Hello les petits loups !

Comment allez-vous ?

Oui, je sais, je suis coupable, j'ai comme qui dirait oublié de publier la semaine dernière... Voilà voilà, on perd les bonnes habitudes !

Merci pour vos retours et vos mises en suivi !

Mais me revoilà aujourd'hui avec le chapitre 2 :) j'espère qu'il vous plaira ! Merci à mes bêtas et surtout à ma Lily Jem pour ses coups de pieds aux fesses réguliers :D

Bonne lecture !


— Potter, amène-moi là-bas ! s'impatienta-t-elle en revêtant son vêtement, provoquant l'hilarité de son meilleur ami.

Harry tendit élégamment son bras à la jeune femme, qui attrapa son sac en perles au vol avant de lui saisir le bras. Ils transplanèrent aussitôt et atterrirent dans une trentaine de centimètres de neige, à quelques pas de l'entrée d'une caverne.

La bouche d'Hermione s'entrouvrit d'émerveillement à mesure qu'elle découvrait son environnement. La vue qui s'offrait à eux était imprenable. Elle n'avait jamais eu l'occasion d'aller à la montagne, aussi prenait-elle son temps pour imprimer dans son esprit chaque parcelle du paysage qui l'entourait. C'était beau à en couper le souffle.

— C'est sympa, hein ? intervint soudain Harry, sortant la jeune femme de sa contemplation.

— C'est… fit-elle, sans voix.

— J'ai déjà eu l'occasion d'intervenir dans les Southern Fells, lui conta le Survivant. Et à chaque fois, ça m'époustoufle aussi.

Hermione ne lui répondit pas, continuant de dévisager les alentours avec intérêt. Elle fut néanmoins une nouvelle fois coupée dans son observation par des voix d'hommes qui se faisaient plus fortes à mesure qu'ils se rapprochaient d'eux.

— Ah ! Potter ! s'écria l'un des hommes. Nous t'attendions.

Les deux amis se retournèrent pour faire face aux nouveaux venus. Le Survivant sourit quand il reconnut Seamus Finnigan, accompagné très certainement d'un de ses associés.

— Bonjour Seamus, le salua l'Auror.

— Harry, lui répondit leur ancien camarade en lui serrant vigoureusement la main. Je te présente Connor, mon apprenti.

Le jeune homme les salua brièvement, tandis que son mentor s'exclamait à nouveau, le sourire aux lèvres.

— Mais ne serait-ce pas Hermione ? Que fais-tu donc ici ?

— Bonjour Seamus, rit-elle devant son enthousiasme alors qu'il s'approchait pour l'embrasser sur la joue. Je suis là en tant qu'observatrice pour le Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques puisque, a priori, ça concernerait une espèce protégée par le Ministère.

— Effectivement, soupira le Gryffondor. Je suis ici en tant qu'expert. Je travaille dans l'unité de déminage du Ministère et nous sommes systématiquement appelés lorsque les autorités magiques soupçonnent une explosion non moldue pour en déterminer la source.

— Tu en sais plus ? interrogea Harry.

— Ce que je sais, c'est que ce n'est pas l'œuvre d'un quelconque explosif. Nous avons sécurisé les lieux pour que les curieux moldus et sorciers ne s'aventurent pas trop près. Çà et là, on repère dans la grotte des signes de lutte. Il y a plusieurs rochers qui ont été déplacés et vu leur taille, ils n'ont pas pu être poussés à mains nues. Ce n'est donc pas l'œuvre de moldus.

— Une idée de la créature magique qui se trouvait là ? intervint Hermione, pendue aux lèvres de leur ancien camarade.

— Oui et une bonne, répondit Seamus. Il y a des traces de griffures au sol. Seules de grosses griffes peuvent marquer la roche ainsi. Et ça, associé aux pierres carbonisées, je parie un mois de salaire qu'il y avait un dragon ici il n'y a pas vingt-quatre heures.

L'Auror et son amie écoutèrent avec attention le début d'explication de leur ancien camarade, le visage fermé. Hermione essayait de se rappeler ce qu'elle savait au sujet des dragons et de leur protection par le droit magique anglais. La jeune femme se souvenait que certains éléments de leur morphologie étaient utilisés dans l'élaboration de potions, comme les ventricules. Elle savait aussi que le commerce d'autres parties du corps des dragons étaient formellement interdites. Elle n'avait pas eu vent qu'il y ait sur le territoire anglais de commerce au noir concernant ces immenses créatures, mais elle se promit de faire des recherches dès son retour au Ministère.

— Ce serait mieux que je vous explique mes conclusions en vous montrant les zones touchées dans la caverne, expliqua ensuite Seamus. Venez, suivez-nous.

Son apprenti lui emboîta le pas aussitôt qu'il se tourna vers la grotte. Harry et Hermione échangèrent un regard entendu avant de suivre leur ancien camarade. Les deux amis n'avaient pas besoin de se parler pour se comprendre : ils appréhendaient tous les deux ce qui les attendait.

La caverne, dont l'entrée était étroite, était froide et humide. Une odeur de soufre emplit progressivement leurs narines à mesure qu'ils avançaient. Hermione grimaça avant de remonter son écharpe sur son nez, tout en continuant de suivre étroitement Harry et les deux pyrotechniciens. La grotte était faiblement éclairée par quelques lanternes d'intervention que Seamus avait disposées çà et là. Si celles-ci leur permettaient au moins de voir où ils posaient leurs pieds, l'Auror et son amie ne discernaient pour le moment que de l'ombre de la roche tout autour d'eux et ils n'avaient aucune idée de la grandeur du renfoncement de la montagne dans lequel ils se trouvaient.

— Lumos Maxima, lança le pyrotechnicien en brandissant sa baguette.

La lumière jaillit du bout de bois et envahit la grotte en quelques courts instants. Hermione et Harry tournèrent sur eux-mêmes pour observer l'immensité du lieu. Si de prime abord la roche leur avait paru uniforme, grâce au sort lancé par Seamus ils purent se rendre à l'évidence : la roche noircie qu'ils percevaient à divers endroits de la caverne avait été le témoin de la scène qui s'était déroulée la veille.

— Là-bas, fit leur ancien camarade en pointant tour à tour plusieurs petites zones carbonisées, la roche a été durement brûlée. Elle est très noire, comme vous pouvez le voir, ce qui démontre que l'exposition aux flammes a été plutôt forte.

Les deux membres du Trio d'Or observaient avec attention, essayant de comprendre ce qui avait bien pu se passer dans cette caverne.

— Ici, continua Seamus en désignant l'espace qui se trouvait devant eux, Connor et moi avons constaté que les rochers avaient été déplacés. Certains ont même été brisés, et vu la taille qu'ils devaient avoir, ils ont été cassés par la magie. Sous certains décombres, on a pu voir les traces de griffes dont je vous ai parlé tout à l'heure.

— As-tu pu déterminer quels sorts ont été utilisés ? intervint Harry.

— Vous êtes arrivés alors que je m'apprêtais à lancer un Latest Incantatio pour en avoir une idée, lui répondit l'expert. Je te laisse l'honneur de le faire, puisque tu es sur l'affaire.

L'Auror le remercia d'un signe de tête. Hermione et les deux pyrotechniciens reculèrent légèrement pour le laisser opérer. Harry sortit sa baguette de la poche de sa robe de sorcier et prononça la formule distinctement. Il fallut quelques instants au sortilège pour agir, mais lorsque ce fut le cas, plusieurs poussières lumineuses apparurent un peu partout dans la caverne.

— La vache, souffla Seamus.

Hermione acquiesça silencieusement, inquiète de voir qu'autant d'énergie magique subsistait encore.

— Ouais, approuva Harry. Il y a effectivement eu du grabuge hier. Et vu le nombre de sorts qui ont été lancés, nous avons du travail. L'effet du Latest Incantatio est court, nous n'avons que quelques minutes devant nous. Essayons de recueillir le plus d'informations possible durant ce laps de temps.

Tous se mirent aussitôt à la tâche et se séparèrent pour couvrir le plus de terrain possible. Hermione extirpa à l'aide d'un Accio son calepin de son sac en perles et se mit aussitôt à noter tout ce qu'elle voyait. Les poussières lumineuses qui étaient apparues devant eux avaient plusieurs couleurs distinctives, qui pourraient très certainement leur permettre de déterminer quels sorts avaient été utilisés. Si c'était un début d'enquête comme un autre pour Harry, la jeune femme découvrait le terrain des Aurors et cela ne lui déplaisait pas – « pour le moment » lui répétait sa conscience.

La sorcière faisait bien attention aux endroits où elle posait les pieds, ne souhaitant nullement se blesser. Quand bien même elle se félicitait d'avoir pris le temps de se vêtir chaudement – l'atmosphère de la grotte était frigorifique –, elle se rendait bien compte que ses petites chaussures de ville n'étaient absolument pas faites pour des expéditions de ce genre en montagne. De plus, elle venait enfin de trouver une piste sérieuse pour un potentiel nouveau projet professionnel qui lui titillait les entrailles : elle ne comptait pas le laisser passer pour un motif aussi futile qu'une blessure pendant une expédition improvisée avec Harry Potter.

Rapidement, le parchemin accroché au calepin d'Hermione devint noir de mots. Alors qu'elle terminait d'inscrire ses dernières observations, les poussières lumineuses disparurent toutes au même instant. La jeune femme grimaça, espérant de tout cœur qu'elle avait eu le temps de tout voir et de tout noter, et surtout qu'elle n'était pas passée à côté d'un élément vraiment important. En soufflant de dépit, elle rebroussa chemin et retrouva Harry et les deux pyrotechniciens qui l'avaient vraisemblablement attendue pour commencer le débriefing.

— Qu'avez-vous trouvé ? s'enquit Harry.

— Beaucoup de poussières blanches, lui apprit Seamus qui s'était dirigé vers le côté gauche de la caverne avec son apprenti.

— Selon moi, fit timidement Connor rapidement encouragé par son mentor, il y a eu l'utilisation du Wingardium Leviosa sur les rochers, qui ont heurté ensuite quelque chose de gros et solide qui, si on fait le lien avec les traces de griffures que nous avions décelées avant que vous arriviez, pourrait s'apparenter à un dragon qui se trouvait donc au milieu de toutes les poussières lumineuses.

— Je suis d'accord avec votre analyse, acquiesça l'Auror qui était parti explorer à l'exact opposé des deux experts. J'ai fait exactement la même de mon côté. Quelques signes distinctifs de Protego aussi, signe que le dragon s'est défendu et qu'ils ne sont pas passés loin de la catastrophe. Et toi, Hermione ?

— Eh bien… répondit-elle en reprenant ses notes.

Ce fait si caractéristique de la jeune femme fit échanger un regard amusé à Harry et Seamus.

— J'ai constaté beaucoup de poussières lumineuses différentes, leur apprit-elle en se relisant. Des légèrement jaunâtres, des bleues, des vertes, quelques blanches aussi… Si je me fie à mes connaissances en sortilèges et au peu que je sais des dragons, je pense que les sortilèges ont été lancés dans un ordre précis pour affaiblir la bête. Les lumières jaunes peuvent s'apparenter au sortilège de conjonctivite qui a pu être utilisé sur les yeux de la créature. Les vertes à un Avada Kedavra une fois qu'il aurait été à portée. Les blanches sont sûrement dues aux résidus des rochers lancés avec un Wingardium Leviosa. Et enfin, les bleues sont pour moi le signe distinctif du Diffindo.

Un silence accueillit l'analyse méticuleuse de la sorcière. Tous étaient en train d'assimiler ses paroles, mettant bout à bout les éléments que chacun avait récoltés. Même Hermione semblait prendre conscience de la portée de ses trouvailles, car elle blêmit d'un coup.

— Si… commença-t-elle la voix tremblante. Si on met tout ça ensemble, ça veut dire que…

Elle n'osait pas finir sa phrase, mais l'air grave des trois autres ne pouvait signifier qu'une chose. Ils étaient parvenus à la même conclusion qu'elle.

— Que nous avons affaire à des braconniers et que nous nous tenons effectivement sur une scène de crime, termina Harry l'air soucieux. Le dragon a été abattu.

— Et ils ne sont pas venus là par hasard, acquiesça Seamus. Ils avaient un plan bien précis.

— Combien pouvaient-ils bien être ? réfléchit l'Auror à voix haute.

— Entre six et huit je dirais, lui répondit le pyrotechnicien.

— C'est ce que je pensais aussi. Il faut être nombreux mais pas trop, pour ne pas attirer l'attention dans les montagnes et aussi pour pouvoir progresser dans la caverne correctement.

Pendant que ses deux amis débattaient, Hermione s'était éloignée quelque peu pour laisser libre court à ses pensées. Elle repensait à ce qui l'avait amenée ici, au moment où Harry était venu la chercher dans son bureau et avait éveillé sa curiosité. Elle avait été à mille lieues d'imaginer se trouver dans pareille situation. De nombreux sentiments l'habitaient en cet instant. Elle était excitée à l'idée de ce nouveau projet palpitant sur lequel travailler, mais aussi par le fait d'être sur le terrain avec le meilleur Auror du Ministère – qui était en plus son meilleur ami. Pourtant, leurs récentes découvertes lui faisaient froid dans le dos. Elle avait la sensation que ce n'était que la face visible d'un iceberg beaucoup plus grand et beaucoup plus dangereux que ce qu'il n'y laissait paraître.

A mesure qu'elle réfléchissait, Hermione s'avançait toujours plus profondément dans la caverne. Elle distinguait toujours les voix des trois hommes qu'elle avait laissés en plan, mais ne prêtait pas attention à ce qu'ils se disaient, continuant à arpenter lentement la grotte sans vraiment l'observer. Jusqu'à ce qu'un détail, plutôt imposant, attire son attention. Elle fronça les sourcils et se rapprocha du tas de pierres en partie roussies qui subsistait au sol. Arrivée à sa hauteur, elle s'accroupit, essayant de déterminer ce que cela pouvait bien être, jusqu'à ce que…

— Par Merlin ! s'exclama-t-elle en se relevant rapidement et en mettant la main devant sa bouche. Harry ! Seamus ! Par ici ! s'époumona-t-elle.

Aussitôt, les deux hommes et l'apprenti pyrotechnicien se dirigèrent vers elle.

— Hermione ? s'inquiéta Harry. Qu'est-ce que tu as trouvé ?

— Un nid, répondit-elle l'air grave. C'était un nid. C'était une dragonne. Ils ont tué la dragonne et très certainement volé les œufs qu'elle couvait.

Le silence s'installa de nouveau dans la caverne, seulement troublé par la respiration des quatre enquêteurs.

— Par Merlin… souffla le pyrotechnicien au bout d'un moment.

— Bon, intervint l'Auror la mine soucieuse. Seamus, je te remercie de faire analyser tout ce que tu trouveras dans la grotte. Il faut que chaque recoin soit fouillé minutieusement, nous devons trouver qui est l'auteur de ce massacre.

— C'est un crime, Harry, rectifia Hermione. Je sais très bien que dans le droit magique, ces actes envers les créatures magiques ne sont pas qualifiés comme tel, mais c'est bel et bien un crime.

La remarque de la jeune femme imposa à nouveau le silence. Chacun imaginait sans peine le calvaire que la dragonne avait vécu face à ses bourreaux et ils étaient tous d'accord avec l'analyse de la sorcière, quand bien même ce n'était pas le moment d'en débattre.

— Je veux un rapport où tout ce que nous avons trouvé et ce que vous découvrirez sera consigné, déclara finalement Harry au bout de quelques secondes. J'aimerais aussi qu'il soit envoyé en double au Département de Régulation et de Contrôle des Créatures Magiques, à l'attention d'Hermione, bien évidemment.

— Pas de problème, Harry, lui répondit Seamus avec un air entendu. Je vais envoyer un Patronus à mon chef pour qu'il affecte une plus grosse équipe de chercheurs sur le coup, comme ça, nous irons plus vite. Tu auras ça dans les plus brefs délais.

— Je te remercie, acquiesça l'Auror en hochant la tête.

Hermione et lui saluèrent les deux pyrotechniciens qui ne perdirent pas de temps à se remettre au travail. Les deux amis sortirent de la caverne et la jeune femme inspira un grand bol d'air frais à peine ses pieds retrouvèrent la texture moelleuse de la neige fraîche.

— C'était… intense, souffla-t-elle.

— Et ce n'est que le début, lui répondit Harry avec un sourire compatissant. Viens, je te ramène au Ministère et je t'offre un thé.

Son meilleur ami lui tendit le bras. Avant de le saisir, Hermione se tourna une dernière fois vers la caverne, ses pensées toujours tournées vers le calvaire que la dragonne avait vécu dans cet antre sinistre. Dès que sa main entra en contact avec la manche de la robe de sorcier de l'Auror, ils transplanèrent et se retrouvèrent quelques instants plus tard dans le hall du Ministère.

oOo

Installés dans le bureau de Harry, Hermione était soucieuse. Le jeune homme leur avait servi deux thés et ils essayaient depuis de démêler ce début d'affaire qui s'annonçait corsé.

— Le problème, Herm, c'est que même si on a une bonne idée de ce qui s'est produit dans cette grotte, on n'a pour l'instant aucun indice sur l'identité des malfaiteurs.

— Vous devez bien avoir, je ne sais pas, un fichier ou quelque chose qui pourrait recenser les braconniers.

— Malheureusement, non, soupira Harry en se massant les tempes.

— Ce qu'ils ont fait à cette dragonne est un crime odieux, s'indigna la jeune femme. Elle s'était retranchée à Broad Crag pour pondre ses œufs et les couver sereinement. Et ils lui sont tombés dessus comme des chacals.

— Je te l'accorde, mais pour l'instant nous n'avons rien de concret sous la main et aucune idée de qui a bien pu faire ça.

— Ça me rend folle…

— Je sais.

— Quand les gens vont-ils enfin prendre conscience que les créatures magiques sont des êtres vivants dotés de sensibilité et de plus d'humanité qu'eux, et qu'elles ont des droits, elles aussi ? râla-t-elle.

Harry préféra laisser sa meilleure amie extérioriser sa frustration, se contentant d'acquiescer de temps à autre ou de lui lancer des sourires compatissants. Il la connaissait désormais par cœur, cela faisait plus de quatorze ans qu'ils se côtoyaient presque chaque jour. Cela ne servait à rien de vouloir débattre avec elle quand elle était dans cet état-là. Ils avaient essayé de la raisonner avec Ron à l'époque, lorsqu'elle avait créé la SALE et qu'elle voulait à tout prix que tous les élèves adhèrent à son projet, et cela avait été pire que tout.

Il laissa son esprit s'éloigner un peu de son bureau et replongea dans ce qu'il avait vu un peu plus tôt dans la journée. Pour lui, cela ne faisait aucun doute. Les événements qui s'étaient produits dans la grotte de Broad Crag n'étaient pas dus au hasard. Tout avait été minutieusement préparé

— Je veux que tu m'inclues officiellement à l'équipe qui va enquêter sur les actes commis à Broad Crag.

La dernière phrase que la jeune femme prononça eut le don de faire revenir Harry sur Terre.

— Quoi ?

— Tu m'as très bien comprise.

— Non.

— Harry ! s'indigna la sorcière.

— Hermione, lui répondit-il sans ciller.

— C'est toi qui es venu me chercher dans mon bureau pour m'emmener là-bas.

— Oui, pour t'aider à trouver une idée de projet. C'était dans la continuité du repas de ce midi.

— Et c'est chose faite, je t'en remercie. Mais pour que mon projet puisse être concret, je veux être sur l'affaire.

— Hermione, tu sais très bien qu'il faut certaines habilitations et que…

— Et que quoi ?

— Si, comme je le crains, ce n'est pas un acte isolé et que nous avons effectivement affaire à un groupe de braconniers professionnels, je ne veux pas que tu sois blessée.

— J'ai toujours en tête les sorts de défense, rétorqua Hermione.

— Si tu me sors qu'avec l'A.D. tu as eu de l'entraînement…

— Oui, aussi.

— Hermione, c'était il y a neuf ans ! Depuis quand n'as-tu pas combattu en duel ? Depuis quand n'as-tu pas utilisé ces sorts dont tu me parles ? La guerre est terminée, Merlin soit loué nous nous en sommes sortis indemnes, et tu n'as pas eu à te servir de ta baguette de façon défensive ou agressive depuis. Il est hors de question que je te fasse prendre des risques.

— Je te sais gré de vouloir prendre soin de moi, Harry, mais je suis assez grande pour prendre les décisions qui me concernent seule.

— Seulement, cela ne concerne pas que toi, et tu le sais.

— Je pourrai te protéger autant que tu me protégeras. Je pense l'avoir déjà prouvé par le passé, contra la jeune femme.

— Je ne l'ai jamais nié, ni remis en cause, se défendit Harry. Mais…

— Tu as dit que tu pensais que ce n'était pas un cas isolé, le coupa soudain Hermione. Il y en a eu d'autres ?

— Eh bien, ce n'est pas avéré et ce n'était pas aussi évident que dans la caverne de Broad Crag. Mais je pense que je vais demander l'avis de Seamus sur d'autres cas, effectivement.

— Alors, justement, je veux en être. Si les dragons sont une espèce menacée sur notre territoire, je dois le savoir pour pouvoir essayer d'agir en conséquence.

— Hermione, soupira-t-il.

— Tu sais très bien que je ne changerai pas d'avis tant que tu n'auras pas dit oui.

Effectivement, il savait que c'était le cas. Lorsque la jeune femme avait une idée en tête, elle faisait tout pour la mener à bien. A force de persévérance, elle avait bien réussi à faire passer son projet sur les elfes, malgré les critiques et les obstacles. Il la savait bornée et têtue, et il savait aussi qu'il avait déjà perdu la bataille avant même qu'elle lui ait soumis son souhait. Seulement, il n'avait pas encore joué toutes ses cartes…

— Ce n'est pas à moi de dire oui, déclara enfin Harry. Allons voir ce qu'en disent nos supérieurs.

oOo

Il était quasiment vingt heures et Hermione regagnait enfin son appartement. L'entrevue avec le responsable hiérarchique des Aurors et le sien avait duré plus d'une heure. Hermione avait dû défendre corps et âme les prémices de son projet et expliquer en quoi sa présence pourrait être un plus pour le mener à bien. Elle s'était servie des éléments récoltés durant tout l'après-midi – et même des informations qu'elle avait obtenues de Harry juste avant l'entretien. Argument après argument, la jeune femme n'avait pas lâché, tant et si bien que les deux supérieurs avaient finalement accepté la requête de la sorcière.

Hermione n'a pas pu s'empêcher de lancer un léger regard victorieux à son meilleur ami, qui lui avait souri. Elle savait que le jeune homme était heureux de travailler avec elle, mais qu'il était surtout inquiet des risques qu'elle prenait à enquêter sur le terrain. La sorcière en avait conscience, elle savait que cela n'allait pas être de tout repos et que, contrairement à son projet avec les elfes, elle flirtait avec le danger. Mais la déferlante d'émotions qu'elle avait ressenties dans la caverne de Broad Crag la confortait dans sa décision. Elle ne pouvait pas laisser le braconnage de dragons se pérenniser en Angleterre.

Après l'entrevue avec leurs supérieurs hiérarchiques, Harry avait raccompagné sa meilleure amie à son bureau avant de lui souhaiter une bonne soirée. La jeune femme avait pris le temps de fouiller les étagères de la bibliothèque de son office, à la recherche d'ouvrages parlant de la vie des dragons dans le monde la magie. N'en trouvant que deux, elle se promit dès le lendemain d'aller chercher dans la réserve du Ministère. Constatant déjà l'heure avancée de l'après-midi, elle prit les livres sous son bras avant d'enfiler sa robe de sorcière d'hiver et de rentrer chez elle.

Elle avait transplané dans une ruelle qu'elle savait non fréquentée, près de son appartement londonien, dans le quartier de Notting Hill. Cela faisait désormais trois ans qu'elle habitait son appartement en plein cœur de ce quartier moldu assez animé, non loin de Portobello Road, où elle adorait passer lorsqu'elle avait un peu de temps libre pour faire le tour du marché d'antiquités et d'articles rétro.

A l'époque, lorsqu'elle s'était décidée à chercher un appartement, elle avait tout de suite opté pour un quartier moldu. Cela lui rappelait ses parents, qui résidaient toujours en Australie sans aucun souvenir de son existence. A la fin de sa sixième année d'étude à Poudlard, avant de se lancer dans la chasse aux horcruxes avec ses meilleurs amis, elle savait qu'en lançant le sort d'amnésie à ses parents pour les protéger, elle s'ôterait de leur mémoire à jamais. Cela n'avait pourtant pas rendu la tâche plus facile pour la jeune femme, qui s'accrochait encore à leur souvenir. A la fin de la guerre, elle avait eu du mal à aller de l'avant, mais avait pu compter sur le soutien sans faille de ses amis et de la famille Weasley.

Encore à ce jour, elle pensait souvent à eux, se demandant s'ils allaient bien, mais elle ne se morfondait plus. Hermione savait qu'elle avait fait ce qu'elle avait à faire, et que c'était pour le bien de tous. Et avec son travail au Ministère, elle pouvait se plonger dans ce qu'elle adorait : le droit des créatures magiques.

S'installant confortablement dans son canapé, la sorcière dégustait le plat japonais qu'elle avait pris sur le chemin du retour, son chat Pattenrond assis non loin d'elle la dévorant des yeux. Hermione n'arrivait pas à sortir de ses pensées la folle journée qu'elle venait de passer. La seule certitude qu'elle avait à ce moment précis était que son projet allait être ardu, mais que ce n'était pas une cause perdue pour autant.

L'esprit occupé par les dragons, elle avait commencé à lire l'un des ouvrages qu'elle avait emportés avec elle, délaissant quelque peu son repas au profit de son chat, qui ne se fit pas prier pour engloutir les quelques sashimis de saumon qu'il restait.


Et voilà, ça y est, Hermione a trouvé le projet pour lequel elle va se battre bec et griffes...

Le décor est presque posé, à votre avis que fait notre Charlie ? Que pensez-vous du projet d'Hermione et de sa demande auprès de Harry ?

A la semaine prochaine :)

Lealyn