Nouveau chapitre ! Je dois dire... même si je comprend la réaction d'Harry, je n'en ait pas moins l'envie de le secouer un bon coup. Vous verrez.

Encore une fois, merci pour vos message et contente que l'histoire vous plaise. N'hésitez pas à laisser vos commentaires :)

...

Chapitre 8: Un jour, un jour

19 novembre, 1932

Lorsqu'Harry entra dans le hall de l'orphelinat, une sensation d'étourdissement l'assaillit, lui faisant perdre légèrement son équilibre. Il trébucha en avant; les jambes molles. Harry grimaça lorsqu'une douleur aiguë et des vertiges envahirent son cerveau, obscurcissant sa vision de taches noires derrière ses paupières.

Il dut faire appel à toutes ses forces pour ne pas s'écrouler devant les enfants.

Je suppose qu'Hermione a raison... comme d'habitude. sa condition était pire qu'il ne l'imaginait. Harry força un sourire sur ses lèvres.

Sans ce problème physique, Harry serait venu deux jours plus tôt. Cette fois-ci—

lorsqu'il était revenu de son saut dans le temps prématuré— il s'était évanoui dans le laboratoire. Cet incident infortuné l'avait retardé de trois jours, et... par après, la colère d'Hermione l'avait encore retenu deux jours supplémentaires. Mais, finalement, Harry était là pour Tom.

Au total, il avait passé 11 jours en 2000, ce qui, selon ses calculs, signifiait que Tom allait fêter ses cinq ans.

Au bout d'un moment, la terrible sensation disparue. Harry frissonna. C'était la pire crise qu'il eut jamais connu; comme si son âme était arrachée de son corps. Soudainement, il prit conscience que le pendentif de Serpentard—qu'Harry gardait toujours sur lui— était en train de chauffer dans sa poche.

Sans y penser, il l'en sortit et l'ouvrit.

NON! Pas devant des moldus!

Les pupilles d'Harry se contractèrent de choc. Le pendentif s'était ouvert, cependant... rien ne s'était passé. Pas de Tom Riddle chuchotant tel le diable à l'oreille, pas de sortilèges contrôleurs de pensée ou hallucinatoires, et même... même pas une seule trace de magie laissée dans l'objet. Le bijou était redevenu normal, si ce n'était pour la sensation de chaleur qui enveloppait encore.

Ce qui voulait dire— que le Horcrux est détruit !

Mais comment ? Comment était-ce arrivé alors que rien ne lui avait porté atteinte ? Comment cela pouvait-il avoir disparu alors que Harry l'avait toujours à l'oeil?

"Tout le monde, voici Mr. Potter."

Les mots de Mrs. Cole le ramenèrent à la réalité. Harry enfoui à nouveau le pendentif dans la poche intérieure de son veston. Il devrait garder ces mystères à résoudre pour plus tard.

Harry leva la tête pour sourire aux enfants alignés devant lui. Il n'avait initialement pas voulu faire de tapage. Il n'était là que pour Tom, mais, avant qu'il n'ait pu en faire part, Mrs. Cole avait joyeusement appelé tout les enfants. Ils se tenaient rigides devant lui, en une ligne nette, ordonnés selon leurs âges, comme si Harry était un général inspectant ses troupes.

"Madame, Je suis juste là pour—" Harry éleva sa voix pour protester, mais Mrs. Cole ne l'écoutait pas.

"Je sais...Je sais. Difficile de choisir... Ce sont tous de bons enfants. Bon Dieu—" La responsable en chef jura, agitant ses mains et aspergeant le sol de gin. "Dites 'Bonjours' à Mr. Potter, tout le monde."

"BONJOUR! MR. POTTER!" crièrent les enfants d'une voix unique résonnant dans le large hall.

Harry étudia leurs visages.

Les plus âgés avaient à peine dix ans et les plus jeunes n'étaient que des nourrissons. Habillés dans des costumes en soie identiques, ils l'observèrent de leurs yeux effrayés de jeunes chevreaux. Leurs faces étaient pâles et minces, leurs joues creuses criaint la malnutrition, mais la plupart d'entre eux lui sourirent timidement, les yeux brillants de larmes retenues et d'espoirs.

Harry sentit son coeur fondre à ce spectacle. Lui-même avait eu une enfance difficile, vivant à la merci de tuteurs détestables. Il avait été l'un d'eux une fois, et de ce fait, leur détresse, leurs cris silencieux résonnaient profondément en lui.

Bien sûr, ce qu'Harry ignorait était que ces enfants jouaient un rôle. Ils étaient déjà passés par ce processus auparavant, bien assez souvent, et étaient habitués à se montrer doux comme des ceci, ils avaient appris à manipuler leur image — comment avoir l'air triste et en détresse; comment pleurer au moment opportun pour gagner de la sympathie.

L'innocence était un privilège de l'enfance, mais seulement pour les plus riches, ceux avec des parents, et par pour eux, qui devaient survivre par leurs propres moyens.

Mais Harry ignorait tout cela. Le monde était toujours plus simple dans la tête des braves Gryffondors, ils — naïvement— aimaient assumer le meilleur des gens.

La perspective de décevoir tous ces enfants ébranlait fortement Harry. Il regarda ailleurs.

"Je veux juste adopter—" Les mots d'Harry s'étranglèrent dans sa gorge.

"PAPA! PAPA! S'IL TE PLAIT, T'EN VA PAS !"

Tout à coup, au premier rang, un garçon commença à pleurer. Il gémit de tous ses poumons, d'une voix pathétique qui résonnait dans le hall.

Le garçon trembla et tituba, comme si il était sur le point de tomber. "JE VEUX RENTRER A LA MAISON ! JE PROMETS JE SERAI SAGE, JE DEMANDERAI PLUS DE LAPIN—"

"BILLY! TAIS-TOI!" lança agressivement Mrs Cole au garçon. Les plaintes perçantes lui donnaient la migraine.

L'enfant en sembla effrayé. Il cacha son visage dans ses manches, mais ne put retenir encore quelques sanglots. Ses pleurs étouffés sonnaient encore plus déprimants avec le regard que lui jetait la gardienne.

"Mrs. Cole... est-ce qu'il va bien?" demanda Harry.

La femme soule agita ses bras dédaigneusement.

"Mais ouiii... Son père lui manque. Ca arrive de temps en temps... Peut-être...peut-être, Mr. Potter, que vous lui rappelez son père— l'homme l'a déposé ici un jour, juste ici, avec rien d'autre qu'un jeune lapin domestiqué... Il disait qu'il reviendrait plus tard. Vous savez— "Elle eut un hoquet"— ils reviennent jamais."

Harry sentit cette révélation s'abattre sur lui comme une pierre. Tout juste un garçon, mais il avait vu son père l'abandonner... il avait vu familles après familles l'ignorer à cause de son âge. Comment pouvait un si petit être supporter tant de souffrances ?

Une pensée se forma dans la tête d'Harry— Peut-être que Tom apprécierait la compagnie d'un ami, d'un frère... Qu'un moldu grandisse avec lui serait bon pour son développement, pour prévenir ses préjugés.

Harry serra les lèvres. Après quelques délibérations internes, Harry s'agenouilla devant le garçon en sanglots, et demanda gentiment.

"Cher enfant, voudrais tu venir vivre avec moi?"

...

La petite vipère n'avait jamais vu Tom perdre le contrôle de cette façon.

Même quand les autres l'insultaient, le frappaient, lui crachaient dessus, Tom ne faisait que ricaner froidement, gardant toutes ses émotions enfouies au fond de lui, et préparait ensuite sa revanche dans l'ombre.

Maintenant, une soudaine, vicieuse folie s'était abattue sur l'enfant trop mature, tordant ses traits juvéniles en quelque chose de diabolique... Quelque chose que Tom avait réussi à garder caché toutes ces années, mais qui s'était maintenant libéré.

Ses petits doigts se tordirent autour de l'écharpe noire, la pressant dans sa paume, comme pour absorber la laine dans son système sanguin. Des veines pourpres apparurent à l'effort.

La vipère osa un regard vers le haut, curieuse de l'expression faciale du garçon.

Tom fixait le jeune homme devant lui. La haine masquait ses yeux noirs comme de sombres nuages cachant le soleil. Tom était devenu encore plus pâle, comme si son seul espoir — son unique souvenir heureux d'enfance— s'était brisé devant lui.

Son expression— sans aucune erreur possible— reflétait de la pure haine et colère.

Envers qui, ce dernier point n'était pas clair.

La vipère agita sa langue, confuse.

Tom était doué pour garder ses émotions cachées; tout au plus, il abordait un rictus froid qui défiait tout challenger. Il était un serpent, manipulant tout le monde dans l'ombre, toujours prêt à frapper sans pitié. Tom était un serpent; il ne perdait pas contrôle.

Donc pourquoi perdre la tête pour un homme qui adoptait Billy ?

...

Tom fixa le visage souriant du jeune homme, les yeux verts plus chauds que la lumière du soleil. Tom l'observa s'agenouiller devant Billy, réconfortant l'idiot dans ses bras qui devraient être enroulés autour de Tom.

Il serra les dents, tirant sur l'écharpe, souhaitant pouvoir la réduire en cendre.

"Mr. Potter a dit qu'il reviendrait pour toi, Tom. Je le sais. Il m'a demandé de prendre soin de toi." avait toujours dit sa jeune gardienne.

Mais ses mots n'étaient rien de plus que la plus cruelle des plaisanteries, comme des couteaux aiguisés plantés dans son coeurs, encore et encore.

L'écharpe noire, qu'il aimait tellement était tout à coup étouffante autour de son cou. Son existence aussi était une moquerie, une moquerie de son but inatteignable, une moquerie de ses espoirs naïfs... une moquerie de toutes ses attentes.

Il s'était endormi toutes les nuits emmitouflé dans le manteau. Il était rentré dans une rage mortelle pour protéger cette écharpe. Il avait été —si naïf— si stupide d'aller si loin pour protéger ses dernières connexions avec Mr. Potter.

Plus jamais.

Tom n'était pas le frêle garçon à qui on flanquait une raclée dans l'arrière-cour. Plus maintenant. Maintenant, il contrôlait un pouvoir qu'ils ne pouvaient même pas imaginer — il était meilleurque n'importe lequel d'entre eux. Ce faisant... il n'avait pas besoin d'eux.

Il n'avait pas besoin de la charité de ce fameux Mr Potter!

Néanmoins— en ce qui concernait Billy Stubbs—

Un jour ! Un jour !

...

"Billy?! Bill..ly est un bon garçon," Mrs. Cole tenait ses bouteilles. "Finalisons tout ça, alors—"

"ATTENDEZ—" Harry se leva, tout en gardant le main de Billy dans la sienne. "Je cherche un garçon. Tom Riddle."

Tom, caché derrière tout le monde, ajusta son écharpe et s'avança à travers la petite foule.

Le petit serpent était enroulé bien solidement autour de son bras. Elle sentit ses muscles se détendre, veines et tendons à nouveau lisses sous ses écailles. Il semblait plus calme aussi, mais elle pouvait sentir son humeur s'assombrir, brûlant d'une colère bien dissimulée.

"Je suis là," dit Tom calmement. Avec ses cheveux noirs corbeaux et ses yeux minuit, son visage était aussi calme qu'une mer d'huile, si impénétrable qu'Harry n'aurait pu détecter une étincelle de bonheur, de surprise... ou quoi que ce soit d'autre.

Harry reconnu son écharpe autour du cou de Tom. Il sourit, se remémorant l'aventure ayant eu lieu à peine onze jours plus tôt.

"Donc... tu as gardé mon écharpe?"

"C'est la mienne maintenant—" un rictus avide apparut sur la face de l'enfant.

Harry fit un pas en arrière. Ce rictus lui était familier, parfaitement identique à celui que portait le Tom Riddle du journal alors qu'il regardait Harry mourir à peit feu à cause du poison du basilique.

Il avait presque oublié... Que ce petit garçon, devant lui, deviendrait Voldemort!... Son ennemi juré.

Le petit bébé adorable qu'il avait bercé dans ses bras une fois n'était plus. Avant qu'Harry n'ait put en prendre conscience, les traits du garçon étaient devenus plus semblables à ceux de Voldemort, aussi inévitablement que le temps passait.

Harry prit une respiration profonde, ses yeux verts jaugeant le visage devant lui, familier et pourtant si étranger.

Il demanda, d'un ton coincé et manquant de naturel.

"Veux... veux-tu venir avec moi?"

Les lèvres du garçon se tordirent en un sourire mécanique, comme s'il savait ce que l'on attendait de lui, et répondit poliment.

"Oui, Mr. Potter. Merci de votre gentillesse."

Le formel "Mr. Potter" fit s'arrêter Harry. Il regarda la vieille écharpe néanmoins soignée, et, d'un coup, son coeur se serra.

...

"TOM— tu connaissais ce Mr. Potter, non? Il t'a donné l'écharpe?"

Billy caressa lentement la fourrure de son lapin, regardant Tom rassembler ses maigres possessions dans une valise. Si il avait pu voir la lueur folle dans le regard de Tom, le garçon aurait fermé sa bouche si vite qu'il s'en serait mordu la langue... Mais, malheureusement, il ne vit rien, et continua donc à blablater.

"J'ai pensé vite—intelligemment—et ait fait Mr Potter s'intéresser à moi."

Il leva son nez bien haut, fier de ses petites manigances. Il attarda son attention sur le corps tendu de Tom, et regarda ce dernier avec dédain, comme si Tom était une crasse collée à la semelle de sa chaussure.

"Tom, tu es un extra."

Tom serra les poings. Un extra, lui?

Quand le jeune homme s'était adressé à Billy, il avait été si gentille, délicat, il avait dit,

"Cher enfant, voudrais-tu venir vivre avec moi?"

Mais, avec Tom, son expression s'était tendue, les yeux verts gardés vers le sol, comme si les mêmes mots étaient plus difficiles à sortir.

"Veux... veux-tu venir avec moi?"

Tout le monde avait vu la différence. Tout le monde avait vu qui Mr Potter préférait.

Oui, Tom était un extra. Un indésirable, encore une fois.

"Riddle, gagne toi du temps et n'emballes rien. Tu seras de retour bien assez vite—"

Billy ricana, grattant son lapin. Une joie cruelle naquit sur son visage, et il eut l'air presque doux, innocent, comme le bon petit garçon qu'il était.

...

"Vous êtes prêts tous les deux ? On devrait y aller—" leur parvint la voix d'Harry, aussi légère qu'une pluie de printemps depuis le couloir.

Billy s'exclama joyeusement et courut à ses côtés. Il indiqua un ballotin à ses pieds. Le petit brun sourit à pleine dents, les yeux brillants.

"Oui, je suis prêt. Harry."

"Bon garçon," lui sourit Harry et il le félicita d'une tape sur la tête.

Tom se pinça lui-même pour contenir sa colère. Il se donna un moment, jusqu'à ce que les ombres se retirent de son regard. Il attrapa sa valise et se tourna vers Harry.

"Je suis prêt aussi... Mr. Potter."

Harry aurait probablement dû tapoter sa tête également, ou prendre ses mains. Mais plus Harry regardait le visage du jeune Tom, plus il se souvenait du rire cruel du journal... Et il ne pu trouver les bons mots. A la place, il prit la main de Billy et les mena hors de la chambre.

"Eeh? Tom? Tu as oublié ton manteau—"

Billy indiqua le manteau noir laissé sur le lit de Tom, s'agrippant à la main d'Harry triomphalement,le lapin dans sa poche comme d'habitude. Sa suffisance était clairement présente pour agacer Tom.

Tom les suivit docilement. Il fit une pause au défi de Billy, ses ongles écharpant les paumes de ses mains serrées.

"Je n'en veux plus...Il est déchiré."

...

Harry harry...et toi Billy, sale petit...! Travailler sur ce chapitre m'a laisser avec des noeuds dans l'estomac et des pulsions meurtrières. Trop d'empathie...

voilà, :) dites moi quoi.