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Bonne lecture ^^

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Chapitre 38 : Harry Potter

1er septembre, 1942

Septembre avait toujours été et sera toujours le premier mois, ainsi que le plus important, dans le calendrier de Poudlard. Tous les cœurs s'élevaient quand l'ancien et magnifique château ouvrait ses portes pour accueillir les futurs citoyens du monde magique.

Une année s'était écoulée en un clin d'œil, et le premier mois d'automne pointait à nouveau le bout de son nez. Cette année, la rentrée était encore plus spéciale aux yeux Tom car ce n'était pas seulement avec la maturité d'un élève de cinquième année qu'il retournait à l'école, mais également avec le titre de préfet.

C'était la première fois qu'il profitait d'une position de pouvoir officielle. Bien que son autorité reste limitée au sein de l'école, goûter à ce doux pouvoir suffisait déjà à le satisfaire... pour l'instant, du moins.

Tom prit place au bout de la table des Serpentards. Il gardait la tête baissée, une expression enjouée sur son visage, tandis que ses longs cils noirs jetaient des ombres sur ses yeux, ce qui dissimulait de justesse la cruauté que ceux-ci recelaient.

Ses doigts, longs et fins, caressèrent le badge de préfet flambant neuf qu'il avait accroché sur son torse.

« Bonjour, Tom. Félicitation pour ta nomination. » quelqu'un vint s'asseoir près de lui. Tom reconnut instantanément la voix de l'intrus.

Tom leva les yeux et offrit un sourire au nouveau venu. « Ça fait longtemps, Abraxas. »

éQu'est-ce que tu veux dire... longtemps? Si mes souvenirs sont justes… » Le blond fit un clin d'oeil vers Tom, l'air taquin. « … Il me semble que nous nous sommes vu hier, dans l'Allée des Embrumes. »

Tom, toujours aussi maître de soi, répondit calmement. « Oh? Tu dois faire erreur... Je suis resté dans les environs du Chemin de Traverse, hier. «

Abraxas sourit. « Ah, certes. Je dois m'être trompé de personne. »

Des yeux d'un noir profond rencontrèrent le regard inquisiteur d'Abraxas. Les yeux de Tom brillaient d'un éclat électrisant, révélant la bonne humeur de l'adolescent. Une chose rare.

Les deux Serpentards se serrèrent la main, l'image parfait de deux futurs politiciens qui se comprenaient parfaitement l'un l'autre.

Chaque année, Poudlard accueillait plus d'une centaine de nouveaux élèves. Une fois la cérémonie traditionnelle du choixpeau magique terminée, les jeunes enfants étaient enfin tous assis à la table de leur Maison.

« Bienvenu à Serpentard, » Tom salua les premières années avec un sourire charmeur, entrant dans son rôle de préfet sans aucune difficulté. Cependant, si quelqu'un prêtait bien attention, il aurait pu remarquer la froide apathie dans les yeux du jeune homme.

« Votre attention s'il-vous-plait! » Le directeur se leva de son siège tandis que tous les yeux se tournaient vers lui. « Avant que nous ne puissions profiter du festin, J'ai des nouvelles très excitantes à partager avec vous. Ecoutez attentivement, chers élèves de Poudlard… »

Il fit une pause, puis hocha la tête de satisfaction quand tous les élèves levèrent la tête et se turent.

« Je pense que vous aurez déjà entendu parler du Tournoi des trois sorciers. Oh, et de la Coupe de feu, bien sûr, » annonça le directeur avec un large sourire. Il fit une autre pause pour l'effet dramatique et les chuchotements se répandirent dans la Grande Salle.

Tom ne réagit pas, mais Abraxas oui.

« Par les vieilles chaussettes de Merlin! La Coupe de feu! » Les yeux du blond s'élargirent.

Beaucoup de Gryffondors et de Poufsouffles restaient silencieux, un air ébahis sur le visage, et même certains Serdaigles ne purent s'empêcher d'émettre des cris de surprise.

Le directeur leva une main pour demander le silence.

« Poudlard a le grand honneur d'accueillir le Tournoi cette année. La Coupe de feu choisira un élève de chaque école participante, dont Poudlard, qui deviendra le Champion de son école respective. Les épreuves de cette compétition étant extrêmement dangereuses, le Ministère a établis des règles, notamment celle interdisant aux élèves de moins de dix-sept ans de participer… » ces mots engendrèrent un vague de contestation. « … Maintenant, s'il-vous-plait, accueillez chaleureusement nos amis de Durmstrang et de Beauxbatons! »

L'arrivée des filles de Beauxbatons attira l'attention de tous les garçons de Poudlard.

« Merlin, regarde les— leur déhanchement! » Goyle, un adolescent géant assis en face de Tom, siffla tout bas lorsqu'il fixa le derrière de certaines filles. Il éclata ensuite d'un rire gras et vulgaire.

La qualité de Serpentard est en baisse, Tom grimaça lorsqu'il vit l'air stupide du garçon.

« Je suis d'accord avec lui. Les françaises sont belles*, » chuchota Abraxas en se penchant vers Tom, avant qu'il ne se souvienne de quelque chose et qu'un sourire apparaisse sur son visage. « Oh, c'est vrai, j'oubliais qu'elles n'étaient pas... ta tasse de thé. »

Tom ne broncha pas. Il ignora Abraxas pour se tourner vers de nouveaux élèves et leur expliquer patiemment en quoi consistait ce tournoi.

Cependant, Abraxas insista. Il tapota le dos de Tom pour regagner son attention. « Eh, regarde. Je pense que ceux-ci seront plus à ton goût. »

Au même moment, les étudiants de Durmstrang, avec leurs épais manteaux de fourrure, entrèrent dans la Grande Salle en deux rangs.

Directement, les yeux de Tom se posèrent sur un fin et grand garçon à l'arrière de la file. Il plissa les yeux, les gardant fixés sur l'étranger comme ceux d'un prédateur sur sa proie.

Abraxas suivit le regard de Tom. Il leva un sourcil, « Ouh, Ne me dis pas que c'est ton type? »

L'étranger n'était pas doté d'une apparence très flatteuse. Il avait les yeux globuleux d'un vautour, le même cou décharné et le nez en forme de bec d'oiseau. L'adolescent avait un air morose, ce qui donnait à son visage déplaisant la même expression qu'un charognard observant une carcasse.

À nouveau, Tom ne daigna même pas répondre; son esprit était accaparé par autre chose. Tom reconnaissait l'expression que portait le garçon; quand il entra dans la salle, qu'on le plaça encore une fois en fin de file, Tom vit son visage se tordre de colère et de ressentiment. Toutefois... Tom vit aussi autre chose dans les yeux du garçon... la lueur verte d'une hyène avide. Il lui rappelait la personne qu'il était autre fois... lorsqu'il n'avait pas encore appris à maitriser son masque et son expression polie.

Les doigts osseux de Tom coururent le long de son verre tandis que ses yeux s'assombrissaient. Ses lèvres se tordirent.

Quelque chose lui disait que ce garçon de Durmstrang ferait un allié bien utile.

« … Et enfin, laissez-moi vous présenter les juges. » Le directeur salua ses deux collègues. Il sourit à tous les enfants avant d'ajouter, « Nous pouvons aussi remercier le Ministère de la Magie, qui s'assurera de la sécurité et de l'organisation de ce tournoi. J'ai le plaisir d'annoncer que des aurors nous rejoindront sous peu. »

Tom était encore en train d'observer le garçon-vautour, évaluant froidement comment il pourrait en tirer profit. Le tournoi ne l'intéressait nullement. Cependant, il devait bien admettre que la gloire et la célébrité qui accompagnaient le titre de Champion étaient assez tentant, enfin… un titre n'était pas particulièrement utile... pas comme le vrai pouvoir , la vraie domination. En plus, il n'avait pas encore dix-sept ans, ce qui voulait dire qu'il ne pouvait pas y participer. Pour l'instant, Tom ne voulait pas attire l'attention sur lui. Tout simplement parce qu'il devait encore trouver la Chambre des Secrets.

Il n'en avait rien à faire des juges ou des aurors... tant que ceux-ci avaient l'intelligence de ne pas entraver ses projets, évidemment.

Les lèvres rouges de Tom formèrent un magnifique sourire, qui ne manqua pas de séduire la jeune élève assise non loin de lui.

« Oh! Oh! Je n'ai pas encore présenté proprement les juges, n'est-ce pas? » Le directeur continua à parler, même si plus personne ne l'écoutait. Le vieil homme agita sa baguette pour invoquer un rouleau de parchemin. Il prit ses lunettes de lecture. « Oui. Euh…Les voilà... Les juges du Tournoi des trois sorciers seront les directeurs de chaque écoles ainsi que les aurors du Ministère. S'il-vous-plait, souhaitez la bienvenue à… Alphonse Tullson, Joan Vail, et... Harry Potter. Applaudissez, tout le monde. »

Les élèves applaudirent avec entrain. Evidemment, plutôt que d'accueillir les juges, ils avaient hâte que le festin commence enfin.

Tom redressa soudainement la tête. Il ne mit pas longtemps à trouver le visage familier au sein du groupe qui avançait dans le Grand Hall. Les yeux sombres de Tom se fixèrent sur le jeune homme, parcourant attentivement les traits de son visage les cheveux noirs ébouriffés et légèrement bouclés aux pointes, les lunettes rondes perchées sur son nez, la cicatrice en forme d'éclair cachée sous ses mèches — C'était bel et bien Harry!

Son Harry.

Tout à coup, Tom se souvint des mots qu'Harry lui avait adressés sur le quai lors de son départ.

Le jeune homme lui avait dit, avec un grand sourire, « Rassures-toi, Tom. Nous nous reverrons bientôt. »

C'était donc ce qu'il voulait dire! — Tom baissa la tête pour dissimuler son agitation. C'était une de ses habitudes : ne jamais montrer ses émotions. Il affichait donc toujours un masque de parfaite sérénité et fuyait les regards interrogateurs lorsqu'il perdait le contrôle de ses émotions, pour cacher sa colère, son extasie, sa panique ou sa soif de sang.

Harry se mordit les lèvres. Il ne pouvait pas prédire comment Tom réagirait en le voyant à Poudlard.

Le garçon sera peut-être… contrarié.

Harry sourit d'un air crispé. Il était enfin arrivé aux années cruciales, celles lors desquelles Tom ouvrirait la Chambre des Secrets et créerait son premier horcrux. Et bien évidemment, l'adolescent n'accepterait pas la moindre interférence.

Mais Harry se devait d'interférer... avant qu'il ne soit trop tard.

« Harry, ta mission n'est pas de le changer, » lui avait dit Hermione.

Oui, il l'avait comprise. Il avait senti les mains du Destin se serrer autour de son cou, tandis que l'entité lui chuchotait qu'il était impuissant, faible, qu'il ne pouvait pas lutter contre le courant de l'histoire. Il ne pourrait jamais le changer... l'arrêter. Tout ce que Harry avait fait pour Tom Riddle était désintéressé, une preuve de la naïveté et de l'affection d'Harry… peut-être que Tom ne l'avait jamais considéré comme sa famille... peut-être que ce n'était qu'un rêve improbable... Il avait bêtement cru être capable de préserver le garçon de l'abysse, sans réaliser que celui qui sombrait dans ses profondeurs ténébreuses et sans fond, c'était lui.

Maintenant, il était temps de se reconcentrer: quel était le but de sa mission? Sa mission était de découvrir quelle était la faiblesse de Voldemort. Un point c'est tout! Son rôle dans le passé devait se limiter à celui d'un observateur. Il ne devait pas se mêler des affaires des autres, mais d'un autre côté, il ne pouvait pas... l'abandonner.

Aussi, quand on lui avait offert l'opportunité de retourner à Poudlard, de se rapprocher de Tom, Harry avait accepté sans aucune hésitation.

Le Tournoi des Trois sorciers. Harry connaissait bien cet évènement, et pas seulement parce qu'il y avait lui-même participé, mais aussi parce que... il y avait perdu un ami. Un jeune homme et son brillant futur avaient disparus; le monde des sorciers avait perdu la courte paix qu'il avait connu pendant une quinzaine d'années.

Parfois, dans ses rêves, il revivait encore cette terrible nuit dans le cimetière— il revoyait la marque des ténèbres, les robes noires des mangemorts qui l'entouraient, et le fantôme de Cedric apparaissant devant lui, lui demandant calmement, « S'il-te-plait, ramène mon corps à mon père. »

Harry tenta de se débarrasser de ces pensées fatalistes, de les empêcher d'envahir son esprit. Ses yeux piquaient, mais il ne pouvait pas se permettre de pleurer. Après tout, il était l'Elu, et la vie de nombreuses personnes dépendait de ses choix. Quelques années plus tôt, le 27 août 1939, il avait fait le choix de protéger et de se mêler de la vie de Tom Riddle... et ce faisant, par inadvertance, il avait destiné ses amis à un futur inconnu.

Harry se tourna pour regarder le bel adolescent attablé à la table de Serpentard, avec sa tête baissée et son badge de préfet fièrement épinglé sur son torse. Tout à coup, Harry se sentit plus léger et son sourire se fit plus naturel ... ce garçon était son fils, l'enfant qu'il avait élevé et aimé depuis des années.

Aussi... peu importaient les difficultés qui l'attendaient dans le futur, peu importait la douleur, il souffrirait tout seul. Il était l'Elu, c'était là son devoir et sa responsabilité. Etre considéré comme le 'sauveur' signifiait qu'il devait faire des sacrifices, prendre des décisions difficiles... N'était-ce pas la seule vérité?

Même s'il ne pouvait pas changer le futur, si celui-ci était écrit dans la pierre, ineffaçable, il continuerait ses efforts, ne cesserait de pousser contre ce mur inébranlable jusqu'à ce qu'il soit recouvert de sang, exténué, et ce jusqu'à son dernier souffle. C'était ça la bravoure d'un Gryffondor.

Harry quitta Tom des yeux. Le garçon n'avait pas levé la tête. Il suivit Joan jusqu'à la table des professeurs.

« Harry, mon garçon, quel plaisir de te revoir. » Le sage vieil homme envoya un clin d'oeil à Harry, ses yeux bleus brillants de leur habituelle bonne humeur. Le sourire et la voix du futur directeur étaient aussi doux que dans les souvenirs d'Harry.

Harry réprima les émotions qui lui montaient à la gorge. « Tout le plaisir est pour moi, Professeur Dumbledore. »

« Quoi? Tu veux dire que c'était TON Harry? » Dans la salle commune des Serpentards, Abraxas sauta de son fauteuil d'une manière peu raffinée pour un Malfoy. Sa bouche était grande ouverte tandis qu'il jetait à Tom un regard incrédule. « Par Merlin! Il n'a pas l'air d'avoir plus de vingt ans! »

Tom paraissait toujours aussi calme, ses yeux aussi beaux que les trous noirs de l'espace, d'un noir profond et complétement indéchiffrables. Les lèvres de l'adolescent se tordirent pour former un rictus sarcastique. « C'est vrai. Depuis mes quatre ans, son apparence n'a pas changé. »

« Attend! Quel est son nom de famille de nouveau? » Abraxas sembla soudainement réaliser quelque chose.

« Harry Potter, pourquoi? »

Abraxas fronça les sourcils. Il tenta de se remémorer le visage de l'auror, qu'il n'avait que brièvement aperçu durant le diner. D'après ses souvenirs, l'homme était plaisant à regarder, mais il n'en avait pas pensé grand-chose d'autre. Les sourcils d'Abraxas s'abaissèrent encore plus. L'auror n'avait-il pas un épais nid d'oiseau noir sur sa tête, et une silhouette frêle sous sa robe?... N'avait-il pas l'apparence typique d'un Potter?

« Quelle est sa relation avec la famille Potter? » demanda Abraxas. Les rouages s'étaient mis en route dans le cerveau du blond— Les Potter n'avait généralement qu'un enfant par génération, aussi ils n'avaient ni cousins, ni branche secondaire en Europe. Le seul Potter de cette génération aurait donc dû être Charlus. Alors qui était Harry Potter?

Tom haussa un sourcil. « La famille Potter? »

« Oui, je suppose que tu ne les as encore jamais rencontré. Le plus jeune Potter avait fini ses études juste avant que tu ne rentres à Poudlard... Il est donc logique que tu ne le connaisse pas. »

Abraxas expliqua ensuite la situation de la famille Potter à Tom. Après un instant de réflexion, il ajouta, « Je n'y avais pas vraiment prêté attention, mais maintenant qu'on en parle... cela saute aux yeux. Harry et Charlus... se ressemblent énormément. »

Les pupilles du jeune Seigneur des Ténèbres se contractèrent. Les mots d'Abraxas défilaient en boucle dans sa tête — ils se ressemblent? Qu'est-ce que ça veut dire?

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Quelle nostalgie… quand j'ai découvert cette fic, ce chapitre était le dernier publié… et j'ai dû attendre DEUX ANS pour la suite ! Je vous fais attendre le même temps ?... Non, ce serait bien trop cruel. Heureusement pour vous, la traduction anglaise a reprise, ce qui veut dire que vous avez encore au moins 10 chapitres qui paraîtront (à coup sûr) dans le futur. (Tout en rappelant que l'histoire originale contient à peu près 80 chapitres).

Bref, bonne rentrée à ceux qui sont à l'école, bonne continuation de vie pour ceux qui ne le sont pas. J'espère que ce chapitre vous aura plu.