Résumé : Harry et Tom sont en plein bombardement, leur maison a été détruite, et il semblerait que chacun ait pris ses résolutions vis-à-vis de l'autre.

Bonne lecture

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Chapitre 30 : Pour qui sonne le glas

27 août, 1939

Le monde était gris; la poussière et la fumée emplissaient l'air. Les bombes avaient laissé Londres en flammes et en sang, transformant la ville en un triste chaos, un paysage couvert de suie noire et illuminé par une lueur rougeâtre. C'était le crépuscule. Mais la célébration d'Hitler ne faisait que commencer. Londres était leur scène, une scène de luxe pour montrer à tous l'étendue de la puissance nazie, de sa technologie et de ses armes.

Ceci était une vraie guerre, une guerre moldue. Même les sorciers se trouvaient démunis face aux explosions et aux raids aériens, durant lesquels les avions grondaient dans le ciel, projetant sur tous l'ombre de la mort.

Tout en évitant au mieux les débris et les éclats de bombes qui volaient, les gens couraient, ce cachaient, priaient. On pouvait voir des bras et des jambes sortir des gravats, mais on ignorait s'ils étaient encore liés au reste du corps. Personne ne pouvait se permettre de s'attarder pour le découvrir. Des pierres tombaient; des gens criaient; des balles transperçaient la peau et la chair. Le long des allés en flammes, même les vieux chênes pliaient face à l'ennemi leurs branches tremblaient, comme si elles pouvaient sentir le feu ravageur qui s'approchait de leurs racines.

Harry ne tenait même plus le compte du nombre de fois qu'il était tombé. Son esprit était embrouillé, ne ressentait que la douleur; il n'aurait pu différencier le nord du sud. Pourtant, son corps bougeait tout seul, comme une machine programmée et bien déterminée à remplir la mission qui lui avait été attribuée.

Il courait, tout en protégeant le précieux petit garçon dans ses bras.

Le Destin leur lança un regard plein de dédain. Certes, il ne pouvait pas se débarrasser complétement d'Harry. Néanmoins, l'Histoire réclamait qu'il punisse le voyageur temporel qui osait aller contre le cours normal du temps. Et le Destin était bien d'accord.

Peut-être qu'il ne pouvait pas mourir — mais il pouvait souffrir.

« Harry, » chuchota doucement une voix enfantine à ses oreilles qui souffraient encore du terrible bombardement. On aurait dit le gémissement d'un louveteau blessé. « Tu... tu ne vas pas m'abandonner, n'est-ce pas? »

Bien que le ton soit calme et emplit de respect, la réponse d'Harry était d'une importance dont seul Tom avait conscience. En cet instant, alors qu'il attendait, Tom détestait l'horrible sensation d'appréhension et de crainte qui le rongeait.

Les serpentards étaient des hommes d'action. Ils attaquaient plutôt que d'attendre, portant toujours le premier coup.

Ainsi, il avait adopté sa persona, prétendant être vulnérable, s'abaissant même à quémander, pour la sympathie et la protection d'Harry. De nouveau, il avait demandé: Tu ne vas pas m'abandonner?

Cependant, en dépit de cette façade d'enfant sans-défense, en dépit de ce ton mielleux et plaidant, ses yeux s'étaient assombris, étaient devenu aussi froids que la glace tandis qu'il réprimait toutes les émotions qui l'agitaient. Doucement, Tom pressa sa tête dans le creux du cou d'Harry, prêtant attention au moindre battement de cœur qu'il percevait.

Alors qu'il attendait, il serra les dents si fort que sa mâchoire se fit douloureuse.

Harry avait encore les oreilles qui bourdonnaient, il ne perçut donc que vaguement les mots du garçon.

Que... qu'est-ce qu'a dit Tom?

Avec grande difficulté, Harry cligna des yeux; la sueur et la poussière avaient presque scellé ses paupières.

S'il n'avait pas été protégé par les lois spatio-temporelles, Harry ne doutait pas un instant qu'il serait déjà mort.

Pourtant, même si son esprit et ses sens étaient submergés par une vague de fatigue et de douleur, il parvint à déchiffrer l'émotion qui transparaissait dans les mots hésitants du garçon.

Il était terrifié.

Harry sentit ses muscles se raidir, devenir aussi dur que la roche. Il n'avait même plus la force de parler. La seule chose dont il était capable, ce fut de pencher sa tête légèrement sur le côté, de sorte que son menton repose sur la celle du garçon dans un geste qui se voulait rassurant, et de laisser ce même-geste parler pour lui.

N'ai pas peur. Je reste avec toi.

Tom renforça sa prise autour du cou d'Harry. Il ne voulait pas laisser la douce chaleur qu'émettait le jeune homme lui échapper.

L'enfant se pressa davantage contre le jeune homme, enfouissant son visage dans le creux de sa nuque, respirant profondément afin d'inhaler autant de cette odeur familière qu'il lui était possible. Chaleureuse et hautement addictive, cette odeur était bien particulière, même mêlée à celle de la poudre et de la fumée émise par le bois qui brûlait.

Harry. Voici donc ta promesse... Tu ne m'abandonneras pas.

Tom pressa ses lèvres contre le cou du jeune homme, tel un jeune louveteau dissimulant ses canines et son air de prédateur. Quand des serpentards désiraient gagner l'affection de quelqu'un, ils ne savaient que comment l'ordonner, comment la prendre par la force, par la persévérance et par des mensonges éhontés... comme si l'amour pouvait s'obtenir pas la force, comme si l'affection pouvait résulter d'une obsession à sens unique, c'en était presque... pathétique.

…..

Harry ne devait pas avoir couru plus d'une vingtaine de minutes, mais pour lui cela représentait une éternité. C'était comme si le temps s'était arrêté, tandis que la douleur ne faisait que s'intensifier.

Harry avait pris soin d'isoler Tom dans son embrasse. Sur tout Londres, la nuée de bombe avait répandu ses produits chimiques et la chaleur agonisante. Harry avait vu la mort passer de près à de nombreuses reprises. Sans sa protection miraculeuse, il ne serait maintenant plus qu'un cadavre carbonisé.

Harry resserra bien ses bras autour de Tom. Un enfant de onze ans ne pesait pas grand-chose, mais sous cette pluie de débris et de balles, c'était un lourd fardeau, un fardeau qui ferait la différence entre la vie et la mort.

Enfin, le Destin en eut assez de ce jeu futile et cruel du chat et de la souris. Il trembla d'anticipation, souriant d'un air mauvais.

Tout à coup, là-haut dans le ciel, les avions piquèrent dans leur direction. Une case s'ouvrit sous leurs ailes d'acier pour révéler un nouvel équipement, cruel et mortel. Après la première phase de cette attaque, après avoir détruit les bâtiments et les structures, il était temps de passer à la phase deux — l'élimination des cibles mouvantes, en utilisant des armes plus précises et plus rapides.

Harry s'arrêta lorsqu'une pluie de balles s'abattit autour de lui. Etrangement, cela lui rappela son enfance, lorsqu'il observait Dudley jouer à ces jeux sur l'ordinateur, dans lesquels des vaisseaux spatiaux se faisaient descendre par une nuée de rayons laser. La situation actuelle était presque identique, avec le son des 'ratatata' qui emplissait ses oreilles, et sa vision pleine de balles volantes et de trous dans le sol.

Il ne sentait plus ses bras. L'adrénaline se répandit dans ses veines, jusqu'à ce qu'il ne ressente même plus la douleur de ses côtes brisées. Harry avait l'impression que son corps et sa conscience étaient séparés, même sa peau avait perdu toute sensation. Ce ne fut que lorsque, à nouveau, une pièce métallique transperça sa chair, que son esprit se reconnecta à la réalité. Même si Harry savait qu'il ne pouvait pas mourir dans le passé, la forte odeur de sang – son propre sang - ne manqua pas de l'effrayé quand elle lui remplit les narines.

Il avait l'impression d'être vraiment en train de mourir.

Soudainement, une terrible idée lui vint à l'esprit. Et si Hermione s'était trompée?

Et si la théorie d'Hermione était fausse depuis le début, et si le Destin n'en avait que faire de ce qu'il arrivait à Harry...

Harry ouvrit la bouche, mais ce ne fut que pour tousser du sang. Quelques minutes plus tôt, une balle l'avait touché, et s'était enfoncée dans son poumon droit.

Les jambes d'Harry flanchèrent. D'autres balles vinrent percer son corps, jusqu'à ce qu'il s'écroule enfin, tombant à genoux sur le pavé jonché de gravats et de morceaux de verres.

« HARRY! »

Harry haleta de douleur, son larynx et ses poumons étaient remplis de sang. Il tomba en avant, posant son front contre le sol, tournant son dos rond vers le ciel, formant une tente temporaires avec son corps et ses vêtement— une tente juste assez grande pour abriter un enfant de onze ans.

Raide, Tom pouvait sentir le poids du corps d'Harry pressé le sien au sol, le protégeant. Le sifflement et le son de l'impact des balles résonnaient encore dans ses oreilles, de la fumée noire obstruait sa vision, et l'odeur du sang emplissait ses narines. Harry était complétement immobile. Tout à coup, il réalisa quelque chose, quelque chose d'effrayant. Tremblant de partout, il tendit la main, posant ses doigts sur la poitrine du jeune homme.

C'était la première fois que le garçon ne ressentait aucune joie à la vue du sang; c'était la première fois qu'il craignait vraiment l'irréversibilité de la mort; c'était la première fois qu'il se sentait rassuré et heureux en percevant le battement de cœur d'un autre être vivant.

« Harry! Harry! » hurla le jeune Seigneur des Ténèbres, en se débattant pour se défaire de l'étreinte d'Harry.

« Ne... Ne bouge pas, » dit tout bas Harry, sa voix horriblement faible et du sang sortant de sa bouche.

« Restes là... je ne mourrai pas, Tom... restes caché... dans mes bras. »

Harry mit tout son poids au niveau de son front et de se avant-bras. De nombreuses images lui vinrent à l'esprit, rapides, déformées, jusqu'à ce que le champ de bataille en face de lui prenne une teinte grise et rougeâtre avant e disparaître complétement. Il y eut une lumière éblouissante, un grand nombre de couleurs, et puis, comme ça, il était de retour chez lui. Il vit Ron, et Hermione, ensuite les jumeaux Weasley...

Son esprit dérapait. Il était... mourant.

Dans sa trance, il sentait une main le tirer, délicate mais ferme, comme les crocs d'un petit animal sauvage. Une douce chevelure se pressait contre sa joue, et une petite voix lui parvint de loin: tu as promis que tu ne m'abandonnerais pas.

—...Tom Riddle?

Les lèvres d'Harry tremblèrent, et formèrent presque un sourire. Les yeux verts s'assombrirent et se fermèrent.

Quelque chose de douloureux se répandit dans la poitrine de Tom, lui piquant les yeux et le nez. Il avait pensé connaître si bien Harry Potter, mais il n'avait jamais compris l'homme. Tom n'avait jamais découvert les objectifs d'Harry et ses désirs, la raison qui l'avait poussé à adopter Tom... Il était un mystère pour l'enfant. Certes, il avait voulu se débarrasser de Tom, et pourtant, l'instant suivant, il se sacrifiait pour le sauver.

Le jeune serpentard sentit la colère monter d'un coup, il avait l'impression d'avoir été trompé.

Mais ce n'était pas le moment d'évacuer sa colère. Juste sous ses yeux, le jeune homme faiblissait de seconde en seconde; et seul le faible mouvement de sa poitrine et les battements à peine perceptibles de son cœur autorisaient encore de l'espoir. On aurait dit que l'âme d'Harry se détachait lentement de son corps, la lueur vive et chaleureuse ayant presque complétement disparue de ses yeux, ne laissant derrière qu'une coquille vide.

« HARRY! Ne ferme pas les yeux! » Cria Tom à l'homme immobile, agressivement, d'un air désespéré.

La rage déforma son visage, dissimulant la crainte qui rongeait son âme. « Harry! Regarde-moi! »

Le garçon, d'habitude si mature et si brillant pour son âge, paniqua; il ne pouvait rien faire d'autre que crier et regarder, complétement impuissant.

Les moldus! C'était de leur faute! Harry...tout ça— tout— était de leur faute. Si seulement ils pouvaient tous mourir…

Dans son désespoir, l'héritier de Serpentard dirigea sa haine brulante vers les moldus. Sa soif de pouvoir atteint un nouveau sommet; sa soif de sang grandit et grandit. Si seulement il avait été plus puissant, alors Harry et lui ne seraient pas coincés dans ce bourbier. Si seulement il avait plus de pouvoir, plus de magie, alors il pourrait prendre sa revanche sur tout ces dégoutants moldus, il pourrait les écraser comme les vers inutiles qu'ils étaient.

Je ne mourrai pas, Tom... Restes caché... dans mes bras, avait dit l'homme. Ses bras étaient aussi raides que ceux d'une statue, et pourtant il n'avait jamais lâché l'enfant.

Les yeux de Tom étaient rouges de colère, bordés de rouge aussi, et quelque chose chaud et humide semblait couler le long de ses joues.

Encore une fois, il enroula ses bras autour du cou du jeune homme, essuyant ses larmes sur la peau de celui-ci. Tom serra de plus en plus fort, cherchant désespérément le faible pouls de l'homme, comme un jeune louveteau enfouirait sa face dans la fourrure de sa mère. Il murmura, la voix rauque et irritée, ordonnant d'un air à la fois enfantin et menaçant.

« Tu me l'as promis! Tu ne m'abandonneras pas! »

Il attendit. Harry ne répondit pas.

Il attendit jusqu'à ce qu'il ne puisse même plus entendre la respiration d'Harry. Le corps d'Harry s'avachit, s'effondrant sur celui de Tom. D'un air hébété, Tom ne pouvait rien faire d'autre que de soutenir Harry avec ses petits bras, incapable de retenir la chaleur corporelle de l'homme qui semblait s'enfuir du corps de ce dernier.

Le masque de Tom se fractura complétement. Ses yeux prirent la couleur pourpre. D'un mouvement soudain, il enfonça ses dents dans la peau tendre. Le cou d'un homme était son point le plus vulnérable. La peau d'Harry était douce et délicate, et son gout lui correspondait parfaitement, pur et sucré, comme sa chaleur et ses sourires bienveillants.

"Harry, Harry, Harry, Harry, Harry..."

Il répéta ce nom encore et encore, obsessionnellement, l'air fou, sa voix enfantine perdue dans le bruit des explosions, des balles qui sifflaient et des cris qui les entouraient. Personne ne répondit. Il serra les dents.

Il mordilla le cou d'Harry, jusqu'à ce que la peau pale de l'homme devienne aussi rouge que ses yeux.

Oui, il était un enfant. Un petit garçon perdu et affolé, rendu tellement confus par les circonstances que ses instincts primaires ressortaient — Il était devenu un vrai louveteau... un animal ne pouvait pas pleurer, il ne pouvait pas espérer, il pouvait seulement geindre, implorant et pathétique...et abattu.

Tom ne remarqua même pas que plus aucune balle ne les avait touchés. Un bouclier invisible semblait être apparu autour d'eux, les isolant du monde extérieur, de la pluie mortelle de balles et de débris.

Peut-être que le Destin s'était enfin souvenu de sa tâche... ou peut-être avait-il perdu son intérêt une fois que la cible visée eut… péri.

….

Le Temps était une série d'anneaux emboités, des cercles parfaits, synchronisant et connectant le passé et le futur.

En janvier 2001, quelque part dans les bureaux du ministère de la magie, les mangemorts s'étaient emparés du pouvoir.

Brusquement, le beau Seigneur des Ténèbres se leva de son trône. Le rouge de ses iris scintillait, d'un éclat plus vif que jamais, plus vif même que le sang qui jaillissait d'une gorge fraichement sectionnée.

Lentement, il pressa une main sur sa poitrine, tandis que les battements de son coeur reprenaient leur rythme normal. Il était étrangement… agité.

Cette sensation qu'il avait ressentie— quand il avait eu l'impression que son coeur s'était arrêté de battre et qu'un couteau était enfoncé dans son ventre... quel était ce sentiment?

….

Ah la la…. Ça fait presque un an que la traduction française de cette fic est en cours… joyeux anniversaire je suppose. J'espère qu'elle vous plait toujours.

Comme toujours, n'hésitez pas à m'envoyer vos commentaires , ça fait toujours plaisir.

RECHERCHE : un lecteur béta pour vérifier les fautes de frappes et d'orthographe qui continuent de m'échapper (désolée pour ça). Ceux que j'ai contacté ne m'ont pas répondu (snif), donc si vous êtes intéressez, indiquez le dans une review et je vous recontacterai.

Je chercherai différent bétas pour chacune de mes fic, donc si vous les avez lu et êtes partant pour une autre que 47dayx, dites le moi.

À bientôt.