« Alors ? Tu le lui as dit ou pas ? lui demanda Sirius entre deux bonds. »

James évita habilement son manuel d'enchantements qui tourbillonnait dans les airs avec d'autres objets, soupira et secoua la tête de gauche à droite avant de fixer la porte le cœur lourd. C'était la première fois qu'il embrassait Lily en sachant qu'ils étaient sur la même longueur d'onde, mais leur rendez-vous à Pré-au-Lard avait été écourté, faisant tomber à l'eau tous ses plans, et il avait la sensation dérangeante de ne pas avoir pu aller au bout des choses.

« Peut-être que ça s'est passé comme ça parce que l'univers tout entier ne voulait pas que tu le lui racontes, reprit son meilleur ami avant de faire tomber tous les objets d'un coup de baguette et de s'étendre les bras en croix sur le sol de la chambre de James, essoufflé.

- L'univers tout entier, ou juste vous trois ? l'interrogea James. »

Sirius lui jeta un regard en biais et haussa les épaules. Il savait très bien ce qu'il pensait. Il trouvait que sa relation avec Lily, bien qu'attendue, était trop bancale pour qu'il lui confie maintenant un tel secret.

« Je lui fais confiance.

- Tu faisais confiance à McKinnon aussi, pointa Sirius.

- Pas au point de lui révéler ça. Ça ne m'avait même pas effleuré l'esprit. Ma relation avec Marlène était malsaine.

- Ce n'était pas ce que tu disais avant.

- Je sais ce que je disais avant, Patmol, répliqua James, un poil agacé. Mais Lily n'est pas comme Marlène. Elle sait pour Rémus et elle n'a jamais rien dit.

- Parce que Rémus n'a pas eu le choix, lui.

- Je ne sais pas pourquoi on revient là dessus, on en a déjà parlé avec Queudver et Lunard, trancha James en s'asseyant sur son lit. »

Peter et Rémus étaient venus au manoir quelques jours plus tôt et James avait évoqué avec eux l'éventualité de partager leur secret avec Lily. Il avait été étonné par leur manque d'enthousiasme et ils avaient eu une longue conversation tous les quatre pour peser le pour et le contre. Rémus était celui qui comprenait le plus son point de vue, mais il ne lui était pas beaucoup venu en aide.

Peter, lui, était déjà quotidiennement terrorisé à l'idée que l'un d'eux ne vende la mèche et qu'il se retrouve à Azkaban, alors l'idée même de mettre une cinquième personne dans la confidence le rendait hystérique. Sirius, lui, pensait simplement que James devait attendre de voir où leur relation les menait pour prendre une telle décision.

« Parce que tu as décidé de ne pas nous écouter alors que nous sommes quatre à avoir notre mot à dire là dessus, ajouta Sirius sur un ton amer. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, nous risquons tous très gros.

- Tu n'as pas confiance en Lily ?

- Je ne dis pas que je n'ai pas confiance en Lily, je dis juste que si je balançais à chaque fille qui bat des cils devant moi que je suis un animagus, la moitié du Royaume-Uni serait déjà au courant, et à l'heure actuelle, nous serions en train de créer une carte des maraudeurs dans des cellules de quatre mètres sur quatre.

- Lily ne bat pas des cils, marmonna simplement James comme si le point le plus important de l'argumentaire de Sirius se trouvait là. »

Sirius roula les yeux et se redressa juste assez pour s'asseoir en tailleur. Il sembla à James qu'il ne comprenait rien. Il aurait voulu lui expliquer, mais il était sûr que même s'il essayait, son meilleur ami ne saisirait toujours pas. Il n'avait encore jamais regardé quelqu'un en sachant pertinemment que cette personne était spéciale, et James était impatient que cela lui arrive. Peut-être qu'enfin, il pourrait avoir une idée de ce qu'il ressentait.

« Le problème, ce n'est pas Lily en elle-même, c'est son code de conduite, reprit Sirius.

- Tu la vois vraiment aller nous dénoncer au ministère ? le questionna James en arquant un sourcil.

- Non. Enfin... Non, je n'en sais rien. Je dis juste qu'elle n'est pas comme nous. Elle a des limites, et...

- Ce n'est pas une sainte, Patmol, elle a déjà enfreint le règlement de Poudlard plusieurs fois, et...

- Le règlement de Poudlard n'a rien à voir avec la loi, Cornedrue, la LOI ! insista t-il. Je la vois déjà nous traiter d'irresponsables, nous hurler dessus que les lois ne sont pas faites pour les chiens, un bon point pour moi, glissa t-il avant de continuer de plus belle, et que nous sommes inconscients du danger et...

- Moi aussi, le coupa James. »

Sirius fronça les sourcils et observa son camarade avec une pointe d'incompréhension. James grimaça et s'avança nerveusement au bord de son lit. Il avait l'impression que son meilleur ami le voyait plus naïf qu'il ne l'était vraiment quand il s'agissait d'elle.

« Je sais très bien qu'elle va dire tout ça, qu'elle va sûrement s'énerver sur nous et peut-être même ne plus vouloir me parler pendant un moment, mais j'ai juste... Patmol, je te jure, je ne veux plus entrer dans une relation où je dois être malhonnête.

- Il y a une différence entre être malhonnête et ne pas tout dire.

- C'est Lily, dit simplement James. Je ne veux pas tout gâcher.

- Je sais, soupira Sirius. »

Il lui ébouriffa les cheveux avant de quitter sa chambre pour rejoindre la sienne. Même s'ils n'étaient pas d'accords sur tout, James savait que rien ne pouvait les diviser, pas après avoir traversé autant ensemble. Sirius respecterait son choix, quoi qu'il fasse, et il aimait bien Lily, il avait juste de gros problèmes de confiance et l'on pouvait difficilement l'en blâmer quand on savait d'où il venait.

James s'allongea de tout son long sur son lit et replia ses bras sous sa tête en songeant qu'il n'avait pas non plus totalement tort. Sa relation avec Lily était fragile, il le savait bien. Ils marchaient sur des œufs et même s'il était persuadé que les choses avaient évolué dans le bon sens ce soir là, il n'excluait pas que Lily change totalement d'attitude le lendemain.

Il espérait que ce ne serait pas le cas, mais elle était réfléchit et sage, et Merlin savait qu'il n'était pas le choix de la raison. Il était tout l'opposé. Il était le risque et les ennuis. Ils réunissaient ensemble tout ce contre quoi Voldemort se battait, et si le danger l'excitait, il doutait qu'il ait le même effet sur Lily.

Il se leva tôt le matin suivant. Il croisa ses parents dans la cuisine et les salua d'une brève accolade avant d'engloutir rapidement son petit déjeuner et d'aller se saisir d'un balai dans la remise. Il n'était pas vraiment du matin. Il aimait juste aller voler pour s'éclaircir les idées avant de parler à qui que ce soit.

Il faisait encore frais dehors et le ciel était dégagé. C'était un réel plaisir de pouvoir virevolter comme s'il n'y avait pas d'ombre au tableau. Aucun problème ne l'avait encore pourchassé là haut. Il préférait un bon match de quidditch à une simple promenade, mais tout était bon à prendre en ces temps là.

Il ne retrouva la terre ferme que plusieurs heures plus tard. Il rangea son balai et entreprit de traverser la cuisine pour aller prendre sa douche, mais il y croisa Lily et il se sentit plus léger que lorsqu'il était sur son balai quand elle lui adressa un sourire timide.

Ses parents venaient probablement de partir et ils avaient laissé une montagne de pancakes devant elle ainsi qu'un verre de jus de citrouille qu'elle avait déjà presque entièrement bu. A la façon dont elle le regardait, il sut qu'elle n'était pas le moins du monde revenue sur ses dernières intentions et il en fut profondément soulagé.

« Salut, lâcha t-il en lui rendant son sourire.

_ Salut. Tes parents ont transplané i peine une seconde, ils m'ont demandé de te dire de penser à exercer un peu tes potions et de me ramener chez moi avant midi.

_ Avant midi ? répéta James avec déception en jetant un rapide regard vers l'horloge au dessus du bar qui indiquait 10h30. Bon. Je vais prendre ma douche et on verra ça après. »

Il la contourna et s'apprêta à quitter la pièce avant de se retourner vers elle et de surprendre son regard sur lui. Prise sur le fait, elle se racla la gorge et fit mine de reporter son attention sur le pancake qu'elle déchiquetait au dessus du bar ce qui amusa grandement James.

« Tu veux venir ? »

Il vit ses doigts s'immobiliser sur le gâteau et elle pivota juste assez pour voir s'il était sérieux. Il ne put s'empêcher de rire en la voyant aussi prise au dépourvu.

« Je rigole Evans, détends toi.

- C'est hilarant, lâcha t-elle sur un ton sarcastique mais non moins amusé.

- A tout à l'heure ! s'exclama t-il alors qu'il avait déjà quitté la pièce. »

Il avait été assez clair avec elle quant à son envie de prendre son temps, et il avait l'impression qu'elle était d'accord avec lui là dessus. Ils avaient commencé de la mauvaise façon à l'anniversaire de Mary MacDonald et ils avaient maintenant besoin de se découvrir autrement. Il n'affirmait pas qu'ils allaient pouvoir se tenir tranquilles éternellement, mais pour l'instant, il fallait qu'ils tâtonnent un peu et qu'ils apprennent à faire fonctionner cette nouvelle relation.

Sa douche fut prise en un éclair. Il n'avait pas beaucoup de temps avec Lily et il ne savait pas quand ils se reverraient. Il essayait de ne pas le lui montrer, mais entamer quelque chose avec elle était déroutant pour lui. Il avait espéré pendant longtemps et il avait eu le temps de comprendre pleinement ses sentiments contrairement à ce qu'elle semblait croire, mais il s'était presque attendu à ce que plus rien n'arrive jamais. Il réfléchissait plus qu'il n'y paraissait, et avec elle, il en avait beaucoup eu besoin. C'était perturbant de ressentir autant de choses pour une seule et même personne.

Il n'était pas du genre à accorder beaucoup d'importance à ce que les autres pensaient... Sauf elle. Il n'avait jamais été impatient de voir une fille comme il était impatient de la voir elle. Il n'avait jamais eu envie de parler autant à quelqu'un qu'à elle. Il ne s'était jamais demandé ce que faisait Marlène quand elle n'était pas avec lui. Avec Lily, il se questionnait perpétuellement. Son cerveau n'avait pas droit à une seule minute de repos.

« Déjà ? s'étonna t-elle lorsqu'il la retrouva dans le salon, sa baguette à la main, en train de faire tournoyer un bataillon d'avions en papier dans la pièce. »

Il hocha simplement la tête, brandit sa propre baguette, et les avions se transformèrent en minuscules hippogriffes sous le regard émerveillé de Lily.

« Tu es vraiment doué en métamorphose.

- J'aimerais surtout réussir mes sortilèges aussi bien que toi.

- Excuses-moi, j'ai besoin que tu répètes cette phrase, le taquina t-elle avec un large sourire.

- Je ne le ferai pas.

- Allez, j'ai mal entendu.

- Tant pis pour toi.

- D'accord, tant pis, admit-elle. Je sais que je suis brillante, de toutes façons. »

Son petit ton narquois aurait pu l'irriter mais il eut l'effet inverse. Il le fit sourire. Il aimait bien quand ils se cherchaient. C'était leur marque de fabrique et c'était grisant. Ils avaient toujours eu cette relation bizarre aussi loin qu'il s'en souvienne, le besoin de se lancer des piques, d'avoir cet esprit de compétition qui les poussait à être les meilleurs et surtout qui les rapprochait.

Il fit un pas vers elle et déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant d'acquiescer. Elle passa son doigt sur sa joue, là où il s'était blessé la veille avant de se lover dans ses bras et de lâcher un lourd soupir de soulagement qui le fit rire.

« Ne te moque pas de moi. J'ai à peine dormi. J'ai repensé à l'attaque, et à ce qu'il s'est passé après, et j'avais peur de ne pas avoir été assez explicite et...

- Je suis parfois un peu simple d'esprit et je pense que j'aurais constamment besoin que tu sois autant explicite que tu l'as été hier soir, la coupa t-il, espiègle. »

Elle étouffa un rire contre lui et s'écarta juste assez pour se mettre sur la pointe des pieds et l'embrasser avec autant de douceur que la veille. C'était nouveau pour eux. Il avait l'habitude qu'ils se jettent dessus et ils savaient tous les deux qu'ils avaient tant envie l'un de l'autre que c'était à en tomber fou, mais quand elle l'embrassait comme elle le faisait là, il était obligé d'avouer que le désir n'était rien sans les sentiments.

« Je me suis aussi rappelée que tu voulais me dire quelque chose à la cabane hurlante, reprit-elle. »

Son cœur s'accéléra. Il n'avait pas envie de lui en parler maintenant, pas avec seulement quelques minutes devant eux pour qu'ils s'expliquent. Il était convaincu qu'il avait besoin de plus de temps pour lui faire voir les choses avec des yeux de maraudeurs.

« Rien d'important. Ça peut attendre, répondit-il, évasif. »

Elle fronça les sourcils et lui jeta un regard interrogateur. Elle s'était un peu écartée de lui et sa main avait glissé le long de son bras avant de retrouver sa place à côté de son propre corps. Il avait oublié comment étaient les débuts d'une relation, ces petits moments où aucun des deux protagonistes ne sait où toucher l'autre, ou même comment le toucher.

Lily et lui n'avaient jamais appris à se connaître de cette façon et c'était assez drôle de s'en rendre compte maintenant. Il se rappelait clairement de cette nuit chez Mary MacDonald et il était persuadé qu'elle s'en souvenait aussi. Il pensait savoir avec exactitude ce qu'elle avait apprécié à ce moment là, mais c'était une autre histoire maintenant qu'ils étaient tous les deux trop habillés au milieu du salon de ses parents. Les mouvements étaient hésitants, maladroits, gauches, mais c'était ce qui rendait leur relation réelle.

« Il va falloir que je te ramène, lui dit-il à contrecœur. »

Elle baissa les yeux et il vit son visage s'assombrir. L'idée de retourner vivre sous le même toit que sa sœur ne l'enchantait guère, c'était évident, mais il avait la sensation que ce n'était pas ce qui l'embêtait le plus.

« Quand est-ce qu'on va se revoir ? demanda t-elle la mine triste. »

Il aurait ressenti la même chose si elle lui avait simplement attrapé le cœur à pleine main et l'avait serré entre ses doigts jusqu'à faire blanchir ses jointures.

« Tu ne peux déjà plus te passer de moi ? la taquina t-il juste pour masquer son trouble.

- C'est juste exaspérant quand je pense qu'à Poudlard on se voyait tous les jours et que nous n'étions même pas... Ensemble.

- De la faute de qui ? »

Cette fois, elle releva la tête juste pour lui jeter un regard assassin, et quand il éclata de rire, elle le martela de petits coups de poings juste pour la forme.

« C'est bon, c'est bon, c'est de notre faute à tous les deux, admit-il finalement. J'en déduis que c'est officiel du coup ?

- J'imagine, répondit-elle en prenant un air faussement résigné. »

Il lâcha un rire, l'attrapa par la taille et l'embrassa de nouveau. Il ne se lasserait pas de la sentir se détendre entre ses mains. Elle avait raison. Ils avaient gâché beaucoup trop de temps. Il se rassurait en se disant qu'ils étaient jeunes et qu'ils avaient encore tout l'avenir devant eux, mais maintenant qu'ils étaient vraiment ensemble, il se rendait compte qu'ils ne pourraient jamais retrouver les jours qu'ils avaient perdu.

« Il faut qu'on y aille, souffla t-il.

- Alors tu m'écriras ?

- Oui, mais tu sais que tu peux venir ici quand tu veux, n'est-ce pas ?

- Je ne vais pas déranger tes parents tous les jours, réfuta t-elle en grimaçant.

- Déranger mes parents ? Ils te préfèrent déjà à moi, plaisanta t-il, la faisant rire.

- Je t'inviterai bien à la maison aussi, mais il faudrait que tu réussisses à supporter Pétunia pendant une journée et je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi, conclut-elle en soupirant.

- Ça ne me fait pas peur. »

Elle retrouva le sourire quand il lui tendit la main pour la mener hors du manoir et qu'elle y glissa la sienne. Ils remontèrent l'allée ensemble, et James ne se souvint pas d'une seule fois où il avait marché aussi lentement. Ils transplanèrent devant les grilles et ils atterrirent dans une petite impasse près de chez Lily, à l'abri des regards.

Elle traînait des pieds alors qu'ils s'avançaient vers la maison de ses parents et il trouvait cela à la fois adorable et déchirant. Il savait qu'ils allaient s'écrire et probablement se voir au moins une fois dans la semaine, mais elle avait raison. Ils avaient vécu sous le même toit à Poudlard et ils avaient perdu l'habitude de se manquer, prenant la présence de l'autre pour acquise alors même qu'ils ne se fréquentaient pas.

Il ne lâcha sa main que lorsqu'ils furent arrivés devant le petit portillon de la maisonnette de lotissement. Elle lui jeta un regard mélancolique qui lui retourna le cœur et déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant de se hâter vers la porte d'entrée.

« C'est tout ? l'interrogea t-il, perplexe.

- J'ai du mal avec les au revoir Potter.

- Tu dis ça comme si c'était la dernière fois que tu me voyais, lui fit-il remarquer en riant.

- C'est la dernière fois avant la prochaine fois, répliqua t-elle en posant la main sur la poignée de la porte. Si tu ne m'écris pas, je te jure que je te tue.

- Ah, les menaces... Mon moment préféré, commenta t-il avec un sourire en coin avant de lui adresser un signe de la main. »

Elle lui rendit son sourire et se glissa à l'intérieur de sa maison juste avant qu'il ne transplane. De retour au manoir, il trouva Sirius allongé sur le canapé du salon. Cela amusait James de le voir à chaque fois sortir du lit pour aller se vautrer dans le sofa comme si le simple fait de se transporter d'une pièce à une autre après sa nuit de sommeil l'épuisait.

« Lily est partie ? demanda t-il.

- Je viens de la raccompagner.

- Et … ?

- Je n'ai rien dit. Pour l'instant, répondit-il en poussant ses pieds pour se faire une place. »

Sirius se contenta de hocher la tête, puis il brandit trois parchemins devant lui et les secoua, excité.

« Lunard et Queudver ont répondu. Ils viendront demain, et on pourra tout leur expliquer à propos de l'Ordre.

- Parfait. J'espère que Dumbledore nous répondra rapidement...

- Tes parents vont péter un câble quand ils vont l'apprendre, pointa Sirius en jetant un regard grave à son meilleur ami. »

James haussa les épaules comme si cela lui importait peu. A vrai dire, c'était tout l'inverse. Il savait qu'ils s'inquiéteraient tous les deux et qu'ils essayeraient peut-être d'interférer dans cette décision, et surtout dans celle de Dumbledore, mais il était très proche de ses parents et il n'avait aucun doute sur le fait qu'ils finiraient éventuellement par les comprendre Sirius et lui. Du moins, il l'espérait.

« Et le troisième, c'est quoi ? Demanda t-il à Sirius.

- Il semblerait que Mary MacDonald ait décidé de fêter ses 17 ans cet été... lui annonça t-il avec un large sourire. Ça va être amusant.

- Fais voir. »

Le parchemin passa de la main de Sirius à la sienne, et James reconnut immédiatement l'écriture ronde de Mary.

« Cher Sirius, Cher James,

Vous n'êtes pas sans savoir que mon anniversaire est toujours un rendez-vous immanquable, c'est pour cette raison que je compte sur votre présence cette année encore. Il aura lieu un petit peu plus tôt que prévu parce que je pars en voyage au mois d'Août, mais j'espère quand même vous y retrouver. Le thème de la soirée est « l'enfance » donc je compte sur vous pour m'envoyer votre meilleure photo de jeunesse. Elles seront affichées dans mon salon et chacun pourra écrire un petit mot en dessous dans des enveloppes que je mettrai à votre disposition. Je me suis dit que c'était une bonne idée avant que nous ne partions tous faire notre vie un peu partout.

Je vous attends chez moi à 20h le samedi 30 juillet.

Pas de sexe torride dans ma chambre SVP.

Votre camarade de classe préférée, Mary MacDonald. »

James laissa échapper un rire en lisant la dernière ligne, et il tendit à nouveau le parchemin à Sirius avant de se tourner vers lui.

« Tu as une photo de toi quelque part, où est-ce qu'il faut qu'on parte en expédition dans la forteresse de Walburga ?

- Ne t'inquiètes pas pour ça Cornedrue, j'ai ce qu'il faut, répliqua t-il avec un sourire malin. »

James lui rendit son sourire en songeant que l'étincelle dans ses yeux ne pouvait présager que quelque chose de surprenant, et il s'en réjouit d'avance. Ce qu'il redoutait par contre était la présence de Marlène. Mary et elle s'étaient toujours plutôt bien entendues, et il était sûr et certain qu'elle l'avait invitée. Il se rassurait en se disant qu'il y aurait probablement une bonne partie de leur promotion et qu'ils pourraient passer la soirée chacun de leur côté, mais il sentait que le crash était inévitable.