Cadeaaaaauuuuu de Pâque ! Il y a même un lapin ! Enfin, voilà. Profitez :)

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Chapitre 11 : Tu as perdu

Décembre 1932

Billy Stubbs était sûr que quelque chose avait changé quand il avait eu le dos tourné.

Par exemple, Tom ne les évitait plus. Par exemple, Harry ne regardait plus le sol en parlant à Tom. Par exemple, Harry avait acheté une nouvelle boite de crayons à Tom, que ce dernier gardait précieusement, la gardant cachée dans un endroit sûr, à l'abri de Billy.

Billy était plutôt mécontent de ces nouveaux développements. Il avait supplié Harry jusqu'à ce que le jeune home lui achète des crayons à lui aussi, mais... ce n'était pas la même chose.

Voyez-vous, il aimait vraiment Harry; mais n'importe quel orphelin le ferait… même l'horrible Tom Riddle. Parce qu'Harry était le meilleur parent adoptif dont n'importe quel enfant aurait pu rêver. Il était jeune, gentil, patient et attentionné. Il n'élevait jamais la voix contre eux, même quand les enfants jouaient à des jeux bruyants dans leur nouvelle maison.

Et donc, il était important pour Billy de garder toute l'attention d'Harry pour lui-seul—un sentiment, il en était fermement convaincu, que partageait aussi Riddle. Et ça, il pensa, est simplement inacceptable.

Portant son lapin comme à l'habitude, Billy se tenait en haut des escaliers, inspectant la maison qui était destinée à lui appartenir. Il caressa la fourrure de son compagnon, perdu dans ses pensées.

Pas besoin de s'inquiéter. Il pouvait gérer un Tom Riddle de quatre ans, car Tom Riddle était un monstre—un horrible monstre qui ne serait jamais accepté. Si Billy le voulait, il pouvait révéler la vraie nature de Tom à n'importe quel moment et le renvoyer illico à l'orphelinat. Un enfant suffisait pour Harry—Billy aurait facilement pu mettre son plan à l'oeuvre, si seulement il parvenait à piéger Tom en train d'utiliser ses capacités surnaturelles.

"Harry! Harry, je veux une histoire." Dit Billy en s'allongeant dans son lit, tenant d'une main son lapin, et tirant avec insistance sur la chemise de son gardien de l'autre.

Harry accepta. Il se tourna pour demander à Tom, qui était couché sur le lit opposé. "Et toi, Tom?"

Du coin de l'oeil, Tom remarqua la haine jalouse qui passa sur le visage de Billy. Cela lui plaisait, et donc, bien qu'il n'ait aucun intérêt pour les contes de fées, fit un hochement de tête vers Harry.

"Ok... Alors pourquoi pas le Géant égoïste d'Oscar Wilde?"

"Harry— " interrompit Billy. "Les géants existent vraiment?"

Les yeux noirs et moqueurs de Tom se posèrent sur la face de Billy, considérant l'expression curieuse et attentive du garçon; seul un idiot pouvait croire que les créatures des contes étaient réelles.

"Bien sûr qu'ils existent," le dédain de Tom fut coupé court par les mots d'Harry. "Ils vivent dans un autre monde."

Pour Harry, la question de Billy avait fait ressurgir des souvenirs du passé. A la mention de géants, la première chose qui lui venait à l'esprit était l'image d'Hagrid, le demi-géant, avec sa barbe épaisse qui tremblait lorsqu'il riait à gorge déployée.

Tom fut fasciné par le sourire chaleureux qui naquit sur les lèvres d'Harry. Leurs courbes tendres, d'une beauté captivante que fixait Tom de ses yeux d'ébène, immobile, comme si ce sourire avait eu le pouvoir de le transformer en statue.

"Harry, je ne veux pas écouter le Géant égoïste. Raconte-moi plus à propos des géants, plutôt." Supplia Billy. Il se tourna même vers Tom pour de l'aide. "Tom veut aussi en savoir plus à propos des géants. N'est-ce pas, Tom?"

La question de Billy sorti Tom de son observation émerveillée. Le garçon cligna des paupières, les yeux d'ébène pleins de désir.

"Oui," il répondit l'esprit absent.

Harry sourit. "D'accord. Il était une fois, un garçon, dont la mère était une géante et le père un humain. Donc il grandi moins que les autres enfants géants, mais plus que tout autre enfant humain. Ses mains étaient aussi larges qu'un plateau, grandes comme ça—"

"Wow!" cria Billy, les yeux grands ouverts. "Cool!"

L'expression ébahie de Billy rappela à Harry son premier voyage à bord du Poudlard Express, de la même surprise qu'avait affiché Ron lorsqu'il lui avait montré sa cicatrice. Le souvenir fit à nouveau sourire Harry il il ne put s'empêcher de passer une main dans les cheveux du garçon.

"En fait, ce n'était pas si cool." Continua-t-il avec amertume. "Les géants ne lui accordèrent même pas un regard, disant qu'il n'était pas des leurs. Les humains firent la même chose. Etre rejeté deux fois… ce n'est pas si cool, finalement."

"Alors qu'est-ce qu'il se passa ?"

"Heureusement, le garçon fut accepté dans une école. Le vieux directeur le traita bien, l'aida, et lui pardonna même quand il fit des erreurs. Même après qu'il fut renvoyé de l'école le gentil directeur l'engagea, et lui demanda de protéger l'école."

Et ainsi, le demi-géant continua à protéger l'école, même aujourd'hui, même quand l'école fut prise d'assaut par les Mangemorts. Il protégea l'école au péril de sa vie.

Tom remarqua l'expression absente et mélancolique sur le visage d'Harry, et tout à coup, il sut qu'il n'aimait pas ce demi-géant, même s'ils ne s'étaient jamais rencontrés et qu'il savait qu'il n'était pas réel.

"Si il était plus grand que tous les humains, pourquoi ne les a-t-il pas tous conquit ? S'il les dominait, ils seraient obligés de l'accepter—" émit Tom comme si c'était la chose la plus évidente au monde.

C'était le première fois que Tom prenait un réel intérêt dans leur discussion; c'était aussi la première fois qu'il adressait une question directement à Harry.

Harry ne savait pas s'il devait être flatté de l'attention ou inquiet. Ou peut-être que je pourrai informer le jeune futur-seigneur-des-ténèbres sur le fonctionnement des choses, pensa sèchement Harry.

"Tom, l'acceptation ne peut pas être obtenue par la crainte, mais par le respect." Dit Harry en toute solennité en regardant dans les yeux curieux du garçon, aussi brillants que des étoiles.

Les yeux noirs rencontrèrent les verts. Il haussa le menton fièrement, exprimant non-verbalement son désaccord—parce que pour l'enfant de quatre ans, la notion de respect était complétement inutile. En fait, toutes les émotions positives étaient inutiles, notamment l'amour, l'empathie, la responsabilité. Elles n'étaient, pour Tom, rien de plus qu'une fausse parure de la société, qui s'effondrerait face à l'adversité et au danger.

Par contre, les émotions négatives étaient les seules réellement efficaces. Elles étaient plus menaçantes, et donc persuasives. Peur, horreur, et colère étaient de bonnes motivations— elles aideraient Tom à obtenir et à consolider son pouvoi. C'était de cette manière qu'il avait survécu à l'orphelinat, après tout.

"Je veux dormir!" s'exclama Billy, brisant délibérément leur échange . Il serra la main d'Harry, forçant le jeune home à détourner les yeux de Tom. Dans le dos d'Harry, Tom lança à Billy un regard en avertissement, et ses doigts glissèrent le long des écailles de sa vipère qui était silencieusement apparut autour de son poignet. Le garçon plus âgé se figea; il semblait avoir compris le message.

Harry se leva et alla contrôler les flammes qui brûlaient vivement dans la cheminée.

"Oui, vous devriez tout les deux dormir."

Soudainement, Billy ouvrit les bras et gémit bruyamment. "Harry, mon bisou du soir."

Harry baissa la tête et pressa ses lèvres sur le front du garçon. "D'accord... bonne nuit."

Il se tourna et vit Tom assit sur son lit. La posture du garçon était fière. Harry hésita;

Il ne parvenait pas vraiment s'imaginer embrasser Voldemort pour lui souhaiter bonne nuit. Sa brève hésitation ne manqua pas d'être remarquée par les deux enfants.

Billy choisit ce malheureux moment pour lui crier.

"Harry, tu as oublié le bisou du soir de Tom!"

Harry sourit timidement, et pensa qu'il pouvait échapper à cette situation en plaisantant à son propos. Néanmoins, lorsqu'il se tourna vers Tom, son coeur se serra à la vision du garçon aux cheveux sombres.

À première vue, le visage de l'enfant semblait calme, un masque bien élaboré de sérénité, comme s'il ne les avait pas du tout entendus. Cependant, en regardant plus attentivement, Harry pouvait voir les frêles épaules de Tom s'affaisser de déception. Mais, bien sûr, Tom ne se plaindrait jamais. L'enfant ne demanderait jamais, et encore moins supplierait qui que ce soit pour quoi que ce soit, peu importe à quel point il le désirait.

Harry se reprit lui-même. Avant même qu'il n'en ait pleinement conscience, son corps agit avant son cerveau. Il se pencha en avant, jusqu'à être à niveau de regard avec l'enfant, et écarta des mèches de cheveux noirs de la face du garçon.

Harry donna un baiser rapide sur le front de Tom, ses lèvres tendres et chaudes contre la peau froide.

"Bonne nuit, Tom. Fais de beaux rêves," dit-il, puis partit.

Tom resta longtemps assis sur son lit, ses propres mains pressées contre son front, semblant gelé sur place.

Prudemment, le serpent sortit sa tête de sa manche, tout en essayant d'éviter le regard curieux de Billy et hissa dans les oreilles de Tom. "Tom, tu vas bien? Tu te comportes bizarrement—"

Le masque de Tom avait été dangereusement proche de s'effondrer, avant qu'il ne recompose parfaitement son expression. Il fit parcourir ses doigts longs et fins à travers ses cheveux et laissa ses mèches noires retomber en place. Ensuite, il s'allongea dans son lit et s'endormit. Bien que n'ayant jamais directement répondu à son serpent, il lui lança un regard étrange et illisible avant de sombrer. Qu'importe, pensa la vipère.

…..

Tout semblait bien se dérouler. À mesure qu'ils se familiarisaient avec leurs différentes routines, ils pouvaient presque passer pour une véritable famille.

Frustré, Billy découvrit qu'il ne parvenait pas à piéger Tom et à le pousser à utiliser ses étranges pouvoirs. Au début, il avait pensé que ce serait facile de pousser Tom à bout, mais il avait ensuite découvert que l'enfant de quatre ans avait un self-control impeccable; rien, peu importe la quantité d'insultes ou d'abus, ne pouvait lui faire lâcher les brides de sa colère. Le visage de Tom, harmonieux et juvénile était un masque parfait, aussi subtil que les déguisements dont s'habillait le diable. Ses yeux se posaient sur Billy avec une moquerie froide en leur fond, comme si l'ainé n'était rien de plus qu'un clown dans un cirque, ne méritant pas son attention si ce n'était pour en rire. Cela enrageait Billy.

"Monstre," chuchotait Billy derrière les oreilles de son lapin, tout en continuant à caresser la fourrure de l'animal.

Tom ne considérait pas Billy comme une grande menace.

Oh, il savait ce que le garçon planifiait, sans aucun doute. Cet idiot voulait le forcer à révéler ses vrais pouvoirs. Si Harry les voyait, le jeune home se joindrait à Billy pour l'accuser; pointant Tom du doigt et criant, "Monstre! Monstre!" Tom serra les poings, un rictus fou déformants ses traits par la folie. Il n'avait pas peur de ce que les gens disaient sur lui, même si… Non !Tom ne s'en soucierait pas, même si Harry les rejoignait, décida-t-il. Tout ce qu'il voulait c'était être plus puissant que n'importe lequel d'entre eux— et alors Tom s'assiérait au sommet, sur son trône, les regardant de haut, et eux, tremblant sur leurs pieds, se prosterneraient devant le « monstre ».

Il sourit cruellement. Pas encore; pour l'instant, il devait être patient car il avait besoin de davantage de pouvoir. Il devait rester ici, dans le meilleurs environnement possible jusqu'à ce qu'il devienne plus puissant, assez pour survivre tout seul. Au cas où Harry découvrait un jour qu'il était un monstre; au cas où le jeune homme trahissait un jour Tom il devait devenir assez puissant pour avoir la force de le tuer. La conséquence d'une trahison était la mort; c'était tout à fait logique dans son jeune esprit.

Les yeux du garçon brillèrent. Son expression sinistre et meurtrière effraya même son compagnon reptilien, qui se glissa rapidement dans sa poche.

"Tom, tu es prêt à y aller?"

Au deuxième étage, l'enfant continua à observer le jeune homme souriant en bas, à travers les barres de la rampe d'escalier. Tom se lécha les lèvres, les yeux rivés sur le visage d'Harry. Pour la première fois dans sa jeune vie, Tom remercia madame Fortune— oui, c'était en effet une bonne chose qu'Harry ignore la vérité.

Tom regarda ensuite Billy qui se tenait à côté du jeune homme, portant son stupide lapin, et ses yeux s'assombrirent. Il descendit les escaliers, avec des pas lents et mesurés.

Oui, c'était une bonne chose qu'Harry ignore la vérité, et Tom était déterminé à garder les choses ainsi!

….

"Harry, les gens peuvent-ils faire voler les objets ?" demanda bruyamment Billy, observant Tom du coin de l'oeil. Il agrippa son lapin d'une main, et attrapa la main d'Harry de l'autre.

Harry hocha de la tête, surpris. N'était-ce pas Tom qui aurait dû poser cette question ?

"Eh bien, oui, bien sûr."

Billy fronça les sourcils, désappointé par cette réponse inattendue.

"Tout d'abord, prends un petit oiseau dans ta main, et puis... laisse le partir. Il va s'envoler, non?" Harry s'amusa de sa propre blague, ses yeux émeraude chaleureux et brillants.

Derrière les verres de ses lunettes rondes, les yeux d'Harry étincelaient d'une joie malicieuse. L'amusement colorait ses joues habituellement pales d'une teinte de rose adorable et le faisait paraître plus jeune, plein de vitalité. Tom enroula ses doigts autour de l'autre main d'Harry; il ne pouvait détacher ses yeux du visage du jeune homme.

Billy ouvrit la bouche, mais ils avaient atteint leur destination. Tom se tint derrière son gardien, et observa l'autre garçon, son regard froid donnant des frissons à Billy. Ce dernier serra son animal plus fort et se rapprocha d'Harry.

Tout à coup Tom sourit au nouvel arrivant, un merveilleux et doux sourire qui était tout simplement irrésistible sur son visage enfantin.

"Tom, Billy. Je vous présente le directeur Marco," dit Harry en les poussant gentiment vers l'avant. "Vous irez bientôt à son école, après Noël."

Cependant, un accident eu lieu juste avant noël, et chamboula tout.

…..

"Hey, Toooom," sussura Billy d'un air moqueur. "Est-ce que ça t'embêtera plus de retourner à l'orphelinat avant ou après noël ?" demanda-t-il en caressant avec amour le lapin dans ses bras. Les pattes de la pauvre créature étaient dans des bandages et il trembla au touché de son maître, comme si le lapin avait compris les plans diaboliques du garçon.

Tom était assis, immobile, sur son lit. Son visage s'assombrit par la colère retenue; et une tempête terrible grondait au fond de ses yeux noirs.

Devant la fenêtre de leur chambre, un carrosse s'arrêta, et le hennissement des chevaux se fit entendre. La porte d'entrée s'ouvrit immédiatement.

Billy sourit. "Le carrosse d'Harry est de retour. Dommage que tu ne puisses pas passer noël avec nous Tom, parce que... parce que tu as essayé de tuer mon pauvre, innocent petit lapin."

Il serra la patte blessée de l'animal. Celui-ci émit des petits bruits alarmés, et tenta désespérément de lui échapper.

"Tom, le concept de "coup monté » t'est-il familier ?" le garçon semblait sociable, plaisant, comme s'il parlait simplement du beau te du mauvais temps.

Tom empoigna sa couverture, ses articulations blanchies, se mordant les lèvres de colère. Il ne répondit pas.

Et, soudainement, tout le mobilier dans la chambre commença à trembler, comme lors qu'un tremblement de terre. Éparpillés autour de leurs lits, des feuilles et des livres s'élevèrent en l'air.

"MONSTRE!" cria Billy avec satisfaction. Il se leva, les bras autour de son lapin, au milieu de la nué d'objets en lévitation, une expression de panique sur son visage. Il regarda autour de lui lorsque les objets se rapprochèrent, s'écrasant presque sur lui. La face de Billy abordait un air horrifié, mais ses yeux scintillaient de victoire.

Ceci devrait être suffisant pour se débarrasser de Tom!

Harry entendit le cri de Billy depuis le hall d'entrée. Il émit un appel inquiet; les enfants purent entendre ses bruits de pas pressés dans l'escalier.

Alors que le mobilier flottait dans l'air, Billy leva la tête vers celui-ci. Un grimace satisfaite s'étendit sur se lèvres.

"Tom, il semblerait que... tu aies perdu."

...

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