Je sais que beaucoup de vous l'attende, mais Harry n'est pas encore de retour dans le passé. Ce qui laisse pas mal de temps à Tom pour faire quelques expérimentations… niark niark.

Bonne lecture

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Chapitre 19 : Inferi et anniversaire

31 Décembre, 1935.

L'hiver londonien de 1935 fut officiellement enregistré comme l'un subissant l'une des plus importantes chutes de neige. La neige ne cessait de tomber; il en tomba la veille de Noël; il en tomba le jour de Noël; et enfin, il en tomba le dernier jour de 1935, le soir du réveillon, lors de l'anniversaire de Tom.

« Où vas-tu, Tom? » demanda timidement la nounou, regardant Tom depuis la cuisine. Tom était l'enfant le plus poli et le plus discipliné qu'elle ait jamais rencontré. Il ne causait jamais aucun problème, mais parfois — lors des rares occasions où il faisait preuve d'inattention — son allure changeait, laissait paraître une nature sombre qui la terrifiait.

« Aujourd'hui... aujourd'hui c'est ton anniversaire. Mr. Potter m'a dit de… »

Tom s'arrêta devant la porte. Le vent froid caressait son visage découvert; des flocons blancs se posaient sur son nez, fondant et incrustant leur froideur dans la peau de Tom. Mais l'enfant se tenait droit, inébranlable, comme si la température n'avait aucun effet sur lui.

Après une pause brève, Tom adressa à la femme un sourire rassurant.

« Je vais... chez un ami. »

Ami? Il n'avait pas d'ami. Il ne voulait pas d'ami.

« Mais… »

"Je vais à la fête qu'organise l'un de mes amis." son ton ferme ne laissait place à aucune protestation.

La nounou se tut.

….

Il était tôt, le ciel était coloré du rose de l'aube qui précédait le lever du soleil. Le vent frais s'engouffrait dans le col du manteau de Tom; la neige craquait sous ses bottes et l'air chaud qu'il expirait formait des petits nuages blancs qui gênaient sa vision.

Tom resserra le manteau autour de sa petite forme. Son sourire s'était évanoui au moment même où la nounou avait tourné la tête. Son visage était complètement inexpressif, aussi froid que l'air d'hiver qui l'entourait.

Son anniversaire? Le garçon ne considérait pas cette date comme une occasion valant la peine d'être célébrée. C'était juste la date de sa naissance, la date de la mort de sa pathétique mère. Elle n'avait même pas passé une journée avec lui, peut-être qu'elle n'en avait pas envi... Qu'est-ce qu'il y avait à fêter à cette date?

Bien sûr, Harry n'était pas d'accord avec lui. Le dernier jour de l'année, il insistait pour fêter l'anniversaire de Tom, commandant chaque fois un gâteau pour l'occasion. Tom n'aimait pas les choses sucrées — crème, chocolat ou quoi que ce soit— mais, mais quand Harry le regardait de ses grands yeux pleins d'excitation, Tom en mangeait chaque fois au moins deux parts.

Harry aimait les anniversaires. Il aimait toutes les fêtes. Il aimait courir autour de la maison, placer des décorations richement colorées un peu partout, toujours le sourire aux lèvres et ses joues rosies par le bonheur.

À chaque anniversaire, Harry posait un baiser sur le front de Tom, chuchotant, « Merci à Dieu de t'avoir amené en ce monde. »

Bien que ce ne soient que des voeux d'anniversaires assez communs, les mots donnaient toujours à Tom l'impression d'être spécial—comme si l'existence même de Tom en ce monde, et elle-seule, suffisait à rendre Harry heureux.

Bien que Tom sache que ce n'était pas le cas.

Personne n'était heureux juste parce qu'il existait. Harry n'était pas heureux que Tom soit né, et Harry ne serait pas bouleversé s'il ne l'était pas. Tom était convaincu qu'Harry ne restait avec lui que par gentillesse, par sens de devoir mal placé ou —pourvu que non — par pitié. Dès que Tom serait assez âgé pour vivre tout seul, Harry le quitterait, directement, sans hésitation, comme il le faisait maintenant.

Le visage de l'enfant se tordit. Ses yeux intelligents semblaient baignés de ténèbres. Il accéléra le pas, refoulant sa pulsion meurtrière urgente.

Il devait trouver quelque chose pour s'occuper l'esprit et détourner son attention de cette stupide histoire d'anniversaire.

Harry n'était pas là, donc toute frivolité — comme les anniversaires— n'avaient aucun sens pour Tom.

….

En peu de temps, il atteignit la parcelle de plage délaissée. Les passants se faisaient peu nombreux en hiver, et le jour plus tardif. Lorsque Tom entra dans la cave, le soleil commençait juste à percer derrière les nuages. Une vive lumière perça l'air froid, et même la grotte sombre fut touchée de quelques rayons lumineux, éparpillés parmi les ombres.

En réveillant son animal, Tom sourit. Un serpent noir et vert se glissa hors de sa poche et s'enroula autour de son épaule.

« Allez. On est arrivé. »

« Vas-y, rentre, » siffla le serpent en s'agitant. Elle aimait l'odeur de la grotte, l'odeur de choses sombres et pourries, l'odeur du ressentiment et du regret.

Techniquement, la vipère était plus jeune que Tom, n'ayant que quatre ans depuis sa sortie de l'oeuf. Mais son ascendance magique avait inscrit quelques savoirs dans son ADN, et par conséquent, du moins pour l'instant, elle en savait plus sur la magie noire que Tom. Elle connaissait ces créatures tapies dans l'ombre — les inferi.

« Ceux-ci se sont formés naturellement. Ils sont— ils sont… » la vipère tenta difficilement d'expliquer le principe de nécromancie à Tom. Elle était un serpent magique, une chasseuse née mais dotée de piètres capacités de communication.

Tom se sentait bien dans la caverne, comme si c'était sa propre arrière-cour. Il écouta avec patience ses explications brouillonnes, et rapidement, fut capable de retirer l'essentiel de ses mots et de compléter les blancs par lui-même.

« Ils sont rares? » demanda Tom en levant un sourcil.

« Ah! Euh... oui? » Toute cette parlote donnait à la vipère un mal de tête. Elle fit siffler sa langue pour marquer son agacement, désireuse de terminer la leçon aussi vite que possible. « Inferi sont normalement crées par magie, par la nécromancie... Mais, parfois, avec les conditions favorables, quelques cadavres oubliés peuvent devenir naturellement des inferi… »

Crées? Tom était intrigué par le concept. Il se passa la langue sur lèvres d'anticipation.

« Mais les naturels son plutôt faibles, comme ceux là-dedans... pas très imposants et peu nombreux, » se plaignit le serpent.

Tom sourit et les roues se mirent à tourner dans sa tête. Ses yeux sombrent brillèrent d'excitation, mais son intonation resta froide, maitrisée, « à quel point peuvent-ils être impressionnants? »

Le serpent tenta de se souvenir. Ses mémoires instinctives n'étaient pas aussi détaillées qu'un livre, et elle n'avait donc accès qu'aux bases de ce savoir.

« Euh... des plus imposants auraient tué les garçons de l'autre fois... et les auraient transformé en inferi. »

Tom hocha la tête, perdu dans ses pensées.

Quelque chose fait par l'homme, puissant, et capable de proliférer par soi-même. Cela semblait intéressant, comme le monstre de Frankenstein, peut-être qu'ils feront de bon animaux, pensa Tom.

Ils approchèrent le point d'eau au fond de la grotte. La surface miroitante était mortellement calme, et malgré le fait qu'elle soit connectée à l'océan, aucune créature marine ne se serait risquée à approcher cette zone. La surface de l'eau était semblable à du marbre noir, mais Tom pouvait sentir qu'à l'intérieur, de la magie noire s'agitait, prête à attirer les aventuriers imprudent dans ses profondeurs.

Tom se tenait sur le ban de rochers. Des pierres précieuses de quartz les entouraient, mais Tom n'accordait aucune importance aux pierres.

« Regarde, Tom. Il y a un îlot plus loin, » la vipère fut la première à voir la petite île au milieu du lac, composées d'étranges colonnes de roches s'élevant des profondeurs, formant une inégalité absurde au milieu du lac et de sa surface plane.

Une île était un endroit complétement isolé. Fermé du monde.

Tom plissa ses yeux perçants. Soudainement, une idée lui vint à l'esprit.

C'est un bon endroit pour garder un trésor — pour garder un prisonnier.

Théoriquement, il était possible de construire une tour sur cette île, Avec de lourdes protections pour la garder du monde. Tout comme la sorcière dans la conte de "Raiponce" (qu'Harry lui lisait avant d'aller au lit), Tom pouvait aussi cacher ses trésors dans une haute tour, dissimulés à la vue du monde, un endroit isolé pour confiner ou emprisonner qui il voudrait...Et, en temps voulu, à cause de cette complète isolation, l'habitant de la tour se dévouerait entièrement à Tom — deviendrait la possession de Tom — son bien, pour faire comme bon lui semblerait.

Bien sûr, ce n'était que théoriquement...Tom n'avait pas encore assez de pouvoir pour mettre en place un tel plan, néanmoins...

« Et donc, comment puis-je créer des inferi? » demanda Tom. Sa voie se réduit à un murmure, gentil et doucereux, et dangereux. « Comment puis-je créer beaucoup, beaucoup plus d'inferi puissants? »

Une seconde, le serpent se figea, puis répondit honnêtement. «Je ne suis pas sure... mais si les inferi attirent des humains vivants dans leur domaine, alors les eaux devraient pouvoir les transformer... probablement. »

Des humains vivants, se répéta Tom dans sa tête.

Tom lança une pierre dans le lac, regardant l'objet briser la surface impeccable des eaux. Il se retourna.

« Bien. Londres est encombrée d'un trop grand nombre d'humains stupides et inutiles de toute façon. »

….

Depuis la crise économique de 1929, les affaires du marché noires étaient florissantes.

Contrairement à la bourse, le marché noir n'avait pas de restriction, pas de règle. La seule chose qui importait était le pouvoir et l'argent. Raison pour laquelle les personnes s'y dirigeaient. Pas besoin de s'expliquer — pas besoin de se soucier d'où venait la marchandise ou où elle allait.

Transactions simples. De l'argent pour des biens. Rien de plus.

Bien sûr, il y avait des exceptions. Aucune règle n'empêchait les forts de profiter des faibles. Il y avait pas mal d'argent à tirer de la découverte d'une source rare de richesse. Les marchands les plus expérimentés ou débrouillards pouvaient établir un monopole et en retirer des bénéfices conséquents.

« Quelle belle pierre! Mon garçon, peux-tu me dire où est-ce que tu l'a trouvée? » demanda avidement un marchant épais à Tom. Il sourit à l'enfant, révélant une rangée de dents jaunies, essayant de paraitre fiable, mais rien n'aurait pu cacher l'éclat malin au fond de ses yeux.

Intérieurement, Tom grimaça. Mais quand il se tourna vers l'homme, son expression se fit innocente, ses yeux grand ouverts et ignorants. « Je les ai trouvé dans une grotte, monsieur. Y en a beaucoup plus là-bas… »

« Bien, bien. Mon petit, tu peux m'y emmener? Je te donnerai de l'argent. Beaucoup. »

L'enfant sourit joyeusement. Il agita la pièce que la marchant lui avait donné. « Beaucoup?! Même plus que ça? »

Le marchant caressa le cristal dans sa main. Il nettoya sa surface, de telle manière que la lumière puisse passer à travers la pierre, remplissant la roche d'un spectre arc-en-ciel. Il pouvait déceler des éclats dorés métalliques à sa surface.

Non d'un chien!

Cette pierre le rendrait riche! S'il pouvait en trouver la source, il pourrait devenir l'un des hommes les plus riches de Londres. Il n'aurait plus jamais à marchander pour un morceau de viande sur le marché noir!

« Bien sûr, gamin, beaucoup plus d'argent pour toi, » répondit-il sans hésitation. « Montre-moi juste la grotte. »

L'enfant acquiesça avec enthousiasme et tira la main du marchand. « Allons-y alors. Maintenant. »

En vitesse, le marchant appela cinq de ses amis. Discrètement, ils rassemblèrent leur équipement dans une camionnette et se mirent en route.

Bien sûr, tout se fit dans le plus grand des secrets. Le marchand ne voulait pas que d'autres individus avides se rendent compte qu'il avait découvert la caverne d'Ali Baba, sa richesse assurée. C'était un cadeau que lui envoyait Dieu.

Tom s'assit à côté du chauffeur, immobile et silencieux, faisant attention à ne pas salir les sièges en cuire du véhicule. Après tout, en 1935, les automobiles étaient des choses rares et admirées de tous, pas un objet avec lequel le moindre passant était familier.

« Hahaha, » ria jovialement le marchant. Maintenant, il était certain que le garçon n'était qu'un garçon niais d'une famille pauvre. Sa tête remplies de rêves de richesse sans précédent, son rire persista tout au long du trajet, inconscient des véritables intentions de Tom.

….

Tom joua son rôle— un enfant ignorant et ordinaire— et il le joua bien. Son masque ne lui faillit jamais.

Tom appréciait les gens que l'on rencontrait sur le marché noir, car ils étaient des gens guidés par leur désir, ayant laissé de côté leur vertu et leur morale. Tom savait que quand les gens voulaient quelque chose, ils étaient plus faciles à manipuler

Oh, il était impatient de voir leurs faces terrifiées lorsqu'ils se transformeraient en inferi, lorsqu'ils ne deviendraient plus que l'ombre de ce qu'ils étaient maintenant.

Le garçon était un serpent. À l'abri des ombres, il bougeait en silence, frappant les proies faibles et insouciantes.

« Ici—Je les ai trouvé dans ce lac, là-bas… » dit le garçon en pointant une large étendue d'eau noire, guidant les marchands qui inspectaient les murs de la grotte.

Les six hommes se ruèrent en avant comme un seul, ne désirant pas laisser qui que se soit les devancer dans cette chasse au trésor. Ils plongèrent leurs détecteurs de métaux dans l'eau, le liquide froid et salé leur parvenant aux genoux.

Leurs mouvements brisaient le calme du lac. Ils attirèrent les créatures qui dormaient en ses profondeurs, réveillaient le pouvoir sinistre. Alors qu'ils s'avançaient de plus en plus, motivés pas l'avidité, ils se condamnaient sans le savoir à une éternité de souffrance.

La surface de l'eau se troubla lorsqu'ils crièrent. Ils crièrent et crièrent jusqu'à la fin, jusqu'à ce que leurs poumons et leurs bouches soient remplis d'un liquide froid. Six vies avaient disparues dans la mer noire et froide. En temps voulu, grâce à la magie des eaux sombres, ils se réveilleraient en tant qu'inferi.

Non... Cela ne suffisait pas. Ce n'était que le début !

Le garçon se tenait sur le sable, regardant l'amas de rocher qui se dressait au milieu du lac. Des ombres recouvraient sa pale silhouette. Elles le caressaient avec adoration et l'enrobaient dans leur magie, presque comme si les ténèbres étaient en vie et qu'il était leur enfant.

Tom sourit. Sur son beau visage, les lèvres rouges prirent une allure effrayante.

Cette année, il ne recevrait pas de cadeau d'anniversaire de la part d'Harry. Donc il devrait faire avec celui qu'il s'était offert à lui-même.

Six inferi. Six moldus... Juste quelques pathétiques moldus mais qui, au moins, s'étaient révélés être des sujets d'expérimentation convenables, non? pensa sinistrement Tom.

Eh bien, joyeux anniversaire à moi.

« Tom, et leurs affaires? Le véhicule ? » demanda le serpent. Les expériences de Tom l'ennuyaient toujours.

Tom ferma les yeux. "Facile. Pousse tout dans l'océan. La mer avalera tout."

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:D …..

Prochain chapitre, Tom fait un peu de socialisation et les retrouvailles tant attendues.

Encore une fois, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires ! (j'avoue ne pas avoir trouvéle terme français d'inferi… donc si certain le connaisse, je changerai (si le terme anglais dérange) dans les prochains chapitres. See you soon !