Hellooooooo :) merci pour vos encouragements. Après ce chapitre, le décor et va changer, ainsi que les personnages.
Enjoy !
...
Chapitre 5 : Où est-il né ?
2-6 janvier 2001
Harry traina son corps surmené jusqu' à sa chambre. La petite pièce, sans fenêtre et aux allures de cellule servait toujours à lui rappeler sa situation— maintenant, ses amis et lui étaient des fugitifs. Même le quartier principal devait être tenu secret, retiré à la frontière entre le monde magique et celui moldu. Le ministère et Poudlard étaient tous deux tombés aux mains des forces des ténèbres. Le pouvoir officiel et l'opinion publique s'opposaient à eux. Harry Potter, le sauveur du monde magique, le garçon-qui-a-survécu, n'était désormais plus qu'un criminel, qui regardait, désespéré, ses compagnons mourir autour de lui.
Il s'écroula sur son lit. Le contrecoup du saut temporel était une vraie torture. Il essaya de se distancer de la peine en occupant son esprit, mais sans grand résultat. Il se recroquevilla, se mordant les lèvres pour retenir des gémissements de douleur.
Il ne pouvait pas laisser Hermione découvrir sa condition physique actuelle. L'expérience s'arrêterait sur l'instant.
"La prochaine fois... quand tu rencontreras mon maître, il sera plus puissant, immortel, plus...parfait."
Les mots sinistres du Mangemort fou le suivaient, se moquant de lui sans répit.
Harry resta ainsi, couché en silence, dans l'obscurité complète, le dos pressé contre le matelas incomfortable. Il ne réussit pas à s'endormir.
Deux figures de cessaient d'apparaitre dans sa tête— une, blanche et squelettique avec des yeux rouges-sang; l'autre finement ciselé accompagnée de yeux d'ébène brillants.
Comme souvent, tout les souvenirs le concernant revinrent à sa mémoire.
Sa quatrième année— La coupe de feu, la sensation d'être tiré dans l'espace, son visage pressé dans la boue du cimetière, les yeux morts de Cédric, la tombe de Tom Riddle, Le retour de Voldemort.
Entouré de ses mangemorts, Voldemort hissait triomphalement, pointant sa baguette vers la face d'Harry. Il riait de sa voix haut-perchée.
"Regarde-moi," dit-il. "Je veux voir l'espoir disparaître dans tes yeux. Regarde-moi quand tu meures—"
La haine pure affichée sur le pâle visage s'était transformé en autre chose. Malsain. Irreconnaissable. Inhumain.
Harry était terrifié.
Il ne parvenait pas à comprendre— les ténèbres et la haine brûlante, tant de haine.
Voldemort détestait la lumière, parce qu'il avait appris à survivre dans l'obscurité. Il avait vécu dans l'ombre; l'ombre d'être le produit d'un mariage sans amour, l'ombre d'être abandonné à la naissance, l'ombre d'être appelé "monstre" durant son enfance. Même à Poudlard, avec sa maison, les Serpentards, Il devait être prudent. Il devait dissimuler son statut d'"orphelin" et de "sang-mêlé".
Voldemort détestait la lumière, parce qu'aucun rayon d'espoir ne l'avait touché. Il détestait la justice aussi, parce que telle chose n'existait pas.
Harry était terrifié, mais il voulait tout de même changer les choses. Essayer.
Mais plus il y pensait, plus son objectif lui semblait irréalisable. la face de serpent refit surface dans ses souvenirs, le regardant de haut, cruelle, hissant, "Je serai celui qui te tuera, Harry Potter."
Il était resté le même. Le seigneur des ténèbres. Rien ne changerait jamais.
Harry enfonça sa tête dans le coussin, sa poitrine se serrant de douleur et de déception...et de désespoir.
Hermione avait raison— Le Destin est inébranlable. Voldemort ne serait jamais un homme bon.
La douleur s'étendit au reste de son corps, mais Harry ne s'en soucia guère, car, depuis son retour du passé, le doute s'était insinué dans son coeur, creusant un gouffre sombre et angoissant. Il se sentait inutile, sans intérêt.
Est-ce que tous ses efforts étaient vains?
Après que la douloureuse sensation se soit estompée, Harry décida de prendre une douche, et c'est seulement alors que Morphée le prit dans ses bras, de pitié peut-être.
...
Quand il se réveilla, il se sentit revigoré. Le soleil perçait au milieu du ciel nuageux. Harry fit une toilette rapide et descendit.
"HARRY!" cria Ginny, lui indiquant le laboratoire. "Hermione veut te voir."
Elle s'était débarrassé du sang sur son visage, ne laissant plus paraître qu'une fine, longue cicatrice qui suivait la courbe de sa mâchoire jusqu'à son oreille. Elle sourit, rayonnante, et lui fit signe de la main, arborant le signe de sa lutte avec fierté.
Ses yeux étaient chaleureux et son sourire contagieux. Harry ne put s'empêcher de lui retourner le geste.
"Ecoute. Harry. Nous avons un problème," lâcha directement Hermione en entrant dans la salle.
Elle était occupée à transcire des notes dans un carnet. Ses cheveux décoiffés et pointant de toutes parts indiquaient que la nuit avait dû être courte pour elle.
"Qu'est-ce qu'il y a ?" Harry s'approcha de son amie et ramassa un dossier posé son bureau— l'un des quelques plans d'entrainement pour l'Armée de Dumbledore.
Hermione le regarda d'un air sévère.
"Percy a passé toute la nuit à interroger le mangemort. Et, bon, tu sais qu'il est plutôt doué pour ça—"
Elle frissonna.
"Que—" commença Harry.
Hermione grinça les dents, une expression qui ne laissait rien présager de bon sur le visage.
"De terribles nouvelles. Non seulement Voldemort a découvert que nous savons pour sa faiblesse, mais il est aussi en train de la chercher, la traquant pour s'en débarrasser avant nous. En plus— il essaye de réabsorber les horcruxes."
"Réabsorb...?" Harry ne savait même pas qu'il pouvait faire ça.
Hermione gronda de frustration.
"Ce mangemort a dit... Il a dit que Voldemort a déjà récupérer son nez—" elle l'observa. "— C'est sérieux, Harry. Ne rigole pas !"
Harry obéit, bien sûr. Tout à coup, soudainement, il réalisa l'importance de ces mots.
"'Hermione! Peut-être qu'il cherche à retrouver des souvenirs précis. Ses souvenirs de 1946."
"Oui, oui. C'est pourquoi je voulais te voir... Selon mes calculs, les souvenirs de Voldemort de son vingtième anniversaire— lequel est en 1946— sont conservés dans le pendentif de Serpentard."
La main d'Harry se plaça d'elle même au niveau de sa poche interne. Il en tira le pendentif doré par sa chaîne et le posa sur le bureau.
La jeune sorcière l'inspecta avec attention, puis dit à Harry.
"Puisque l'épée de Griffondor est toujours introuvable, et que Poudlard est occupé, nous n'avons pour le moment même aucun moyen de détruire les horcruxes. Tout ce que nous pouvons faire c'est le garder en sécurité. Nous ne pouvons pas laisser Voldemort mettre la main dessus—"
"Evidemment," acquiesça Harry.
"Et encore une chose," Hermione baissa sa plume. "Harry... Tu dois être prêt. Lorsqu'il sera de nouveau entier, Voldemort pourrait être plus puissant, et même sensible... ce qui veut dire... notre objectif pourrait—"
Harry leva une main pour l'interrompre. Il savait ce qu'elle allait dire, et il ne pouvait pas la laisser émettre à voix haute des doutes sur son propre plan.
Il sourit d'un air rassurant. Ses yeux émeraude brillèrent derrière les lunettes rondes, déterminés et durs comme la plus précieuse des pierres.
"Nous n'avons pas beaucoup de choix à ce point. Ne te tracasse pas trop, Hermione. J'ai confiance en notre plan," Il lui fit une petit signe et se détourna pour partir. "Je vais voir Ron."
...
L'infirmerie était spacieuse, mais apparemment pas assez, à en juger par les rangés de lits entassés à l'intérieur.
Les couches des malades étaient si proches les unes des autres que Harry eut quelques difficultés à se glisser entre elles.
Des patient avaient placé une planche en bois sur deux lits, créant ainsi une table de fortune autour de laquelle tout le monde était actuellement agglutiné autour, jouant au poker avec les bras bandés ou leurs membres plâtrés.
Ils semblaient pleins de vie, criant joyeusement les uns aux autres et se passant des friandises par dessous les couches, attentifs à ne pas être surpris par les infirmières.
Finalement, Harry aperçut une masse de cheveux roux.
"RON!"
"Hey, Harry," le bras gauche de Ron était enrobé dans une écharpe blanche pendue à son cou, mais cela ne l'empêcha pas de faire de grands signes enthousiastes à son ami au cheveux noirs.
Harry se dépêcha de le rejoindre, à moitié effrayé que Ron puisse lui-même rouvrir ses blessures.
"Comment vas-tu ?" demanda Harry en s'asseyant sur le lit.
Ron indiqua les bandages autour de son bras, puis ceux sur ses jambes, elles aussi immobilisée sous une épaisse couche blanche.
"Rien de neuf, la routine quoi." plaisanta-t-il de bon coeur.
Toujours le même, Ron. Harry sourit.
"Donc, j'ai entendu dire que tu avais visité un Voldemort de vingt ans !" demanda vivement le rouquin. "C'est vrai ?"
Le sourire d'Harry perdit de son éclat. "Pas vraiment... j'ai vu un Voldemort nouveau-né par contre."
"HAHAHA... donc tu as fini à l'auberge, hein? Est-ce aussi terrifiant qu'ils le disent ?, Le lieu où est né le diabolique—"
Harry leva un sourcil... Quoi?
"Quelle auberge?" murmura-t-il.
"Huh? Je pensais que tu étais au courant—" Ron lui lança un regard curieux. "L'auberge. Tu sais, là où Voldemort est né. L'auberge moldue où cet être diabolique est né."
"L'auberge," répéta Harry. Soudain, un espoir fragile naquit dans sa poitrine. Dans son excitation, il agrippa le bras de Ron, les articulations blanches. "Voldemort n'était pas... né dans un orphelinat ?"
"Ouch!" émit Ron lorsqu'Harry serra inconsciemment son bras blessé.
"Désolé," Harry le lâcha rapidement. Il fixa Ron avec anticipation. "Alors?"
"Alors quoi?" grommela Ron. Il sa gratta le nez avec sa bonne main, et regarda les yeux d'Harry pleins d'espoir avec confusion. "Quel orphelinat— tu m'as dit toi-même qu'il était né dans une auberge. Dumbledore te l'a montré—"
Harry était incrédule. Vivement, il se tourna vers le voisin de son ami, "Ernie, où est né Voldemort ?"
"Tu-sais-qui ?" Ernie Macmillan demanda, semblant aussi confus que Ron. "Dans une auberge de Londres, pourquoi ?"
Harry sauta sur ses pieds. L'espoir lui envoyait comme des décharges électriques, renouvelant sa vigueur.
"Je dois aller voir Hermione!" cria Harry avec agitation en courant vers la porte.
Ernie observa le garçon-qui-a-survécut s'éloigner, la bouche ouverte, puis se tourna vers Ron, qui haussa simplement des épaules.
...
Le coeur d'Harry était empli de joie. Enfin, de bonnes nouvelles.
Bien sûr, son intervention dans le passé avait eu un effet. La connaissance de ses contemporains de l'évènement en avait été modifiée.
Même si Hermione lui avait expliqué que le Destin n'autorisait des changements que si ceux-ci étaient insignifiants, négligeables à grande échelle... Même si c'était vrai, voir une preuve concrète du fait que ses actes avait, finalement, influencé les choses, peu importe leur ampleur, le rendait heureux. Sa tête se remplit d'idées, de possibilités.
D'espoir. Harry osa espérer à nouveau.
Si le Destin ne se souciait pas des détails, alors Harry pouvait tous les changer. Si il pouvait altèrer les petites choses, alors, avec un peu de chance, les répercussions de l'ensemble de ses efforts construiraient quelque chose de neuf. Une nouvelle destinée que personne— pas même le Destin— n'aurait pu prévoir.
Harry était impatient de partager ses théories avec Hermione. Il devait resauter dans le temps le plus vite possible.
"HERMIONE," Harry fit irruption dans son bureau, à bout de souffle. Excité, il lui fit part de sa nouvelle théorie.
Elle fronça les sourcils, ne semblant pas partager l'enthousiasme d'Harry.
"Oh? Donc Voldemort n'était pas né dans une auberge ?"
Le sourire éclatant d'Harry illumina son beau visage. Il ne s'était jamais senti mieux.
"Oui et non... Pour nous, il est né dans une auberge."
Dans un futur possible, l'une de ces réponses était absurde. Dans un autre, la même réponse était unanimement acceptée. Tout dépendait des choix d'Harry dans le passé.
"Hermione, quand programmerons nous le prochain saut ?"
"Dans 46 jours—" Elle retourna à ses documents, les examinant avec soin.
"Non. Je dois aller—"
"Non," répondit fermement Hermione. "Les répercussions physiques...ce n'est pas bon. Tu dois te reposer au moins cinq jours avant le prochain saut temporel... Ou ton corps ne le supportera pas... Comme maintenant—"
Son ton s'adoucit, sympathique, "— tu souffres à l'instant même, n'est-ce pas, Harry?"
Harry se força à sourire, "J'y suis habitué."
Son amie soupira. Elle était trop intelligente pour ne pas voir à travers ses mensonges.
"Harry, Je ne cherche pas à m'opposer à ce que tu tentes de changer le passé. Cependant, mon consentement ne s'applique qu'aux situations qui sont bonnes pour toi. Et pour l'instant, le voyage temporel n'est pas bon pour toi... Promets-moi que tu prendras soin de toi ?"
Elle le fixa avec des yeux bruns résolus, prête à passer en mode donneuse-de-leçon s'il insistait encore.
"Je promets, Hermione. " sourit Harry.
...
Les cinq jours passèrent en un clin d'oeil, mais Hermione ne rementionna pas de saut temporel.
Cinq jours dans le présent... Cela équivalait à vingt-cinq mois dans le passé. Harry fit un calcul rapide, Tom devait juste avoir eu trois ans.
Les temps étaient chargés pour l'Armée de Dumbledore. Tout le monde travaillait de l'aube au crépuscule, s'agitant autour du quartier général comme des fourmis. Harry avait départagé son temps entre la zone d'entrainement, où il enseignait aux nouvelles recrues, la salle de guerre, où il élaborait de nouvelles stratégies avec les membres fondateurs,
et la bibliothèque, où il désignait de nouvelles barrières pour protéger leur maison.
Seulement lorsqu'il était allongé sur son lit, seul dans l'obscurité, trop fatigué mais ne pouvant s'endormir, laissait-il vagabonder ses pensées vers Tom. A quoi ressemblait le Tom de trois ans ? Serait-il comme Voldemort par quelques aspects ? Même à cet âge...
Bien sûr, il n'eut jamais la réponse.
Le sixième jour, Ron se montra dans la zone d'entrainement, carburant aux potions réductrices de douleur, une jambe toujours emplâtrée.
Harry lui tendit une large pile de dossiers, puis soupira de soulagement.
"Par Merlin!" s'exclama Ron. "Comment diable a tu réussis à terminer tout ce travail ?"
Ron essaya de tapoter l'épaule d'Harry pour le féliciter, mais ses mouvements étaient tellement maladroits qu'il finit par écraser les deux pieds de son compagnon.
"Où est Hermione?" grimaça le jeune homme aux yeux verts.
Il était exténué, mais au moins il avait terminé ses tâches rapidement, et était maintenant libre de faire ce qui lui plaisait.
Ron prit un air songeur. "Je pense qu'elle est dans le labo... elle a une réunion avec Cho et Luna."
Bien sûr, où d'autre ?
"Merci," Harry le salua et courut jusqu'au laboratoire.
...
"Je veux— confisquer — Sauteur de temps," des fragments des paroles d'Hermione passèrent à travers la porte, bien qu'à peine audibles.
"Mais la mission d'Harry—" c'était Cho.
Harry n'attendit pas de savoir ce que pensait Cho de sa mission. Il passa le Sauteur de temps autour de son cou, serra les dents et l'activa.
Et à nouveau, le monde se déforma autour de lui.
...
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, aussi bien au niveau de l'histoire que de l'écriture.
En exclusivité, le titre du prochain chapitre : "Tom Riddle" ! devinez qui sera là ? :) (pour de vrai cette fois, promis, sinon je m'engage à en poster deux pour qu'il apparaisse)
merci encore de lire cette traduction, bye
