Raphael Balthazar, médecin légiste de renom en France en avait vues des choses dans les nombreuses enquêtes qu'il avait menés. Une nuit d'insomnie, une idée germa, pourquoi ne pas raconter sous forme d'histoire ce qu'il avait vu. Il pouvait bien prendre quelques détails des dossiers et les tourner à sa sauce pour en faire une bonne histoire. Il se leva de son lit tout sourire, il avait trouvé un nouveau passetemps. Il prit une feuille et réfléchi à son héros ou plutôt son héroïne. Intérieurement il riait de cette blague, il espérait aussi qu'elle n'allait jamais le découvrir.

Pendant plusieurs semaines, il coucha sur papier les idées qu'il avait. Les rassemblant pour en faire une histoire où son héroïne, blonde aux yeux marrons attrapait le méchant quasiment à tous les coups. Elle était accompagnée d'un médecin légiste ténébreux, aimant le risque et sur qui elle pouvait compter. Il était fier de lui, il avait pondu une enquête de plus de 500 pages mais il fallait qu'il ne rende pas cela trop évident dans le cas éventuel où elle tomberait dessus.

Cela lui servait aussi de défouloir, il pouvait faire ce qu'il voulait avec ces personnages alors il mit dans ses textes ce qu'il désirait. Il devait se l'avouer, il était parfois un peu trop doué dans ce qu'il faisait ; il était fier des passages romantiques entre les deux personnages principaux de son roman. Il avait pris comme référence le couple qu'il aurait voulu former avec elle. Son esprit s'est un peu emporté des fois, surtout sur les scènes intimes, mais bon dieu, il était content. Il décida de passer par le système d'auto publication sous un faux nom pour éviter d'être embêté dans la rue ou pire au boulot.

Depuis qu'il avait publié son histoire, il était plus serein dans son travail. Il vérifiait quelques fois les sites parlant de son livre, les critiques étaient pour la plupart bonnes, il était content. La publication lui avait couté une somme qui n'était pas un problème pour lui. Jusqu'au jour où…

-Balthazar, nous avons une scène de crime.

-Envoyez-moi l'adresse, je vous y retrouve.

- Entendu.

Tout avait commencé comme à son habitude, même appel de la part de son Capitaine adoré. Il prit ses affaires et partit pour l'adresse indiquée dans le message. Il salua ses collègues une fois arrivé sur place.

-Alors Capitaine, qu'est ce qu'on a ?

-Charles Saussey, 25 ans.

Elle montra du doigt, la victime pendue par les pieds, tête en bas mais sans aucune trace de sang en dessous alors qu'elle était nue, son corps recouvert de dizaines de coupures. Une sensation de déjà vu lui tirailla les entrailles.

-Est-ce qu'on peut le descendre de son perchoir, j'aimerai beaucoup rencontrer ce monsieur. Dit-il en souriant

Il entendit la Capitaine soupirait derrière son dos, mais il savait qu'elle souriait aussi. Il aida ses collègues à descendre le corps avec précaution, la sensation devenait plus forte, surtout quand il vit les blessures dans le dos. Une étoile était gravé dans le centre.

-Balthazar ? demanda la Capitaine

-Je crois qu'on va avoir un problème Capitaine.

Comme guidé par des forces autre que les siennes, Raphael prit en main une pince et ouvrit la bouche de la victime, comme il s'y attendait ; il trouva un tube métallique.

-Vous voulez bien me dire ce qui se passe ? demanda la capitaine un peu inquiète que son légiste soit tendu

-Vous feriez mieux de lire ce message Capitaine, et je vous expliquerai tout ce qui vient ensuite.

-Quoi ?

-Lisez !

Il était tendu, c'est le cas de le dire. Quelqu'un tuait des personnes en s'inspirant de son livre et cela ne lui plaisait pas du tout. On dit que l'imitation est la plus sincère des flatteries, mais pas quand votre collègue qui se trouvait à côté de vous, se tendait de plus en plus au fur et à mesure qu'elle lisait le dit message que vous veniez de trouver dans la bouche d'un cadavre.

-Balthazar, vous pouvez m'expliquer ?

Elle avait pris le ton dont elle se servait pour les interrogatoires, froid et distant et dire que c'est contre lui que cela se dirigeait.

-Je suis désolé Capitaine, on peut en parler en privé ?

Il essayait d'être conciliant, lui apprendre la nouvelle de manière douce. Mais apparemment, elle n'était pas de cet avis, elle allait lui rendre la vie beaucoup plus difficile. Elle avait mis ses bras sur sa poitrine attendant son explication.

-D'accord, il y a quelques mois quand je ne pouvais pas dormir, j'ai commencé à écrire une histoire. Je me suis dit pourquoi ne pas mettre pas écrit les affaires dans lesquelles j'ai participé. Et non, j'ai juste pris les dossiers comme base, il n'y a rien de vrai. C'est une histoire que j'ai inventée.

-… alors expliquez-moi pourquoi, le message que vous avez trouvé s'adressait au Capitaine de la Police Eleanor Bachli. Je ne connais personne de ce nom.

-C'est vous. Dit Raphael d'une petite voix

-Pardon !!!

Il recula sous l'effet du brusque changement d'humeur de sa collègue, tous les membres de la police qui se trouvait autour se retournèrent dans leur direction.

-Tout va bien. Dit Delgado qui venait d'arriver à leur rencontre.

-Tu ne connais pas la dernière Jérôme ? Balthazar a eu la meilleure idée du siècle.

-Tu parles de son livre ?

-Tu es au courant ??? s'étonna Hélène

-Bien sûr, il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre que c'était lui. Je crois que j'ai compris pourquoi la scène de crime me semblait familière ce matin.

-Vous l'avez lu ? demanda Balthazar

-Ce n'est pas le moment de satisfaire votre égo ! s'écria la Capitaine

Elle était énervée, non pire. Il pouvait voir sur son front, une veine qui gonflait ; elle était furieuse. Elle s'approcha de lui, son instinct lui disait de fuir, mais il se retrouva bloqué. Elle tapa avec son doigt sur sa poitrine.

-Vous me faites l'autopsie et je veux une copie de ce foutu livre est ce clair ?!

-Oui.

Elle partit fumante, tout ceux qui se trouvaient sur son chemin se poussèrent en la voyant dans cet état. Le légiste sut qu'il avait merdé, il devait rester dans le bon chemin et attendre qu'elle revienne à la raison avant d'aborder à nouveau le sujet de son livre. Il espérait qu'elle serait indulgente dans la critique de son livre, même dans les scènes qu'il avait imaginées pour eux. Elle ne pouvait pas lui avouer, lui dire qu'elle avait déjà lu le livre, ne sachant pas que c'était de lui. Elle ne se doutait pas que les personnages s'inspiraient d'eux, elle s'était mise des œillères inconsciemment ; il y avait des scènes un peu trop osées. Certaines d'entre elles, elle les avait fantasmés tant de fois.


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