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Chapitre 23 : Poudlard

1er septembre, 1938

« Tu as toutes tes affaires ? »

D'un pas pressé, Harry devançait un grand garçon pré pubère. L'homme poussait une charrette encombrée de nombreux coffres, grands ou petits— ainsi que d'une chouette.

Le garçon hocha lentement la tête, ses lèvres pincées en une lignes droite. Il ne semblait pas être des plus enthousiastes.

« Allez, haut les coeurs! Je me souviens à quel point j'étais excité d'aller à Poudlard, » rigola Harry, perturbé par l'étrange humeur de Tom.

Le jeune Tom Riddle s'arrêta soudainement.

Harry s'arrêta aussi. Il se retourna et jeta un regard inquisiteur au garçon.

« ... Tu ne peux pas m'accompagner ? » lui demanda Tom, hésitant.

Les yeux noirs de l'enfant rappelaient à Harry un ciel nocturne tranquille, où, contrastant avec les ténèbres infinies, d'innombrables étoiles étincelaient telle une lueure d'espoir.

Harry s'approcha du garçon, inspectant avec ses yeux verts le beau visage encore doté de la rondeur enfantine.

Harry sourit.

Certes, il ne pouvait empêcher Tom d'entrer dans le monde magique, de même qu'il ne pouvait pas lui refuser la chance d'étudier à Poudlard. Il ne pouvait pas non plus prédire comment grandirait Tom ni les changements inévitables qui surviendraient. Il était donc logique qu'il s'inquiète du développement de sa charge entre les murs du château.

Il avait peur du futur. Mais, au moins pour l'instant, Tom le suivait encore dans la gare en lui posant les questions typiques des enfants — Tu peux m'accompagner ?

Le sourire d'Harry s'élargit. Il s'étendit jusqu'à ses yeux émeraude qui se remplirent d'une chaude affection.

« Allons Tom, qui emmènerait son père avec lui à l'école? »

Tom fronça les sourcils et se retourna sans un mot de plus. Ses frêles épaules s'affaissèrent de déception tandis que ses yeux se chargèrent d'émotions indéchiffrables.

Harry ne ressemblait pas du tout à un père. Tom l'analysa avec attention tout en le comparant avec les parents fiers ou en pleurs sur le quai. Si Harry se vêtait d'un uniforme de Poudlard, il aurait pu facilement se faire passer pour un étudiant de sixième ou de septième année. Ce point rendait d'ailleurs Tom curieux et suspicieux; en six ans, Harry n'avait pas changé d'un cheveu.

Probablement un phénomène magique, supposa Tom, mais il ne s'avança pas à questionner le jeune homme sur ce sujet.

Devant eux, l'impressionnante machine rouge siffla et émit une chaude fumée blanche tout en actionnant ses moteurs. Harry jeta un coup d'oeil à sa montre; ils n'avaient plus que trois minutes.

« Dépêches toi! Allez. Souviens-toi de te changer avant l'arrivée du train… »

Harry serra les épaules de Tom souhaitant le rassurer et le dirigea vers l'un des compartiments. Il hésita, avant de lui donner une petite liste de conseils. « Sois gentil... avec tes camarades. Fais-toi quelques amis. Ne sois pas impoli. Tom, étudie consciencieusement et profite de ton temps à Poudlard. »

Tom ne répondit pas, à la place, il resta en place, ses yeux rivés sur le visage d'Harry, regardant avec intensité le jeune homme s'agiter.

« Allez! Allez! Il est temps, Tom, tu dois monter à bord. »

Néanmoins, Tom ne bougea pas. Le garçon semblait perdu dans ses pensées. Après un moment de silence, il leva les yeux. Noir rencontra vert.

« Harry...tu feras quoi pendant que je serais à Poudlard? »

« Moi ?... Je serais à la maison attendant ton retour, bien évidemment. »

De beaux yeux d'ébène continuèrent à jauger Harry avec une acuité pesante. Tout à coup, le garçon lui offrit un sourire éclatant, un sourire merveilleux et chaleureux, tout comme ceux qu'Harry lui avait souvent adressé, avec tant de chaleur et de sincérité qu'ils éblouissaient comme le soleil. Mais seul l'enfant savait à quel point son sourire était différent de celui d'Harry. Sous cette façade amicale, il était toutes griffes dehors et sombres désirs, un prédateur prêt à tuer pour protéger son territoire.

Il a promis. Il a dit, "j'attendrais ton retour".

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Le Poudlard Express prit rapidement de la vitesse, parcourant la campagne écossaise. Les compartiments cessèrent de tressauter quand l'engin atteignit sa vitesse de croisière. Le train avança sans problème, soufflant de la fumée blanche sous le ciel bleu. De l'autre côté des fenêtres défilaient de vertes collines, une étendue sauvage encore intouchée par la modernité, d'une beauté à en couper le souffle.

Tom s'assit à côté de la fenêtre, regardant le paysage. Ses doigts s'attardèrent sur son poignet, frottant la peau fraiche exposée. Dommage qu'il ait dû laisse derrière lui le petit serpent pour surveiller les inferi. Elle, ainsi que son petit corps froid enroulé habituellement autour de son bras lui manquaient déjà.

« Toi là, le première année… » Dit l'un des autres occupants du compartiment en claquant des doigts.

Tom se tourna pour regarder le garçon plus âgé. Directement, ses yeux se plissèrent devant l'apparence pompeuse du garçon— des cheveux blonds clairs étincelants, une baguette garnie d'un manche argenté, des boutons argentés brillants, des mocassins en cuire brillant. Trop de brillant là-dedans.

« Est-ce là une façon de saluer tes ainés? » il s'avança vers Tom, une expression hautaine sur le visage tandis qu'il traçait du bout des doigts la joue de Tom.

En toute honnêteté, la tenue d'Abraxas Malfoy n'était pas si ridicule que ce que Tom avait décrit. Pour la plupart des gens, le plus jeune Malfoy paraissait noble et sophistiqué. Le jeune sang-pur avait des gouts impeccables et un visage outrageusement élégant (selon lui), de doux cheveux blonds touchant ses épaules, une chemise blanche taillée sur mesure, et des bottes d'un style militaire.

Tom fixa d'un regard vide l'intrus non-désiré. Il ne bougea pas d'un millimètre lorsque le doigt glissa le long de sa joue.

« Pas drôle, » dit Malfoy en haussant des épaules devant le manque décevant de réaction. Il se repositionna dans son siège.

Tom fit un rictus cruel. Puisque Harry n'était pas là, il n'y avait plus de raison de faire semblant— une seconde de plus, et ce cher Abraxas aurait pu commencer l'année un doigt en moins... ou deux.

Ne prenant même pas la peine de sortir le nez de son livre, l'une des filles assise à côté du garçon commenta sans plus de cérémonie, « Malfoy, tu es vraiment un idiot. »

Malfoy s'affaissa contre le dossier en cuire, et répondit entre deux bâillement. « Ouais, ouais, je m'ennui juste. »

Du coin de l'oeil, Malfoy observa le première année d'apparence docile avec intérêt. Ses percepteurs sociaux très aiguisés lui soufflaient que ce garçon était destiné à devenir quelqu'un d'important.

Bien sûr, un Malfoy ne sautait jamais sur une conclusion sans preuve évidente. Avant que le train ne quitte la gare, Abraxas avait vu le garçon depuis sa fenêtre, debout calmement aux côtés de son gardien. Sa tête avait été baissée, écoutant à peine les mots du jeune homme, presque trop respectueux pour un enfant de son âge. Mais dès que le jeune homme avait disparu de vue, le comportement de l'enfant avait fait un virage de 180 degrés. De son petit corps, une aura sombre et une magie turbulente s'étaient animées, presque effrayantes par leur puissance.

Comme une bête enrage juste libérée…

Malfoy frissonna et ferma les yeux.

Sans aucun doute, celui-là serait un serpentard. Ambitieux et dangereux, un dur de dur.

…..

« À Poudlard il y a quatre maisons— Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle, et Serpentard, » lui avait une fois expliqué Harry.

Tom se souvenait de tout ce qu'Harry lui avait dit sur Poudlard, y compris la légère hésitation qui avait suivi le mot Serpentard.

Serpentard? Juste au moment où le terme parut dans son esprit, l'affreux chapeau posé sur son crâne commença à s'agiter. Une petite voix murmura à ses oreilles.

"Donc... Donc tu veux aller chez Serpentard ?"

Tom inspecta le Grand Hall, prenant soin de cacher sa surprise. Aucun professeur ou élève ne semblait percevoir la voix.

« Psst, je suis dans ta tête," répondit le chapeau avant même qu'il ait pu former la question dans son esprit. Il fit une pause, avant de recommencer à parler. «Eh, gamin, tu ne peux pas me dire de dégager — Je suis le fameux Choixpeau et… »

Tom décida d'ignorer la voix qui ne semblait plus vouloir s'arrêter, s'agitant dans son esprit.

« Donc tu veux aller chez Serpentard? Je ne sais pas si c'est la meilleure option pour un sang-mêlé comme toi. Peut-être... QUOI! ATTENDS! … » soudainement, la voix exécrable se mit à crier. Les oreilles de Tom résonnèrent douloureusement. Le chapeau s'arrêta de nouveau, et Tom eut l'impression de ressentir un frisson parcourir le vieux bout de tissu. « Oh Merlin, es-tu—?! Bien sûr, dans ce cas tu dois aller chez Serpentard… »

Avant même que Tom ne puisse répondre, le Choixpeau cria tout haut.

« SERPENTARD! »

Harry n'avait jamais parlé à Tom de la nature des relations au sein de Serpentard, parce qu'il voulait donner au garçon la chance de se forger ses propres opinions. Cependant, quand la décision du Choixpeau tomba, Tom était assez observateur pour remarquer que les Serpentards ne l'accueillirent pas à bras ouverts, à en juger par le manque d'applaudissements et le regard jaugeur de ses camarades.

Sur base de l'apparence, le garçon aurait pu se fonder facilement dans cette foule aux allures snobes et aux vêtements élégants: ses manières étaient impeccables, il avait des cheveux noirs bien coiffés et les traits fins des aristocrates; il adoptait une bonne posture, était fier et intelligent, le dos droit et pas un pli sur ses robes; et, le plus important, depuis qu'il n'était plus aux côtés d'Harry, il avait relâché son dangereux charisme qui laissait transparaitre une volonté de fer. Oui, il était un Serpentard dans tous les aspects possibles— à l'exception du plus important.

Tous les élèves de Serpentard restèrent calmement assis, à l'opposé de leurs voisins, les Gryffondors qui s'adonnaient à des salutations et des exclamations bruyantes.

Tom prit place sur un siège libre en bout de table. Personne ne lui salua la bienvenue.

« Riddle? Ce n'est pas un nom de sang-pur ça, non? » demanda quelqu'un de l'autre côté de la table. Mais d'après le regard hostile qu'il lui lançait, il était évident que la question n'était pas destinée à Tom.

« Non, jamais entendu ce nom dans le monde magique, » répondit un autre.

« Donc... c'est un sang de bourbe? » ricana une fille.

Tom ne pouvait pas comprendre la gravité de leur insulte... Non qu'il se soucie d'opinions enfantines. Non, pour l'instant, il repensait au Choixpeau.

Il avait dit, « es-tu—?!"$ » et « Tu dois aller chez Serpentard… »

Pourquoi devait-il aller chez Serpentard ?

Il semblait que le Choixpeau connaisse les secrets de Tom, certains dont il n'avait même pas conscience... concernant ses parents, peut-être? Derrière la banalité totale de son nom— il devait y avoir quelque chose de spécial chez Tom... que ce soit sa lignée ou ses pouvoirs...

Qui était-il ?

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Comme on pouvait s'y attendre, la sale commune de Serpentard baignait dans le luxe. Une cheminée en marbre, des motifs complexes gravés au plafond, d'énormes chandeliers étincelants — tout suintait l'argent et les donations des alumni. Leur noble maison ne méritait que le meilleur, avec ornements et meubles qui feraient pâlir d'envie les rois.

« Très bien... J'espère que vous vous plairez tous chez Serpentard, » dit un préfet de cinquième année. Les bras croisés devant sa poitrine, il inspecta les premières années nerveux. « Concernant la devise de notre noble maison… »

« Nous nous élevons au-dessus de la boue et du sang. Nous visons le pouvoir. Nous cultivons notre ambition. Nous sommes forts et déterminés. Nous sommes gracieux. Nous ne nous hâtons pas. Nous sommes les Serpentards— Tels sont les mots de notre maison. Souvenez-vous-en! Bien sûr, la partie la plus importante, vous devriez déjà la connaitre — Nous visons le pouvoir; nous cultivons notre ambition. »

Le préfet fit une pause, leur offrant un sourire sinistre. « Honnêtement, au lieu de cette devise, je préfère quelque chose de plus simple — Peu importent les moyens, peu importent les sacrifices, triompher est notre seul objectif. Triompher est notre fierté."

Tom se tenait parmi les premières années, le symbole de Serpentard fraîchement imprimé sur sa robe noire.

Il écouta attentivement, avidement. Il se lécha les lèvres et une douceur comme le goût métallique du sang se répandit sur sa langue, ce qui suffit à exciter la sombre magie qui rugissait en lui.

Peu important les moyens, peu important les sacrifices, Triompher est notre seul objectif.

Triompher est notre fierté.

Serpentard — un endroit où les illusions de riches glamours et de brillants futurs dissimulait les sombres secret de sa nature pourrie. Sa nature pourrie, rusée, paranoïaque, égoïste, sans pitié, ambitieuse et glorieuse. C'était un endroit fait pour les hommes comme Tom.

Sous les éclairages verdâtres, les magnifiques yeux d'ébène de l'enfant brillèrent vivement, éclipsant la folie grandissante au fond de lui.

Le Choixpeau avait raison. Il était un Serpentard.

En temps voulu, il adorerait cette maison.

…..

« Mon seigneur? » les mangemorts tremblaient devant leur maître.

Sur le grand trône, le Roi Noir semblait être entré en transe.

Faisait-il...faisait-il une sieste... pendant une réunion?

Soudainement, Voldemort redirigea son attention sur ses serviteurs qui reculèrent tous, effrayés par l'intensité du regard carmin. Il fit un signe vers l'homme qui lui rendait son rapport. « Continues… »

Tandis que le Seigneur des Ténèbres, yeux rouges et cheveux noirs d'ébène, s'installait confortablement sur son trône, les mots de son enfance surgirent dans son esprit.

Peu important les moyens, peu important les sacrifices, triompher est notre seul objectif. Triompher est notre fieté.

Il n'avait aucune idée de la raison pour laquelle ses années d'enfance lui revenaient ainsi en mémoire, en de tels moments... Des souvenirs pareils ne faisaient qu'éveiller la soif de sang qui sommeillait dans ses veines.

Voldemort interrompit soudainement le discours de son subordonné.

« Soyez prêts pour la bataille! Allons rendre une petite visite à notre sauveur— et nous amuser, voulez-vous ? » Il se leva, les surplombant de son impressionnante silhouette. Chez tous ceux présents, le ton calme et néanmoins vicieux du Seigneur des Ténèbres répandit des frissons le long de leur colonne vertébrale, laissant présager le massacre sanglant qui était à venir.

Les mangemorts rugirent.

Contrairement à la croyance populaire, les Serpentards n'étaient pas des peureux. Ils ne reculaient pas devant une bataille, se cachant dans une chambre blindée, ne cherchant qu'à sauver leur propre peau. Non— plus que quiconque, ils comprenaient le chaos et la nécessité de la guerre. Le Pouvoir était ce qui les appelait, et de ce fait, la guerre coulait dans leurs veines.

Si la victoire requérait huit cents vies dans leur camp pour abattre mille ennemis, alors ainsi soit-il— Sortir triomphant était tout ce qui importait; et les sacrifices étaient inévitables.

Un Serpentard n'abandonne jamais, car il ne peut pas perdre.

Si les traits des Gryffondors étaient leur impétuosité et leur spontanéité, alors celui des Seprentards était leur détermination folle, prête à tout consumer sur leur passage.

….

Harry s'assit devant son bureau, se demandant s'il devait écrire une lettre à Tom. Mais alors que l'encre coulait de sa plume et séchait sur le papier, il ne trouvait toujours rien à dire.

Oh, pas grave— Après tout, il reviendrait à temps pour les vacances de Noël et, alors, il pourrait parler à Tom en personne. Harry sourit et posa la plume.

Il sortit la chaîne argentée de sous sa chemine et serra l'horloge miniature. C'était chaud, imprégné de sa chaleur corporelle. Avec prudence, il la fit tourner, et, encore une fois, le temps se mit à s'accélérer.

Il était temps pour lui de rentrer à la maison.

….

Le Destin était assis derrière son jeu d'échec, préparant ses mouvements. L'Histoire était formée par une chaîne d'évènements infimes. Si une seule pièce sortait du puzzle, alors des empires s'écroulaient.

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Oh my ! oh my ! Une rencontre entre Harry et Voldemort adulte ? que va-t-il se passer ? Et comment Tommy survivra-t-il chez Serpentard ?

Tout dans le prochain épisode, après la pub : lisez « Silk Roads », autre traduction...

See you