Retour dans le passé.

Un chapitre assez court, mais pour m'excuser j'ai une petite surprise…qui vous attend dans les notes en bas de pages !

Bonne lecture

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Chapitre 27: Grandir

1939

Quand il entra dans l'adolescence, le garçon se mit à grandir à une vitesse impressionnante. Juste comme un jeune arbre après les pluies printanières. Il se tenait droit, élancé et fier, avec une confiance surprenante pour un enfant de son âge. Associée à sa redoutable intelligence et à son éloquence, sa nouvelle transformation physique attirait l'attention de nombreuses jeunes filles, surtout chez les Serdaigles.

« Tom, tu peux m'expliquer la théorie des flux magiques? » lui demanda une fille avec une écharpe à rayures blanches et bleue, un rouleau de parchemin dans la main, l'air aussi studieux que la plupart de ses camarades.

Tom acquiesça poliment. Patiemment et gentiment, il l'aida à placer tous les points les plus importants sur un diagramme. Son sourire resta constamment agréable et charmant, preuve de la maitrise qu'il avait de son image d'étudiant modèle, acquise depuis un bon bout de temps maintenant.

« Merci! » s'écria la fille, les joues teintées de rose.

Dès qu'elle eut le dos tourné, l'expression de Tom s'assombrit. Immédiatement, son regard s'aiguisa — ses pupilles noires laissèrent entrevoir un éclat prédateur, menaçant et d'une arrogance froide, pareil à celui d'un loup solitaire. Il était difficile d'imaginer qu'à peine quelques seconds plus tôt, ces orbes n'émettaient qu'une chaleureuse camaraderie.

Il marchait dans un couloir vide quand il vit son compagnon de chambre, Ovidius Parkinson, qui attendait devant une porte. Ce garçon était l'une des trois personnes qui avaient envoyé un cadeau de noël à Tom.

« Hey, Tom! » Le maigre adolescent agita la main, son visage à moitié dissimulé sous ses longues mèches noires. Globalement, son apparence était plutôt quelconque, faible, sauf ses yeux —si brillants qu'ils juraient presque parmi les Serpentards— qui rappelaient à Tom... Harry.

Mais dès que ce nom surgit dans son esprit, Tom supprima cette pensée, rejetant ce nom ainsi que l'amertume et la déception qui l'accompagnaient.

Tom hocha la tête en signe de salut. « Allons-y. »

Le garçon maigrelet prit la tête tandis qu'ils se dirigaient vers les jardins. Il avait une drôle et démarche et marchait, peut-être intentionnellement, juste assez vite pour établir une certaine distance entre lui et Tom.

Ses yeux étaient brillants et alertes, comme ceux d'un renard.

Lorsqu' ils sortirent et furent assaillis par l'air chaud de l'été, Tom se mit à évaluer froidement l'individu devant lui.

Ovidius Parkinson était un Serpentard sans intérêt, obéissant et discret. Les Parkinsons étaient une famille de sang-pure restreinte et sans trait particulièrement remarquable, ce qui leur valait souvent de jouer le rôle de vassaux pour les Malfoys. Tom savait que Ovidius était un garçon nerveux, qui ne se montrait sympathique envers lui qu'à cause des ordres d'Abraxas Malfoy. En d'autres termes, le garçon l'espionnait pour le compte de Malfoy.

« Maintenant que les examens sont finis, les vacances d'été seront bientôt là. Tu as quelque chose de prévu pour cet été, Tom? » demanda prudemment Ovidius. Il tentait d'afficher une attitude amicale et nonchalante, mais Tom remarqua directement ses tics nerveux.

« Non. Je vais rentrer... chez moi. »

Bien que le ton de Tom reste plaisant, un sourire vicieux apparut sur ses lèvres. Il testa les mots "chez moi" lentement, comme si c'était un mot d'une autre langue. Pour lui, un chez-soi était un mot tabou; plutôt que d'évoquer des sentiments de joie et la sensation d'être protégé, 'chez-soi' ne pouvait que faire bouillir son sang de colère.

Bien sûr, Ovidiusl lui tournait le dos, ce qui fit qu'il manqua complétement l'expression meurtrière qui apparut sur le visage de son camarade.

« Si tu es libre pendant les vacances, tu peux venir chez moi quand tu veux. » L'invita le Serpentard avec enthousiasme.

« Merci, Ovidius. C'est très gentil de ta part. » Tom baissa sa tête avec courtoisie.

Pour l'instant, ses manières parfaits et ses beaux sourires suffisaient amplement à masquer sa vraie nature— vicieuse et égoïste, comme celle du diable lui-même.

…..

Il n'avait reçu aucune nouvelle d'Harry. C'était presque comme si le jeune homme avait disparu de la surface de la terre.

Le jeune Seigneur des Ténèbres était assis sur son lit, faisant rouler sa baguette entre ses longs doigts, regardant les quelques étincelles qu'elle émettait avec un air d'ennui profond.

Cela faisait maintenant dix mois qu'il n'avait plus vu Harry.

Dix mois — Depuis le premier septembre 1938 jusqu'au 28 juin 1939 — exactement trois cents jours s'étaient écoulés depuis qu'il avait vu Harry. Oui... cela faisait dix mois que Harry avait disparu.

Tom avait eu dix mois pour accepter les faits. Il avait eu le temps d'apprendre à ravaler son chagrin et sa rage. De s'endurcir. Il se répétait, encore et encore, qu'Harry Potter ne signifiait rien pour Tom Riddle.

Tom avait quitté Poudlard fin du beau mois de juin. En juin, Poudlard grouillait d'activités et de bruits, d'enfants se prélassant joyeusement au soleil, anticipant avec impatience les vacances d'été.

Mais la maison de Tom n'était ni animée, ni joyeuse — elle était vide, morte, dénuée de tout signe de vie. « Chez-soi » n'était pas un mot qui emplissait Tom de joie. "Chez-soi » n'était rien de plus qu'une maison vide pour Tom, sans Harry pour l'y accueillir, sans même les visites quotidiennes des nounous.

Et pourtant, Tom avait voulu retourner chez lui.

Une légère couche de poussière recouvrait tous les meubles, la lumière entrait par des fenêtres sales, de la pourriture apparaissait sur le fromage gardé dans le garde-manger, les orchidées avaient fané — voici ce qui attendait Tom à son retour. La maison de Londres était silencieuse et sombre, tel un manoir vide qui appartenait aux morts, ou aux vampires décris dans les romans.

La première nuit après son retour, Tom passa toute la nuit à déambuler dans la maison vide.

Son visage s'affaissait un peu plus chaque fois qu'il entrait dans énième une pièce vide, mais il était calme, comme s'il ne ressentait pas le déception compresser sa poitrine.

La porte d'Harry était ouverte, comme elle l'avait été dix mois plus tôt. Par certains aspects, Harry avait une personnalité assez ouverte, naïve et insouciante. Le jeune homme avait un cœur pur, un esprit humble et simple. Il avait accepté presque trop facilement les mensonges de Tom et ses façades.

L'agencement de la chambre était simple; un large lit, une lampe et une table de nuit sur laquelle se trouvaient quelques bouteilles d'encre et des plumes. La vie d'Harry était simple. Il était difficile d'imaginer que, sept ans plus tôt, ce jeune adulte avait été capable d'acheter une bâtisse et d'élever un enfant tout seul.

Tom plissa les yeux, ses orbes onyx aussi sombre qu'un ciel sans étoile. Une fois ses suspicions réveillées, il serait difficile de les étouffer.

Maintenant qu'il y pensait... dès années auparavant, l'apparition d'Harry avait été soudaine et douteuse; maintenant, sa disparition l'était tout autant. Maintenant libéré du voile posé par ses émotions, Tom était capable d'examiner les étrangetés dans la vie d'Harry avec une froide objectivité — peut-être, depuis le début, cet homme avait adopté Tom car il avait un motif ultérieur?

Tom s'arrêta. Il regarda le pot d'orchidées fanées qui reposait sur le rebord de la fenêtre, et d'un mouvement brusque le fit tomber de l'autre côté. Avec un crac retentissant, le pot de céramique se brisa sur le trottoir en une multitude de petites pièces. Alors Tom sourit joyeusement, révélant une longue rangé de dents blanches.

…..

Tout seul, Tom se chargea du ménage nécessaire pour entretenir la maison. Il était d'ailleurs en train de s'occuper du jardin.

En toute honnêteté, Tom ne savait pas pourquoi il s'entêtait à rester ici. Même si l'invitation de Parkinson n'était pas des plus naturelles, il serait néanmoins intéressant de visiter la maison d'un sang-pur. Cependant, même si Tom refusait de l'avouer à voix haute, il savait que dans un coin sombre de son subconscient, il continuait à s'accrocher à l'espoir qu'en un chaud jour d'été, le jeune homme aux yeux verts passerait à nouveaux ces grilles, par surprise, souriant à Tom comme lui-seul savait le faire.

L'espoir... une émotion si pathétique.

Le jeune homme sourit d'un air moqueur. Ses muscles étaient tendus à cause du travail physique, les ciseaux dans ses mains s'attaquèrent à des bourgeons de fleur, des bourgeons roses et délicats, fauchés avant d'avoir pu éclore par ses mains cruelles.

Tom ramassa les bourgeons. Il plissa les yeux — il devait se débarrasser de ses émotions; toutes ces inutiles et incontrôlables émotions.

Le Destin était friand de jeux cruels. Avant que le coeur de Tom ne puisse sombrer dans les ténèbres pour toujours, Destin lui rendit Harry.

Ce fut vers la fin de l'été que Tom revu Harry. Bien que septembre approche rapidement, le soleil qui frappait sur Londres était aussi fort qu'il l'avait été en plein mois d'août.

Harry était vêtu d'un épais manteau d'hiver, puisqu'il avait quitté son époque en janvier. Pour Tom, douze long mois avaient passé; et pourtant pour Harry, cela avait été moins de trois jours.

Tout comme lors de son dernier retour, Harry semblait très faible et épuisé. Après des mois et des mois passés à être rongé par la colère, le jeune Seigneur des Ténèbres avait pensé être prêt pour ce moment. Il pensait ne plus être affecté, et pourtant quand ces yeux émeraude se tournèrent vers lui, encore une fois, il sentit son cœur se mettre à battre à la folie.

Et pourtant, quand ces yeux émeraude rencontrèrent les siens, Tom remarqua que le corps d'Harry se figea, en alerte.

« Tom!... Je suis tellement désolé, mais je dois un peu... me reposer. Puis-je...puis-je passer ? »

Harry se tenait dans l'entrée, évitant nerveusement le regard perçant de Tom. Il avait espéré être assez mature pour faire la différence entre le jeune Tom Riddle et le Voldemort adulte... mais pour l'instant, il ne pouvait pas supporter de faire face à ces yeux si familiers, si intelligents, et encore moins empêcher son esprit de lui faire remarquer que — Tom et Voldemort... étaient une seule et même personne.

Tu vois, il ne t'accorde même pas un regard! Souffla cruellement une voix dans la tête de Tom.

Tom sourit poliment et libéra le passage, lui donnant accès aux escaliers qui se trouvaient derrière lui.

"Bien sûr, Harry."

Harry s'effondra sur son lit. Il ne remarqua même pas que les draps n'avaient plus été changés depuis un bon bout de temps.

Il ne parvenait même pas à penser, tant il était épuise.

Juste après qu'il ait blessé Voldemort et avant que le Seigneur des Ténèbres ne se rende compte que son Horcrux avait été détruit, l'Armée de Dumbledore avait réussi à déplacer son campement. L'un des gros avantages à être un sorcier était que l'on pouvait déplacer rapidement ce qui demandait des semaines aux moldus. Donc, en toute hâte, ils s'étaient enfouis avec ce qu'ils pouvaient et avaient abandonné leur quartier général. Bien que l'attaque de Voldemort soit un coup dur pour leur moral, le plus important était qu'ils aient survécu. Pendant deux jours, ils avaient prudemment évité les mangemorts jusqu'à ce qu'ils trouvent un coin isolé au fond des bois, où ils s'installèrent et dressèrent leur camps.

Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités. Et Harry commençait à se fatiguer de toutes les responsabilités qui s'entassaient sur ses épaules.

Sans qu'il ne s'en rende compte, il tomba dans un sommeil profond. Il n'eut même pas le temps de s'inquiéter à propos des vagues de douleurs qui assaillaient son corps tout entier.

Doucement, Tom monta les escaliers, faisant glisser ses longs doigts le long des rampes. Le bois était frais.

Il ouvrit la porte de la chambre d'Harry. Elle grinça bruyamment, mais pas assez pour réveiller l'homme endormi.

Tom observa le visage pâle et paisible du jeune homme. D'un coup, Tom fut pris d'une envie de le secouer pour le réveiller et de lui crier dessus jusqu'à ce qu'il réponde aux questions qui avaient occupé son esprit au cours des douze derniers mois... mais Tom n'en fit rien. À la place de cela, un sourire sans joie apparut sur son visage tandis qu'il ravalait toutes les sombres émotions qui s'agitaient au fond de lui. Il cligna des yeux, ses pupilles noires encore plus obscures qu'à l'habitude, dissimulant par ce geste sa douleur.

Tom quitta la chambre sans un bruit.

….

Hummm... Le jeune Seigneurs des Ténèbres baissa les yeux. Il était agité et indigné. Il détestait que la simple vue de ce jeune homme réveille en lui de telles émotions, que ce soit si facile de…ressentir — Pourquoi ne parvenait-il pas à se libérer de l'influence d'Harry?

Tom pencha la tête, ses doigts s'agitaient sur la couverture du livre "Collection de potions rares et pratiques.

Il était en pleine réflexion. Si seulement il pouvait créer un objet et y enfermer toutes ses émotions... il ne voulait plus être sujet au pouvoir d'Harry, car il devait grandir. Il devait agir d'une façon plus indépendante et logique pour cultiver ses propres pouvoirs.

Ses yeux s'assombrirent lorsqu'il prit sa décision. Il cacha le livre de potions au fond d'un tiroir.

Ce n'était pas suffisant! Il devait lire plus — sur quelque chose de plus fort et de plus sombre!

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Et la surprise c'est… TADAAAAAA ! Bonne nouvelle ! La traduction de la version anglaise a repris, donc nous aurons la fin de cette histoire ! yeaaaaaaaah !

À en croire vos commentaires, ceci rassurera un grand nombre d'entre vous, non ?

En parlant de commentaires, ils sont toujours bienvenus, sur le fond ou sur la forme

Petit avertissement de l'auteure originale :

"Cette histoire prend place dans un univers sans morale, sinistre et ironique. Les traits du personnage de Tom sont ceux d'un HP, d'un sociopathe égoïste, orgueilleux, cruel, et doté d'autres caractéristiques propres aux méchants. Il ne comprend pas l'amour et ne sait pas comment montrer de l'affection. Je n'ai pas l'intention d'en faire un gentil ou qu'il regrette soudainement ses actes. C'est le personnage principal. Soyez-en conscient. Fuyez tant que vous le pouvez."

Autant pour le Happy Ending. Mais on apprécie tous de temps à autre une histoire un peu plus torturée et sombre que les autres, n'est-ce pas ?

À la prochaine.