Les vacances sont supposées être un temps de repos... alors pourquoi est-on toujours plus fatiqué après ?

Bref, nouveau chapitre, enjoy :)

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Chapitre 14 : Masques et honnêteté

24 décembre, 1932

Billy les quitta le lendemain, emportant avec lui un lapin recouverts de bandages et de nombreuses cicatrices. Juste comme ça, le garçon disparut de la vie de Tom pour toujours. Le résultat des courses était clair... aucun doute ne régnait sur l'identité du vainqueur de leur confrontation. Tom se tenait aux côtés d'Harry, regardant Billy sangloter bruyamment tandis que le jeune homme remplissait son sac de vêtements neufs et de sucreries. S'agenouillant, Harry remonta le col du manteau de Billy, tout en s'excusant indéfiniment.

Billy pleurait de tout son être. Ses larmes imprégnaient la fourrure de son rongeur, alors qu'il marmonnait pour lui-même, « Mais... Mais Tom est un monstre »

« Je…Je suis désolé Billy. » dit Harry en caressant gentiment la tête du garçon dans un dernier acte de réconfort.

Tom se tenait à proximité, les observant en silence. L'air de regret et de tristesse sur le visage d'Harry venait jeter des ombres sur son triomphe.

Peut-être que, au final, personne n'avait gagné, pensa sombrement Tom. Dans cette bataille de coeur et d'esprit, Tom n'avait pas autant d'expérience que Billy. Si ce garçon bon-à-rien avait réussi à s'approprier ne serait-ce qu'un petit coin du coeur de Harry, alors Tom savait que lui aussi avait perdu.

Tom s'assit sur son lit, caressant le petit serpent, l'esprit absent; Ses yeux étaient obscurcis, aussi sombres qu'un ciel sans étoile.

Il aurait dû être heureux. Après tout, il était enfin débarrasser de Billy. Mais... l'expression d'Harry lorsqu'il avait regardé la voiture de Billy s'éloigner... cette expression occupait l'esprit de Tom et le faisait rager. Quelque chose s'agita au fond de lui; depuis un recoin sombre de son âme, des ténèbres s'étendaient telles des plantes vénéneuses et s'épanouissaient en une colère rouge.

Cela prit un moment pour que Tom réalise que ce sentiment était de la jalousie. Une sensation brulante, d'une nature irraisonnable et possessive, qu'il avait héritée de Salazar Serpentard lui-même.

Sachez ceci, Tom n'était pas un enfant stupide. En fait, s'il devait être testé, l'étiquette de génie lui serait facilement attribuée. De ce fait, ce n'était pas difficile pour lui de déduire la vérité — à savoir que Harry favorisait Billy malgré tout.

Bien sûr c'était vrai, parce que sinon pourquoi Harry n'avait-il pas remis en question les accusations de Billy ? Tom savait qu'il ne pouvait rester que parce qu'il était un sorcier, comme Harry, et que dans le cas contraire il aurait été celui renvoyé à l'orphelinat.

Ces pensées ne firent qu'assombrirent un peu plus son regard.

Tom regarda le feu crépiter dans la cheminée. Sa chambre paraissait étrangement spacieuse maintenant qu'il n'y avait plus qu'un lit. Tom jeta un coup d'oeil à l'espace vide et contempla son futur.

Au moins, il avait retiré une leçon de cette désagréable expérience. Le moindre acte de Billy — les pleurs, les adorables sourires, le comportement obéissant, l'apparence d'être faible et vulnérable, et même les crises enfantines rudement composées — tout avait eu un objectif. Tom devait reconnaitre ceci à son rival. Au moins, l'idiot était un bon acteur, un maître pour manipuler les émotions. Billy avait agi juste comme ce que l'on attendait d'un "pauvre orphelin abusé", ce qui avait été suffisant pour lui gagner la sympathie et l'amour d'Harry.

Tom réexamina le plan bien ficelé de son ainé, et comment cela avait presque réussi. Il était assez intelligent pour se rendre compte de cela... bien que le pouvoir soit l'outil le plus important dans la vie, il devrait être agrémenté de stratégies, complots et manipulations. Les doigts de Tom glissèrent le long du corps froid de sa vipère; il sourit. Maintenant il comprenait ce qu'il devait devenir. Si le stupide Billy Stubbs pouvait le faire, alors il en était capable mille fois mieux. Et plus tard, lorsqu'il aurait maîtrisé l'art de la manipulation, avec une parfaite combinaison de pouvoir et de volonté, le monde entier tremblerait à ses pieds.

À la base, il n'y avait pas de mal inhérent dans le sang froid de Tom et dans son intelligence...mais une fois qu'il apprendrait à se jouer des cœurs comme des instruments... eh bien, rien ne pourrait l'arrêter.

À l'instant même, si Harry pouvait lire dans l'esprit de l'enfant, ses sinistres ambitions l'effrayeraient-elles ? Ses pensées colériques l'éloigneraient-elles ?... Surement...Mais, malheureusement pour Harry, il n'était pas télépathe.

Bien qu'il n'ait pas encore attend ses cinq ans, l'enfant venait d'apprendre la valeur de manipuler et de contrôler le coeur des gens. Avant longtemps il deviendrait un talentueux politicien, raffiné et courtois à la surface, mais aussi rusé et sans pitié lorsqu'il conquérait le monde dans l'ombre, recourant à tout moyen nécessaire.

Encore une fois l'Histoire s'écoulait selon le courant imposé alors que Tom Riddle dépassait le stade d'enfant. Le Destin, cache derrière le voile de la nuit, était satisfait de voir les pièces bouger sur le plateau, en parfait accord avec le plan.

« Tom... Pourquoi n'est-tu pas content ? » demanda le petit serpent en tordant sa queue.

« Faux. En fait je suis très content, » répondit Tom. Le fourchelangue sonna étrangement euphorique lorsqu'il siffla avec excitation. Tout à coup, il sauta hors du lit et déposa son petit compagnon sur la couverture. Ses yeux d'ébène brillèrent d'une étrange lueur, presque joyeuse.

« Reste ici pour la nuit. Ne me suis pas. »

Tom emporta son cousin et descendit le long et sombre couloir. Une anticipation excitée naquit dans sa poitrine. Finalement, il avait trouvé un moyen de se rapprocher d'Harry, même si cela lui demandait d'agir comme un enfant naïf et effrayé. Alors que son plan tournait dans son esprit, Tom ne réalisa même pas avec quelle facilité il avait pardonné à Harry; même si, à peine quelques heures plus tôt, il s'était mis en garde quant à accorder sa confiance.

« Harry ? » appela Tom, nerveux, en toquant à la porte de la chambre du jeune homme.

Il savait que la porte n'était pas fermée à clé, mais il voulait être poli. Il perçut le bruit de froissements, et put presque imaginer la façon dont Harry s'extirpait de son lit, à moitié endormi, et se trainait jusqu'à la porte.

Celle-ci s'ouvrit.

Harry ne s'était pas attendu à voir Tom à cette heure. Le jeune home plissa les yeux, il avait les cheveux en bataille et son pyjama chiffonné, ce qui lui donnait un air étourdi et juvénile, contrairement à sa stature habituellement posée. Il observa le petit garçon dont la tête atteignait à peine la poignée de porte qui se tenait en face de lui et ne sut quoi dire.

Le seigneur des ténèbres était habillé d'un pyjama à motif de pattes de chien qu'Harry lui avait acheté. L'enfant serrait son oreiller avec force, une chose moelleuse presque aussi grande que lui. Il pencha la tête et regarda Harry avec anticipation. L'expression de l'enfant n'était pas exactement quémandante, mais, à cet instant, Harry ne put s'empêcher de comparer les grands yeux de Tom à ceux d'un chiot, battant inconsciemment la queue en attendant une friandise.

« Tom? » hésita Harry en levant un sourcil.

Tom s'arrêta. Maintenant quoi ?...

Après tout, il ne pouvait pas prétendre être Billy, qui commencerait à pleurnicher comme un bébé dans cette situation...

Soudainement, les évènements de hier revinrent à Tom, à quel point il avait dû paraître pitoyable quand il avait pleuré dans les bras d'Harry, et il s'en mordit les lèvres. Dès qu'il rencontra ces yeux émeraude saisissants, tout les mensonges qu'il avait élaboré dans sa tête s'évanouirent.

L'enfant marmonna nerveusement. « Il... il n'y a plus que moi dans la chambre. »

Cela prit une seconde pour qu'Harry comprenne ce que le garçon désirait. Les yeux du garçon étaient rivés au sol, et sa gêne, attachante, fit sourire Harry.

« Oui, alors... Est-ce que tu voudrais rester dormir avec moi ce soir ? » demanda Harry en souriant.

« Ou...Oui, »répondit immédiatement Tom.

Harry fit entrer l'enfant dans sa chambre. Tom pressait fermement l'oreiller contre lui, le bas de celui-ci trainant au sol.

Bien que l'enfant tentait de garder une face neutre, ses yeux brillants et avides trahissaient son excitation.

La chambre de chevet émettait une lueur douce et jaunâtre à travers la chambre, ce qui le faisait ce sentir chaud et bienvenu de l'intérieur. Couvertures et draps étaient jetés avec désinvolture sur le lit, comme si quelqu'un venait juste de se réveillé. Un stylo et un cahier de note y reposaient aussi, puisqu'Harry avait été occupé à travailler sur de nouvelles stratégies pour l'Armée de Dumbledore avant que Tom ne toque à sa porte.

Tom s'avança vers le large lit. Puis, le garçon habituellement confiant s'arrêta, abordant un air perdu alors qu'il restait à côté du lit. Attendant la permission d'Harry, il remuait de nervosité, ses yeux sombres pleins d'attentes en dépit de son expression faciale neutre.

Harry le rejoignit. Il caressa la tête du garçon pour le rassurer. Tom ressemblait à n'importe quel enfant effrayé en ce moment, n'importe quel enfant qui ne voulait pas rester seul pour la nuit. Maintenant, les choses commençaient à s'éclaircir pour Harry; il lui était impossible de voir l'image de Voldemort se refléter sur le petit garçon nerveux.

Gentiment, il mit Tom dans le lit. Les muscles de l'enfant se tendirent un instant, mais Harry lui sourit en encouragement, et ouvrit les draps. Tom se glissa rapidement en dessous des couvertures, ses mouvements aussi silencieux que possible, tel un serpent se glissant dans son trou.

Cet hiver était particulièrement plus froid que ceux des autres années. Donc, Harry compensa en lançant quelques sorts de réchauffement sur le lit. La chaleur réconfortante entoura Tom et décongela ses orteils déjà froids. Il se sentait si bien que Tom en aurait presque ronronner comme un chat. Le sang afflua dans ses veines. Ses joues rondes rougirent d'embarras.

« Des sorts de chaleur," »expliqua Harry à l'enfant curieux. Il aida Tom à ajuster son coussin. Et enfin, puisque qu'il ne pouvait plus travailler dans ces circonstances, Harry rangea son cahier et éteignit les lumières.

« Dors, Tom. Demain c'est noël et … » Alors qu'Harry bordait l'enfant, ses jambes frôlèrent les pieds du garçon. La peau de ce dernier était glaciale, comme l'aurait été celle d'un mort.

Il apparut à Harry que Tom s'était déplacé à pieds nus. Sa peau tendre avait à peine produit quelques bruits lorsqu'il avait déambulé sur le sol froid et rêche en entrant dans la chambre.

« Tom, viens ici. Tu es aussi froid que la glace, » Harry s'approcha du garçon. Il ramassa le pied de ce dernier, puis remonta son propre pyjama et pressa le petit pied contre son ventre nu, de telle sorte que sa chaleur corporelle s'étendrait au petit membre glacé.

Il espérait que Tom n'était pas trop surpris par un tel degré d'intimité. Harry avait une fois vu sa tante Petunia réchauffer les pieds de Dudley de cette manière, et il s'en était souvenu. Parce que c'est ce que les parents font pour leurs enfants, non ?... Ils prennent soin d'eux.

Bien que Petunia n'ai jamais été attentionnée envers Harry, elle adorait son fils. Et ce petit geste de dévotion maternelle avait toujours marqué Harry, tout simplement parce que personne n'en avait fait autant pour lui.

Ce geste portait en lui tout l'amour et l'attention d'une personne pour une autre. Tom se raidit. La plante de son pied chatouillait au contact de la chaleur. L'estomac du jeune home était plat et sa peau aussi douce que de la soie. En un clin d'oeil, la chaleur réconfortante s'étendit du pied de Tom jusqu'à sa tête, comme s'il avait été submergé par des eaux chaudes. Il pouvait sentir le ventre d'Harry se soulever alors que celui-ci respirait doucement à côté de lui.

Soudainement, bien qu'il ne sache pas pourquoi, les yeux de Tom s'humidifièrent.

Il s'enfonça sous la couette. La surface douce et moelleuse se frotta contre son visage, et une odeur familière lui vint aux narines, une odeur de savon et de rayon de soleil, et étrangement nostalgique comme l'odeur passée du vieux manteau et de l'écharpe. Tom avait l'impression d'être de retour dans le dortoir, bien que le lit sur lequel il se tenait actuellement était mille fois mieux que la chose humide, moisie et cassée de l'orphelinat.

Petit à petit, ses pieds se réchauffèrent. Tom hésita, puis retira ses membres du pyjama d'Harry.

Harry se tourna pour le regarder. L'enfant avait la tête baissée, pressée contre la poitrine du jeune homme. Harry la caressa, désordonnant délibérément ses cheveux, et enroula un bras autour des frêles épaules.

Parfaitement honnête, il fit une promesse à Tom,

« Tom, je veux que tu sois honnête avec moi, comme aujourd'hui... Tu peux me demander tout ce que tu veux, parce que... tu ne dois plus supporter tout tout seul dans ton coin. J'espère que tu pourras être franc avec moi, étant donné que je ne suis pas très intelligent. Je vais avoir besoin de ton aide pour devenir un bon parent. »

Pendant de longues secondes, Tom fixa les boutons du pyjama d'Harry, et acquiesça finalement en silence.

Harry sourit. Il retira ses bras et ferma les yeux. Alors qu'il était sur le point de s'endormir, tout à coup, Tom demanda calmement.

« Tu vas me renvoyer là-bas ? Comme Billy? »

« Jamais. Je t'enverrai à l'école néanmoins, si ça ne te dérange pas. » Harry fit courir ses doigts à travers les cheveux doux de l'enfant, tout en le rassurant.

Tom extirpa sa tête des couvertures. Même dans l'obscurité, ses yeux brillaient, aussi noirs et étincelants qu'une nuit étoilée. L'expression sérieuse, il tomba dans les yeux verts et paisibles d'Harry, et lui demanda prudemment,

« Tu ne m'abandonneras pas ? »

« Jamais. Je ne t'abandonnerai jamais, » répéta Harry. Mais soudainement, la gravité de la question de l'enfant le foudroya. Il fit une pause, les yeux verts songeurs, l'expression solennelle; et une tristesse inattendue prit possession de lui. Harry sourit, mais les mots laissèrent un gout amer dans sa bouche.

« Je resterai avec toi, Tom, aussi longtemps que tu auras besoin de moi. »

Je le ferai... mais, très bientôt, tu seras celui qui voudra se débarrasser de moi. Pour me tuer toi-même.

"Va dormir," ordonna Harry. Il ferma les yeux, fonça les sourcils, et se retourna. Quelque chose dans cette conversation le mettait clairement mal à l'aise.

Tom regarda l'expression du jeune homme de près, alors que ce dernier faisait semblant de dormir. Un moment, le garçon resta juste assis là calmement, regardant Harry avec une intensité féroce, son visage pensif et illisible. Puis, l'enfant s'allongea à côté du jeune homme, et ferma les yeux.

Après qu'Harry ait finalement succombé au sommeil, Tom rouvrit à nouveau les yeux. Sous la lumière lunaire, surplombés de cils épais, ses larges yeux avaient un air froid et dur comme la plus pure et la plus sombre des obsidiennes. L'enfant était concentré sur le visage endormi à côté de lui. Il regarda Harry inspirer et expirer lentement. Puis, il mit de côté son oreiller, celui qu'il avait emmené avec lui depuis sa chambre. En silence, il se pencha plus près du corps chaud et laisse reposer sa tête sur l'épaule d'Harry. Tandis que la chaleur de l'homme se répandait dans son corps, Tom laissa l'obscurité prendre possession de lui, et sombra dans les bras de Morphée.

Alors que la nuit avançait, le long des rue des lampes faibles s'allumèrent les unes après les autres. Aujourd'hui, c'était le 24 décembre. C'était la veille de noël, pour tout les enfants du monde et leurs parents aimants — « Joyeux noël à tous, et bonne nuit à tous! » semblait souffler une voix dans l'air.

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Je ne sais pas si ça fait parti de la culture chinoise ou si c'est juste quelque chose d'assez récurrent avec les fanfic Harry Potter, mais les yeux et le regard occupent une place super importante je trouve... je pense aller checker tout leur champs lexical pour étendre mon vocabulaire dans ce domaine.

J'espère que vous avez aimez ce chapitre. à partir d'ici, dévelopement accéléré de leur relation.