Me revoilàààà :), comme d'habitude, merci pour vos reviews, c'est toujours un plaisir d'avoir vos avis sur le texte et l'histoire.

D'ailleurs, on m'a fait remarquer une lacune dans ma traduction concernant les dialogues : j'ai un peu tendance à suivre trop le texte anglais, et donc néglige parfois d'indiquer qui parle. Je compte bien y remédier à l'avenir ! merci pour cette remarque constructive.

En parlant de dialogue, il n'y en a pas tellement dans ce chapitre. Bonne lecture :) !

...

Chapitre 9 : Confusion et désespoir

Decembre 20, 1932

Harry s'assit devant la cheminée, les jambes croisées, et raviva le feu avec le soufflet de fer.

Ils vivaient dans une grande maison à la bordure de Londres. Son nom — Harry Potter — peint nettement sur la boîte aux lettres. Bien que les jumeaux Weasleys soient des farceurs reconnus, leur efficacité aussi était indubitable. En à peine onze jours, ils avaient réussi à fournir à Harry tout ce dont il avait besoin—d'un certificat de naissance jusqu'à un compte en banque assez rempli pour pouvoir s'acheter une maison.

Les deux enfants étaient dans leurs lits. Le silence qui régnait dans la vaste demeure lui conférait une ambiance de solitude.

Harry inspecta le pendentif de Serpentard. Ses motifs délicats et dorés reflétaient la lueur orange du feu, et en redirigeaient la lumière dans les yeux verts d'Harry. Il était perdu dans ses pensées. Le Horcrux ne pouvait pas avoir disparu sans aucune raison... Harry était sûr que la présence de Tom y était pour quelque chose.

Le jeune homme soupira. Élaborer des théories magiques n'était pas sa spécialité... mieux vaut laisser ce domaine à Hermione. Il reposa le pendentif et se massa les tempes.

Il resta ainsi jusqu'à ce que le feu s'éteigne, jusqu'à ce que les cendres meurent et que leur rougeur brûlante disparaisse.

Ensuite, Harry se mit au lit.

Même le matelas rembourré des plumes les plus douces n'était pas assez confortable pour son corps meurtri. Alors qu'il fixait le plafond dans l'obscurité; sa vison se brouilla.

Il se sentait si fatigué, comme si il était perdu dans un labyrinthe, un gigantesque, interminable labyrinthe encore plus dangereux que celui du tournoi des trois sorciers. Il pouvait crier; il pouvait courir; il pouvait chercher toutes les sorties qu'il voulait mais il n'y en avait aucune.

Il était seul dans le noir— un rat piégé dans un labyrinthe— alors que le Destin le regardait de là-haut, omniscient, et édifiant de plus en plus de murs autour de lui.

Certes, Harry avait réussi à adopter Tom sans difficulté. Cependant, le Destin n'avait pas encore avancé ses pions.

Harry se retourna sous la couette. Il ne parvenait pas à se débarrasser de ces horribles pensées.

Hermione l'avait dit, le Destin laissait passer certains changements car il considérait leur impact mineur dans le grand livre de l'Histoire. Si le fait que Harry ait adopté Tom ne lui pose pas de problème... alors... est-ce que cela voulait dire que peu importe ce que ferait Harry, Tom finirait toujours par devenir Voldemort ?

Le Seigneur des Ténèbres. Tu-Sais-Qui. Meurtrier. Voldemort.

Harry se couvrit les yeux. Il rit avec amertume et, allongé seul dans l'obscurité, lors d'un court instant, se prit à regretter sa décision. L'idée se répandit dans son esprit tel un virus, visant ses faiblesses, égratignant petit à petit mais surement sa résolution.

Harry sauta hors du lit, tremblant de sueurs froides. Il ne devait pas y penser. Un instant de faiblesse et la guerre serait perdue. Il perdrait tout. Pas de marche-arrière possible.

Harry était effrayé— effrayé de l'inconnu, du futur. Il voulait rentrer à la maison.

Soudainement, Harry prit conscience de ce qu'il devait faire— sur l'instant même, il devait aller voir le garçon.

….

Tom était couché dans son lit, les yeux fermés, mais il ne dormait pas.

Sa nouvelle chambre n'était pas très grande, juste assez pour deux lit jumeaux, mais elle était chaude et sa couette était douce. Tom aurait dû être en train de dormir. Après la longue et excitante journée qu'il avait eue, il devait se reposer et ressourcer son énergie.

Mais il ne parvenait pas à dormir. La colère rendait son esprit plus clair, plus aiguisé.

Billy Stubbs était affalé dans le lit à côté de celui de Tom, ronflant bruyamment. Tom le méprisait. Le garçon devait remercier Mr. Potter de leur avoir donné des lits séparés, car dans le cas contraire Tom l'aurait étranglé dans son sommeil... Et en y réfléchissant bien, c'était toujours une possibilité.

Son petit serpent était toujours enroulé autour de son poignet. Contrairement à la majorité des reptiles, sa constitution magique lui évitait de devoir passer par l'hibernation. Tom envisagea d'ordonner à son animal d'utiliser son poison mortel sur l'idiot et son affreux lapin. Le lendemain, Les journaux conteraient la mésaventure d'un garçon stupide qui avait, accidentellement, dérangé un nid de vipère en hibernation et qui, tristement, était décédé après avoir été mordu.

Dans l'obscurité, le visage de l'enfant se tordit d'une satisfaction sauvage.

Tout à coup, la porte grinça, le son très clair dans la nuit. Tom sortit de ses rêveries macabres, une main sur son poignet, prêt à réveiller son compagnon si nécessaire. Il écouta attentivement, se préparant à attaquer.

Le feu craquait encore dans leur cheminée. Des bruits de pas hésitants se firent entendre. Tom ouvrit légèrement ses yeux et observa, depuis les ombres réfléchies sur les carreaux de la fenêtre, l'intrus les approcher sur la pointe des pieds. C'était Mr. Potter, qui s'arrêta juste devant le lit de Billy.

Les reflets rapportaient clairement les mouvements de Mr. Potter. Gentiment, il remonta la couette déjà à moitié hors du lit et la remonta sur les épaules de Billy, recouvrant entièrement le garçon, comme si il pensait qu'une couverture flambant neuve ne suffisait pas à sa précieuse charge. Le mouvement du tissu était presque impossible à entendre derrière les crépitements du feu.

Tom était couché sur le côté, son dos face à Mr. Potter, mais ses yeux étaient rivés sur le reflet du jeune homme. Sur les carreaux de la fenêtre, les formes floues lui apparaissaient parfaitement claires. Il pouvait voir le léger sourire posé sur les lèvres roses. Un sourire qui n'était pas destiné à Tom... Tom s'en mordit les lèvres.

Qu'est-ce qu'il en avait à faire du sourire de Mr. Potter ! Ce n'était que fausseté, le sourire d'un homme hypocrite à en être écœuré.

Tom n'en avait rien à faire... alors pourquoi ressentait-il l'envie de pleurer à la vue de ces lèvres?

Tom fixa les carreaux de verre, ses yeux noirs ne s'égarant pas un instant, comme si il espérait pouvoir le briser par la seule force de sa pensée.

Le visage sur la fenêtre se détourna de Billy. Tom vit la silhouette bouger vers son lit. Puis, il ferma rapidement les yeux et serra les dents. Ses poings se serrèrent, comme prêts à se battre.

Tom prenait toujours soin de lui. Il s'installait confortablement, et ne repoussait jamais les couvertures hors du lit. Si vous étiez assez stupide pour dormir comme Billy, au sein des murs froids de l'orphelinat, alors vous méritiez de mourir d'hypothermie. La couverture de Tom restait enroulée fermement autour de lui, embrassant parfaitement son petit corps. Donc Mr. Potter n'avait aucune raison de remonter la couette...

De plus, à en juger par son attitude envers Tom, il ne lèverait pas le petit doigt, même si Tom était allongé— agonisant—dans la neige.

Le garçon garda les yeux fermés, faisant semblant de dormir. Son esprit le narguait de pensées terribles et merveilleuses à la fois. Ses ongles mordirent dans sa chaire, le faisant presque saigner, néanmoins rien sur son visage ne laissait transparaître sa torture intérieure. Encore et encore, Tom poignardait son propre cœur de mots cruels, frôlant le masochisme... Il voulait garder la tête froide, pas de faux espoirs, mais en même temps ne réussissait pas à étouffer le besoin naissant au plus profond de lui.

Peu importe les efforts de Tom pour paraître mature et raisonnable, il n'était encore qu'un petit garçon de quatre ans.

Bien que Tom n'ai jamais connu l'amour, il en avait toujours l'espoir d'en recevoir un jour... ne serait-ce qu'un petit peu.

Et donc, les yeux fermés, Tom attendit.

Il attendit. Une seconde passa, puis deux, puis trois— même si Tom savaient que de tels espoirs étaient futiles et en dessous de lui — il attendit.

Rien.

Tu vois, il ne t'aime pas, susurra une voix cruelle dans sa tête. Personne ne venait, rien sinon le crépitement du feu et le hurlement du vent. Le masque de Tom s'évanouit. Quelle tactique stupide de prétendre être endormi, à attendre Mr. Potter. C'était se rire de son intelligence. Si stupide de se part.

Il est parti depuis longtemps, alors que tu attendais comme un idiot.

Tom inspira profondément, ignorant l'étrange tristesse qui se propageait dans sa poitrine. Il ouvrit les yeux.

"Désolé, je t'ai réveillé?"

Les yeux verts d'Harry rencontrèrent ceux surpris de Tom. Le jeune homme aux cheveux noirs était assis sur le sol à côté du lit, in silence, observant la face endormie de l'enfant. Leurs regards se croisèrent. La vue de cette couleur émeraude ébranla Tom au plus profond de son être. Son cerveau, habituellement si vif, se figea. Lentement et inconsciemment, la tension se dissipa.

"Je te laisse maintenant... rendors toi." Chuchota l'homme d'une voix calme, un peu embarrassé d'avoir été pris sur le fait. Il se leva et partit.

Tom le regarda, hébété. Il ne savait pas quoi dire.

Les grands yeux du garçon suivirent Harry, un éclat de vulnérabilité dans ces perles d'ébène, aussi bref que les flammes mourantes.

Harry hésita. Il se pinça les lèvres et plaça prudemment une main sur le front de l'enfant.

"Dors."

…..

Tom s'enroula davantage dans sa couette. Son front le chatouillait alors que le contact chaleureux s'attardait sur sa peau.

Ce simple geste suffit presque à abattre les murs de haine que le garçon avait construits autour de lui.

Tom n'était jamais doux, tendre ou attentif. Il n'hésiterait pas à voler la dernière bouchée de pain d'un homme affamé en rue. Mais... quand le jeune homme aux yeux sombres s'était assis à ses côtés, la respiration calme, posant sur Tom ses yeux verts pleins d'attention, vierges de tout mépris ou rejet— ces yeux lui donnait l'impression d'être la personne la plus importante au monde. Tom aurait pu s'y perdre pour toujours.

Tout à coup, des émotions inexplicables le traversèrent. Sa poitrine était lourde et quelque chose lui nouait la gorge. Ces tensions inconnues le terrifièrent.

Il ferma les yeux. La tête pleine d'image de .

Tom se blottit sous la couverture. Il se sentait bizarre.

Mais... Ces sensations n'étaient pas désagréables.

….

Le lendemain, le ciel était clair. Les rayons du soleil perçaient la tristesse de l'hiver, et ramenaient Londres à la vie.

Tom s'éveilla dès qu'il ressentit la chaleur sur son visage. Il avait tendance à être sensible à la lumière.

Billy dormait encore, contrairement à son lapin domestique dont les yeux rouges se tournèrent vers Tom, le museau tremblotant.

Ce dernier observait le stupide animal.

"Je peux le manger, Tom?" demanda le petit serpent en lui remontant le bras, bavant presque à la vue de la créature empâtée.

Tom perçut du coin de l'oeil un ensemble de vêtements neufs au bord de son lit. Billy en avait un similaire sur le sien. Les lèvres de Tom se levèrent en un sourire pas entièrement sincère.

"Bien sûr... tu peux manger l'humain aussi, pour ce qu'il vaut... Mais... attends que ces deux insectes soient renvoyés à l'orphelinat d'abord."

La vipère sembla surprise. Elle hissa aux oreilles de Tom. "Alors, tu restes ici ? Et tu prévois de l'en chasser?"

Tom boutonna sa chemise. Le cachemire noir et frais s'accordait parfaitement à sa silhouette. Dans sa nouvelle tenue, il avait fière allure. Ses cheveux doux tombaient nettement derrière les oreilles, lustrés comme la plus parfait des perles noires. L'enfant de quatre ans s'assit sur son lit et observa la parcelle de peau rose du visage de Billy qui dépassait des couvertures.

Il ricana sombrement.

"Ici—ceci — tout me revient de droit, alors pourquoi devrais-je y renoncer? Tout me revient... Et il n'en aura pas une pièce"

Joyeusement, Tom sauta sur le lit de Billy. Ses mains s'enroulèrent autour de la gorge exposée du garçon, et serrèrent.

La douleur le réveilla dans un sursaut.

Il toussa. "TOM!... Ugh—Ugh— Qu'est-ce que tu fais?!"

Tom regarda sa victime s'attaquer aux mains autour de sa gorge; il abordait un sourire éclatant.

…...

Tatatataaaaaaa... un meurtrier dès cet âge-là ? vous le découvrirez dans le prochain épisode.

Au fait, je vous fait part d'avertissements fait par l'auteur anglais à ses lecteurs (donc vous y avez droit aussi) :

- Vous aurez remarqué que la progression de l'histoire est plutot lente, et sachez qu'au chapitre 60, ils ne sont pas encore ensembles. La relation entre Tom et Harry est sombre et tordue, vous êtes prévenus (mais perso, cette fanfic reste super intéressante, donc n'arrêtez pas de lire pour ça, vous manquerez qqchose!)

- Tom est un psychopathe et Harry un coeur tendre, les faits resteront ainsi. Point

- L'auteur chinoise semble avoir promis un happy ending... on verra. (En attendant, j'ai trouvé une fin alternative qu'elle a écrite comme un one shot que je compte poster plus tard, lorsque nous auront bien avancé dans l'histoire)

merci de lire cette fanfic, à bientôt