Erik était revenu au manoir Xavier. Sa présence était peu appréciée par Hank qui le jugeait entièrement responsable de l'état de Charles ces dernières années.
Malgré cela, l'allemand faisait tout pour prouver au télépathe qu'il pouvait lui donner une autre chance.
« Erik, tu perds ton temps., lui dit ce dernier d'un ton sec.
— Tu dois bien savoir avec le temps que je suis du genre obstiné.
— Tu sais quoi ? Va te faire voir. »
Charles sort de la pièce et Erik émet un léger soupir.
« Je te le redis. Ce n'est pas ma faute si Raven est partie en roues libres. Je ne l'ai jamais encouragée à agir de la sorte. »
Charles se stoppe net et se tourne vers Erik.
« Je t'interdis de prononcer son nom. Si elle en est arrivée là, c'est parce que tu l'as changée !
— Je n'ai pas ce pouvoir-là, Charles. Elle a pris sa décision toute seule comme une grande. Je te le répète : je n'y suis pour rien …
— LA FERME ! »
Erik tombe à genoux, Charles perdant un peu le contrôle de ses pouvoirs, lui faisant revoir ses pires souvenirs. Ce dernier garde un air froid et s'éloigne dans le couloir.
« Content, j'imagine ? », demande Hank.
Erik se relève se massant les tempes.
« Tu t'attendais à quoi au juste ? Charles ne te pardonnera jamais. Je ne sais pas pourquoi tu persistes à y croire encore.
— Tu ne pourrais pas comprendre.
— Oui c'est sûr. Tu dois être tellement plus intelligent que moi.
— Qu'est-ce que tu veux, Hank ?
— Que tu te tires d'ici. J'en ai assez de ramasser les pots cassés. Tu peux le comprendre cela ? Charles ne veut pas de toi, tu ne le vois pas ? »
Hank continue à lui sortir de tas de reproches. Erik les encaisse sans broncher et finit par sortir dans le parc, les poings serrés.
Encaisser les reproches et toutes ces sortes de paroles, il y est habitué. Il voit Charles au bord du lac. Il reste à bonne distance et s'assoit contre un arbre.
« Qu'est-ce que tu fous encore ici ?, lui demande Charles en le voyant.
— Tu veux que j'ailles où ?
— M'en fous mais loin de moi.
— Charles, je suis exactement à dix mètres de toi.
— C'est encore trop proche. Dégage !
— Charles …
— DEGAGE JE T'AI DIT ! »
Erik vacille légèrement, mordant sa lèvre.
« Charles, je …
— Va … t'en !
— S'il te plaît … Laisse-moi une chance … la dernière …
— Je te hais ! C'est clair ? Je ne veux plus jamais te revoir ! »
Charles rentre dans le manoir et Erik reste figé sur place, à fleur de peau des fines larmes coulant sur ses joues.
Il passe la nuit dehors, enfermé dans un champ magnétique.
Le lendemain, Hank soupire en voyant Erik dans son champ.
« Tu es encore là ? »
Erik sursaute et son champ se renforce.
« Oui je suis encore là. Quel sens de l'observation …
— Je croyais que Charles t'avait dit de partir.
— Je n'ai nulle part où aller.
— Mais, tu n'as rien compris ! On s'en fout !
— … Très bien … »
Erik soupire et s'éloigne dans les airs.
Une semaine plus tard …
Charles est dans le salon et regarde d'un air vide le poste de télévision.
« Bonjour à tous. L'information du jour est sans aucun doute cette spetaculaire prise d'otage dans un centre commercial au beau milieu de Londres.
— Charles ? Tu regardes vraiment les infos ?
— Je n'ai rien d'autre à faire … »
De son côté, Erik est assis à l'écart de la prise d'otage. Les policiers le regardent d'un air surpris.
« Ce n'est pas dans votre habitude d'aider les humains., remarque un policier.
— Disons que ce sera ma bonne action du jour … »
Il appuie fermement contre sa blessure à l'abdomen. Il n'a pas vu la balle venir.
Quelle ironie … Moi qui maîtrise le métal à la perfection … Me faire toucher par une balle en métal …
« Besoin de soins ?, demande le comissaire.
— Non, merci.
— Vous êtes blessé.
— Je déteste les hôpitaux et tout ce qui a trait avec. Je me soignerais moi-même.
— Très bien. »
Erik se relève, cachant la douleur lancinante qu'il ressent. Il avance de quelques mètres avant de voir le noir se faire autour de lui.
Au manoir …
« Il pense qu'en jouant aux héros, je vais le pardonner. Quel crétin, je te jure que si … », commence Charles.
Son regard se fige sur l'écran alors que des policiers transportent Erik sur un brancard, semblant inconscient.
« Erik …
— Tu disais quoi, Charles ? Tu n'as pas terminé.
— Il faut qu'on le récupère. Il va devenir fou s'il se réveille dans un lit d'hôpital.
— Hein ? Mais tu …
— J'ai noté le nom. Hank, démarre le X-Jet. »
Charles sort de la pièce sous le regard étonné de Hank.
Du côté d'Erik …
Le noir et le flou.
Erik ouvre doucement les yeux, voyant un plafond blanc cassé. Il cligne des yeux et regarde autour de lui. Une machine surveille son rythme cardique et une perfusion s'écoule goutte à goutte dans son bras afin d'atténuer sa douleur.
Quelques minutes se passent avant qu'il ne voie l'aiguille plantée dans son bras. Erik ferme les yeux, tentant de garder son calme.
C'est pour mon bien … Tout va bien …
Un médecin entre.
« Vous voilà, réveillé.
— Vous pouvez m'enlever ça … ? A moins que vous ne teniez pas à votre précieux matériel … »
Une infirmière arrive et lui retire la perfusion.
« Monsieur, vous ne pouvez pas … »
Charles entre en trombe dans la chambre.
« On l'emmène. »
Erik a l'impression de rêver.
« Charles … ?
— Monsieur, il a besoin de se reposer.
— Il a la phobie des aiguilles et des hôpitaux. Nous l'emmenons, point final. »
Hank défait les diverses sondes et Erik attrape sa veste et l'enfile. Il suit Hank et Charles, restant silencieux.
« Merci …, dit-il à voix basse.
— Cela ne change rien. Cétait juste pour éviter une catastrophe. Pas pour toi., dit Hank d'un ton sec.
— Hank. »
Hank soupire et va au X-Jet.
« Cela ne change rien ?, demande Erik.
— Si je suis venu, c'est que je sais que tu aurais paniqué si tu restais ici. Hank a raison c'était pour éviter un désastre. Mais aussi, je sais que tu as une vraie peur bleue des aiguilles. Je n'allais pas te laisser dans un endroit qui te rappelle de mauvais souvenirs.
— Charles …
— On te ramène au manoir pour la forme. Mais après tu disparais de ma vie.
— Charles …
— Non, Erik. Ne me fais pas regretter de t'avoir sorti. »
Charles avance dans la rue. Erik soupire et l'attire vers lui grâce à la montre qu'il porte à son poignet.
« Erik, qu'est-ce que tu … »
Erik l'embrasse tendrement. Charles ferme instinctivement les yeux et répond au baiser. Il l'enlace par la nuque alors qu'Erik l'enlace par la taille.
Ils se séparent et restent dans les bras de l'un de l'autre.
« Je te déteste, tu le sais ça ?
— Même après ce baiser ?
— Tu crois que m'embrasser efface tout ce que tu m'as fait ?
— Charles …
— Tu m'as tout pris, Erik.
— S'il te plaît … Ne me repousse pas. Regarde ce que je fais si tu me rejettes.
— Attends tu … Erik …
— Alors si sauver des humains ne me permet pas de rester auprès de toi, autant mourir à ce stade. Au moins je serais très loin de toi.
— Erik … »
Hank revient.
« Bordel Charles ! C'est pas vrai ça ! Je pars cinq minutes et tu tombes dans ses bras !
— Hank …
— Il va encore te briser ! Au sens propre du terme ! »
Erik lâche Charles et recule.
« Erik …
— Partez. Je me débrouillerais.
— Erik … Tu …
— PARTEZ ! »
Charles sursaute. Il avait oublié à quel point Erik faisait peur quand il s'énervait.
« Je … Tu … »
Erik s'envole entouré d'un champ magnétique.
« Hank, pourquoi ?
— Je ne veux pas encore te ramasser à la petite cuillère ! »
Erik atterrit quelques mètres plus loin.
J'en ai assez d'être blessé …
Il sort de sa poche une arme ramassé sur le lieu de la prise d'otage.
De leur côté, Charles et Hank discutent encore. Ils sursautent en entendant un coup de feu.
« Erik …
— Quoi encore ?
— Erik ! »
Charles part d'un pas rapide. Erik est debout un pistolet dans la main, les larmes aux yeux.
« Mon corps a rejeté la balle …
— Tu …
— Le métal ne fait rien sur moi … »
Charles prend doucement le pistolet et le donne à Hank.
« Erik …
— M'achever ce serait bien.
— Non.
— Je te l'ai dit. Si je ne peux pas être avec toi, autant crever.
— Erik, tu m'as trahi et là tu me dis que tu …
— J'ai paniqué, Charles ! Je n'avais jamais ressenti ça de ma vie ! »
Charles sursaute.
« Jamais …, répète Erik.
— Bon, Charles …
— Je ne le mérite même pas.
— Il joue encore avec tes sentiments cet enfoiré … Logan avait raison.
— Logan m'a aussi dit qu'Erik le regrettait aussi dans le futur., rappelle Charles.
— Charles … »
Charles regarde Erik et soupire en voyant ses fines larmes.
« J'ai mal.
— Il est blessé ? », demande Hank.
Charles prend Erik dans ses bras, le serrant doucement contre lui.
« Je suis un vrai imbécile. Je pensais vraiment que tu élaborais un plan pour me trahir …
— … Non … Plus jamais … Ca fait trop mal …
— De me trahir ?
— Une véritable torture … Mais je te l'ai dit. Je ne comprenais pas du coup j'ai préféré t'éloigner de moi. De toute façon, je suis mortel.
— Quoi ?
— Mes proches meurent un par un … Mes parents … Mes amis d'enfance …
— Ne m'enterres pas aussi vite. Je n'ai pas l'intention de mourir. »
Charles caresse doucement ses cheveux. Erik ferme les yeux. Hank soupire et retourne au X-Jet.
« Erik ?
— Hum ?
— Ne t'endors pas. Je ne saurais pas comment te transporter après.
— Hum.
— Hé.
— Je ne dors pas … »
Charles rit légèrement ce qui réveille Erik.
« Charles.
— Quoi ? », demande-t-il avec un sourire aux lèvres.
Erik caresse tendrement sa joue.
« Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un sourire sur ce joli visage.
— Joli visage … Tu n'es pas très objectif …
— Très mignon et joli. »
Charles rougit légèrement et appuie sa joue contre la main de Erik.
« J'ai l'impression d'être un enfant avec toi. Tu me donnes l'impression d'avoir vécu milles vies.
— Nous ne venons pas du même endroit, Charles. Tu as vécu dans un cadre beaucoup plus sympathique que moi.
— Ne reparlons pas de ça. »
Ils montent au bord du X-Jet. Hank regarde Erik d'un mauvais œil avant de finalement décoller. Charles se blottit contre Erik.
« Charles … ?
— Ne panique pas, Erik. Je t'aime, c'est tout. »
Erik sourit et le prend dans son bras.
