Désolée, vraiment désolée pour le retard. Mais entre Doudou qui recommence doucement à sortir, un manque d'inspiration et de motivation le reste du temps et bon bah un manque de temps évident… Le voici enfin ce chapitre tant attendu. J'espère ne pas vous décevoir encore une fois et qu'il aura valu malgré tout cette attente.
Comme convenu avec le reste de l'équipe, Hotch, Emily et Dave conduisirent Spencer au domicile de Rossi. Chacun de ses coéquipiers lui jetait quelques regards furtifs, observant ses gestes et un quelconque signe d'inconfort. Il ne parlait pas mais sur ses traits tirés par la fatigue se lisait de la nervosité, se rajoutant à ses mains qu'il tordait dans tous les sens quand il ne les passait pas dans ses cheveux.
Se retrouver coupé du monde, loin de sa petite fille… à l'abri d'un malade mental rôdant dans les alentours… avec un « ex » mari dont il ignorait tous les sentiments envers lui à l'heure actuelle. Le détestait-il encore ? Le haïssait-il encore plus maintenant qu'il savait ce qui s'était passé ? Les explications allaient arriver, forcément. Il voudrait certainement voir l'état de son corps,… Et là que se passera t-il ? Les chances de reformer un couple un jour étaient déjà minimes en ce moment alors après ça, cela risquait d'être pire que tout. Il l'aimait tellement et il risquait de le perdre définitivement. Il se demandait finalement si ce cauchemar vécu avait servi à quelque chose ? Il avait certes sauvé la vie des deux amours de sa vie. Mais bon, si l'un des deux ne revenait pas vers lui, à quoi tout ceci servait ?
Sa réflexion fut coupée quand la voiture commença à ralentir. Le superbe manoir de David était en vue et ils passaient le cap des grilles. Ce domicile était immense et magnifique, assez éloigné de la route mais malgré tout, facile d'accès d'où la réelle nécessité de mettre des gardes autour de la maison. Ces derniers d'ailleurs arrivèrent juste derrière eux.
Ils entrèrent dans le parc et après de rapides saluts, franchirent la porte du manoir. A chaque fois qu'il venait ici, le cadet était toujours impressionné par la taille de l'endroit ainsi que son côté autant moderne que sobre, restant ainsi à l'image de son propriétaire.
Il jeta un regard rapide autour de lui, se familiarisant avec les lieux où il s'était rarement rendu avec le reste de l'équipe, fait qui se confirma encore plus le jour où Hotch et lui avaient annoncé leur relation. Ses yeux commençaient à se fermer presqu'automatiquement. La quiétude de l'endroit, les événements de ces dernières semaines se faisaient ressentir peu à peu et même s'il avait peur de s'endormir craignant les cauchemars, les réveils en sursaut. Tremblotant, suant, tout ce qu'il avait déjà vécu à l'époque de Tobias… tout ce qu'il devait revivre presque quotidiennement. C'était ce que sa vie était devenue : un horrible cauchemar permanent, éveillé, sans que Morgan ne soit à ses côtés.
Allait-il revivre un peu de quiétude sachant que l'homme dont il était follement amoureux était avec lui ? Pas à la place où il le souhaiterait le plus, mais près de lui, dans la chambre voisine ? Comment allaient-ils pouvoir passer un nouveau cap ensembles ? Cette question ne cessait de le tarauder…
« Reid… eh oh Reid ? »
La voix de David le fit sursauter. Tellement pris dans ses pensées, il n'avait pas réalisé que les autres étaient encore avec lui et par là, que l'on s'adressait à lui. Reprenant contenance, il se retourna vers eux, qui le fixaient d'un air inquiet. Il leur adressa un léger sourire pour les rassurer.
« Excusez-moi, je pensais à autre chose. »
« Ce n'est pas grave, ne t'inquiètes pas. Je disais juste que je devrai te montrer ta chambre. »
« D'accord. Je… je te suis. »
Il monta les escaliers lentement derrière David. Emily et Hotch attendaient en bas, autant par sécurité que par respect de la vie privée de Spencer. Une salle de bains dont la porte était entrouverte faisait face à l'escalier. A côté se trouvait la chambre de David.
« De ce côté-là, il y a ta chambre. Tu peux te servir de ma salle de bains ou l'autre qui se trouve à côté de toi. Celle de Morgan sera juste face à la tienne au cas… au cas où. »
« Au cas où… » Même David avait pensé à les séparer, malgré leur besoin mutuel de se protéger l'un l'autre. Mais voilà maintenant ils n'étaient plus amants, à peine à nouveau amis, presque de simples collègues. Il n'y avait aucune raison à ce qu'ils se retrouvent ensembles dans la même chambre, dans le même lit. Leur lien n'existait plus, leur amour n'était plus rien. Ils n'étaient plus rien et la raison de ce rien se rendra rapidement compte de la supercherie orchestrée contre lui, finira par les retrouver… et les tuerait tous les deux. Puis il continuera encore et encore, poursuivant sa folie meurtrière car il échappera à nouveau au FBI, à la police. Il était très fort, très malin et capable de tout.
Un long frisson parcourut son échine en se rendant soudainement compte qu'il avait fait une immense bêtise en cédant aux menaces de Michaël, en se taisant, en sacrifiant son bien-être pour les siens. S'ils ne pouvaient l'arrêter, il aura fait tout ça pour du beurre, tout cela pour aboutir à plus de mal que de bien. C'était lui l'imbécile de l'histoire en fin de compte.
Il observa sa chambre : sobre, couleurs chaudes employées, un lit deux places avec une grande armoire en acajou, du parquet au sol. L'ensemble était beau et accueillant. Ça lui changeait de d'habitude.
Il remercia avec un sourire timide Rossi pour son hospitalité et fit le tour du lit pendant que son hôte quittait la pièce. Sur une étagère au-dessus d'un bureau en bois se trouvait quelques livres. Des romans policiers qu'il avait déjà lu plusieurs fois, des classiques de la littérature anglaise qu'il connaissait bien. Un livre attira son attention, un qu'il n'avait jamais lu- étonnant n'est-il pas- un roman français d'un certain Guillaume Musso. Il le prit et vint s'allonger sur le lit pour commencer la lecture.
Comme à son habitude, il parvint très rapidement à la fin. Il aimait découvrir de nouvelles lectures. Pendant plusieurs minutes, sa concentration totale sur les pages lui permettait d'oublier le reste, son échappatoire de toujours.
Ici l'histoire concernait deux jeunes personnes qui se rencontrent par hasard, sans se rendre compte immédiatement qu'ils s'étaient connus dans une vie antérieure. Le récit n'était pas d'une très grande qualité mais ça le passionnait. Il n'en perdait pas une miette, malgré ses paupières qui s'abaissaient peu à peu. Il tenta de rester éveillé, luttant contre le sommeil qui le gagnait, voulant finir le livre avant de s'endormir. Mais la fatigue le vainquit et sans s'en rendre réellement compte, il rejoint les bras de Morphée la tête bien calée contre son oreiller.
(…)
Du pas de la chambre laissée entrouverte, Derek se prenait à observer son Pretty Boy. Il était arrivé quelques minutes auparavant. Comme Rossi l'avait fait avec Spencer, il lui avait montré à son tour la chambre où il logerait. Après quelques minutes de conversation avec ses collègues et les conseils de sécurité habituels, l'ayant assuré d'une surveillance permanente alternée, ils avaient quitté la maison tous les trois. Laissant ainsi « seuls » les deux hommes.
Il pouvait voir- par sa respiration calme, son dos se mouvant à rythme régulier, son corps immobile- qu'il s'était endormi.
Depuis quand avait-il dormi correctement ? Depuis quand avait-il bien manger ? Cet homme abusait-il de lui autant qu'il le pensait ? Etait-il encore assez amoureux de son homme ? Pouvait-il lui pardonner totalement ? Car non, ce n'était pas de la pitié qu'il ressentait pour son cadet, c'était une tentative de le comprendre. De savoir pourquoi avait-il agi ainsi ? Etait-il vraiment assez fou pour se jeter dans la gueule du loup comme ça ou l'aimait-il au point du sacrifice ? Cette dernière hypothèse, à la fois, le satisfaisait et l'attristait. Satisfaction parce qu'il se disait que tout n'était pas détruit entre eux. Tristesse parce qu'il se demandait : qu'avait-il fait pour mériter un tel sacrifice ? Qu'avait-il de si exceptionnel ? Rien pourtant.
Il continuait à observer son amour en se posant de nombreuses et nouvelles questions comme : tout cela pouvait-il justifier le fait qu'il avait cherché à le tromper en premier lieu ? Saura t-il passer tous ces sentiments négatifs qu'il avait ressenti ces trois derniers mois pour avancer et prendre soin de lui ?
Il n'eut pas le temps d'aller plus loin dans sa réflexion en voyant du mouvement sur le lit. Spencer restait dans la même position mais il remuait beaucoup. Se tenant les bras, bougeant les jambes. Finissant par se retourner, les yeux toujours clos. Le mot « non » franchissant en continu ses lèvres, demandant à Michaël d'arrêter, de ne pas lui faire du mal, de le laisser tranquille. Voix plaintive, remplie de sanglots. Ce fut suffisant pour Morgan qui se précipita à ses côtés, en tentant de le réveiller. Pour le faire sortir de ce cauchemar qu'il revivait.
« Spencer… Spencer réveilles-toi, réveilles-toi s'il te plaît ! Tu fais un cauchemar ! »
« Non, non Michaël s'il te plaît me fais pas de mal, me fais pas de mal ! »
Il tenta plusieurs fois de le réveiller avec cette même phrase mais ça ne semblait pas fonctionner. Et Reid se débattait de plus en plus. Il tenta avec douceur une approche tactile, posant délicatement sa main sur le dos de son amour. Ce simple contact suffit à l'éveiller, se redressant brusquement, les yeux grands ouverts remplis d'effroi.
Derek ne bougea pas, laissant sa main là où elle était malgré tout, effectuant quelques caresses sur le dos de son amour. Celui-là même qui avait les yeux envahis de larmes. Cela avait du être violent comme souvenir. Il semblait figé sur place, même si ses yeux étaient bien ouverts et fixaient Derek.
« Chut, chut Spencer calmes-toi ce n'est rien ! C'est juste un cauchemar ! Je ne le laisserai plus t'approcher, je te le promets ! »
« D… De… Derek ? »
« Oui je suis là Pretty Boy, je suis là ! »
Il se surprit lui-même à utiliser ce surnom mais il était le seul à l'utiliser au bureau. S'il devait confirmer sa présence auprès de Reid, il devait bien l'utiliser. Le cadet ferma les yeux quelques instants, passant une main sur son front avant d'aller essuyer ses paupières. Il avait un peu honte qu'on puisse le voir ainsi. Et même s'il s'agissait de son ex, il n'aimait pas se montrer aussi faible. Il n'était pas faible, il ne l'était pas…
« Dé… désolé ! Je… Quelle heure il est ? »
« 12h30. »
« Les… où sont les autres ? »
« Retournés au bureau ! Ils vont continuer à enquêter. David reviendra tout à l'heure. »
« Ok… »
Un silence gêné s'installa de nouveau entre eux. Cela leur faisait bizarre de se retrouver dans une telle situation. Entre eux, le dialogue avait toujours été plus ou moins facile. Mais ce silence montrait bien la brèche qui les séparait encore aujourd'hui. Elle sera difficile à refermer, ils en étaient convaincus.
« Tu… enfin tu… tu veux en parler ? »
« N-Non. Pas… pas là. Pas encore. Enfin… je… je sais qu'on va devoir… qu'on va devoir… qu'on va devoir le faire. Mais je… je ne suis pas encore prêt ! »
« D'accord Spencer ! Je… je vais finir de déballer nos affaires. Pendant ce temps, essayes de dormir un peu, d'accord ? Et n'hésites pas si… si t'as besoin de quelque chose ! »
Il allait se redresser afin de quitter la chambre pour le laisser se reposer mais il fut retenu par le bras. Il se retourna vers Spencer, scrutant son regard rougi, faisant une demande de réponse silencieuse.
« Tu… tu peux… enfin euh… tu peux… rester… enfin me prendre… euh dans tes… »
Il comprit rapidement ce que voulait son ami et sans dire un mot de plus, ne réfléchissant pas et ne se posant pas de questions, il vint s'allonger à côté de lui sur le lit. Après quelques secondes d'hésitation, il entoura le corps si frêle de son amour de ses bras puissants, attendant que la respiration régulière se fasse entendre.
Une heure plus tard, JJ- venue faire une visite rapide avant de retourner travailler- fut surprise quand elle ne reçut pas de réponse en appelant du rez-de-chaussée les deux hommes. Inquiète, elle monta à l'étage l'arme prête à être dégainée. Quand elle arriva au seuil de la chambre de Spencer, un sourire tendre se forma sur son visage quand elle vit ses deux amis endormis collés l'un à l'autre. En évitant de faire du bruit, elle redescendit les escaliers et sortit rapidement de la maison après avoir salué les policiers en poste.
Tbc…
Hum… euh j'espère que vous n'êtes pas déçus. Après une telle attente, j'espère que ce n'est pas le cas. Sinon n'hésitez pas à me le dire dans vos reviews. A bientôt pour la suite !
