Il agit en mode automatique, recueillant les indices sur la scène de crime mais ne plaisantant pas. Il était nerveux, plus que d'habitude. Il eut une appréhension quand il retourna à l'IML, pour la première fois depuis longtemps, il n'avait pas envie de la voir.
-Baltha, ça va ? tu es tout pâle. demanda Eddy soucieux
-Oui, ça va. Ne t'inquiète pas pour moi, vous faîtes l'examen externe.
Il entendit alors la porte extérieure de l'institut s'ouvrir, son cœur commença à battre la chamade, il avait peur de sa réaction et à plus d'un titre. Il alla dans son bureau pour prendre une copie de son livre qu'il gardait dans son bureau. Il vit Delgado lui lançait un regard compatissant. Il vit qu'elle fulminait encore.
-Tout va bien Capitaine ? demanda Fatim
-Oui
-Qu'est-ce que t'as encore fait Balthazar ? questionna la jeune femme métisse
-Rien, pour une fois ; ce n'est pas de ma faute si
-Si quoi ? qu'un tueur s'inspire des meurtres que vous avez imaginés dans votre foutu bouquin !
-Un bouquin ? demanda le jeune homme
-Oui, j'ai écrit un livre. C'était pour passer le temps, trouver un moyen d'exorciser les démons…
-Quels démons ? demanda Fatim
Il ne répondit pas, il ne pouvait pas leur expliquer. Il se contenta de la regarder elle, qui le connaissait presque aussi bien que lui-même. Elle soupira dans la défaite.
-D'accord, on va se concentrer sur la capture de ce malade. Trouvez ce que vous pouvez sur la victime.
-Bien Capitaine.
Ils se mirent alors au travail, recueillant les indices sur la victime et décida de donner la primeur de l'ouverture du corps à Fatim. Ce qu'il vit confirma ce qu'il savait déjà, il ne restait plus qu'un seul litre de sang dans le corps de la victime, c'était bien comme dans son livre. Un jeune homme retrouvé la tête en bas, pendu par les pied, recouvert de dizaines de traces de coupures sur le corps mais n'ayant plus aucune trace de sang dans les organes, avec une marque dans le dos, elle servait d'indentification du tueur ; dans son livre, Raphael avait imaginé un tueur en série qui s'en prenait à des personnes un peu trop vertueuses en public mais dont les vices se faisaient nombreux, une fois les portes closes. Il fallait trouver les vices de leurs victimes pour trouver l'assassin qui les ciblait.
-Alors là, c'est trop bizarre. Dit Eddy
-Ce cadavre a été déposé dans notre secteur, il voulait qu'on le trouve. Ce qui veut dire, qu'il sait.
-Sait quoi ? demanda Eddy
-Que c'est balthazar l'écrivain de l'histoire dont il s'inspire. Répondit Delgado
-Faut vraiment qu'on lise ce livre, sous quel nom tu as publié ?. Dit Fatim
-Euh…
Il n'avait pas vraiment envie de répondre, cela allait encore enfoncé le clou.
- Sous le nom de Pierre Harold Zasatabahil, un nom à coucher par terre mais je sens que vous allez aimer. Dit Delgado en riant
-Hé ! Pas facile de trouver un nom de plume je vous ferais dire.
-Balthazar. Dit la Capitaine en montrant son bureau du menton
Elle coupa court à la conversation, Il sut que son heure était venue, elle allait lui passer un savon dont il se souviendrait encore longtemps. Il la suivit toujours nerveux, son rythme cardiaque n'avait pas vraiment baissé. Elle attendit devant le bureau, les bras croisés sur sa poitrine, elle voulut entendre ses explications, sur son livre mais surtout sur la relation des deux personnages principaux. Il est vrai que dans ledit ouvrage, le Capitaine Eleanor Bachli et le médecin Isidore Balata enquêtaient ensemble, se chamaillaient comme des enfants mais finissaient la plupart du temps par coucher ensemble et dans des lieux un peu insolites. Il ferma la porte de son bureau.
-Alors ? demanda-t-elle exaspérée
-Alors quoi ? vous avez aimé le livre ? demanda-t-il tentant de flirter avec elle pour détourner l'attention
-Je ne l'ai pas lu. Dit-elle de but en blanc
-Oh, je sens que vous mentez Capitaine.
Putain, il avait encore réussir à la faire rougir, elle n'arrivait jamais à lui mentir bien longtemps quand il était en face d'elle. Elle décida donc d'attaquer sur un autre terrain.
-A part le fait que le tueur s'en prend à des personnes comme dans votre livre….
Elle fit alors le tour de son bureau pour se mettre en face de lui, se pencha près de son oreille.
-… je trouve extrêmement révélateur toutes les scènes intimes entre les deux personnages.
Elle l'avait eu, il rougit malgré lui. Mais lui aussi pouvait jouer à ce jeu, il se leva alors, passa un bras autour de sa taille pour éviter qu'elle ne recule.
-Ce qui veut dire aussi que vous les avez lues avec une très grandes attention Capitaine.
Leurs regards s'accrochèrent tout de suite, une bulle se créa autour d'eux. Il pensa avec amusement, qu'elle avait vraiment voulu lui passer un savon, mais leur discussion avait encore fini par tourner autour d'eux. Il l'observa avec une attention sérieuse, mais son regard fut irrémédiablement attiré vers les lèvres pleines et roses de son amie et collègue. Ils avaient chacun le souffle court. Il se pencha vers elle, désireux de pouvoir enfin l'embrasser comme il en avait envie. Elle le regarda faire, n'opposant aucune résistance mais un bruit provenant de la salle d'à côté les ramena dans la réalité.
-Je veux tous vos brouillons sur mon bureau dans 1 heure, c'est compris ? dit-elle en se dégageant de son étreinte
-A vos ordres mon Capitaine
Elle leva les yeux au ciel, ce qu'il pouvait être gamin. Elle lui lança un regard teinté d'avertissement mais avec une certaine malice avant de sortir de son bureau et de retourner dans le sien. Il sut que la journée serait longue, collecte d'indices et recherche dans son appartement des brouillons. Il espérait ne pas les avoir jetés quelques semaines plus tôt. Il fouilla dans tous les tiroirs de son bureau, il commença à paniquer, se disant que soit il avait dû les jeter, soit quelqu'un était entré dans son appartement. On toqua à la porte, il se demanda bien qui cela pouvait être. Il alla donc ouvrir, mais personne, il baissa alors les yeux. Sur son porche se trouvait un paquet, avec juste son nom dessus, enfin celui du personnage « Docteur Isidore Balata ». Pour une fois dans sa vie, il appela le capitaine avant de faire quoique ce soit.
-Quoi ?
-Capitaine, il serait bon de venir chez moi. J'ai reçu quelque chose aujourd'hui, je ne l'ai pas encore ouvert, car y a pas d'adresse dessus.
-J'arrive avec Delgado dans 10 minutes.
-Bien
Il alla chercher des gants, il en avait toujours une paire dans son sac, expérience du métier. Il s'approcha de nouveau du paquet avec une grande précaution l'examina pendant quelques secondes, clairement il avait peur qu'il contienne une bombe. Alors avec une infinie patience et douceur, il souleva le paquet, rien de métallique ; bien au contraire, le paquet saigna.
-Oh merde. Dit-il dans sa barbe.
Il se dépêcha de rentrer avec le paquet pour éviter d'en mettre partout et alerter ses voisins. Des minutes qui lui paraissait des heures jusqu'à l'arrivée du capitaine et de Delgado.
-Balthazar ?
-Dans la cuisine !
Il avait placé dans son évier le paquet mais toujours sans l'ouvrir.
-Qu'est-ce qu'on a ? demanda Delgado
-Il y a environ 15 minutes, quelqu'un a sonné à ma porte, je suis donc allé ouvrir comme un bon voisin mais quand j'ai ouvert ma porte, j'ai trouvé ce paquet. C'est là que j'ai appelé notre bon capitaine.
-Pour une fois que vous appelez avant de faire quelque chose. Bon alors qu'est-ce qu'on a ?
-Le paquet a commencé à saigner.
Ils le regardèrent avec un drôle d'air, mais ne dirent rien. Hélène se contenta de faire un signe du menton pour dire à Raphael d'ouvrir le paquet maintenant. Il comprit l'allusion et prit un scalpel dans ses mains. Il commença l'incision doucement et surement sur le haut du paquet. Ce qu'ils trouvèrent les choqua et il en fallait beaucoup pour le faire. Un cœur encore saignant se trouvait dans la boite et ils savaient tous ce que cela signifiait, la personne devait être encore en vie lorsqu'on lui avait enlevé. Une note se trouvait sur le cœur, des mots avaient étés effacés à cause du sang. Le capitaine le prit avec délicatesse pour tenter de le lire.
-Alors là, je crois qu'on a atteint les sommets dans l'art du glauque. Dit Balthazar
-Ouais pas faux, Hélène ?
-Ce mot est adressé au Capitaine Bachli.
-Capitaine ?
-Il veut la rencontrer.
-Pas question ! s'exclamèrent les deux hommes dans la pièce.
Elle les regarda alors sévèrement ; pour tentait de changer de conversation, Balthazar demanda.
-Avez-vous trouvé des indices montrant que les victimes avaient des vices cachés dans leurs vies privées. Je sais qu'il me reste encore à identifier la provenance de ce cœur mais s'il la choisit cela veut dire qu'il suit le schéma que j'ai intégré dans mon livre.
-Oui mais pourquoi vouloir la rencontrer alors ? demanda Delgado
Raphael haussa les épaules.
-Il doit penser que je suis dans son camp, que je suis d'accord avec son point de vue. Ou il veut me tester.
-Non, c'est au capitaine Bachli qu'il parle, il ne sait rien de vous .
-Rappelez moi de qui est inspiré le Capitaine Bachli ? Demanda-t-elle
Elle commença de nouveau à fulminer contre lui mais aussi un peu contre elle-même, elle s'en voulait de ne pas trouver le tueur, de n'avoir aucune piste ; il ne répondit pas, il savait qu'elle avait raison. Elle lui en voulait aussi pour l'avoir pris pour sujet dans son livre, d'avoir livré la plupart des fantasmes qu'elle avait eu au grand public ; bien sûr il ne le savait pas, c'était stupide de sa part mais elle ne pouvait pas s'en empêcher.
-C'est la seule piste qu'on ait balthazar !
-Vous vous plaignez quand je suis imprudent mais là vous voulez vous jeter dans la gueule du loup seule et sans renfort ? pas question !
-Jérôme
-Je sors.
Son ami sortit dans la salle, elle ne voulait pas qu'il la voit encore dans cet état. Il avait été son soutien moral quand Balthazar n'était pas là.
-Je suis la flic dans cette pièce !!
-Peut-être mais vous n'êtes pas Wonder woman !
-C'est l'hôpital qui se fout de la charité Balthazar !!
On pouvait sentir dans la pièce une grande colère mais avec des quelques notes d'inquiétudes bien distinctes et des tonnes de non-dit pour recouvrir le tout. Aucun des deux ne voulaient se résoudre à lâcher prise, de vrais têtes de mules. Alors pour calmer le jeu et parce qu'il ne voulait pas la perdre ; elle, la seule qui le comprenait vraiment, il soupira. Il lâcha son regard pour montrer qu'elle avait gagné ce round.
-S'il vous plait, laissez-moi venir avec vous.
-Je… Je ne sais pas d'accord.
Elle put voir dans ses yeux, la résignation qui ne se trouvait pas là avant. Il comprit ce qu'elle devait ressentir lorsque c'était lui qui se mettait dans des situations dangereuses. Heureusement pour eux, enfin dans une certaine mesure, l'adresse se trouvait encore sur le mot. Jérôme passa la tête dans la salle avec le téléphone sur l'oreille
Merci d'avoir lu :)
