Jeu Mortel

Chapitre 22: La Colère Du Pouvoir Des Trois

Quelques instants plus tard tout le monde entendit la porte de l'infirmerie s'ouvrir à la volée. Toutes les têtes se retournèrent pour voir Cornélius Fudge s'avancer dans la salle à grandes enjambées, suivi de très près par le professeur McGonagall et Rogue.

- Où est Dumbledore ? demanda Fudge d'un ton impérieux à Mrs Weasley.

- Il n'est pas là, répondit celle-ci avec colère. C'est une infirmerie, ici, monsieur le ministre, et vous feriez bien de...

Mais la porte s'ouvrit à nouveau et Dumbledore, Paige et ses sœurs entrèrent à leurs tours d'un pas pressé.

- Que s'est-il passé ? demanda-t-il sèchement en regardant alternativement Fudge et le professeur McGonagall. Pourquoi tout ce bruit ? Minerva, je suis surpris de vous voir ici, je vous avais demandé de surveiller Barty Croupton.

- Il ne sert plus à rien de le surveiller, Dumbledore ! répliqua-t-elle d'une voix perçante. Monsieur le ministre s'en est occupé lui-même !

Angel, Alyssa et Enzo, qui savaient que le professeur McGonagall pouvait entrer dans une fureur extrême, sans pour autant l'avoir provoqué, furent tout de même surprit de voir le professeur perdre à ce point le contrôle de ses nerfs.

La colère marbrait son visage de taches rouges, elle serrait les poings et tremblait de fureur.

- Quand nous avons averti Mr Fudge que nous avions capturé le Mangemort responsable des événements de cette nuit, dit Rogue à voix basse, il a semblé estimer que sa sécurité personnelle était menacée. Il a insisté pour être accompagné d'un Détraqueur et il l'a fait entrer dans le bureau où Barty Croupton...

- Je lui ai dit que vous ne seriez pas d'accord, Dumbledore ! tonna le professeur McGonagall. Je lui ai dit que vous n'accepteriez jamais de voir un Détraqueur pénétrer dans le château, mais...

- Chère madame, rugit Fudge, en tant que ministre de la Magie, je suis en droit de décider s'il convient d'assurer ma protection lorsque je dois interroger quelqu'un qui présente un danger potentiel...

Mais la voix du professeur McGonagall couvrit celle de Fudge :

- Au moment même où ce... cette chose est entrée dans la pièce, hurla-t-elle en tremblant de la tête aux pieds le doigt pointé sur Fudge, elle s'est précipitée sur Croupton et... et...

- Et quoi ? demanda Alyssa alors que les autres semblaient avoir compris quel sort avait subi le Mangemort.

- Il a aspiré son âme hors de son corps, Miss Blanka, répondit calmement Dumbledore.

- Et alors, ce n'est pas une grosse perte ! s'emporta Fudge. Apparemment, il a été responsable de plusieurs meurtres !

Alyssa sentit un froid envahir ses organes internes.

- Mais ça veut dire qu'il est incapable d'avouer ce qu'il a fait ? Ce qui a causé la mort de Leïla...et de Cedric ?

Le ministre de la Magie lui envoya un regard venimeux, se demandant sûrement comment elle osait intervenir dans une telle discussion.

- J'ai bien peur d'être d'accord avec Miss Blanka, Cornélius, il ne peut plus témoigner dit Dumbledore.

Il fixait Fudge d'un regard dur, comme si c'était la première fois qu'il le voyait vraiment.

- Il ne pourra plus expliquer pourquoi il a tué tous ces gens.

- Pourquoi il les a tués ? Il n'y a aucun mystère là-dedans ! s'exclama Fudge. C'était un fou furieux ! D'après ce que Minerva et Severus m'ont dit, il semblait persuadé d'avoir agi sur les ordres de Vous-Savez-Qui !

- Lord Voldemort lui a bel et bien donné des ordres, Cornélius, répondit Dumbledore. La mort de ces gens n'a été qu'un effet secondaire du plan qui visait à redonner à Voldemort toute sa force. Et ce plan a réussi, Voldemort a retrouvé son corps.

Fudge donna l'impression d'avoir reçu un coup de poing en pleine figure. Clignant des yeux d'un air stupéfait, il regarda Dumbledore comme s'il ne pouvait croire ce qu'il venait d'entendre.

- Vous-Savez-Qui... est revenu ? balbutia-t-il, les yeux écarquillés. Ridicule, allons, Dumbledore, reprenez-vous...

- Ainsi que Minerva et Severus vous l'ont sans doute rapporté, reprit Dumbledore, nous avons entendu la confession de Barty Croupton. Sous l'effet du Veritaserum, il nous a révélé comment il avait réussi à s'échapper d'Azkaban et comment Voldemort – apprenant par Bertha Jorkins qu'il était toujours en vie – l'a libéré de son père et s'est servi de lui pour capturer Harry. Le plan a réussi, comme je vous l'ai dit. Croupton a aidé Voldemort à revenir.

- Voyons, Dumbledore, répliqua Fudge, vous... vous ne pouvez sérieusement croire cela. Vous-Savez- Qui ? De retour ? Allons, allons, Croupton a certainement cru lui-même qu'il agissait sur ordre de Vous-Savez-Qui – mais comment pouvez-vous croire sur parole un personnage aussi fou, Dumbledore... ?

- Lorsque Harry a touché le trophée, ce soir, il a été immédiatement transporté auprès de Voldemort, dit Dumbledore d'une voix ferme. Il a assisté à la renaissance de Lord Voldemort. Je vous expliquerai tout en détail si vous voulez bien venir avec moi dans mon bureau.

Dumbledore lança un regard à Harry et ajouta :

- Je ne peux malheureusement pas vous permettre d'interroger Harry ce soir.

L'étrange sourire de Fudge s'attarda. Lui aussi jeta un coup d'oeil à Harry, puis il se tourna à nouveau vers Dumbledore.

- Vous êtes... heu... prêt à croire Harry sur parole, Dumbledore ?

Il y eut un moment de silence qui fut rompu par un grognement du chien. Ses poils étaient hérissés et il montrait les dents à Fudge.

- En effet, je crois Harry, répondit Dumbledore dont le regard flamboyait à présent. J'ai entendu la confession de Croupton et j'ai entendu Harry raconter ce qui s'est passé à partir du moment où il a touché le trophée et les deux récits coïncident, ils expliquent tout ce qui s'est passé depuis que Bertha Jorkins a disparu, l'été dernier.

Fudge avait toujours cet étrange sourire.

- Vous êtes prêt à croire que Vous-Savez-Qui est revenu simplement parce que vous l'avez entendu dire par un fou assassin et un garçon qui...

Fudge lança un nouveau regard à Harry.

- Vous avez lu l'article de Rita Skeeter, Mr Fudge, dit Harry à voix basse.

Ron, Hermione, Mrs Weasley et Bill sursautèrent d'un même mouvement. Aucun d'entre eux ne s'était rendu compte que Harry ne dormait plus.

Fudge rougit légèrement mais une expression de défi apparut sur son visage buté.

- Et en admettant que je l'aie lu ? dit-il, le regard tourné vers Dumbledore. Et si j'y avais découvert que vous avez gardé le secret sur certains faits concernant ce garçon ? Il parle le Fourchelang, n'est-ce pas ? Et il est pris d'étranges crises...

- J'imagine que vous faites allusion aux douleurs de sa cicatrice ? dit Dumbledore d'un ton glacial.

- Alors, vous reconnaissez que ces douleurs sont bien réelles ? répondit précipitamment Fudge. Il a des maux de tête ? Des cauchemars ? Peut-être aussi... des hallucinations ?

- Écoutez-moi, Cornélius, reprit Dumbledore en avançant d'un pas vers Fudge.

A nouveau, il émana de lui une impression indéfinissable de puissance que Angel, Enzo et Alyssa n'avaient jamais vu.

- Harry est aussi sain d'esprit que vous et moi. Cette cicatrice qu'il porte au front n'a en aucune manière affecté son cerveau. Je suis persuadé qu'elle lui fait mal lorsque Voldemort se trouve à proximité ou qu'il éprouve des sentiments particulièrement meurtriers.

Fudge avait légèrement reculé en voyant Dumbledore avancer vers lui, mais il paraissait toujours aussi buté.

- Pardonnez-moi, Dumbledore, je n'avais encore jamais entendu parler d'une cicatrice qui puisse jouer le rôle de signal d'alarme...

- Écoutez ! J'ai vu Voldemort revenir ! s'écria Harry.

Il essaya de sortir de son lit mais Mrs Weasley le força à se rallonger.

- J'ai vu les Mangemorts ! Je peux même vous donner leurs noms ! Lucius Malefoy...

Rogue fit un brusque mouvement mais, lorsque Harry le regarda, il tourna à nouveau les yeux vers Fudge.

- Malefoy a été innocenté ! protesta Fudge, visiblement offensé. C'est une très vieille famille... Ils ont fait de nombreux dons pour soutenir d'excellentes causes...

Alyssa laissa un ricanement amer échapper. Ça elle n'en doutait pas, ils croyaient peut-être que tout se réglait par l'argent ?

- Macnair ! poursuivit Harry.

- Lui aussi a été innocenté ! Il travaille pour le ministère, maintenant !

- Avery, Nott, Crabbe, Goyle...

- Tu ne fais que répéter les noms de ceux qui ont été acquittés il y a treize ans ! s'exclama Fudge avec colère. Tu aurais pu trouver ces noms-là dans d'anciens comptes rendus des procès ! Pour l'amour du ciel, Dumbledore, ce garçon a déjà raconté des tas d'histoires à dormir debout l'année dernière. Ses affabulations sont de plus en plus invraisemblables et vous persistez à les avaler. Allons, Dumbledore, comment pouvez-vous encore croire ce qu'il dit ?

- Espèce d'idiot ! s'écria le professeur McGonagall. Cedric Diggory! Leïla Black! Mr Croupton! Ces assassinats ne sont pas l'œuvre d'un simple fou qui frappe au hasard !

Les trois élèves et Paige sursautèrent au nom de Leïla qui n'était pas encore apparu au cœur de cette discussion.

- Je n'en vois aucune preuve ! répliqua Fudge, le visage violacé de fureur. J'ai l'impression que vous êtes tous décidés à provoquer un mouvement de panique qui va déstabiliser tout ce que nous avons construit au cours de ces treize dernières années !

- Aucune preuve ? lança Paige d'un ton glacial. Vous voulez une preuve ? Peut-être que ceci vous convaincra.

D'un geste sec et ferme elle sortit un poignard de l'intérieur de sa veste et le lança aux pieds de Fudge, qui grimaça et recula de quelques pas.

- Ceci est l'arme qui a tué mon élève, poursuivit Paige en élevant la voix. Si vous vous donnez la peine de regarder de plus près, vous vous rendrez-compte que celui-ci est encore tâché de son sang.

Mais Fudge se contenta de jeter un coup d'œil dédaigneux au poignard avant de reposer son regard sur Paige. Cela rendit folle Paige, et Alyssa n'aurait pas été surprise de voir sa directrice s'emparer de l'arme pour le poignarder.

- Cela ne prouve rien, répéta le ministre de la Magie, quelqu'un a très bien pu y mettre un peu de sang.

- C'est moi qui l'est enlevé de son corps ! s'écria Paige hors d'elle en s'avançant. Ce poignard était planté dans le corps de Leïla, vous comprenez ce que je vous dis ?! Mon élève est MORTE !

Elle prononça tellement fort ce dernier mot que tout le monde eu un mouvement de recul.

- Peut-être que c'était dans un ultime acte de défense que ce poignard s'est retrouvé planté dans votre élève, répliqua Fudge tout aussi en colère. Il y a eu deux morts, après tout peut-être que Diggory s'est défendu quand...

- Êtes-vous sérieusement en train de me dire, menaça Paige le regard plus sombre que jamais, que Leïla aurait tenté de tuer quelqu'un ? Réfléchissez bien avant de me donner une réponse.

Le chien de nouveau montra les crocs et grogna auprès de Fudge.

- Leïla en serait incapable ! dit Alyssa à haute voix. Elle n'a tué personne.

- Je m'en occupe, Alyssa, déclara Paige d'un ton abrupt en amorçant un mouvement de la main vers la jeune fille. Je ne laisserais personne dire de telles choses aussi stupides sur Leïla Black.

- Justement ! répondit Fudge l'ait complètement fou. « Black » vous y êtes ! Toute cette famille est pourrie jusqu'à la moelle et sont tous fous.

- Et donc pour un nom de famille, intervint Piper, vous condamner cette jeune fille ? Qui n'est plus de ce monde en plus.

Mais Fudge ne lui répondit pas. Paige s'avança encore plus vers le ministre de la Magie mais Phoebe lui agrippa la main.

- Non, dit-elle tout doucement, ne perds pas le contrôle.

Une fois sûre que sa sœur n'avancerait plus, elle se dirigea vers le poignard toujours au sol, s'accroupit près de celui-ci et le saisi par la garde.

Aussitôt elle eut un spasme et ses yeux se fermèrent. Alyssa, Angel et Enzo savaient ce qu'il se passait. Phoebe Halliwell avait une vision.

- Mon Dieu, haleta-t-elle quelques secondes plus tard. Je l'ai vu. Cet homme. Il lui a lancé ce poignard et elle n'a pas hésité un seul instant pour se sacrifier.

Les trois amis sentirent encore une fois leurs organes internes se retourner.

- Ma sœur, repris Paige plus calmement, vient d'avoir une vision du meurtre de mon élève entrain littéralement de donner sa vie. Cela ne vous suffit-il pas ?!

Mais à nouveau Fudge secoua la tête.

- Vous racontez tous des bêtises !

- Des bêtises ?! s'écria cette fois Piper. Vous pensez qu'on raconte des bêtises ?! Allez donc voir le corps de Leïla enfermé dans de la glace avant de dire ça ! Allez donc parler aux parents de ce pauvre garçon! Dites-leur qu'il est mort à cause de bêtises ! Si s'était à mes fils que ce serait arrivé, je peux vous assurez qu'à la seconde où j'aurais entendu le mot « bêtises » j'aurai fait sauter votre tête !

L'air dans la pièce se figea. Piper Halliwell venait-elle de menacer le ministre de la Magie de mort ?

- Ce sont des menaces ? demanda Fudge en voulant se donner un air important.

- Un avertissement, rectifia Piper froidement. Dites encore une fois que Leïla a tué quelqu'un ou quelque chose dans ce genre, et là ce sera une véritable menace.

- Mesdames, s'il vous plaît, calmez-vous, interrompit Dumbledore avant de se tourner vers Fudge. Cependant Miss Matthews a raison sur un point. Comment Leïla aurait-elle pu tuer Mr Diddory ? Son corps ne présentait pas d'hématomes qui prouverait que Leïla l'a attaqué. Un seul sortilège peut accomplir cela. Le sortilège de la mort. Hors Leïla ne possédait pas de baguette.

Mais Fudge ne semblait pas l'écouter, son attention était toujours tournée vers les trois sœurs.

- Écoutez, maintenant ! vociféra-t-il. Je ne sais pas comment ça se passe chez vous ! Mais chez nous, nous ne déclenchons pas l'alerte rouge pour tout et n'importe quoi !

- « N'importe quoi » ?! répéta Paige n'y croyant pas ses oreilles. Je rêve ! Pour vous, la mort d'un élève de Poudlard n'est rien ?! Vous allez me dire que vous en avez tous les vendredis à dix-neuf heures ?!

Mais Fudge ne semblait même plus se rendre compte de ses propres mots.

- Voldemort est revenu, répéta Dumbledore espérant calmer le jeu entre le ministre et les trois sœurs Halliwell. Si vous acceptez ce fait tel qu'il est et si vous prenez les mesures nécessaires, nous avons encore une chance de sauver la situation. La première décision, la plus importante, devrait être de retirer aux Détraqueurs le contrôle de la prison d'Azkaban...

- Ridicule ! s'écria Fudge en reportant enfin son attention sur Dumbledore. Enlever les Détraqueurs ! Je serais démis de mes fonctions si je faisais une telle proposition ! La plupart d'entre nous n'arrivons à bien dormir que parce que nous savons que les Détraqueurs montent la garde à Azkaban !

- Et nous, Cornélius, nous dormons beaucoup moins bien en sachant que vous avez confié la surveillance des plus dangereux partisans de Lord Voldemort à des créatures qui se rangeront à ses côtés dès qu'il le leur demandera ! répliqua Dumbledore. Elles ne vous resteront pas fidèles, Fudge ! Voldemort peut leur offrir beaucoup plus de possibilités que vous d'exercer leurs pouvoirs et de satisfaire leurs désirs ! Lorsque les Détraqueurs et ses anciens partisans l'auront rejoint, vous aurez bien du mal à l'empêcher de retrouver la puissance qui était la sienne il y a treize ans !

Fudge ouvrait et fermait la bouche comme si aucune parole ne pouvait répondre à pareil outrage.

- La deuxième mesure que vous devriez prendre, et tout de suite, poursuivit Dumbledore, ce serait d'envoyer des émissaires aux géants.

- Des émissaires aux géants ? s'écria Fudge qui avait soudain retrouvé sa langue. Qu'est-ce que c'est que cette folie ?

- Tendez-leur la main de l'amitié dès maintenant avant qu'il ne soit trop tard, dit Dumbledore, ou alors ce sera Voldemort qui saura les convaincre, comme il l'a déjà fait auparavant, que lui seul est en mesure de leur rendre leurs droits et leur liberté !

- Vous... vous ne parlez pas sérieusement ! balbutia Fudge en reculant encore d'un pas. Si la communauté des sorciers apprenait que j'ai approché les géants... Tout le monde les déteste, Dumbledore... Ce serait la fin de ma carrière...

- Vous êtes aveuglé par l'amour de votre fonction, Cornélius ! lança Dumbledore le regard flamboyant.

Il avait haussé la voix et l'aura de puissance qui émanait de lui devenait si intense qu'elle était presque palpable.

- Vous accordez beaucoup trop d'importance, comme vous l'avez toujours fait, à la prétendue pureté du sang ! Vous refusez de reconnaître que ce qui compte, ce n'est pas la naissance, mais ce que l'on devient ! Votre Détraqueur a supprimé le dernier membre d'une des plus anciennes familles de sang pur et voyez ce que cet homme avait choisi de faire de sa vie ! Je vous le dis maintenant : prenez les mesures que je vous ai suggérées et vous laisserez le souvenir, dans votre administration et ailleurs, de l'un des plus courageux et des plus grands ministres de la Magie qu'on ait jamais connus. Renoncez à agir et l'histoire se souviendra de vous comme de l'homme dont la faiblesse aura donné à Lord Voldemort une deuxième chance de détruire le monde que nous avons essayé de reconstruire !

- Complètement fou, murmura Fudge en reculant encore d'un pas. De la démence...

Il y eut alors un grand silence. Madame Pomfresh était figée au pied du lit, les mains sur la bouche. Alyssa, Angel et Enzo étaient cloués sur leurs chaises, sans pouvoir s'en lever tellement ils étaient ébahis et outrées. Mrs Weasley, toujours penchée sur Harry, le tenait par les épaules pour l'empêcher de se lever. Bill, Ron et Hermione regardaient fixement Fudge.

Quant aux sœurs Halliwell, on aurait dit qu'elles se retenaient de toute leurs forces pour ne pas sauter sur Fudge pour tenter de l'étrangler.

Alyssa, Angel et Enzo n'avaient jamais vu les représentantes du Pouvoir des Trois si énervés et si hors d'elles.

- Si votre obstination à fermer les yeux vous mène aussi loin, Cornélius, reprit Dumbledore, nous avons atteint la croisée des chemins. Vous agirez comme vous le jugerez bon. Et moi aussi, j'agirai comme je le jugerai bon.

La voix de Dumbledore n'avait rien de menaçant. Elle donnait l'impression d'une simple constatation, mais Fudge se raidit comme s'il l'avait menacé de sa baguette magique.

- Maintenant, écoutez-moi bien, Dumbledore, dit-il en agitant un index accusateur. Je vous ai laissé la bride sur le cou. Toujours. J'avais beaucoup de respect pour vous. Parfois, je n'étais pas d'accord avec certaines de vos décisions, mais je ne disais rien. Il n'y en a pas beaucoup qui vous auraient permis d'engager un loup-garou comme professeur ou de garder Hagrid, ou encore de fixer le programme scolaire sans en référer au ministère. Mais si vous vous opposez à moi...

- Le seul auquel j'ai l'intention de m'opposer, l'interrompit Dumbledore, c'est Lord Voldemort. Si vous êtes contre lui, Cornélius, nous resterons du même côté.

Apparemment, Fudge ne savait pas quoi répondre. Il oscilla d'avant en arrière sur ses petits pieds en faisant tourner son chapeau melon entre ses mains.

- Il ne peut pas être de retour, Dumbledore, dit-il enfin d'un ton qui avait quelque chose de suppliant, c'est impossible...

Rogue s'avança alors vers lui en passant devant Dumbledore. Il releva la manche de sa robe et mit son bras sous le nez de Fudge qui tressaillit.

- Voilà, dit Rogue d'un ton brusque. Vous voyez : la Marque des Ténèbres. Et encore, elle n'est pas aussi nette. Il y a une heure, elle était devenue noire. Mais vous pouvez quand même la voir. Lord Voldemort a gravé cette marque par le feu dans le bras de chaque Mangemort.

C'était un signe de reconnaissance et un moyen de nous faire venir auprès de lui. Lorsqu'il touchait la Marque d'un Mangemort, nous transplanions immédiatement à ses côtés. Cette Marque que vous voyez là est devenue de plus en plus visible au cours de l'année. Celle de Karkaroff également. Pourquoi pensez-vous que Karkaroff a pris la fuite, cette nuit ? Tous les deux, nous avons senti la Marque nous brûler. Et tous les deux, nous savions qu'il était de retour. Karkaroff redoute la vengeance du Seigneur des Ténèbres. Il a trahi trop de ses camarades Mangemorts pour être bien accueilli s'il revenait au bercail.

Fudge recula devant Rogue comme il avait reculé devant Dumbledore et les sœurs Halliwell. Hochant la tête, il ne semblait pas avoir assimilé le moindre mot de ce que Rogue venait de lui dire. Il se contentait de regarder avec dégoût l'horrible Marque sur son bras. Enfin, il se tourna à nouveau vers Dumbledore et murmura :

- Je ne sais pas à quoi vous jouez, vous et vos collègues, Dumbledore, mais j'en ai entendu assez. Je n'ai rien d'autre à ajouter. Je vous recontacterai demain pour parler un peu de la façon dont cette école doit être dirigée. Pour l'instant, je dois retourner au ministère.

Parvenu devant la porte, il s'arrêta soudain, fit volte-face et revint vers le lit de Harry.

- Ton prix, dit-il d'un ton sec.

Il sortit de sa poche un sac d'or qu'il laissa tomber sur la table de chevet.

- Mille Gallions. Normalement, il aurait dû y avoir une cérémonie, mais étant donné les circonstances...

Il enfonça son chapeau melon sur sa tête et sortit de la salle en claquant la porte derrière lui.

Dès qu'il eut disparu, Dumbledore se tourna vers le groupe rassemblé autour du lit de Harry.

- Il y a du travail, dit-il. Molly. Je n'espère ne pas me tromper en estimant que je peux compter sur vous et sur Arthur ?

- Bien-sûre que vous le pouvez, répondit Mrs Weasley, elle avait le teint livide, mais semblait déterminée.

- Arthur sait très bien à quoi s'en tenir avec Fudge. Il n'a jamais eu d'avancement au ministère à cause de son affection pour les Moldus. Fudge trouve qu'il n'a pas le véritable orgueil des sorciers.

- Il faut que je lui envoie un message, dit Dumbledore. Tous ceux qui sont prêts à accepter la vérité doivent être immédiatement avertis et Arthur est bien placé pour contacter ceux qui travaillent au ministère et qui ne sont pas aussi aveugles que Cornélius.

- Je vais aller voir papa, dit Bill, je pars tout de suite.

- Parfait, approuva Dumbledore. Raconte-lui ce qui s'est passé. Dis-lui que je prendrai bientôt directement contact avec lui. Mais il devra se montrer discret. Si jamais Fudge pense que je mets mon nez dans les affaires du ministère...

- Comptez sur moi, dit Bill.

Il donna une tape sur l'épaule de Harry, embrassa sa mère, mit sa cape et sortit de la salle d'un pas vif.

- Minerva, dit Dumbledore en se tournant vers le professeur McGonagall, je veux voir Hagrid dans mon bureau le plus vite possible. Et également, si elle consent à venir, Madame Maxime.

Le professeur acquiesça d'un signe de tête et sortit à son tour de la salle.

- Pompom, dit alors Dumbledore à Madame Pomfresh. Voudriez-vous être assez aimable pour descendre dans le bureau de Maugrey ? Vous y trouverez une elfe de maison du nom de Winky qui doit être dans un grand état de détresse. Faites ce que vous pouvez pour elle et ramenez-la aux cuisines. Dobby s'occupera d'elle.

- Très bien, dit Madame Pomfresh visiblement étonnée.

Et elle aussi quitta la salle.

Dumbledore s'assura que la porte était fermée et que les pas de Madame Pomfresh s'étaient éloignés avant de reprendre la parole :

- Et maintenant, il est temps pour deux d'entre nous de se reconnaître tels qu'ils sont. Sirius... Voudriez-vous reprendre votre forme habituelle ?

Alyssa et les deux garçons ne comprenaient pas vraiment ce qui était en train de se passer depuis le départ de Fudge. Mais maintenant qu'il parlait de l'oncle de Leïla, ils comprenaient encore moins. Mais soudainement le gros chien noir leva les yeux vers Dumbledore puis, en un instant, se métamorphosa en homme. Mrs Weasley poussa un hurlement et fit un bond en arrière.

- Sirius Black ! s'écria-t-elle l'index pointé sur lui.

C'était vrai. Les trois élèves de la School Magic reconnurent très bien l'homme qu'ils avaient vu sur plusieurs photos que Leïla leur avait montrées.

- Arrête, maman ! s'exclama Ron. Il n'y a aucun danger !

Rogue contempla le visage de Sirius avec un mélange d'horreur et de colère.

- Lui ! gronda-t-il en échangeant un regard avec Sirius qui avait la même expression de dégoût. Qu'est-ce qu'il fait ici ?

- Il est ici parce que je l'ai invité, tout comme vous, Severus, dit Dumbledore. Et que ce soir il a également perdu sa nièce. Je sais que je peux compter sur vous deux. Le moment est venu d'oublier vos anciennes querelles et d'avoir confiance l'un dans l'autre.

C'était trop pour Alyssa. Les événements de la soirée étaient de plus dur à encaisser et de plus en plus étrange. Elle sentit sa tête tourner, vaciller puis plus rien.

- Alyssa ! appela Angel quand il se rendit compte de l'état de son amie. Réponds-moi !

- Pas de panique, rassura Dumbledore, elle s'est seulement évanoui. Vous devriez la ramener à votre dortoir, vous n'avez pas besoin d'entendre ce qui va être dit dans cette pièce.

Enzo amorça quelques mots avant de se faire couper par Paige.

- Le professeur Dumbledore a raison, vous devriez tous essayer d'aller vous reposez. Vous avez vécu un terrible choc ce soir, ce n'est pas la peine de l'aggraver.

- Mais qu'est-ce qui va se passer maintenant ? On va laisser la mort de Leïla impuni ? demanda Enzo.

- Non, répondit Dumbledore, je n'ai pas l'intention de laisser la mort de votre et amie et celle de toutes les autres impuni, je peux vous le jurer. Mais pour l'instant vous ne pouvez pas nous apportez votre aide. Peut-être plus tard.

- Viens, Enzo, dit Angel, on va mettre Alyssa au lit et s'assurer qu'elle ne fasse pas de mauvais rêve.

Après un regard échangé avec sa directrice, Enzo acquiesça, comme quelques heures auparavant, il prit Alyssa dans ses bras et en compagnie d'Angel quitta l'infirmerie pour se rendre à la tour de Gryffondor.

Rendu dans la salle commune, Enzo ignora les regards de tous les élèves et monta directement dans son propre dortoir avec Angel. Il songea qu'Alyssa n'aurait pas envie de se retrouver dans le lit qu'elle avait partagé tant de temps avec Leïla. De plus là-bas les deux garçons ne pourraient pas la surveiller.

Ils pensaient qu'ils auraient des protestations de leurs camarades avec qui ils partageaient le dortoir, de faire dormir une fille ici, mais après ce qu'il venait de se passer, personne ne semblait s'en soucier. Tout le monde avait un regard triste et semblait éteint.

Angel aurait même juré voir Zachary s'essuyer les yeux avec un pan de ses draps.

Enzo posa en douceur la jeune fille sur son lit et la recouvrit avec la couverture rouge.

- Viens me filer un coup de main, demanda Angel près de son propre lit. On va coller mon lit au tient. Telle que je connais Alyssa elle ne voudra pas dormir sans nous.

Sans répondre Enzo s'approcha de son ami et ensemble ils tentèrent sans succès de pousser le lit.

- Attendez ! lança Duncan en regardant Zachary. On va vous aidez.

Tous les quatre ensembles, après nombres d'efforts, réussirent à traîner le lit dans un bruit sourd jusqu'à celui d'Enzo.

Quand ils se rassirent tous, ils avaient tous mal au mains et aux bras. Mais cela leurs firent du bien, comme si passer leurs nerfs sur une centaine de kilos de bois de lit leurs permettaient de penser à autre chose.

- Paige nous as dit de ne rien vous demander, avertit Zachary.

- Mais vous voulez savoir ce qu'il s'est passé, devina Angel en écartant une mèche de cheveux du visage d'Alyssa.

- C'était aussi notre camarade et notre amie, répondit Duncan. Je comprends pour les autres élèves, mais pour nous on a le droit de savoir.

C'était vrai, pensa Enzo, au risque d'entendre une vérité déformer au vue de ce qui s'était passé ce soir et l'insécurité dans lequel le monde vivait aujourd'hui.

Alors Enzo et Angel racontèrent encore une fois toute l'histoire passant de A à Z.

- Whoua, dit Zachary une fois le récit terminé, et Leïla s'est sacrifié pour Harry ?

Angel hocha la tête.

- Je n'arrive pas à y croire, rajouta Duncan, je veux dire... elle a agi comme une sorcière protégeant un innocent, pas comme une élève.

- Oui, lâcha Enzo, une vraie guerrière et je peux vous assurer que je n'oublierai jamais ça.

- C'était sûrement une des plus puissantes élèves parmi nous tous, commenta Zachary, tout le monde n'aurai pas réussir à faire ce qu'elle a fait.

- Mais aujourd'hui elle est morte.

- Vous savez comme vont s'organiser les choses ? demanda Duncan. Je veux dire le retour à San Francisco, l'enterrement et tout ça ?

- Non, marmonna Angel, on va demander à Paige de prévenir la mère d'Alyssa, elle considérait Leïla comme sa fille, et après on verra j'imagine.

- De toute façon on est vendredi soir, dit Zachary, on est censé rentrer à la School Magic lundi.

- C'est vrai, je ne m'en étais pas rendu compte, commenta Angel.

Qu'allaient-ils faire en suite ? Lui, Enzo et Alyssa ? Retourner à leurs vies d'avant ? Ou plutôt leurs nouvelles vies d'adultes qu'ils étaient censés vivre à quatre ?

Quelques minutes plus tard Alyssa émergea et paniqua avant de se rendre compte où elle était.

- Enzo et moi on a pensés que tu seras mieux ici que dans ton dortoir, expliqua Angel en désignant les deux lits collés.

- On va aussi demander à Paige de prévenir ta mère, informa Enzo.

Alyssa approuva d'un signe de tête. Comment était-elle censée réagir ? Elle avait passé les dernières heures à pleurer toutes les larmes de son corps.

- On va s'en sortir, dit Enzo à voix basse, je te le promets.

- Ce n'est pas la première fois qu'on doit faire ça, rappela Angel.

- Si, répondit Alyssa la voix cassée, cette fois ce n'est pas pareil.

- Dans un peu plus de deux jours on sera à la maison.

Alyssa ne savait pas si Enzo disait ça pour la rassurer, mais ça n'eut pas grand impact sur elle. Que voulait-il dire ? Que dans deux jours la réalité les frapperait encore une fois ? Parce qu'il faudrait s'occuper de l'enterrement de Leïla ? De ses affaires? De prévenir toutes sortes de personnes ?

- Paige vous as dit si elle avait trouvé une excuse pour justifier la mort de Leïla auprès de la société et des autorités mortelle ?

Ils pouvaient difficilement dirent qu'un sorcier l'avait tué.

- Non, déclara Enzo, mais je pense qu'elle va dire que c'était une attaque au couteau et que le meurtrier à emporter l'arme du crime.

- C'est presque comme souillé sa mort...

- Non, répondit fermement Angel, car nous, nous savons réellement ce qui s'est passé, et tant que nous le saurons, la vérité ne se perdra pas.

Avant que quelqu'un puisse répondre la porte du dortoir s'ouvrit et Lana, Amy, Katherine et Sophia rentrèrent.

- Ont se doutaient qu'Alyssa serai là, débuta Amy comme pour fournir une excuse. On peut s'inviter ?

Duncan et Zachary approuvèrent d'un signe de tête.

Lana et Amy prirent place sur le lit du Duncan, tandis que les deux autres s'asseyaient sur celui de Zachary.

- Comment vous allez ? demanda Amy en s'adressant à Enzo, Angel et Alyssa.

- Comme des gens qui viennent de perdre leur meilleure amie, répondit Enzo maussade. Comment veut-tu qu'on se sentent ?

- Ouais, question stupide, s'excusa Amy avec une rougeur sur les joues.

- Pardonne-le, marmonna Angel, c'est juste que c'est...compliqué.

Il eut un petit blanc de silence que Lana brisa.

- J'ai apporté ça, dit-elle en brandissant une bouteille d'alcool. Vodka.

Tout le monde la regarda, se demandant si c'était vraiment le moment de s'enivrer.

- J'avais prévu cette bouteille pour la victoire de Leïla et la fin du Tournoi, expliqua Lana, évidemment ce n'est plus d'actualité. Mais j'ai pensé que ça pourrait aider certains d'entre nous.

- C'est une bonne idée, finit par lâcher Enzo. Vodka, triste et amer comme se doit être cette journée.

- Pas pour moi, murmura Alyssa.

- On a proposé à Aslys et à Erica de se joindre à nous, dit Katherine, mais elle nous on dit qu'elles voulaient être seule.

- Ce n'est pas comme si on était les meilleurs amis du monde, répondit Angel.

- Je n'ai pas pris de verre, informa Lana d'une voix lasse, on va devoir se passer la bouteille.

- Pas grave. C'est déjà super de ta part d'y avoir pensé, marmonna Amy. Ont pourraient peut-être dire quelque chose en souvenir de Leïla ? Après tout cette bouteille lui été destiné.

Lana hocha la tête et porta la bouteille à ses lèvres et but une gorgée.

- Ceci est pour mon amie, Leïla, prononça-t-elle, c'était une super amie qui avait toujours une cigarette pour une accro comme moi.

Elle passa la bouteille à Duncan qui à son tour but le liquide.

- Pour Leïla, mon amie, dit-il, qui était une sorcière extraordinaire et qui va beaucoup me manquer.

Il passa à son tour la bouteille à Amy qui la prit avec une grimace, elle détestait la vodka. Mais elle prit malgré tout une gorgée qu'elle avala avec difficulté.

- Toujours un goût atroce cette chose, observa-t-elle. Leïla avait toujours un sourire pour moi et je regrette de ne pas avoir passé plus de temps avec elle, qu'elle puisse reposer en paix.

- Leïla a été une des rares personne à ne pas m'avoir tourné le dos, dit quelques secondes plus tard Zachary en passant la bouteille à Katherine. Avec toutes cette histoire de cavalier sans tête l'an dernier. Le monde ce soir à perdu une des plus belles âmes que cette Terre est portée.

- Leïla s'inquiétait pour tout le monde, déclara Katherine en buvant une gorgée, c'était une de ses plus grandes qualités, elle était une amie fidèle et elle me manquera atrocement.

Elle passa la vodka à Sophia qui hésita mais but tout de même une gorgée.

- Ces derniers temps j'ai pu être un peu ferme avec elle, dit-elle les yeux dans le vague, j'avais tort, elle s'inquiétait juste pour moi, comme une vraie amie le ferait. Je regrette l'attitude que j'ai eu avec elle et je suis désolé pour tout.

Elle effaça les larmes qui avaient apparu aux coins des yeux et passa la bouteille à Enzo qui l'observa sans rien dire pendant quelques secondes avant de finalement prononcer ce qu'il avait en lui.

- Je ne sais pas qui a mis Leïla Black sur mon chemin, mais je le remercie de tout mon cœur. En revanche je hais de tout mon être celui qui me l'a enlevé. Leïla était une véritable amie en or et aujourd'hui, je ne sais pas comment je vais faire sans elle. Je l'aimais et je vais continuer à me battre pour elle. Quiconque viendra vers moi pour souiller son souvenir, je le tuerai.

Il acheva son discours en prenant une gorgée de plus puis passa la bouteille à Angel.

- Leïla m'a tenu la tête hors de l'eau à bien des moments, raconta-t-il. Il y a trois ans j'ai eu l'impression de mourir et que je ne pourrai jamais me remettre de la perte d'Elizabeth. Ça a mis des mois mais c'est Leïla qui a réussi à me refaire sourire pour la première fois après son décès. C'est elle qui m'a tenu en vie. Elle a sacrifié beaucoup de chose pour moi. Le moins que je puisse faire pour elle en retour est de me battre, comme elle me l'a montré.

Il passa la bouteille à la dernière personne de la pièce qui n'avait encore rien dit : Alyssa.

- Qu'est-ce que je pourrais dire ? dit-elle en balançant d'avant en arrière la bouteille dans ses mains. Vous avez déjà tout dit. Elle était ma meilleure amie et d'une certaine manière elle continuera à l'être...

Ne voyant pas ce qu'elle pourrait ajouter elle but une gorgée avant de remettre la bouteille dans les mains de Lana.

- Si on peut vous aidez pour quoique ce soit, proposa Amy, dîtes le nous.

- Pour l'instant il n'y a pas grand-chose à faire, répondit Angel, on va la ramener à la maison, faire la liste des personne qui assisterons à l'enterrement : Sasha, vous tous, Tyler Michaels j'imagine, peut-être Pierre et Antony, Sebastian...

- Pour le prévenir on va s'amuser, dit amèrement Alyssa, comment on va lui dire...

- Je peux le faire, proposa Sophia en se mordant les lèvres.

Enzo, Angel et Alyssa levèrent la tête vers elle, ne comprenant visiblement pas quelque chose.

- Je sors avec lui...

C'était comme si l'espace et le temps c'était figé. Enzo, Angel et Alyssa regardèrent Sophia comme ils ne l'avaient jamais fait. Katherine eut un regard gêné, elle devait être au courant. Et les autres avaient tous la bouche ouverte.

- Quoi ?! lâcha finalement Alyssa. Attends ! Tu sors avec Sebastian ? L'ex de Leïla ?!

Sophia acquiesça et évita le regard que lui lançait la jeune fille.

- C'était de lui dont tu parlais la dernière fois ? Quand on sortait du cours de Rogue ? demanda Angel tout aussi surpris.

Une nouvelle fois Sophia fit un signe de tête.

- Écoutez c'était pas du tout prévu, se défendit Sophia. On s'est vu l'été dernier quand je suis parti en vacance. Le hasard a voulu qu'on se retrouvent ensemble et...

- L'été dernier ?! coupa Alyssa, ahuri. Tu sors avec lui depuis un an ?

- Oui, mais s'il-te-plaît, écoutes-moi, supplia Sophia, c'était pas du tout ce que je voulais au début. Mais on s'est retrouvé là-bas et vu qu'on se connaissaient déjà, on a passé du temps ensemble. Et de fil en aiguilles...

- Tu t'es retrouvé dans ses bras, acheva Angel.

- Je pensais que ce serait juste un amour de vacance, expliqua Sophia, mais à la fin de celle-ci je n'avais pas envie de finir cette histoire comme ça, et lui non plus. Alors on a décider de rester ensemble. Mais c'est plus une relation à distance, c'est à cause de ça qu'on s'est disputé la dernière fois...

- Tu m'étonnes que tu voulais rien dire à Leïla...

- Je voulais pas lui faire du mal, dit Sophia, vraiment, je ne savais pas comment lui dire. Seule Katherine était au courant, crois-moi.

- Elle dit vrai, promis Katherine en prenant la défense de son amie. On sait tous que Leïla était sorti pendant un long moment avec Sebastian, elle ne voulait juste pas lui faire de peine.

- Tu comptais lui dire ? demanda Enzo.

- Peut-être, répondit Sophia, je voulais d'abord savoir où j'allais avec Sebastian. Mais mon offre tient toujours, je peux lui dire ce qui est arrivé.

- Et tu ne trouves pas ça bizarre ? cingla Alyssa. Que sa copine l'informe de la mort de son ex ?

- Je le ferai, répliqua Sophia, parce-qu'avant tout, avant Sebastian, Leïla était mon amie.

Alyssa marmonna quelque chose du genre « excusez-moi » avant de se lever et d'aller s'enfermer dans la salle de bain.

- Je peux y aller, proposa Lana, les yeux sur la porte par laquelle Alyssa venait de disparaître.

- Non, refusa Angel, laisse-là, ça fait beaucoup trop pour un seul soir. Elle a besoin de respirer.

- On va tous avoir besoin de respirer, souffla Enzo en s'emparant de la bouteille de vodka.

A l'autre bout du château, perché sur le haut de la tour d'astronomie, se trouvait Liam. Le jeune homme était monté ici presque immédiatement après le retour de sa sœur. Enfin le corps sans vie de sa sœur.

Il ne savait pas plus que les autres ce qui s'était passé pendant cette troisième et dernière tâche, mais au fond il s'en fichait. Ce qu'il avait retenu était la façon dont elle était revenue. Un poignard dans la poitrine.

Quand tout le monde s'était approché et que des murmures telles que « C'est Leïla Black et Cedric Diggory, ils sont morts » Liam n'avait pas pu approcher, au contraire de Will et Sleek, qui n'avaient pas attendu les murmures des autres élèves.

En premier il n'avait pas pu y croire. Leïla, sa sœur jumelle était bien trop forte, bien trop habile pour mourir. Mais le cri déchirant qu'Alyssa avait poussé avait fini par le convaincre. Son pouvoir lui-même avait bien failli exploser. Il ressentait les émotions de tout le monde, il ne pouvait pas le supporter...

Les amis de sa sœur avaient vite afflué vers elle. Mais lui n'avait pas pu bouger, et quand les différents professeurs avaient demandé à ce que tout le monde soit redirigé vers le château, Liam avait suivi le mouvement de foule. Qu'aurait pu bien faire-t-il de plus ?

Revenu au château encore sonné, il s'était rendu à tour d'astronomie. Il savait que Leïla était souvent venu ici, pour se vider l'esprit.

Il n'avait pas versé une seule larme, ce n'était pas dans ses habitudes. Et quelque chose ancrée au plus profond de lui l'en empêchait. Il avait l'impression de ne pas s'en rendre digne.

La dernière conversation qu'il avait-eu et qu'il n'aurait jamais plus avec sa sœur, était des semi-explications qu'ils avaient eu sur la tombe de leur mère.

Il n'avait pas eu l'occasion de lui dire autre chose. Pas eu l'occasion de lui dire au revoir.

Parmi toutes les étoiles qui éclairaient le ciel, sa sœur les avait-elle rejoints ?

C'était quelque chose que sa mère leur disait quand ils étaient petit. Quand quelqu'un passait dans l'autre monde il rejoignait les étoiles.

Sa sœur faisait-elle parti de celles-ci ? Avait-elle rejoint leur mère ? Où était-elle coincée à tout jamais dans l'obscurité ?

Une seule chose était certaine. Leïla Black avait quitté le monde des vivants.

Mais sa solitude tout en haut de la tour d'astronomie ne dura pas. Une demi-heure après être arrivé Paige se présenta à lui, lui expliquant comment sa sœur s'était sacrifié pour Harry et comment elle avait été la victime d'un sorcier qui avait voulu (et réussi) ramener Voldemort à la vie.

- Elle a demandé à Harry de ramener son corps auprès de toi et de ses amis, avait achevé Paige avec un visage lourd.

- Auprès de moi ? se souvînt-il avoir demandé.

Il n'arrivait pas à croire que les dernières volontés de sa sœur avaient été d'avoir une pensée pour lui. Après tout ce qu'il s'était passé entre eux.

Peut-être que la discussion qu'ils avaient eue au cimetière avait suffi pour Leïla ? Peut-être dans ses derniers moments l'avait-elle pardonné ? Cette dernière question n'aurait sans doute jamais de réponse.

Paige l'avait aussi informé qu'elle avait prévenu Valentin de son décès. Liam ne doutait pas que le lendemain matin il recevrait une lettre.

Après le départ de Paige, Liam resta là, face au paysage de montagnes qui entouraient Poudlard. Peut-être espérait-il que quelque chose changerait ? Que cette journée ne soit jamais arrivée ?

- J'ai ce que tu as demandée, interrompit une voix derrière lui.

Il se retourna pour faire face une seconde fois à Paige.

- Mais tu es sûre de toi ? C'est un grand sacrifice.

- Je le suis, répondit-il.


Hey !

Alors voilà un nouveau chapitre, je sais que les deux tiers sont tirés du livre, mais je devais le reprendre pour intégrer les lignes de dialogues de mes personnages, notamment le coup de gueule des Halliwell envers Fudge...

Je n'y crois pas d'être arrivé à cette partie de la publication, il ne reste plus que 3 chapitres à publier et un petit bonus (que je publierais surement en même temps que le dernier).

J'espère que ce chapitre vous aura plu et rendez vous la semaine prochaine.

Les droits appartiennent à J.K Rowling et Constance M. Burge,

Isia31,