Dadaaaam…

Bonne lecture

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Chapitre 44: Confiance, espoir et machinations

Nuit du 12 septembre, 1942

Sous la poigne de fer du jeune homme, les pages se mirent à tourner.

Harry ne se rendait même pas compte que Tom le trompait délibérément en lui présentant l'une des plus brillantes mascarades qu'il fût. Son attitude humble et ses beaux sourires n'étaient que des appâts pour attirer Harry, le faire sortir de sa cachette et apaiser ses peurs.

Bien sûr, il était tout à fait normal qu'Harry se fie à ce qu'il voit et le confonde avec la réalité.

Les eaux calmes de la mer dissimulent des prédateurs qui hantent les fonds marins. Les plus sages savent qu'il faut toujours se méfier de l'eau, mais beaucoup y plongent sans crainte.

Tandis qu'ils abordaient un sujet plus neutre, comme les cours de Tom, et commençaient à discuter plus naturellement, Harry chercha les signes qui laisseraient entrevoir la mauvaise humeur de l'adolescent, sans rien percevoir en fin de compte. La force mentale de Tom l'étonnerait toujours : le jeune homme gardait la tête haute même quand il risquait d'être rejeté par l'unique figure parentale dans sa vie.

Il découvrit que Tom connaissait beaucoup de choses, ce qui n'était pas vraiment une surprise en soi. Cependant, ce qui impressionna vraiment Harry, c'était qu'il en savait bien plus qu'un élève normal de cinquième année.

Il ne put s'empêcher de songer à Hermione, et de se demander comment l'histoire aurait tournée si une sorcière aussi intelligente avait succombé à l'appel des ténèbres. Si Tom s'avérait aussi studieux qu'elle, il avait bien peur que, à l'exception de Dumbledore, personne ne puisse jamais rivaliser avec le pouvoir de Tom. Bellatrix et Malfoy n'étaient rien en comparaison. Pour complétement maîtriser les arts sombres, il fallait les comprendre. Or, peu le pouvaient.

Leur conversation semblait ne pas avoir de fin. C'était surtout grâce à Tom qui, quand il le voulait, pouvait se montrer particulièrement aimable et incitait les gens à se confier à lui. Sa vivacité d'esprit lui permettait de saisir rapidement quels étaient les intérêts de son interlocuteur. Il pouvait prolonger la conversation aussi longtemps qu'il le voulait, en ayant recours aux justes mots pour éveiller la curiosité de l'autre.

« Harry, j'ai tenté de jeter le sortilège du Patronus. » Tom pinça les lèvres un instant, prenant un air légèrement gêné, juste assez longtemps pour qu'Harry le remarque. « Je dois dire… que les résultats n'ont pas été concluants jusqu'ici. »

Tom ne pouvait pas deviner quel objectif poursuivait Harry, quelles étaient ses motivations. De toute évidence, Harry n'espérait rien de lui. Il n'éviterait certainement pas Tom si c'était le cas. Tout ce que Tom savait, c'était qu'Harry voulait le parfait, sage et gentil Tom Riddle. Un bon Tom Riddle.

Le sortilège de Patronus était réputé pour être l'incarnation même du bien en chaque individu. Etait-ce à cause des conditions nécessaires pour le maitriser, ou à cause de son apparence? Tom n'en avait aucune idée.

Même à l'état d'adolescent, l'âge mental de Tom excédait son physique. Pour Tom, le pouvoir n'était utile que s'il prenait la forme d'attaque violentes, pas en tant que défense. De plus, quel intérêt revêtait une pensée heureuse sur le champ de bataille ? Ne servirait-elle pas qu'à le distraire ? Pour ces raisons-là, le Patronus ne représentait qu'une perte de temps à ses yeux. Il n'avait jamais tenté de le jeter, bien qu'il se soit préparé théoriquement en vue de cette soirée-ci.

Pour mieux tromper Harry, avoir l'air d'avoir besoin d'aide lui serait avantageux. En fait, si Harry assistait à une telle preuve de faiblesse, il pourrait même complétement laisser tomber sa garde.

« Tu as essayé de jeter un Patronus? » demanda Harry.

Tom n'aurait pas su dire avec certitude ce qui passa par la tête d'Harry, mais le minuscule écarquillement de ses yeux suggérait un soupçon de surprise.

….

Lorsque l'adolescent hocha la tête, Harry sentit son coeur se réchauffer doucement, comme si la joie qui montait en lui le brûlait de l'intérieur. Le Patronus était son sort de prédilection; ce charme demandait à la fois une volonté de fer et des souvenirs aussi joyeux que puissants pour être correctement maitrisé. Tom n'avait pas encore réussi, mais il était désireux d'apprendre. Tom faisaient-ils parti de ceux qui ne cherchaient que le prestige qui accompagnait un sort aussi avancé ou souhaitait-il simplement apprendre à se protéger ?

Dans tous les cas, Harry était soulagé qu'il s'intéresse à un sort aussi lumineux.

Tom soupira, changeant tout à coup de sujet. « J'ai été demander de l'aide au professeur Slughorn, mais je ne sais pas pourquoi, il a refusé de m'en parlé. »

À l'instant exact où Tom vit l'expression d'Harry se figer, un éclat de colère traversa ses propres yeux.

« Eh bien, si ça te convient, je pourrais t'enseigner ce sort. C'est l'un de mes préférés après tout. » Dit Harry, cherchant à éviter le sujet délicat qu'était Slughorn.

Tom se leva et sortit sa baguette pour répondre à la proposition d'Harry. « Peut-être que ce sort sera plus facile à apprendre avec un professeur qualifié. »

La voix douce de Tom, sa politesse et son sourire donnèrent à Harry l'absurde impression d'être invité à danser. Harry rencontra les yeux noirs de Tom mais n'y vit que son propre reflet. La situation était des plus étranges, et Harry ne savait pas s'il devait être content ou confus. S'il avait été une jeune fille de Poudlard, il serait certainement tombé irrémédiablement sous le charme de Tom.

La situation étant ce qu'elle était, Harry se leva et sorti également sa baguette sans pouvoir complétement se débarrasser de ce sentiment de gêne.

La salle de bain du préfet n'était pas très large, mais assez spacieuse pour que deux personnes puissent s'y entrainer.

« Tu dois te remémorer un moment heureux, même si c'est difficile. » Harry avait l'impression d'être le professeur Lupin, à expliquer comment ce sort fonctionnait.

Tom leva sa baguette, l'air très concentré, tandis qu'Harry ajustait sa posture.

Harry redressa le poignet de Tom et dit, « Lève un peu ton bras, tu auras plus de chance de réussir si tu es plus en hauteur. »

Tom se souciait peu de la position de son bras, néanmoins, il laissa Harry le guider.

« Comme ça? » demanda simplement Tom.

« Trop haut, » dit Harry, attrapant de nouveau le bras de Tom. « Il faut que ce soit plus naturel. »

En septembre, les étudiants avaient l'habitude de retrousser les manches de leur chemise afin d'avoir un peu moins chaud, et Tom ne faisait pas exception à la règle

Les doigts d'Harry se posèrent sur sa peau nue.

Par rapport à la chaleur ambiante, les doigts posés sur le bras de Tom étaient d'une fraicheur agréable. Lorsqu'ils entrèrent en contact avec son épiderme, ce fut comme si des courant d'énergie le traversèrent. Tom eut presque l'impression que son âme même était choqué par cette rencontre charnelle.

Même si d'habitude Tom détestait ne pas avoir le control, il ne pouvait pas être répugné par cette touche.

La sensation de la chair touchant la chair lui fit presque perdre toute concentration.

Cette sensation qui se répandait le long de son bras réveillait une profonde satisfaction au fond de lui. C'était plus que sexuel c'était un plaisir incomparable pour Tom.

Comme tout bon serpentard, Tom ne laissa rien paraitre de ce qu'il ressentait. Seul l'assombrissement de ses yeux aurait pu le trahir.

Harry était complétement concentré sur sa leçon, inconscient des idées de Tom. Grâce au temps qu'il avait passé à enseigner ce sort lors de sa propre scolarité, Harry enchaina les différentes étapes sans même avoir besoin d'y réfléchir. Il n'avait que ses amis à l'esprit: comment il avait ajusté leurs bras, comment il les avait félicité, les lumières et animaux argentés qui avaient pris d'assaut la Salle sur Demande. Ça n'avait pas été facile, mais Harry avait réellement apprécié cette expérience.

Et à l'époque, alors que la situation semblait désespérée, Harry s'était raccroché à un dernier espoir. Comme il le faisait maintenant.

Même si les choses ne faisaient que s'aggraver, même s'il était sur le point de mourir, Harry ne renoncerait jamais à espérer car c'était tout ce qui lui restait pour repousser les ténèbres et le désespoir.

….

Le résultat de cette leçon était prévisible. Peu importe les efforts d'Harry, peu importe le nombre de techniques qu'il lui proposait, Tom n'avait pas su jeter un Patronus. Si la mauvaise graine ne donnait même pas de feuille, deviendrait-elle jamais une fleur?

« Ne t'en fais pas, ce sortilège est célèbres pour sa difficulté. Je suis sûr qu'avec un peu plus d'entrainement, tu y parviendras. » Harry tapota l'épaule de Tom en signe de sympathie. L'enfant, qui avait toujours des notes parfaits, devait probablement être frustré d'avoir échoué.

Cependant, on ne pouvait plus vraiment traiter Tom d'enfant, vu sa hauteur. Harry soupira. C'était probablement ce que devaient ressentir les parents; peu importe à quel point il grandissaient, leurs enfants resteraient toujours des enfants.

Tom était incapable de se détacher des sentiments qu'il avait pour Harry, de ce désir possessif et obsessionnel qu'il éprouvait pour cet homme. Harry, lui non plus, ne pouvait laisser ses sentiments de côté. Il était l'ennemi de Tom, mais aussi son ami, son gardien et son père.

Harry ignorait complétement d'où venaient ces émotions. C'était comme si elles avaient formé un noeud géant, et que chaque fois qu'il essayait de les démêler, il ne faisait qu'embrouiller encore plus les choses.

« Harry, ça fait déjà un bon moment que nous y sommes. Il doit être tard. Peut-être que tu devrais rester ici cette nuit? »

Exténué, Harry acquiesça sans hésitation. Bien trop d'escalier se dressaient entre lui et sa chambre.

« Tu n'as pas peur que je prenne toute la place dans la lit? » rigola Harry.

Tom lui sourit, « Bien sûr que non. Je pense que je peux survivre à une nuit avec toi. »

….

« Est-ce que tu veux que je te prête des vêtements? » demanda Tom en allant prendre une chemise et un pantalon de pyjama de son armoire, avant de se diriger vers la salle de bain.

Le seul bruit qui lui parvint fut les ricochets de l'eau contre la vitre de la douche.

Peut-être qu'Harry ne pouvait pas l'entendre avec le bruit de la douche. Lui, en tout cas, ne pouvait pas entendre la réponse d'Harry.

Tom répéta sa question, attendant une réponse. Quand il n'en reçut aucune, il pressa instinctivement sa main contre la poignée de porte. A sa grande surprise, il réalisa qu'Harry ne l'avait pas fermée.

Il ouvrit lentement la porte et entra dans la salle brumeuse. L'humidité de l'air était telle que des gouttes de vapeurs commençaient déjà à se former le long des murs de la salle de bain. Tom parvenait à peine à percevoir la silhouette d'Harry derrière la vitre embuée. Tout ce qu'il put voir, ce fut la pâleur de la peau d'Harry, la silhouette de son dos et de ses cuisses fermes.

« Tom? » dit Harry lorsqu'il entendit la porte se refermer. Sans ses lunettes, il ne voyait qu'une ombre entourée de vapeur. L'eau qui coulait dans ses yeux ne faisait rien pour améliorer sa vision.

« Je t'ai apporté des vêtements. La porte était ouverte, et comme tu ne répondais pas je pensais te les laisser ici. » Répondit Tom. Harry rougit d'embarras. En dépit du temps passé avec Ron, dont l'intimité n'était pas le premier souci, il n'aimait pas laisser les portes ouvertes quand il était aussi vulnérable.

Il devait vraiment être très fatigué.

Harry remit rapidement ses lunettes. Elles ne lui furent pas d'un grand secours recouvertes de buée comme elles l'étaient. Il l'essuya rapidement du bout des doigts. Tom profita de la pauvre vision d'Harry pour parcourir d'un regard intense toutes les parties du corps de l'homme sans laisser entrevoir le feu qui le consumait.

Toutefois, Tom était sage et ne s'attarda pas trop longtemps, bien ce ne fut pas l'envie qui lui manquait. « Désolé de t'avoir dérangé. Je te laisse les vêtements. »

Quand Harry sortit de la salle de bain, vêtu d'un pyjama légèrement trop petit pour lui, il se retrouva face à Tom, qui l'attendait avec deux verres de vin à la main.

« J'espère que tu aimeras la bouteille que j'ai choisie. » Tom leva un sourcil et sourit, pregnant une gorgée de son propre verre.

Il observa Harry de la tête aux pieds, s'arrêtant sur chaque détail. Le feu de son regard était dissimulé derrière ses longs cils noirs, et si Harry l'avait aperçu, ce serait facilement passé pour un jeu de lumière.

Harry s'essuya les cheveux avec sa serviette et rigola, « Où as-tu bien pu trouver ça? »

Tom se contenta de sourire et alla chercher une petite bouteille posée sur une étagère. Il se tourna vers Harry et lui demanda, une expression soucieuse sur le visage « Harry, j'ai l'impression que tu ne dors pas très bien ces derniers temps. J'ai quelque chose qui pourri t'aider. Tu veux essayer? »

Harry haussa les épaules et vit Tom verser trois gouttes d'une potion inconnue dans l'un des verres. « Je suppose que ça ne peut pas faire de mal. »

Tom sourit d'un air joyeux, agita le vin, et tendit le verre à Harry. « Vas-y, goute-y déjà. Je vais aller prendre une douche. »

…..

Lorsque Tom quitta la salle de bain, ce fut pour tomber sur un Harry déjà endormi, confortablement installé dans le lit. Le verre de vin reposait sur la table de chevet, complétement vide.

Le coeur battant à la chamade, le jeune seigneur des ténèbres était enfin libre d'être lui-même devant sa proie.

Son appétit dévorant s'était emparé de son esprit. Sans aucune crainte, sans hésiter, il s'approcha du lit pour mieux voir ce qu'il avait attrapé.

Le jeune homme se tint au-dessus de l'homme qui dormait dans son lit. Son ombre, large et menaçante, recouvrait entièrement ce dernier.

Tom se pencha, fixant de ses yeux sombres le visage détendu d'Harry. Même maintenant, de si près, il ne pouvait voir aucun changement chez l'homme qui l'avait accueilli alors il n'était qu'un enfant. Le temps avait épargné ce visage; un visage avec lequel Tom était devenu très familier.

Il éprouvait énormément de plaisir, de satisfaction, à savoir qu'il avait maintenant la situation sous control. Un sourire déplaisant vint déformer son visage.

Son bien le plus précieux se trouvait juste là, sous lui, paisiblement endormi.

Incapable de se retenir plus longtemps, il se jeta sur l'homme et enfouit son visage dans le cou d'Harry pour y lécher la peau tendre. Il entreprit ensuite de parcourir avec sa langue le torse de cet homme. Encore inexpérimenté, il faisait confiance à ses instincts primaires pour le guider tandis qu'il se frottait contre Harry en grognant.

Tom avait réprimé ce désir, cette passion si longtemps qu'elle retournait maintenant avec vengeance plus envoutante, plus agressive qu'auparavant. Il se concentra sur les sensations, sur ses muscles glissant contre ceux d'Harry, observa le visage bienveillant de son tuteur, prenant avantage de l'état passif de sa proie.

Sous lui dormait l'homme qu'il appelait "père". Même s'ils n'étaient pas réellement liés par la chair et le sang, la nature taboue de cet acte ne servait qu'à l'exciter davantage.

Après de longs frottements contre l'estomac d'Harry, il atteint sa limite dans un moment d'extase. Satisfait, il se redressa pour mieux contempler la preuve de l'interdit qu'il venait d'enfreindre, l'état ravagé du corps d'Harry.

Après avoir marqué au fer rouge cette vision dans sa mémoire, il jeta quelques sorts pour cacher son méfait. Harry ne se douterait de rien.

Ayant évacué un peu de sa frustration, il était repu… pour l'instant du moins.

….

De l'autre côté de la ligne temporelle, dans le futur, le Seigneur des Ténèbres fronça soudainement les sourcils, perplexe.

...

... Oui, euh... petit avertissement/rappel (même si je ne sais pas si je l'ai déjà mentionné), il y aura du non-con (non-consentant) plus tard dans la fic (bien qu'on ait encore le temps avant d'y arriver).

Aussi, la traductrice anglaise n'a pas encore été plus loin que le chapitre 47. Il est donc fort possible que cette traduction soit mise en hiatus à partir de décembre, car je devrais moi-même attendre les chapitres suivants. (je vous préviens déjà pour vous préparer psychologiquement).

à bientôt!