Coucou les loulous !
J'espère que vous vous portez bien en ce début du mois de juin :)
Si vous n'êtes pas abonnés à ma page Facebook The Lealyn Fictions ni au groupe The Lealyn Projects, j'ai indiqué il y a une bonne semaine que mon rythme de publication changeait.
Je suis malheureusement incapable de vous publier un chapitre par semaine. J'ai beaucoup de choses sur pas mal de fronts. Après en avoir longuement discuté avec ma bêta et très bonne amie Lily Jem, il m'a semblé plus raisonnable d'espacer pour pouvoir vous publier un travail de qualité et non un torchon (ce que je ne tolère pas :D)
Donc voilà le chapitre 3 - sans retard du coup, lol
J'espère qu'il vous plaira !
Un grand merci à Lily Jem pour ses conseils, son soutien et sa correction 3
Bonne lecture à tous
Dimanche 27 février 2005
Le weekend était déjà bien entamé pour Hermione, qui ne décrochait pas des divers ouvrages et parchemins qu'elle avait ramenés chez elle pour travailler et étudier le sujet de son nouveau projet. Depuis qu'elle était rentrée au Ministère le lundi précédent, après avoir visité la caverne avec Harry, elle n'arrivait pas à sortir de sa tête les premières conclusions qu'ils en avaient tirées. La jeune femme avait toujours eu à cœur la protection des créatures magiques – c'était d'ailleurs pour cela qu'elle avait postulé au Département du Ministère où elle travaillait actuellement – et imaginer la douleur qu'avait pu ressentir la dragonne l'avait perturbée.
La sorcière avait donc arpenté en long et en large la bibliothèque du Ministère, à la recherche de tout ce qu'elle pouvait trouver pour se documenter et parfaire ses connaissances au sujet des dragons. A ce moment précis, elle regrettait presque d'avoir abandonné les cours de Soins aux Créatures Magiques à Poudlard – même si elle savait qu'elle avait fait le bon choix, elle n'aurait rien appris qui l'aurait aidée à ce moment précis auprès de Hagrid, elle en était persuadée.
Hermione avait bien sûr commencé à éplucher les livres qu'elle avait empruntés et, le weekend arrivant avant qu'elle n'ait eu terminé, elle avait tout ramené chez elle pour approfondir ses recherches. Résidant seule avec son fidèle Pattenrond, ses nouveaux livres de chevet lui procuraient une compagnie indéniable, qu'elle appréciait d'autant plus qu'elle voulait, autant que Harry, trouver les coupables de la tuerie dans la caverne de Broad Crag.
Elle avait donc passé toute sa journée du samedi à éplucher la documentation qu'elle avait dégotée grâce à l'une des secrétaires du Département, Frida, qui avait sauté sur l'occasion de venir en aide à l'héroïne de guerre et meilleure amie de Harry Potter. Si Hermione avait d'abord levé les yeux au ciel devant les babillages de la blonde, elle avait ensuite été ravie de constater que celle-ci avait su lui amener les bons ouvrages pour faire avancer ses recherches. Elle avait remercié Frida, qui s'était empressée de lui préciser qu'elle pouvait solliciter son aide à n'importe quel moment – de jour comme de nuit, espérant certainement pouvoir croiser la route du Survivant si elle côtoyait Hermione de plus près.
Même si le comportement de groupie de la secrétaire exaspérait Hermione, toujours était-il que les ouvrages que Frida lui avait sortis étaient plein d'informations, qu'elle notait scrupuleusement sur son calepin. Les pages de celui-ci s'étaient rapidement noircies, à mesure qu'elle triait les informations qu'elle trouvait.
Hermione avait choisi de commencer par répertorier les parties du corps des dragons qui étaient commercialisées légalement et notait aussi celles qui avaient de fortes chances de se retrouver sur les étals des marchés noirs. Ainsi, elle ne fut pas surprise de retrouver dans la première catégorie les ventricules de dragon, utilisés comme cœurs de diverses baguettes magiques – dont sa première baguette, qui l'avait suivie tout le long de sa scolarité à Poudlard et qu'elle regrettait d'avoir dû abandonner derrière elle au Manoir des Malefoy à l'aube de la Grande Guerre. Le sang de dragon était lui aussi commercialisé selon les lois magiques, à un prix très élevé, et souvent utilisé comme ingrédient pour potions ou pour ses vertus curatives.
Hermione s'était aussi mise à rechercher activement les informations concernant l'interdiction de vendre les œufs de dragon. Ceux-ci figuraient dans la catégorie A des marchandises interdites de commerce, elle ne l'ignorait pas, mais elle avait tenu à vérifier qu'ils étaient bien proscrits. La vision des restes du nid de la dragonne la chamboulait toujours. Elle savait que les œufs de dragon étaient particulièrement recherchés par les contrebandiers pour leurs propriétés magiques, notamment celles de leur coquille – sauf pour Hagrid, plus intéressé par le dragon que par l'œuf.
La sorcière avait donc passé tout son samedi à gribouiller sur son calepin et à recouper entre elles les informations qu'elle trouvait. Elle cherchait à se renseigner le plus possible sur le sujet, allant même jusqu'à recenser le nombre de réserves de dragons qu'il y avait en Europe. Elle découvrit ainsi que la réserve la plus proche était située au Portugal, mais qu'elle n'était pas très grande – elle manquait visiblement de subventions pour pouvoir s'épanouir et accueillir plus de pensionnaires. Il y en avait également une en Roumanie et une en Russie. Les autres se situaient dans les Amériques et les pays asiatiques, et Hermione ne trouva que peu d'informations à leur sujet.
Elle n'avait toujours pas reçu le rapport d'expertise de Seamus, qui lui aurait permis de centrer ses recherches sur l'utilité des parties du dragon dont il était question pour les braconniers et de cibler un peu plus territorialement parlant, mais elle ne voulait pas s'empêcher d'avancer dans son travail de recherches. Elle avait su le vendredi par Harry que leur ami pyrotechnicien avait rencontré des soucis dans son institut. Apparemment, l'un de ses subordonnés avait fait exploser une salle de leur laboratoire après avoir mis en colère un cracheur de feu qui leur avait été confié pour expertise. Seamus avait néanmoins garanti à l'Auror qu'il leur ferait passer son rapport dans le weekend, ou au plus tard le lundi matin.
Le samedi soir, alors qu'Hermione s'était finalement résolue à aller se préparer un léger dîner – et surtout après avoir finalement cédé aux caprices de Pattenrond qui réclamait à corps et à cris sa pâtée –, elle avait entendu sa cheminée crépiter, signe que quelqu'un essayait de la joindre. En s'en approchant, elle avait reconnu sans mal Ginny Weasley. Les deux jeunes femmes ne s'étaient pas vues depuis longtemps, aussi la plus jeune était venue aux nouvelles, sachant son amie très certainement accaparée par son travail.
Hermione lui avait confié qu'elle s'était bel et bien trouvé un nouveau projet professionnel, mais n'avait pas précisé qu'il portait sur les dragons, ni qu'elle travaillait en étroite collaboration avec Harry. Il fallait dire que depuis que Ginny et lui avaient rompu, le sujet était plutôt épineux et Hermione avait évité le plus possible d'en reparler après les explications que la cadette des Weasley avait pu lui fournir.
La meilleure amie du Survivant était, en effet allée voir la rouquine pour avoir sa version des faits sur les événements qui avaient tant affecté l'Auror. Lorsqu'Hermione avait posé la question fatidique, Ginny avait alors fondu en larmes, avant de tout lui raconter. Elle n'avait jamais voulu tromper Harry, cela n'avait aucunement été prémédité et cela avait un peu rassuré la brune sur les intentions de son amie.
Mais Ginny lui avait expliqué que, lors d'une des absences prolongées de Harry à cause de son travail, celle-là même où il avait failli perdre son bras et avait été envoyé à Ste Mangouste, la rouquine était sortie avec l'équipe des Harpies de Holyhead, dans laquelle elle jouait en tant que Poursuiveuse depuis des années. Rendue pompette par les trois whiskys pur feu qu'elle avait ingurgités, elle avait succombé au charme d'un ancien camarade de Poudlard sur qui elle était tombée ce soir-là. Elle avait d'abord repoussé les avances de Blaise Zabini, avant de ne plus être totalement maîtresse de ses faits et gestes et de tromper l'homme qu'elle aimait alors.
La culpabilité avait rongé Ginny pendant plusieurs semaines, surtout lorsqu'elle avait été contactée deux jours après sa bévue par un collègue de l'Auror, pour l'avertir que son fiancé était transporté d'urgence à Ste Mangouste. Au bout d'un moment, n'y tenant plus, elle avait fini par tout avouer à Harry et ils avaient rompu.
La nouvelle n'avait pas été très bien accueillie par la famille Weasley. Ginny avait dû se faire toute petite les premiers temps, et encore maintenant lorsqu'elle se retrouvait malencontreusement seule avec sa mère au Terrier. Les déjeuners dominicaux habituels dans la demeure de Molly et Arthur se faisaient la plupart du temps sans la cadette de la famille, qui culpabilisait encore. Harry avait été kidnappé plusieurs fois à tour de rôle par Ron, George et Hermione pour aller au Terrier, car pour les rouquins, le Survivant faisait partie intégrante de leur famille, que Ginny et lui soient ensemble ou non.
Ainsi, Hermione évitait toujours de parler de Harry lorsqu'elle voyait la rouquine, ne souhaitant pas rendre la vie de son amie plus infernale qu'elle ne l'était déjà. Elle n'avait pas voulu lui souligner que le lendemain, elle se rendait au Terrier pour y déjeuner avec Harry, mais c'était Ginny qui avait abordé le sujet. Les deux amies avaient ensuite convenu de se retrouver pour manger ensemble un midi de la semaine suivante et avaient mis fin à leur communication inter-cheminées.
La journée du dimanche était déjà bien avancée pour la meilleure amie du Survivant. Sortant finalement de ses pensées grâce à son chat qui avait esquissé un léger mouvement avant de se rendormir aussi sec, la jeune femme lança un regard presque las à son horloge. Elle cligna des yeux plusieurs fois avant que l'information ne fasse correctement le chemin jusqu'à son cerveau : il était onze heures et demi et elle avait rendez-vous au Terrier à midi. Seulement, un point – et pas des moindres – vint obscurcir un peu plus l'horizon de la sorcière : Harry lui avait dit qu'il passerait au préalable la chercher à onze heures quarante-cinq tapantes.
Presque effrayée, la jeune femme balaya du regard l'état de son salon. Celui-ci était recouvert de toutes parts d'ouvrages ouverts, de parchemins noircis par son écriture – qui mélangeait soin et gribouillis suivant son état d'esprit devant les découvertes qu'elle pouvait faire. Assise en tailleur sur son canapé, son calepin en main et le livre de Norbert Dragonneau, « Vie et Habitat des Animaux Fantastiques » ouvert sur les genoux, Hermione déglutit difficilement et dévisagea son chat, désormais confortablement installé à sa droite, sur les parchemins qu'elle avait fini d'exploiter quelques heures plus tôt.
— T'es tranquille, toi, grimaça la sorcière.
Une dernière fois, elle laissa son regard parcourir son salon avant de soupirer de lassitude.
— Bon, eh bien je crois que je n'ai pas le choix, il va falloir que je remette un peu d'ordre avant que Harry n'arrive, sinon je vais prendre un savon. Tu sais bien qu'il n'aime pas que je travaille le week-end… Surtout que je ne me suis même pas préparée pour partir !
Il n'en fallut pas plus pour qu'Hermione prenne vraiment conscience de la situation délicate dans laquelle elle se trouvait. Harry n'allait pas apprécier de la trouver en train de potasser, surtout qu'ils n'avaient pas encore reçu le rapport préliminaire de Seamus et que l'enquête débutait tout juste. Il la connaissait quand même bien, puisqu'en lui souhaitant un bon week-end deux jours plus tôt, il l'avait sommée de se reposer et de ne pas commencer à se surmener.
La jeune femme se leva rapidement de son canapé, manquant de renverser les ouvrages et Pattenrond qui s'y trouvaient – le dernier ne manquant pas de manifester son mécontentement face à un réveil aussi brutal – et entreprit de chercher sa baguette. Elle n'était pas friande habituellement de se servir de la magie pour ranger, mais à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Elle mit une poignée de secondes à la trouver et s'activa ensuite à remettre de l'ordre dans ses affaires – en veillant tout de même à ne pas mélanger toutes ses notes au risque de perdre le bénéfice de ses recherches du weekend.
Une fois qu'elle eut terminé, elle se précipita vers sa salle de bains pour s'habiller et s'apprêter un minimum. Elle se félicita mentalement d'avoir pensé la veille à préparer sa tenue du jour – à savoir une robe pull prune, une ceinture et des collants noirs – et fonça dans la douche pour un lavage express avant d'enfiler ses vêtements et d'arranger ses cheveux grossièrement en un chignon lâche. Lorsqu'elle enleva sa main de sa tignasse désormais attachée, elle entendit le son caractéristique de d'une arrivée par sa cheminée dans le salon.
— Pfiou, pile poil, soupira-t-elle en se hâtant hors de sa salle de bains.
Sans surprise, elle trouva son meilleur ami en train d'épousseter sa cape de sorcier d'hiver devant sa cheminée.
— Bonjour Harry, le salua Hermione en l'embrassant sur la joue.
— Bonjour à toi aussi, lui répondit-il, un sourire amusé sur les lèvres. Je vois que tu m'as bien écouté, vendredi…
— Je ne vois pas de quoi tu parles !
— A d'autres… Mais bon, tu es prête, alors direction le Terrier, annonça Harry.
Hermione savait qu'il avait éludé le sujet pour éviter qu'ils ne se chamaillent à nouveau et elle l'en remercia silencieusement. Elle n'avait pas envie de s'attarder là-dessus, d'autant plus qu'elle avait hâte de se retrouver dans la demeure des Weasley, entourée de sa seconde famille.
oOo
Comme à l'accoutumée, à chaque fois que Harry et Hermione arrivaient au Terrier, ils n'avaient pas le temps d'épousseter leurs capes qu'une tornade rousse leur tombait dessus pour les accueillir. Molly Weasley n'avait pas perdu son côté chaleureux avec le temps et semblait vouloir battre un record de force à chaque fois qu'elle les enlaçait à leur arrivée.
— Comment allez-vous, les enfants ? les apostropha-t-elle en se décollant de Harry pour le regarder. Tu te laisses pousser la barbe, mon garçon, cela te va bien. Hermione, toujours aussi ravissante. Allez-y, posez vos capes sur le canapé, tout le monde est là.
La mère des Weasley ne leur laissa pas le temps de lui répondre qu'elle était déjà repartie s'afférer en cuisine. Les deux amis échangèrent un regard amusé avant de voir une tête rousse familière s'approcher d'eux.
— Harry ! Hermione ! s'exclama Ron, un sourire immense aux lèvres. Je suis content de vous revoir.
— Comme si on t'avait manqué, se moqua le Survivant en enlaçant son ami.
— Si, quand même, ricana le rouquin. Même si j'avoue que là, vu le temps qu'il fait en Angleterre, je retournerais bien sur mon île paradisiaque où il faisait trente degrés à l'ombre.
— Arrête donc de les narguer, le sermonna gentiment Verity qui arrivait à sa suite.
— Ose me dire que tu n'y reviendrais pas ?
— Je n'ai jamais dit le contraire, se défendit-elle en levant les bras, vaincue.
Leur légère joute verbale fit sourire Hermione, qui salua chaleureusement ses amis à son tour.
— Vous avez bonne mine, tous les deux, fit remarquer la sorcière. Le soleil vous a fait du bien !
— Tu n'imagines pas à quel point, soupira son meilleur ami. C'était plage tous les jours, ou piscine suivant nos envies. Avec le petit cocktail qui va avec, bien sûr !
Le rouquin continua de leur raconter brièvement leur voyage, jusqu'à ce qu'il soit interrompu par l'arrivée de George, son épouse Angelina et leurs turbulents jumeaux qui traversèrent le salon du Terrier plus vite qu'un éclair de feu pour aller saluer leur grand-mère.
— Freddy ! Mira ! les héla sans succès Angelina qui soupira dès que ses enfants ne furent plus en vue.
— On dirait des mini George, ricana Ron.
— Il va falloir que je demande à votre mère le secret de la réussite avec des tornades pareilles… fit l'ancienne poursuiveuse de Gryffondor en secouant la tête.
— J'ai si hâte qu'ils grandissent et qu'ils aillent à Poudlard, dit George avec un sourire satisfait. Surtout de voir la tête de la vieille McGonagall quand elle se rendra compte que la relève est assurée !
Sa remarque fit rire le groupe à l'exception de son épouse, qui le gratifia qu'un coup de coude dans les côtes.
Lorsqu'Arthur Weasley rentra au chaud au Terrier les bras chargés de bois pour le feu, les assiettes et le reste du couvert s'installèrent d'eux-mêmes sur l'immense table qui avait été préparée pour leur déjeuner dominical. En véritable chef d'orchestre, Molly se trouvait dans la cuisine, baguette à la main, et fit léviter jusqu'à la table désormais complètement dressée les délicieux plats qu'elle avait concoctés.
— Si tout le monde est là, nous pouvons passer à table ! annonça la matriarche le sourire aux lèvres.
Une fois que tout le monde fut installé, Molly les enjoignit à se servir et les discussions démarrèrent bon train.
— Alors ? Ce voyage dans les îles ? demanda George.
— Extra, répondit Ron après avoir goulument mordu dans une cuisse de poulet.
— Vraiment bien, renchérit Verity. Et puis, nous avons quelque chose à vous apprendre…
— Ouais, nous nous sommes fiancés.
Molly lâcha brutalement sa fourchette sous l'effet de la nouvelle et toutes les têtes se tournèrent brusquement vers le couple. Visiblement, personne ne s'attendait à une telle annonce mais les sourires qui naquirent sur leurs visages présageaient que cela avait été plutôt bien pris.
— Des félicitations s'imposent ! s'exclama George, brisant le silence qui s'était soudainement installé.
— C'est génial, ajouta Hermione en souriant à pleines dents.
Toutefois, la jeune femme gardait à l'œil Harry, qu'elle savait particulièrement touché par la nouvelle. Quelques mois plus tôt, il avait lui aussi demandé la femme qu'il aimait en mariage et tout cela n'avait pas très bien fini, malheureusement. Pourtant, le Survivant semblait vraiment bien le prendre, son sourire en était la preuve et il félicita son meilleur ami.
— C'est bien, tu as fini par te lancer, je suis très content pour vous, fit Harry.
Hermione ne cacha pas son soulagement devant la réaction de l'Auror et ne put s'empêcher de sourire.
Alors que les futurs mariés croulaient sous les mots gentils des membres de la famille du rouquin, Molly demeurait toujours sous le choc de la nouvelle. Elle n'avait pas bougé d'un poil, la fourchette qu'elle avait préalablement laissé tomber était toujours à la même place. Ce fut Arthur qui s'en rendit compte le premier. Il tendit la main vers sa femme et lui caressa doucement l'avant-bras pour la faire réagir.
— Ma chérie ? demanda le père de famille, incertain, attirant l'attention du reste de l'assemblée sur elle.
La matriarche fondit brusquement en larmes, visiblement sonnée par l'annonce du futur mariage de son fils. Le silence se fit autour de la table, personne n'osant s'exprimer, attendant que Molly le fasse. Au bout d'une poignée de secondes – et à force de persuasion de la part d'Arthur, celle-ci prit finalement la parole.
— Je suis si heureuse mes enfants, renifla-t-elle. Cela va être un beau mariage. Je suis ravie que tu fasses bientôt officiellement partie de la famille Weasley, Verity.
Les mots de Molly touchèrent la fiancée de Ron en plein cœur, et celle-ci se leva pour étreindre sa belle-mère – cette dernière ne se fit pas prier, adorant enserrer ses enfants.
Au bout d'un moment, l'effervescence autour de l'annonce du mariage finit par se tarir et le sujet de la conversation se tourna vers Hermione – au grand dam de celle-ci.
— Bon, et du coup Herm, fit Ron. Tu as finalement trouvé le sujet de ton prochain projet ?
La sorcière prit le temps de terminer la bouchée du plat préparé par Molly avant de répondre. Elle croisa brièvement le regard de Harry. Elle savait qu'elle ne devait pas trop en dire, mais en même temps elle n'avait pas envie de leur cacher qu'elle travaillait désormais sur les dragons.
— Je suis ravie de te dire que oui, j'ai enfin trouvé sur quoi plancher, lui sourit Hermione. Il était temps, je commençais presque à m'ennuyer.
— Hermione Granger s'ennuyer ? s'insurgea presque George.
— Oui, c'est possible, lui répondit-elle en lui tirant la langue.
— Vous m'en direz tant, ricana le farceur.
— Et donc sur quoi porte ton projet, Hermione ? demanda Angelina, stoppant son mari dans son élan.
— J'envisage de me pencher sur le cas des dragons.
— Des dragons ? s'étonna Ron.
— Oui, acquiesça la jeune femme. Disons que ça m'inquiète de savoir qu'il y a de plus en plus d'organes de dragons vendus dans les marchés noirs. La loi le prohibe pourtant, ce sont des marchandises classées dans la catégorie A des interdictions de vente mais ça ne suffit visiblement pas à stopper les braconniers et revendeurs illégaux.
— Sujet plutôt ardu, fit Angelina. Mais très enrichissant, et je suis sûre que tu réussiras dans ce que tu entreprendras.
— Hermione se donne toujours à fond dans ce qu'elle fait, approuva Harry.
— Et tu as un projet clair, ou ce n'est pas encore défini ? questionna Arthur.
— Pour l'instant, j'en suis encore au stade des recherches, répondit la sorcière. Je veux être sûre de ne rien laisser de côté.
— Nous connaissons quelqu'un qui pourrait très certainement t'aider et t'aiguiller dans ton travail, intervint soudain Molly. Notre deuxième fils, Charlie, est soigneur dans la réserve de dragons qui se trouve en Roumanie.
— Bien pensé, maman, acquiesça Ron. C'est sûr que Charlie accepterait de t'aider, si ça parle de dragons, c'est la porte à laquelle il faut frapper.
Hermione observa les Weasley discuter vivement au sujet du dragonnier. Elle se faisait discrète depuis que la mère de famille l'avait cité. La jeune sorcière ne le connaissait pas vraiment. Elle l'avait vu quelques fois, et notamment la dernière pendant l'enterrement de Fred, sept ans auparavant. Elle ne lui avait vraiment adressé la parole, si ce n'était pour des banalités. A ce moment-là, elle était plus préoccupée par l'état émotionnel de Ron, qui avait du mal à accepter la mort de son frère, et n'avait pas prêté attention plus que cela à son entourage. Elle savait qu'il était soigneur au sein de la réserve roumaine : elle se souvenait que lors de leur quatrième année à Poudlard, alors que la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers allait avoir lieu, Charlie ayant été contacté par Dumbledore lui-même, il faisait partie des soigneurs accompagnant les dragons.
En y réfléchissant, elle se maudissait de ne pas y avoir pensé plus tôt dans le weekend, surtout qu'elle avait recensé les réserves de dragon en Europe – et que celle de la Roumanie figurait en seconde place dans les plus proches du Royaume-Uni.
— Nous pourrions vous mettre en contact, proposa soudain Arthur.
Les mots du père de famille sortirent Hermione de ses pensées. Son cerveau était en ébullition, cherchant comment lui répondre, quand soudain, quelqu'un toqua à la fenêtre de la cuisine, faisant sursauter toute la tablée.
— Vous attendiez quelqu'un ? interrogea George.
— Non, pas que je sache, répondit Molly en se levant. Allons voir.
La matriarche, à peine arrivée dans la cuisine, poussa un cri strident. Aussitôt, le reste de la troupe la rejoignit, prêts à se servir de leur baguette magique si besoin. Seulement, ils étaient loin de se douter de ce qu'ils allaient y trouver…
— Charlie ? s'exclamèrent les Weasley à l'unisson en trouvant le dragonnier dans les bras de sa mère.
— Surprise ? hasarda-t-il en souriant.
Frottant gentiment le dos de sa mère, le jeune homme se dégagea de son étreinte pour saluer ses frères et son père.
— Quand on parle du dragon, on en voit le bout de la queue, chuchota Harry à l'oreille d'Hermione.
Celle-ci le dévisagea, réprimant une grimace devant le jeu de mots employé par son meilleur ami. Visiblement, il s'amusait bien de la situation. Quant à elle, elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait en penser.
Eh oui, ça y est : Charlie fait enfin son apparition !
Ce chapitre a été un peu compliqué à écrire pour moi. Vous l'aurez remarqué, il y a beaucoup de récit :D ce n'est pas vraiment ma tasse de thé.. J'ai tout fait pour que ça ne devienne pas ennuyeux à mourir, comme un cours du Professeur Binns, j'espère avoir réussi mon pari :D
N'hésitez pas à me laisser vos avis, j'attends toujours vos retours avec impatience :)
A dans deux semaines !
Bises
Lealyn
