Hello !

J'espère que vous allez bien.

Voici le chapitre 5, j'espère qu'il vous plaira. J'attends vos retours avec impatience !

Merci à ma douce et tendre Lily Jem pour sa correction (et Merlin sait qu'il y en avait besoin !)

Bonne lecture :)

Mardi 1er mars 2005

En ce mardi matin, Hermione s'installa à son bureau, un air déterminé peint sur le visage. Elle avait eu une grosse journée de travail au Ministère la veille, comme elle n'en avait pas eu depuis longtemps. Depuis son dernier projet, à vrai dire, et l'adrénaline que cela lui procurait lui avait manqué.

Seulement, elle ne pouvait pas dire que la semaine avait bien commencé. Dès le début de la matinée, elle s'était un peu fâchée avec Harry, qui avait pris au mot la proposition que Molly avait formulé pendant le repas du dimanche, à savoir demander l'avis de Charlie sur l'épisode de la grotte de Broad Crag.

Ils s'étaient retrouvé à dix heures dans le bureau de Harry pour discuter du compte-rendu de Seamus qu'ils avaient reçu le matin-même. Souhaitant l'analyser et le décortiquer ensemble, ils avaient convenu d'en discuter autour d'un thé.Seulement, lorsque le Survivant avait annoncé à Hermione qu'il comptait demander de l'aide au dragonnier et même voir avec son responsable pour l'inclure à l'enquête en tant que consultant, la jeune femme avait vu rouge.

Elle avait reproché à son meilleur ami d'avoir fait toutes cesdifficultés pour qu'elle fasse partie officiellement de l'enquête, alors qu'il lui semblait si facile à ce moment-là de proposer à Charlie de l'inclure comme consultant. Alors que Harry avait vainement essayé de se justifier, la sorcière avait clos la discussion, récupéré ses affaires et annoncé qu'elle regagnait son bureau pour potasser le sujet dans de meilleures conditions. L'Auror n'avait pas tenté de la retenir, sachant pertinemment que ce serait peine perdue et qu'il risquait – surtout – d'y laisser des plumes.

Hermione était revenue au troisième étage du Ministère passablement agacée. Elle avait plongé son esprit dans le travail pour essayer de sortir de sa tête ses mauvaises pensées, et n'avait cessé de courir toute la sainte journée pour obtenir les autorisations de son responsable nécessaires à ses futures excursions – et pour ainsi éviter à Harry de profiter de la moindre occasion pour l'évincer.

Elle savait que ce n'était pas malveillant de la part de son meilleur ami – qui voulait seulement la protéger – mais elle considérait qu'elle était assez grande pour prendre ce genre de décisions seule, d'autant plus que le chef de son service n'avait vu aucun inconvénient à ce qu'elle accompagne « le meilleur Auror de sa génération » sur le terrain. Elle avait pris ça pour une petite victoire personnelle, se promettant de clouer le bec de Harry dès que l'occasion se présenterait.

Depuis qu'elle avait commencé à se plonger dans le sujet passionnant qu'était le braconnage des dragons, un problème majeur était venu obscurcir les pensées d'Hermione.

Elle n'avait pas de projet parfaitement défini.

Elle avait certes l'idée générale – la protection des dragons – mais elle ne savait pas encore ce qu'elle voulait réaliser pour protéger ces créatures aussi magnifiques que dangereuses.Alors, elle avait fait ce qu'elle savait faire de mieux : des recherches. La sorcière avait passé sa journée du lundi à éplucher sans relâche les ouvrages que Frida, son assistante,lui avait dégotés, en les comparant avec le rapport de Seamus.

Les écailles noircies retrouvées sur le sol de la caverne avaient été analysées par les techniciens en pyrotechnie, et son ancien camarade de Gryffondor avait certifié qu'elles appartenaient à une dragonne Vert Gallois. Hermione savait que ces dragons là étaient originaires de la région et n'avait donc pas été très surprise d'apprendre que la pauvre dragonne assassinée appartenait à cette espèce-ci.

Au fur et à mesure que ses recherches avaient avancé, elle avait découvert que peu de Vert Gallois se trouvaient hébergés dans les différentes réserves européennes. Il y en avait deux en Roumanie, aucun au Portugal, d'après les dernières mises à jour des registres. Quant aux autres structures situées dans le reste du monde, rien n'indiquait qu'ils aient déjà eu en pension l'une de ces espèces-là.

Elle avait finalement quitté le bureau tard le soir, espérant que, comme le disait le dicton, la nuit lui porterait conseil.

Même si elle ne semblait pas avoir eu d'illumination, cela n'avait pas l'air d'entacher la détermination d'Hermione. En cette nouvelle journée, elle se sentait prête à résoudre sa problématique principale, à savoir trouver un projet qui tienne la route et qu'elle pourrait étoffer, défendre et faire triompher, elle l'espérait de tout cœur.

Elle reprit donc l'étude des ouvrages que Frida lui avait amenés. En arrivant, elle avait croisé l'assistante, installée à son bureau dans le petit open space du troisième étage. Celle-ci s'était empressée de lui demander si elle avait encore besoin de son aide pour une quelconque recherche. Avec un sourire contrit, Hermione lui avait répondu qu'elle était toujours sur les livres de la veille mais qu'elle n'hésiterait pas à faire appel à ses services si besoin. Sa réponse avait eu l'air de satisfaire la jeune femme, puisque cette dernière s'était rassise avec maladresse – manquant de se retrouver les fesses par terre – un immense sourire sur son visage.

Hermione savait que l'assistante s'intéressait à elle seulement pour avoir la chance de pouvoir approcher Harry. Elle n'était pas sans lui rappeler les groupies du Survivant qui sévissaient à Poudlard, et parmi elles les sœurs Patil en avaient été une belle illustration.

Alors qu'Hermione continuait ses recherches sur les dragonset tout ce qui y était lié de près comme de loin, son esprit dériva de lui-même sur les réserves européennes. Prise de court, elle s'arrêta soudainement, pensive. Puis, d'un geste un peu agacé, elle tapa du poing sur son bureau.

— Mais pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? pesta-t-elle.

Rapidement, elle se leva et attrapa plusieurs parchemins qu'elle empila vaguement les uns sur les autres. En sortant de son bureau, elle vit Frida bondir sur son siège, signe qu'elle avait peut-être été un peu rapide en besogne, mais elle n'avait plus de temps à perdre.

— Frida, la héla Hermione. Si on me cherche, dites que je suis au deuxième étage, s'il vous plaît.

— Bien, Miss, bredouilla l'assistante devant l'empressement manifeste de l'ancienne Gryffondor.

Et la sorcière se dirigea vers l'ascenseur qui – Merlin en fut remercié – ne fut pas long à arriver.

oOo

La jeune femme déambulait au deuxième niveau du Ministère. Elle salua brièvement les personnes qu'elle croisait, ne souhaitant pas passer pour l'être asocial qu'elle pouvait être lorsqu'elle était sous adrénaline. Car, loin d'être angoissée, Hermione aimait le travail vite fait, bien fait, et avait toujours cette petite pointe de stress qui émergeait lorsqu'elle avait une mission à mener à bien – cet argument avait valu toute sa scolarité lorsqu'elle était en période de révisions, soit toute l'année d'après les dires de ses deux meilleurs amis.

Elle fut en quelque sorte soulagée lorsqu'elle aperçut d'ailleurs Harry, qui s'apprêtait à revenir à son bureau, une tasse de thé encore fumante à la main. Le jeune homme fronça les sourcils dès qu'il la vit, ne s'attendant pas à trouver Hermione au Bureau des Aurors – surtout après la légère dispute qu'ils avaient eue la veille.

— Hermione ? s'étonna le Survivant.

— Dans ton bureau, s'il te plaît, le somma la sorcière en le traînant à sa suite sans ralentir le pas.

Le jeune homme échangea un regard désolé avec le collègue qui devait partager sa pause matinale et ferma la porte derrière eux.

— Bonjour, Harry, d'abord, commença Hermione à bout de souffle. Il faut qu'on discute.

— Bonjour, lui répondit le Survivant. Ecoute, si tu es là pour rediscuter d'hier, je…

— Non ! s'exclama la jeune femme.

Cela eut don de faire tressaillir Harry, qui ne comprenait pas la soudaine véhémence de sa meilleure amie.

— Enfin, je veux dire : non, se reprit-elle en apercevant l'incompréhension dans les yeux de l'Auror. Je sais ce qu'il faut que nous fassions. Je viens de vraiment trouver un projet qui peut tenir la route. Et…

La jeune femme baissa les yeux et se mordit la lèvre inférieure, gênée, provoquant un haussement de sourcils de son meilleur ami.

— Et ? l'invita-t-il à continuer.

— Il se trouve que… commença-t-elle. Tu avais peut-être raison quand tu disais qu'on aurait besoin du frère de Ron.

Hermione remarqua sans peine le sourire que Harry essayait de dissimuler, mais décida de ne pas relever. Et elle se lança dans ses explications.

oOo

Hermione avait finalement regagné son bureau un peu avant midi. Elle avait longuement discuté avec Harry, qui avait trouvé que son projet d'ouvrir une réserve au Royaume-Uni pour protéger les dragons était une bonne idée, même si le combat qu'elle s'apprêtait à mener n'était pas de tout repos. L'Auror lui avait appris que, de son côté, il avait épluché quelques rapports de mission qui relataient des situations assez similaires à celle de la caverne de Broad Crag. Avec la permission de son responsable, il les avait dupliqués magiquement pour en donner la copie à la jeune femme.

Après avoir discuté un bon moment avec son meilleur ami, la sorcière s'était installée confortablement dans son office pour se plonger dans les parchemins qu'il lui avait donnés. C'était avec horreur et consternation qu'elle découvrait que d'autres cas similaires avaient déjà eu lieu. Les situations étaient semblables, de la roche noircie dans les quelques grottes concernées ou des arbres brûlés. Elle ne trouva pas mentionné les traces de griffures, comme cela avait pu être le cas à Broad Crag. Il n'y avait pas de preuve apparente que des dragons avaient été visés dans les rapports qu'elle lisait. Et pourtant, elle ne pouvait que constater que la scène de la caverne des Southern Fells n'était que la face visible de l'iceberg.

Hermione ne releva finalement la tête des parchemins qu'aux alentours de midi et demi. Elle se souvint qu'elle devait déjeuner avec Ginny et il était désormais bien temps de partir. Elle rangea les parchemins confiés par Harry dans un tiroir caché de son bureau. Ces documents étaient précieux pour le Bureau des Aurors, et elle ne tenait pas à ce qu'ils tombent entre de mauvaises mains.

Elle se leva, enfila son manteau et ses gants et sortit de son bureau. Arrivée dans l'open space, elle souhaita un bon appétit à Frida et ses collègues, puis se dirigea vers la sortie.

En arrivant dans le Hall, Hermione ne fut pas surprise de le trouver bondé en cette heure de pointe. Chaque employé du Ministère allait et venait, à tel point que la jeune femme compara la scène qui se jouait devant elle à une immense fourmilière magique. Elle inspira un grand coup avant de sortir de l'ascenseur et tenta de se frayer un chemin jusqu'à la sortie.

Alors qu'elle continuait sur sa lancée pour sortir du Ministère à pied – elle avait décidé de rejoindre Ginny sans transplaner, pour faire un peu d'exercice – une silhouette attira son attention. A quelques pas d'elle, elle vit Charlie Weasley, assis sur un banc. Surprise, elle s'arrêta net, le dévisageant quelque peu.

Que faisait-il ici ? Etait-il venu pour lui parler de la proposition de sa mère ?

Hermione se sentit alors mal à l'aise, se souvenant de sa vive réaction alors que Harry voulait inclure le dragonnier à leur enquête. Bien sûr, elle avait changé d'avis à son propos, et depuis qu'elle avait pour projet de faire ouvrir une réserve au Royaume-Uni, l'aide de Charlie était la bienvenue. Elle comptait donc le voir pour lui demander s'il avait un peu de temps à lui consacrer, mais elle n'avait pas imaginé devoir lui en parler si rapidement…

Et puis, la mémoire revint à Hermione. La raison du retour du second fils Weasley à Londres était la conférence qu'il y avait l'après-midi, au sujet des dragons. D'ailleurs, la jeune femme s'était même renseignée sur les sujets qui allaient y être abordés, espérant avoir l'opportunité d'en apprendre un peu plus sur ces créatures magiques victimes de braconnages. Seulement, même si les nouvelles méthodes d'insémination artificielle des dragonnes semblaient pour le moins intéressantes, elle était convaincue que cela ne servirait pas à faire avancer son enquête. Cela ne serait qu'une perte de temps, surtout qu'elle devait continuer d'éplucher les comptes rendus d'enquête que Harry lui avait confiés.

Soudain, le dragonnier se tourna vers elle. Il avait sûrement dû sentir le regard insistant de la jeune femme qui, perdue dans ses réflexions au sujet de sa présence ici, ne s'était pas rendue compte qu'elle avait continué à le fixer sans flancher. Prise au dépourvu par son brusque retour à la réalité, elle bredouilla un vague salut au soigneur avant de prendre la poudre d'escampette.

oOo

La marche jusqu'au restaurant moldu où elle rejoignit Ginny fit du bien à Hermione. Elle se remémora tout le long du cours trajet sa réaction puérile et idiote devant le frère de son amie. Et dans le même temps, elle ne pouvait ignorer cette petite pointe d'amertume qui faisait sa place en elle lorsqu'elle repensait à la réaction de Harry de la veille, même si le problème était désormais réglé. Par amour propre, elle n'appréciait pas d'être mise sur le côté, alors même que ses compétences n'étaient pas négligeables.

Encore une fois, Hermione laissa libre cours à ses pensées. Elle ne détailla pas les rues de Londres dans lesquelles elle déambulait, alors qu'elle appréciait faire du lèche-vitrines et admirer l'architecture des vieilles bâtisses du centre de la capitale anglaise. Heureusement pour elle, son corps la conduisit directement devant le restaurant italien où les deux amies avaient décidé de déjeuner. Elle aimait beaucoup l'endroit où elle avait donné rendez-vous à la rouquine. La décoration rappelait l'architecture italienne des temps romains, pour son plus grand plaisir, et les plats étaient délicieux. Ginny l'attendait d'ailleurs juste devant l'entrée.

— Salut, Herm ! fit joyeusement la rouquine.

— Salut, Ginny.

Elles s'enlacèrent chaleureusement, le sourire aux lèvres, puis entrèrent dans le restaurant. Un serveur les accueillit presque instantanément et les amena jusqu'à la table qui leur avait été réservée, les laissant s'installer tranquillement avant de leur apporter les cartes.

— Comment ça va ? demanda Hermione alors qu'elle louchait désormais sur le menu qu'elle tenait entre les mains.

— Plutôt bien, lui répondit son amie en s'adonnant à la même activité que la brune. Les entraînements sont toujours aussi intensifs, mais ça va. J'arrive à dormir la nuit depuis deux semaines, je touche du bois pour que ça dure dans le temps !

— Je suis contente que tu te sentes mieux, sourit sincèrement Hermione.

Depuis qu'elle avait rompu avec Harry, la cadette des Weasley avait eu le sommeil assez perturbé par sa culpabilité. Elle avait fait du mal à l'homme qu'elle aimait et elle s'en était rendue malade de le faire autant souffrir. Avec le temps, cela finissait par s'apaiser un peu, même si elle se sentait toujours coupable. Elle s'était longuement remise en question et, lorsqu'elle en avait parlé avec Hermione, elle s'était rendu compte qu'elle aurait pu en parler avec Harry plutôt que de commettre l'irréparable.

— Et toi ? Comment ça va ? embraya Ginny pour ne pas laisser le temps à ses pensées néfastes de s'installer de nouveau dans son esprit.

— Eh bien… soupira Hermione. Pour être tout à fait honnête avec toi…

Et la jeune femme se mit à expliquer brièvement la situation à la rouquine. Cette dernière l'écouta attentivement tout le long de son récit, sans l'interrompre une seule fois. Hermione lui raconta tout, ou presque, dans les grandes lignes. Notamment, elle lui expliqua qu'elle faisait équipe avec Harry – à la mention du jeune homme, la mâchoire de Ginny se crispa légèrement – et aussi comment sa mère avait réagi pendant le repas dominical au Terrier.

La Poursuiveuse se retint de rire devant cette situation plus qu'hasardeuse. Tant et si bien qu'une fois que son amie eut terminé son monologue, elle ne put s'empêcher de le souligner.

— C'est quand même une sacrée coïncidence que mon dragonnier de frère ait débarqué quelques jours seulement après votre découverte, sourit-elle amusée par la situation.

— A qui le dis-tu… Et Harry a tout de suite trouvé que c'était une bonne idée qu'il fasse partie de l'équipe, que son expérience nous servirait.

— Ce qui est censé, tu ne peux pas dire le contraire, fit Ginny, une moue contrite inscrite sur son visage.

— Certes. Mais il l'a quand même accepté en un claquement de doigts, alors que moi, il a essayé de trouver le moindre prétexte pour me mettre de côté.

— Harry a toujours eu ce côté protecteur. C'est un peu pénible, mais toujours bienveillant. Même si, je suis d'accord avec toi, tu sais te défendre et ce n'était pas à lui de prendre la décision à ta place, s'empressa d'ajouter la rouquine devant le regard outré d'Hermione.

Fort heureusement pour la Poursuiveuse, le serveur vint leur apporter les plats qu'elles avaient demandés.

— En tout cas, je suis contente que mon frère ait l'occasion de rester un peu plus longtemps, reprit Ginny alors qu'elle dégustait son plat de pâtes au pesto. Il est passé me voir hier soir et nous avons passé la soirée à discuter. Et je dois dire que ça m'a fait du bien de pouvoir lui parler.

— C'est bien qu'il soit venu te voir, acquiesça Hermione.

— Quand j'ai su que vous étiez presque tous présents dimanche midi, ça m'a fait mal tu sais, soupira la rouquine. J'aimerais tellement que ça s'arrange, je voudrais pouvoir voir Harry et lui présenter à nouveau mes excuses pour le mal que je lui ai fait. Je m'en veux terriblement… et il me manque.

— Je comprends, Gin. Seulement, je pense que c'est encore trop tôt, lui répondit son amie avec un sourire désolé.

Hermione savait que la situation pesait à Ginny, mais il fallait encore du temps au Survivant pour digérer leur rupture. Pour ne pas se laisser abattre, la cadette des Weasley secoua la tête et changea de sujet, dérivant sur sa grande envie de shopping avec Hermione.

oOo

A quatorze heures, Hermione se dirigea vers son bureau, le ventre bien rempli, prête pour se remettre au travail. Au moment où elle allait pousser la porte, Frida l'interpela.

— Miss Granger ! fit l'assistante. Monsieur Finnigan vous attend dans votre bureau, il a dit que c'était urgent.

— Merci, Frida, je m'en occupe.

La sorcière pénétra dans son office et trouva effectivement son ancien camarade de Gryffondor installé sur l'une des chaises opposées à son bureau. Seamus se tourna vers elle en l'entendant entrer et se leva pour la saluer.

— Bonjour, Hermione.

— Bonjour, Seamus. Je peux faire quelque chose pour toi ? s'enquit la jeune femme.

— Je venais voir si tu avais bien reçu mon rapport et si tu avais commencé à le lire, même si je crois connaître la réponse, s'amusa le pyrotechnicien.

— Si tu penses que je l'ai déjà parcouru plusieurs fois, tu as vu juste, acquiesça-t-elle. As-tu eu du nouveau ?

— Mes collaborateurs ont fouillé la caverne de fond en comble. Et ils ont trouvé un bout de vêtement calciné dans un coin, derrière de la roche noircie, lui apprit-il.

— Vous avez trouvé de quoi il s'agissait et à qui ça pouvait appartenir ? interrogea Hermione, très intéressée par la découverte.

— Malheureusement, non. Toutes nos tentatives ont échoué. On n'a rien pu en tirer encore. Nous le gardons précieusement dans tous les cas, c'est une pièce à conviction qui pourra peut-être nous servir dans le futur.

— D'accord, fit Hermione sans réussir à cacher totalement sa déception. En as-tu parlé à Harry ?

— Oui, je l'ai vu juste avant de venir te voir. Il a été réquisitionné sur une affaire pour venir en aide à des collègues, donc nous n'avons pas pu épiloguer. Mais je vous tiendrai au courant si on trouve autre chose. Il a quand même eu le temps de me dire qu'il avait fouillé dans les archives et que quelques cas lui avaient semblé similaires à ce qu'il s'est produit à Broad Crag.

— Effectivement, acquiesça-t-elle.

— Je verrai ça avec lui quand il reviendra, il veut qu'on aille vérifier si certaines choses ont été récupérées sur les lieux des différentes affaires et mises sous scellés, lui expliqua le pyrotechnicien.

— C'est une bonne idée. Pendant ce temps, je vais continuer à croiser les informations qu'on a… en espérant que quelque chose de concret en ressorte. Je dois savoir qui s'en prend aux dragons pour pouvoir agir de mon côté à un éventuel projet de loi de protection…

— Je comprends. On va les coincer, ne t'en fais pas. Quel que soit le temps que ça prendra. Je retourne au labo, on se tient au courant !

— Ça marche. Merci pour tout, Seamus. Bon après-midi, le salua Hermione.

— A toi aussi !

Le jeune homme quitta le bureau de la sorcière, la laissant là avec mille et une idées tournant dans son esprit. Elle s'affala sur son siège, préoccupée par la découverte de l'équipe de pyrotechnie. Un morceau de vêtement avait été retrouvé, lui aussi calciné. Se pourrait-il que l'un des braconniers ait été blessé ou même tué par la dragonne ? Si tel était le cas, alors cela prouvait leur thèse de l'attaque de la bête par tout un groupe. Après tout, en y réfléchissant, Hermione trouvait cela plus logique. Un homme seul ne pouvait neutraliser une proie de cette envergure, d'autant plus si elle se défendait – ce qui était normal, puisqu'elle avait aussi son œuf à protéger.

Elle secoua la tête, dépitée par le peu d'informations qu'ils avaient récolté. Elle doutait que Seamus et Harry trouvent quelque chose de probant dans les éventuelles pièces à conviction mises sous scellés, mais elle espérait que Merlin puisse leur venir en aide.

Elle se remit alors au travail, ressortant de son tiroir les parchemins de rapports d'enquête que Harry lui avait confiés.

oOo

En fin d'après-midi, alors qu'elle terminait d'analyser le dernier rapport d'enquête entre ses mains, Hermione commençait enfin à souffler un peu. Elle avait noté plusieurs concordances entre la caverne de Broad Crag et les différents lieux qu'elle avait listés à l'appui des parchemins.

En regardant sa montre, elle constata que l'heure était bien avancée puisqu'il était dix-huit heures passé. Elle n'avait pas décollé de son bureau, ne prenant même pas le temps de boire un thé, et elle commençait à sentir l'engourdissement de ses jambes. Elle s'apprêtait à se lever pour marcher un peu quand quelqu'un frappa à la porte.

— Entrez !

Lorsque la porte s'ouvrit, dévoilant la tignasse rousse typique des Weasley, Hermione fut surprise de voir Charlie face à elle.

— Charlie ? Bonjour, que… Que fais-tu ici ? demanda-t-elle.

— Bonjour, Hermione, répondit le dragonnier en lui souriant. Eh bien j'avais la conférence de dragonologie cet après-midi, c'est aussi la raison de ma présence en Angleterre.

— Oh, oui, bien sûr, la conférence, souffla-t-elle.

Un léger silence prit place dans le bureau de la jeune femme, qu'elle combla presque aussitôt.

— Est-ce que je peux faire quelque chose pour t'aider ?

— Eh bien, à vrai dire, c'est peut-être moi qui vais pouvoir t'aider d'après ce qu'a dit maman dimanche.

Hermione se décomposa. Par Merlin, elle aurait pu parier que l'idée de Molly n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd… Pour autant, elle ne se laissa pas impressionner et revêtit une expression plus professionnelle. Elle ne voulait pas dévoiler le projet de Harry à Charlie, étant donné qu'elle ne savait pas si son meilleur ami avait obtenu l'accord de son responsable pour l'inclure à leur enquête. Elle allait donc devoir broder et différer sa réponse.

— C'est-à-dire que… commença-t-elle, ne sachant clairement pas quoi lui dire.

— Tu travailles sur les dragons c'est ça ? Quel est ton projet exactement ?

La jeune femme ne savait pas comment tourner ses phrases, mal à l'aise. Elle n'aimait pas mentir, surtout qu'elle se doutait bien que Harry finirait par obtenir ce qu'il voulait. Que pouvait-on refuser à l'Elu qui les avait tous sauvés ?

— Tu n'as peut-être pas le droit d'en parler, s'empressa d'ajouter Charlie, coupant le cours des pensées d'Hermione. Je suis désolé, c'était un peu présomptueux de ma part de venir te voir à ce sujet. Comme je ne sais pas pour combien de temps je suis à Londres, je pensais pouvoir t'être utile et t'aiguiller si besoin.

— C'est… C'est très gentil, Charlie, le remercia-t-elle. C'est juste que…

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que quelqu'un toqua à nouveau à la porte.

— Entrez ! fit la jeune femme d'une voix forte.

Harry Potter passa la tête par la porte et s'invita dans le bureau de sa meilleure amie.

— Hermione, je… Oh, salut Charlie ! fit le Survivant à l'attention du dragonnier. On peut dire que tu tombes plutôt bien d'ailleurs. Je viens d'avoir la réponse positive que j'attendais, Herm.

La sorcière se rembrunit légèrement. Ça aussi, elle aurait pu le parier : Harry Potter obtenir presque toujours ce qu'il veut.

— Charlie, nous allons avoir besoin de ton aide ici, déclara finalement l'Auror.

oOo

Après s'être installé dans l'office d'Hermione, Harry avait expliqué à Charlie sur quoi il travaillait avec la jeune femme. Il lui avait conté leur découverte dans la grotte de Broad Crag, sans oublier qu'ils présumaient que d'autres événements similaires avaient eu lieu auparavant, en mentionnant les rapports d'enquête encore présents sur le bureau de la sorcière.

Le dragonnier n'avait pas donné de réponse officielle. Il n'avait pas caché son intérêt pour leur entreprise, seulement comme il n'était pas son propre patron, il ne savait pas s'il pouvait être détaché temporairement de son poste pour pouvoir leur venir en aide. Alors, il avait convenu qu'il contacterait Jörgen pour voir ce qu'il était possible de faire. En attendant, Charlie promit de les aider le temps qu'il resterait à Londres et de les renseigner s'ils avaient des questions concernant les dragons.

Hermione avait été flattée de constater que son idée d'ouvrir une nouvelle réserve ravissait le deuxième né des Weasley. Seulement, il lui avait appris que les conditions étaient très compliquées, car encadrées strictement par la loi magique internationale. Surtout, il avait insisté sur le manque de subventions que rencontraient absolument toutes les réserves mondiales.

Cela n'avait pas démotivé la sorcière, bien au contraire. Elle allait devoir se battre pour obtenir ce qu'elle voulait, mais elle n'avait jamais été pour les causes faciles à défendre.

Pourtant, elle savait qu'elle n'allait pas pouvoir gagner cette bataille seule. Il allait lui falloir de l'aide, et celle promise par Harry, Seamus, Charlie et son assistante, Frida, ne serait pas suffisante. Il fallait qu'elle tape plus haut, mais aussi plus fort. Elle avait besoin d'un juriste incollable sur tous les aspects de la loi magique internationale.

Ce qui tombait bien ? Elle connaissait la personne adéquate.

Ce qui tombait moins bien ? Elle n'était pas certaine que cette personne ait envie de lui venir en aide.

Toute la soirée, Hermione n'avait pas cessé de penser à son projet et à ce qu'elle allait devoir faire pour pouvoir lui faire voir le jour.

oOo

Mercredi 2 mars 2005

La nuit avait été rude pour la jeune femme. Mais sa décision était prise. Elle savait qu'elle n'avait pas trop le choix et que c'était ce juriste-là qu'il lui fallait pour l'aider.

A peine fut-elle arrivée au Ministère qu'elle prit le courage de Gryffondor à deux mains et s'engouffra dans l'ascenseur, demandant à se rendre au sixième étage.

C'était un niveau qu'elle ne fréquentait pas souvent. Elle avait dû y aller quelques fois lorsqu'elle travaillait sur son projet de loi pour les elfes, puisqu'il lui avait fallu le concours de plusieurs avocats. Dont son petit ami de l'époque, qui avait toujours son bureau à cet étage-là.

Les murs, recouverts de bois, donnaient un aspect ancien et prestigieux à cet étage rempli de juristes. La moquette bordeaux qui recouvrait le sol rendait ses pas silencieux, la faisant presque passer pour un fantôme, ce qui augmentait son malaise déjà présent – lui donnant encore plus l'envie de repartir d'où elle venait.

Elle déambulait dans les couloirs, priant Merlin qu'il ne soit pas parti à cette heure déjà avancée – et en même temps, elle espérait qu'il ait déjà regagné son domicile, même si cette réaction n'était pas très représentative de la qualité majeure de sa maison à Poudlard.

Ses yeux balayaient les étiquettes fixées à chaque porte en bois devant lesquelles elle passait. Et puis, au bout d'un moment son regard s'arrêta sur le nom qu'elle voulait voir inscrit et qu'elle redoutait tout autant. Elle stoppa sa marche et sa respiration se coupa momentanément.

Au bout d'une poignée de secondes qui lui sembla durer une heure, elle se résigna à frapper à la porte du bureau de Theodore Nott.

Alors alors ?

Effectivement, on voit cette fois-ci le pendant du chapitre précédent mais du côté d'Hermione. Vous avez quelques précisions sur son comportement, et non, elle n'est pas mal à l'aise parce qu'elle est tombée sous le charme du dragonnier mais parce qu'elle est jalouse du favoritisme dont il a été l'objet ahah.

Et à la fin, oui, IL arrive bel et bien. C'était notre héros dans FJPAVSQ et c'est un personnage que j'apprécie tout particulièrement !

J'espère que ça vous a plu :)

A dans deux semaines !

Bises