CHAPITRE 1

Je me réveille en sursaut. Mon lit est mouillé de transpiration, mes cheveux noirs plaqués sur mon front. Ça fait deux mois que l'accident est arrivé. J'en fais des cauchemars pratiquement toutes les nuits. Je me redresse doucement afin de ne pas réveiller mon coloc profondément endormi. Dans la salle de bain, je retire mon tee-shirt et me mets à observer la trace blanche au niveau de ma poitrine. Ma douche terminée, je m'habille de mes éternels habits sombres et me dirige vers la porte. Dehors, le soleil est haut dans le ciel ce qui indique que la journée est déjà bien avancée. Ma montre affiche en effet 15h08. Mon rendez-vous chez la psy n'est qu'à 17h. Je sors mon téléphone de la poche et commence à pianoter dessus.

"Il t'en reste ?"

"Ouais, combien ?"

"10 grammes."

"Dans 1 heure. Même lieu."

Je range mon téléphone en laissant échapper un soupir. Mon ventre gronde. Je n'ai rien avalé depuis hier. Je me dirige alors vers un café. Je commande un cappuccino et un brownie à emporter. L'attente est longue tant l'endroit est plein à craquer.

J'observe les alentours quand mon regard se pose sur un jeune homme qui se distingue par sa taille. Il porte une chemise doré, un pantalon de tailleur noir et des chaussures vernis.

Mais ce qui saute le plus aux yeux, ce sont ses nombreux tatouages et piercings qui tranchent avec son look plutôt classe. Une horloge et une rose lui décore le cou. Un piercing lui transperce l'arcade sourcilière gauche et un autre le coin droit de la bouche. Ses poignets laissent eux aussi apparaître des tatouages, on devine alors aisément que ses bras sont également remplis de dessins. Ses cheveux marrons glacés sont légèrement plus courts sur les côtés, placés de sorte qu'une mèche lui retombe sur le côté gauche du front.

Les mains dans les poches, il semble attendre lui aussi que sa commande soit prête. Il se tourne légèrement vers moi, me prenant sur le fait en train de le détailler de la tête au pied. Je retourne violemment la tête, rougissant comme une écrevisse. Une serveuse m'interpelle ainsi qu'un certain Monsieur Kim. Je me précipite vers ma commande et en la récupérant je constate avec honte que "Monsieur Kim" est le jeune homme que je dévisageais quelques secondes plus tôt. Toujours aussi rouge, je presse le pas vers la sortie du café quand je sens une main me retenir le bras. Je fais face à l'inconnu canon et peine à déglutir tant je suis subjugué par sa beauté et le charisme qu'il dégage. Je perds totalement le contrôle de mon corps qui refuse de bouger. "Monsieur Kim" décide enfin de briser le silence.

"Salut, commence-t-il avec un sourire angélique, ta beauté à attirer mon attention alors si tu es d'accord pour faire connaissance ça serait avec plaisir, finit-il par dire, toujours aussi souriant.

- C'est... Je... Je... Euh..., bégaye-je, toujours aussi rouge. Il ricane légèrement avant de sortir une carte de l'intérieur de sa veste.

- Tu n'es pas obligé de répondre maintenant. Tiens voici ma carte, me dit-il en me la tendant."

Je la récupère du bout des doigts. Il repart sans un mot, me laissant pétrifié sur place. Je reprends petit à petit mes esprits avant de franchir à mon tour la porte du café. Dehors, le froid me ramène complètement à la réalité. Ma montre m'indique que je dois me dépêcher si je ne veux pas rater mon rendez-vous. Après quelques minutes de marche je rejoins une ruelle étroite et sombre. Un homme attend, adossé contre le mur.

"En retard., lâche-t-il sévèrement.

- Ouais, désolé.

- T'as les sous j'espère. Je sors l'argent de ma poche et les lui tends. Je récupère un pochon de poudre blanche en échange que je fourre au fond de ma poche."

L'échange terminé, je me remets en route pour le parc et arrive à l'endroit où Hoseok a l'habitude de faire une sieste. Je m'assois et déguste mon repas. Une fois finis j'entoure mes genoux avec mes bras laissant mes pensées divaguer une fois de plus. Je vais devoir reprendre le chemin de la fac. Des études que je n'aime pas, assis près de personnes qui ne m'intéressent pas. Sans parler de la psy que je dois me taper une fois par semaine alors que ça fait des mois que l'accident est arrivé. Et ce putain de boulot mal payé.

"Fais chier., je jure entre mes dents.

- Tu parles encore tout seul., dit la voix, interrompant mes pensées.

- La ferme Hoseok. Il rigole à mon langage cru. Je ne l'ai même pas entendu arriver. Je ne me retourne pas vers mon ami et je le sens s'asseoir près de moi. On reste là, dans le silence, pendant quelques minutes avant qu'il ne le brise.

- Tu sais pour l'audition…, tente-t-il maladroitement.

-Hoseok, t'es lourd."

Je l'entends soupirer. Après l'accident, j'avais reçu un coup de téléphone de l'agence de casting me redonnant une chance d'auditionner. Elle semblait très intéressée par ce que je lui avais proposé dans la vidéo de présélection. Sans réfléchir j'ai refusé. Hoseok m'en a d'abord voulu et essayé de me convaincre de nouveau sans résultat. Il a fini par abandonner et soutenir ma décision malgré sa déception et de tenter quelques fois de m'en parler. Cet accident a confirmé mes doutes. Le rap ce n'est pas pour moi. Je n'ai pas le droit de vivre mes rêves. A cause de lui, j'ai failli perdre mon Hoseok. Mon soleil. Je me tourne vers lui et l'observe silencieusement. S'il n'avait pas cette petite cicatrice au niveau de ma lèvre inférieure, j'aurais pu croire que l'accident n'était qu'un cauchemar. Il a toujours son petit sourire fixé à ses lèvres, comme s'il n'avait subi aucun traumatisme. J'envie souvent son côté optimiste. Je me demande parfois comment il fait pour supporter quelqu'un comme moi. La nuit tombe déjà. Je me résigne malgré moi à me lever.

"Je vais rentrer.

- Déjà ? On est samedi soir et tu reprends les cours que lundi !, s'indigne Hoseok.

- J'ai une séance et je te rappelle que je bosse demain.

- Te faire venir au boulot un dimanche... Quel enfoiré ton patron, réplique-t-il les sourcils froncé.

- Les livraisons n'ont pas droit au repos.

- Mouais... Au fait, tu sais que tu peux venir chez moi si t'en a marre du dortoir de la fac. T'auras rien à dépenser au moins.

- C'est bon. Tu sais que je préfère me débrouiller.

- Toi et ta fierté mal placée… Et avec ton coloc ?

- Ne parle pas de choses qui fâchent. Il est arrogant et se croit tout permis." Hoseok se redresse à son tour en rigolant.

- Essaye de l'approcher avec autre chose que ton air maussade. Fais toi des amis.

- Tu es mon ami.

- Je voulais dire d'autres amis.

- Mmmh. Je n'ai pas besoin d'autres amis. J'ai Hoseok et c'est suffisant."

Après s'être finalement salué, on se dirige chacun de son côté. J'arrive au cabinet de ma psy. Je passe la séance dans un silence total comme à mon habitude. J'ignore ses questions et me contente de fixer la fenêtre. Je ne le fais pas par impolitesse. Je n'ai rien à lui dire. Je jette un coup d'œil à l'horloge. Ma séance avec la psy se termine dans 5 minutes. Elle reste finalement silencieuse, attendant sûrement que je prenne la parole. Je redirige mes yeux vers la fenêtre. Le tic-tac de l'horloge me plonge dans une léthargie. Le soleil se couche, les derniers rayons vont bientôt disparaître. Le ciel est d'un mélange de rose, orange et violet. Les lumières des bâtiments s'allument peu à peu. Je sursaute à la sonnerie de l'horloge m'indiquant que la séance est enfin terminée. Sans un mot je me lève et me dirige vers la sortie. Dehors l'air est bon et j'accueille la brise avec joie.

Arrivé aux dortoirs je sors les clés de ma chambre. En entrant, je constate qu'elle est vide. On est samedi soir. L'autre doit être sorti. Je soupire en m'asseyant sur mon lit. Je rapproche ma table de chevet et sors le pochon de ma poche. La carte du canon tombe en même temps. Je me baisse et la ramasse. Je ne peux m'empêcher de penser à la façon dont sa beauté m'a subjuguée. Je fixe la carte pendant de longues minutes. Kim Namjoon. Namjoon. Alors c'est ça son prénom. Le Closet. Sûrement le nom du bar où il travaille. Par curiosité je tape ce nom sur internet et je suis surpris par ce que je vois. Ce n'est pas un simple bar mais un Host bar. Je comprends pourquoi il paraissait si charmant. C'est son métier. C'est plutôt bien joué de m'avoir donné sa carte de visite pour que je le recontacte. Une manière d'attirer aisément ses nouveaux clients. Mais il se fourre le doigt dans l'œil s'il pense qu'il va m'avoir. Je décide alors de faire un meilleur usage de sa carte. Je déverse un peu de la poudre blanche sur la table avant de tracer deux fines lignes à l'aide de la carte de l'host. Je me bouche une narine et me penche vers la première ligne que j'aspire à travers ma narine laisser libre. Je renifle bruyamment ne laissant aucune particule de la poudre s'échapper. La prise commence à agir quand je me penche pour faire de même avec la deuxième ligne. Je me lève jusqu'au frigo et emprunte une bière à mon coloc donc je bois goulûment les premières gorgées. L'effet de l'alcool mélangé à la drogue est immédiat. Je me sens léger et dans une totale plénitude. Je pose ma bière sur la table et m'allonge dans mon lit. Je mets un réveil pour le lendemain et ne tarde pas à sombrer.

Je réveille avec la bouche pâteuse et un putain de mal de crâne. Les yeux encore à moitié fermés, je fouille frénétiquement dans le tiroir de ma table de chevet faisant un boucan infernal. J'entends mon coloc râler dans son sommeil et me lancer un "la ferme". Je récupère enfin les comprimés et me lève récupérer une bouteille d'eau. Je la vide presque entièrement avant de me rallonger le temps que les comprimés fassent effet. Je me lève et me dirige vers la salle de bains. Je m'asperge le visage et me brosse les dents. Je n'ai aucune motivation pour prendre une douche. Une fois habillé, je me mets en route pour le boulot.

La journée passe lentement. Je m'essouffle encore rapidement à l'effort et mon épaule me fait toujours souffrir. J'encaisse la journée en silence, n'ayant pas le choix si je veux pouvoir payer ma chambre. C'est à ça que se résume ma vie. Des études chiantes et un boulot de merde. Heureusement que mon Hoseok est là. Mon éternel rayon de soleil. Je lui envoie un message lui proposant de se retrouver en fin d'après-midi. Je lui indique un endroit différent de celui habituel.

Après d'interminables commandes et livraisons me voilà enfin libre. Sur le chemin, je passe devant un salon de coiffure. Sans réfléchir je pousse la porte et me faufile à l'intérieur. J'en ressors une heure plus tard. Mes cheveux sont désormais vert menthe à l'eau, et rasés sur le dessous.

Je reprends mon chemin et arrive finalement à l'endroit du rendez-vous. C'est une petite place, entourée de grandes grilles noires. L'intérieur est rempli de fleurs en tout genre. Des bancs sont disposés tout le long de petits chemins menant au centre de la place où se trouve une fontaine. Quelques personnes se baladent, principalement des couples. Je choisis un banc un peu à l'écart. Je les observe. Est-ce qu'un jour j'aurais aussi le droit d'aimer ?

Les minutes puis les heures passent. La nuit est complètement tombée maintenant. La place se vide peu à peu, me laissant seul. Il fait un peu froid et je commence à me dire qu'il ne viendra pas quand je le vois apparaître devant moi, comme par magie. Il se dirige vers moi, en pressant le pas.

"Désolé Yoongi ! Mon cours s'est fini plus tard que prévu, s'excuse-t-il entre deux reprises de souffle.

- Tu aurais pu me prévenir, tu n'as même pas répondu à mon message, je lance avec agacement, le visage fermé.

- Je ne pouvais pas, j'étais en cours ! se justifie mon ami. Je ne réponds plus, vexé. Hoseok s'assoit doucement à côté de moi et pose une main chaude sur la mienne. S'il te plaît ne m'en veux pas... Je suis là non ? Tu sais bien que je ne t'ignorerais jamais par envie., dit-il de sa voix calme et douce."

Son geste et ses paroles m'apaisent. Alors que je reprends mon calme, il dépose un baiser du bout des lèvres sur ma joue. J'avais l'habitude de ses gestes d'affection mais la surprise me fit sursauter. Je plonge mon regard dans le sien et m'y noie pendant ce qui me semble une éternité. Ses yeux pétillants me suppliant de lui pardonner finissent de me calmer complètement.

"C'est bon, arrête de faire ton martyre., dis-je durement avant d'esquisser un petit sourire.

- Tu ne peux jamais m'en vouloir longtemps, répond-t-il fièrement en gonflant la poitrine.

- Ah vraiment ?, je questionne en arquant un sourcil.

- Et oui, c'est mon fabuleux pouvoir de séduction. Tu ne peux pas y résister. ajoute-t-il en rigolant."

Même si c'était dit sur le ton de la plaisanterie, je savais au fond de moi que c'était la vérité. Est-ce ça l'amour ? Ou est-ce juste parce que c'est mon meilleur ami ? Mon seul ami. Et que le perdre me ferait faillir. Je n'imagine pas ma vie sans mon Hoseok. Peu importe que ce soit de l'amour ou tout autre chose. Mon soleil. L'étoile qui me guide à travers l'obscurité. Avant de le rencontrer, la dépression commençait doucement à me ronger. La violence de mon père, la maladie de ma mère. J'avais une vie insupportable. Les choses ont empirées après le suicide de mon frère. Mon père s'est noyé dans l'alcool et moi dans mes crises d'angoisses de plus en plus fréquentes. Jusqu'à ma rencontre avec un garçon de mon lycée. Premier mots, premiers baisers. Les moments tristes semblaient loin en sa compagnie. On a voulu franchir le cap de la prochaine étape. Mon père nous a surpris à moitié nus dans ma chambre. Il me mettait à la porte le lendemain.

Une sensation étrange sur ma tête me sort de ma rêverie. Hobi, comme je le surnomme parfois, me caresse doucement les cheveux.

"Cette couleur te va particulièrement bien Yoongi, tu as bien fait de changer. Il me regarde étrangement. Si je ne le connaissais pas, j'aurais pu croire qu'il est amoureux. Mais ce n'est rien de plus qu'un autre de ses gestes de tendresse amicaux.

- Merci. J'ai hésité avec du violet.

- Tu as fait le bon choix. continue-t-il de me complimenter. Il finit par enlever sa main stoppant ses douces caresses. Tu continues à prendre tes médicaments hein ? demande-t-il avec une pointe d'inquiétude dans sa voix.

- Oui, mentis-je."

Il hausse un sourcil, doutant de la véracité de mes paroles. Je détourne la tête, honteux de mon mensonge. Je n'en suis pas fier mais je ne veux pas l'inquiéter. Cela fait déjà quelques semaines que je ne les prends plus, même si je sais cela dangereux après mon opération du cœur. Mon boulot me permet à peine de couvrir mes frais et si je lui en parle il se précipiterait pour me proposer son aide. Je lui ai déjà trop causé de soucis. Il a failli mourir par ma faute. Mes jambes commencent à bouger seules. Je sens que j'ai besoin d'une dose. Il faut que je détourne mon esprit. Hoseok va me tuer s'il l'apprend.

"Alors tes cours ? je demande essayant de cacher ma nervosité.

- Ça se passe bien, on est une bonne équipe cette année. Je n'ai pas encore retrouvé toute ma mobilité et ma souplesse mais je gère. Je sens des larmes me monter aux yeux après sa révélation. Je m'en doutais mais l'entendre le dire me pique au plus profond de mon être. Il a l'air de l'avoir remarqué car il ajoute de sa voix douce :

- T'en fais pas Suga, ce n'est rien. A force d'exercices j'aurais tout récupéré d'ici quelques semaines."

Suga. Si une autre personne osait m'appeler comme ça, je lui dirais d'aller se faire foutre. Mais dans sa bouche, ce surnom sonne comme une mélodie à mes oreilles. Son grand sourire lumineux m'apaise un peu. Je hoche la tête de haut en bas. Je ravale mes larmes et force un sourire pour le rassurer.

"Ah voilà qui est mieux ! Aller, on va manger un truc ? J'ai tellement faim !" s'exclame-t-il en se levant.

J'acquiesce de nouveau en me levant à mon tour. Nous quittons la place et nous nous dirigeons vers le restaurant le plus proche. Je profite de ce moment avec mon Hobi sachant qu'une longue semaine m'attend. A la sortie on se dit au revoir avec une étreinte amicale. Il en profite pour m'embrasser le front avant de s'éloigner dans la nuit.

Ma chambre a été prise d'assaut par mon coloc et deux de ses amis. Je rentre sans un mot et me dirige vers la table ou je prends discrètement mon pochon et la carte du host. Je sens les regards indiscrets des invités indésirables et je me rends dans la salle de bain. Les deux lignes tracées sur le lavabo, je procède comme hier. La drogue agit lentement. J'observe mon reflet. J'ai le teint encore plus blafard que d'habitude. En soupirant, je range mes affaires dans ma poche et je retourne dans la chambre remplie de bruits et de rires bruyants. Je m'allonge sur mon lit et met mon casque sur les oreilles. Je suis sûr que cet imbécile a fait exprès de les ramener ici pour m'emmerder. Il pense réellement que je ne sais pas qu'ils me dévisagent tous depuis tout à l'heure ? Je ferme les yeux quelques instants avant de sentir une main enlever mon casque.

"Dégage ! Ne touche pas à mon casque !, je m'exclame en arrachant ce dernier des mains de mon coloc.

- Hé Taehyung t'avais raison, un vrai sauvage ! dit en rigolant un des deux bouffons."

Je m'abstiens de répliquer en ne voulant pas déclencher une bagarre. La dernière chose dont j'ai besoin est de me faire virer du dortoir. Je lève les yeux vers Taehyung attendant une réaction de sa part. Mais il se contente de me fixer avec son éternel petit sourire arrogant.

Ses cheveux noirs ondulés sont coiffés en pagaille. Un curieux tatouage décore joliment son cou. Il en possède un autre sous son œil droit, une phrase. "The shadow like me". Ses yeux marrons ont la particularité d'être orangé à la lumière. Il est grand et élancé. Ses longs doigts fins jouent avec un paquet de cigarette dans sa main. Son visage a l'air de sortir tout droit d'un dessin. Il est trop parfait.

"T'es pas du genre à partager hein. finit il par lâcher toujours souriant. Tu crois que je sais pas ce qu'il y a dans ta poche là ? Mon cœur s'accélère d'un coup. Comment est-il au courant ? D'un bond je me lève de mon lit.

- T'as fouillé dans mes affaires ?! Je ne lui laisse pas le temps de réagir et malgré qu'il soit bien plus grand que moi je le saisis par le col de sa chemise. La pièce est devenue calme. Ses deux acolytes restent silencieux et ne ratent pas une miette de la scène. Il éclate de rire et d'un geste me repousse facilement.

- Et du calme, tu risques de te blesser. D'ailleur, je crois que c'est toi qui a commencé à fouiller dans mes affaires. Il pointe du doigt la canette de bière à moitié pleine posée sur ma table de chevet. Je sers les poings. Je commence à m'avancer de nouveau vers lui près a en lui décocher une quand il me stoppe. T'es pas en position de force. Je te signale que nous sommes trois pour commencer. Ensuite, tu as de la drogue sur toi. Je peux aller te dénoncer tout de suite. Il avait dit cela dans le plus grand calme, son sourire toujours scotché à ses lèvres. La peur paralyse mes jambes. Je sentais déjà le sol s'enfoncer sous mes pieds quand il leva une main. Mais je n'ai pas dit que j'allais le faire. En tout cas pas pour le moment. Tu dois me rembourser la bière que tu as prise sans mon autorisation. Et pour ça je te propose juste de partager ta came avec nous. Et tout ira bien. Il m'avait pris au piège comme un lapin le connard. Sa proposition déguisée en ruse me met hors de moi. Mais je n'ai pas le choix que d'accepter. Je desserre les poings avant de plonger une main dans ma poche et d'en sortir ce qu'il attendait. Bien. A défaut d'être poli tu es au moins tu es intelligent."

Il tend une main ou je dépose le pochon. Après quelques minutes, il avait dessiné quelques lignes. J'observe la scène de mon lit quand il m'interpelle.

"A toi l'honneur. Je hausse un sourcil, méfiant. Voyant que je ne bouges pas il ajoute: T'inquiète pas, il n'y a pas de piège. Je ne suis pas à ce point un connard."

Je m'avance alors doucement vers eux et aspire une ligne blanche. Il fit de même ainsi que les deux autres. Il recommence jusqu'à qu'il n'y ai plus de poudre. Il sort alors un billet de sa poche qu'il me tend.

"Prends le. Ce que je consomme, je le paye."

Je lui pris le billet des mains. Tous se levèrent et il enfila une veste en cuir noire. Il se retourne vers moi.

"On sors. Ca te dit de te joindre à nous ?

- Non ça va, j'ai cours demain. A quoi il joue ? On n'est pas potes et i peine quelques minutes je voulais lui mettre mon poing à la figure.

- On a tous cours demain, réplique-t-il en rigolant. Après une hésitation, je finis par accepter. Après tout, une sortie ne me ferait pas de mal. Essaye de t'habiller un minimum.

- Où on va ? je demande étonné.

- Un endroit que je doute que tu aies l'habitude de fréquenter."

Je me resigne à sortir un jean noir de mon placard ainsi qu'un tee-shirt simple blanc. Je finis de me préparer en enfilant une jacket noir.