- Oui et le château et hyper beau, dit sa fille en se servant de la viande. On n'a pas cours cette aprèm, ça te dirai qu'on te fasse visiter ?
- Merci, ma chérie, dit Sasha avec un sourire un peu triste, mais malheureusement je ne peux pas rester, je dois retourner à l'hôpital.
- Quoi ?! s'écria Alyssa qui pensait que sa mère resterait. Mais tu ne pouvais pas déléguer le boulot à quelqu'un d'autre ?
- Non, se désola Sasha, et crois-moi j'ai essayé. Mais il semble que je sois la dernière disponible pour m'occuper de l'aile ouest du San Francisco Memorial.
- Toute seule, où sont les autre infirmiers, docteurs et aides-soignants ? s'étonna Angel.
- Nous somme un groupe de six, répondit Sasha, les autres sont à un séminaire.
- Enfin, tout ça pour dire que tu ne seras pas là pour voir Leïla gagner le Tournoi, marmonna Alyssa, déçu.
- Du calme, raisonna Leïla, je ne l'ai pas encore gagné.
Peu après la fin du déjeuner les élèves de Poudlard retournèrent passer leurs examens dans les salles de classes étouffantes et les quatre amis durent dire aux revoir à Sasha au seuil du portail de Poudlard.
- Enzo, Angel, contente de vous avoir revu, lança Sasha en serrant la main des garçons. Vous êtes les bienvenus cet été si vous voulez passer.
- Merci, répondirent en chœur les deux garçons.
Sasha se dirigea ensuite vers Leïla et la serra dans ses bras.
- Surtout fais attention à toi, recommanda-t-elle, et dès que le Tournoi est terminé, envoi-moi une lettre.
Elle la serra de nouveau contre elle, puis lui chuchota dans l'oreille :
- Je compte sur toi, une fois que tu seras rentré à la maison, de me donner ta réponse pour les papiers d'adoption.
Leïla qui n'avait pas entendu parler des fameux papiers depuis sa réconciliation avec Alyssa, de nombreuses semaines auparavant, fut un peu étonné que Sasha aborde le sujet. Mais elle resserrera davantage la mère d'Alyssa dans son étreinte.
- Promis.
Sasha la lâcha enfin avec un sourire puis s'avança vers sa fille.
- Je compte sur toi pour ne pas faire de bêtise, dit-elle avec un semi ton strict avant de se radoucir. Et rentre vite à la maison.
Alyssa lui fit un sourire et plongea la seconde d'après dans un câlin.
- On se voit vite, promit-elle.
Sasha recula puis après avoir fait un signe de la main à chacun, avoir souhaiter bonne chance à Leïla, puis avoir dit au deux qu'elle les aimait, elle franchi le seuil du portail que Rusard avait ouvert, et disparût dans l'horizon.
- Rentrez maintenant, aboya Rusard en referment le portail en fer forgé.
- On va à la tour d'astronomie ? proposa Enzo les mains dans les poches en commençant à avancer.
Les trois approuvèrent d'un signe de tête.
- Allez-y, déclara Leïla, je vais chercher un truc dans le dortoir. Je vous rejoins juste après.
- Sois pas trop longue, dit Angel juste avant que Leïla disparaisse de sa vue.
Leïla monta quatre à quatre les marches du Grand Escalier et franchit le trou du portrait de la Grosse Dame. La salle commune de Gryffondor était peu fréquentée par cette heure. Elle monta dans son dortoir puis s'avança vers sa table de chevet.
Là, elle ouvrit le tiroir et en sortit son athamé. Cela faisait des mois qu'elle n'y avait pas touché. Après avoir frotter la poussière qui s'était accumulé sur la lame ondulante d'argent, elle le regarda le brandissant à la lumière.
Lors de la seconde tâche, elle n'avait pas pensé à l'emmener, il aurait pourtant été très utile. Il lui aurait fait gagner bien du temps lorsqu'elle avait détaché la corde faite d'algues de la cheville d'Alyssa.
Elle ne ferait pas la même erreur deux fois. Cette fois elle le prendrait avec elle.
Ne pouvant pas le dissimuler sous sa chemise, elle enfila un t-shirt noir basique puis coinça l'athamé en le mettant entre son jean et sa peau, puis recouvrit la garde de son t-shirt.
Certes ce n'était pas vraiment sécuritaire, elle pouvait sentir la lame contre sa chair, mais cela dissimulerait l'arme qu'elle n'était pas censée avoir en sa possession.
Elle décida ensuite, avant de descendre de griffonner quelques phrases dans son journal.
Vingt-minutes plus tard elle apparut au sommet de la tour d'astronomie, où ses amis étaient appuyés contre la barrière.
- T'en as mis du temps, ronchonna Enzo en consultant sa montre.
- Désolé, j'ai mis plus de temps que je pensais.
- Pas trop stressé pour ce soir ? demanda Angel.
- Un peu, avoua Leïla, mais je ne peux plus reculer maintenant. Ce qui me fait tenir, c'est de me dire que d'ici ce soir tout ça sera derrière moi. Qui-que-ce-soit le vainqueur.
- Espérons quand même que ce soit toi, dit Enzo en esquissant un sourire. Imagine un peu : Leïla Black, tueuse de démons, de scorpions, d'êtres des eaux et vainqueur du Tournoi des quatre Sorciers ! Ça en jette.
- Hum, pas sûre que je puisse mettre ça sur son Curriculum Vitae, plaisanta-t-elle.
- Non, mais on gardera ça pour les soirées entre amis, répondit Enzo d'un ton suffisant.
Ils passèrent l'après-midi à plaisanter et à rire. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas été aussi libre.
Mais la réalité les frappa bientôt à nouveau lorsque qu'ils rejoignirent la Grande Salle où était donné de dîner qui précédait la troisième et dernière tâche du Tournoi.
Ludo Verpey et Cornélius Fudge avaient pris place à la table des professeurs. Verpey semblait d'excellente humeur mais Cornélius Fudge, assis à côté de Madame Maxime, avait l'air grave et ne parlait à personne. Madame Maxime se concentrait sur son assiette et Leïla eut l'impression qu'elle avait les yeux rouges. Paige était aussi installé à table, auprès de ses deux sœurs, présente pour la dernière épreuve du Tournoi. Ses sœurs avaient l'air plus fatigué qu'à l'ordinaire.
Il y eut plus de plats que d'habitude mais Leïla, qui commençait à se sentir de plus en plus nerveuse, ne mangea pas grand-chose.
- Allez, encouragea Alyssa, c'est mauvais de ne pas manger avant de faire de l'exercice.
- « De l'exercice » ? répéta Angel. Ce n'est pas vraiment ce qu'ont pourraient appeler de « l'exercice ».
- Tu vois le genre, soupira Alyssa avant de se concentrer sur sa meilleure amie. Allez, mange un peu.
Au final Leïla mangea cinq bouchées d'une entrée, du plat principal et du dessert. En revanche elle descendit plusieurs verres d'affilé de jus de citrouille.
Lorsque le ciel bleu qui s'étendait sous la voûte du plafond magique s'empourpra à l'arrivée du crépuscule, Dumbledore se leva et la Grande Salle plongea aussitôt dans le silence.
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, dans cinq minutes, je vous demanderai de vous rendre au terrain de Quidditch pour assister à la troisième et dernière tâche du Tournoi des Quatre Sorciers. Les champions sont priés de suivre Mr Verpey qui les accompagnera sur place.
Quand Harry se leva ses camarades de Gryffondor l'applaudirent. La famille Weasley et Hermione lui souhaitèrent bonne chance et il sortit de la Grande Salle en compagnie de Cedric, Fleur et Krum.
Puis ce fut à Leïla de se lever avec la gorge serrée et la boule au ventre.
- Bonne chance, murmura Alyssa en la serrant contre elle. Je t'aime.
- Moi aussi, répondit Leïla en lui rendant son câlin. A tout à l'heure.
Visiblement aujourd'hui elle recevait beaucoup d'étreinte, ce fut ensuite à Enzo de la serrer contre lui.
- Fais de ton mieux, dit celui-ci en lui embrassant le haut de la tête.
- Et surtout pas d'imprudence, rappela Angel avec un petit sourire tout en la soulevant du sol pour la faire tournoyer dans les airs avant de la reposer.
- Vous en faîtes pas, rassura Leïla avec presque les larmes aux yeux. On se voit tout à l'heure. Je vous aime.
Après un dernier signe de la main échangé avec ses amis elle se précipita hors de la Grande Salle pour rattraper les champions qui était déjà dehors.
Ils pénétrèrent bientôt sur le terrain de Quidditch qui était à présent méconnaissable, une haie de six mètres de hauteur l'entourait entièrement avec, face à eux, une unique ouverture qui donnait accès au vaste labyrinthe, le chemin qui s'y enfonçait paraissait sombre et effrayant.
La lampe donnée par Enzo lui servirait bien, pensa Leïla en regardant la main dans laquelle elle tenait la torche.
Accompagnés de Hagrid, les professeurs Maugrey, McGonagall, Flitwick et Paige firent leur entrée dans le stade et s'approchèrent de Verpey et des champions. Ils arboraient de grandes étoiles rouges et lumineuses sur leurs chapeaux, sauf Hagrid qui les portait au dos de son gilet en peau de taupe et Paige qui ne portait tout simplement pas de chapeau.
- Nous allons patrouiller autour du labyrinthe, dit le professeur McGonagall aux champions. Si vous vous trouvez en difficulté et que vous souhaitiez être secouru, envoyez des étincelles rouges en l'air et l'un d'entre nous viendra vous chercher. Compris ?
Les champions de Poudlard, Durmstrang et Beauxbâtons approuvèrent d'un signe de tête.
- Pour toi, Leïla, précisa sa directrice, tu n'auras qu'à hurler mon nom et je viendrais, d'accord ?
Leïla acquiesça à son tour d'un signe de tête en espérant ne pas avoir à se retrouver à appeler Paige.
- Alors, allez-y, dit Verpey d'un ton joyeux aux quatre patrouilleurs tandis que Paige retournait auprès des autres juges du Tournoi.
Tous les quatre partirent dans différentes directions pour prendre position autour du labyrinthe.
Verpey pointa ensuite sa baguette magique sur sa gorge et marmonna :
- Sonorus.
Aussitôt, sa voix magiquement amplifiée résonna dans tout le stade.
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, la troisième et dernière tâche du Tournoi des Quatre Sorciers est sur le point de commencer ! Permettez-moi de vous rappeler le classement actuel des concurrents ! A la première place ex aequo, avec quatre-vingt-cinq points chacun : Mr Cedric Diggory et Mr Harry Potter, de l'école Poudlard !
Affolés par les applaudissements et les cris de joie, des oiseaux s'envolèrent de la Forêt interdite et disparurent dans le ciel assombri.
- A la seconde place avec quatre-vingt-trois points : Miss Leïla Black de la School Magic !
Un tonnerre d'applaudissements retentit dans la foule. Les plus fort venait sans doute d'Alyssa, Angel et Enzo.
- A la troisième place, avec quatre-vingts points : Mr Viktor Krum, de l'institut Durmstrang !
Nouveaux applaudissements.
- Et à la quatrième place : Miss Fleur Delacour, de l'académie Beauxbâtons !
Leïla aperçut, au milieu des tribunes, Mrs Weasley, Bill, Ron et Hermione qui applaudissaient poliment Fleur Delacour.
- Attention... A mon signal, Harry et Cedric ! reprit Verpey. Trois... deux... un...
Il lança un bref coup de sifflet et Harry et Cedric s'engouffrèrent dans le labyrinthe.
Leïla attendit deux petites minutes de plus en compagnie de Fleur et Krum, et quand Verpey souffla à nouveau dans son sifflet elle s'avança à son tour vers l'entrée du labyrinthe.
Juste avant d'y entrer, elle se retourna et essaya de distinguer les visages de ses amis dans la foule, sans succès. Consciente qu'elle perdait un temps précieux, elle échangea un dernier regard avec sa directrice puis s'engouffra complètement dans le labyrinthe.
Les haies qui les entouraient plongeaient le chemin dans l'obscurité. Était-ce dû à leur hauteur et à leur épaisseur ou bien avaient-elles été enchantées ? En tout cas, dès qu'ils eurent pénétré dans le labyrinthe, ils n'entendirent plus le bruit de la foule. Leïla eut presque l'impression d'avoir replongé sous l'eau.
La lampe torche d'Enzo fut bien utile. Elle appuya sur le bouton pour l'allumé et un faisceau apparut devant-elle. Elle espérait que Enzo avait pensé à vérifier les piles.
Elle savait, par Hermione, que les objets électroniques ne fonctionnaient pas dans l'enceinte de Poudlard. Heureusement qu'il n'en n'était pas de même avec le fonctionnement des objets à piles.
Après avoir pris une inspiration elle commença à avancer, à chaque pas elle sentait la lame de son athamé contre sa chair.
Au bout d'une cinquantaine de mètres, elle parvint à une bifurcation.
C'était le moment d'utiliser ses formules. Elle fouilla dans sa poche arrière et en ressortit deux bouts de parchemins froissé, les dépliants maladroitement elle commença à réciter ses rimes.
« Pour trouver la victoire,
Permets-moi que le chemin me reste ouvert,
Montre-moi la direction,
Répondant à ma question,
Avec ton pouvoir,
Guide-moi vers la victoire, »
Elle ne savait pas à quoi s'attendre. Elle espérait peut-être qu'une carte du labyrinthe apparaisse de nulle part avec les bonnes indications pour trouver le trophée du Tournoi des Quatre Sorciers.
Mais ce ne fut pas ça qui se produisit. Au lieu qu'une carte apparaisse, de la poussière d'or apparut au sol flottant à quelques centimètres du sol. La poussière traçait un chemin et allait vers la droite.
Ça tombait bien, pensa Leïla, elle avait toujours préféré la droite à la gauche.
Mais avant de s'avancer elle récita l'autre formule, pour ne pas être prise au dépourvu.
« Que ma résistance soit franche,
Que mon corps soit fort,
Sois mon aide magie blanche,
Afin que la sécurité veille sur moi dehors,
Pour que les blessures ne fassent pas avalanche,
Que fonctionne ce sort, »
Elle espérait que les modifications qu'elle avait apporté à cette formule fonctionne. Mais elle ne ressentit rien de différent, après il était connu que l'effet des formules de protection n'est pas de ressenti. Lors de la première tâche, elle n'avait d'ailleurs rien ressenti. Il avait fallu que le scorpion la brûle pour s'assurer que le sort avait bien fonctionné.
Elle suivit alors la poussière d'or et pris à droite.
Elle entendit un coup de sifflet, et sut que Krum devait être rentrer dans labyrinthe. Deux minutes plus tard alors qu'elle marchait le long d'une longue haie, un dernier coup de sifflet retentit.
A présent tous les champions étaient rentrés dans le labyrinthe. Ce serait le plus rapide qui avait une chance de l'emporter. Sur cette pensée, elle accéléra sa marche.
Le labyrinthe devenait de plus en plus sombre à mesure que la couleur du ciel virait au bleu marine. Elle arriva à une nouvelle bifurcation.
La poussière indiqua cette fois à gauche. Elle suivit encore une fois la nuer d'or, mais cette fois dès qu'elle eut bifurqué elle tomba nez à nez avec des salamandres.
Elles ressemblaient à de gros lézard d'une couleur orange vives. Leurs tailles semblaient plutôt gigantesque.
Leïla aurait bien eu besoin du pouvoir d'Alyssa sur ce coup, mais son amie n'était pas là. Sa première option était d'essayer de passer devant-elle en toute discrétion et espérant que les lézards face de même. La seconde fut de retrousser chemin et de passer par l'autre chemin au risque de perdre du temps. Et enfin la dernière option qui s'offrait à elle était de battre ces salamandres et de passer ensuite.
Leïla choisit une alternative entre la première et la troisième option. Silencieusement elle dégaina son athamé puis avança prudemment parmi les salamandres en pointant le faisceau de sa torche aussi loin que possible de ces créatures pour ne pas les exciter davantage.
Ces créatures s'étendaient sur cinquante mètres. Le premier tiers du chemin se passa bien, Leïla continuait à marcher en mesurant bien ses pas et en regardant dans tous les sens. Mais soudainement, sans faire attention, elle pointa la lumière de sa lampe sur l'une d'elle qui était plus petite et qu'elle n'avait pas vu.
Celle-ci était recroquevillé le long d'une haie, mais c'était trop tard, elle poussa un rugissement plaintif et aussitôt les autres rugirent aussi.
Perdant toute prudence et discrétion, Leïla commença à courir droit devant-elle. Elle espérait qu'elle battrait ces lézards à la course à pied. Plusieurs fois elle faillit trébucher alors que les salamandres la poursuivaient. Mais arrivé à la fin du chemin, qui bifurquait de nouveau à droite, une haie d'honneur faites de salamandres plutôt coriace lui faisait barrage.
N'ayant pas le temps de réfléchir elle usa de son pouvoir pour en repousser trois contre les haies. Les deux restantes ? Elle sauta par-dessus, et se précipita vers le chemin de droite.
Aussitôt avait-elle débouché sur un nouveau chemin, désert celui-ci, que la haie derrière elle ferma le passage avec les salamandres.
S'accordant quelques secondes, elle se pencha les bras repliés sur ses côtes et reprit son souffle.
Puis elle rangea de nouveau son athamé et repris sa route.
Mais lorsqu'elle avança elle entendu plus loin du bruit et des noms de sortilèges qu'une voix masculine prononçait.
Elle avança alors plus vite et au bout de trois minutes elle trouva Cedric en grande difficulté face à aux Scroutts à pétard d'Hagrid. Leïla avait été heureuse de ne pas avoir eu la joie de faire connaissance avec eux lors des cours de Hagrid. Et elle aurait bien voulu continuer dans ce sens...
Ils étaient véritablement énormes. Long de trois mètres, ils ressemblaient à un scorpion géant, avec son long dard recourbé sur son dos et son épaisse carapace qui brillait sous le faisceau lumineux de la baguette magique de Cedric.
Il essayait sans succès de s'en débarrasser en envoyant des « stupéfix » qui ricochaient contre la carapace du monstre. De plus, un des Scroutts lui avait déjà brûlé le bras.
Il n'avait pas encore remarqué la présence de Leïla. L'espace d'une seconde Leïla hésita à laisser Cedric faire face tout seul à ces bestioles. Mais elle n'arriverait pas à passer devant sans se faire attaquer et Cedric ne méritait pas d'être laissé là, tout seul face à ces créatures.
Leïla savait que son athamé ne lui servirait à rien, à cause de la dureté des carapaces des Scroutts à pétard. Alors elle renonça à sortir son poignard puis s'avança vers Cedric et amorça un geste en direction de la créature qui était au prise avec le Poufsouffle. Celui-ci valdingua de plusieurs mètres et atterri sur le dos.
Étonné Cedric se retourna et perçut enfin la présence de Leïla.
- Merci, souffla-t-il.
Leïla lui fit un signe de tête mais ne put lui répondre car les autres Scroutts à pétard fonçaient sur eux avec leurs dards menaçant déployés.
- COURS ! cria Leïla en dépassant deux des Scroutts.
Il n'était pas utile de perdre du temps à les affronter si elle pouvait faire autrement. De plus elle seule semblait pouvoir voir la nuée de poussière dorée qui lui montrait le chemin vers la victoire.
Au coude à coude Leïla et Cedric couraient droit devant.
Arriver au bout du chemin, Leïla, tout en ignorant pourquoi, saisit la manche de Cedric et l'entraînant vers le chemin de droite, alors que celui-ci voulait aller vers la gauche. Elle savait que en faisant cela elle le conduisait d'une certaine façon à la victoire.
A peine avaient-ils changer de chemin qu'ils tombèrent sur Harry, un peu plus décoiffé qu'a l'habitude et qui avait ses lunettes de travers.
- Les Scroutts à pétard de Hagrid ! dit Cedric d'une voix sifflante. Ils sont énormes ! On vient de leur échapper !
Il hocha la tête et disparut le long d'un autre chemin. Soucieux de mettre la plus grande distance entre lui et les Scroutts. Leïla, elle, accorda un regard à Harry qui à son tour hocha la tête, puis elle prit la décision de suivre Cedric qui se dirigeait vers la victoire.
Elle rattrapa Cedric en quelques pas.
- Pourquoi tu es là ? demanda-t-il le souffle court.
- La même chose que toi, répondit Leïla en braquant sa torche devant-elle. Gagner. De plus tu m'as l'ait d'avoir besoin de plus d'aide que Harry.
- Ce n'est pas vrai, démentit le champion de Poudlard.
- Ah bon ? rétorqua Leïla. La prochaine fois rappelle moi de te laisser aux prises avec un monstre.
Cedric se tût et ne répondit pas.
- Tu te diriges vers le trophée, dit finalement Leïla, voilà pourquoi je suis là.
- Parce-que tu connais l'emplacement ?
-On peut dire ça, marmonna-t-elle. Mais dis-toi que tout à l'heure en t'empêchant de prendre à gauche, je t'ai fait gagner du temps.
Elle pensa qu'a un moment le chemin se scinderait encore en deux, où peut-être en trois si elle avait de la chance, et que Cedric prendrait une direction différente. Mais à chaque fois qu'ils changeaient de chemin, ils prenaient le même. Elle comprit son manège après la troisième fois.
- Tu me suis parce que tu penses que je peux te mener à la victoire, ricana Leïla.
- C'est toi qui as dit que tu savais où se trouvait l'emplacement du trophée, dit-il en braquant la lumière de sa baguette sur elle.
- Peut-être que je t'ai menti, lança Leïla.
- Je ne te connais pas beaucoup, répondit le Poufsouffle, mais je sais que mentir n'ai pas dans tes habitudes.
Leïla ne répondit pas, mais n'aimait pas le jeu auquel il jouait.
- Et puis si nous sommes deux, nous arriverons à défaire plus vite les pièges que les autres, poursuivit-il en reprenant sa marche.
Il marquait un point.
- D'accord, soupira enfin Leïla en le rattrapant. Mais ne sois pas surpris si je te laisse sur-place.
Mais la coopération des deux fut une bonne idée, sur un des passages ils rencontrèrent un épouvantard. Une créature se métamorphosant selon la plus grande peur de chacun.
Quand il apparut devant Cedric il se transforma en un immense cavalier sans tête. Il ressemblait d'ailleurs beaucoup au cavalier que Zachary avait fait surgir l'an dernier.
D'abord Leïla crut que Cedric était pétrifié de peur mais après quelques secondes il leva sa baguette et lança un « riddikulus ». Aussitôt l'emplacement où aurait dû être sa tête se combla d'un souaffle de Quidditch, où on avait peint un visage de clown.
Ce fut alors au tour de Leïla d'affronter l'épouvantard. Elle pensait qu'elle aurait affaire à une peur qu'elle avait déjà affrontée lors de la première tâche, mais aucune de celles-là se manifesta.
L'épouvantard de Cedric se transforma en Sasha, qui était à genoux sur le sol et pleurait en tenant les papiers d'adoption dans les mains. Papiers vierges, sans signatures et dates.
- Cedric, dit Leïla en ne quittant pas du regard Sasha. Je ne peux rien faire, fais-le disparaître.
Elle tourna la tête et cru que Cedric allait la laisser là, mais finalement il pointa l'épouvantard de sa baguette, et répéta le sortilège qui le fis disparaître.
- Merci, marmonna Leïla en reprenant son souffle et en le rejoignant.
- Pas de quoi...
Plus tard ce fut Leïla qui cette fois fut utile à Cedric. Une vélane s'était avancé vers eux et avait tenté de charmer Cedric.
- Hey ! interpella Leïla. Va donc voire ailleurs si j'y suis !
La belle femme blonde à l'apparence humanoïde se retourna vers Leïla, puis son visage changea. Il s'était allongés et ressemblait à présent à une tête d'oiseau au bec cruel, tandis que des ailes couvertes d'écailles jaillissaient de ses épaules.
Leïla profita de cette transformation pour diriger le faisceau de sa lampe dans les yeux de la vélane. Aveuglé celle-ci recula. Profitant de cette occasion, Leïla utilisa la télékinésie pour l'envoyer s'effondrer plus loin.
Leïla obligea Cedric à reprendre ses esprits, tourmentés par la beauté de la vélane. Puis ensemble passèrent devant celle-ci, sonné par sa chute.
Mais un nouveau problème bien plus grave leurs fit bientôt face. Il avait débouché sur un nouveau chemin bordé de haie aussi hautes que les précédentes quand ils virent Krum arriver vers eux.
Leïla pensa que Krum allait seulement passer devant eux mais il s'arrêta face au deux champions.
- Il y a un problème ? tenta Leïla voyant qu'il n'esquissait aucune parole.
Krum la regarda puis pointa sa baguette sur elle, puis avant qu'elle est pu faire quelque chose, il s'écria :
- Stupéfix !
Prise au dépourvu Leïla reçut le sortilège en pleine poitrine et voltigea au moins trois mètres en arrière, à moitié sonné.
- Qu'est-ce que tu fais ? cria Cedric. Qu'est-ce qui te prend ? Tu es fou ?
- Endolorrris !
Cedric s'effondra alors à terre sans avoir eu le temps de lancer un sort, et commença à se tortiller de douleur. Ses cris retentissaient dans le labyrinthe
Leïla consciente de ce qui se passait, se releva à toute vitesse et se précipita vers Krum. Elle le frappa au menton avec son genou et celui-ci tomba à terre.
Avant qu'il n'est le temps de se relever Leïla sortit son athamé et lui mit la lame sous la gorge.
- Tu bouges, tu es mort, menaça-t-elle.
Bien-sûre elle n'avait pas l'intention de le tuer mais la menace pouvait toujours être utile. Krum cessa de se débattre mais ne semblait manifester aucunes émotions. Quand Leïla scinda son esprit avec son pouvoir d'empathie, elle ne ressentit rien.
- C'est bien ce que je pensais, marmonna-t-elle en ne desserrant pas sa poigne sur son poignard. Tu es ensorcelé.
C'est alors que Harry surgit d'une des haies et se retrouva bouche bée devant ce spectacle. Il n'avait jamais dû avoir l'occasion de voir Leïla menacer d'un poignard quelqu'un.
- Il est ensorcelé, informa Leïla, il a attaqué Cedric.
- Je sais, dit Harry en se dirigeants vers Cedric toujours à terre. Je l'ai entendu. Il a du aussi attaquer Fleur, je l'ai entendu crier.
- Quelqu'un veut éliminer les champions, réalisa Leïla en entendant les paroles de Harry.
Soudainement elle relâcha l'emprise de son athamé sur la gorge de Krum puis avant qu'il puisse faire un geste elle l'assomma en lui portant une droite sur la tempe.
Leïla se releva vérifia que Krum était bien inconscient puis se dirigea vers Cedric qui avait cessé de se tordre de douleur et restait étendu sur le dos, la respiration haletante, les mains sur le visage.
- Ça va ? demanda Harry en saisissant Cedric par le bras.
- Oui, répondit Cedric, le souffle court. Oui... Je n'arrive pas à y croire... Il a attaqué Leïla... je l'ai pris pour un fou, et il a pointé sa baguette sur moi...
Cedric se releva, encore tremblant. Tous trois regardèrent Krum.
- C'est incroyable... Je croyais qu'il était loyal, dit Cedric.
- Il a été ensorcelé, précisa Leïla, il ne ressentait rien quand je l'ai menacé de le tuer. Pas même de la peur.
- Est-ce que vous avez entendu Fleur hurler, tout à l'heure ? demanda Harry en les regardant.
- Non, répondit Cedric. Tu crois que Krum lui a fait la même chose ?
- Je ne sais pas, dit Harry avec lenteur, mais c'est possible.
- Qu'est-ce qu'on fait ? On le laisse ici ?
- Non, je crois qu'on devrait envoyer des étincelles rouges. Quelqu'un viendra le chercher... Sinon, il risque de se faire dévorer par un Scroutt.
- Il ne mérite pas mieux, marmonna Cedric mais il leva malgré tout sa baguette et projeta dans les airs une gerbe d'étincelles rouges qui restèrent suspendues en l'air pour indiquer l'endroit où se trouvait Krum.
- Il a été ensorcelé, répéta Leïla, ce n'est pas sa faute. La question est qui à fait ça ?
Mais aucun des deux champions de Poudlard ne put lui répondre.
Harry, Cedric et Leïla restèrent un instant côte à côte dans l'obscurité, jetant des regards autour d'eux.
- On ferait peut-être bien d'y aller, dit enfin Cedric.
- Quoi ? dit Harry. Ah oui... tu as raison...
Ce fut un moment étrange. Cedric Leïla et lui s'étaient momentanément unis contre Krum. A présent, il leur revenait à l'esprit qu'ils étaient adversaires. Ils reprirent donc leur chemin en silence, puis Harry tourna à gauche et Cedric et Leïla à droite.
Leïla avait décidé de continuer à suivre Cedric. Même si la nuée de poussière d'or qui lui indiquait de prendre le chemin pris par Harry. A présent elle avançait dans l'inconnu. Leur coopération était toujours d'actualité.
- D'après toi quelqu'un veut vraiment éliminer les champions ? demanda Cedric après un moment.
- Sans doute, répondit Leïla, c'était un sort dangereux. Et je pense qu'il ne l'aurait jamais lancé s'il avait été dans son état normale.
- Tu l'aurais vraiment tué ?
Cedric avait essayé de prendre un ton indifférent mais Leïla voyait bien son hésitation.
- Bien-sûre que non, dit-elle après un moment. Je bluffais, je pensais lui faire peur.
- A présent il n'y a plus que toi, moi et Harry dans la course, marmonna-t-il inutilement.
Ils affrontèrent encore plusieurs créatures et sortilèges. Si bien qu'une fois sorti du dernier en liste, il était tous les deux hors d'haleine et leurs vêtements étaient déchiré. Et plusieurs blessures commençaient à apparaître. Bien que Leïla fut heureuse de n'avoir que quelques égratignures.
Mais leur coopération prit fin lorsque sur un des chemins ils virent une intense lumière bleu briller au loin.
Pendant une fraction de seconde ils échangèrent un regard, avant de toutes leurs forces courir vers le trophée. L'instinct de Leïla lui disait de ralentir Cedric grâce à son pouvoir, mais après ce qui c'était passé ce soir, avec Krum, elle n'eut pas le courage.
Mais soudainement une voix se mit à crier.
- Cedric ! Leïla ! Attention à gauche !
Cedric et Leïla tournèrent la tête juste à temps pour se jeter en avant et passer de justesse devant la chose en évitant la collision mais, dans sa précipitation, Cedric et Leïla trébuchèrent. La baguette magique de Cedric lui échappa des mains tandis qu'une araignée géante surgissait sur le chemin et fonçait sur lui et Leïla.
- Stupéfix ! cria Harry.
Leïla, elle aussi était mal retomber. La lampe de poche lui avait glisser des mains et à présent elle se tenait le genou gauche. Elle sentit quelque chose de moites et liquide à travers son jean, et bientôt une grosse tache marronne apparut.
Le sortilège d'Harry atteignit le corps noir, velu, gigantesque de l'araignée mais n'eut pas plus d'effet que s'il lui avait jeté un caillou. La créature sursauta, fit volte-face, et se désintéressa de Cedric et Leïla pour foncer sur Harry.
-Stupéfix ! Impedimenta ! Stupéfix !
Mais c'était inutile. L'araignée était si grande, ou dotée de tels pouvoirs magiques, que les sortilèges ne faisaient que l'énerver davantage. Harry eut tout juste le temps d'apercevoir ses huit yeux noirs étincelants et ses pinces tranchantes comme des rasoirs avant qu'elle soit sur lui.
Il avait été soulevé en l'air par les deux pattes avant de l'araignée et il se débattait comme un fou en essayant de lui donner des coups de pied. Sa jambe heurta alors une des pinces.
Cedric, s'étant relevé après avoir retrouvé sa baguette magique, cria à son tour : « Stupéfix ! » mais, cette fois encore, le sortilège resta sans effets. Harry leva sa baguette magique au moment où l'araignée ouvrait à nouveau ses pinces et cria :
- Expelliarmus !
Cette fois, le sortilège de Désarmement se révéla efficace et l'araignée le lâcha, mais Harry fit une chute de près de quatre mètres et tomba sur sa jambe. Il pointa alors sa baguette magique sur le ventre de la créature, et hurla : « Stupéfix ! » au moment précis où Cedric lançait le même cri.
Les deux sortilèges combinés eurent enfin l'effet escompté : l'araignée s'effondra sur le côté, écrasant une haie proche, dans un enchevêtrement de pattes velues qui s'étendirent en travers du chemin.
- Harry ! s'écria Cedric. Ça va ? Elle n'est pas tombée sur toi ?
- Non, répondit Harry, la respiration haletante.
Il regarda sa jambe. Elle saignait abondamment et il vit sur l'étoffe de sa robe une sorte de sécrétion épaisse et gluante qui provenait des pinces de l'araignée. Il essaya de se relever mais sa jambe tremblait et refusait de supporter son poids. Il s'appuya contre la haie, essayant de reprendre sa respiration, et se tourna vers Cedric.
Leïla, elle, furieuse contre elle-même de ne pas avoir été utile lors de ce combat, s'approcha de l'acromentule en boitillant à cause de son genou sanguinolent et douloureux. Puis elle se laissa tomber auprès de la créature.
- Elle est toujours vivante, observa-t-elle avec une voix douloureuse.
Elle dégaina de nouveau son athamé et l'abatis d'un geste fluide et ferme à la fois sur la tête de l'araignée qui, pourtant inconsciente, poussa un cri plaintif quand Leïla lui ôta la vie
Leïla se leva, en s'adossant de tout son poids sur la haie, tourna la tête et aperçut l'objet tant convoité par les champions.
Cedric n'était plus qu'à un ou deux mètres du trophée qui scintillait derrière lui.
- Prends-le, dit Harry et Leïla d'une même voix le souffle court. Vas-y, prends-le, tu es tout près.
Mais Cedric ne bougea pas. Il resta immobile à regarder Harry et Leïla qui se cramponnaient à la haie pour ne pas tomber. Puis il tourna la tête et contempla le trophée.
A la lueur des reflets d'or qui brillaient sur le Trophée des Quatre Sorciers, Leïla et Harry voyaient l'expression de désir sur son visage, à nouveau, Cedric tourna les yeux vers eux.
Il prit une profonde inspiration.
- Prenez-le, vous, dit-il. C'est vous qui devez gagner. Vous m'avez sauvé la peau beaucoup de fois dans ce labyrinthe.
- Ce n'est pas comme ça que ça marche, répondit Harry.
- Il a raison, grogna Leïla sous la douleur. Tu te rappelles ? On a fait une coopération. Tu m'as sauvé la peau autant que je te l'ai sauvé.
Sa jambe lui faisait mal, sa formule ne faisait plus effet. Leïla ne savait pas combien de temps elle tiendrait avec cette douleur.
- Écoutes, Cedric, dit précipitamment Leïla, ma formule de protection ne fait plus effet, je vais pas tarder à m'évanouir.
- Celui qui atteint le trophée avant les autres, remporte la victoire, rajouta Harry avec douleur. C'est toi. Je te garantis que Leïla et moi sommes incapable de gagner une course dans l'état où sont nos jambes.
Cedric fit quelques pas vers l'araignée, s'éloignant du trophée.
- Non, dit-il en hochant la tête.
- Cesse de faire le chevalier noble et généreux, répliqua Harry d'un ton irrité. Prends ce trophée, qu'on puisse enfin sortir d'ici.
Cedric regarda Harry et Leïla qui se tenaient toujours à la haie pour ne pas tomber.
- C'est toi qui m'as prévenu, pour les scorpions, dit-il. J'aurais été éliminé dès la première tâche si tu ne m'avais rien dit.
- Moi aussi, j'ai été aidé, répondit sèchement Harry en essayant d'éponger avec un pan de sa robe le sang qui coulait de sa jambe. Et toi, tu m'as aidé pour l'œuf, on est quittes.
- Pour l'œuf, moi aussi, on m'a aidé, dit Cedric.
- On est quittes quand même, assura Harry.
Avec précaution, il regarda si sa jambe pouvait le porter, mais elle se mit à trembler violemment sous son poids. Il s'était fait une entorse à la cheville en tombant des pattes de l'araignée.
- Tu aurais mérité plus de points pour la deuxième tâche, reprit Cedric avec obstination. Tu es resté sur place pour libérer tous les prisonniers. J'aurais dû faire la même chose.
- J'ai été le seul à être suffisamment idiot pour prendre cette chanson au sérieux ! s'exclama Harry d'un ton amer. Vas-y, ce trophée est à toi !
- Non, répondit Cedric.
Il enjamba les pattes de l'araignée pour rejoindre Harry et Leïla qui le regardèrent s'avancer vers eux avec des yeux ronds. Cedric parlait sérieusement.
- Alors c'est à Leïla de le prendre. Vu qu'elle à tout fait à la loyal dit Cedric.
- Pas vraiment, maugréa Leïla essayant de faire pression sur la blessure. Tant qu'on en est aux révélations... J'ai découvert de la même manière qu'Harry les scorpions. Et pour la seconde tâche, on peut dire que c'est ma directrice qui m'a donné le moyen de rester sous l'eau pendant une heure.
Il eut un silence de quelques secondes, avant qu'elle ne reprennes la parole.
- Mais j'ai peut-être une idée pour la bande de tricheurs que nous sommes.
Les deux garçons la regardèrent avec incompréhension.
- On peut prendre le trophée tous les trois ensembles, poursuivit-elle.
- Quoi ? dirent en chœurs les deux étudiants de Poudlard.
- Ont prends le trophée tous les trois en même temps. On sera ex-æquo.
Cedric et Harry la regardèrent comme si elle avait perdu la tête.
- Tu... Tu crois ? demanda Cedric.
- Oui, dit Leïla. On s'est aidés les uns les autres, non ? Et on est arrivés ensemble jusqu'ici. Alors, on n'a qu'à prendre le trophée ensemble. Après tout le Tournoi avait bien pour but la coopération magique, non ?
Pendant un instant, Cedric et Harry ne semblèrent ne pas en croire leurs oreilles. Puis un sourire se dessinèrent sur leurs visages.
- Tu as raison, fini par lâcher Cedric. Viens.
Il prit Leïla par le bras et l'aida à avancer en boitillant vers le piédestal sur lequel était posé le trophée. Il stabilisa Leïla pour qu'elle ne tombe pas et alla chercher Harry qu'il positionna à côté d'elle. Puis il retourna de l'autre côté.
Les deux garçons de part en part, elle prit la main de chacun. Tandis qu'ils tendaient l'autre vers les anses de la coupe qui scintillait sous leurs yeux.
- A trois, d'accord ? dit Harry. Un... deux... trois...
D'un même geste, ils saisirent chacun une anse du trophée.
A cet instant, Leïla ressentit une secousse quelque part au niveau du nombril. Ses pieds avaient quitté le sol et elle n'arrivait plus à lâcher les mains des garçons qui l'entraînèrent comme une tornade dans un tourbillon de couleurs, Cedric et Harry toujours à côté d'elle.
Hey !
Bon voilà le chapitre de la dernière tâche, vous imaginez bien ce qui attend Cedric, Leïla et Harry...
Je vais vous avouer dès maintenant que le prochain chapitre il est beaucoup plus court (5 pages OpenOffice en Times New Roman taille 12 contre une moyenne au moins de 10 pages pour les autres chapitres) et je n'en suis pas vraiment très fière. Je pense que celui-là a été celui où j'ai le plus de mal. J'ai essayé plusieurs fois de le réécrire, de changer des choses par-ci-par-là, mais je n'ai jamais vraiment réussi à retranscrire ce que je voulais vraiment, d'ici la semaine prochaine j'essaierai d'y jeter un nouveau coup d'œil, qui sait cela fait plusieurs mois que je l'ai écrit je lui trouverais peut-être un nouveau souffle de vie.
Arrivant presque au bout de cette fanfiction (attention, il reste tout de même 6 chapitres après celui de la semaine prochaine) je peux vous annoncer que le tome 2 est déjà commencé, j'admets que j'ai eu du mal pour les deux premiers chapitres mais qu'ensuite tout s'est sont très vite enchaîner, je ne peux que rêver que ça continu.
Enfin voilà, j'espère que ce chapitre vous aura plu.
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