Hello les ptits lous ! C'est assez intéressant de voir les spéculations que vous faites sur l'histoire. Certains sont très proches d'autres un peu moins.

Bonne lecture pour ce chapitre, un peu plus long que les autres.

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Chapitre 20 : Prince et bottes

19 janvier, 1936.

Noël s'était passé dans les rires d'enfants. Maintenant, peu importe leurs protestations, ces derniers devaient faire leurs valises, ranger leurs jouets, et retourner à l'école.

Toute année commence avec de nouveaux espoirs. Même le vent froid de janvier n'aurait su tinter les sourires éclatants sur leurs visages doux et juvéniles.

Le monde continuait à tourner. Tom continuait à prétendre être un petit garçon parfait, l'étudiant rêvé de tout professeur et le fils idéal de tout parent. La nounou continuait à prendre soin de lui et de la maison, bien que son inconfort vis-à-vis de sa charge ne fasse qu'empirer. Harry continuait à... être absent.

Le 19 janvier... Cela signifiait qu'Harry était parti depuis trois mois et dix-neuf jours, donc plus qu'un mois et onze jours avant son retour. Il avait promis... cinq mois.

Le jeune garçon jeta nonchalamment son sac sur ses épaules en sortant de la salle de classe, les pas décidés et le visage inexpressif.

« Attend, Tom! Je vais rentrer avec toi! » cria Allie derrière lui. Les petites filles joyeuses et énergiques comme elle— avec ses joues roses et les yeux brillants— étaient traitées comme des princesses, adorées par tout le monde.

Enfin, tout le monde sauf Tom.

Il ne fit qu'accélérer son allure, ne prenant même pas la peine de remettre en place la lanière de son sac qui tombait de son épaule.

À travers les fenêtres du couloir, les rayons dorés du soleil éclairaient ses traits élégants alors qu'il se frayait silencieusement un chemin dans la foule. Son dos était légèrement affaissé de par son indifférence habituelle, ses yeux noirs étaient rivés au sol, bien que l'attention de tous ne manquait de se poser sur lui. Quelque chose dans son maintien laissait transparaitre son caractère asocial et légèrement arrogant, et néanmoins le démarquait de la masse commune, avec sa suspicion et sa proéminence.

Il y avait une sorte de danger dormant sous ce beau visage, un danger absent de sa persona gentille et polie qu'il affichait généralement.

« Attend moi, Tom! »

Elle cria à nouveau, mais Tom avait déjà disparu dans la rangée d'escaliers. Elle se pressa et rangea négligemment ses affaires dans son sac avant de courir après lui, ne prenant même pas la peine de fermer son cartable.

Sa queue de cheval dansait dans les airs alors qu'elle courait, attirant sur elle l'attention de nombreux garçon de l'école. Mais elle n'avait d'yeux que pour l'un d'entre eux.

« TOM! »

Bien que Tom ne semblait pas forcer son allure, cela lui prit pas mal d'efforts pour le rattraper. Essoufflée, elle parvint à attraper un bout du manteau de Tom. Elle était l'enfant unique d'une des familles les plus riches de Londres, et avait donc naturellement grandi légèrement insouciante et exigeante puisque son entourage la chérissait à l'excès.

« Tom, je peux venir visiter ta maison? » demanda-t-elle toute excitée, d'un ton geignard qui commandait une réponse positive instantanée.

Si ces yeux de chien battu auraient surement fonctionné avec la majorité des gens, cela ne fit qu'irriter davantage Tom. Sa patience s'envola; ses yeux s'assombrirent.

« Lâche-moi, »la prévint-il simplement.

« Tom, j'aimerai bien goûter plus de la confiture de cerise que tu as amené l'autre fois, » Allie continua à parler, ne semblant pas percevoir la mauvaise humeur de Tom.Elle devait vraiment avoir été dupée par ses actes de gentillesse et d'agréabilité.

Le garçon s'agita avec impatience, se libérant de la main qui s'accrochait à lui.

« Va-t'en, » la prévint-il à nouveau. Mais cette fois-ci, les mots étaient emprunts d'une certaine autorité, d'un ton froid mordant comme le vent d'hiver, attaquant jusqu'aux os.

Tom plissa les yeux, et, pour la première fois, laissa paraître sa vraie nature devant elle— les ténèbres dissimulés sous un masque de beauté, avec un pouvoir tangible qu'elle ne pouvait commencer à comprendre. La fillette recula, en choc. Pour la première fois, le louveteau montrait ses crocs acérés, car il n'avait plus d'intérêt à se mélanger à la populace de moutons. Après tout, il avait seulement construit cette mascarade pour Harry — pour gagner l'affection et la sympathie du jeune homme — et puisque Harry n'était pas là, Tom était libre d'agir comme il lui plaisait.

Tom sourit lorsque le visage de la fille pâlit. Inexplicablement, cela lui faisait toujours Plaisir de voir la peur se manifester dans les yeux des brebis lorsqu'elles prenaient conscience de sa puissance et apprenaient à le respecter. Peut-être que par certains aspects, Tom était juste comme les autres enfants capricieux et immature à sa propre façon, pour le moins particulière. C'était sa façon de se défouler, de se libérer de son anxiété et de sa colère internes, d'exprimer son ressentiment à être abandonner par l'unique personne dont il se souciait.

« To...tom, » hésita la petite fille.

Tom se retourna et s'éloigna sans un mot de plus.

Allie hésita encore quelques secondes, mais elle n'avait jamais été du style à abandonner à la première difficulté. Elle se mordit les lèvres et lui courut après, mais pris toutefois soin de garder ses distances cette fois-ci, suivant ses pas. Le regard qu'il lui avait lancé restait frais dans son esprit.

Elle était perplexe — quand est-ce que Tom était devenu si effrayant?

..

Ils tournèrent à un coin, et la maison de Tom s'offrit enfin à leur vue. Avec des pas lents et robotiques Tom approcha le bâtiment recouvert de neige, son visage fermé et sans expression, comme si son propre logis ne lui était pas plus important que n'importe quelle autre maison de la rue.

Allie admira la large maison en brique. Evidemment, son instinct lui avait dit qu'un garçon comme Tom devait venir d'une bonne famille, mais l'élégance architecturale de la construction— les frames symétriques qui s'élevaient du tapis blanc que formait la neige, le toit de tuiles rouges et l'esthétique du jardin — restait une vision impressionnante. Si Harry avait été là, même lui aurait dû admettre que les jumeaux Weasley avaient bon goût, malgré leur nature facétieuse.

Tom poussa les grilles métalliques et s'avança sans accorder le moindre regard à la fille qui le suivait. Elle s'arrêta un instant devant l'entrée, avant que sa curiosité ne prenne le dessus et la pousse à le suivre dans le jardin.

Sur le moment, Tom n'en avait strictement rien à faire d'elle. Lorsqu'il entra dans la maison, instantanément, son attention se porta sur une paire de basquets blanches, déposée simplement sur un paillasson dans le hall.

Il les reconnu! Harry n'avait jamais été friand de mocassins en cuire rigides; à la place, il préférait des chaussures confortables et bon marché. Les yeux de Tom s'agrandirent à cause du choc, les pupilles couleur d'encre se contractèrent comme si elles considéraient un trésor longtemps enfoui, et non de banales souliers de sport. Les baskets avaient exactement la même apparence que la dernière fois qu'il les avait vues, avec leur semelle blanche légèrement colorées par le vert du gazon. Tom pouvait Presque s'imaginer leur propriétaire courir dans le jardin, souriant en ouvrant la porte de leur maison.

Brusquement, son soufflé se coupa. Les battements de son cœur s'intensifièrent. Un frisson d'excitation lui parcouru la colonne vertébrale, le secouant comme un choc électrique. Tom ne pouvait plus entendre Allie l'appeler par son nom doucement derrière lui; la seule chose dont il avait conscience était la sensation submergeante qui prenait possession de lui au plus profond de son être. Il resta immobile un bon moment, sans se soucier de la sueur froide qui se condensait sur son front. Sa gorge lui semblait sèche, et ses pensées s'envolèrent hors contrôle.

Il est... il est de retour ?

La poitrine lourde, Tom tenta de se calmer. Mais... ça ne marchait pas. Soudainement, il détala, traversa en toute vitesse le hall d'entrée et se rua dans les escaliers, ne prenant même pas la peine de retirer ses bottes d'hiver boueuses.

Allie observa sa silhouette s'éloigner avec stupéfaction. Son expression tendue, ses poings tremblants, et ses pas hâtés et déséquilibrés ne pouvaient suggérer qu'une chose — que Tom était très nerveux. Allie n'avait jamais vu Tom comme ça. Dans ses souvenirs, Tom était toujours tellement mature, avec un contrôle parfait, portait toujours un sourire poli. Il incarnait le plus gentil garçon qu'elle ait jamais connu. Néanmoins, elle frissonna lorsque l'image de ses yeux sombres lui revint en mémoire, leur éclat féroce et froid, tellement différent de ceux des autres enfants, mais... c'était surement une erreur.Après tout, tout le monde a des moments spéciaux, non?

Et pourtant, Allie resta au niveau de la porte d'entrée, ne sachant pas si elle était bienvenue à l'intérieur ou pas.

Une nouvelle fois, Tom se tenait devant la porte de la chambre d'Harry. Elle était fermée, comme elle l'avait été pendant les trois mois d'absence d'Harry.

Le garçon fixa cette porte devant lui, et ressenti tout à coup de la peur. Ce garçon tenace, arrogant et hautain — qui était s'était rendu coupable de crime haineux sans le moindre remord — ce Tom Riddle avait peur. Il avait peur d'ouvrir une simple porte. Il se souvenait que trois mois plus tôt, il s'était tenu exactement au même endroit, et que la porte s'était ouverte sur une chambre vide, si ce n'était de déception.

Il se tint là totalement en silence, des ombres dansant au fond de ses yeux, à regarder la porte. Finalement, il prit une profonde inspiration, et ses doigts tremblant tournèrent la poignée.

Celle-ci s'ouvrit facilement, et les battants n'émirent qu'un faible grincement de protestation.

La chambre était silencieuse et vide, identique à l'état dans lequel Tom l'avait quittée. Tous les meubles étaient à leur place; le vase sur la table de nuit n'avait pas bougé; et même la faible couche de poussière reposait encore sur les rebords de fenêtre. Il n'y avait que... le silence. Et bien que le soleil inonde généreusement son visage, Tom sentit une froideur dévastatrice l'entourer, le piégeant dans les sinistres tentacules de ses cauchemars.

Les bottes de Tom grincèrent sur le bois dur du plancher. Elles avaient laissé des traces boueuses derrière lui, des empreintes de pas brunes qui menaient jusqu'à la pièce, donnant une claire indication de l'excitement passé du garçon, mais pour lui, elles représentaient ses espoirs stupides et vains.

Les yeux d'ébène se plissèrent alors que son humeur tournait morose, et la dernière lueur d'espoir quitta son regard, ne laissant place qu'à des ténèbres sans fin prêt à le consumer tout entier. Le garçon se pinça les lèvres, tentant de se débarrasser de la sensation de déception qui alourdissait sa poitrine et qui ne cessait de revenir comme les vagues de l'océan.

Sur le moment, Tom se haït lui-même. Il haït ses émotions. Il haït le fait que simplement penser à une personne puisse le bouleverser à ce point. Il se retourna. Les empreintes boueuses semblaient se rire de lui. Elles disaient qu'il était un idiot, un stupide petit chiot courant après un objectif inatteignable nommé

« Harry Potter ». Alors qu'il reprenait contrôle de son rythme cardiaque, son beau visage fut défiguré par les ténèbres.

« Tom? Il y a une fille en bas — c'est une de tes amies ? »

La tête de Tom se tourna vers la voie chaude. Une silhouette élancée s'approchait de lui. Un visage familier, qui portait un sourire éclatant, se réfléchit dans les yeux noirs de Tom, capturé dans son immobilité, aussi inchangé que les images stockées dans un appareil photo.

Les mains du garçon serrèrent la porte en bois. Il se figea, ne bougeant pas plus qu'une statue de marbre.

« Et?... Tu ne me reconnais pas? »

La gorge de Tom s'assécha.

Le jeune homme se tenait dans les escaliers, le visage maigre et maladivement pâle, les yeux verts aussi brillants que des étoiles.

Il marcha jusqu'à Tom et mit ses mains sur la tête du garçon. « Eh bien! Tu as tellement grandi en à peine trois mois … »

Tom avait grandi. Depuis qu'il recevait les nutriments nécessaires à sa santé, il avait grandi comme les herbes après une bonne période de pluie. Il avait gagné en taille et en muscle, et maintenant, lorsqu'ils se tenaient face à face, Tom pouvait atteindre la poitrine d'Harry.

Harry inspecta le petit garçon silencieux et passa une main affectueuse dans ses cheveux. IL rit, son visage rayonnant de fierté.

Tom avait les yeux rives sur les boutons du manteau d'Harry, et semblait à court de mot. Tandis que les mains d'Harry caressaient son crâne, Tom remarqua que la peau du jeune homme était très froide, comme si de la glace était pressée contre son front, mais que son touché était aussi réconfortant. Réel. Un instant, Tom crut que quelque chose avait pris possession de son corps, car son esprit habituellement si habile lui paraissait semblable à de la bouillie et qu'une émotion inexplicable s'gitait dans sa poitrine. Elle le poussa à s'avancer, uniquement par instinct, et à se jeter dans les bras d'Harry. Ses petits bras s'enroulèrent fermement autour de la taille de son gardien,

Ne payant aucune attention à la pression qu'ils appliquaient.

De la neige s'accrochait encore sur le manteau d'Harry. Une humidité froide se répandit à travers la chemise neuve de Tom, mais l'enfant refusait de se détacher.

Harry sourit, ses yeux verts s'adoucirent lorsqu'il prit l'enfant en considération. Ce n'était pas la première fois qu'ils s'embrassaient, mais c'était la première fois que Tom en prenait l'initiative. Le garçon avait toujours été introverti, gardait ses émotions enfouies au plus profond de lui. Normalement, il était difficile de dire si Tom était heureux ou ennuyé, et donc cette démonstration d'affection était de nature rare et touchante. Harry avait correctement pressenti que Tom serait inquiet. Il était parti pour trois ou quatre mois, et peu importe à quel point le garçon voulait se montrer mature — et il avait dû être effrayé et se sentir seul.

Harry se pencha en avant et enveloppa à son tour Tom dans un câlin. Il chuchota dans l'oreille de l'enfant.

« Allons. Sois courageux. Ton amie est toujours en train de t'attendre, » et Harry le lâcha. Toujours tout sourire, il aida Tom à arranger sa chemise et plaça une mèche de cheveux derrière l'oreille de sa charge.

Tom le libéra avec reluctance, irrité par la perte soudaine de la chaleur corporelle qu'émettait le jeune homme.

Sois courageux Tom espérait qu'Harry ne le voyait pas comme un petit enfant pleurnichard et impotent.

….

Allie passa sa tête dans l'embrasure de la porte principale, considérant avec curiosité le jeune homme aux cheveux noirs.

C'est... le père adoptif de Tom ? Mais il est si jeune!

Il ressemblait plus à un grand frère qu'à un père. La petite fille appréciait son sourire chaleureux, et devint encore plus désireuse d'en apprendre sur la famille de Tom.

« Allie, entre donc, » tout à coup Tom apparat à côté d'elle, souriant poliment pendant qu'il tenait la porte ouverte. Ah, ça c'était le Tom qu'elle connaissait à l'école, l'étudiant parfait et raffiné.

Son sourire l'aveugla, et elle oublia complétement l'expression vicieuse qu'il portait seulement quelques minutes plus tôt. Elle essuya et enleva ses bottes, puis le suivit dans le salon.

« S'il te plait, assied toi pendant que je vais te chercher une tasse de thé, » lui indiqua-t-il avec des manières impeccables.

De magnifiques yeux noirs, des lèvres rouges courbées, il semblait que Tom soit de bonne humeur. Elle était à un âge où l'on aspirait à la romance, et ce garçon étant le parfait chevalier servant, il n'était pas surprenant que son visage s'enflamme lorsque ces yeux noirs se posaient sur elle. Son esprit vagabonda dans des images fantaisistes— Prince Charmant, LE bon, des chevaliers dans leur brillante armure... Au plus Allie y pensait, au plus son visage s'empourprait.

Harry remarqua ses joues rouges. Il sourit, et ne put s'empêcher de la taquiner, « Dis-moi, Allie, est-ce que mon Tom n'est pas un beau garçon? »

D'une voie timide à peine plus haute que le bourdonnement d'un moustique, elle murmura, « oui. »

Harry éclata de rire. Un son agréable et doux qui ne fit qu'empirer la rougeur du visage d'Allie. Harry sentit sa poitrine se gonfler de fierté. Il aimait entendre d'autres personnes complimenter son enfant, son incroyable, brillant petit garçon. Au moins, Tom semblait avoir changé. IL donnait volontairement des câlins à Harry; il amenait des amis à la maison; et il allait même, bien qu'involontairement, jusqu'à attirer sur lui l'attention de jolies petites filles.

Harry se sentait comme un père. Le changement d'attitude de Tom l'emplissait de joie, à tel point qu'il ne pensait plus pouvoir s'empêcher de sourire, même dans son sommeil.

Un tel Bonheur était souvent addictif.

Tom avait toujours été un bon acteur. Tom ne révélait que ses meilleures facettes à Harry, celles avec ses bonnes manières, ses sourires artificiels et qui émettaient des lumières aveuglantes. Et ces lumières, malgré leur nature illusoire, suffisaient à faire reculer les ténèbres.

…..

Harry était allongé dans son lit, enveloppé dans une douce couverture, son corps tremblant de douleur. Peu importe à quel point il était fatigué, il ne parvenait pas à s'endormir. La douleur venait par vague, l'attaquait jusqu'à ce qu'il se replie comme un animal blessé. Il soupira, se retourna et ferma les yeux. Bien que son visage soit pâle et fragile, en dépit de la douleur, un sourire satisfait s'attardait sur ses lèvres.

Il se remémora la question d'Hermione. Maintenant, il en avait la réponse.

La douleur, sa vie, tout...Oui, ça en valait la peine.

De l'autre côté de la maison, Tom était lui aussi allongé dans son lit. Et lui non plus ne trouvait pas le sommeil.

"Je pense... que nous allons devoir diminuer nos expériences sur les inferi."

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Harry est enfin de retour !

Juste pour prévenir que ce chapitre est le dernier pour ces vacances. Là où je pars, je ne pourrai pas prendre mon ordi, donc ce sera difficile d'avancer dans la traduction. Je compte par contre commencer la traduction de « Silk Road » dans les prochains jours, pour vous en donner un avant goût.

Bon été à tous