Voiciiiiiiii. Merci pour vos review ^^

Bonne lecture

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Chapitre 33 : Mari et femme

20 décembre, 1939

Pour tous les foyers en Europe, noël était la fête la plus importante de l'année. Bien que la plupart des nations se fussent libérées du joug de la religion, ce jour était spécial à leurs yeux. C'était devenu une tradition culturelle plutôt qu'un évènement religieux. Même les sorciers, autrefois persécutés par les chrétiens durant le Moyen-âge, attendaient avec impatience cette occasion de célébrer.

Oui... religion ou non, les cadeaux ne manquaient pas sous les sapins et les tables étaient couvertes de mets somptueux.

« Vas-tu vraiment refuser l'invitation d'un Malfoy? » demanda Abraxas d'un air incrédule. Il se pencha vers Tom, assis de l'autre côté du wagon, plutôt offusqué par la nonchalante réaction du deuxième année. « Aucun serpentard ne manquerait la chance de passer des vacances avec ma famille. »

« Merci beaucoup pour cette proposition, » répéta le garçon. Son ton navré mais ferme transmettait clairement son refus catégorique.

Perplexe, Abraxas se tourna pour regarder par la fenêtre derrière laquelle défilaient collines et étendues de vert.

Habituellement, il était doué pour lire les gens. Il savait de quoi Tom était capable, et savait que le garçon avait de l'ambition. Il pouvait voir le potentiel de l'enfant, là, dans ses yeux sombres et profonds que si peu osaient rencontrer. Ambition et avidité émanaient du jeune homme — le parfum favori des serpentards.

Il était certain qu'avec le temps le garçon deviendrait un personnage clé dans le monde sorcier. Avec son intellect exceptionnel, ses aspirations démesurées, et sa puissance magique... joints à un passé sans rien de bien remarquable et l'absence de tout support familial faisaient de l'enfant une cible parfaite pour la famille Malfoy.

C'est pourquoi Abraxas n'avait jamais imaginé que Tom pourrait refuser la branche salvatrice qui lui était tendue par les Malfoy. Et pourtant...

Tout à coup, Abraxas sembla se rendre compte de quelque chose. Il fronça les sourcils, avant d'afficher à nouveau un sourire amical sur son visage.

« Alors... Je suppose que tu espères passer noël avec Harry? » demanda Abraxax d'un ton juste assez léger et amusé pour dissimuler ses véritables intentons derrière la question.

Tom baissa les eux, tentant de cacher l'ombre qui les traversat.

« Oui. »

Le sourire d'Abraxax s'élargit. Il s'installa confortablement sur la banquette recouverte de cuire. La réponse du garçon lui plaisait. Aussi longtemps que l'enfant aurait quelque chose qui lui était cher — il aurait toujours un point faible.

Une fois qu'il aurait gagné Tom à sa cause, il saurait exactement comment contrôler la jeune vipère.

Evidemment, Tom avait remarqué le changement d'humeur d'Abraxas, mais il n'accorda pas plus d'attention au blond. Après tout, aux yeux du jeune future Seigneur des Ténèbres, qui avait travaillé sur son masque depuis son plus jeune âge, les jeux et les plans de Malfoy étaient aussi simplet qu'un jeu d'enfant.

Non. Tom avait l'esprit ailleurs.

Dès qu'il était monté à bord du train, les rouages de son cerveau s'étaient mis en marche, ramenant des souvenirs douloureux à la surface. Il avait senti une horrible tension apparaître dans son ventre, sa gorge se serrer, l'empêchant lentement mais sûrement de respirer.

On était le 20 décembre... et il ne pouvait s'empêcher de rejouer encore et encore la scène de l'année précédente dans sa tête.

Le 20 décembre de 1938. Un an plus tôt, jour pour jour, comme aujourd'hui, il était monté à bord du Poudlard Express.

Comme aujourd'hui, il s'était assis calmement dans un compartiment, affichant une fausse nonchalance en admirant le paysage. Son coeur battait si fort qu'il aurait pu exploser; sa gorge s'était serrée sous l'angoisse. Bien qu'inconsciemment, il sache parfaitement que cet homme ne serait pas là pour l'accueillir,... il n'avait pas pu s'empêcher d'espérer. Les flammes de l'espoir n'avaient cessé de brûler dans sa poitrine, jusqu'à ce qu'il atteigne finalement leur « maison », où le silence avait été le seul présent pour lui souhaiter la bienvenue. D'un coup, le désespoir s'était abattu sur lui avec le même poids qu'une chute d'eau gelée et, enfin, avait éteint toutes ses stupides et infantiles états d'âme.

À nouveau, le spectacle qui se jouait devant lui semblait affreusement familier. Le même compartiment de train, les mêmes sièges en cuir — tout était exactement à sa place...comme si l'histoire était sur le point de se répéter; comme si, encore une fois, la même et insupportable déception était sur le point de s'abattre sur lui.

Le visage de Tom se tordit. Il ferma la main sur la lettre qu'il tenait, froissant le parchemin jusque-là conservé avec soin. L'encre verte brillait et reflétait la lumière du jour

Les mots étaient faciles à déchiffrer sur le parchemin— "...J'ai trouvé une nouvelle maison...."

Maison?

Avec ses mains, Tom dissimula son visage au regard curieux d'Abraxas. Ses lèvres roses se tordirent en un sourire moqueur, révélant ses canines d'un blanc éclatant.

…..

Il était presque sept heures. L'obscurité avait envahi Londres, en contraste avec la blanche neige qui recouvrait la ville.

Derrière la vitre, les souvenirs de 1938 se mélangeaient au présent de 1939. L'heure, le lieu, et même le temps, étaient exactement identiques.

La machine à vapeur rouge émit un sifflement aigu. La locomotive laisse échapper d'épaisses colonnes de fumée tandis qu'elle entrait dans la gare De King Cross.

Puis, sous leurs pieds, le compartiment se mit à trembler violemment avant de s'immobiliser soudainement, faisant sursauter ses occupants. L'instant suivant, les portes s'ouvrirent et les cris de joie des élèves s'élevèrent dans le train. Riant, criant, les enfants coururent rejoindre leurs parents, enfin libérés de leur prison de devoirs et de cours barbants.

C'était comme si la scène était passé d'un film morne en noir et blanc à l'une de ces nouvelles productions en couleurs et pleines de vie. Comme si cette réunion pleine d'amour avait injecté de la couleur dans ce monde trop terne.

Tom observa l'agitation froidement. Son poing se serra; la lettre dans sa main fut trempée de sueur froide. Il baissa les yeux vers cette lettre, cette lettre qu'il avait lu tant de fois qu'il la connaissait par coeur, et hésita.

Finalement, il l'intercala entre les pages de son livre.

Il ne la jeta pas.

…..

Harry était arrivé en avance sur le quai 9 3/4.

Même s'il savait que le train n'arriverait pas avant sept heures, il avait peur que le véhicule soit en avance ou en retard. Il était donc arrivé en l'avance et avait attendu dans la neige, comme un grand nombre d'autres parents. Apparemment, ils avaient tous eu la même idée.

Harry mourrait d'impatience de montrer leur nouvelle maison à Tom. Sa propre fébrilité, si puérile, l'amusait. Après tout, ce n'était qu'une maison tout à fait normale, rien de bien spécial.

Les flocons se firent plus épais. Harry dû aller s'abriter à l'intérieur de la gare pour éviter que son manteau ne soit trempé par la neige fondante. Autour de lui, sorcières et sorciers jetaient des sorts pour se réchauffer et pour sécher leurs manteaux. Mais Harry avait perdu sa baguette dans l'attaque survenue quelques mois plus tôt. Il n'en avait retrouvé aucune pièce. Même Joan, à l'aide de sa propre baguette, n'avait pas pu localiser sa baguette dans les débris. Pour l'instant, il n'avait donc pas d'autre choix que de faire sans, sautillant et frottant ses mains l'une dans l'autre comme tout moldu confronté au froid.

Peut-être qu'il était temps de rendre visite à Ollivander. Sa baguette de houx et plume de phoenix serait peut-être déjà quelque part dans son entrepôt, cachée parmi des milliers d'autres baguettes.

Juste au moment où Harry commençait à s'ennuyer, il entendit un sifflement strident et familier. Enfin, le train entrait en gare.

Puis, comme un seul homme, la foule de parents s'avança vers la machine à vapeur, tandis que les enfants, qui s'étaient déjà débarrassés de leurs uniformes scolaires, déferlèrent des wagons. En un instant, le quai fut recouvert de visages enjoué et de chaleureuses retrouvailles.

Harry, lui-aussi, tentait de se former un passage dans la foule.

« Excusez-moi. J'aimerai passer! »

« Désolé, madame. »

« Pardon, pardon. »

Harry observa la foule. Rapidement, ses yeux se posèrent sur Tom.

Même si le visage sans nez et pâle comme la mort de Voldemort était plutôt horrifiant, Harry devait bien admettre que Tom Riddle était un bel adolescent. Le garçon était élancé, se tenait droit, et exultait un charme et un charisme indescriptibles. Partout où il allait, il était au centre de l'attention.

Après quatre mois de séparation, Harry pouvait voir que Tom avait pris quelques centimètres à Poudlard. Il devait probablement atteindre ses épaules maintenant. Le garçon portait des vêtements moldus, il avait les mains dans les poches, l'air relaxé et confiant tandis qu'il scrutait la foule; sa valise flottait à ses côtés, une performance magique qui suscitait l'admiration et faisait des envieux parmi ses camarades.

Harry agita ses doigts et ses orteils gelés, avant de se diriger vers le garçon. Il lui offrit un grand sourire.

« TOM! »

Tandis qu'il s'approchait du garçon, Harry découvrit que Tom avait non seulement grandi, mais avait également perdu les rondeurs de l'enfance. Sa pomme d'Adam était clairement visible sur son long cou. Son visage était celui d'un jeune homme; ses traits étaient plus pointus et marqués. Ils reflétaient la confiance te le pouvoir qui sommeillaient en lui. Il était en pleine métamorphose, sa beauté et sa prestance grandissaient, comme si un maître sculpteur s'attelait à les perfectionner chaque jour un peu plus.

L'adolescent se tenait droit, complétement immobile, les lèvres pincées et étudiait en silence le visage souriant d'Harry.

Harry ne put s'empêcher de trouver cette attention sur sa personne… flatteuse, faute de meilleur terme.

« Eh bien Tommy. Ne reste pas planté là comme ça. Tu vas attraper un rhume. » Dit Harry en tapotant la tête du garçon, tout en se désolant intérieurement de la vitesse à laquelle le temps passait.

Tom ne répondit pas. Il ne pouvait pas détacher son regard des grands yeux verts et brillants du jeune homme. Il ne parvenait pas à expliquer l'étrange et néanmoins intense émotion qui l'avait envahie quand il avait entendu son nom appelé par cette voix si familière. S'il avait été un Gryffondor, il se serait instantanément jeté dans les bras de l'homme, l'aurait pris dans une étreinte dont il ne l'aurait jamais libéré. Mais... Les Serpentards accordaient trop d'importance au contrôle. Donc, plutôt que de suivre ses impulsions premières, il ravala son extasie et son soulagement, dissimulant leur intensité derrière un masque poli et un sourire innocent.

Il savait ce que Harry attendait de lui... et il ferait semblant de bonne grâce si cela faisait plaisir au jeune homme, si cela leur permettait d'être une vrai famille, si cela lui procurait un moment fugace de bonheur.

…..

Godric's Hollow, le quartier dans lequel se trouvait leur nouvelle maison, regroupait sorciers et moldus.

Harry ne s'attarda pas beaucoup dans le village, même s'il y avait passé pas mal de son temps. Il avait passé la plupart de ses journées enfermé dans sa chambre, à travailler sur des nouvelles stratégies pour l'Armée de Dumbledore.

Si quelqu'un lui avait demandé, il n'aurait pas su dire pourquoi il avait choisi de vivre ici.

Sur la place centrale du village se dressait un obélisque noir sur lequel était gravée une liste de noms— des noms qu'Harry ne connaissait pas. En plus, quand quelqu'un s'approchait du mémorial, ce dernier ne prenait pas la forme d'un père, d'une mère ou d'un enfant

« Harry? » Tom suivit le regard d'Harry jusqu'au monument noir. Le garçon observa l'obélisque avec soin, mais n'y vit rien de spécial.

La question tira Harry de ses souvenirs. En rougissant, il serra la main de Tom avant d'emmener l'enfant loin de la pierre, vers leur nouvelle demeure.

Soudainement, Harry fut pris de regret. Il n'aurait pas dû acheter une maison à Godric's Hollow. Tout dans le village lui rappelait ses parents, leur meurtre, et leur meurtrier… Leur mort était le point de départ de toute cette histoire. De sa vie avec Tom. Harry marchait rapidement, bien déterminé à ignorer le sinistre monument. Il se mordit les lèvres.

Il ne pouvait pas se permettre de pleurer.

« Harry? Qu'est-ce qu'il y a? » demanda Tom en levant les yeux vers son ainé. Les yeux du jeune homme brillaient toujours avec la même beauté que deux émeraudes, mais Tom avait directement sentit son changement d'humeur.

« Viens, nous sommes bientôt arrivés. »

Harry enroba la main de Tom dans la sienne, tentant de protéger les doigts du garçon du gèle mordant. Cependant, face au vent cruel de l'hiver, un tel geste n'avait pas grand importance. La chaleur humaine était rapidement emportée par l'air froid et sec.

Leur maison ne se trouvait pas très loin de la place du village, mais la courte promenade permit à Harry de reprendre ses esprits.

Toute route mène à une destination. Tout choix a des conséquences.

Puisqu'il avait décidé de rester avec Tom, de l'aimer comme un fils et de veiller sur lui, il avait fait son choix. Il n'y avait pas de regrets à avoir.

« Bienvenu dans notre nouveau chez-nous. » Harry sourit en ouvrant la porte d'entrée pour révéler l'intérieur de leur nouvelle maison.

Les murs avaient été repeints d'un blanc aussi pur que la neige. Pour un moment, alors que le visage gracieux est souriant du jeune homme emplissait sa vision, Tom crût que le monde entier avait disparu sous la neige. Harry l'emmena à l'intérieur, lui demandant son opinion comme un enfant avide de compliments.

L'enthousiasme de l'homme était tellement contagieux que les lèvres de Tom se levèrent d'elles-mêmes. Une étrange chaleur se répandit dans sa poitrine.

« Ah, vous êtes déjà de retour? » Quelqu'un entra dans la salle de séjour où ils se trouvaient. Très naturellement, elle prit le manteau des mains d'Harry et alla le ranger. Ensuite, d'un mouvement de baguette, elle fit apparaitre les valises de Tom et les plaça à côté du mur, pour enfin les saluer.

C'était Joan.

Dès qu'il vit la jeune femme, le sourire de Tom s'évanouit. Il fronça les sourcils avant de reprendre le control de son masque et d'afficher un sourire poli. « Miss Joan, que nous vaut ce plaisir? »

Harry lissa son pull beige et remonta ses manches. Il se tourna vers le garçon pour répondre, « Oh! J'ai invité Joan à passer noël avec nous. Elle m'a beaucoup aidé — avec le déménagement et tout le reste. »

« Je vois, mais... Miss Joan ne préférerait-elle pas célébrer noël avec sa propre famille? » demanda poliment le garçon, avant d'écarquiller les yeux et de couvrir sa bouche d'un geste exagérément dramatique. « Ah! Je m'excuse. Je pense... J'avais oublié que Miss Joan avait été répudiée par son chef de famille. Désolé, laissez-moi m'occuper de ceci… »

Tom passa à côté d'Harry et de Joan, puis emmena ses valises dans le salon.

Harry se tenait devant l'entrée, l'air gêné. Tom était...était énervé?... Cela ne lui ressemblait pas.

« Désolé, Joan. Il… »

« Pas de souci. Tout ce qu'il a dit était vrai, après tout. » Dit Joan en haussant les épaules. Elle n'en tenait pas rigueur à l'enfant. Elle tourna la tête vers Harry, « Ne vous inquiétez pas à ce propos. Je vais retourner dans ma chambre. Je vous apporterai vos potions plus tard. »

…..

Tom prit place dans le canapé, parcourant la pièce de ses yeux sombres. L'intérieur de la maison était quasi identique à celui du numéro 15 rue de Londres, mais il ne s'y sentait pas vraiment à l'aise.

L'adolescent passa une main dans ses cheveux lisses et noirs. Tout à coup, il sentit l'irritation le gagner. La bonne humeur qu'il avait éprouvée quelques minutes plus tôt disparut complétement.

Il n'aimait pas Joan. Il n'aimait pas qu'elle soit là, qu'elle s'immisce chez eux. Mais il n'était pas assez stupide pour lui faire part de ses sentiments. Néanmoins, la scène dont il avait été témoin, quand elle avait pris le manteau d'Harry aussi aisément et naturellement que si elle était la maitresse de maison... l'énervait au plus haut point.

Mari et femme, une nouvelle demeure, n'était-ce pas une combinaison merveilleuse ? Cela ne faisait-il pas plaisir à voir?

Tom sourit d'un air sinistre, révélant des canines blanches et aiguisées.

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J'espère que ce chapitre vous a plu ?

La parution risque de ralentir (encore plus que maintenant, désolée pour ça) étant donné que nous arrivons dans une période de l'anné… busy busy. Sorry. (enfin, vous aurez toujours au minimum un chap par mois)

See you (soon)