Nouveau chapitre, en temps et en heure. J'ai eu plus facile à traduire celui-ci que le précédent, ça se remarque ? merci pour vos messages d'encouragement :)

Pour répondre aux questions qui m'ont été posées : cette histoire est sombre. Même si il y a des moments plus légers ou positifs, je n'ai pas l'impression qu'il faille s'attendre à un happy ending.

Concernant la parution, même si le traducteur anglais s'est arrêté au 38ème chapitre, il m'a dit qu'il reprendrait peut-être en septembre. De mon coté, je cherche quelqu'un pouvant lire chinois, donc ne désespérez pas. Pour ma part, je vous assure de faire au moins les 38 chapitres qui me sont accessibles.

Bonne lecture

...

Chapitre 3 : L'orphelinat

31 mai 1927

Harry n'aurait su dire comment il parvint à l'orphelinat.

La bâtisse sombre et grise était parfaitement identique à celle vue dans la pensive.

Il passa les grilles en fer et se trouva dans la cour, face au bâtiment carré et sombre, entouré de hautes balustrades. Le temps et la négligence faisaient que la peinture blanche s'effritait des murs, révélant le béton gris par-dessous sur des surfaces inégales et dispersées. Comme si cet endroit morne était rongé de carries.

Les portes, hautes et oppressantes, rappelaient l'entrée d'une prison.

Harry , debout devant celles-ci, sentit un relent de détergent parvenir jusqu'à lui. Quelque chose se noua dans son estomac et il se sentit mal.

Il se rappela la pensive.

Mme. Cole, une demi-bouteille de gin à la main, fixait Dumbledore avec surprise.

"TOM?! Au cour de toutes ces années ici, il n'a jamais reçu de visiteur—"

Harry se rappela Tom.

Le garçon de onze ans, mince, têtu et fière, les yeux brillant d'ambitions impensables pour un enfant de son âge. Sa voix enfantine résonnant de colère.

"'Professeur?' C'est comme un docteur ? — JE NE SUIS PAS FOU!"

Quelle sorte d'enfance avait mené le Seigneur des Ténèbres ?...

Harry ne pouvait pas y penser maintenant, et même la plus simple supposition le rendait malade. Il toqua, ses poings pâles et serrés.

"Etes-vous... ici pour adopter quelqu'un?" Mme. Cole lâcha bruyamment, faisant pivoter un verre de gin dans sa main.

Harry fronça les sourcils à ses manières déplorables. Il se tint près de la porte du bureau et refusa la boisson quelle lui offrit.

"Non. Je suis juste ici pour visiter un garçon. Tom. Tom Riddle."

Mme. Cole s'enfonça dans sa chaise. Ses yeux perdirent leur concentration et elle se remplit un autre verre.

"Tom Riddle?... Qui ?"

"Tom est un nourri—" interrompit une jeune fille débraillée qui se tenait derrière la maîtresse de l'orphelinat.

Cette dernière fit un signe impatient de la main à l'adolescente, avant de retourner son attention à sa boisson. "Bien, alors emmène-le là-bas."

"Désolée pour l'attente, monsieur," elle essuya ses mains sur son tablier, alors qu'ils parcouraient un long corridor. "Il y a beaucoup d'enfants ici... vous comprenez... et Mme Cole—"

Soudain, elle se ravisa et changea de sujet.

"—Tom est un drôle de bébé. Il n'aime pas les gens, vous savez. Il pleur dès que quelqu'un essaye de le prendre en main. Même pour s'alimenter, il veut le faire par lui-même. En tenant la bouteille dans ses bras. C'est un bon p'tit. Il pleure pas beaucoup non plus. Facile de s'en occuper, vraiment—"

"C'est bien," Harry répondit poliment. Il savait que Tom avait toujours été réservé... le garçon chérissait grandement son espace personnel. Et Harry pouvait sympathiser avec cela.

Alors qu'ils marchaient, tout d'un coup, l'objectif initial d'Harry refit surface dans ses pensées.

"Excusez-moi—" il interrompit la fille dans son discours enthousiastes "Quelle date somme nous aujourd'hui ?"

Elle lui lança un regard curieux. "La 31 mai."

"Et... l'année?" Harry demanda, et sourit d'un air désolé lorsque son interlocutrice se fit plus méfiante.

"...1927," elle répondit néanmoins, ralentissant tout de même son allure pour mettre un peu de distance entre elle et cet étranger qui-ne connaissait-pas-l'époque.

Harry frissonna. Le 31 mai 1927. Cinq mois s'étaient écoulés depuis sa dernière visite. Alors qu'en 2000, seulement un jour était passé.

Un jour dans le présent. Cinq mois dans le passé.

La jeune fille l'amena devant une porte peinte de tournesols.

"Nous y sommes," Elle annonça. "Tom est dans le premier lit sur la droite. Juste à côté de la porte. Si vous avez besoin de quoique ce soit, appelez moi."

Harry la remercia d'un hochement de tête, et entra.

La chambre était spacieuse, propre, surplombée d'une large fenêtre qui laissait passer le soleil en bonne quantité. Quelques fleurs avaient été peintes sur le mur, dans la tentative d'amener un peu de vie dans la grisaille de l'endroit. Six berceaux étaient alignés contre le mur, en piètre état. En leur sein, les nourrissons dormaient tranquillement. Ils paraissaient maigrichons; le teint rose (signe de santé chez la pluspart des bébés) était absent de leurs joues.

L'entretien financier des les orphelins n'était pas la priorité du gouvernement, spécialement en ces temps de guerre où ils étaient si nombreux. L'orphelinat n'avait donc pas les moyens de se fournir les nécessités pour s'en occuper convenablement. La plupart du temps, on leur donnait comme nourriture un mélange de bouillie de riz et de purée de carottes.

Harry aperçu directement le petit Tom. Il ne dormait pas.

Tom regardait l'étranger d'un air intrigué. Il agita ses poings, bavant dans son landau. Tom avait commencé à faire ses dents, et il n'aimait pas ça.

En cinq mois, l'apparence d'un bébé changeait de façon impressionnante. Maintenant, sa peau était douce et lisse, des mèches noirs surplombaient son visage, Harry avait du mal à imaginer que Tom était le même petit singe frippé qui s'était raccroché à ses manches en désespoir.

Les yeux ronds de l'enfant étaient clairs et brillants, d'une couleur comparable à de l'ébène pure ou à une nuit sans lune. Aucune trace du pourpre qui viendrait plus tard les teinter .

Le bébé fixait les yeux verts émeraude d'Harry.

Il se souvenait d'eux.

Tout comme Harry se souvenait du regard féroce et perçant du pâle jeune homme de la pensive.

Le garçon était beau, mais plutôt maigre pour son âge. Ses cheveux coiffés proprement , vêtu d'habits gris, il ressemblait juste à tous les autres enfants de l'orphelinat. Il paraissait calme, mais un pouvoir latent se dissimulait sous ses traits. Pendant un court instant, son regard noir et profond en trahit la présence; la colère surgit en lui par torrent, comme une tempête rugissant alors que minuit passait.

"Vous êtes un docteur, n'est-ce pas ? De l'asile—"

"Non... je suis un enseignant. Et je suis ici pour te parler de Poudlard," répondit Dumbledore.

Il avait onze ans. L'âge des jeux, des cris, des sauts et des rires; l'âge des merveilles, de l'aventure, et de l'espoir d'un futur rayonnant.

Mais pas pour Tom. Il était désabusé et en colère. Il dit, "Je ne vous croit PAS."

Harry était là, regardant en silence. Regardant le garçon refuser froidement la seule chose au monde pouvant le rendre heureux. Il sembla se replier sur lui-même, irrité de ce qui l'entourait, tel un hérisson dans un instinct d'auto préservation.

"C'est... c'est de la magie ? Ce que je peux faire ?"

"Qu'est-ce que tu peux faire ?"

"Toutes sortes de choses... Je peux faire bouger des objets sans les toucher. Je peux faire faire aux animaux ce que je veux qu'ils fassent, sans les dresser. Je peux faire qu'il arrive de mauvaises choses aux gens qui m'ennuient. Je peux les blesser si je veux."

L'excitation fit monter de la couleur aux joues du garçon. Harry attendait, ne sachant pas quoi faire de l'enfant.

"Tu es un sorcier, tout comme moi," dit Dumbledore.

"PROUVEZ LE!" ordonna le plus jeune.

La garde-robe miteuse dans le coin de la chambre s'enflamma. Le garçon bondit sur ses pieds, tandis que l'orange des flames se reflétait dans ses yeux d'ébène, les dotant une étrange lueur.

Harry vit son visage se transformer: Une joie sauvage s'y installa. Un large sourire illumina ses traits finement ciselés. Enfin il avait trouvé ses semblables.

Il avait été seul... si longtemps.

"Le vol n'est pas autorisé à Poudlard," lui fit calmement remarquer Dumbledore, indiquant les objets dispersés sur le lit de Tom. "A Poudlard, nous ne t'apprenons pas seulement à utiliser ta magie, mais aussi à la contrôler."

Le garçon resta immobile, fixant Dumbledore, le défiant et refusant ouvertement de s'excuser.

Dumbledore se leva, saisit son écharpe. Tout d'un coup, l'enfant s'exprima.

"Je peux parler aux serpents aussi. Je l'ai découvert quand on était en voyage à la campagne—ils viennent à moi, ils me parlent. Est-ce... est-ce normal pour un sorcier ?"

Un éclat d'incertitude passa dans les yeux noirs, son arrogance se dissipant brièvement,

et à cet instant, il ressemblait à l'enfant de onze ans qu'il aurait du être. Il regardait Dumbledore plein d'espoir.

D'espoir...pour quoi ?

Tom Riddle était un enfant plein d'orgueil. Orgueilleux à l'excès même... et de ce fait, ce que les gens pensaient de lui n'avait aucune valeur à ses yeux. Mais il y avait une question omniprésente dans son esprit. Une question qui assombrissait sa vie. Une question que son orgueil ne l'autoriserait pas à formuler—

"Suis-je normal ?"

"Monsieur ?... MONSIEUR ?" l'appela la jeune fille, extirpant harry de ses souvenirs. Elle portait un panier rempli de biberons dans les bras.

Tom continuait à l'observer, de ses grands yeux ronds. Il ne semblait pas dérangé par la présence de l'étranger qui se dressait au-dessus de lui. Il vit les biberons et agita ses petits bras potelés avec excitation.

"Oui, oui, diner," Elle tendit au bébé une bouteille à moitié-remplie.

Tom avait dû hériter du caractère autoritaire et possessif de Salazar Serpentard car dès que ses bras s'enroulèrent autour du récipient, il refusa de le lâcher, le gardant jalousement contre lui tel un amant. Plutôt que sucer l'embout, Tom le mordit avec zèle, témoignant de sa nature combattive.

Reprendre le biberon à Tom prit un certain temps à l'adolescente. Lorsqu'elle y parvint, l'objet était recouvert de salive et la tétine semblait marquée de façon définitive de traces de morsures.

Le bébé babilla, en colère. Il cria de rage lorsque la jeune fille rempli à nouveau la bouteille et remplaça la tétine pour ensuite la passer à un autre enfant.

"Mademoiselle...Tom, il—" demanda Harry avec inquiétude. Le bébé semblait boulversé par le partage de son biberon.

Elle haussa les épaule. "Y a rien que j'puisse faire. Tom est un jaloux. Possessif. Mais on est à court de matériel, donc —"

Harry baissa les yeux sur Tom alors que celui-ci mordait à nouveau ses poings. Il roulait dans son berceau, peau de pêche et corps rondouillet, offrant une vision des plus adorables. Il se souvint de l'incertitude perçue dans ces yeux d'ébène.

Le garçon avait demandé "Suis-je normal?"

Soudainement, Harry fût submergé par l'envi de prendre dans ses bras.

Tendrement, il ramassa le bébé, supportant sa tête douce d'une main. Le petit corps était souple et chaud, et il sentait le savon.

"MONSIEUR ! Il n'aime pas être touché—" cria la fille.

Mais, à sa grande surprise, Tom ne pleura pas. A la place, il bailla, émit quelques sons de chiots.

Sa position semblait inconfortable dans les bras d'Harry, et ce dernier le reposa rapidement. Mais dès qu'il le lâcha, Tom commença à geindre, et des pleurs assourdissants suivirent, poignardant au coeur toute personne à distance d'oreille.

Harry paniqua. Que veut un bébé ?

"Hmm..." la fille les regardait curieusement. "Je pense... vous le teniez mal. Essayez autrement... Couchez sa tête sur votre épaule."

Harry suivit ses instructions. Et cela fonctionna.

Le petit Tom reposait docilement dans ses bras, sa petite tête logée dans la courbe de son coup. La peau du bébé était si douce, si chaude... et fragile. Les pleurs s'atténuèrent. Tom enfouit sa tête dans la chemise d'Harry, essayant de se rapprocher de la source de cette odeur familière, cette odeur qui était imprimée depuis longtemps dans sa mémoire.

Harry songea qu'il était peu probable que Tom se souvienne de lui.

Mais ils étaient là... Tom jouant tranquillement avec les cheveux d'Harry qui le tenait comme si c'était la chose la plus normale au monde. La bébé émit quelques 'Goo Goo Gaa Gaa' satisfait et effleura le nez de l'homme qui le tenait...

Dans ses bras, le petit être ne pesait pas plus qu'une plume, presque rien . Mais cela semblait réel. Réel, beaucoup plus qu'une simple part du passé.

Ils restèrent ainsi pour un moment. Harry, profitant de la chaleur de la peau de Tom, caressa le dos du bébé, satisfait.

Néanmoins, il devait partir.

Le temps qui passe n'attend personne.

Il tapota les joues dodues du nourrisson, tout comme cinq mois auparavant, et tendit le bébé à sa gardienne.

"Bon, mon chéri, dis au revoir à Mr. Potter maintenant," la jeune fille berça le bébé doucement.

Les yeux de Tom suivirent Harry, se raccrochant désespérément au moindre de ses mouvements. L'intelligent petit garçon cligna des paupières, et l'anxiété surgit dans ses orbes noires alors que des larmes commençait à perler au coin de ses cils. Il s'agita et remua, essayant d'agripper la chemise de Harry.

"Mademoiselle, s'il-vous-plait... s'il-vous plait, prenez soin de lui—" chuchota Harry. Peut-être que ses mots ne voulaient pas dire grand-chose, mais c'était tout ce qu'il pouvait faire.

"Monsieur—" Elle essayait difficilement de retenir le bébé qui se débattait. "Je pense qu'il vous aime beaucoup. Vous avez pensé à l'adoption?"

Harry vit son reflet dans les grands yeux ébène de Tom.

"Un jour... Un jour je reviendrai pour lui."

Et il était bien déterminé à tenir parole. Destin ou pas.

Hors, le destin ne comptait surement pas dévier de sa trajectoire, alors ça non. Son mécanisme et ses rouages complexes étaient mis en route, échappant à toutes menaces, réglant l'époque— le temps et la vie; passé, présent et futur; se dressant contre tout grain de sable qui viendrait s'immiscer.

...

Je sais que l'histoire peut paraitre assez lente jusqu'ici, mais le rythme va s'accèlérer dès les prochains chapitres. Et on aura le plairir d'avoir une focalisation interne du point de vue de notre cher Tom.

Comme d'habitude, j'attend vos remarques ou vos questions, merci encore de suivre cette histoire :)