II.
TAMPA, FLORIDE
Quand avec Alice nous fûmes installées, nous reprîmes immédiatement la route. Dès le début et les premiers kilomètres, j'avais alors décidé de faire connaissance avec la jeune femme qui partageait ma voiture et qui me rassura sur un point important : elle avait également le permis, ce qui m'indiquait alors que nous pourrions nous relayer sur les routes. Il n'y avait eu aucune difficulté pour que je puisse découvrir des choses sur ma nouvelle amie, Alice n'ayant aucune mais alors aucune appréhension réfractaire à parler d'elle même. Pour être tout à fait précise, elle avait une capacité incroyable à parler d'elle même, chose qui aurait tout à fait pû la ranger dans la catégorie bavarde. Elle était âgée de vingt-et-un ans et avait, comme moi, suivi des études d'art, en photographie en particulier, mais je pense que comme moi vous l'aviez deviné. Elle m'avait également dit provenir de la ville de Duluth dans le Minnesota, un état au Nord des États-Unis et desservi par l'Interstate trente-cinq reliant d'ailleurs Duluth, qui se trouvait à l'embouchure du Wisconsin, à Monterrey au Mexique. Pour l'instant, il n'y avait rien de bien choquant dans son histoire jusqu'à ce qu'elle m'ait précisé être née dans une famille nombreuse de dix-sept enfants. Je l'avais alors regardée assez étonnée, croyant à une mauvaise blague même si, comme la plupart des américains, je connaissais la fameuse émission de téléréalité "Bringing Up Bates" qui était centrée sur la vie quotidienne de Gil et Kelly Jo Bates et de leurs dix-neuf enfants, dont aucun jumeaux, dans leur Tennessee natal. Naturellement, ma surprise avait quelque peu attiré son attention et elle m'avait annoncé alors qu'en réalité elle n'avait que deux frères et une sœur biologique. Bêtement, j'avais cru à plusieures unions mais j'allais être encore plus surprise en apprenant qu'elle était née dans une famille mormone. Personnellement, avant Alice, je n'avais jamais rencontré quiconque de cette religion malgré le brassage culturel que connaissait la Floride avec son fameux Spring break annuel, le genre de fête géante où les étudiants "decompressaient" à coup d'alcool, de drogue et de relations sexuelles débridées, tout un programme... Déjà à l'époque, j'étais assez encline à découvrir des choses que j'ignorais et je l'avais alors questionnée, sans grande insistance, ma charmante amie étant plutôt du genre à m'abreuver d'informations. J'avais alors appris que pour les saints des derniers jours, la branche dissidente et fondamentaliste des mormons à laquelle appartenait sa famille, les êtres humains auraient choisi dans une vie avant leurs existences terrestres d'accepter un plan divin pour connaître une expérience de vie en chair et en os pour atteindre le summum des vertus chrétiennes. Dans cette fameuse religion peu connue en dehors du territoire états-unien, il existait deux grosses différences avec les autres cultes chrétiens : le premier point important était que Jésus serait certes le fils de Dieu mais qu'il ne serait nullement le seul, Satan en étant d'ailleurs un lui même. Le second point le plus différent, tenait sur leur visions de la supposée chute d'Adam et Eve qui ne serait nullement un péché car pour les mormons, Dieu laisserait intégralement le libre arbitre. Bien évidemment, dans cette religion comme dans beaucoup d'autres existaient de nombreuses règles comme la prière ou le baptême mais également la dîme qui obligeait les croyants à donner une part de leurs revenus au groupe religieux. Alice m'avait également annoncé que les mormons croyaient que les enfants morts sans baptême étaient cependant totalement reconnu par Dieu et que les saints des derniers jours avaient l'habitude de jeûner pendant vingt-quatre heures au moins une fois par mois. L'équivalent du prix des repas non consommés serait donné en don de jeûne et servirait à pourvoir aux besoins des nécessiteux. Personnellement, je trouvais ce dernier point assez intéressant. Naturellement, comme beaucoup de religion, les adeptes du mormonisme plaçaient la famille au centre de tout avec quelques différences que peut-être vous connaissez également. Alice m'avait alors spécifié que ses demi-frères et demi-sœurs étaient en réalité les enfants de la seconde et de la troisième épouse de son père, les mormons fondamentalistes pratiquant la polygamie, accessoirement illégal au Minnesota. J'avais cependant noté que comme pour toute bonne religion écrite par un homme, et dans laquelle l'homme possédait bien des avantages sur la femme, seul ce dernier avait le droit à la polygamie. La polygamie était un des points les plus paradoxal de cette religion qui pourtant prônait également la fidélité, quand je disais paradoxal... Je n'étais pas très loin du compte. Alice m'avait également précisé qu'ils prônaient la chasteté avant le mariage, point sur lequel elle avait largement mis un coup de canif, et qui d'ailleurs l'avait poussée à quitter le dogme pour vivre sa vie ailleurs.
Tandis que nous avions continué de rouler, nous avions également abordé les sujets plus triviaux comme les goûts musicaux qui m'obligeaient, si je désirais conserver ma dentition, à ne jamais critiquer la reine de la pop Madonna dont Alice était un fan incontestée. Celle-ci d'ailleurs m'avaient abreuvée de détails sur sa chanteuse préférée et cela m'avait quelque peu fait décrocher quand elle m'interpella.
- Navrée si je te gonfle, m'avait alors dit Alice.
- Chacun ses passions ma belle, moi je suis un peu plus Heavy Metal, avais-je enfin pu placer dans la conversation.
- C'est vrai? me fit elle étonnée sachant que je devais plus avoir le look de la fan des Beach Boys.
- C'est vrai... personnellement je préfère de loin AC/DC ou Black Sabbath, mais j'aime bien aussi ce que font les européens comme Rammstein, avais-je encore ajouté.
- Je ne connais pas trop, m'avait alors répondu Alice en cherchant quelque chose dans son sac.
J'avais alors observé ce que faisait ma copilote attitrée et j'avais haussé les yeux au ciel quand j'avais compris. Ce n'était guère compliqué il faut bien avouer. En même temps, quand la personne à côté de vous était en train de sortir du papier à cigarettes, un peu de tabac et un sachet au contenu odorant et à la couleur caractéristique laissait peu de doute à ce qu'elle s'apprêtait à faire. Je l'avais vue, toujours du coin de l'œil, mélanger un peu d'herbe magique à son tabac avant de placer le petit mélange dans la feuille avant de rouler magistralement un joint. Je savais rouler également mais en général je préférais le tabac pur, même si je ne crachais jamais sur un petit spliff en soirée avec Jessica. J'avais alors remarqué qu'Alice me regardait amusée et m'avait souri.
- On se le partage ? m'avait elle alors dit.
- Bien sûr, avais je dit en prenant la primeur de la première taffe quand elle me l'alluma.
C'était pile à ce moment là que j'avais remarqué ce qui arrivait tout droit devant moi à contresens à une vitesse normale : une voiture de shérif de comté. Immédiatement, j'avais essayé de le passer à Alice pour qu'elle le cache mais celle-ci n'avait en réalité nullement ce genre de craintes, bien au contraire. Elle s'était alors levée dans la voiture en prenant appui sur le pare-brise, après avoir détaché sa ceinture, et avait fumé le fameux joint debout en regardant la voiture.
- C'est génial ! avait elle dit hurlant presque en regardant la voiture. ET JE VOUS EMMERDE!!! avait elle alors ajouté à un volume qui ne laissait aucun doute sur le fait que les occupants du véhicule de fonction avaient dû l'entendre.
Moi, par contre, je ne faisais nullement la fière à ma position de conductrice et m'étais cachée le visage de ma main gauche, comme si des petits officiers de comté auraient pu me reconnaître. Heureusement, je n'avais nullement vu dans mon rétroviseur de gyrophare ou de voiture faire demi-tour pour nous contrôler, une chance.
- Mais t'es folle ! Assieds-toi, avais je supplié Alice en tirant sur son bras.
- Hey, avait fait cette dernière en s'asseyant, faut vivre, c'est l'éclate. Un peu de musique ? avait elle ajouté en se penchant sur l'autoradio.
- Ouais ouais, m'étais je empressée de dire.
- Alors voyons..., avait elle fait en changeant les stations.
Peu de temps après, elle avait réussi à trouver son bonheur musical et laissé, après avoir poussé la radio à plein volume, une chanson bien rythmée : Pump It des Black Eyed Peas. Naturellement c'était un bon moyen de délirer et nous nous étions rapidement mises à chantonner en remuant sur nos sièges. J'avais alors eu une petite surprise quand elle s'était mise à se déhancher de manière très endiablée et surtout sexy sur son siège. Elle n'avait clairement aucun problème pour trémousser son corps qui était clairement fait pour ça quand elle me lâcha une petite bombe sur son passé.
- Si tu savais le nombre de fois que j'ai dansé sur cette chanson... Et le fric qu'elle me permettait de ramasser, avait elle dit en tirant une taffe avant de me passer le petit pétard.
- Tu veux dire... avais je dit hésitante en reprenant le joint.
- J'ai été stripteaseuse pour payer mes cours universitaires, m'avait elle avoué simplement. Ça rapportait pas mal... Mais je ne couchais pas avec les clients du club.
- Je me doutais un peu, lui avais-je avoué, stripteaseuse ne signifie pas prostituée.
- En fait, je t'avouerai qu'après on pouvait faire ce que l'on voulait, avait elle ajouté en riant à gorge déployée.
- Ça ma belle, c'est sûr, avais-je ajouté.
C'était en même temps assez évident que le patron n'était pas censé surveiller qui les danseuses ramenaient chez elle. Je n'étais en soit pas tellement choquée qu'Alice ait pu faire ce genre de métier, il fallait parfois donner de sa personne pour payer ses études. Tandis que les kilomètres étaient avalés par ma voiture et que nous commencions à approcher de Tampa, Alice m'avait alors montré un panneau.
- Tiens là il y a un motel, me dit elle.
- On va profiter qu'on est encore suffisamment loin de Tampa pour que les tarifs soient assez bas mais suffisamment près pour que nous y soyons dès demain matin, avais je alors dit.
- Alors Cocotte, stoppe ta monture, m'avait fait Alice.
Cocotte, poulette, chérie, pupuce, et bien d'autres. Voilà comment Alice avait commencé à m'appeler et continuerait de m'appeler très longtemps. Moi, j'allais surtout l'appeler Alice ou Ali tout simplement. Après avoir activé mon clignotant, je m'étais lentement déportée sur la droite pour quitter la route et me faufiler le long du bâtiment du motel, un pur produit du genre, long et arborant plein de portes qui semblaient cacher toutes les misères du monde. Je m'étais rendue compte qu'il n'y avait qu'une ou deux voitures sur le parking et je m'étais sentie quelque peu rassurée car nous aurions facilement une chambre. Je m'étais alors garée et nous étions sorties de la voiture. Forcément, nous nous étions dirigées vers mon coffre et je fus mise à mal dans mon estime personnelle.
- Hmph... avais-je fait en essayant d'ouvrir ce fichu coffre.
- Il est pas verrouillé? m'avait dit Alice pensant que j'étais assez idiote sans doute pour ne pas l'avoir ouvert avant.
- Non, il coince depuis qu'un... Hmph... Connard m'est rentré dedans. Putain de saloperie... avais je ajouté en tapant dessus.
- Allez mémère à deux ça va le faire, m'avait alors avancé Alice en se plaçant à côté de moi.
Nous avions alors poussé ensemble et: Miracle ! Il s'était ouvert, permettant à Alice de récupérer son sac et moi celui de mes vêtements et de ma trousse de toilette, ainsi que l'enveloppe que m'avait donnée Jessica mais cette dernière, je l'avais prise discrètement, ignorant si la jeune femme près de moi méritait ma confiance à ce moment là de notre périple. J'avais alors refermé le compartiment digne de Fort Knox et nous nous fûmes dirigées d'un pas décidé vers l'accueil.
- Je crois qu'il n'y aura pas de room service, m'avait dit Alice avec humour.
- Sûrement, au moins il y a un distributeur, avais-je ajouté en riant.
Une fois la porte passée, nous nous étions alors dirigées vers le comptoir. Moi, j'observais la décoration si particulière et emplie de photos de spots de surf et il y avait même une fausse planche, vous savez celle avec les marques de dents de requins... Bas de gamme forcément. Je me souviens encore que j'avais rapidement entendu les ongles d'Alice sur le comptoir et surtout de son commentaire ho combien distingué.
- J'aurais prévu de m'envoyer en l'air que mon envie serait retombée, avait elle dit en me faisant rire.
Au bout d'encore deux ou trois minutes d'une extrême impatience, une petite dame âgée arriva et je me souviens encore m'être dite à cet instant qu'elle ressemblait terriblement à Tootsie tout en sachant que c'était Dustin Hoffman, mais oui, c'était Dustin Hoffman en mode Tootsie.
- Bonsoir, mesdemoiselles, excusez moi de l'attente, je suis un peu sourde, s'était elle excusée.
- J'avais remarqué, avait fait mesquinement Alice.
- Pardon? avait alors fait la dame en se penchant.
- J'ai dit que ce n'était pas grave, avait menti Alice en parlant plus fort. On voudrait une chambre avec deux lits.
- Pas un seul? avait alors demandé la dame.
Alice m'avait alors regardée et j'avais été surprise, elle semblait avoir hésité un instant.
- Non, ça ira, avait elle finit par dire.
- Chambre trois, avait alors enfin fait la dame après qu'Alice ait réglé le prix de la chambre à trente-sept dollars cinquante la nuit, allez savoir pourquoi cinquante cents...
Avec Alice, nous étions ensuite allées jusque la porte et elle l'avait ouverte. Elle avait ensuite négligemment jeté son sac sur l'un des deux lits assez grands il faut bien avouer.
- Putain grabataire mais moderne la mémé, avait fait Alice.
- Surprenant même, avais-je ajouté.
- Je savais pas si t'étais du genre à partager le lit, avait alors fait Alice.
- Si cela t'avais coûté moins cher, ce n'était pas gênant, avais-je tout de même précisé.
- Je dors quasi à poil, avait fait Alice amusée.
- Un peu plus gênant, avais-je dit en riant.
- Bon... Ça te gêne si je prends la salle de bain d'abord ? s'était enquie Alice.
- Non pas de problème, avais-je alors dit.
Tandis que la petite brune s'était dirigée vers la salle de bain et dès l'instant où j'avais pû entendre l'eau de la douche couler, j'avais ouvert mon sac à dos pour récupérer l'enveloppe que m'avait si gentillement donnée Jessica et j'ai commencé à repartir l'argent dans d'autres endroits, la plupart du temps des poches, afin d'éviter l'éventuel vol de celui-ci. J'avais également profité du temps qu'elle m'avait laissé pour préparer mes vêtements pour cette nuit et j'avais alors allumé la télévision. Il y avait un flash d'informations, la police de Miami avait réussi à arrêter un jeune homme qui avait prévu un massacre en plein Spring Break. Heureusement qu'elle avait pû relever ses propos quelque peu étranges sur les réseaux sociaux, après tout notre pays avait déjà suffisamment eu son lot de tueries de masse. D'ailleurs je me souviens encore à quel point j'avais été traumatisée en deux mille sept suite à la fusillade de l'université Virginia Tech où un homme avait assasiné trente-deux personnes et avait fait vingt-neuf blessés avant de mourir. C'était encore la plus grande fusillade qui ait jamais eu lieu sur un campus américain. Personnellement, cela avait fait toujours partie de mes craintes, qu'un élève pénètre dans mes établissements scolaires et se mettre à massacrer tous les autres élèves. C'était un des défauts d'un pays comme le nôtre où il était aussi facile ou presque d'acheter une arme que d'acheter une conserve de haricots. Étrangement, j'avais toujours relevé que les autorités en profitaient pour tout mettre sur le dos du cinéma, des séries ou des jeux vidéo soi-disant violents mais n'avaient cependant jamais remis en cause la facilité de l'acquisition des armes. J'avais même déjà participé à des manifestations anti-armes et ma mère n'en avait jamais possédée. Je zappais ensuite sur mes catégories d'émissions préférées : les émissions de faits divers. J'avais toujours aimé ces émissions où je pouvais suivre le raisonnement des enquêteurs pour résoudre des enquêtes compliquées. Le sujet de celle que je regardais à cet instant là était consacré aux auto-stoppeuses... J'avoue avec honte qu'à cet instant précis, j'avais regardé la porte de la salle de bain en me disant qu'après tout, je ne connaissais pas vraiment Alice, elle pourrait tout à fait sortir de la salle de bain, armée d'un rasoir ou d'un couteau et se mettre à me poignarder longuement ou pire encore, qu'elle pouvait peut-être travailler pour un gang criminel spécialisé dans le trafic d'organes ou encore la traite d'êtres humains au Mexique... Tout à coup, une sonnerie qui provenait de mon téléphone portable m'avait sortie de mes tristes pensées et je l'avais attrapé, remarquant qu'il s'agissait d'un appel de ma mère. J'avais alors décroché et parlé avec un certain trait d'humour.
- Vous êtes bien en communication avec votre fille préférée, je vous écoute, avais je dit en retenant un fou rire.
- Prenez vous les appels des mères inquiètes ? avait alors répondu ma mère avec tout autant d'humour.
- Oui, ça va? m'étais je enquise alors.
- Oui, ça va même si tu me manques, avait elle dit. J'espérais que tu te sois arrêtée.
- C'est le cas, je suis tout à proximité de Tampa dans une chambre de motel sur le bord de la route, avais-je alors dit.
- Ton premier jour s'est bien passé ? m'avait alors demandé ma mère inquiète.
- Oui, j'ai rencontré quelqu'un, avais-je dit.
- Il est mignon ? s'était elle empressée de me demander.
- Chère Madame, croyez vous réellement que votre fille soit déjà au motel avec un jeune homme ? avais-je répliqué amusée. Non, j'ai pris une auto-stoppeuse. Elle m'a proposé de me payer la nuit de motel pour me remercier, je compte bien l'emmener jusque Orlando.
- C'est sympa cela, m'avait alors dit ma mère. Il y a moins de chance que tu sois en danger. Elle est sympa ?
- Oui, avais je dit alors. D'ailleurs elle ressort de la salle de bain... avais-je continué avant de me figer.
C'était ma première énorme découverte sur Alice, le mot timidité ne devait nullement faire partie de son vocabulaire, elle était simplement sortie de la salle de bain en tanga rouge, la serviette sur ses épaules cachant à peine ses seins nus. C'était assez surprenant sur le coup et à part garder la bouche ouverte d'étonnement en regardant son corps pâle mais extrêmement bien fait, je ne pouvais plus rien faire.
- Bella? Ça a coupé ? Saloperie de téléphone ! avais fait ma mère sans doute en le secouant bêtement.
- Je suis toujours là, avais je fait en me recentrant alors qu'Alice me faisait un clin d'œil en avançant à pas de loup vers son lit.
- Au moins je suis rassurée, tu ne seras pas seule. Tu me rappelleras d'Orlando, j'espère ? Je ne voudrais pas déborder votre service administratif, avait-elle dit en riant.
- Promis Maman, je t'embrasse.
- Et salue cette jeune femme de ma part, avait elle dit avant de me souhaiter une bonne nuit et de raccrocher.
Moi j'étais toujours un peu mal à l'aise à cause de la tenue, ou plutôt l'absence totale de tenue d'Alice.
- Ma mère te salue, lui avais-je dit sans la regarder.
- Ho comme c'est mignon... avait elle fait un peu mesquinement. Ta Mooooman te manque?
- Très drôle Alice, avais je fait en souriant. C'est la première fois que je vais partir loin de chez moi, elle s'inquiète.
- Désolée, c'était mesquin, s'était elle excusée avant de s'allonger sur son lit avec une cigarette. T'as une photo d'elle? J'aime bien savoir si les gens ressemble à leur parents, m'avait dit Alice intéressée.
J'avais alors repris mon téléphone et ouvert la galerie pour sélectionner une des photos de moi et ma mère avec nos maillots des Marlins de Miami et je lui avais tendu.
- Ho la vache..., avait elle fait surprise. Elle fait vraiment jeune.
- Elle n'a que trente-deux ans, avais-je alors dit.
Et comme souvent quand les gens me demandaient l'âge de la mère, ils se mettaient à compter mentalement la différence d'âge. Alice m'avait d'ailleurs regardée les yeux écarquillés quand elle avait réalisé.
- Wahou... Treize ans... C'est jeune, avait elle dit.
- Mais elle a assumé et franchement assuré, avais je alors dit en défendant ma mère.
- Battue, avait elle dit alors.
- Quoi? avais je fait surprise.
- Tu te souviens pas du scandale mormon? Warren Jeffes et ses plus de soixante femmes ? Il y en avait qui n'avaient que douze ans... Je sais c'est honteux, m'avait elle dit en écrasant sa cigarette.
- Tu étais dans cette communauté ? avais je demandé inquiète alors.
- Non, eux c'est les plus tarés de la communauté, ce mec voulait juste baiser des gamines... Gros porc... Alors voyons... Un petit ami se chache-t-il dans ces photos? avait alors fait Alice en les faisant défiler.
- Hey te gêne pas surtout, avais-je dit vexée en me levant.
- Ok je continue... avait-elle dit en riant avant de me tendre mon téléphone. Je plaisantais... Mais un mec t'attend quelque part?
- Ho non... Pas de mec depuis un moment, avais-je dit éludant le sujet.
- Bah tu vas bien en rencontrer un Bella... avait elle dit en haussant les sourcils.
- Pffff c'est pas le but... Bon je vais me doucher, avais-je alors dit.
- Je commande des pizzas ?
- Ouais... Pourquoi pas...
- Tu veux quoi? m'avait elle demandé
- Fromages... J'adore aux quatre ou cinq fromages, avais je dit en filant.
Je m'étais alors réfugiée dans la salle de bain qui, au vu du type d'établissement était extrêmement propre et équipée. Certes ce n'était nullement un établissement de luxe, il y avait à peine une douche, un lavabo et un cabinet de toilettes mais c'était très propre, la petite vieille devait être maniaque. Je ne m'étais pas trop éternisée sachant qu'elle avait commandé et je m'étais habillée d'un très long t-shirt au dessus de ma culotte noire. Quand j'étais ressortie, Alice fumait un autre joint dans sa presque tenue d'Ève et m'en tendis un.
- Je t'en ai roulé un, m'avait elle dit.
- J'en fume pas tant que ça tu sais, avais je dit en l'allumant.
- Tu craches pas dessus, avait elle répondu amusée au moment où on frappa à la porte. Ho la bouffe!
J'ai alors été une nouvelle fois choquée par son comportement. En effet, sans guère plus se vêtir, elle était allée ouvrir la porte surprenant le pauvre petit livreur boutonneux.
- Euh... Ha... Bon... Bonsoir, vos deux pizzas quatre fromages..., avait alors bafouillé le jeune livreur, sans doute mineur, qui reluquait quelque peu gêné Alice et me vit.
Je crois qu'à cet instant là, son esprit avait du divaguer sur ce que pouvaient bien faire deux jeunes femmes en petites tenues dans une chambre d'hôtel. Moi j'étais un peu honteuse et encore plus avec le commentaire d'Alice après son paiement.
- Merci, parce que ça creuse surtout que c'est une gourmande, avait fait Alice en m'indiquant avant de refermer la porte. Bonne soirée mon grand!
Elle avait alors refermé la porte et posé les pizzas.
- Tu n'es pas gênée d'être à moitié nue devant lui? avais-je bêtement demandé.
- Bah, ça lui fera sa soirée... Tu as vu son regard ? On est devenues ses fantasmes ma belle, avait elle dit en s'asseyant.
- Il a cru...
- Ça je m'en tape, avait elle dit en m'nterrompant. Allez bon appétit.
J'étais toujours assez choquée, non pas de passer pour homosexuelle auprès d'un inconnu mais plutôt du manque total de honte quelconque chez elle. Elle était simplement libre dans sa tête et fière de son corps, se moquant totalement de ce que pouvaient penser les autres. Alors nous avons simplement mangé mais Alice aimait parler, toujours et beaucoup.
- Et tu l'es? m'avait elle demandé.
- Quoi? avais-je dit suprise avant de comprendre. Non, je suis hétéro.
- Pas de problème avec ça, je suis pas sectaire, avait elle dit amusée.
- Ho tu es homosexuelle ? avais je dit surprise.
- Majoritairement mais j'ai déjà essayé quelques mecs, c'est plus brutal mais sympa également, avait elle alors dit sur le simple ton de la conversation.
Je l'avais regardée surprise et en silence, j'étais un peu étonnée mais en même temps je m'étais souvenue que je m'étais souvent demandée plus jeune si une fille embrasserait mieux, sans doute comme beaucoup de gens. Mais heureusement pour moi et ma gêne, nous avions changé de conversation et nous avions abordé la photographie, dont elle m'avait montré plusieurs de ses propres clichés que je trouvais très beau, elle avait un certain sens du moment et du mouvement. Alors, comme si nous étions amies de longue date, nous nous étions mises à organiser notre séjour à Tampa, comportant les endroits qu'Alice désirait photographier et ceux je désirais visiter, sans trop trainer cependant sachant que je devais tout de même l'emmener à Orlando. Une journée qui allait être bien remplie avant de repartir sur les routes.
Dès le lendemain matin, alors que je m'étais réveillée la première, chose qui reviendrait d'ailleurs plus souvent qu'à l'accoutumée comparé à Alice, j'avais pu remarquer que celle-ci semblait passer des nuits quelques peu agitées étant donné qu'elle avait sans doute effectué bien plus d'un quart de tour dans son lit et était actuellement allongée de travers, la tête dans le vide et la poitrine pointant fièrement vers le ciel. La première fois, je n'avais alors pu que l'observer attentivement tant elle était assez magnifique dans son sommeil, une véritable déesse digne des statues gréco-romaines. Je m'étais alors dirigée le plus silencieusement possible vers la salle de bain afin de m'habiller et m'apprêter un peu. Quelle ne fut pas ma surprise quand Alice entra dans la salle de bain et me prit dans ses bras pour m'embrasser sur la joue.
- Bonjour jolie Bella, avait elle dit en ne me lâchant pas pour autant.
- Salut Alice... Je ne t'ai pas réveillée ? avais-je demandé me rendant compte que je sentais ses seins dans mon dos et que je m'étais tortillée pour échapper à l'étreinte.
- Parfaitement bien, la literie est géniale, avait elle fait. Je suis sûre qu'une nuit de sexe ici doit être parfaite, avait elle alors ajouté après s'être dirigée vers la douche en enlevant clairement sa culotte devant moi.
J'avais pu alors avoir une vue imprenable sur son fessier bien ferme où figurait un tatouage " Call Me Alice". J'imaginais alors bêtement que cela devait être destiné à un éventuel coup d'un soir pour qu'il retienne son prénom. Immédiatement et tout à ma gêne j'étais retournée dans la chambre pour faire mon sac afin de me préparer à reprendre la route. Après que la demoiselle soit sortie arborant un minishort en jean et un bustier rouge, nous étions allées rendre les clefs avant de repartir toutes les deux par la route. Par chance, Alice se proposa de prendre le volant, ce qui accessoirement avait signifié un arrêt rapide pour acheter de la bière en bouteille. Par gentillesse et sachant pertinemment que je n'avais que dix-neuf ans et donc que je ne pouvais en acheter moi même, elle m'en avait pris une également. Je m'étais donc installée confortablement à la place du mort, admirant une conduite d'Alice parfaitement à l'opposé de da personnalité, c'était donc à dire calme et prudente. Cependant, elle avait été toute à sa joie quand nous avions passé le panneau Bienvenue à Tampa et hurla.
- Tampa! Prépare toi ! avait elle fait comme enragée provocant ainsi un fou rire de ma part.
Et là, sans crier gare, Alice cassa un peu mon délire en prenant sa bouteille de bière et l'envoyant voler sur la route par derrière son épaule dans un fracas de verre.
- Mais t'es folle! avais-je presque hurlé.
- Du calme Bella, ho la la mais quelle rabat joie, avait elle fait en soupirant.
- Si je pouvais éviter les amendes faciles ce serait mieux, j'ai pas un budget illimité pour mon voyage, avais-je alors expliqué à ma comparse en tentant de garder mon calme.
- Bon bon, avait fait Alice blasée. Je ferai attention, mais faut te dérider, ton voyage est le meilleur moyen de découvrir le monde et ses petits plaisirs.
Je l'avais regardée un peu consternée à vrai dire, sachant que découvrir à loisirs les cellules des différentes villes que nous allions traverser ne faisait clairement pas partie de mes projets immédiats ou même futurs. Heureusement, elle conduisait toujours prudemment tandis que nous entrions dans cette grande ville possédant la troisième plus grande densité de population de Floride après Jacksonville et Miami. Elle était à la fois une ville portuaire et un centre de villégiature. Elle était également très connue pour son quartier d'affaires aux dix-huit gratte-ciel de plus de soixante-dix mètres de haut. Si vous êtes, comme je l'étais, assez friands de bons chiffres, le plus grand, le Hundred North Tampa était le plus élevé avec cent soixante seize mètres de haut, ce qui faisait environ quarante-deux étages. Moi je connaissais surtout la réputation de Tampa pour ses nombreux bâtiments historiques parmi lesquels deux anciennes fabriques de cigares, le El Pasaje Hotel, le Ritz Theatre ou encore la Ferlita Bakery, qui accueille désormais le Ybor City State Museum.
Étrangement, Alice et moi avions agi comme des touristes et directement, nous étions allées admirer au sein même du Tampa Municipal Office Building, la gigantesque fresque de Lynn Ash, The Story of Tampa, à peu près d'une taille d'un mètre vingt sur deux mètres quarante, exécutée en deux mille trois. Elle avait pris plusieures photos de ce bâtiment en souvenir et, grâce à son appareil photo high-tech, s'était envoyée les photos par bluetooth pour mieux les poster encore sur son mur Facebook. Tandis que juste après cette visite, Alice avait de nouveau acheté des bières, je n'avais pas pu m'empêcher de penser que depuis le début de ce voyage, à peine une journée auparavant, mon comportement était assez dissipé et se résumait à malbouffe, clopes, joints et bières. Autant le dire, ma mère aurait pu être assez honteuse de mon comportement si elle avait été mise au courant de celui-ci, mais en même temps j'en profitais un peu trop. J'ai un peu honte de le reconnaître aujourd'hui mais j'avais complétement laissé tomber mon comportement exemplaire à cause des sacrifices de ma mère et j'avais pris rapidement la mauvaise pente pour décompresser de mon année quelque peu pourrie. Et puis quitte à me créer des souvenirs autant ne pas trop se gêner car après tout, Alice allait peut-être rester à Orlando, mais j'ignorais que ce ne serait nullement le cas.
L'arrêt que nous fîmes ensuite était à l'origine un peu éducatif pour les touristes car oui, nous avions visité le Museum of Science Industry, communément appelé MOSI, ce musée était un immense terrain de jeux scientifiques avec plus de cent activités innovatrices, aussi éducatives que stimulantes! Bon d'accord, c'était surtout éducatif et comme nous n'étions plus des pré adolescentes, cela était un peu moins intéressant que je ne l'avais pensé au premier abord. J'adorais cependant observer tous ces enfants sans aucun problème qui découvraient plein d'informations intéressantes sur le corps humain ou encore dans la partie sur les dinosaures qui n'avait rien à envier au film Jurrasic Park. C'était d'ailleurs dans cette partie que nous nous trouvions quand bêtement, Alice s'était mise à imiter les velociraptors du film.
- Alice! T'es complètement barrée, avais je dit incapable de me remettre de mon fou rire.
- Je te préfère en train de rire que de râler sur moi Bella, avait elle fait mesquine.
- Tu sais que je commence à t'adorer, alors ne gâche pas tout, avais-je dit.
- Tu m'adores? avait elle alors fait en venant tout près. C'est réciproque ma belle, t'es cool en fait.
- En fait ? Comment ça en fait ? avais-je alors dit.
- Bah quand je t'ai vue hier soir écrire dans un livre, je me suis dit que je m'étais trouvée une midinette effarouchée, avait elle développé.
- Pff c'est pas un journal intime, m'étais je justifiée.
- Et c'est quoi ma poulette? avait elle ajouté mesquine tandis que nous quittions l'espace dinosaures.
- Je... comment dire... Je tiens une sorte de journal de bord de mon voyage, avais je alors annoncé.
- Ha ouais? avait fait Alice surprise.
- Et oui, la midinette aime écrire, avais je répondu en tirant la langue.
- Tu écris pour garder cela en souvenir ? avait elle demandé sérieusement.
- Oui, je me dis que je n'aurai qu'une fois l'occasion de découvrir le monde, bon les Etats Unis surtout, avais je ajouté en riant et replaçant mes cheveux.
- C'est vrai que l'on ne fait pas ça deux fois... quoique peut-être à ta retraite, avait elle ajouté en riant.
- Mouais... et puis tu sais, avais je dit très sérieusement... Ce voyage, ma mère aussi voulait le faire mais elle n'en a pas eu l'occasion parce que...
- Hey Bella, avait elle alors dit en me saisissant par les épaules, je ne crois pas que ta mère te reproche quoique ce soit par rapport au fait de t'avoir eue jeune, il suffit de voir son inquiétude pour t'avoir déjà appelée hier soir.
- C'était la deuxième fois déjà, avais je dit en la regardant.
- Bah tu vois, Moooman s'inquiète, avait elle ajouté en riant.
- T'es chiante! avais alors rétorqué en riant également. Je lui lirai mon journal... en occultant des détails je pense.
- Les joints et les bières ? m'avait elle alors demandé.
- Ou qu'une jeune femme que je viens de rencontrer ouvre à un livreur en tanga et uniquement vêtue de ça, avais-je alors expliqué.
- T'as noté cela? avait elle dit surprise.
- Et oui... Tu veux que j'arrache la page ? avais-je alors demandé sérieusement.
- Ho non, je me dis que si un jour tu publies, le monde me connaîtra enfin, je serai peut-être déjà célèbre comme photographe à ce moment là, avait elle fait avec un sérieux dont je la croyais incapable.
- Je te le souhaite Alice, avais-je alors dit sérieusement en lui souhaitant de la réussite dans ses rêves.
- Donc je fais un mètre quatre-vingt-dix, je suis une blonde pulpeuse et les hommes sont à mes pieds, avait ajouté Alice en riant. Note note !
- Alice... je raconte un voyage pas un monde fabuleux.
- Salope va, avait-elle fait en me bousculant. Mais ton truc me rappelle quelque chose...
- Sur la route de Jack Kerouac, c'est mon livre préféré depuis que je suis toute jeune, je trouve que c'est magistral sur le monde réel, des portraits totalement réalistes de ses rencontres, avais-je avoué rêvant de l'égaler.
- J'adore comment tes yeux brillent quand tu dis ça, m'avait alors dit Alice me surprenant totalement.
- Mes yeux brillent ? avais-je dit étonnée. Tu planes ?
- Un peu, avait elle ajouté amusée. Mais je suis sérieuse, je devrais te prendre en photo, cela illustrera ton histoire.
- Je ne suis pas mannequin... je suis toute petite, toute plate et franchement pas une gravure de mode, avais je alors dit gênée.
- Et plutôt du genre à te descendre en flèche, avait elle alors ajouté. Allez viens... je veux te prendre en photo.
Me tirant alors par le bras malgré mes diverses interjections, Alice m'avait emmenée dans le planétarium de Saunders où le système solaire était magnifiquement représenté. Je le regardais même comme une enfant tant c'était magnifique.
- Vas y assieds-toi par terre, m'avait alors dit Alice.
- T'es sérieuse ? lui avais-je demandé assez surprise.
- Évidemment.
Je m'étais alors assise par terre pensant que cela durerait deux secondes, qu'est-ce que je pouvais me tromper. En effet, Alice se mit à me donner des directives.
- Rapproche tes jambes, pose ta tête contre ton menton et regarde les planètes comme... songeuse, m'avait elle dit sur un ton qui s'apparentait presque plus à un ordre qu'à une requête.
Je m'étais exécutée tandis que j'entendais le bruit du déclencheur. Le problème provenait cependant des autres visiteurs qui s'étaient mis les uns après les autres à observer le spectacle, se demandant sans doute si nous étions des professionnelles ou si j'étais une mannequin. De plus en plus, je m'étais mise à rougir de honte, obligeant selon ses propres dire Alice à passer en filtre sépia. Cependant, cela avait semblé créer quelques agitations et il ne fallut pas longtemps pour qu'un gardien visiblement d'origine amérindienne ne vienne faire quelques remontrances à mon amie photographe.
- Mesdemoiselles, vous n'êtes pas dans un salon ou à un défilé de mode, avait dit le gardien sèchement.
- Quoi? Vous savez qui est cette jeune femme? avait alors dit Alice m'empêchant de nous excuser du désordre.
- Navré, mais je ne suis pas adepte de la presse people, avait répondu le gardien avec sérieux.
- La presse people? avait fait Alice faussement vexée. Mon dieu... les néophytes, je vous jure... Cette jeune femme s'appelle Bella Swan et c'est la future auteure du plus grand bestseller sur l'Amérique.
- Ho, je... je ne savais pas, avait alors dit le gardien.
- Vous voyez Mademoiselle Swan, vous avez choisi de rédiger un chapitre sur cet endroit et voilà comment ils vous traitent, avait fait Alice comme si j'étais déjà une célébrité et en me regardant pour que je joue le jeu.
- Ce... ce n'est pas bien grave, avais-je dit en me relevant lentement. Nous avions fini je crois ? Et puis c'était pour illustrer Tampa, je crois que c'est bon.
J'avais alors remarqué le regard gêné du gardien et je me demandais si il pensait alors avoir vexé une célébrité. Étrangement, c'était encore plus drôle.
- Excusez moi mais serait-il possible de prendre un selfie avec une auteure célèbre ? avait demandé le gardien.
- Bien sûr, avait alors fait Alice, m'obligeant à jouer le jeu et en s'inscrustant sur la photo.
- Merci à vous euh ... avais je dit.
- Jared, Mademoiselle. Et bonne continuation pour votre roman, avait fait le gardien tandis que nous partions.
Je n'avais alors jamais eu autant de mal à me retenir de rire et nous avons d'ailleurs explosé dès les portes passées.
- Il y a cru cet abruti, avait alors fait Alice se tenant les côtes.
- Mademoiselle Swan, n'importe quoi! Et il y a cru!!! avais je alors ajouté encore complètement étonnée.
- Mouais... j'aurais dû pousser...
- Pousser? avais-je questionné méfiante.
- Je suis sûre que j'aurai pu le mettre dans ton lit, il était plutôt craquant, avait elle ajouté songeuse.
- Quoi? T'es sérieuse ? avais je alors dit les yeux écarquillés.
- Et j'aurai regardé. Quoi? avait-elle alors fait en voyant ma mine complètement déconfite.
- Il te plaisait ? avais je alors demandé.
- Oui et quel est le problème ? avait elle fait en ne comprenant pas.
- Tu m'as dit être homosexuelle... avais-je dit tout bas.
- J'ai parfois envie avec des mecs aussi... mais ce n'est pas réellement de la bisexualité, avait elle alors ajouté sur le ton normal de la conversation.
- Et c'est quoi alors? avais-je dit en sachant que mes notions en ce domaine restaient basique pour les raisons que je vous aie déjà évoquées.
- Selon mon psychiatre, avait alors dit Alice me surprenant à plaindre le dit psychiatre. Je souffre d'hypersexualité à comportement non compulsif.
- Tu es nymphomane ? avais-je dit
- Ha non, c'est pas parce qu'on aime le sexe que l'on est nympho, Bella. Dans mon cas, mes relations sexuelles s'apparentent majoritairement à la quête du plaisir uniquement. Je peux faire ça avec un homme, une femme, plusieurs personnes, des objets, du SM, etc, avait dit Alice normalement en étonnant les gens autour et les offusquant sans doute. Je ne cherche techniquement que le plaisir, sans sentiments la plupart du temps. Mais ce n'est pas compulsif, donc si quelqu'un me plait, je ne vais pas le ou la violer. Donc je vis normalement et tu ne risques rien, sauf si t'es intéressée... Bella? Hé ho?
Moi, j'étais totalement étonnée et quelque peu choquée. Mes expériences sexuelles personnelles n'étaient nullement de cet acabit, surtout le missionnaire, après tout j'avais quatorze et quinze ans même si il y avait bien eu quelques autres positions mais jamais rien d'extravagant. Alice était le parfait opposé mais je n'avais pas jugé cela trop mal, après tout c'était sa vie. Mais j'étais tout de même étonnée. J'avais ensuite bien peu discuté même quand nous étions allées au Columbia Restaurant, le plus vieux restaurant de Floride dans le quartier Ybor City. Il était à l'époque la propriété de la même famille depuis son ouverture en dix-neuf cent cinq et fondé par l'immigrant cubain Casimiro Hernandez Sr., Columbia était aussi le plus grand restaurant espagnol du monde. Nous nous y sommes régalées avec un menu dégustation que j'avais décidé de payer à cause du malaise que j'avais créé car même Alice devait s'être rendue compte que j'étais pas très à l'aise. La fin du repas avait été surtout l'occasion pour moi de proposer une sortie, suppliant Alice. Nous étions alors allées au Museum of Fine Arts le musée des beaux arts qui abritait des oeuvres de différents artistes du monde entier. J'avais eu un coup de cœur pour la salle consacrée à l'art européen mais également pour la collection d'objets de la Grèce et de la Rome antique. Dès le soir même nous allions nous éloigner de Tampa pour nous rendre vers Orlando. Et même si je sens que vous vous en doutez en lisant ces lignes, ce n'était pas pour visiter le Walt Disney World Resort...
Réponse Review
noour
Merci beaucoup, j'avoue que je me suis énormément concentré sur ma syntaxe et j'ai même glissé du passé antérieur dès la première ligne fi chapître 2... D'accord cela ne sert pas vraiment à grand chose mais ce mode est si peu usité, comme le plus que parfait que je place. C'est plus particulier à lire que les fictions habituelles ( surtout les miennes).J'espère que ce nouveau chapitre où nous découvrons plus la version d'Alice te plaît.
Cassandre03
J'espère que le chapitre 2 te plaira également
