I.
MIAMI, FLORIDE
Miami. Ce seul nom peut évoquer beaucoup de choses aux gens, les plages, les palmiers, les top models en maillots de bain,... Magic City, un surnom bien mérité. D'autres auraient pu y voir des images de la culture populaire qui habitent cette ville située dans le Sud-est de l'État de Floride, juste sur la côte Atlantique : les magnifiques poursuites en bateaux de Miami Vice, les enquêtes d'Horatio Caine dans CSI: Miami et son effroyable manie d'enfiler et de retirer ses lunettes de soleils sans cesse ou même encore Dexter, auquel allait un peu ma préférence mais cela n'est encore qu'un avis personnel. Cela avait toujours semblé être la station balnéaire gigantesque reconnue mondialement surtout avec son chapelet de petites stations qui s'étendaient depuis Key West, la ville des loisirs... Moi, je n'y voyais que la ville où j'avais grandi, une ville bien moins luxueuse quand on est du mauvais côté de la barrière, c'est sûr... Moi j'avais grandi à Overtown, le secteur où se côtoient les communautés caraïbéenne, hispanique, blanche, et qui est prisé par de nombreux artistes, chose qui d'ailleurs m'avait toujours enchantée.
C'est vrai que je manque un peu à tous mes devoirs, je ne me suis pas encore présentée. Je m'appelle Isabella Swan, mais tous mes amis et amies m'ont toujours appelé Bella. Ce surnom aurait pû laisser croire que la jeune femme de dix neuf ans que j'étais à l'époque serait un monument de l'image de la Floride: grande, blonde, plantureuse et bronzée. En fait, j'étais le parfait opposé, je ne mesurais qu'un mètre soixante cinq, j'étais brune aux long cheveux que je laissais tombants sur mes épaules, je n'avais pas énormément de formes, presque plate en fait mais je m'en moquais de ne pas correspondre aux critères de beauté habituels. "Et le bronzage?"me demanderez vous... Vous voyez ces cachets d'aspirine d'un blanc immaculé ? Imaginez les sous formes humaines et vous m'aurez.
Pour vous raconter un peu ma vie, je vais vous avouer qu'elle n'a rien de très folichon, c'est même plutôt l'inverse, de quoi finir sous antidépresseurs... Tout d'abord ma mère, Renée de son prénom, est tombée enceinte de moi à treize ans, une belle connerie quand on y pense mais que voulez-vous, elle a craqué sur mon père, un jeune homme de dix-huit ans et a passé son temps à faire croire qu'elle était plus vieille... Une chose en entraînant une autre, bonjour Bella. Comme je vous parle de mes parents, je préfère vous prévenir tout de suite, mon père a fichu le camp quand il a compris qu'il risquait de faire un petit séjour en prison et d'être classifié comme délinquant sexuel. D'accord, c'est dégueulasse... mais c'est encore pire quand vous saurez comment ont réagi mes grands-parents... Ils l'ont fichue directement à la porte, elle a fini dans un centre d'accueil pour jeunes mères adolescentes.
Mes premiers souvenirs de cet endroit sont simplement excellents, tous les jeunes mères s'entraidaient sans hésitation aucune et dès mon plus jeune âge j'ai été habituée à être en compagnie de la misère du monde. Il y avait de tout dans ce centre, des jeunes filles abusées sexuellement, des adolescentes toxicomanes, des jeunes immigrées dont les passeurs avaient perçu leurs paiements en faveur sexuelles, des mineures prostituées... La misère du monde comme je vous l'ai dit. Mais ma mère avait été courageuse, elle suivait ses cours, cumulait quand c'était possible avec un petit boulot, me faisait toujours passer avant tout le reste. On était toutes les deux contre le reste du monde. Elle a finit par trouver un job de serveuse dans un bar, pas tous les jours faciles vu la quantité de gros porcs qui croient encore aujourd'hui que la serveuse est également sur la liste des consommations, mais ce job lui avait permis d'acheter notre petite maison, très petite même avec ses cinquante six mètres carrés où nous nous marchions dessus, tout en riant toujours notez bien.
Moi, ma mère m'avait toujours poussée dans ma scolarité en me répétant sans cesse "Ne fais pas la même erreur que moi, même si tu es mon paradis, prends le temps de vivre et sois sérieuse". Cela ne me vexait jamais, après tout c'était assez compréhensible et je le savais bien en mon for intérieur que ce n'était pas pour me faire comprendre que mon existence la dérangeait, on vivait l'une pour l'autre. Par la suite, je suis devenue une adolescente normale en somme, pas foncièrement la plus populaire de l'école mais je n'étais pas non plus une paria. J'ai eu mon premier petit copain à quatorze ans, rien de bien choquant, même si j'avouerais aujourd'hui que j'estime avoir couché avec lui un peu vite, de peur qu'il aille voir ailleurs si les cuisses étaient plus ouvertes. On est tout de même resté ensemble près de vingt mois donc ce n'était pas si gênant au final. J'ai cependant manqué de chance, et le mot est faible, dans ma relation suivante quand j'avais seize ans, un garçon un peu plus âgé mais cependant beaucoup plus pressant. Malheureusement, il était même plus que pressant et un soir... il m'a prise de force. Il avait déchiré mes vêtements, ma culotte alors que j'essayais de le repousser mais j'étais assez frêle, peu musclée et incapable de me défendre. Pendant tout cet horrible moment j'ai eu l'impression de ne plus être dans mon corps, je le voyais prendre possession de moi, me briser physiquement et psychologiquement pour de longues années tandis que son sexe me souillait dans des grognements de bêtes. Aujourd'hui je n'ai aucune difficulté à en parler mais à l'époque de ce récit, je ne faisais presque plus confiance aux hommes pour en être proche, malgré la condamnation de quinze ans dont il avait écopé grâce à ma mère qui m'avait poussée à porter plainte. Je vous l'avais dit non? Pas très folichon, plutôt triste.
En fait, ce viol en plus de ses répercussions évidentes a brisé un peu mon rêve de carrière, je voulais être danseuse. Je sais qu'au premier abord, il n'y aucun rapport et pourtant... Suite à mon agression, je m'étais plus ou moins prostrée sur moi-même, restant enfermée la plupart du temps sauf pour aller en cours. Comme je n'avais plus suivi la formation de danse, j'avais dit adieu à mon rêve de voir mon nom figurer un jour en grand sur les affiches de Broadway, à New York. Un rêve comme un autre.
Je me suis alors concentrée sur ma scolarité afin d'entrer au Miami Dade College, une des deux universités publiques de Miami. J'ai commencé un cursus de théorie de l'art, sans doute à cause de mon quartier si artistique avec une petite option de littérature anglaise, pour le plaisir. Ma première année universitaire a été un peu compliquée par ma vie privée, même si je l'ai réussie, mais j'avais besoin désormais d'évasion pour évacuer le stress de mon année compliquée. Et ainsi j'avais décidé de voyager, j'allais accomplir mon rêve, celui de ma mère également, de visiter tous les états des États-Unis depuis la Floride en me dirigeant jusque Vancouver, au Canada, juste de l'autre côté de la frontière, au nord-ouest du pays. Un long voyage m'attendait mais j'avais pris une année sabbatique, prête à user de mes économies, durement acquises par tous les petits boulots possibles et imaginables dont un job de serveuse dans le bar de ma mère, pour subvenir à mes besoins durant mon voyage. Cela nous amène au jour de mon départ... le premier jour d'une vie de découvertes et surtout de l'année la plus particulière de ma vie.
C'était le jour de mon grand départ, celui pour le voyage de ma vie. Nous étions en plein milieu du mois de juillet et je mourrais de chaud sous les trente deux degrés du soleil de Floride. Heureusement, je portais des sandales, un short en jean et un t-shirt de mon équipe de baseball préférée, les Marlins de Miami. Avec ma mère, nous étions des fans inconditionnelles de ce sport, mais nous n'avions jamais eu les moyens d'aller au Marlins Park, leur stade, certes nous aurions pu prendre un peu sur les économies mais nous savions toutes les deux que cela rentrait dans les dépenses réellement inutiles alors c'était hot-dog maison et canapé pour toutes les deux, et le téléphone était coupé.
Je finissais d'empaqueter des livres que je désirais emmener, quelques romans principalement tels On The Road, Shining, Guerre et paix,... Je les emmenais au cas où je n'aurai plus assez d'argent pour faire des sorties, après tout l'essence allait me coûter assez cher. Mes sacs étaient faits avec minuties et prévoyance, je partais si longtemps que j'avais prévu des vêtements d'été comme d'hiver, des cartes routières car je n'avais aucune confiance dans les GPS, quelques conserves qui m'auraient rendues riche si je m'appelais Andy Warhol, des objets que je pourrais vendre pour récupérer un peu d'argent comme de vieux bijoux ou de vieux cd et forcément un bon stock de médicaments et de matériel de premier soins, il valait mieux être prévoyante.
- Tu es sûre que tu veux faire cela ma chérie? avait demandé ma mère tout à coup.
- Bien sûr Maman, avais-je dit en souriant pour moi même, j'en ai besoin après cette année.
- Mais je vais m'inquiéter, m'avait-elle répondu presque suppliante que je ne parte pas.
- Je te promets de te téléphoner, fut ma réponse à cet instant.
- Souvent? s'était elle enquie.
- Évidemment, je ne peux pas me passer de ta voix Maman, avais-je dit en fermant le dernier sac.
Je l'avais soulevé avec quelques difficultés, fichue condition physique, et je l'avais descendu tranquillement pour l'installer dans le coffre de ma voiture. J'allais parcourir les États-Unis dans une voiture qui, avec le recul, n'était pas réellement faite pour traverser les routes effroyables qui allaient me voir passer : une Mini Cooper S12 décapotable. Oui, je savais que ce n'était pas adapté mais je n'avais que cela. En plus elle n'était pas dans le plus merveilleux des états comme je pouvais le remarquer en refermant le coffre au bout du troisième essai. Si le coffre ne fermait plus correctement, c'était surtout à cause d'un connard alcoolisé qui m'avait percuté un soir et forcément ce gros débile n'avait pas d'assurance alors je n'avais pas pû réparer cela correctement mais bon il fermait, c'était déjà cela. Ce n'était pas le seul léger défaut de ma magnifique voiture, elle était cabossée à l'avant également mais là c'était ma propre faute, j'avais percuté un parcmètre parce que je me faisais une partie de Pokémon Go, futile... je n'avais pas réussi à attraper Monsieur Mime en plus. Il y avait aussi l'essuie glace qui bloquait de temps en temps, mais que voulez-vous je l'adorais même si je m'étais dite que peut-être je devrais la vendre pour acheter un pick-up quand j'allais aborder les états désertiques comme le Nevada ou l'Arizona. J'allais dire adieu à ma petite Mini, et je comptais bien la conserver le plus longtemps possible. Après avoir bataillé avec mon coffre, j'avais vérifié que je disposais de tous mes documents, pièces d'identités, permis de conduire, passeport, autorisation de dons d'organes même si j'espérais ne pas en avoir besoin c'était évident, mes ordonnances pour mes traitements, que j'allais devoir renouveler c'était sûr et donc encore des frais.
- Ma chérie... Quelle sera ta première étape ? avait demandé ma mère.
- Déjà, je vais passer chez Jessica, pour lui dire au-revoir, avais-je répondu avec humour.
Jessica était ma meilleure amie depuis le lycée, on avait tout partagé ensemble, nos plus grands secrets comme nos meilleurs moments mais les pires également. Elle m'avait soutenue comme jamais après mon viol et durant l'année dernière également. Elle allait autant me manquer que ma mère et c'était une évidence pour moi. Je m'en voulais un peu à l'époque, sachant que Jessica continuerait son cursus toute seule, le même que le mien d'ailleurs, mais je voulais partir, j'en avais besoin.
- Et quelle sera ta première destination alors? Et sois sérieuse ma chérie, avait alors dit ma mère.
- Je vais commencer par Tampa, avais je répondu.
- Tu prends l'Interstate soixante-quinze ? avait fait ma mère surprise.
- Ben pour rejoindre Tampa, je suis un peu obligée, avais je dit avec humour.
- Et tu feras quoi d'autre en Floride? m'avait-elle questionnée ensuite.
- Je reprendrai vers l'Est par Orlando et Jacksonville sur la quatre-vingt-quinze puis je filerai vers Atlanta, lui avais-je avoué.
- Tu as tout prévu alors? m'avait elle demandé ensuite.
- Après Atlanta, je vais voir venir, j'hésite encore, avais-je dit.
- Bon, avait fait ma mère voyant que j'étais prête au départ. Tu m'appelles souvent hein?
- Évidemment, avais-je conclu.
Après avoir dit au revoir comme il fallait à ma mère, j'avais pris ma voiture et le plus grand voyage de la vie avait démarré avec une première escale près de chez moi, dans le quartier d'Edgewater, un peu comme le mien et je m'étais garée devant l'immeuble de Jessica. Je m'étais dirigée lentement et peu confiante encore dans mon projet vers la porte de l'immeuble, sonnant à son interphone au rythme de la Marche Impériale de Star Wars, notre petit code idiot mais efficace. La porte s'était ouverte et j'avais grimpé les étages avant d'entrer dans l'appartement de ma meilleure amie qui avait déjà les larmes aux yeux en me servant un café.
- Jessie... j'en ai besoin, avais je dit.
- Je sais, avait elle répondu, mais je m'inquiète pour toi.
- Tu me suivras sur les réseaux sociaux ma belle, avais-je répondu pour la calmer.
- J'arrive pas à croire que tu vas entreprendre tout cela, sans moi, m'avait elle dit avec tristesse.
- C'est vrai que cela va me faire tout drôle également, mais je sais que tu auras Mike pour veiller sur toi, avais je alors avancé en évoquant son petit ami.
- Un mec ne te remplacera pas, et surtout auprès de qui vais je le critiquer lui et sa manie du sport? avait elle fait en riant.
Son petit ami Mike ne jurait en réalité que par le sport, d'où le fait de travailler dans un magasin dédié mais il rendait heureuse ma meilleure amie et je savais qu'il ne lui ferait jamais de mal.
- Je répondrai au téléphone tu sais, j'ai toujours mon forfait illimité, avais-je alors argumenté en riant.
- D'ailleurs, avait elle dit avant que je ne la voie filer dans sa cuisine pour prendre quelque chose dans un tiroir. Tiens, avait elle continué en me tendant une enveloppe.
J'avais alors pris celle-ci, quelque peu stupéfaite pour tout dire et je l'avais ouverte, découvrant à cette occasion de nombreux billets verts qui me surprirent énormément.
- Jessie... T'es tarée ? avais je alors presque hurlé de surprise. Il y a au moins...
- Mille dollars, avait elle répondu.
- Je ne peux pas accepter cela, t'es complément dingue.
- Bella... je veux t'aider à faire ce que tu as prévu, même si je n'approuve pas, avait elle alors expliqué. Tu vas en avoir besoin, plus que moi... Et puis Mike va s'installer ici alors... Prends les.
Je m'étais alors immédiatement levée pour prendre celle qui était presque comme une sœur pour moi dans mes bras en pleurant tant j'étais reconnaissante. Quand enfin nous rompîmes l'étreinte, j'avais pris quelque chose dans ma poche, les clefs de chez moi.
- Si tu pouvais veiller sur elle... je te serai éternellement reconnaissante Jessie... je sais que j'abuse mais... cela me rassurerait, avais je alors expliqué.
- Je le ferai ma belle, avait elle confirmé en prenant mes clefs pour les accrocher à son trousseau. Je passerai chaque semaine. Dis moi... comment feras tu pour économiser l'argent au maximum ?
- J'espère prendre des gens en stop, ils participeront peut-être à mes frais, avais-je dit.
- En stop? avait elle répété horrifiée.
- Pas de mecs, lui avais alors indiqué. Je ne supporterai pas d'être seule en voiture avec l'un d'eux. Même si ils ne sont pas tous des animaux capable de se jeter sur moi. Je prendrai des femmes, avais je assuré.
- Tu pars directement d'ici?
- Oui... direction la Géorgie... Après je ne sais pas, je sais le point d'arrivée mais nullement les étapes, avais-je confirmé.
- C'est de la folie... Même après cette année, tu devrais justement rester, ne pas t'éloigner, surtout pas justement, je suis inquiète.
- Ne t'y mets pas aussi, avais je dit en la surprenant quelque peu. Je dois partir, aussi loin que possible, aussi longtemps que possible... Je ne sais pas si je ne reviendrai pas avant la fin de mon périple en réalité mais je veux tenter, tout voir autant que possible et me créer des souvenirs, découvrir des lieux, des gens, des histoires de vie...
- Je sais... l'herbe est parfois plus verte ailleurs mais... Écoute Bella, si tu as besoin d'aide, d'argent ou même de parler, n'hésite pas, appelle moi et je serai là. Je t'enverrai de l'argent... je prendrai même un billet d'avion. Promets moi d'y songer au moindre problème, avait elle dit en me suppliant du regard.
- Je te le promets, avais dit en concluant notre conversation.
Je lui avais dit au revoir avant tant d'émotions que j'avais à cet instant là l'impression de lui faire mes derniers adieux, des adieux définitifs. J'avais été obligée de rejoindre sans même me retourner de peur de retourner dans son appartement et décider d'abandonner mon projet complètement dingue et au moment de monter dans ma voiture, j'avais versé des larmes en l'entendant m'appeler par sa fenêtre.
- T'as intérêt de me revenir entière Bella Swan! Et t'avises pas d'oublier de me donner des nouvelles ou je viens te chercher par la peau du cul!
C'était sur cette déclaration d'amour fraternel un peu particulière que la jeune femme de dix-neuf ans que j'étais prit la route.
L'interstate soixante-quinze, pour ceux qui ne l'ont jamais empruntée est une autoroute qui traverse du sud vers le nord les États de Floride, Géorgie, Tennessee, Kentucky, Ohio et Michigan et relie la ville de Hialeah à Sault Ste. Marie, à la frontière avec l'Ontario. Elle mesure un peu moins de trois mille kilomètres, dont sept cent cinquante cinq en Floride et passe dans les agglomérations de Miami, Tampa, Atlanta, Cincinnati et Détroit principalement. Afin de la rejoindre, j'avais rejoint la petite ville d'Hialeah à l'ouest de l'agglomération de Miami car c'était là que je devais l'emprunter. Je savais que je devais suivre la côte ouest de la Floride en passant près de Naple pour mieux rejoindre Tampa. Étrangement, j'avais roulé très mais alors très lentement comme si, alors que c'était ce que je désirais, je n'osais pas le faire, hésitante, craignant sans doute de faire la pire erreur de ma vie, ce qui faisait que l'après-midi touchait presque à sa fin sachant que j'étais déjà partie assez tard. Mais tandis que je jetais mon mégot de cigarette en dehors de l'habitacle et tout en replaçant les mèches de cheveux qui volaient à cause du vent vu que j'avais laissé la voiture en mode décapotable, je vis un panneau pour une station service un peu plus loin et je me dis que je devais m'arrêter et relativiser ce que je faisais. Si je n'en étais pas sûre, c'était le moment de rebrousser chemin. Alors que je me déportais pour sortir de l'axe routier, je vis passer une moto à pleine vitesse et je me suis mise à paniquer, j'avais failli la percuter... Mon dieu, j'avais eu de la chance. Je me disais quand même que ces putains de motards devraient apprendre à faire plus attention, ils prennent plus de risques. Si il m'avait touchée à cet instant là, il serait sans doute mort sur le coup.
C'était donc un peu stressée que j'avais pu me garer à la station service et descendre de mon véhicule. J'avais sorti mon téléphone, je voulais téléphoner à ma mère mais étonnamment, ce fut lui qui sonnait. Et j'avais vu que c'était ma mère, comme si elle savait que sa fille voulait l'entendre, c'était impressionnant et cela me fit sourire quand je décrochai le téléphone.
- Maman? avais-je dit.
- Ça va ma chérie ? Je ne te dérange pas? Tu n'es pas au volant au moins, cela pourrait être dangereux, s'était elle empressée de me dire.
- Non, je suis à une station service, avais-je expliqué, je voulais m'acheter des cigarettes.
- Tant mieux alors... je voulais m'assurer que tu allais bien.
- Je me doute Maman, surtout que je te manque déjà, avais je ajouté en riant.
- Que veux-tu... Ma fille va faire un grand voyage, je m'inquiète. Mais je t'assure que je te soutiens, je sais que tu avais besoin de partir, je ne t'en veux pas, je peux me débrouiller et tu sais que ce n'est pas si compliqué, disait-elle pour me rassurer.
- Je sais Maman, tu me manques déjà aussi en fait, lui avouai-je tout de même soudainement.
- Ça me rassure, manquerait plus que cela, avait elle répondu.
- Tu sais quoi... Juste avant que tu n'appelles, j'allais t'appeler, j'hésitais à vraiment le faire mais tu m'as rassurée, savoir que tu me soutiens me comble, merci, lui avouai-je alors.
- Ma chérie, tu douteras à chaque instant mais tu prendras les bonnes décisions, quoiqu'il en coûte. Et je suis sûre que tu n'auras jamais rien à regretter, avait elle conclu.
- Je t'aime Maman.
- Moi aussi, si tu pouvais diminuer ta consommation de cigarettes pendant le voyage... Ce serait un plus.
- Je vais y songer, je t'aime, je te rappelle bientôt.
- Je t'aime et je t'embrasse mon bébé !!!
J'étais désormais soulagée et j'ai expiré longuement avant de me diriger vers la petite station service, lunettes de soleil sur le nez et chewing-gum en bouche. Je suis directement allée vers les frigos pour récupérer un pack cartonné de quatre RedBull avant de regarder les magazines. Tandis que je feuilletais un livre de cuisine en me disant que je n'allais plus tellement cuisiner durant un an, j'observais également mon environnement. Il y avait une mère dans la quarantaine avec un petit garçon de six ou sept ans qui s'énervait sur une sucette en me fixant et je lui ai souri, il était tout mignon. J'avais également remarqué le policier qui prenait un café en discutant avec le caissier comme souvent sur ce genre de zone. Mais j'avais surtout remarqué l'homme de vingt ou vingt-cinq ans à ma droite qui semblait faussement intéressé par le choix limité de papier toilette. En fait, pour tout dire, je sentais son regard sur moi et je ne me sentais pas vraiment à l'aise. Depuis ce qu'il m'était arrivé, c'était comme ça, dès que je sentais un regard un peu plus insistant que la moyenne, ou carrément lubrique comme seuls les hommes peuvent regarder les femmes, comme une vulgaire entrecôte en somme; j'avais une seule envie: fuir. Et pourtant, je pouvais parfaitement mener une conversation tout à fait normale pour peu qu'elle ne comporte pas la phrase :" Chez toi ou chez moi". J'avais alors reposé le magazine pour me diriger vers le caissier et déposer mes achats, qui contenaient également quelques barres de céréales entre autres cochonneries.
- Autre chose Mademoiselle ? me demanda alors le caissier.
- Deux paquets de Lucky Strike, s'il-vous-plait... et euh... qu'est-ce que vous avez comme snacking chaud? avais-je demandé légèrement affamée.
- Il reste des burritos là, fit ensuite le caissier en réponse.
Je vis alors deux burritos débordants de haricots, d'œufs et de fromage peu ragoûtant sous la salamandre et je ne savais pas pourquoi mais j'avais eu un doute sur leur fraîcheur.
- Dites moi... ils sont là depuis quand ?
- Ce matin, fit le caissier.
- Hein? l'avait apostrophé le policier. Je viens d'en manger putain!!! T'es censé les jeter au bout d'une heure maximum crétin !!!
- Officier, avais je alors dit, vous dévriez prendre le sirop pour les brûlures d'estomac.
- Ouais merci! fit celui-ci énervé en se dirigeant dans les rayons.
- Je vous en met un alors? avait tout de même demandé le caissier nullement gêné.
- On va éviter, je trouverai un endroit, avais-je préféré répondre en payant.
J'étais alors déjà ressortie en ouvrant un des paquets de Lucky Strike pour en sortir une que j'allumai avec mon Zippo à l'effigie des Marlins de Miami pour tirer une bonne bouffée qui encrassait mes poumons tout en m'enfilant une canette de RedBull. Une fois celle-ci vidée cul sec, j'étais remontée dans ma voiture et j'avais repris la route, bien décidée à me trouver un endroit où manger. D'un regard extérieur, je savais que je devais avoir l'air idiote, il n'y a qu'environ trois cents kilomètres entre Miami et Tampa et j'allais déjà faire mon deuxième arrêt, mais j'avais un an devant moi alors ce n'était pas si gênant.
Le bitume défilait de nouveau sous mes pneus et je préférai rouler prudemment, jamais plus vite sue quatre-vingt huit miles à l'heure, au cas où je voyagerai dans le temps, si vous avez la référence en lisant ces lignes, vous comprenez donc que j'étais déjà une grande fan de cinéma mais ce n'est pas le sujet. Environ soixante ou soixante-dix kilomètres plus loin, je vis un panneau pour un diner habituel sur les autoroutes et je me suis mise en position pour sortir de l'autoroute en vérifiant cette fois que je ne risquais nullement de me manger une moto de plein fouet. Quand j'avais vu la bâtisse du diner, j'avais été surprise que ce soit aussi cliché : rectangulaire, en bois déjà bien vieilli et avec les panneaux tout aussi clichés pour les Applepies américaines ou les milkshakes. Je m'étais alors garée tranquillement à côté d'un break familial marron rempli de matériel de camping et j'étais sortie, après une énième cigarette qui me convainquait déjà que baisser ma consommation risquait d'être compliqué, tout en prenant un carnet et un stylo dans mon sac. J'avais grimpé les trois marches grinçantes avant de passer la porte vitrée et j'observais l'endroit. C'était un diner classique, un carrelage blanc, des tables en formica blanc et des serveuses en tenues vert pastel. Je me suis dirigée vers une table assez éloignée des autres pour rester seule et j'ai consulté le menu en observant la pièce. Ce genre d'endroit avait toujours attiré mon attention, on y découvrait toujours le monde. Je pouvais alors y voir la famille qui partait en vacances et aux deux bambins surexcités à l'idée de manger une glace, un camionneur à moitié concentré sur ses œufs brouillés au bacon tandis que l'autre moitié de son cerveau était concentrée sur le magazine sportif dans ses mains, le jeune couple tout mignon qui se regardait avec intensité en se touchant la main, la mère de famille clairement débordée au vu des tâches de purée sur son haut, un marasme de réalité. J'avais pris cette habitude d'observer attentivement mon environnement et j'adorais cela, découvrir la vie des gens. Cependant je fus sortie de ma rêverie par la serveuse assez âgée et rondelette.
- Bonjour, bienvenue chez Betty, avait elle alors dit sans doute lassée de toujours commencer par cette même phrase. Puis-je prendre votre commande?
- Oui, bien sûr, je vais vous prendre un burger au poivre avec euh... des oignons frits et un café, avais-je répondu.
- Le café en même temps ? s'était elle enquise.
- Oui oui, je préfère, merci beaucoup, avais je dit en la voyant noter avant de repartir.
J'avais alors sorti ce petit carnet, désireuse d'y noter tout et d'en faire un véritable carnet de voyage dont vous devez actuellement en lire la teneur. J'avais longuement hésité sur le titre, à l'époque de ce premier jour de voyage, il s'appelait simplement " Carnet de voyage d'une jeune femme blasée". Depuis, son titre a changé, j'ai opté pour " Nerver Alone", jamais seule, car j'allais faire des rencontres qui allaient ponctuer mon voyage d'une manière incongrue et changer mon monde et surtout la vision que j'avais de celui-ci. Mais ce jour là dans ce diner, je n'avais pas encore grand chose à noter dans ce que j'espérais étrangement publier un jour, alors je finis par sortir mon Samsung Galaxy et par surfer sur les sites d'informations. Ce n'était jamais réjouissant, le conflit au Moyen-Orient s'enlisait encore, les crimes et les abus sexuels du star system également même si désormais un hashtag était apparu pour dénoncer beaucoup de choses. Moi aussi j'avais posté posté l'histoire de mon petit ami qui avait abusé de moi, c'était anonyme et cela m'avait un peu soulagée. Il y avait aussi une recrudescence des mouvements suprématistes blancs grâce à un certain président dont je tairai le nom mais qui avait osé se faire conseiller par un ancien dirigeant du Ku Klux Klan. Il y avait également les interviews de la petite européenne qui manifestait pour l'environnement, rien de bien intéressant en somme, toujours les mêmes conneries et les mêmes erreurs de l'humanité. J'avais ensuite lancé ma messagerie instantanée pour rassurer ma meilleure amie.
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:19 ] Slt ma belle!
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:19 ] Dja d news?
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:20 ] Et ouais
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:20 ] T où là ?
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:21 ] 1 diner près de Tampa
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:22 ] C tt? T te traine!
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:22 ] Lol je sais. Vais bi1
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:23 ] O - Ta pa croisé un tueur
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:23 ] C srait un sacré mank d bol
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:24 ] Et cmt! Mdr
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:24 ] Ma mor t frai marrer? Sympa !
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:25 ] Je suppose un burger ;)
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:25 ] Yes!
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:26 ] Tt sur le Q
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:26 ] J'orai enf1 d form
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:27 ] LOL!!!
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:27 ] Conten ke ca t fas marrer
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:28 ] Dsl, jtm kand mm
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:28 ] Mouais... Ha le burger arriv, v manger. Je te txtot bi1to
[ Message reçu aujourd'hui de Jessie à 17:29 ] Bye!!! @
[ Message envoyé à Jessie aujourd'hui à 17:29 ] Kiss _
J'avais alors reposé mon téléphone et déplacé le carnet en remarquant le regard de la serveuse dessus.
- Vous êtes journaliste ? m'avait elle demandé.
- Non, je n'écris que pour moi, avais-je alors répondu.
- Écrivain ? C'est génial, m'a-t-elle alors dit avec sincérité visiblement.
- Pas encore mais je note mon voyage, avais-je expliqué.
- Un voyage ? Je peux connaître les tenants et aboutissants ? me demanda-t-elle alors avec intérêt.
- Ho oui..., avais je dit en haussant les épaules, je me rends à Vancouver, par la route.
- Wouah... sacré trajet, me dit elle en me regardant surprise.
- Oui, je le fais par la route et j'en profite pour visiter les états, avais-je continué d'expliquer.
- Courageux, je n'oserai jamais même si je rêve de voir Las Vegas un jour, me fit elle avec sympathie.
- Je ne pense pas m'y arrêter, je n'aurai pas les moyens, avais-je répondu en riant.
- Je vous souhaite d'en profiter au maximum, m'avait elle répondu en souriant. Et bon appétit.
Je l'avais alors remerciée avant d'attaquer mon repas, sachant que ce n'était qu'une curiosité normale dans ce genre d'endroit où elle devait voir passer tellement de gens et connaître tant d'histoires qu'elles soient joyeuses ou tristes. Moi aussi, j'aimais entendre les histoires et je profitais tranquillement de mon repas sachant que je n'allais pas tarder à reprendre la route. Aux alentours de dix-huit heures trente et trois cafés plus tard, j'étais une grosse buveuse de café à l'époque, j'ai payé mes consommations en partant après avoir salué la serveuse qui me dit au revoir en ponctuant d'un " bon courage pour votre voyage" qui me ravit énormément. J'étais assez repue et je suis remontée dans ma mini, remarquant que le propriétaire du pickup regardait une carte alors que les enfants jouaient avec leurs mères un peu plus loin. Moi aussi je préfèrerais les cartes papiers, plus sûr et jamais en panne même si il fallait encore être capable de les lire. Cette fois, j'avais bien décidé de rejoindre la périphérie de Tampa, à Saint Petersbourg ou Clearwater, pour payer moins cher le motel. Je n'étais pas assez folle pour prendre des chambres d'hôtels en centre ville, un petit Motor Inn de bord de route me suffirait amplement, mais si je pouvais éviter un Norman Bates, ce serait mieux, c'est le tueur de Psychose d'Hitchcock pour ceux qui l'ignoreraient.
Après avoir enfin repris ma route, j'observais bien mon environnement, j'avais tendance à somnoler après avoir mangé en général et cela aurait été une assez mauvaise idée de faire cela en ces circonstances. Je pouvais remarquer aisément que la quantité de voitures sur l'autoroute s'était quelque peu accrue surtout à cause des heures de pointe et je préférais amplement rester concentrée. Je passais aisément d'une rangée de voiture à l'autre, à coup de clignotant, pour éviter de rester collée à d'éventuels camions car cela ne m'avait jamais rassurée. Il fallait bien reconnaître que le duel Mini versus Quinze Tonnes risquait de finir par le knockout du challenger poids plume en moins d'un round et surtout me laisser sur le carreau alors je préférais éviter de tenter le diable. Mais le bitume continuait de défiler devant mes yeux et je regardais attentivement la route sachant qu'il y avait quelques petites villes dans le coin, cherchant le supposément bienvenue motel quand je vis une forme, en haut de la montée et sur le bord de la route. De loin, je ne pouvais discerner qu'une personne mais tandis que je m'en approchais, je pouvais remarquer qu'il s'agissait d'une jeune femme en mini-jupe blanche, un haut de maillot de bain bleu électrique vu qu'elle tenait son t-shirt dans la main. Elle était assez petite et visiblement extrêmement mince et arborait des cheveux courts et désordonnés qui auraient pu faire passer ma propre coupe de cheveux pour une œuvre d'art. Quand je me suis encore approchée d'elle, je pu discerner qu'elle portait un sac à dos noir typique des modèles destinés aux campeurs et surtout une sorte de trépied attaché juste au dessus du sac de couchage. Le moins étonnant dans tous cela était qu'elle tendait son pouce pour faire du stop. J'avais réfléchi quoi... deux secondes avant de me dire que laisser une jeune femme au bord de la route alors que le soleil ne tarderait sans doute pas à se coucher serait une mise en danger de sa personne. Je l'ai alors dépassée et me suis déportée sur la bande de sécurité. Je me souviens encore de sa réaction à cet instant : elle a fait un bond en hurlant "YES" comme une enragée avant de se mettre à courir vers ma voiture, craignant sans doute une mauvaise blague. Lorsqu'elle arriva à hauteur de la portière côté passager, je vis un visage magnifique, doux et enjoué, surmonté de deux magnifiques yeux marrons et un sourire à faire craquer n'importe qui.
- Tu veux m'épouser ? avait elle dit alors.
- QUOI? avais-je alors répondu plutôt prise au dépourvu à vrai dire.
En réalité une seule pensée m'avait traversée à cet instant là : "cette gonzesse a une case en moins".
- Putain, ça faisait quatres heures que je marchais en plein soleil et personne ne s'est arrêté, m'avait elle expliqué.
- Sérieusement ? Personne ? avais je dit étonnée.
- En fait, avait elle fait en réfléchissant, si trois. Mais à chaque fois ils m'ont dit: C'est combien ? De gros connards.
- Tu m'étonnes, les mecs..., avais je dit avant de continuer. Tu vas où ?
- À Orlando... Mais si tu sais me rapprocher de Tampa, je te vouerai un culte éternel, me fit elle alors quelque peu gênée.
- C'est vrai? avais je dit en sortant de la voiture en me dirigeant vers le coffre et la faisant sourire. Je me dirige vers Orlando également et même plus loin. Si tu veux on peut aller jusque là-bas ensemble. Tiens mets ton sac dans le coffre.
- Merci, me répondit-elle en enlevant son sac de ses épaules pour le placer délicatement dans le coffre mais gardant un petit sac à la taille. Je garde mon appareil photo.
- Tu es photographe ? lui avais-je demandé en remontant et lui indiquant de faire de même.
- Amatrice mais je veux photographier pas mal de spots. Au fait... Tu comptais dormir chez quelqu'un ?
- Hein? avais dit surprise. Ho... non dans un motel.
- Alors je te paye ta nuit pour te remercier, me fit-elle toute gentille.
- Par contre, avais je préféré préciser, je voyage à la cool donc... si tu dois te rendre rapidement à Orlando préviens moi.
- Ha non, ça va j'ai le temps, je dois juste ramener un truc important à un couple d'amis avant de reprendre la route, m'avait elle expliqué.
- Et tu te rends où ? avais-je demandé.
- Nulle part en particulier, là où les gens m'emmèneront, m'avait-elle repondu.
Je l'avais alors regardée quelque peu étonnée, et déjà je m'imaginais le road trip entre filles mais j'allais un peu éviter de m'emballer, je voulais d'abord voir comment elle était.
- Laisse moi te remercier pour ta gentillesse pour le motel, j'ai pas grand chose à t'offrir là mais si tu veux un RedBull ou une clope sers toi, avais dit sympathiquement.
- Merci... Au fait, je m'appelle Alice Brandon, bon Mary Alice à la base mais je préfère Alice, j'emmène les gens aux pays des merveilles tant je suis amusante, m'avait elle dit avec un clin d'œil.
- Enchantée Alice, moi c'est Bella Swan, avais-je alors dit en riant.
- Alice et Bella, ça sonne bien... Moins que Thelma et Louise mais tant que l'on finit pas pareil, fit elle enfin en s'allumant une cigarette et m'en allumant une.
J'ignorais encore que non seulement j'allais l'emmener à Orlando mais également à Jacksonville et même plus loin. Cette fille allait bouleverser mon monde peinard malgré ses complications et ses drames mais surtout éveiller mon esprit à bien d'autres choses. Une amitié allait naître avec ses avantages mais surtout, dans le cas d'Alice, ses nombreux inconvénients. Alice avait en effet un don, elle n'emmenait pas les gens aux pays des merveilles mais plutôt au devant de merveilleux ennuis et autres joyeusetés même si les bons moments seraient plus nombreux.
Notes de l'auteur :
Je préfère poster ceci en fin de page afin que vous vous fassiez une idée sans mon introduction.
Depuis toujours, je suis un grand fan du roman On the Road de Kerouac, que je conseille, et qui a d'ailleurs été porté à l'écran avec Kristen Stewart dans le rôle de Marylou.
Cette fiction est, à sa petite échelle je ne permettrait pas de dire que ça l'est réellement, le On the Road du nouveau siècle avec ses problèmes culturels actuels et les sujets qui ont bouleversé le monde depuis vingt ans, même si il n'y a pas réellement de datation de l'histoire (vous pourrez cependant estimer au bout d'un moment mais c'est anté-CoVid)
J'espère que l'usage du plusqueparfait ne vous choque pas trop dans la lecture mais je trouvais son rythme intéressant en l'entre-coupant de passé simple.
Je précise également que cette fiction comportera des scènes sexuelles hétérosexuelles mais également homosexuelles. Il y aura également la présence de la transidentité, l'usage de drogue et d'alcool. Soyez en averti et si vous êtes réfractaires à ces sujets passez votre chemin.
N'hésitez pas à commenter, que ce soit positif ou négatif tant que ce n'est pas de la méchanceté gratuite. A bientôt.
Ps: Edward arrivera beaucoup plus tard dans l'histoire pour les plus fans.
