-Alors Docteur ? on profite de cette petite interlude pour sortir avec le Capitaine Bachli ?
-Qui êtes-vous ? demanda Balthazar d'une voix froide
Hélène comprit que quelque chose n'allait pas, quand elle vit son médecin légiste se tendre, les phrases prononcées ne firent qu'augmenter son inquiétude. Elle prit son téléphone pour joindre Delgado, il fallait tracer le coup de téléphone qui venait dans le bureau du médecin légiste. Elle sortit alors discrètement pour éviter de révéler au tueur qu'elle tentait de le localiser.
-Dites au Capitaine de rester dans le bureau sinon, tout explosera dans le bureau de vos assistants Docteur.
-Capitaine ! restez avec moi.
Elle se stoppa dans sa course, se tournant vers lui interrogatrice. Il ne put répondre pour éviter d'alerter plus la flic sur la tournure quasi macabre de leur situation. Elle envoya donc un texto rapide à Delgado pour lui dire ce qui était en train de se passer en ce moment.
-Mettez-en moi en hautparleur Docteur que je puisse vous parler à tous les deux.
Raphael s'exécuta non s'en réticence, mais il pouvait voir dans les yeux de son amie l'inquiétude.
-Bonsoir Capitaine, je suis très heureux de pouvoir enfin vous parler.
-Après le cadeau que vous nous avez laissé, c'est une chance si je dois dire.
-Oh, vous n'avez pas apprécié mon petit cadeau déposé chez le docteur ?
-Je ne parle pas de celui-là et vous le savez très bien.
-Oh, je vois. Le docteur a trouvé le cadeau que j'ai caché sous le cadavre, ce qui veut dire que vous savez que j'ai certaine de vos notes Docteur. Un esprit torturé comme le vôtre est une source d'inspiration pour moi.
Balthazar grogna mais ne répondit rien, il était au courant de ce qu'il avait caché dans ses notes.
-Je vous appelle surtout pour vous demander si vous comptiez venir me voir à l'adresse que je vous ai transmise, Eleanor
-Alors pourquoi appelez-vous sur le poste du médecin légiste en chef et pas sur le mien ?
Raphael sourit car il savait qu'elle l'avait eu, le forçait à révéler des choses sur lui pour en apprendre plus.
-Car je sais comment vous fonctionnez Eleanor, quand vous êtes bloquée sur une enquête, vous venez toujours voir ce bon Docteur pour qu'il vous aide. Mais je dois dire que ce que je viens de voir se dérouler était aussi divertissant que décevant. Je m'attendais à mieux de vous, enfin, je sais que vous êtes en couple mais vous méritez mieux que cela. C'est affligeant. Si vous ne venez pas seule ce soir, à l'adresse que je vous ai donné, il y aura un autre de mes cadeaux pour vous.
Elle n'eut pas le temps de répondre, car il avait déjà raccroché.
-Et merde !
Balthazar l'a pris par le bras pour la sortir, un message de Delgado pour leur dire qu'ils n'avaient pas pu localiser l'appel entrant du tueur. Le médecin légiste espéra que ces deux amis étaient encore en vie suite aux menaces qu'il avait reçu.
-Baltha ? demanda Eddy surpris de les voir déboulés dans leurs espaces de travail
Raphael fut soulagé de les trouver encore en vie.
-Qu'est ce qui vient de se passer ? demanda Fatim
-Je vérifiais juste que vous alliez bien, continuez de bosser
Il prit de nouveau la main du Capitaine dans la sienne, pour sortir du bâtiment. Il avait compris que le tueur était entré dans son IML pour mettre des caméras.
-Balthazar ?
-Il a mis des caméras dans mon bureau, c'est comme ça qu'il a su que vous alliez sortir du bureau.
-Oh… Je comprends mieux, mais attendez, ça veut aussi dire que…
-Oui, c'est la première phrase qu'il m'a dite quand j'ai décroché.
Toutes les informations étaient encore dures à digérer pour le Capitaine, ce salopard les espionnait où qu'ils allaient. C'était vraiment flippant. Ils retournèrent donc au poste de police, pour mettre en place l'opération. Il détestait la voir se mettre en danger, mais il savait qu'ils n'avaient pas d'autres choix.
-On a un nom pour la deuxième victime.
-On t'écoute. Répondit le capitaine
-Mélanie Bourgon, 32 ans. Une bénévole dévouait dans plusieurs causes mais on a appris qu'elle maltraitait ses enfants.
-Il suit toujours son mode opératoire, comme celui que j'ai écrit. Dit Balthazar maussade
-Mais comment fait-il pour savoir tout ça ? demanda Hélène
-Il doit les observer, je veux dire, la publication du livre était peut-être le déclencheur, cela lui a servi de prétexte pour passer à l'acte. Dit Delgado
Mais Balthazar ne savait pas quoi pensait, il était désolé pour les victimes du meurtrier qu'il avait malencontreusement créé, mais au vu de ce qu'ils apprenaient, il était content de voir qu'elles ne pourraient plus faire de mal à personne. Il vit autour de lui, un groupe de flic s'affairaient pour mettre en place et regarder chaque détail de l'opération afin d'éviter que leur capitaine subisse des désagréments. L'heure fatidique s'approchait à grand pas, leurs cœurs battaient fort dans sa poitrine. Lui par peur pour elle et elle par crainte de mourir. Il la déposa à l'endroit indiqué dans le message, elle lui avait demandé de ne pas sortir de la voiture, ce qui avait donné lieu à des cris de protestation mais quand il vit son regard, il comprit qu'il n'avait pas gagné la bataille et qu'il devait lui faire confiance.
Comme une femme courageuse qu'elle était, elle lança un dernier regard à son ami avant de sortir de la voiture. Elle se dirigea vers le lieu à pied, aux aguets pour éviter toute mauvaise surprise.
-Veuillez-vous stopper ici Capitaine Bachli
Elle aperçut une silhouette cachée dans l'ombre en face d'elle. Elle ne connaissait pas la voix, mais la silhouette lui rappelait vaguement quelque chose, par contre elle ne souvenait pas clairement d'où.
-Je suis venue comme vous l'avez demandé. Dit-elle d'un ton neutre
Elle savait qu'il fallait rester à tout prix dans le délire du psychopathe qui se trouvait en face d'elle.
-Vous savez, ce n'était pas si difficile que ça de rentrer dans l'appartement de ce cher Docteur, mais quel étonnement, je pensais trouver quelques une de vos affaires alors que…
-Nous nous sommes disputés, il se comporte trop souvent comme un gamin, alors je suis rentrée chez moi…
-Oh mais ce que j'ai vu ce soir, me donnerait à penser le contraire Eléanor.
-Malgré son comportement, je l'aime.
Elle ne devait pas se démonter, elle savait que son équipe écoutait la conversation et même lui. Mais pour sa vie, pour arrêter ce timbré, elle ferait tout.
-Je vois. Dit le tueur d'un ton froid.
-Pourquoi m'avoir fait venir ici ?
-Je pensais pouvoir vous convaincre que ce que je faisais était juste, mais comme dans votre histoire vous préférez le Docteur Balata alors, il n'a qu'à mourir. Dit-il en appuyant sur une touche de son téléphone.
-Non !!!
Elle tenta de l'en empêcher, mais il la frappa assez fort pour la sonner. L'explosion venait de la voiture de Raphael, c'est la dernière chose qu'elle entendit avant de succomber à l'évanouissement. Quand elle se réveilla, dans un lit d'hôpital, elle prit avec bonheur ces quelques secondes d'inconscience car le train de la réalité entra brutalement dans les méandres de son esprit.
merci d'avoir lu :)
