Retour dans le passé.

ATTENTION ! S'il y a des historiens parmi vous, veuillez excuser les fautes historiques dans ce chapitre. L'auteure étant d'origine chinoise et n'ayant pas vu la 2Guerre Mondiale de la même façon qu'en Europe, elle a fait quelques erreurs. J'ai décidé de ne pas les modifier pour ne pas perturber la suite de l'histoire. (imaginez une réalité parallèle si ça vous perturbe trop)

Bonne lecture

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Chapitre 28 : Son Cœur ou son Devoir

27 Août, 1939

Peut-être était-ce parce que les Serpentards étaient doués pour lire les gens; peut-être était-ce parce que les Gryffondors ne savaient pas cacher leurs émotions. Quelle que soit la raison, Tom s'était rapidement rendu compte que quelque chose avait changé depuis le retour d'Harry. Comme auparavant, le jeune homme était tendu et se méfiait de lui.

« Je suis repu. Je vais... Je vais rester dans ma chambre aujourd'hui. Tom, laisses la vaisselle. Je m'en occuperai plus tard »

Harry s'excusa dès qu'il eut fini son assiette. Il se leva soudainement; presque comme s'il voulait fuir la cuisine.

« Pas la peine. Je peux la laver, » répondit poliment le jeune garçon.

Il offrit à son gardien un sourire éclatant, l'air aussi calme et posé qu'à l'habitude, mais ses mains tremblaient légèrement tandis qu'il poignardait son repas avec une vigueur impressionnante, ne tardant pas à transformer son morceau de porc en un bouillie de viande.

Il était inévitable que quelqu'un d'aussi intelligent et observateur que Tom se rende compte que leur relation se détériorait, confrontée comme elle l'était à la distanciation et la méfiance.

Mais si Tom ignorait la cause de ces changements, que pouvait-il faire?

Tom grimaça, et jeta sa fourchette dans son assiette encore remplie de la viande qu'il avait agressée.

…..

Harry ferma les rideaux, pour ensuite aller s'effondrer sur le lit.

Il ne parvenait pas à faire comme si de rien n'était. À chaque instant de chaque jour, le garçon grandissait et prenait de plus en plus l'apparence du Seigneurs des Ténèbres, qui ne faisait que gagner en puissance dans l'autre époque. Tout ce qu'il avait vu dans le futur lui montrait que rien n'avait changé — que rien ne pouvait changer.

Harry avait l'impression d'être coincé dans un cercle vicieux. Il ne savait plus quoi faire — il n'avait pas le cœur à abandonner l'enfant et à rentrer chez lui sans un regard en arrière, mais il n'était pas assez noble pour faire comme si tout allait bien, et sa frustration empirait au fur et à mesure qu'il côtoyait sa charge. Sa conscience et ses émotions le tiraillaient. Sa culpabilité, sa peur et ses inquiétudes le mettaient face à un dilemme auquel il ne voyait pas de solution. Son esprit était tourmenté, et son corps ressentait encore les effets secondaires des sauts temporels.

Harry avait l'impression d'être au bord d'un précipice, et se retenait de justesse de faire le dernier pas en se répétant constamment — Je ne peux pas abandonner! Il.. Il y a encore de l'espoir.

Il n'était qu'en 1939. Tout n'était pas encore joué d'avance.

Tom ignorait tout du futur, mais Harry, en dépit de son savoir, était également impuissant face au passage du temps. Le Destin avait déjà mis en place les évènements clés de l'Histoire, ceux qui connectaient les vies de tous, à travers l'espace et le temps. Il était satisfait…Le moment était venu!

Ce n'est que lorsque la première bombe V1 tomba du ciel comme un oiseau de l'enfer et explosa dans Londres qu'Harry réalisa ce qui lui importait le plus.

Même s'il avait fréquenté Poudlard depuis ses onze ans et n'était pas un grand connaisseur de l'histoire moldue, quand il entendit les sirènes et les chocs retentissant au loin, il sut exactement ce qu'il se passait. En tant qu'anglais, même lui n'avait jamais pu ignorer les cicatrices et les destructions causées par deux guerres mondiales.

La Deuxième Guerre Mondiale. Le Blitz.

À cette époque, pour préparer l'opération "Sea Lion", Hitler avait ordonné aux forces aériennes Nazies de bombarder Londres pendant septante-six jours et nuits d'affilés, transformant ainsi la ville qui faisait la fierté de l'Empire britannique en un champ de flammes, de ruines et de morts.

Avant qu'il ne puisse agir, Harry sentit le sol trembler sous ses pieds, et perçut d'autres bruits assourdissants. Des bombes explosaient tout autour d'eux; les rues étaient prises d'assaut par les débris et par le feu qui ravageait dans sa faim insatiable la vieille cité.

Même dans leur maison, pourtant aux bordures de la ville, on pouvait voir du plâtre tomber du plafond.

Les lampadaires, agonisant, clignotèrent faiblement avant de s'éteindre complétement.

Londres fut remplie de cris de panique. Des pleurs désespérés se mêlaient aux bruits de moteur des avions en approche, qui avaient grossièrement interrompue la paix et la tranquillité de cette douce nuit.

BAM!

La bombe qui venait de tomber aurait tout aussi bien put s'écraser juste à côté d'eux, et au son de son explosion, ils furent momentanément assourdis. Le sol trembla sous l'impact. Leur maison aurait tout aussi bien pu être aussi solide qu'une maison de poupée

Harry trébucha avant de s'appuyer contre le mur. C'était la première fois qu'il expérimentait la terrible puissance des machines de guerre moldues.

Comparées aux duels magiques, ces armes de destructions massives étaient bien plus terribles et cruelles.

Ces armes en métal, invisibles, prenaient des vies si facilement, sans se soucier des dommages collatéraux, sans même faire face à leurs victimes comme les sorciers le faisaient pendant un duel. Même se trouver à la pointe d'un Avada Kedavra était mieux que ça, que d'être écraser comme des insectes par ces tonnes de métaux et de produits chimiques, simplement parce qu'un ennemi lointain manipulateur en avait donné l'ordre… En temps de guerre, une vie n'avait plus aucune importance, et partout les gens n'étaient plus considéré que comme des pièces dans une machine, enfermés, impuissants à eux-seuls, et remplaçables.

Harry devint blanc comme un linge mais resta calme.

Harry savait qu'il ne mourait pas ici — en tout cas pas aujourd'hui. Peu importes les désastres ou les mésaventures qu'il devrait affronter, Harry ne pouvait pas mourir dans le passé, tout simplement parce que son corps et son âme n'appartenaient pas à cette époque.

Voyez-vous, en observant le fait que son corps ne vieillissait pas dans le passé, Hermione avait élaboré la théorie que le Destin empêchait quiconque de passer sur l'autre rive tant qu'il n'était pas dans sa temporalité d'origine. Le Temps avait ses propres règles — futur et passé étaient liés par des lois complexes que même le Destin ne pouvait enfreindre. De ce fait, Harry était en sécurité tant qu'il restait dans le passé, protégé par Temps et Destin eux-mêmes.

C'était l'une des raisons pour lesquelles Hermione avait autorisé Harry à retourner dans le passé, malgré la pression que subissait son corps.

Au moins, de ce côté de la ligne temporelle, il était relativement sauf sous la protection du Destin et hors de portée pour Voldemort.

Elle avait dit, « Harry, Le Destin n'a qu'un point faible— tant que tu restes dans le passé, il ne peut pas effacer ton existence, peu importe à quel point il le souhaite. Bien qu'il puisse te haïr à cause de ta volonté de changer le cours des évènements, au moins, il ne peut pas te tuer. Par conséquent, ta présence même là-bas... pourrait être ton plus gros atout. »

Mais le garçon... il appartenait à cette époque, donc... il pouvait y décéder.

Dès que cette horrible pensée surgit dans sa tête, du dégoût et de la haine envers lui-même envahirent tout son être. Néanmoins, l'idée persistait...elle s'attardait dans le coin le plus sombre de sa personne, et grandissait, grandissait jusqu'à devenir incontrôlable, indéniable, et inoubliable.

« HARRY! » Tom accourut à ses côtés. Les sourcils froncés du garçon étaient le seul indice de la panique qu'il éprouvait.

Tom prit une profonde inspiration, sa tempe palpitant dû à une étrange intuition. Il tendit la main pour prendre celle d'Harry.

« Harry, on doit rejoindre le monde magique, maintenant! »

Avant que Tom n'ait pu faire un autre pas vers lui, Harry sauta soudainement en arrière pour éviter la main tendue. Tom se figea en plein mouvement. L'air chaud du mois d'aout se refroidit tout d'un coup autour d'eux.

Harry regarda le garçon et en eut soudainement le soufflé coupé. Il perdit toute conscience de la destruction et du chaos qui faisaient rage dehors, son attention complétement accaparée par deux yeux sombres si familiers. Le cœur d'Harry se mit à battre à la folie, si fort qu'il eut peur que sa cage thoracique ne puisse le contenir.

Pourtant, cette détestable idée occupait encore son esprit, comme des braises qui refusaient de s'éteindre. Tel un joueur de flûte enchantant un serpent venimeux, elle l'attirait vers un coin sombre et torturé de son esprit, l'appâtant avec des pensées trop horribles que pour être mentionnées.

Harry cligna des yeux, se remit à respirer.

Oui, Harry venait du futur et ne pouvait mourir dans le passé. Mais Tom... Tom appartenait au passé et les mêmes protections ne lui étaient pas offertes.

Tant que... que Tom Riddle restait dans cette maison, il était en danger de...mort.

Que ce serait-il passé si cet enfant...Tom Riddle était décédé au cours du Blitz Londonien?

Et si Voldemort n'avait jamais existé ? Dans un futur sans Voldemort, ses parents seraient peut-être encore en vie et Sirius serait là aussi, prêts à l'accueillir. Dumbledore serait peut-être encore là, lui-aussi, et cette fois il ne poserait pas sur les frêles épaules d'Harry la charge de sauver le monde. Si Tom Riddle était mort dans le passé, alors Harry Potter ne serait jamais devenu Le Survivant. Il serait juste Harry, un garçon comme les autres. Il pourrait devenir un attrapeur professionnel; il éviterait à sa famille et à ses amis une mort prématurée; il pourrait dormir sans être hanté de cauchemars; il pourrait être... libre.

C'était peut-être son unique chance de tout arranger.

Même un sorcier adulte peinerait à sortir vivant d'un tel bombardement, alors autant dire pour un novice de première année.

Harry n'avait pas grand-chose à faire. Vraiment. Il devait juste se décider à abandonner le garçon ici et... laisser le Destin prendre les choses en main.

Les lèvres d'Harry se mirent à trembler, il sentit de la bile lui monter à la gorge. Il ne pouvait ni parler, ni penser.

Une voix distante résonnait dans sa tête, aussi douce que le chant d'une sirène, l'attirant de plus en plus en territoires sombres et obscurs.

"Oui… oui. Tue-le."

BAM

Une bombe s'écrasa juste dans leur rue. Elle explosa en une boule de lumière éblouissante et de chaleur suffocante, envoyant voler des blocs de ciments et de métal vers leur demeure.

Les débris traversèrent les murs et les fenêtres.

« Protego! » Harry jeta le sort de protection par instinct, et juste à temps d'ailleurs, faisant rebondir de justesse une roche de la taille de son poing qui se dirigeait vers lui.

Tom, qui restait calme et sage à ses côtés, plongea. Le garçon n'avait pas encore apprit des sorts de défense comme celui-ci, aussi ne pouvait-il rien faire.

La maison trembla. Et à l'image d'un château de carte, elle commença à s'écrouler sur elle-même.

Harry serra sa baguette. Elle lui semblait si lourde. Son coeur battait toujours aussi douloureusement fort.

Harry se détourna. Il devait se faire violence pour ne pas veiller sur Tom, s'assurer que l'enfant était sauf. Il est le Seigneurs des Ténèbres; il est un enfant.

« Protego! » Tom agita sa propre baguette, tentant de jeter le nouveau sort qu'il venait d'apprendre par Harry.

Mais... rien ne se produisit. Tom fronça les sourcils, tout en évitant de justesse quelques objets qui tombaient des étagères.

Tom se mordit les lèvres jusqu'à ce qu'il sente le gout du fer. Le gout du sang sembla le calmer.

Il se reconcentra et leva à nouveau sa baguette.

Comme on pouvait s'y attendre de la part du futur Seigneur des Ténèbres, pensa Harry. Il observait le jeune garçon en silence; la pointe de sa baguette brilla légèrement avant qu'un dôme transparent ne soit projeté en avant, prêt à protéger son maître des débris. Harry restait immobile; ses bras lui semblaient incroyablement lourds. Il sourit avec amertume, avant de lever sa propre baguette, et de la pointer en tremblant vers l'enfant.

Finite Incantatem. Stupefy. Expelliarmus.

Un million d'options lui passèrent par la tête. Harry ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Il avait l'impression de suffoquer à cause de la poussière dans l'air, de l'odeur qui se dégageait des choses que le feu consumait…objets ou personnes.

Tom tenait sa baguette au-dessus de sa tête. Il avait du mal à respirer, il avait à peine la force de maintenir le sortilège de protection en place. Il faisait face à Harry, droit, composé, ne faisant aucun geste pour éviter la baguette de l'autre homme ou de panique; il se tenait juste là, fixant sur Harry ses yeux sombres.

Harry eut du mal à rencontrer le regard de Tom, bien qu'il ne puisse y percevoir aucune trace d'accusation ou de colère. Tom ne faisait que l'observer avec une certaine intensité, comme il le faisait toujours, avec un petit sourire poli et indéchiffrable.

« Harry… » Il ne lâchait pas Harry du regard. Il prononça le nom du jeune homme comme à son habitude, souriant doucement comme s'il ne voyait pas la baguette pointée sur lui. « Harry… vas-tu m'abandonner? »

Au milieu des ruines de leur vieille demeure, le petit garçon, qui grandirait pour devenir son ennemi mortel, faisait de son mieux pour maintenir un faible bouclier magique autour de lui. Ses petites mains tremblaient, mais ses yeux ne laissaient rien entrevoir de l'agitation qu'il ressentait, fixés sur Harry et répétant la question en silence : Vas-tu m'abandonner?

Encore une fois, Harry eut le soufflé coupé. Comme celle d'un poisson échoué sur la terre ferme, sa bouche bougeait sans qu'un mot n'en sorte, s'ouvrant et se fermant successivement. Il ne pouvait pas répondre à cette question.

Il se dit — Tu dois penser plus grand, Harry Potter. Pense à Hermione, pense à Ron, pense à Ginny, pense à tous tes compagnons de l'Armée de Dumbledore... ils comptent sur toi. Pense au Seigneur des Ténèbres que tu as rencontré... Voldemort est réel!

Même s'il avait le potentiel nécessaire pour devenir un puissant sorcier, pour l'instant Tom Riddle n'était qu'un élève de première année, qui ne pourrait pas parvenir à maintenir un sort défensif complexe bien longtemps. Enfin, la lumière au bout de la baguette de l'enfant s'éteignit et son bouclier s'évanouit.

Au même instant, une poutre se brisa en deux avec un craquement effrayant. Dans un nuage de poussière, de larges blocs de ciments et morceaux de bois s'effondrèrent, bloquant tous les accès aux portes ou aux fenêtres, les piégeant dans une maison sombre et agonisante.

Maintenant, plus aucun échappatoire — Harry sourit d'un air peiné et baissa sa baguette. Il n'aurait plus besoin de jeter de sorts.

Il était pris au piège. Tout deux étaient pris au piège par de tragiques circonstances.

Tom serra sa baguette à deux mains. La poussière dans l'air dissimulait l'émoi au fond de ses yeux; son jeune visage se durcit, affichant une résolution de fer, tandis qu'il cherchait un signe de regret dans les yeux émeraude, mais il ne vit qu'une immense tristesse. Le visage de Tom s'assombrit encore lorsqu'il leva sa baguette vers le jeune homme, le sort qu'il avait passé toute l'année à étudier sur le bout de sa langue.

Tout ce que dit le jeune homme fut, « Je suis désolé. »

..

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAh !

Bref, n'en voulez pas trop à Harry s'il-vous-plait, on ne peut pas dire qu'il soit dans la plus simple des situations…

Comme vous l'aurez peut-être remarqué, les parutions se sont un peu espacées… faute au Blocus (ough !). J'essayerai de poster aussi un chapitre de l'autre fanfic, donc vous devrez peut-être attendre un peu avant le prochain. (Ne m'en veuillez pas, je souffre aussi )

Vos commentaires sont toujours bienvenus et même attendus,

Joyeux Noël à tous ! À la prochaine