Coucou les petits loups !

Ouiii, il est tard, mais on est quand même vendredi... Et c'est jour de publi !

Mes pauvres, j'ai couru (ou galopé, merci Destrange :P) toute la journée, depuis 6h15 que je suis levée ce matin... Mais je trouve le temps de publier ce petit chapitre... Qui sera du point de vue de Charlie, pour une fois !

Oui, c'est quelque chose que vous n'avez quasiment pas eu dans FJPAVSQ. J'innove, et j'espère que ça vous plaira :)

Merci à ma douce et tendre fraise des bois, Lily Jem, pour son soutien (ses nombreux coups de pied aux fesses :D) et sa correction en un temps record !

Bonne lecture, on se retrouve en bas :)


Dimanche 27 février 2005

Charlie soufflait enfin. Cela faisait six mois qu'il n'avait pas pris le temps de s'arrêter et de s'octroyer plusieurs jours loin de la réserve. Même s'il aimait plus que tout son travail, il avait besoin de prendre le large quelques fois, pour encore mieux apprécier son retour auprès des dragons. Cette fois-ci, pourtant, ce n'était pas des vacances qu'il prenait – même s'il avouait bien volontiers qu'il n'aurait pas été contre un peu de repos bien mérité.

Quelques jours plus tôt, le chef de la réserve de Roumanie, dans laquelle Charlie travaillait depuis une dizaine d'années déjà, avait reçu une invitation pour assister à une conférence sur la Dragonologie Internationale à Londres. Il avait fait appeler le rouquin dans son bureau pour lui proposer d'y aller à sa place, sachant que celui-ci pourrait en profiter pour voir sa famille.

Charlie avait été honoré de cette proposition et s'était empressé d'accepter. Il se faisait une joie de revenir au Terrier. Depuis la mort de Fred, il faisait en sorte de revenir au moins deux fois par an pour profiter de sa famille. Même s'il avait travaillé d'arrache-pied à la réserve pendant les six derniers mois, il avait tenu à faire un rapide aller-retour pour les fêtes de fin d'année. Son initiative avait été dûment appréciée par sa mère, il l'avait vu à ses yeux larmoyants lorsqu'elle avait balayé des yeux sa tablée pleine de têtes rousses le lendemain de Noël.

Le chef de la réserve avait indiqué au dragonnier que le Portoloin qui le conduirait à Londres partirait le dimanche en fin de matinée, la conférence ayant lieu le mardi. Charlie avait eu trois jours pour préparer son départ et veiller à ce que ses collègues puissent prodiguer les soins nécessaires aux dragons qui étaient sous sa responsabilité – et surtout à Norberta, la dragonne qui lui avait été confiée à contrecœur par Hagrid quelques années auparavant, qui ne se laissait approcher que par lui. Le soigneur aimait ses bêtes et tenait à ce qu'elles aient le meilleur, quelle que soit la situation et même s'il venait à s'absenter. La réserve était pour lui toute sa vie, tant et si bien qu'il en venait à négliger parfois sa vie personnelle.

De ce côté-là, Charlie était un solitaire et ne s'en cachait pas, au grand dam de sa mère qui désespérait de le voir toujours célibataire à trente-deux ans. Le dragonnier n'était pourtant pas dénué de charme et plaisait en général beaucoup à la gente féminine. Pourtant, il n'avait pas envie de s'engager sur le long terme et n'avait pas trouvé la femme de sa vie, pour l'instant. Il fréquentait bien quelqu'un, une jeune ressortissante anglaise qui tenait une brasserie dans le village le plus proche de la réserve, mais seulement à titre occasionnel et ne souhaitait pas que cela devienne officiel.

Seulement, la tenancière du bar n'était pas de cet avis et lui avait promptement proposé de l'accompagner à Londres pendant son séjour, afin de rencontrer la famille Weasley au grand complet. Le jeune homme avait tout bonnement refusé, sous prétexte qu'il n'y avait rien de sérieux entre eux et qu'il y allait en plus avant tout pour le travail. Elle l'avait bien évidemment mal pris et n'avait pas perdu de temps avant de filer hors de la modeste demeure de Charlie.

Celui-ci n'en avait même pas fait cas. Il avait été pourtant clair avec elle dès le début, lui précisant qu'il ne voulait pas de relation sérieuse et que c'était simplement pour passer du bon temps. Elle avait été d'accord, cédant à ses avances en acceptant ses conditions, et il ne comprenait pas ce soudain revirement de sa part. Il avait décidé qu'il verrait cela à son retour et que son absence laisserait le temps à la jeune femme de réfléchir.

Le dimanche matin, le dragonnier avait empoigné son sac de voyage et avait transplané jusqu'à l'Ambassade anglaise, où le Portoloin l'emmènerait jusqu'à son pays natal, qu'il lui tardait de rejoindre. Son arrivée à Londres s'était faite sans encombre. Il avait été un peu secoué par le voyage – les trajets en Portoloin étaient réputés pour être plutôt désagréables – mais cela ne l'avait pas empêché de gagner le Terrier une poignée de minutes plus tard. Il était un peu plus de midi selon sa montre, ils devaient déjà tous avoir commencé à manger. Charlie commençait justement à avoir faim : il était sûr que sa mère avait préparé le repas pour un régiment et qu'il pourrait donc en profiter.

Le jeune homme s'aventura jusqu'à la cuisine en faisant le moins de bruit possible. Il entendait à travers les fenêtres le joyeux brouhaha qui régnait dans la demeure des Weasley et cela le fit sourire. Il finit par toquer et attendit que quelqu'un vienne lui ouvrir.

Sans surprise, ce fut Molly qui vint à sa rencontre et qui hurla d'étonnement, ne s'attendant pas à voir son deuxième né au Terrier. Elle s'empressa de lui ouvrir la porte vitrée et l'étreignit avec force et amour, heureuse de le retrouver.

— Oh mon fils ! s'exclama Molly. Que fais-tu ici ?

— Charlie ? s'exclamèrent les Weasley à l'unisson en trouvant le dragonnier dans les bras de sa mère.

— Surprise ? fit le jeune homme en souriant.

Puis, il se dégagea doucement de l'étreinte de sa mère pour aller saluer chaleureusement les habitants du Terrier. Il remarqua qu'en plus des têtes rousses habituelles, il y avait Harry et Hermione. Il se souvenait d'avoir vu la jeune sorcière à quelques reprises, toujours accompagnée par l'Auror et son petit frère, Ronald, mais il ne la connaissait pas plus que cela.

Molly lui attrapa ensuite le bras et enjoignit tout le monde à reprendre place à table.

— Tu as mangé ? demanda-t-elle au dragonnier.

— Non, maman.

— Alors installe-toi, nous allons te faire de la place. Allez, allez, Ron décale-toi tu veux ? George, toi aussi, les pressa-t-elle.

Ses fils s'exécutèrent en levant les yeux au ciel devant sa précipitation manifeste. Charlie les remercia en rigolant et s'installa entre eux. Molly fit instantanément léviter une assiette et des couverts vers le nouvel arrivant, qui la gratifia d'un sourire.

— Merci.

— Il y a du poulet ici, lui indiqua-t-elle en lui désignant le plat presque vide qui se trouvait devant le plus jeune de ses fils. Il en reste, profites-en avant que Ron ne mange tout.

— Eh ! s'écria celui-ci.

— Avoue qu'elle n'a pas tort, ricana George.

Ron dévisagea son frère avec hargne, déclenchant le fou rire de ses amis.

— Au moins, je fais honneur au plat de maman, rétorqua le rouquin.

— Rattrape-toi aux branches, petit gnome de jardin ! se moqua le farceur.

Le repas se poursuivit dans une ambiance encore plus joviale qu'auparavant, l'arrivée du dragonnier ayant égayé leur journée. Cependant, Charlie se doutait qu'il n'allait pas tarder à subir un interrogatoire sur les raisons de sa venue en Angleterre. Et cela ne mit pas longtemps.

— Et donc, cher beau-frère, à quoi devons-nous ta visite impromptue ce dimanche ? demanda Angelina tout sourire.

— Une visite de courtoisie, tout simplement, tenta le dragonnier.

— A d'autres ! rétorqua aussitôt Ron.

— Je suis démasqué ! se défendit Charlie en levant les mains, vaincu. On m'a envoyé suivre une conférence cette semaine à Londres, alors j'en ai profité pour passer vous voir. Cela fait quelques jours que je le sais, mais je préférais garder ça secret et vous faire la surprise de ma venue.

— Tu as bien fait, acquiesça Arthur. Nous sommes ravis de te voir, fiston. Comment ça se passe à la réserve ?

— Plutôt bien. Jörgen, mon patron, m'a donné un peu plus de responsabilités récemment et il m'a envoyé ici pour assister à la conférence à sa place. Les dragons se portent à merveille, Norberta aussi, ajouta Charlie à l'attention de Ron et ses amis.

— Tu as l'air fatigué, fit remarquer Molly. Tu vas pouvoir te reposer quelques jours quand même ici, je suis contente que tu sois là.

— Et du coup, tu as raté l'annonce du début de repas ! s'exclama soudain George.

Aussitôt, il se prit un coup de coude dans les côtes par sa femme, qui le fusilla du regard.

— Bah quoi ? se défendit-il.

— Ce n'est pas à toi de le lui dire, m'enfin ! fit Angelina, exaspérée.

— De quoi vous parlez ? demanda Charlie, perplexe.

— De mon futur mariage, répondit Ron, en bombant le torse de fierté.

— Félicitations ! applaudit le dragonnier.

Les discussions à propos de la future alliance de Ron et Verity reprirent bon train. Charlie était très content pour son petit frère. Loin d'être jaloux, car ce n'était pas quelque chose qu'il envisageait, il était heureux que le petit dernier de la fratrie ait enfin trouvé chaussure à son pied.

— Tu restes longtemps à Londres ? demanda Ron.

— Je ne sais pas, répondit honnêtement le dragonnier. La conférence a lieu mardi et Jörgen ne m'a pas réservé de Portoloin de retour pour le moment.

— Tu vas donc pouvoir venir en aide à Hermione ! s'exclama Molly, les yeux pétillants.

Charlie dévisagea sa mère sans comprendre. Il se tourna ensuite vers la jeune femme qui semblait déglutir difficilement. Il la vit pâlir, puis échanger un regard gêné avec Harry. Il devina sans peine qu'elle était mal à l'aise et que l'intervention de sa mère n'était pas prévue au programme.

— Molly, tenta Arthur en posant la main sur le bras de sa femme.

— Charlie est un spécialiste des dragons et c'est le nouveau sujet d'Hermione, insista la matriarche. Je suis certaine qu'il peut lui permettre d'avancer plus vite dans son projet.

— Je suis sûr qu'Hermione n'hésitera pas à faire appel à lui si elle a besoin d'aide, fit soudain Ron, volant au secours de sa meilleure amie. Et puis, Charlie est là pour quelques jours et ça, c'est une excellente nouvelle, mon frère !

— J'espère que tu passeras au magasin, enchérit George comprenant la supercherie de son frère pour changer de sujet de conversation.

— Eh bien ça dépend, sourit le dragonnier. Vous offrez le café ?

— Tu as la chance d'avoir une future belle-sœur qui gère à ce niveau-là, répondit Verity.

— Alors je viendrai avec grand plaisir !

Les deux farceurs de la famille commencèrent à lui raconter combien la boutique avait évolué depuis son dernier passage. Ils évoquèrent aussi brièvement leur futur projet d'ouvrir une boutique en France, dans l'équivalent de Pré-au-Lard pour les élèves de Beauxbâtons, un endroit nommé le Grand Bourg. Charlie écoutait avec attention mais ne pouvait s'empêcher de laisser son regard vagabonder vers Hermione. La jeune femme avait retrouvé des couleurs et discutait avec Harry et Angelina. Pourtant, il distinguait toujours un léger malaise chez elle. Il avait compris la manœuvre de Ron, qui avait tout fait pour détourner l'attention de leur mère du projet de sa meilleure amie.

Les dragons. Effectivement, c'était le domaine de prédilection de Charlie, il était difficile de passer à côté. Mais désormais, la curiosité du jeune homme était piquée. Pourquoi Hermione Granger avait besoin de s'intéresser aux dragons en Angleterre et en quoi pouvait-il bien lui être utile selon sa mère ?

Il n'eut cependant pas le loisir de se pencher plus longtemps sur la question. Sa mère s'attelait déjà à débarrasser magiquement leurs assiettes pour apporter le dessert. Et bien sûr, ils allaient tous trinquer aux fiançailles de Ron et Verity.

oOo

Lundi 28 février 2005

Charlie était content d'être rentré passer quelques jours au Terrier. Ce matin-là, il ne pouvait nier qu'il avait apprécié de faire une bonne grasse matinée dans la quiétude de la maison familiale – ses enfants étant tous adultes désormais, Molly n'avait plus à les houspiller sans cesse et le calme régnait dans sa demeure.

Le dragonnier avait décidé de consacrer sa journée à passer voir ses frères et sœurs. Il préférait le faire avant de se rendre à la conférence du lendemain, ne sachant pas combien de jours supplémentaires il resterait à Londres.

Après avoir pris un solide petit déjeuner préparé avec amour par sa mère, Charlie avait transplané à la Chaumière aux coquillages. Bill avait été heureux de le voir débarquer sans prévenir – et presque déçu de ne pas avoir pu se rendre au Terrier la veille pour le repas dominical, mais il se trouvait alors en France dans la famille de Fleur. Entendant la voix de son oncle, la petite Victoire avait déboulé comme une tornade dans le salon où étaient installés les deux frères, ravie de revoir le dragonnier. Celui-ci s'étonnait toujours un peu plus de l'évolution de sa nièce à chacune de ses venues. Elle avait désormais sept ans et ne cessait d'émerveiller ses parents – Bill en était particulièrement gaga, en bon papa poule qui se respectait et l'image que renvoyait l'aîné de la fratrie amusait beaucoup Charlie.

Le jeune homme avait été invité à rester déjeuner avec la petite famille et il s'était empressé d'accepter, ravi de passer un peu de temps avec eux.

L'après-midi, le dragonnier était parti se balader sur le Chemin de Traverse pour honorer sa promesse de la veille : faire un tour dans la boutique de Farces et Attrapes de ses deux frères, qui profitait toujours aux jeunes étudiants de Poudlard. George lui avait présenté en avant-première leur future invention, qu'il espérait pouvoir tester sous peu – mais qui nécessitait bon nombre d'améliorations selon Ron, qui était beaucoup plus prudent et mesuré que ne l'était leur farceur de frère.

Charlie avait passé une très grande partie de l'après-midi avec eux et avait apprécié de découvrir leur quotidien. Il n'avait pas vu le temps passer, s'amusant comme un adolescent à tester divers gadgets, si bien que lorsqu'il avait finalement vu l'heure qu'il était, il avait dû filer pour ne pas être en retard à son prochain rendez-vous.

Le dragonnier avait prévu d'aller assister à l'entraînement de Quidditch de Ginny avec les Harpies de Holyhead qui avait lieu en fin de journée. Sa petite sœur n'avait toujours pas été mise au courant de sa visite en Angleterre – Charlie avait fait promettre à sa mère de ne pas la contacter pour lui en parler – et il ne s'était douté que cela lui ferait plaisir. Effectivement, lorsque la rouquine était descendue de son balai, elle avait été très émue de le voir et ils avaient passé une bonne partie de la soirée ensemble.

La jeune femme avait apprécié de partager ces moments de complicité avec son frère et lui avait promis de venir lui rendre visite en Roumanie dès que le rythme des entraînements de Quidditch se réduirait un peu – car elle avait mine de rien pas moins de quatre à cinq séances par semaine.

Le dragonnier était ensuite rentré au Terrier en fin de soirée, content d'avoir autant profité de sa journée auprès de sa famille. Il savait ces moments précieux, surtout depuis la fin de la guerre, et il se rendait compte au fur et à mesure que le temps passait que vivre à plus de trois milles kilomètres d'eux lui faisait manquer pas mal de choses.

oOo

Mardi 1er mars 2005

Sa conférence n'étant qu'à quatorze heures, Charlie accompagna sa mère sur le Chemin de Traverse dans la matinée. C'était l'anniversaire de Ron, et le dragonnier en profita pour lui acheter un petit quelque chose pour marquer le coup. Molly s'était mise à rouspéter, prétextant ne pas savoir si elle devait déjà commencer à leur acheter des présents en vue du mariage. Son deuxième fils la rassura, en lui disant que quelle que soit sa décision, Ron allait être content de les avoir tous présents à ses côtés et que cela lui suffirait. Cela fonctionna, puisque sa mère ne répliqua pas, se contentant de s'arrêter chez Mrs Guipure pour lui acheter une jolie veste qu'il pourrait mettre quelle que soit l'occasion.

Charlie en avait vaguement parlé avec Bill la veille et ils avaient tous les deux décidé d'acheter un nouveau balai à Ron. En effet, leur petit frère avait abîmé le sien quelques mois auparavant, alors qu'ils s'amusaient au Terrier. Voler après avoir ingurgité quelques verres de whisky pur feu n'était vraiment pas conseillé, mais Ron n'en avait fait qu'à sa tête et avait heurté un arbre alors qu'il tentait une manœuvre pour récupérer leur souafle de fortune. Depuis, avec le temps maussade et les occupations de chacun, il n'avait pas eu le temps de voler de nouveau – et quand bien même, sans balai, la démarche semblait un peu plus compliquée.

Ils s'arrêtèrent donc au Quidditch Place, la nouvelle boutique d'accessoires du sport préféré des sorciers du Chemin de Traverse, pour que Charlie puisse faire son achat. Bill avait précédemment choisi le modèle et le dragonnier n'eut pas de mal à le trouver. Après avoir demandé à ce que ce soit emballé – car il savait que ce n'était pas une bonne idée qu'il empaquette le cadeau de son frère lui-même –, il donna au vendeur les quelques gallions demandés.

L'heure, désormais bien avancée, l'obligea à laisser sa mère terminer ses courses seule. Il l'embrassa avant de transplaner devant l'entrée visiteurs du Ministère, où il avait prévu de retrouver Percy avant d'aller déjeuner. Il s'engouffra dans les toilettes, tira la chasse et se retrouva propulsé au siège du gouvernement magique anglais.

Il ne s'était que très peu aventuré au Ministère par le passé, seulement pour récupérer son permis de transplanage et quelques documents officiels lui permettant d'aller travailler en Roumanie dans les règles. Ainsi, il s'installa sur l'un des bancs installés dans le Hall et observa son environnement. Il s'étonnait toujours de voir autant de sorciers déambuler à une vitesse fulgurante dans cet espace couvert, ainsi que les notes de service qui virevoltaient aisément entre les passants pour rejoindre leur destination. C'était un mode de vie qui ne lui convenait pas : lui, il était un homme d'action, un homme d'extérieur. Travailler toute la journée derrière un bureau le rendrait assurément dépressif et suicidaire.

Depuis sa scolarité à Poudlard, c'était cela qui le bottait : travailler avec les créatures magiques, et en particulier avec les dragons. Il avait été fasciné par le peu qu'il en avait appris à l'école et c'était justement cela qui l'avait poussé à en apprendre encore plus. Il savait ces bêtes dangereuses, mais partait du principe qu'elles ne l'étaient que parce qu'elles étaient incomprises et chassées de leur habitat naturel.

En somme, Charlie ne s'était pas trompé et, lorsqu'il avait été recruté dans la réserve de Roumanie, il avait enfin eu la preuve que ce qu'il avançait était vrai grâce à l'arrivée de Norberta, la petite dragonne que Hagrid avait été forcé de lui envoyer. Et heureusement, d'ailleurs, que le demi-géant avait été forcé par son petit frère et ses amis de lui confier Norberta. Celle-ci avait révélé détenir un caractère particulièrement fort et compliqué, ce qui aurait forcément posé problème si elle était restée à Poudlard, sans environnement adéquat. Il était d'ailleurs le seul à la réserve qui pouvait l'approcher sans craindre de se retrouver carbonisé.

Le dragonnier, perdu dans ses pensées, regardait sans les voir les gens qui continuaient à passer d'un bout à l'autre du Hall du Ministère. Il fut pourtant tiré de sa rêverie lorsque ses yeux accrochèrent, sans y faire attention, un regard chocolat à quelques mètres de lui. Hermione se là, bien droite, habillée comme si elle s'apprêtait à sortir braver le froid en ce début du mois de mars. Poliment, il inclina la tête, la saluant silencieusement. Comme si elle avait été prise au dépourvu par sa démarche, il vit la jeune femme pincer les lèvres, puis le saluer à son tour avant de partir subitement.

Charlie n'eut cependant pas le temps d'analyser le comportement étrange d'Hermione, puisque son frère arriva, essoufflé.

— Bonjour, Charlie, fit Percy. Je suis désolé que tu aies dû m'attendre, cette réunion n'en finissait pas !

— Salut, Percy, répondit son frère en l'enlaçant. Pas de problème, je ne suis pas là depuis bien longtemps.

— Bon, tant mieux. On y va ? Je t'emmène déjeuner à l'extérieur, c'est moi qui invite !

Le dragonnier eut beau protester, son frère ne lâcha pas le morceau et lui offrit le repas, sous prétexte que ce n'était pas souvent qu'ils avaient l'opportunité de se voir et qu'il fallait fêter cela. Ils discutèrent bon train pendant qu'ils mangeaient. Le soigneur avait toujours apprécié son frère et avait été beaucoup peiné lorsque celui-ci avait tourné le dos à sa famille au début de la guerre. Même s'il résidait à plusieurs milliers de kilomètres, il savait que cela avait beaucoup attristé leur mère et il regrettait de ne pas avoir pu être plus présent pour essayer de raisonner Percy. Il avait eu la chance de ne pas voir leurs relations se détériorer avec ce triste événement, la distance ayant très certainement aidé.

Charlie profita du repas pour questionner son frère au sujet de la jeune femme qu'il avait vue dans le Hall tout à l'heure.

— Il m'a semblé apercevoir l'amie de Ron tout à l'heure, Hermione, fit innocemment le dragonnier.

— Oui, acquiesça Percy, c'est normal, elle travaille au Ministère, au Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques.

— D'accord, fit Charlie en hochant la tête. Il y avait un de ces mondes, tu arrives à survivre dans cette véritable marée humaine ?

— C'est difficile de s'y faire, mais on s'habitue à tout, que veux-tu ! Ta conférence est à quelle heure, déjà ?

— Quatorze heures.

— Alors, nous ferions mieux de filer, soupira Percy. Le temps de revenir au Ministère, tu seras pile à temps devant ta salle. Je vais te guider, sinon tu serais bien capable de te perdre.

— Eh ! protesta Charlie en souriant. Ce n'est pas de ma faute si je trouve plus simple de se repérer dans la nature que dans cet immense labyrinthe !

Les deux frères s'esclaffèrent avant de se lever pour aller régler l'addition.

Comme promis, Percy accompagna le soigneur jusqu'à la salle de conférence. Sur le chemin, Charlie se fit la réflexion qu'heureusement que son frère était là, car il avait eu raison : il se serait tout bonnement perdu dans le dédale des couloirs. Il le remercia chaleureusement avant d'entrer s'installer confortablement pour les prochaines heures.

oOo

Charlie sortit de la conférence assez las. Le sujet était très intéressant – pour le jeune homme, à partir du moment où il était question de dragons, c'était forcément passionnant –, mais il n'appréciait toujours pas de rester assis sans bouger plusieurs heures durant. Il prit le temps de discuter avec quelques collègues soigneurs d'autres réserves, avant de leur souhaiter une bonne soirée.

Il avait quelque chose d'important à faire et il espérait vraiment que la personne qu'il cherchait ne s'était pas volatilisée avant la fin de sa conférence.

Le dragonnier se dirigea vers l'ascenseur et croisa sur le chemin un employé du Ministère, à qui il demanda où se trouvait le Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques. L'homme lui indiqua qu'il fallait qu'il aille au troisième étage et Charlie s'engouffra alors dans la cage magique, indiquant au préalable à quel endroit il se rendait.

Lorsqu'il fut arrivé au troisième étage, il se mit à arpenter les couloirs quand, enfin, il trouva sur une porte le nom de la personne qu'il cherchait. Il frappa alors, attendant une réponse et espérant que l'office n'était pas vide.

— Entrez ! entendit-il.

Charlie poussa alors la porte et trouva Hermione Granger, confortablement installée devant plusieurs manuscrits étalés sur son bureau. Lorsqu'elle leva les yeux vers lui, elle se figea un instant, avant de prendre la parole, le visage fermé.

— Charlie ? Bonjour, que… Que fais-tu ici ? demanda-t-elle, feignant la surprise de le voir ici.

— Bonjour, Hermione, répondit le dragonnier. Eh bien j'avais la conférence de dragonologie cet après-midi, c'est aussi la raison de ma présence en Angleterre.

— Oh, oui, bien sûr, la conférence, souffla-t-elle.

Un léger silence prit place dans le bureau de la jeune femme, qu'elle combla presque aussitôt.

— Est-ce que je peux faire quelque chose pour t'aider ?

— Eh bien, à vrai dire, c'est peut-être moi qui vais pouvoir t'aider d'après ce qu'a dit maman dimanche.

Charlie vit le visage d'Hermione se défaire quelques secondes avant de revêtir à nouveau cette façade professionnelle qu'elle s'était forgée depuis qu'elle travaillait au Ministère.

— C'est-à-dire que…

— Tu travailles sur les dragons c'est ça ? Quel est ton projet exactement ?

La jeune femme hésitait à répondre, il le sentait.

— Tu n'as peut-être pas le droit d'en parler, en convint Charlie. Je suis désolé, c'était un peu présomptueux de ma part de venir te voir à ce sujet. Comme je ne sais pas pour combien de temps je suis à Londres, je pensais pouvoir t'être utile et t'aiguiller si besoin.

— C'est… C'est très gentil, Charlie, le remercia Hermione. C'est juste que…

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que quelqu'un toqua à nouveau à la porte.

— Entrez ! fit la jeune femme d'une voix forte.

Harry Potter passa la tête par la porte et s'invita dans le bureau de sa meilleure amie.

— Hermione, je… Oh, salut Charlie ! fit le Survivant à l'attention du dragonnier. On peut dire que tu tombes plutôt bien d'ailleurs. Je viens d'avoir la réponse positive que j'attendais, Herm.

La sorcière sembla se rembrunir légèrement, mais le dragonnier n'y porta pas plus d'intérêt que cela, attendant que Harry aille au bout de son idée.

— Charlie, nous allons avoir besoin de ton aide ici, déclara finalement l'Auror.


Mouhahaha. Oui, j'arrête là, c'est fait exprès.

Et encore vous n'avez pas encore lu le prochain chapitre :D attendez-vous au pire !

En attendant, j'espère que ce pov Chacha vous aura plu. Qu'en avez-vous pensé ?

A dans deux semaines pour la suite :)

Bises

Lealyn


Réponse aux reviews anonymes :

Sandy : Hello :) merci beaucoup pour ton retour ! Je suis contente que le début de cette histoire te plaise, et j'espère que tu apprécieras tout autant la suite ! A très vite :)