Hello !
Je sais il a tardé celui-là, pardon !
J'ai eu une mauvaise passe et une mauvaise semaine, j'avais besoin de me reposer. J'essaye de reprendre le travail tranquillement, on approche de la fin !
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de se défouler et il y prenait beaucoup de plaisir. Ces pauvres gardes n'avaient même pas le temps de donner l'alerte, la surprise avait raison d'eux avant qu'ils ne puissent faire quoi que ce soit pour se défendre. Et ceux qui étaient assez lucides pour tenter une riposte finissaient tranchés sans pitié par des millions de grains de sable.
Il aurait préféré un minimum de challenge, histoire de s'entraîner un peu, mais d'un autre côté il était pressé. Le seul adversaire digne de ce nom était le Souffleur de Verre et puisque Doflamingo avait décidé d'en faire sa proie : grand bien lui fasse, il le lui laissait volontiers. Lui se chargerait de récupérer les trésors et les secrets de l'île. Pour le moment, la chasse n'était pas fructueuse. Il s'enfonçait petit à petit dans les couloirs sans trouver quoi que ce soit d'intéressant.
Le palais était rempli de pièces inutiles et surchargées de décorations outrancières. Il avait eu le temps de visiter une salle de banquet, un salon de poker et des bains thermiques avant de commencer à s'agacer. Ce qu'il cherchait était sûrement caché dans les caves, où dans les profondeurs de l'île. Là où un trafic pouvait s'opérer tranquillement, à l'abri des regards. Seulement, celles-ci étaient compliquées à atteindre. Les mécanismes qui permettaient aux bâtiments et aux montagnes de flotter ne cessaient de s'enclencher les uns après les autres pour modifier la structure de l'île en fonction des courants et — il le supposait — de la volonté de son créateur.
Ce qui expliquait pourquoi il avait eu temps de mal à trouver une carte. Il n'y en avait pas, puisque les plans changeaient en permanence.
Fatigué de tourner en rond, il craqua et fit appel à son pouvoir. Aucune porte, aucune plate-forme ne pouvait lui tenir tête, il n'avait qu'à faire tomber le sol en poussière pour se retrouver à l'étage inférieur. Maintenant qu'il avait eu l'occasion de tester la force de ses adversaires, il ne se préoccupait plus trop de la discrétion dont il était censé faire preuve.
Il posa sa main à plat, juste en-dessous de ses pieds, et assécha l'étrange minéral qui régnait en maître sur cette île. L'érosion fut plus un peu plus longue que d'habitude, il s'en étonna, même s'il ne lui résista pas longtemps. Un trou béant apparu et il s'y laissa tomber, après s'être changé en ban de sable.
Il était arrivé à destination ; de là où il était, il pouvait contempler les remous des vagues et les nombreux bateaux pirates amarrés là, bien à l'abri du regard des malheureux qui étaient tombés dans le piège de ce faux paradis. Des hommes – bien bâtis et armés, rien à voir avec les pauvres gringalets en toge mauve – gueulaient sur d'autres, et vérifiaient le contenu de grandes caisses en bois, prêtes à partir.
Il venait certainement de trouver la preuve du trafic de fruits du démon dont Doflamingo parlait. Quel dommage, ça ne l'intéressait pas du tout. Il laisserait au corsaire le soin de se débrouiller tout seul avec ses histoires. Il voleta un peu plus loin, toujours en quête d'une cave plus discrète, où pouvait se cacher une stèle.
Un brouhaha attira son attention ; des soldats couraient dans tous les sens, paniqués, et se dirigeaient vers des escaliers, sous les ordres des pirates. Ce n'était pas lui le problème, il était sûr de ne pas avoir été repéré. Il s'arrêta une seconde et tendit l'oreille. Un petit groupe se chargeaient de protéger une malle, fermée à clé, et se murmuraient des ordres qui les faisaient paniquer. Crocodile n'était pas sûr mais il crut pendant une seconde entendre le nom de Barbe Noire.
[Ellipse]
L'ambiance était tendue dans la salle, Doflamingo jubilait. Les convives ne cessaient de lui jeter des coups d'œil inquiets, tous avaient peur qu'il brise ses chaînes à tout moment. Les gardes chargés de veiller sur lui étaient un peu plus confiants depuis qu'ils étaient certains que les menottes en granit marin étaient efficaces. L'un d'eux s'était même permis de lui coller un petit coup de pied. Il lui avait répondu avec un sourire menaçant qui lui avait fait regretter son geste.
Toute cette mascarade l'amusait énormément mais il ne savait pas ce qu'il trouvait le plus risible : qu'on pense pouvoir le stopper avec des menottes, qu'on le laisse assister tranquillement à l'enchère comme si de rien était ou de savoir que Crocodile se baladait librement dans les couloirs sans que personne ne parvienne à lui mettre la main dessus. Il y avait vraiment de quoi s'esclaffer.
En attendant que le "spectacle" commence, il observait les environs pour essayer de comprendre comment le propriétaire des lieux comptait les mettre à mort. Il était certain que ce n'était pas à l'aide d'un gaz ou d'une arme du genre – César Clown était bien au chaud sur Punk Hazard et s'il avait eu l'idée saugrenue de le doubler, il l'aurait su. Il pensait que ça avait quelque chose à voir avec la structure de l'île : depuis qu'ils étaient entrés dans le hall, les murs et les fondations n'avaient jamais cessé de bouger.
Soudain, les lumières de la salle s'éteignirent. Quelques "aaaah" impatients retentirent pendant que des projecteurs enflammés éclairaient peu à peu la scène, pour donner au tout une atmosphère dramatique tout à fait dispensable. Doflamingo ignora le show d'entrée des bonhommes à qui le Souffleur avait délégué le déroulement des enchères et observa la pénombre. Il n'y avait plus grand monde dans la salle mais il restait quelques pions, derrière l'estrade, les mains prises par des petits coffrets en cuir. Il n'était pas difficile de deviner leur contenu.
Les lots qu'on allait leur proposer étaient des fruits du démon. Il trouva étonnant que le gourou prenne le risque de dévoiler ses magouilles aux yeux de tous, voulait-ils vraiment se débarrasser de ses fruits ou simplement se faire une idée des meilleurs acheteurs ? L'émissaire avec qui il traitait habituellement ne lui plaisait plus ?
Peu importe, il avait une idée et allait sans doute bien s'amuser.
Un premier fruit fut proposé à la vente – un zoan – et quelques pancartes se levèrent timidement. Doflamingo si fit oublier et attendit qu'un lot plus intéressant face son entrée avant de faire quoi que ce soit. Le gérant était toujours là, à siroter un verre d'alcool au fond de la salle, le sourire aux lèvres. Il allait prendre énormément de plaisir à effacer de son visage cette expression satisfaite.
Lorsqu'un nouveau fruit fut présenté sur scène, il laissa brandir quelques pancartes, puis s'écria :
– J'en offre 500 000 berrys !
L'assemblée toute entière se retourna pour l'observer, stupéfaite par son geste. Au loin, il vit que son audace avait eut l'effet escompté. Son ennemi ne souriait plus du tout. La mâchoire serrée, il quitta sa cachette et aboya dans sa direction.
– Qu'est-ce que vous faites ?
– Ben quoi ? Je ne peux pas participer ? J'aurais bien utilisé une pancarte moi aussi mais j'ai les mains attachées, alors je suis bien obligé de brailler…
Le Souffleur de Verre, méfiant, ordonna à ses sous-fifres de continuer. Doflamingo, ravi, continua d'enchérir, en annonçant des montants de plus en plus chers. Plus personne n'osa se manifester. Il se demanda une seconde ce que Crocodile penserait de tout ça et regrettait qu'il se soit éclipsé si rapidement. C'était beaucoup moins drôle d'enrager des ennemis s'il n'était pas là pour le voir.
Il n'était pas dupe, il se doutait bien qu'il était parti pour mettre son propre plan à exécution, il n'avait jamais eu l'intention d'attendre bien gentiment qu'on subvienne à ses besoins comme une maîtresse particulièrement exigeante – il ricana lorsque la comparaison lui vint à l'esprit – il cherchait sûrement un moyen de le poignarder dans le dos, quelque part dans les méandres de l'île.
[Ellipse]
Quand enfin il trouva la salle aux trésors, il dut avouer qu'il trouvait tout ce paysage plaisant. Des coffres remplis de pierres précieuses à perte de vue, des berrys jusqu'au plafond, des antiquités et toutes sortes de marchandises rares qui s'étendaient à perte de vue. Il les contempla une seconde puis s'en détourna. Il aura tout le temps de faire les comptes quand cette île sera sienne. Pour le moment, ce qu'il voulait, c'était trouver cette maudite stèle.
Il zigzagua quelques minutes entre les coffres avant de trouver ce qu'il voulait. Ce n'était pas un ponéglyphe à proprement parler mais une reproduction sur un parchemin. Il n'était pas capable de le lire – du moins pas plus d'un ou deux caractères, ceux que Nico Robin avait pris soin de traduire devant lui – mais il les reconnaissait. Il empoigna le parchemin et le parcourut rapidement, afin de voir s'il pouvait en saisir l'idée générale. Il n'avait aucun intérêt pour les ponéglyphes historiques, tout ce qu'il souhaitait, c'était retrouver les armes antiques. Il roula le parchemin et le glissa délicatement dans une des poches de sa veste, il l'étudiera une fois au calme.
– On ne bouge plus ! S'exclama une voix derrière lui.
S'en suivirent les bruits caractéristiques des fusils que l'on met en joug. Il soupira et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Tous les pirates qu'il avait aperçu quelques minutes plus tôt l'avaient encerclé. Il s'étonna de voir qu'ils avaient stupidement déserté leur poste pour venir l'affronter.
– C'est à quel sujet ? Demanda-t-il.
– Le boss avait dit que tu essaierais de fouiner dans ses affaires, on va te faire ta fête, Croco !
– Est-ce que votre boss vous a dit que je n'avais plus mes menottes ?
Tous grimacèrent à l'unisson en réalisant leur erreur.
– Imbéciles.
Ils firent feu et il se volatilisa en une traînée de sable, prêt à riposter.
[Ellipse]
– Bon, ça commence à bien faire maintenant !
A bout de nerfs, l'ennemi se précipita sur scène et ralluma les lumières, rageusement. Doflamingo pouffa. Il ne pensait pas réussir à le faire sortir de ses gonds aussi rapidement.
Ignorant la foule médusée, il le prit à parti, sans plus se soucier de la discrétion qu'il était sûrement censé mettre en œuvre s'il voulait tromper la vigilance de tous. Doflamingo avait surenchérit pour chaque lot proposé, sans s'arrêter et avait obtenu ce qu'il voulait : enrager son adversaire.
– Vous avez vraiment besoin de tous ces fruits ? Demanda le Souffleur de Verre, en essayant de retrouver son calme. Je croyais que vous en aviez à disposition…
– Non, c'est vrai que j'en ai pas vraiment besoin. Mais je voudrais bien racheter une chose.
– Comme quoi ?
–Cette île.
– C'est une blague ? Grogna-t-il, sans se soucier de l'agitation qui gagnait ses invités.
– Oui, au temps pour moi, se rattrapa Doflamingo. Je ne vais pas l'acheter, je vais la prendre par la force.
Un silence s'installa pendant quelques minutes. L'inquiétude grandissait parmi les spectateurs de cette étrange altercation. Finalement, l'hôte éclata de rire.
– Vous manquez pas de souffle, vous. Me menacer alors que vous êtes pieds et poings liés.
Une explosion retentit quelque part sur l'île et secoua toute la salle. Les invités paniqués – et sentant la catastrophe arriver – se levèrent et se précipitèrent en courant en dehors de la salle. Le Souffleur de Verre, qui n'avait décidément pas prévu ça, hurla sur les derniers soldats restants pour qu'ils le mettent au courant de la situation.
Se fut au tour de Doflamingo d'éclater de rire. Croco faisait des siennes.
L'ennemi n'apprécia pas cette nonchalance affichée et utilisa enfin son pouvoir pour transformer son corps en un minéral similaire à celui de l'île : brillant, solide, et tranchant comme un rasoir. Il doubla de volume et se pencha sur le corsaire enchainé.
–Personne ne quittera cette île vivant mais je vais me faire un plaisir de vous achever en premier, Roi de Dressrosa.
A peine avait-il terminé sa phrase qu'une partie de la salle s'effondra. Les convives qui avaient tardé à s'enfuir tombèrent dans la crevasse en hurlant. Crocodile – du moins, une tempête de sable semblant avoir sa volonté propre – s'envola dans le hall. Des corps inanimés chutèrent de la tornade sablonneuse et rebondirent sur les murs.
– T'as pris ton temps, lança Doflamingo en regardant Crocodile reprendre forme humaine.
– J'avais espéré que tu trouverais la mort, le temps que je revienne.
– Mourir pour ça ? Tu me vexes.
– Si je vous dérange dites-le, grogna l'ennemi, toujours transformé en monstre par son étrange pouvoir.
Doflamingo, prisonnier de ses chaînes, se tortilla vers Crocodile et prit sa voix la plus mielleuse.
–Est-ce que tu aurais des clés pour moi ?
– Donne-moi une seule bonne raison de te les donner.
– Tu ne vas pas faire ta mauvaise tête maintenant alors qu'on est sur le point de gagner le gros lot ?
Les protestations furibondes de leur adversaire n'étaient plus qu'un vague bourdonnement dans leurs oreilles. Ils ne lui prêtaient plus attention. Enragé, il utilisa son bras – transformé en javelot de verre – et visa Doflamingo.
Celui-ci l'esquiva sans mal, il fallait plus que du granit marin pour venir à bout de ses grandes jambes. En revanche, toute l'île tremblait à présent. Les secousses avaient transformé la salle en gigantesque arène. Les meubles et les gens tombaient à l'eau et les vagues engloutissaient la partie immergé des bâtiments.
– Eh, cria Doflamingo. Tu comptes précipiter ta propre fortune à la flotte ?
Le Souffleur de Verre ne répondit pas et tenta de le toucher une nouvelle fois.
Crocodile profita d'être ignoré pour s'emparer de son escargophone.
– Toujours en vie ? Demanda-t-il à Mr. 1. Bien, il y a une mallette que je voudrais que vous récupériez dans les caves. Vous la reconnaîtrez, ils la protègent farouchement. Fouillez les bateaux pirates qui cherchent à évacuer.
Une nouvelle explosion le força à prendre son envol. Il rejoignit Doflamingo, qui semblait surexcité par les bouffées de violence qui montaient en lui. Les veines de son cou palpitaient furieusement.
– Toujours pas décidé à me donner les clés ?
– Qui te dit que je les aie trouvées ?
Ils se fixèrent quelques secondes, comme deux gros chats prêts à se sauter à la gorge. Enfin Crocodile céda et libéra le corsaire en lui jetant une petite clé en pierre. Il ne fallut pas plus de deux secondes à Doflamingo pour se débarrasser des chaînes qui étaient censées le contenir. Il fit rouler ses muscles pour s'échauffer et considéra la scène : tout était sans dessus dessous, les invités regrettaient amèrement d'avoir mis les pieds sur cette île et le propriétaire des lieux n'était plus qu'une vague entité géante et furieuse, impatiente de les tuer.
– Ca faisait longtemps, non ? Qu'on n'avait pas écrasé des ennemis ensemble, minauda Doflamingo.
– Marine Ford me semble pourtant très récent.
– En tant qu'alliés.
– Nous ne sommes pas alliés.
– Comme tu voudras, dans ce cas tuons-le ensemble comme des âmes sœurs.
– La ferme…
