Coucou !
Décidément, c'est un festival cette semaine ! J'ai réussi à mettre à jour tout mes projets. Et ce Dimanche, vous reprendrez bien un peu de ce ship désastreux ou absolument rien ne va ? Allez.
J'ai dit que Doflamingo risquait d'être insupportable et odieux ? Il l'est.
Crocodile avait prit sa décision à l'issue du deuxième jour.
Il n'était pas certain que ce soit une bonne idée mais il y avait certainement un moyen de tirer avantage de la situation. Il savait qu'il ne devait pas prendre Doflamingo pour un imbécile et rester sur ses gardes, ainsi tout se passerait bien. Du moins, aussi bien qu'il pouvait l'espérer; ça n'allait sûrement pas être facile de supporter une telle collaboration.
A peine avait-il accepté la proposition que Doflamingo l'avait invité à le rejoindre aussitôt dans son palais de Dressrosa. Il n'y avait encore jamais mis les pieds et il n'avait absolument aucun enthousiasme à le faire. Il avait d'abord refusé – croyant à une nouvelle idée lubrique du corsaire – puis avait cédé quand il lui avait garanti que tout était en lien avec son envie de renverser le nouveau despote de l'île aux Mille Cristaux, car c'était là son nom.
Evidemment, il était hors de question que Crocodile ne fasse pas ses propres recherches sur le sujet, il ne tenait pas à être totalement dépendant de Doflamingo. Cette fameuse île était bel et bien articielle et ne flottait que grâce à une machinerie complexe et gigantesque. Il était difficile de croire que son seigneur, le Souffleur de verre, ait pu réunir autant de main d'œuvre en si peu de temps et fraîchement échappé d'Impel Down. Il y avait certainement un fruit du démon là-dessous. Il n'avait pas pu avoir plus d'informations sur le personnage lui-même, à priori difficilement approchable, comme on pourrait l'attendre d'un gourou.
Toujours est-il qu'il avait pris soin de se renseigner au maximum avant de débarquer sur Dressrosa, pour ne pas se laisser dominer par son nouvel "allié". En territoire ennemi, il devait être sur ses gardes, le moindre faux pas pouvait le mettre en mauvaise posture.
Dès l'instant où il posa le pied sur l'île, il sut qu'il était en terrain hostile. La capitale de Dressrosa était une ville qui paraissait conçue pour lui infliger la migraine ; tout y était bruyant et lumineux. La musique résonnait dans les rues, les passants dansaient et les innombrables jouets – détail insolite du pays dont Crocodile se fichait plus ou moins – tintaient, sonnaient, grésillaient ou hurlaient avec des voix de crécelle. C'était insupportable. Mais c'était sans compter les odeurs de fleurs et les nombreuses bagarres qui se déroulaient dans les rues, à tout bout de champ. Tout cela était trop "chargé" pour lui. Il avait une sainte horreur du vacarme et Dressrosa, à l'image de son invivable souverain, en était l'incarnation. Au moins, Alabasta, bien que désertique et morose, avait un charme paisible qui lui manquait un peu.
Heureusement, tout ce tintamarre avait un avantage certain : il pouvait se faufiler jusqu'au palais sans que personne ne le remarque. Il y avait peu de chance que la Marine l'arrête, puisqu'il était là sur invitation du Roi en personne, mais il n'avait pas envie qu'on pose les yeux sur lui. Il ne manquerait plus que des rumeurs naissent quant à sa présence dans les parages et il avait déjà donné. Il ne fallait surtout pas compter sur Doflamingo pour les faire taire, cela l'amusait beaucoup trop de maintenir l'ambiguïté sur leur relation. Rien que la précipitation avec laquelle il lui avait demandé de venir jusqu'au palais était suspecte. Cela ne faisait même pas une semaine qu'il avait accepté son offre et voilà qu'il le conviait déjà chez lui. Cela paraissait bien rapide mais il n'avait rien à perdre en acceptant de venir. Et les opportunités venaient à manquer, il n'avait pas vraiment le choix.
Toutefois, il refusa de se présenter à l'entrée du palais. Il n'avait aucune envie de s'infliger le protocole et les salutations aux sous-fifres de Doflamingo, cela durerait des heures et il n'avait pas l'intention de s'éterniser. Il n'avait jamais rencontrés ces gens mais combien de fois il l'avait entendu déblatérer sur ceux qu'il qualifiaient comme étant "des membres de sa famille" ? Encore une vaste blague venant d'un homme coupable de parricide et de fratricide.
Une fois arrivé devant le palais, il examina les différentes entrées et réfléchit à l'endroit le plus probable où devait se trouver sa majesté en ce moment. Il n'hésita pas très longtemps. Le connaissant, Doflamingo n'allait sûrement pas le recevoir dans sa salle du trône, comme un roi est censé le faire. Ce n'était pas son style.
Crocodile grogna, il était prêt à parier que, s'il y avait une piscine quelque part dans ce palais, c'était là qu'il le trouverait. Toujours soucieux d'éviter de se faire remarquer, il fit appel à son pouvoir et se décomposa doucement en un une mer de sable, prêt à suivre le vent. Il survola le palais quelques instants avant d'apercevoir une terrasse ensoleillée et une piscine, dans laquelle se baignait une femme. A quelques mètres d'elle, occupé à siroter une bouteille sous un parasol, paressait Doflamingo.
– Pathétique, grogna Crocodile.
Il tournoya jusqu'à lui et reprit forme humaine juste en face de sa chaise longue. La femme poussa un hoquet de surprise horrifié mais Doflamingo parut ravi.
– Ah ! Enfin, j'ai cru que tu ne viendrais jamais.
– La question s'est posée, en effet.
Il afficha un petit sourire puis il se leva, reposant sa bouteille dans un seau de glace. Il claqua des doigts à l'intention de la femme qui se baignait – une très jolie brune – et lui lança un "Laisse-nous" froid. Elle hésita un instant et quitta le terrasse, après avoir jeté un regard perçant et mauvais à Crocodile, qu'elle avait parfaitement reconnu et qu'elle n'avait pas l'air ravi de voir ici.
– Je dérange peut-être ?
– Comme si ça te préoccupais, ricana Doflamingo. Fais pas attention, mes gonzesses sont souvent jalouses. C'est culturel à Dressrosa.
– Félicitations, dit Crocodile, sarcastique. Elle à quoi ? Vingt ans de moins que toi ?
– Douze. Mais bref, tu veux boire quelque chose ?
– Non, pourquoi tu m'as demandé de venir ?
Il ne répondit pas tout de suite, il se contenta d'enfiler une chemise et de reprendre sa bouteille pour boire au goulot. Il le faisait exprès, pour dégoûter Crocodile, qu'il savait répugné par ce genre de manière. Mais il ne broncha pas, ce n'était qu'un avant-goût. S'il bronchait, s'il montrait un signe de faiblesse, c'était foutu.
– Grouille toi, sinon je me casse.
– Ca va, relax.
Il releva ses lunettes sur son front, dévoilant ses yeux. C'était rare. Crocodile ne savait pas s'il devait interpréter ce geste ou se contenter d'écouter ce qu'il avait à dire. En tout cas, c'était toujours étrange de le voir sans lunettes, ses yeux ne reflétait absolument pas sa personnalité ; ils étaient trop "doux" pour lui. Ou du moins, ce regard devait avoir l'air doux sur ses parents proches. Lui, avec de telles paupières lourdes et tombantes, ils lui donnaient l'impression d'être mort à l'intérieur. Il était finalement plus expressif avec ses lunettes.
– J'ai eu des nouvelles du petit gourou de merde, dit-il finalement avec un sourire. Figure toi qu'il me fait du gringue. Enfin, il a dû entendre dire que ce n'était pas une bonne idée de se lancer dans la contrebande de fruit du démon en ce moment et mon nom à dû être cité.
– Je croyais que tu faisais ça sous pseudonyme ? Joker.
Une lueur prédatrice passa dans les yeux de Doflamingo. Crocodile ne s'en formalisa pas, c'était la réaction attendue. Il voulait lui faire comprendre que lui aussi savait deux ou trois petites choses qu'il n'était pas censé savoir.
– Bien vu, répondit-il, mi-admiratif, mi-agacé. Mais comme tu l'as apparemment constaté, entre courtiers ça parle. On sait un peu qui est qui et ce guignol a probablement appris par un espion que c'était mon domaine. Alors, il a dû réfléchir deux minutes et s'est dit que c'était sans doute plus malin de me lécher le cul que de me faire concurrence. Résultat...
Il fouilla dans sa poche et en sortit un petit carton d'invitation qu'il tendit à Crocodile.
– Je suis cordialement invité à sa "cérémonie d'inauguration du nouveau Paradis de Grand Line".
– Génial. Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?
– Je compte y aller.
Crocodile haussa un sourcil.
– Et le tuer, évidemment, ajouta-t-il, comme une évidence. Mais c'est pas beau ça ? Le mec m'invite tout seul comme un grand. Même pas besoin de faire ça discrètement, je peux passer par la porte d'entrée et piller le buffet.
– Dis moi tout de suite le rapport avec moi sinon je te jure que je te fais sécher, dit-il, à bout de patience.
– Tu seras mon plus un.
Crocodile ferma les yeux une minute, à bout de nerfs. Il n'en pouvait plus d'avoir l'impression de discuter avec un vieil adolescent.
– Je te demande pardon ?
– Je vais quand même pas y aller tout seul, je vais avoir l'air d'un con sinon. Et puis, tu ne veux pas savoir quelle tête aura ton nouveau fief ?
Il marquait un point. Crocodile éprouvait une certaine curiosité vis à vis de cette île. Si elle pouvait lui servir de nouveau quartier général – quitte à se débarrasser de Doflamingo plus tard – il valait mieux qu'il l'observe de ses propres yeux.
– Bon, très bien. Quand doit avoir lieu cette cérémonie ?
– Ce soir.
– Quoi ?!
– Il est hors de question que je porte ça.
Crocodile était au bord de l'explosion. Il sentait sa veine palpiter sur son front tant il était en colère. Il aurait dû s'y attendre, Doflamingo était bel et bien le roi des traquenards. Maintenant, il se voyait presque forcé de se rendre à une soirée mondaine – si tant est qu'on puisse la qualifier ainsi, entre truands. Et bien sûr, comme si ce n'était pas suffisamment humiliant de devoir s'y rendre et prétendre s'amuser pour mieux coincer le taulier, Doflamingo s'était mis en tête de "l'habiller pour l'occasion".
– Tu ne vas quand même pas y aller comme ça, avait-il dit en le dévisageant de haut en bas, la lèvre retroussée de dégoût.
– Si, et tu ne me feras pas mettre autre chose.
– Mais si, mais si. Je suis sûr que j'ai un truc à ta taille dans ma garde robe.
Et voilà comment, à présent, il se trouvait dans le dressing de Doflamingo, à le regarder lui proposer des tenues toutes plus extravagantes les unes que les autres. Et il le faisait avec un tel sérieux qu'il avait l'impression qu'il voulait l'aider à choisir un costume de marié. Mais il n'était pas dupe, c'était bel et bien pour lui faire perdre ses moyens. Seulement, c'était si grossier que Crocodile avait bien du mal à garder son calme.
– Et ça ? Se moqua-t-il, en lui présentant une tenue de cuir, qui ne se portait que dans certaines soirées à thème dont Crocodile n'était, à l'évidence, pas franchement friand. Il n'apprécia pas du tout la plaisanterie.
– Je vais t'arracher les yeux avec mon crochet.
– C'est fou ce que t'es coincé, répliqua Doflamingo avant de replonger dans son armoire.
Crocodile, à bout de patience, se dirigea vers la sortie. Il avait mieux à faire que de regarder Doflamingo se payer sa tête. Il avait beau savoir qu'il ne devait pas afficher de contrariété, il ne fallait pas abuser non plus. Il n'était pas là pour jouer au docteur avec son ancien partenaire.
– Ca va, ça va, je déconne, reste, insista le corsaire.
Les portes du dressing se refermèrent aussitôt, pour l'empêcher de quitter la pièce. Il aurait très bien pu la réduire en poussière mais il savait que Doflamingo ne comptait pas le lâcher. Il avait l'habitude, il lui suffisait d'attendre qu'il termine son petit numéro en serrant les dents. Mais aujourd'hui, il n'était vraiment pas d'humeur. La perspective de se montrer au bras de Doflamingo à une cérémonie lui avait ôté toute envie d'agir intelligemment.
Après avoir passé encore quelques minutes à fouiller, Doflamingo ressortit de l'armoire et lui lança un blouson en cuir, bleu électrique.
– Tiens, mets ça, ça devrait t'aller.
– C'est quoi cette horreur ?
Le souverain lui répondit par un sourire malin. Il avait décidé de l'humilier et était en train de jubiler.
– Si tu crois que je vais te laisser avec des trucs qui datent du siècle dernier, tu rêve, dit-il. Si tu m'accompagnes, tu soignes ton image, c'est tout.
– J'ai pas envie de t'accompagner et ça va se voir sur mon visage. Je ne partage pas ta vulgarité, désolé, grogna Crocodile, déterminé à quitter la pièce.
Il força un gros coup sur la poignée et s'en alla. Si c'était pour se faire parler comme à un gosse, il préférait s'en aller et laisser l'autre se débrouiller tout seul. Il pouvait aussi lui faire payer ses blagues par la violence mais il n'était pas assez idiot pour faire ça en terrain ennemi.
Et en parlant d'ennemi, dès qu'il eut passé la porte, il tomba nez à nez avec l'un des subordonnés de Doflamingo. Un géant poisseux et répugnant qui répondait au nom de Trebol. Il avait déjà eu l'occasion de le croiser plusieurs fois et ça n'avait jamais été très agréable, en parti parce que cet homme n'avait aucune notion d'espace personnel et adorait imposer son énorme mufle gluant à la face de n'importe qui.
– Oh, Sir Crocodile, quel bon vent vous amène ?
– Hors de ma vue, grogna-t-il.
Doflamingo, apparemment très amusé par la tournure des choses, surgit hors du dressing et passa son bras autour des épaules de Crocodile.
– Il est là pour affaire Trebol, pas de quoi s'alarmer.
– Enlève. Ta. Main.
Il lui envoya un jet de sable au visage mais il ne le lâcha pas pour autant. Si seulement il ne gardait pas ses maudites lunettes, il pourrait peut-être en avoir enfin dans les yeux et lui pourrait le regarder gémir de douleur et chouiner comme un gosse. Mais il ne fallait pas trop y compter. Il était encore moins enclin à montrer ses faiblesses devant Crocodile. C'était déjà arrivé mais cela avait failli lui coûter la vie.
– Je te sens un peu à cran, tu sais quoi ? On reviendra aux essayages plus tard...
– Jamais de la vie.
– Et pour le moment, continua Doflamingo. On va aller boire un coup en famille, parce que je sens que t'as besoin de te détendre un peu toi.
Crocodile reconsidéra soudain ses options, il avait trois choix : partir vexé et risquer de perdre un butin qui lui serait extrêmement utile, en plus de risquer de se faire rappeler cette anecdote pour le restant de ses jours, rester dans le dressing de Doflamingo et finalement accepter de sortir habillé comme s'il allait passer la soirée en boîte de nuit mais avec une promesse de nouveau territoire à la clé, ou bien rencontrer "sa famille".
Il ne se posa pas la question très longtemps, il avait déjà assez d'un seul spécimen à supporter, il n'allait pas s'infliger tout le cortège. Et il était hors de question de faire une croix sur ce qu'on lui avait promis. Il se dégagea de la prise de Doflamingo et grogna d'agacement :
– Qu'on en finisse avec ses sottises.
Doflamingo, le sourire aux lèvres, le rejoignit.
– Quel tempérament ! C'était plus drôle quand tu ne faisais pas tant de manières !
– Ferme-là.
La soirée attendue promettait d'être longue. Très longue.
Edit : Alors, petite précision parce que j'ai vu dans les commentaires que c'était pas forcément clair : la fille qui se trouve dans la piscine de Doflamingo c'est Viola. Et elle a douze ans de moins que lui (donc 29 ans) mais ce n'est pas une enfant ! Je n'aurais jamais écrit un truc pareil et encore moins dans le cadre d'une fanfic humoristique. Je voulais juste montrer que Crocodile est conscient que Doflamingo agit comme un prédateur en choisissant des femmes plus jeunes, vous ne verrez pas de relation majeur/mineur dans mes fanfics.
