Le voilàààààààà :)
encore merci pour vos messages et encouragements, et bonne lecture
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Chapitre 6: Tom Riddle
1932
Son nom était Tom Riddle, l'orphelinTom Riddle.
Quelle est la vie d'un enfant de quatre ans normal ? Etre au chaud au sein des bras de son père et de sa mère, suppliant pour un nouveau jouet ? Courir innocemment, riant avec ses amis, faisant des blagues à tout les passants ?
Pour Tom, avoir quatre ans était difficile. Surtout depuis que sa jeune gardienne était décédée, survivre à l'orphelinat était devenu de plus en plus éprouvant pour lui.
Voyez-vous, avoir quatre ans était comme être coincé dans un entre-deux. Les enfants de deux et trois ans étaient nourris régulièrement; ceux de sept et huit étaient assez grands et forts pour prendre ce qu'ils voulaient. Et Tom, de ses quatre ans, faisait la victime parfaite.
Une grosse serveuse s'approcha avec un panier rempli de pains secs, un pour chaque enfant. Et pas un de plus. De ses yeux perçants, elle les observait tel un faucon alors qu'ils se présentaient devant le panier pour prendre leur souper. Si quelqu'un tentait de prendre plus que sa part, elle le battrait de ses poings épais et confisquerait sa seule ration pour la nuit. Mais bien souvent, Tom avait tellement faim qu'il ne s'en souciait guère. Il essayerait de chaparder un morceau supplémentaire lorsqu'elle ne regarderait pas. Certes, il était rapide et souple, mais cela ne voulait pas dire qu'il n'était jamais pris sur le fait...et quand cela arrivait, dix coups de bâton.
Mais ça en valait la peine. Une raclée était préférable à la faim constante, à la sensation de manque, lorsque la douleur apparaissait et lui tordait l'estomac, tel un parasite le rongeant de l'intérieur. La raclée en valait la peine, pour les quelques fois où il avait réussi à ramener un morceau de pain dans sa chambre et s'était caché sous son lit, engloutissant jusqu'à la dernière miette, s'étranglant presque à cause de la texture de bois sec.
Il devint très doué pour le vol— Puis, ils le remarquèrent.
ILS faisait référence à un groupe de garçons plus âgés, huit ans, dégingandés et gringalets, avec de stupides faces que Tom ne reconnut pas. Cependant, Tom reconnut qu'ils étaient beaucoup plus grands que lui.
"Rend ce que tu as volé! MAINTENANT ! Ou on le dira à Mme Sophia—"
Mme. Sophia était le nom de la grosse serveuse.
"Je l'ai mangé—" Tom répondit, entêté. Ses mains tremblantes trahissaient sa peur, mais il resta en place, cachant les deux pièces de pain derrière son dos.
Un garçon, celui qui avait toujours un lapin avec lui, pointa Tom du doigt. "IL L'A ! DANS SES MAINS!... J'LES VOIS!"
Et cela suffit. Ils l'assaillirent, tirant et frappant de leurs mains, poussant Tom au sol.
Cela faisait mal. Si mal.
Plus ils le frappèrent fort, plus Tom serra les pains dans ses mains. Même du haut de leurs huit ans, aucun d'eux ne réussit à lui soutirer quoique ce soit.
Peut-être son caractère naturellement vicieux lui conférait-il une force inégalable. Finalement, il parvint à leur échapper. Il courut; Ils étaient juste derrière lui. Alors qu'il courait, Tom prit de ses mains le pains en morceaux. ils les broya en miettes qu'il jeta au sol. Tom écrasa de ses pieds la précieuse nourriture, comme s'il essayait de détruire quelque chose qu'il détestait profondément.
Lorsqu'ils l'attrapèrent enfin, les pains avaient disparus. Immangeables, écrasés dans la poussière, et l'empreinte de Tom imprimée sur la forme aplatie et brunâtre.
"TAPEZ-LE !" cria quelqu'un.
Des poings et des bottes s'écrasèrent furieusement sur son dos. Tom s'agenouilla au sol, courbant le dos, essayant désespérément de protéger son estomac et ses organes internes de leurs coups. Des bleus et des coupures s'étendaient le long de son visage et de ses bras, dessinant d'affreuses taches pourpres, mais malgré la douleur Tom souriait.
Ils sont à moi... Et si je ne peux pas les avoir, alors personne ne les aura.
Il rit en silence. Un étrange sourire en coin déformant la beauté de son visage.
...
Par après bien sûr, ils le dénoncèrent, et pour punition Tom fut enfermé dans le sous-sol pendant trois jours.
Tom s'affala dans un coin froid et humide, se frottant les mains pour tenter de se garder au chaud.
"Tom? Tom? Tu es de nouveau puni?"
Tom ignora la femme qui s'adressait à lui depuis les barreaux métalliques, agitant ses mains comme il le faisait.
Qu'espère-t-elle tirer de ces visites ?
"Tom, Je- Je t'ai acheté des bonbons. Je les aie laissés dans ta chambre. Euh...J'espère que tu les aimeras."
Des bonbons ?! —Que ferait un orphelin affamé de bonbons ? Une distraction si petite et frivole—cela n'apportera que des problèmes. Cela rend les autres jaloux; cela fait de lui une cible. De toute façon, puisqu'il n'avait pas pu retourner dans sa chambre, il était à parier que quelqu'un les avait déjà pris.
Mais elle ne réfléchit jamais, n'est-ce pas? Ne remarque jamais rien d'important.
Elle veut juste l'apaiser... pour son propre bien, surtout. Elle veut juste apaiser le sentiment de culpabilité qui la ronge.
Tom l'observa à travers les barreaux froids et métalliques. La lumière tremblante des chandelles projetait une douce lueur sur son visage, néanmoins ses yeux restaient glaciales et perçants.
Elle fit un pas en arrière. Un moment, son regard prit une allure bestiale et affamée, semblant jauger ses faiblesses, prêt à frapper.
"Je ... Je reviendrai une prochaine fois—"
Tom la regarda, sans émotion, alors qu'elle s'enfuyait presque de la pièce.
Il pouvait voir à travers elle.
Elle avait peur de lui, effrayée de ses yeux si peu enfantins, effrayée de son expression immuable. Mais elle continuait cependant à le visiter, pour ce qu'elle lui avait fait.
Et, vraiment, ce qu'elle avait fait n'était pas si grave. Elle l'avait juste abandonné à l'orphelinat, parce que quelque chose de mieux s'était présenté à elle; parce que "ils ne pouvaient pas se permettre d'élever deux bébés, vraiment désolée mon chéri".
Elle lui parlait indéfiniment, et toujours à propos de ce mystérieux monsieur Potter.
"C'est un jeune homme merveilleux. Et il est vraiment concerné pour toi, Tom—"
Même son ancienne gardienne, avant sa mort précoce, aimait mentionner monsieur Potter.
"Mr. Potter a dit qu'il reviendrait pour toi, Tom. Je le sais. Il m'a demandé de prendre soin de toi."
Tom frappa le mur de frustration.
Il haïssait ce Mr. Potter. IL LE DETESTAIT!
Si cet homme voulait vraiment l'adopter, alors où était-il ? Si cet homme s'inquiétait vraiment pour Tom, alors où était-il lorsque Tom était frappé ou affamé ou criant contre l'injustice de tout ? Humph— "Il reviendra pour toi"—Quels mensonges! Tom savait reconnaitre un mensonge quand il en entendait un.
Sa haine bouillait à la surface, colorant sa jeune figure. Si quelqu'un avait pu le voir à l'instant, il aurait été sidéré par l'étendue de la colère sur le visage tendre de l'enfant de quatre ans, tant de malveillance il y transparaissait.
...
L'orphelinat ne demandait pas une stricte assiduité scolaire. L'équipe était trop petite que pour fournir un enseignement digne de ce nom. Les enfants devaient juste suivre les leçons d'anglais deux fois par semaine (en plus de l'église), et étaient ensuite libres d'errer dans les rues de Londres. Mrs. Cole se souciait peu de ce qui pouvait leur arriver. Si un orphelin mourrait— et bien—cela faisait une bouche de moins à nourrir.
Tom restait habituellement dehors jusque quatre heure de l'après-midi. Il n'osait pas s'éloigner trop loin.
Cette fois-ci, Tom se dirigea directement vers sa chambre.
La petite pièce était complètement dévastée. Le matelas jeté au sol; l'armoire renversée; les vêtements dispersés partout. Tout le monde à l'orphelinat recevait quatre uniformes standards pour l'année, sans remplacement possible, et les siens, actuellement, étaient déchirés en lambeaux, des empreintes boueuses les recouvrant de toutes parts.
Tom ricana sombrement. Calmement et méthodiquement, il commença à planifier une mort lente et douloureuse pour tous les garçons responsables de son malheur.
Toutefois, dès que ses yeux se posèrent sur le manteau chiffonné et jeté négligemment dans un coin, sa rage explosa.
Il rugit et promis une vengeance saignante à ses ennemis. Peu importe qui ils étaient, il les trouverait. Ses yeux d'ébène étaient remplis d'une rage pure, brûlante, sombres et sans fond tel l'abîme des enfers qui avalerait, tout entiers, les os de ses opposants.
Tom ramassa gentiment le manteau noir. Celui-ci était vieux, mais en bon état grâce à ses bons soins. L'objet avait dû couter cher; épais, d'une texture douce qui s'étendait au-delà des pieds de Tom, avec une coupe traditionnelle et néanmoins stylisée qui se resserrait autour des hanches. Tom pensa que qu'il devait avoir eu fière allure sur son propriétaire.
Lorsqu'il était triste, Tom s'enroulerait, bien serré, dans le vêtement, captant son odeur et chérissant sa chaleur.
Peut-être... Quelqu'un pensait vraiment à lui ?... Ne serait-ce qu'un peu... Quelqu'un comme Mr. Potter.
Tom mit le manteau sur ses épaules, et caressa avec adoration la matière couteuse. La douce chaleur suffit presque à le calmer.
"TOM! Regarde ma nouvelle écharpe," dit un garçon en faisant irruption dans la chambre sans s'annoncer.
Tom sauta de son lit, observant l'intrus avec des yeux alertes et bestiaux.
C'était le garçon toujours accompagné d'un lapin. Triomphalement, Le dit-garçon caressait la fourrure de son animal, mettant sa nuque en avant.
Les pupilles de Tom se contractèrent. Ses poings se serrèrent. Ses yeux se concentrèrent sur l'écharpe autour du cou—
Elle était à Tom. Cette écharpe grise-verte, délavée par les ans et s'accordant, parfaitement, avec le manteau laissé derrière par Mr. Potter.
Ses yeux prirent un air vicieux. Il bondit tel un animal sauvage, montrant les dents au garçon, une envie de meurtre évidente sur son visage. L'autre, de frayeur, sauta en arrière, surpris par le soudain changement de comportement chez l'enfant de quatre ans, qui était, après tout, bien plus petit que lui.
"REND. LE. MOI," menaça lentement Tom, les yeux hantés d'ombres menaçantes.
Le garçon tenta de garder une façade composée. Il s'était dit que le gamin ne pourrait pas lui faire de mal, mais, à en juger par la férocité du regard de Tom, il s'était peut-être trompé.
Tom le fixa, lui et son dégoutant rongeur; la chose laissait des poils sur son écharpe. Impardonnable, pensa-t-il sinistrement.
"Je... l'ai trouvé. Donc il est à moi," bafouilla son propriétaire, essayant de paraître courageux.
Avant qu'il ait pu terminer, un petit corps le plaqua au sol. Le lapin effrayé s'évada. Sans lui laisser le temps de réagir, ou même d'émettre un cri de terreur, des petites mains s'enroulèrent autour de sa gorge, l'agrippant avec une force inattendue.
Le garçon suffoqua. Il ne pouvait plus respirer.
La face enfantine de Tom se dressait au-dessus de lui, ses yeux sombres et mortels, tel un rapace. Les traits tendres de l'enfant se tordirent de jubilation, le transformant en quelque chose d'absolument terrifiant. Sur le moment, il n'était plus l'orphelin Tom Riddle, mais un magnifique ange de la mort. Les mains serrèrent plus fort.
Tom découvrit, à cet instant, qu'il était capable de tuer.
"MON DIEU! QU'EST-CE QUE TU FAIS ?"
Quelqu'un les sépara. Le plus petit étira ses doigts engourdis, et lança un regard froid à la vieille infirmière qui l'avait si grossièrement interrompu. Il ne lui adressa pas un mot.
Respirant difficilement, le garçon rampa hors d'atteinte de Tom et retrouva son animal. Ne pouvant s'empêcher de trembler, il regarda son agresseur, puis le lapin dans ses bras.
"C'est... C'est ma faute... J'ai volé l'écharpe de Tom."
La vieille infirmière leur jeta un regard confus. Tom et le garçon tremblotant.
"Si tu le dis, Billy. Et—Tom, trois jours d'isolement pour toi."
Sans protester, Billy se démunit de l'écharpe. Alors qu'ils quittèrent la pièce, Tom lui offrit un sourire tout en dents, contenant un message que seul eux deux pouvaient comprendre. D'une affreuse manière, ils avaient partagé une expérience unique ce soir-là, mais seul Tom mesurait l'étendue des changements que cela apporterait.
Passée cette nuit, tout habitant de l'orphelinat resterait loin de la chambre de Tom, et surtout de son manteau et de son écharpe.
...
Par de nombreux d'aspects. Rien ne changea.
Ils manquaient toujours de nourriture. Les enfants continuaient à se battre pour un moignon de pain.
La première fois que Tom parvint à battre quelqu'un pour leurs victuailles, il ne gagna rien de spécial: une pièce de pain rassit et un minuscule morceau de fromage. Néanmoins, alors qu'il serrait son prix difficilement acquis contre lui, malgré la douleur cinglante au niveau de ses côtes, Tom Riddle se sentit bien.
Il se sentait puissant.
Il n'y a pas de bien ou de mal. Il n'y a que le pouvoir, et ceux trop faibles pour le chercher.
Tom Riddle voulait du pouvoir. Et il en voulait beaucoup.
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:) ... non, ce n'est pas un sociopathe, "it's an hight-functional sociopathe"
N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre, bizzzzzz
