-Qu'on fasse venir une autre équipe pour récolter les indices, on ne peut pas laisser ce fils de pute s'en sortir.
Elle était énervée et à plus d'un titre, cet enfoiré avait osé poser une bombe sous une de ses victimes, elle savait que c'était visé. Elle se douta de quelque chose quand elle se rappela des paroles de Balthazar peu de temps avant l'explosion. Elle retourna alors auprès de lui pour savoir de quoi parlait le mot qu'il avait trouvé.
-Balthazar ?
-Quoi ? je suis un peu dans une situation qui ne se prête pas vraiment à la conversation là.
-Le mot.
Il ne répondit pas, il savait de quoi elle voulait parler. Il ne voulait tout simplement éviter de lui révéler la vérité.
-Vous êtes coincés Balthazar, il faut me le dire.
Il poussa un soupir exagéré avec sa face contre terre, il se résigna.
-Il disait que je ne suis pas capable de l'arrêter, qu'il fera tout pour vous atteindre.
-Mais comment vous aviez su pour le mot sous le cadavre, dans le roman…
-C'était dans mes brouillons, enfin, dans mes premières idées. Capitaine, j'aimerais vraiment pouvoir me retourner…
Elle rit doucement. Un moyen de relâcher la pression après ce qui venait de se passer.
-La deuxième équipe ne va pas tarder. Dans vos brouillons, mais je croyais que toutes vos idées étaient dans le livre.
-Non, pas toute. Ce soir avant de recevoir le paquet chez moi, j'ai cherché mes notes comme vous l'aviez demandé, mais certaines d'entre elles avaient disparue.
Un frisson parcourut l'échine de la flic, elle se douta que les premières idées de son médecin légiste n'étaient pas adaptées à la publication. Il perçut le malaise de son amie.
-Oui, je sais.
-Il faut trouver qui est rentré chez vous depuis le premier meurtre. Des femmes ?
-Non
Elle le regarda surprise, elle le connaissait comme un coureur de jupons. Mais depuis l'histoire Deval, elle n'avait plus vraiment eu d'intérêt pour sa vie privée. Alors elle ne dit rien.
-Un voisin ?
-Je n'en ai pas le souvenir, je n'ai…
Quelque chose lui revint en mémoire, il n'y avait pas prêté attention sur le coup car il avait pensé que c'était un oubli de sa part. il ne s'agissait pas de sa porte d'entrée fort heureusement, mais d'une fenêtre de son appartement. Il avait une routine habituelle, tous les matins, il ouvrait ses fenêtres et les refermaient machinalement, une fois qu'il partait pour le travail. Mais un soir, il avait trouvé une fenêtre de sa cuisine entrouverte, cela ne lui parut pas bizarre, il s'était dit qu'il avait peut-être mal fermé la fenêtre le matin et qu'un courant d'air l'avait ouverte.
-Balthazar ?
Elle brisa ses pensées pour le ramener dans le présent.
-Il y a quelques semaines, j'ai trouvé une de mes fenêtres ouverte en rentrant du travail. Je n'y ai pas prêté plus d'attention que cela, mais maintenant…
-Je suppose que vous avez tout nettoyé.
Leur conversation fut interrompue par une équipe de scientifique qui vint relever les indices sur son dos et le reste de la scène de crime. Bon, même en état limité, il avait réussi à faire avancer l'enquête. Elle laissa les membres de l'équipe s'occupaient de lui et retourna auprès de ses hommes. L'ambulance emmena les blésés et les pompiers éteignirent le feu pour essayer de récupérer le reste du corps. Personne ne savait vraiment ce qui venait de se passer, plusieurs membres de son équipe étaient encore sous le choc, d'avoir vu aussi près une bombe. Elle agit machinalement, les réflexes de policières prenant le dessus sur ses émotions pour éviter de craquer sous la pression. Ce tueur, la prenait pour cible, ce n'était pas la première fois mais là, c'était quand même spécial. Elle sut qu'il fallait retourner auprès de son légiste, le protéger lui aussi.
Au début de soirée, une fois les choses sous contrôle, elle retourna le voir dans son IML, il s'attelait à la tâche avec ses deux assistants sur les morceaux de cadavre calcinés mais surtout sur le cœur. Eddy avait fait un rapide tour à l'hôpital, mais aussi têtu que son patron et ami, il avait signé une décharge pour sortir contre avis médical. Fatim promit aux infirmières de le ramener par la peau des fesses si jamais il avait mal.
Au sens littéral, elle savait que le cœur symbolisait l'attrait qu'avait le tueur pour elle, il voulait qu'elle approuve son choix de victime et ses meurtres. Le mot sous le cadavre réduisit la liste de suspect, c'est-à-dire aucun, il fallait qu'ils trouvent qui en voulait à Balthazar de cette manière, enfin plutôt son personnage et qui avait un attrait pour son personnage enfin elle. Cette histoire va être compliquée pensa-t-elle en passant les portes du laboratoire.
-Balthazar ?
Il releva la tête, on aurait dit qu'il n'était pas affecté par le fait qu'une bombe est explosée à côté de lui. Elle fit un signe de tête pour lui montrer son bureau.
-Vous continuez sans moi, je reviens.
Ses deux amis firent un oui de la tête et se replongèrent dans les restes humains se trouvant sur leurs tables. Il conduisit son amie dans son bureau, une main dans le creux de son dos, il ferma la porte derrière eux.
-Je vous écoute Capitaine
-Je veux qu'on examine votre appartement.
-Ce n'est pas la peine, on trouvera rien depuis 2 mois. Et puis, quand je suis rentré chez moi pour me changer, vous pensez bien que j'ai vérifié en faisant un relevé d'empreinte.
-Je vois.
Elle avait espéré que cette piste donnerait au moins une empreinte partielle pour trouver le meurtrier. Il posa une main sur son épaule.
-On va l'avoir.
-Comment ? Je veux dire, on a déjà deux victimes sur les bras, la seule solution qu'on est, c'est que j'aille le voir à l'adresse qu'il m'a indiquée…
-Non, pas question que vous vous mettiez en danger seule contre lui, je viens avec vous.
-Je…
Elle craqua sous la pression, venant de tous les côtés, la presse qui avait fait ses choux gras de cette affaire, ses boss qui voulaient des nouvelles toutes les deux heures et son inquiétude pour ses amis. Voyant que son armure était sur le point de tomber et qu'elle détestait se montrer faible devant les autres, même lui, il la prit dans ses bras afin de calmer la pression.
-Qu'est-ce que vous faîtes ? demanda-t-elle
-Euh… Une accolade entre amis, un moyen de vous aider…
Elle commença à rire contre son torse, l'absurdité de la situation lui permettait de relâcher la pression. Elle ria de plus en plus fort contre lui, il souriait comme un idiot. Elle reprit ses esprits au bout d'une minute, elle leva la tête pour rencontrer son regard. C'était comme si le temps s'était arrêté pour eux, il aimait la voir sourire comme ça, son regard illuminait toute la pièce. Il remit en place une de ses mèches blondes derrière son oreille, caressant au passage sa joue avec tendresse. Les mains de la femme s'accrochèrent fermement à la chemise de l'homme qui se trouvait en face d'elle, essayant de s'ancrer dans une réalité dure et froide et non l'imagination qui faisait courir dans ses veines un feu liquide qui demandait à être consumé dans ses bras. Son regard oscilla entre les lèvres et les yeux de l'homme qu'elle aimait plus que tout. Quant à lui, s'il continuait dans cette voie, son besoin l'emporterait sur la raison qui le retenait en ce moment.
Ils avaient déjà eu tant d'occasion, tant de fois ratées par la présence d'un de leurs amis ou par d'autres circonstances qui ne s'y prêtaient pas. Il prit alors la décision de l'embrasser, il avait peur pour elle et il ne voulait certainement pas rater cette fois ci par peur de tout gâcher entre eux. Il l'embrassa alors doucement, ne voulant pas la brusquer. Ce simple contact de leurs lèvres fut pour eux deux comme un électrochoc, leurs souffle court, hésitant même à réitérer l'expérience ; mais l'envie pris le dessus sur la raison. Il prit de nouveau les devants dans le baiser, embrassant avec ferveur les lèvres de sa belle. Elle se fondit dans ses bras, se moulant avec facilité contre son corps sous l'intensité du baiser partagé. Quand elle sentit sa langue caressait sa lèvre inférieure avec douceur et insistance, elle ouvrit la bouche sans attendre. Le brasier entre eux s'intensifia encore, les mains du légiste bougèrent de leur propre initiative, voulant la toucher le plus possible, la rapprocher de lui encore d'avantage. Elle passa ses mains autour du cou de son médecin voulant se fondre en lui plus profondément. La caresse de sa langue contre la sienne, alluma un feu qu'il n'avait pas connu depuis longtemps, quelque chose qu'il croyait oublié. L'air entre eux se fit rare, les obligeant à couper le baiser.
Ils restèrent pantelant pendant quelques secondes, reprenant leurs esprits. Ils se rendirent compte où leurs mains avaient atterri, celles d'Hélène fermement autour de son cou, à l'arrière du crâne de Raphael ; et celle du médecin légiste autour de la taille de la flic, au creux de son dos, touchant avec tendresse sa peau. Aucun des deux n'avait envie de parler, de peur que les émotions soient trop réelles pour eux, que la réalité les rattrape après ce qu'ils venaient de vivre à cet instant. Il caressa amoureusement sa lèvre inférieure avec son pouce, essayant de prolonger leur instant magique. Mais ce dernier fut quand même rompu par un coup de téléphone provenant du bureau de Raphael, à contre cœur, ils se séparèrent. Ce dernier prit le téléphone pour répondre.
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