Bonjour, bonjour !
J'espère que vous vous portez bien en cette période étrange !
Ceci n'est pas une blague - le premier avril est passé, eheh. Vous avez bel et bien devant vous le prologue de ma nouvelle histoire.
Encore une Charmione, me direz-vous... Eh bien oui. J'ai eu beaucoup de mal à faire le deuil de FJPAVSQ (ils m'ont donné du fil à retordre, ces filous, mais je les aimais bien au fond). Et alors que je réfléchissais à un éventuel TheoMione (désolée Lily Jem chérie), cette idée m'est tombée sur le nez.
Et puis, avec le confinement, j'ai un peu de temps pour écrire ;)
Je ne comptais pas vous publier le prologue si vite, mais j'ai été contrainte, forcée, soudoyée, implorée par ma super bêta Lily Jem.
Merci d'ailleurs à elle et à Taery Raven de continuer à suivre mes aventures (et à me donner des coups de pieds aux fesses...)
En attendant, je vous souhaite à tous une bonne lecture, en espérant que le contenu vous plaise !
Dimanche 20 février 2005
Scafell Pike, le point culminant de l'Angleterre, surplombait le massif des Southern Fells. Il offrait une vue imprenable sur les montagnes attenantes, chauffées par les doux rayons du soleil hivernal. Pour autant, le froid qui régnait en maître en plein mois de février permettait à la neige, encore fraîchement tombée la nuit précédente, de tenir fermement sur leurs versants.
Les températures négatives n'avaient cependant pas découragé un groupe de six randonneurs de cheminer dans la chaîne montagneuse anglaise. Ceux-ci n'étaient aucunement ralentis par les amas de neige çà et là : ils s'étaient équipés en conséquence, et progressaient à vive allure. Camouflés sous leurs capes de sorcier d'hiver, ils gravissaient un pan de Broad Crag avec leur objectif bien en tête.
Arrivés à environ sept cent cinquante mètres d'altitude, ils décidèrent de faire une pause, et s'arrêtèrent au bord d'une falaise. La vue qui s'offrait à eux était imprenable, leur permettant aisément de distinguer s'ils étaient suivis ou non.
— Passe-moi ta gourde, fit l'un des hommes d'une voix bourrue à l'un de ses compagnons. Je n'ai plus rien dans la mienne.
— Tu n'avais qu'à boire moins vite, lui répondit sèchement son camarade en refusant catégoriquement de lui donner sa boisson.
— Espèce de…
— Ça suffit ! tonna un autre. Nous avons une mission, souvenez-vous-en bande d'incapables.
— Oui, chef, répondirent les deux turbulents à l'unisson.
— Reprenons la route, nous avons encore quelques centaines de mètres avant d'atteindre sa tanière, intervint sèchement la seule femme du groupe.
Le chef acquiesça et ils se remirent à marcher dans la froideur de l'hiver. Leur dessein était clair, ils savaient tous ce qui les attendait lorsqu'ils arriveraient dans l'antre qu'ils avaient mis tant de temps à dénicher. Leur leader était ravi : les affaires allaient reprendre, et ce n'était rien de le dire. Il avait déjà parlé de sa trouvaille à quelques futurs acheteurs, qui étaient plus qu'intéressés pour acquérir ce qu'il était sûr de pouvoir très prochainement leur proposer.
Comme la femme le leur avait annoncé, ils gravirent encore la montagne pendant une quarantaine de minutes. L'air se faisait plus froid à mesure qu'ils grimpaient. En témoignait désormais l'amas de vapeur qui s'échappait en masse de leurs bouches lorsqu'ils respiraient. Malgré cela, ils ne ralentirent pas l'allure. Leur mission était importante, ils en avaient tous conscience. Soudain, un rugissement retentit, résonnant contre la falaise sur laquelle ils se trouvaient, les faisant sursauter. Ils s'arrêtèrent et se dévisagèrent, comme pour être sûrs que c'était ce qu'ils attendaient. Puis, un sourire carnassier apparut sur le visage de leur chef, qui enjoignit ses camarades à le suivre d'un geste vif de la main.
L'entrée d'une caverne se dessina quelques mètres plus loin et ils s'arrêtèrent à bonne distance, de façon à ne pas se faire repérer.
— Bien, fit le leader du groupe à voix basse. Vous vous souvenez du plan ?
Les autres acquiescèrent lentement. Chacun connaissait son rôle dans cette mission qu'ils savaient périlleuse. Ils n'avaient pas le droit à l'erreur, cela pourrait leur coûter la vie. Mais le jeu en valait la chandelle : dans quelques heures, ils seraient riches.
— Alors c'est parti. Gary, tu sais ce qu'il te reste à faire.
Le fameux Gary hocha la tête. Il se munit de sa baguette et lança une ribambelle de sorts de protection. Il ne fallait pas que les Moldus s'aperçoivent de quoi que ce soit, au risque d'interpeler le Ministère sur leurs activités. Ce qui n'était absolument pas dans leurs projets futurs.
Le groupe s'organisa alors selon ce qui avait été convenu. Ils se mirent par binômes et progressèrent à pas de loup en direction de la caverne. Une fois l'entrée passée, deux des hommes partirent vers la droite, deux autres à gauche. Le chef et la femme restèrent au centre, et attendirent que leurs comparses soient en position pour avancer de concert. Dès qu'ils furent tous prêts, ils progressèrent vers la noirceur de la grotte dans laquelle ils venaient de pénétrer.
L'humidité présente dans la roche rendait l'atmosphère glaciale dans la caverne. A mesure qu'ils avançaient, tout devenait plus sombre autour d'eux, à tel point qu'ils durent s'éclairer à l'aide de petits Lumos. Une plus grande lumière les aurait trahis et aurait fortement compromis la mission, quand bien même leur cible les avait déjà très certainement sentis arriver. Aucun bruit ne leur parvenait, si ce n'était le faible écho de leurs pas.
Jusqu'à ce qu'un rugissement sourd se fasse à nouveau entendre, cette fois-ci plus distinctement que lorsqu'ils gravissaient la montagne, les faisant frissonner à la fois d'excitation et d'appréhension.
Deux grands yeux jaunes apparurent alors au loin, dans le fond de la grotte, les fixant. Décidant qu'il était temps de découvrir leur futur butin, le chef lança un Lumos Maxima, qui éclaira toute la partie de la grotte dans laquelle ils se trouvaient.
Devant eux trônait un majestueux dragon, un Vert Gallois. La créature, sentant que les nouveaux venus représentaient un danger pour lui, rugit pour les mettre en garde.
— Belle bête, ricana la femme.
— Qui va nous permettre de faire fortune, enchérit le chef en souriant. Allez, mettons-nous au travail.
Il lança sur lui-même et sa camarade un sort de protection, avant d'échanger un regard entendu avec ses autres complices. Il était temps pour eux désormais de mettre la partie la plus ardue de leur plan à exécution.
Parfaitement synchronisés, les deux hommes situés à la gauche du dragon firent léviter d'énormes rochers, qu'ils lancèrent d'un même coup de baguette sur la bête. La violence du choc arracha un grognement plaintif au Vert Gallois, qui tourna alors son énorme tête en direction des deux importuns. Le dragon rugit, et alors qu'il se préparait à les carboniser d'un jet de flammes, d'autres projectiles lui arrivèrent à l'arrière du crâne.
Pendant que les deux premiers hommes s'attelaient à faire léviter bon nombre de rochers, Gary et son binôme avaient contourné la bête à son opposé. Ils avaient utilisé le même stratagème que leurs collègues pour attirer l'attention du dragon sur eux. Le but de la manœuvre était simple : faire sortir le dragon de sa tanière, afin que le leader de leur groupe puisse lui assener le sortilège de conjonctivite le plus rapidement possible.
C'était bien connu. La seule zone sensible des dragons était leurs yeux. Les écailles qui recouvraient la quasi-totalité de leur corps rendait infructueuse toute tentative de leur jeter un sort. Ainsi, la femme qui les accompagnait, ancienne éleveuse de dragons dans la réserve de Yushu, en Chine, leur avait formellement interdit de jeter un quelconque sortilège à leur cible, sous peine que celui-ci ne ricoche et ne blesse, voire même tue, l'un des leurs. Ce qui compromettrait la mission. C'était elle qui avait établi la totalité du plan, sous l'œil attentif et approbateur du chef du groupe. Elle était celle qui connaissait le mieux le sujet, et l'approche de ces bêtes dangereuses n'avait presque plus de secrets pour elle.
Le commerce au noir des organes de dragon était très rentable. Le jeu en valait donc largement la chandelle et c'était pour cette raison que, dès qu'ils avaient réussi à localiser le Vert Gallois qui se terrait dans la montagne, les braconniers s'étaient aussitôt lancés à sa recherche.
La première partie du plan fonctionnait comme la femme l'avait prévu. Le dragon avait fini par se mettre en colère et sortir du trou dans lequel il se trouvait pour se venger de ceux qui avaient troublé son repos.
Les quatre hommes continuaient leur assaut, à coup de rochers de toutes les tailles. Le dragon n'était nullement blessé par leurs attaques répétées, seulement en colère. Alors que les deux braconniers à gauche s'apprêtaient à réitérer leur tâche, le Vers Gallois grogna et déchaîna sur eux un jet de flammes.
— Milo ! Marcus ! hurla le chef du groupe à leur attention.
Seul l'un des deux hommes eut la présence d'esprit de se lancer un Protego et de courir se cacher derrière un gros rocher. L'autre se retrouva piégé dans les flammes du dragon, et mourut sur le coup.
— Petra ! Ce n'était pas prévu au programme, ragea le leader.
— Eh bien, prends ça comme un des nombreux risques du métier, ricana la femme.
Petra regardait avec une satisfaction démesurée la scène qui se déroulait devant eux. La jeune femme savait que la perte de l'un de leurs compagnons ne serait pas vaine. Le jet de flammes du dragon avait détourné son attention de Gary et son acolyte, qui avaient stoppé tout geste, complètement horrifiés et terrifiés devant l'affreux spectacle qui se jouait de l'autre côté de la caverne. La bête n'avait pas l'air d'avoir repéré le leader du groupe et l'ancienne soigneuse, pour leur plus grand soulagement. Cela leur donnait un avantage stratégique non négligeable compte tenu de leur position, et ils le savaient.
— Nouveau plan, annonça la femme. On va se séparer, et tenter une approche chacun de notre côté. On ne vise que les yeux, c'est bien clair ?
— Sortilège de conjonctivite ?
— Exactement, approuva-t-elle. Nous devons la jouer fine, le Vert Gallois est très en colère que nous soyons parvenus jusqu'ici, il risque de tous nous faire frire.
L'homme acquiesça, déglutissant difficilement. Ils attendirent, guettant la moindre occasion pour se rapprocher assez et aveugler la bête. Au bout d'une poignée de secondes, le dragon semblait avoir changé de cible et s'être tourné à nouveau vers Gary et son collègue. Le Vert Gallois rugit de colère et donna un coup de patte en direction des deux braconniers. Ledit Gary eut tout juste le temps de se jeter à terre pour éviter l'impact, mais son compagnon n'eut pas la même chance. Celui-ci fut projeté une quinzaine de mètres plus loin, avec une force défiant toute mesure, et lorsque son dos heurta la paroi de la caverne, les craquements de ses os résonnèrent dans la grotte, faisant frissonner les braconniers encore en vie.
Petra estima rapidement que c'était le moment opportun pour eux d'agir. D'un geste de la main, elle indiqua au chef du groupe qu'il était temps d'y aller.
Discrètement, ils se glissèrent de chaque côté du rocher derrière lequel ils s'étaient terrés pour observer le déroulement du plan. Aussi silencieusement que possible, ils essayèrent tous deux de se frayer un chemin pour avoir le meilleur angle de vue sur le dragon, et plus particulièrement sa tête.
Comme prévu par l'ancienne soigneuse, ce fut le leader du groupe qui se trouva le plus à même de lancer le sort de conjonctivite au dragon. Lorsque la bête reçut le sortilège en plein dans les yeux, celle-ci rugit de douleur, secouant la tête désespérément pour ôter le mal qui venait de la toucher. Des jets de flammes sortaient par intermittence de sa gueule, et ses grognements plaintifs étaient tels que la caverne entière se mit à légèrement trembler.
Petra sentit les vibrations dans le sol. Loin d'être alarmée pour autant et voulant mener la mission à bien coûte que coûte, elle pointa alors sa baguette vers les yeux du dragon.
— Avada Kevadra ! hurla-t-elle.
Le filament vert atterrit directement dans l'œil gauche de la bête qui, affaiblie par le sortilège de conjonctivite, s'effondra instantanément sur le sol de la caverne. Celle-ci trembla sous le poids du dragon, mais tint le coup et ne s'effondra pas sur les têtes des quatre braconniers encore en vie.
— Est-ce que tout le monde va bien ? demanda Petra d'une voix forte.
Les trois hommes la dévisagèrent avant d'acquiescer. Le leader du groupe s'approcha alors du corps encore chaud du dragon. De la fumée sortait des naseaux du Vert Gallois. Ses yeux étaient fermés, et les larmes qui s'en étaient échappées à cause du sort de conjonctivite avaient laissé des traces qui étaient toujours humides.
Le calme était revenu dans la montagne de Broad Crag. Le silence qui régnait désormais dans la caverne n'était rompu que par les respirations encore haletantes des membres de l'expédition survivants, qui observaient la dépouille du dragon.
L'ancienne soigneuse regardait avec intérêt le corps inerte du Vert Gallois. Elle entreprit d'en faire le tour, avant de revenir vers les trois braconniers qui s'apprêtaient à découper la bête. Sa mine particulièrement réjouie intrigua le reste du groupe.
— C'était une femelle, leur apprit Petra un sourire malsain aux lèvres. Il y a deux œufs juste derrière elle.
— Le commerce ne sera que meilleur pour nous, approuva le chef du groupe avec un demi sourire.
— Exact, ricana la femme. Veillez à bien recueillir les organes qu'il nous faut comme je vous l'ai expliqué, je m'occupe de récolter le sang encore chaud de cette magnifique femelle Vert Gallois.
Ils s'exécutèrent. A l'aide de plusieurs Diffindo, ils découpèrent les parties du corps du dragon qui les intéressaient pour récupérer les ventricules, le foie et quelques bouts de viandes qu'ils savaient bien vendus au marché noir. De la peau de dragon fut également prélevé, car elle était aussi très recherchée par les grands de la mode sorcière – la veste en peau de dragon que portait le chef du groupe sous sa robe de sorcier en était une preuve.
Les braconniers disposèrent chacun de leurs prélèvements dans les bocaux préparés par Petra à cet effet, qu'elle avait consciencieusement enchantés afin qu'ils préservent chacune des parties du corps du dragon. L'ancienne soigneuse en avait rempli bon nombre avec le sang du Vert Gallois. Elle récupéra chaque bocal plein, qu'elle entassa dans un sac sans fond enchanté, avant d'aller se servir directement dans le nid de la dragonne des deux œufs qui s'y trouvaient, accompagnée du chef du groupe.
— C'est un bonus plus qu'inespéré, ricana le leader.
— Effectivement, acquiesça Petra en se saisissant de l'un des œufs. Avec ça, nous allons faire fortune à coup sûr.
Ils déposèrent le plus délicatement possible la précieuse marchandise dans le sac de la jeune femme. Leur mission était désormais achevée, et même s'ils avaient perdu deux de leurs acolytes, elle avait été menée à bien malgré tout. Les quatre braconniers firent ensuite exploser le corps du Vert Gallois pour le faire disparaître. Puis, ils sortirent de la grotte et transplanèrent, laissant derrière eux un silence de mort aux Southern Fells.
Voici venu le temps de se dire à la semaine prochaine :D
J'espère que cela vous aura plu, j'attends vos retours avec impatience !
Lealyn
