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Chapitre 25 : Souffrances

20-27 décembre, 1938

Décembre touchait enfin à son terme. Une nouvelle fois, Poudlard verrait tous ses étudiants partir en vacances.

« Tu sais quoi, j't'enverrai un cadeau par hibou! »

« Oh ! merci. Moi aussi j'ai une surprise pour toi. »

Tom s'avançait dans le couloir, entouré de mots affectueux ou de gratitude. Son allure, avec sa mâchoire crispée, laissait paraître son irritation et il devait se faire violence pour ne pas se défouler sur eux, de grogner à leur joie et leur affection, de détruire cette atmosphère festive agaçante, simplement parce que tout cela ne faisait qu'accentuer sa solitude. Bien que Tom n'ait jamais craint d'être seul, la situation était différente; par le passé, la solitude avait été un choix conscient, mais maintenant, il la ressentait parce que cette personne l'avait abandonné.

M'a-t-il abandonné ?

Tom ne pouvait sortir cette idée de sa tête. Si c'est le cas, dit une petite voix vicieuse et en colère dans son esprit, je le détruirai. Il ne peut pas me quitter! Non! JAMAIS...Même si je dois en arriver à l'enfermer, le trainer dans cette grotte et le transformer en inferius.

Il se souvint de ce qu'il avait ressenti trois ans plus tôt quand il avait été laissé derrière dans la maison vide, passant son temps à attendre, jours après jours, sans qu'aucune lettre ou qu'aucune nouvelle ne lui parvienne. Il avait eu l'impression que les clôtures blanches s'étaient refermées sur lui, l'enfermant comme une bête blessée tombée au fond d'un puit, qu'il avait été pris au piège dans une caricature de ce qu'il considérait comme son chez-soi. Même si la nounou venait tous les jours, elle n'avait aucune importance à ses yeux. La maison n'était pas une consolation non plus, n'étant rien de plus qu'une coquille vide remplie de coins sombres, de mensonges inadmissibles et de rêves cauchemardesques... Ainsi il restait tous les jours dehors, errant dans la grotte où au marché noir, juste pour éviter de devoir retourner chez —Harry— lui.

Désespoir. Impuissance. Faiblesse.

Il ne voulait plus jamais ressentir pareilles émotions.

Non. Il ne permettrait pas qu'Harry l'abandonne. Même si, un jour dans le futur, Tom ne se souciait plus d'Harry, il ne l'autoriserait toujours pas à le quitter —Harry Potter devrait rester avec Tom Riddle pour toujours, qu'il le veuille ou non.

D'un pas saccadé, il retourna au dortoir des serpentards.

Le Poudlard Express venait d'entrer en gare, et ses crissements pouvaient s'entendre au loin.

Le départ était prévu pour 11h et l'arrivée à Londres pour 19h... Dans huit heures, il saurait enfin, une bonne fois pour toute, si Harry tenait ses promesses...ou ne faisait que mentir. Alors, en foncton de la situation, Tom déciderait du cadeau de Noël qu'il ferait à Harry — serait-ce une bouteille du meilleurs hydromel des Trois Balais ou un hydromel mélangé à de la cyanure?

Tom sourit d'un air doucereux. Si ses lèvres étaient aussi rouges que des cerises mûres, son cœur était aussi noir que du poison mortel.

Quand il arriva aux dortoirs, les autres lits avaient déjà été faits et les armoires vidées.

Grâce à la générosité des leurs prédécesseurs, les enfants chez Serpentard profitaient de chambres séparées — deux étudiants par chambre, chacun ayant son lit baldaquin aux coloris verts et argentés.

Tom savait que son colocataire, Parkinson, ne l'aimait pas. Le garçon l'avait évité, ne lui adressant pas le moindre mot durant leurs trois mois de cohabitation, ce qui convenait parfaitement à Tom. Voyez-vous, Tom avait facilement pût identifier les failles dans la hiérarchie interne des Serpentards, qui, sang-purs ou non, étaient semblables à toute personne — avides, vains, et égoïstes. La hiérarchie des Serpentards n'avait pas d'autre intérêt que de servir de terrain de jeu aux enfants riches, une excuse pour que les forts soumettent les faibles, mais le prix à payer était élevé — cela les divisait. Cela affaiblissait leur résolution, leur unité, et diminuait grandement le pouvoir et le potentiel de leur noble maison.

Apparemment, ruse ne signifiait pas sagesse. Tom grimaça.

Tom n'avait pas beaucoup de choses à ranger. Après tout, il ne partait que pour deux semaines, et ne comptait donc pas s'encombrer plus que nécessaire.

Tom fut surpris de découvrir trois paquets sur sa valise. Ils étaient enrobés élégamment dans des rubans de soie et du papier brillant.

Des cadeaux de Noël!

Peut-être qu'Harry lui avait envoyé quelque chose après tout.

Les yeux de Tom s'éclairèrent. Bien sûr, ils devaient venir d'Harry... étant donné les circonstances, qui d'autre lui enverrait quelque chose?

Cette pensée l'apaisa quelque peu. Il tendit des mains tremblantes et ramassa les paquets.

Tandis que ses doigts tiraient sur le matériau délicat, Tom sentit la rage empoisonnée qui le remplissait quelques secondes plus tôt disparaître lentement de son être.

Le premier paquet était de Slughorn, un livre épais couvert du titre " Collection de potions rares et pratiques ». C'était un ouvrage lourd et imposant, avec des illustrations et quelques annotations de Slughorn lui-même. Tom le parcouru rapidement et remarqua qu'il comportait même un chapitre sur les poisons. Le garçon sourit cruellement.

Jusqu'où s'étendait la stupidité du vieil homme pour lui offrit une chose si dangereuse ? Eh bien... Tom devrait définitivement faire bon usage de la générosité du professeur.

Le second paquet était bien plus petit, mais enrobé dans un tissue luxueux couvert de rayures argentées et noires. Tom haussa un sourcil et arracha l'emballage sans la moindre hésitation. Le fond de la boîte était recouvert de velours, et celle-ci contenait une broche élégante à côté de laquelle reposait une petite carte avec le nom du mandataire — Abraxas Malfoy.

Tom fit rouler l'objet couteux entre ses doigts. Un saphir sur son bout y brillait et les lèvres de Tom se courbèrent en une expression illisible.

Il ramassa le troisième — et dernier — paquet. Celui-ci devait venir d'Harry.

Tout à coup, il ressentit une telle nervosité qu'il eut du mal à respirer.

Son coeur battait à la chamade lorsqu'il qu'il déballa avec soin le présent. Par rapport aux deux autres, le ruban de ce dernier était froissé, révélant que celui qui l'avait envoyé avait été pressé.

à Tom Riddle; de Ovidius Parkinson — indiquait la carte qui y était attachée.

Le coeur de Tom s'emballa jusqu'à ce que les mots s'assombrissent et deviennent flous devant ses yeux. Sa poitrine faisait mal, ses mains tremblaient, et il eut l'impression de suffoquer à cause de l'assaut soudain d'une masse d'amertume et de déception.

Il avait l'impression de se noyer, comme si des inferi le tiraient dans les eaux froides et l'y maintenaient, dans les ténèbres éternelles, jusqu'à ce que son cerveau perde toute habiliter de penser et qu'il ne puisse même plus lever le petit doigt pour se défendre.

Ce n'était pas d'Harry.

L'écriture était propre, méticuleuse, il n'y avait donc pas moyen qu'il se trompe en lisant la carte. Tom cligna des yeux. Bien sûr, il ne pourrait jamais confondre le nom d'Harry avec un autre! Il avait presque envie d'éclater de rire, de rire de ses espoirs stupides et naïfs.

Tom ne pouvait même pas se souvenir du nombre de fois que ça s'était passé ainsi quand le simple fait de penser à Harry suffisait à lui faire perdre le contrôle sur ses émotions — Chaque fois, il avait espéré encore et encore, et il avait été déçu encore et encore.

Si la désillusion pouvait causer la chute des anges, que pouvait-elle faire au diable?

Le diable était calme et stoïque lorsqu'il traversa la chambre, ramassa sa valise et sortit de la pièce; comme si le choc et l'anxiété ne l'avait jamais atteint. Il avait laissé tous les pathétiques cadeaux sur la table de nuit, choisissant de n'emporter que le livre de potions.

Le diable avait chuté il y a longtemps, et ne pouvait donc tombé plus bas. Il avait été jeté hors de chez lui, sans aucun endroit où aller. De ce fait, il avait choisi de se construire une armure avec toute la négativité et les péchés de ce monde, et de se forger un masque dans sa rage.

Les femmes portaient leurs masques de maquillage quand elles allaient à la rencontre de leurs amants; le diable, lui-aussi, portait un masque élaboré avec soin pour accueillir son seul et unique amour— la damnation éternelle.

C'était l'hiver, et la nuit venait tôt. La neige tombait comme de la poussière, laissant des touches glaciales sur leurs visages quand ses délicats flocons s'y posaient.

À sept heure exactement, la machine rouge entra dans la gare de King Cross, saluée par les visages souriant des parents qui attendaient sur le quai.

En descendant du train, Tom tenait sa valise contre sa poitrine. L'enfant de onze ans ne put s'empêcher de chercher dans la foule de visage qui se présentait à lui. Quand, comme il s'y attendait, il n'y trouva pas la face qu'il cherchait, son expression ne changea pas et ses yeux ne brillèrent qu'un instant, dissimulant avec soin la fureur grandissant au fond de lui.

Numéro 15 rue de Londres n'était pas loin de la gare. Mais la nuit était noire et froide, ce qui avec la neige ne constituait pas les meilleurs conditions pour une promenade. Tout seul, le garçon marchait avec des pas décidés, marquant lentement un chemin sur le tapis blanc. Après une vingtaine de minutes dans le silence, la nuit glaciale, ses doigts et ses orteils s'étaient changés en glaçons.

Il pouvait voir la maison devant lui— la nuit lui donnait une allure sinistre, encore accentuée par l'absence totale de lumière aux fenêtres. Tom s'arrêta et regarda sa maison, ce bâtiment isolé et sans vie. Soudainement, il éclata de rire.

« HAHAHA »

Le rire de l'enfant vint perturber la tranquillité de la nuit avec une horrible, étrange dissonance. Bien que sa voix fut enfantine et douce comme le tintement d'une clochette, en-dessous, on pouvait aussi y déceler une couche d'avertissement, dont le désespoir et la folie glacerait le sang de n'importe qui.

Une pile de lettres se tenait sur le porche, devant la porte. Tom reconnut celles qu'il avait envoyé — les douze — depuis septembre. Toutes les lettres étaient arrivées à destination; et toutes étaient restées scellées.

« J'attendrai ton retour. » La voix d'Harry résonna dans ses oreilles, comme les échos d'un cauchemar.

Tom revisionna ce moment encore et encore dans sa tête, jusqu'à ce que le même visage, la même voix et le même sourire chaleureux s'incrustent dans son esprit. Les mots d'Harry avaient le même effet que du sel sur une blessure, le narguant avec l'horrible vérité — Harry lui avait menti!

« J'attendrai ton retour »— n'était rien de plus qu'une fausse promesse, idéale pour se débarrasser de Tom!

Même s'il était destiné à devenir le Seigneur des ténèbres dans le futur, pour l'instant il n'était qu'un enfant de onze ans sans ressources et sans moyens de retrouver l'homme qui l'avait abandonné. Même s'il aurait aimé détruire toute la rue pour satisfaire la soif de sang qui s'animait dans ses veines, il n'en avait pas le pouvoir.

Après tout, malgré sa vicissitude, sa cruauté, et sa détermination d'acier, il n'était encore qu'un petit garçon.

Et il y avait encore des rêves d'enfant qui sommeillaient au fond de lui.

Et donc il hésita. Il décida d'accorder un peu plus de temps à cet homme.

Il attendrait un peu plus longtemps— un jour de plus... non, une semaine de plus. Il laisserait à Harry une dernière semaine pour revenir vers lui.

Avec des mouvements calmes et mesurés, il ouvrit la porte de sa chambre. À l'insu de tous, il était rentré et retourné chez lui, dans cette maison dont le cœur était absent.

….

Premier jour des vacances de noël, 21 décembre

L'élégant jeune homme était assis sur son lit, parcourant avidement son nouveau livre.

Il s'était dit, encore et encore — de ne pas s'inquiéter; il lui restait encore six jours.

Deuxième jour des vacances de noël, 22 Décembre:

Sans personne pour faire le ménage et allumer le feu, la maison était des plus froides. Tom se força à se lever et sortit une part de fromage bientôt périmé et des crackers de l'armoire. Il les mangea sans même les goûter.

Le jeune Seigneur des Ténèbres regardait la tempête de neige qui faisait rage derrière la fenêtre, ses yeux d'onyx sombres et indéchiffrables.

Tic, toc. Harry, tu n'as plus que cinq jours.

Troisième jour des vacances de noël, 23 décembre:

Il en était à la moitié de sa lecture. Son carnet de note était lui aussi à moitié rempli.

Si un maître des potions devait par hasard tombé sur ce carnet et en examiner le contenu, il tremblerait d'effroi — des potions pour rendre inconscient, des potions de pétrification, pour contrôler l'esprit, et certaines potions aux propriétés aussi addictives que celles de l'héroïne.

Tom sourit en parcourant ses notes, ses lèvres rouges pleines de malice — Harry, laquelle devrais-tu essayer en première?

Quatrième jour des vacances de noël, 24 décembre:

C'était la veille de noël. Tom avait allumé toutes les lumières de la maison, ce qui conférait au large bâtiment une fausse lueur festive. IL n'y avait rien sur la table à manger, pas de dinde, pas de gâteau glacé, pas de cadeau. Le garçon mordillait un biscuit sans saveur tandis que ses mains tremblantes compressaient le livre qu'il tenait sur ses genoux.

Harry... Harry sera là demain, n'est-ce pas? Le jeune garçon se répétait : oui, oui, il sera là, parce que demain c'est noël.

Cinquième jour des vacances de noël, 25 Décembre:

D'un mouvement sec, le garçon ferma l'ouvrage épais qu'il venait de terminer. Ensuite, il sortit sa baguette et révisa tous les sorts qu'il avait appris au cours des trois derniers mois. Il lança des sorts de réchauffement un peu partout dans la maison, apportant une chaleur que personne ne serait présent pour apprécier.

Harry... revient, s'il-te-plait?

Tom ravala ce vœu stupide aussitôt qu'il apparut dans son esprit. Non, il ne supplierait jamais!

Sixième jour des vacances de noël, 26 décembre:

Tom se trouvait dans la grotte sombre et humide, regardant passivement un moldu crier tandis que les inferi s'avançaient vers lui. Le serpent, à qui il avait beaucoup manqué, était bien enroulée autour du cou de l'enfant, mais à sa grande surprise Tom ne lui retournait pas son affection.

« Tom... tu es fâché? »

Le garçon sourit et la fit descendre le long de son bras. « Non, je suis heureux. »

Oui, il était heureux par e qu'il n'était pas réellement seul. Au moins il avait son loyal animal pour lui tenir compagnie. Non qu'il ait vraiment besoin de compagnie,... Tom n'avait pas besoin d'ami ou de partenaire, personne n'était assez bien pour se tenir à ses côté en tant qu'un égal — pas même Harry.

Le septième jour des vacances de noël, 27 Décembre:

L'enfant... Non, l'adolescent souriait tandis qu'il prenait sa valise et quittait numéro 15 rue de Londres. Il était vêtu de son plus beau costume, se tenait droit et fier, plein de plans et d'ambitions.

Harry Potter? Le jeune Seigneur des Ténèbres lança un dernier regard à la maison sans vie qui se dressait derrière lui, et ses yeux sombres s'attardèrent sur le nom inscrit sur la carte. Son sourire était figé, sans joie et cruel, dénué de toute trace d'espoirs enfantins et naïfs.

Le Destin était plutôt satisfait du tour des évènements. Il regardait en silence le jeune homme abandonner l'enfant qu'il avait été dans la demeure qu'il quittait. Il grandissait, devenait un adolescent, et deviendrait l'homme impressionnant qu'il était destiné à être. Le Destin lut tous les noms inscrits sur sa main, toutes les comédies et les tragédies, les causes et les effets. Même si le commencement avait été difficile, l'histoire avait repris son droit chemin.

Tadaaaaaaa !

Commentaires toujours bienvenus

Info : il se peut que j'écarte un peu la parution des chapitres. Il faut dire qu'il y a de plus en plus à faire pour l'unif, et en plus cela fera durer l'histoire plus longtemps (vu que je n'ai pas encore trouve de traducteur chinois-anglais pour après chapitre 38).

Bon Halloween à l'avance ! En espérant que vous ne serez pas aussi malchanceux lors de cette fête que l'est notre cher Harry.