Vraiment vraiment vraiment désolée pour l'attente! Promis, le prochain arrivera bien plus vite.

En tout cas, merci pour vos reviews. Je suis contente de voir que cette traduction vous plait (toujours) ^^ Même si je n'y répond pas, c'est toujours un plaisir à lire.

Bonne lecture!

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Chapitre 36 : Qu'est-ce que ça veut dire?

Septembre, 1941

L'une des occupations favorites des Serpentards était de de se rendre à un évènement mondain et d'y démontrer leurs aptitudes sociales. Pour un élève de quatrième année, c'était presque une obligation. Au sein de la communauté des sang-purs, on offrait aux élèves de cet âge-là l'opportunité de choisir leur voix — de choisir la bonne voix— ainsi que les « bons » amis et les « bons » sang-purs à côtoyer.

Il n'était donc pas étonnant que les soirées des Serpentards soient célèbres pour leur démesure, leur luxe, et les personnalités présentes.

Dans les donjons, il n'était pas difficile de dénicher des salles ou des coins parfaits pour organiser ce genre de fête. À l'instant même, dissimulé derrière la fabrique épaisse des rideaux et la vitre cristalline des fenêtres, sous la lumière tamisée des chandeliers chancelants, un bal prestigieux était en cours.

De toutes parts de la salle de bal, les garçons et les filles de Serpentard étaient réunis en petits groupes. Deviner les alliances et les associations était un jeu d'enfants. En effet, tout le monde suivait l'une des trois plus célèbres familles — les Black, les Malfoy ou les Prince.

Tom fit tourner son verre de vin, observant les interactions et les altercations avec peu d'intérêt.

Voyez-vous, Tom était un cas à part chez les serpents. Il avait décidé de ne pas prendre parti. Il n'affichait pas clairement ses préférences, en dépit des efforts des trois familles pour le rallier à leur cause. Bien Abraxas ait tenté de le recruter depuis son premier jour à Poudlard, Tom ne lui avait jamais donné de réponse claire et nette, ce qui frustrait fortement l'héritier Malfoy.

Tom leva les yeux lorsque l'un de ses ainés l'approcha, le verre immobile dans sa main.

« Tom Riddle, » L'élégant jeune homme se présenta à l'inconnu en lui serrant fermement la main. Il leva son verre vers l'autre garçon aux cheveux foncés, faisant tourner le vin aussi rouge et épais que du sang dans son récipient.

« Cygnus Black, » répondit l'autre adolescent en buvant de sa propre boisson. « Oui, j'ai entendu parler de toi...tu as déjà une sacrée renommée, Tom. »

Effectivement, son nom le précédait. Tout le monde connaissait le nom de Tom Riddle, le serpentard le plus prometteur de son année.

Il était le meilleur étudiant de tout Poudlard. Beau, mystérieux, intelligent, courtois, raffiné, et — tout le monde était d'accord là-dessus— complétement, irrésistiblement, irréfutablement sans défaut.

Cependant... aussi parfait qu'il soit, il n'était qu'un individu isolé, sans nom de famille pour le supporter; et de ce fait, considéré comme un diamant brut que chacun convoitait. Un précieux futur associé, dont les nombreuses capacités ne pourraient qu'avantager les fameuses familles de sang-purs.

Abraxas Malfoy se reposait sur un canapé, observant le garçon qui était en train de discuter et de mener à la baguette une foule de jeune nobles avec une aisance impressionnante.

Soudainement, il sentit la pression que cachait le sourire poli du garçon. Il pouvait encore se souvenir de l'enfant qu'il avait rencontré quatre ans plus tôt, avec son visage sombre et son nom moldu, qui avait commencé sa scolarité en tant que mouton noir des Serpentards. Il avait été la victime d'harcèlement, il avait été rejeté par ses camarades dès l'instant où le choixpeau avait quitté sa tête.

Et pourtant... en moins de quatre ans, il était devenu le meneur des Serpentards, quelqu'un que l'on admirait, quelqu'un que même les enfants des trois familles courtisaient.

Autrefois, Abraxas désirait ardemment gagner le garçon au service de la famille Malfoy. Mais maintenant, après avoir vu l'aisance avec laquelle il imposait sa volonté à toute une salle, Abraxas se sentait quelque peu menacé.

Abraxas se massa les tempes, plissa ses yeux bleus et se concentra.

En fin de compte... qui deviendra le serviteur, et qui le maître?

Il soupira. Au moins, son instinct ne lui avait pas fait défaut. Depuis qu'il avait aperçu le garçon à bord du Poudlard Express, il avait su qu'il y avait quelque chose de spéciale chez Tom Riddle.

Jeune Mr. Tom Riddle...Je me dois de garder un oeil sur vous.

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Très poliment, Tom salua son nouvel ami, Cygnus Black. Il défit sa cravate tout en s'éloignant des jeunes héritiers et héritières.

Oh, il savait parfaitement ce qu'ils avaient à l'esprit. Ils complotaient, déplaçaient leurs pièces sur l'échiquier, élaboraient des plans... mais tout cela n'était qu'un jeu d'enfant à ses yeux.

Tom ajusta sa tenue. Un magnifique et sympathique sourire était encore affiché sur son visage, ses yeux sombres plissés comme deux demi-lunes, l'idéal pour dissimuler aux yeux de tous l'avidité et l'arrogance qui y grandissaient. Qu'ils jouent autant qu'ils veulent— à la fin, il serait maître de tout! Il était l'héritier de Serpentard. Un jour, en temps voulu, il prendrait la place de souverain qui lui revenait de droit dans leur société.

Ce n'était plus qu'une question de temps. Tout d'abord, il devrait trouver la chambre secrète que Salazar lui avait léguée.

« Tom...Tom, est-ce que tu veux danser? » demanda une jeune fille nerveuse, interrompant ses pensées.

Tom se tourna vers elle; instantanément, toutes les émotions négatives disparurent de son visage. « Mais bien sûr, mademoiselle. M'accorderez-vous cette danse? »

Le jeune homme recula d'un pas et s'inclina devant elle, sa main droite sur son coeur et sa gauche tendu vers elle en guise d'invitation. Son sourire était éblouissant, son étiquette impeccable, et son allure parfaite.

Si Harry avait été présent, il aurait été ébahi par la confiance et de l'élégance dans les mouvements du jeune homme. Personne ne lui avait appris à danser.

L'orchestre jouait un air lent mais entrainant alors que le couples glissaient élégamment sur le sol de la salle de bal.

Sous les éclairages, l'adolescent semblait être la vedette de la soirée, faisant tournoyer sa partenaire avec autant de perfection qu'un athlète et autant de tendresse qu'un amant. Son ensemble noir taillé sur mesure lui saillait à merveille, mettant en valeur sa silhouette souple et élancée.

Avec sa beauté, son élégance et son indéniable charme, quand Tom Riddle souhaitait impressionner quelqu'un, il n'échouait jamais. Quand ses yeux sombres se posaient sur vous, il pouvait toujours vous donner l'impression que vous et lui étiez seuls au monde en dépit du brouhaha dans la salle de bal.

Il était de ces hommes que les femmes ne peuvent jamais refuser.

« Ce fut un plaisir de danser avec une telle beauté, » dit-il après leur danse, ses yeux brillants d'une lueur coquine.

Si des compliments mielleux sortaient en flot de sa bouche, il ne pensait aucun d'eux

….

Lorsque Tom put enfin aller s'assoir à côté d'Abraxas, il avait déjà dansé avec trois différentes filles.

« Eh bien...Quelqu'un a du succès, » le taquina Abraxas.

Tom haussa las épaules. Il détacha sa cravate et la jeta de côté. Ensuite, il prit une grande gorgée d'une boisson fraiche et s'assit sur le canapé.

« Attend un peu de goûter au réel plaisir de la chaire féminine— une douce poitrine, une taille étroite, des hanches délicates… » Abraxas leva les yeux au plafond, souriant d'un air stupide comme s'il se remémorait des expériences plus... agréables.

Tom leva les yeux au ciel. Il en avait entendu des belles sur l'héritier Malfoy et ses habitudes dépravées.

Voyant que Tom n'était pas intéressé par le sujet, Abraxas se détourna de lui et mordilla ses lèvres d'ennui.

Tout à coup, il se redressa et fit signe à un garçon nerveux qui se faisait discret dans un coin de la salle.

« Ovi, viens un peu par ici! » Il appela le garçon qui montrait une certaine réticence.

Ovidius Parkinson n'avait jamais aimé les bals. Il essayait de les éviter autant que possible et normalement, personne ne faisait attention à lui. Simplement parce qu'il était le moins important des serpentards, rien de plus qu'un vassal insignifiant de la maison des Malfoy.

Tom regarda Ovidius approcher d'un pas hésitant. Il se figea, considérant de ses yeux sombres le jeune garçon.

Ovidius n'était pas particulièrement attirant. Tout au plus, on pouvait décrire ses traits comme doux et délicats. Néanmoins, de loin, il y avait quelque chose d'étrangement familier chez lui. Il avait un visage fin surmonté d'une touffe de cheveux foncés, noir jais et aussi décoiffés que s'il venait de sortir de son lit.

« Bonjour, Tom, » Ovidius salua faiblement Tom. Le visage du garçon était d'une pâleur maladive.

« Approche, » Abraxas s'affaissa dans le canapé. Il posa ses bras sur le dos du meuble et fit un signe de tête à Ovidius en lui lançant un regard froid et autoritaire.

Toutes les couleurs restantes désertèrent le visage d'Ovidius. Bien que Malfoy ne soit que d'un an son ainé, il en avait une frousse bleue.

« Mais... mais... Tom est encore... là, » protesta faiblement le garçon.

Tom était perplexe, mais cela ne voulait pas dire qu'il avait l'intention de leur offrir un peu d'intimité.

Abraxas lança un regard dur au garçon qui fit trembler Ovidius de la tête aux pieds. Le garçon regarda dans la direction opposée de Tom avant de grimper sur les genoux d'Abraxas.

« C'est ça, bon garçon, » Abraxas tira brusquement la tête du garçon en arrière et lui mordit la lèvre inférieure. Puis, tout en maintenant Ovidius fermement contre lui, le blond se tourna et expliqua à Tom : « Son père me l'a offert cet été... en gage de bonne intention, si tu vois ce que je veux dire. »

Tom lui lança un regard curieux. Ses yeux se plissèrent. Quelque chose dans la scène qui se déroulait devant lui faisait bouillir son sang et éveillait une faim étrange au fond de lui. Une réalisation plutôt heureuse lui vint soudainement à l'esprit: ainsi, deux hommes pouvaient faire… ce genre de choses ? À cette nouvelle idée, le cœur de Tom se mit à battra à la chamade. Sa gorge s'assécha. Il se passa la langue sur ses lèvres.

« Je pensais... que tu aimais les filles douces et délicates? » demanda Tom en fixant Abraxas, sa voix parfaitement sous contrôle.

« Certes, mais... les garçons doux et délicats ne sont pas mal non plus, » dit Abraxas en haussant les épaules. Il attira Ovidius plus proche encore, et fit courir ses doigts dans les mèches noires et courbées du garçon d'un geste taquin et provocateur.

Ceci, pour une raison inexplicable, agaça grandement Tom. Un bon moment, il resta assis là, fixant du regard les doigts d'Abraxas aller et venir dans une chevelure familière.

Abraxas tira sur les cheveux d'Ovidius pour que le garçon penche la tête en arrière, exposant ainsi une gorge pâle et vulnérable.

S'il n'était pas d'une grande beauté, il avait encore l'avantage de la jeunesse.

Une goutte de sueur glissa le long de la gorge du garçon, coulant sur la peau glabre, sur la pomme d'Adam jusqu'au creux de sa clavicule. Il avait le souffle court à cause de la peur et de la gêne, ce qui faisait trembler sa gorge involontairement.

Tom l'observa. Cette vision était étrangement... attrayante.

« Je pense... » déclara soudainement Tom, ses yeux sombres et brillants, aussi vicieux que ceux d'un loup affamé et fixés sur le garçon dans les bras d'Abraxas. « Cela te dérangerait de... me le prêter? »

Abraxas sembla surpris par sa demande. Le blond se tourna vers lui et leva un sourcil alors qu'il considérait Tom en silence. Finalement, Abraxas sourit.

« Oh? Et moi qui commençait à penser que tu étais purement asexuel... Une erreur de jugement, de toute évidence... Peut-être étais-je simplement en train d'agiter le mauvais appât? »

Evidemment, Abraxas, qui désirait s'attirer les faveurs du jeune homme, n'allait pas rejeter une demande si modeste. Le blond sourit à pleine dents puis poussa Ovidius vers Tom.

Ovidius suivit Tom jusqu'aux dortoirs, bien qu'il n'ait quitté sa chambre qu'une quinzaine de minutes.

« Tom... Merci pour ton aide, » Ovidius se tenait près du lit de Tom. « Je suis vraiment, vraiment désolé de t'avoir espionné pour le compte de Malfoy ... Vraiment, Je suis… »

Tom se tourna vers lui. Il avait déjà commencé à se dévêtir et s'attelait à déboutonner ses boutons de chemise. Ce faisant, il révéla un torse pâle et musclé.

L'adolescent lança un regard moqueur à son camarade. « Serais-tu un Gryffondor, hmm?...Tu devrais déjà savoir pourquoi je t'ai aidé. »

Bien qu'ils aient tout deux quatorze ans, Tom, qui dépassait les un mètre septante, surpassait Ovidius d'une bonne tête.

D'un mouvement brusque, sans le moindre avertissement, Tom se pencha en avant et scella leurs lèvres. Les mouvements du garçon étaient maladroits, dénués de toute tendresse tandis qu'il mordait sauvagement les lèvres de plus petit... Cela ressemblait plus à la morsure d'un animal qu'à un baisé.

Il n'essayait même pas d'être gentil ou amiable et força sa langue derrière les dents de l'autre garçon, tentant d'imiter le geste de Malfoy. C'était un baiser profond... cruel, agressif, mais sans la moindre trace de plaisir ou de passion.

Avant qu'Ovidius ne puisse réagir, Tom le poussa brusquement.

Tom fronça les sourcils. De son pouce, il s'essuya la bouche. Il n'aimait pas la sensation visqueuse de la salive de l'autre garçon sur ses lèvres.

Ce n'était pas ça… quelque chose manquait.

Tom observa le frêle adolescent en larmes qui lui faisait face. Il grimaça avant de se retourner.

Ce n'était pas le bon. Pas assez fort. Pas assez obstiné. Pas assez chaud.

Ennuyeux... Quelle déception...

Maintenant complétement désintéressé, le jeune homme quitta la pièce.

…..

Un plaisir et une chaleur encore inconnus montaient en lui. Toutefois, ce ne fut qu'au bord du sommeil que les visions apparurent : un corps nu, parfait et d'une beauté à couper le souffle étendu sous le sien. Une peau couleur d'ivoire, brillante à cause des fines perles de sueurs qui la recouvraient; un dos musclé, la courbe d'une épaule... L'adolescent ne put s'empêcher de toucher et de caresser la peau douce et ferme. Tandis qu'il pressait un peu plus le corps étranger contre lui, un gémissement à peine audible échappa à cette personne. C'était un son sans pareille. Un appel à la luxure. Chaud. Une preuve de soumission. Tout le contraire des bruits volontairement séduisants des petites copines d'Abraxas. C'était grave et sifflant, comme une exclamation de surprise sous la douleur, comme le gémissement d'une créature qui souffrait depuis des heures enfin libérée.

Cette voix faisait bouillir tout son être de désir.

Son pénis était dur, brûlant, et entouré de quelque chose de doux et humide et incroyablement chaud.

Plus par instinct qu'autre chose, il commença à bouger en avant. Entraina les deux corps dans un va-et-vient languissant. Gentil d'abord. Ensuite, dans une folle frénésie.

« Tom... » gémis la personne. Sa voix n'était plus qu'un murmure. Et n'appartenait définitivement pas à un adolescent pré pubère.

Avant que Tom ne puisse répondre, il sentit son corps se mettre en mouvement de lui-même. Il sentit ses lèvres se presser contre le creux d'une nuque, ses dents mordre dans la peau délicate, suçant et festoyant comme un vampire se régalant de sa proie. Puis, il entendit sa propre voix appeler désespérément…

« Harry, Harry, Harry... »

Tom se réveilla en sursaut. Les images se dissipèrent dans un nuage de fumée.

Ce n'était qu'un rêve.

Tom s'assit. Il posa sa main sur son caleçon, et sentit qu'il était souillé.

Le jeune homme inspecta la substance blanchâtre sur ses doigts. Tout à coup, son coeur se mit à battre douloureusement vite et ses yeux se remplirent d'ombres menaçantes.

Qu'est-ce que ça veut dire?

...

... Les hormones Tom, les hormones...

Sinon, j'espère que ce chapitre vous a plu ? Pour m'excuser de l'attente, je promet de faire du prochain chapitre de 4è une priorité dans mes parutions. (Pour ceux qui suivent Summer Tales, il est peu probable qu'un chapitre paraisse avant fin Août - Je dois encore organiser le récit pour la suite.)

à bientôt ^^