Certains voulaient Du Voldemort du présent ? En voici !
Grand merci à ma béta : Teresariddle ^^
Bonne lecture
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Chapitre 45: Le Seigneurs des Ténèbres
Le 7 février, 2001
Contrairement à l'insouciance dont profitait Harry en 1942, le présent était plongé dans l'oppression. Le froid de l'hiver et le brouillard londonien rendaient la ville misérable. Tandis que les moldus ne voyaient rien d'étrange à ce temps sinistre, les sorcières et les sorciers y voyaient la manifestation de l'horreur et de la désolation qui les accablaient.
En 1942, la vie des sorciers était encore enrobée dans un voile de paix, mais le futur était sorti de son cocon, et ses ailes les recouvraient tous de leurs ombres menaçantes.
« Ha ha ha! » Un rire dément se rependit dans la salle souterraine, perçant les tympans, et jouant sur les nerfs. « Vous n'avez aucune chance; son règne sera grand et terrible! Il vous écrasera! La mort attend tous les traîtres à leur sang! »
Cela faisait presque deux mois que ce mangemort était le prisonnier de l'Armée de Dumbledore. L'homme était attaché par magie à une chaise en fer tordue, ses liens si serrés qu'ils coupaient presque sa circulation sanguine.
Depuis le temps, ses cheveux s'étaient engraissés et ses vêtements avaient gagné une odeur nauséabonde. Le premier jour de sa capture, son arrogance et sa fierté n'avaient pas de limite. Mais après des mois d'emprisonnement, sa santé mentale n'était plus ce qu'elle était alors. Cependant, il n'avait rien perdu de sa défiance et criait ses convictions avec une ferveur à la limite du fanatisme religieux à tous ceux qui s'approchaient de lui.
« Célébrons sa chute! Le Survivant est mort! Gloire au Seigneur des Ténèbres! » s'exclama-t-il dans le coin de la pièce, parlant au mur.
« Oh ferme-la, bouffon! » Ron fit irruption dans la salle, Hermione sur ses talons. Il jeta un regard mauvais à l'homme et serra les poings tandis que l'homme riait. « Pourquoi je ne peux pas le frapper? Peut-être qu'il se tairait enfin! »
Hermione s'affaissa dans le fauteuil derrière son bureau. Elle mit les fiches d'entraînement qu'avait écrit Harry de côté, ainsi que ses derniers comptes rendus.
« Laisse tomber, Ron. » Hermione se concentra alors sur ses calculs. Avec sa plume, elle se mit à écrire des formules si longues qu'elles donnaient des maux de tête à Ron.
Quelque chose clochait, et elle devait découvrir quoi. Hermione se mordit la lèvre tandis que ses yeux parcouraient la feuille.
Ni les moldus ni les sorciers ne pouvaient intervenir dans le flot temporel. Ils ne pouvaient pas comprendre pleinement ses trajectoires, peu importaient les théorèmes ou formules complexes qu'ils développaient dans l'espoir de le faire. Ils ne pourraient jamais se dépêtrer de la toile dans laquelle ils étaient tous emmêlés.
On ne pouvait pas changer le passé, on ne pouvait pas arrêter le présent, et on ne pouvait pas prédire le futur.
Quelqu'un qui chercherait à interférer souffrirait de vertiges, aurait du mal à respirer, et serait soumis à une douleur inimaginable.
« Hermione, qu'est-ce que tu fais? » Quand il vit qu'Hermione l'ignorait, Ron continua d'une voix basse,
« Il y a un problème avec Harry? »
Penser au plan d'Harry déprimait Ron, et il fronça les sourcils. Après un moment de silence gênant, il ouvrit à nouveau la bouche.
« Hermione, as-tu entendu les rumeurs qui circulent… à propos d'Harry? »
La main d'Hermione se figea, le grattement de plume cessa. Elle leva les yeux.
Les rumeurs sur Harry? Évidemment qu'elle les avait entendu! Hermione ne pu retenir un rire, mais c'était davantage le rire grinçant d'un serpentard que celui joyeux d'un gryffondor.
Ron tenta de dissimuler au mieux son malaise. « Harry y est depuis si longtemps… et la dernière fois qu'il est revenu, il est reparti aussi vite que possible. C'est normal que les gens s'inquiètent. En plus, avec ce maudit mangemort qui crie sur tous les toits qu'il est mort… Je ne sais vraiment pas qu'est-ce qui lui a donné cette idée, mais il y croit dur comme fer. »
« Et qu'est-ce que tu veux que j'y fasse? » demanda Hermione d'un ton sec. Après des heures de travail, elle était à bout de patience. « Pourquoi ne pas les laisser y croire? Qu'il est mort ou qu'il s'est enfoui? Ce sont des lâches! Ils veulent juste qu'il leur serve de bouclier en attendant de voir s'il va vivre ou s'il va mourir! Et s'il se fait tuer, ils tomberont à genoux et supplieront Voldemort de les épargner. » Elle inspira profondément, tentant de se calmer, « Si on leur disait ce qu'il est réellement en train de faire, le plan pourrait être compromis. »
Ron serra les poings et frappa la table. L'attitude d'Hermione commençait à lui taper sur les nerfs et les rumeurs qui se répandaient dans le camp lui donnaient l'impression que des mouches volaient autour de sa tête. Il avait besoin d'agir, de faire quelque chose, n'importe quoi ! Cette situation le frustrait tellement!
…..
« Il a trouvé une cachette! »
« Ouais, tandis que nous sommes sur le champ de bataille, il est tranquille dans son nid douillet! »
« Il va nous laisser mourir! Je ne veux pas mourir! »
« Et s'il était mort? Qu'est-ce qu'on fait? »
Hermione faisait de son mieux pour maîtriser la confusion et la colère qui faisaient rage en elle. Sur son visage, des traits d'inquiétudes commençaient à apparaître. Elle ne pouvait pas leur dire la vérité.
Hormis pour quelques personnes, la mission d'Harry devait rester un secret. Elle tentait de les réconforter autant qu'elle le pouvait, même si elle aurait voulu leur expliquer qu'Harry avait un plan. Elle ne pouvait juste pas leur en parler.
Même ceux qui étaient au courant posaient des questions et avaient cette étincelle d'accusation dans leurs yeux. Ginny demandait sans cesse pourquoi il ne revenait pas plus souvent. En voyant l'expression soucieuse de Ginny, Hermione avait décidé de lui dire la vérité, « Nous ne pouvons rien faire pour l'instant. Nous devons nous concentrer, nous occuper intelligemment tant qu'il n'est pas là. Ton inquiétude ne l'aidera pas. »
Un peu plus tôt, Percy l'avait approchée, l'air solennel, « La situation est très tendue ici. Harry n'a pas besoin de rester constamment dans le passé. Tu es sûr qu'il ne cherche pas simplement à s'enfuir? »
Luna, Neville, Angelina, George, Fred… ils avaient tous attendu sa réponse en silence.
Certes, comparé au fait de s'entraîner et de faire face aux mangemorts au milieu de la fumée et des cris du champ de bataille, rester au sein de la communauté sorcière du passé pouvait ressembler à un échappatoire. La deuxième Guerre Mondiale n'avait pas beaucoup affecté le monde magique. En plus, il n'aurait rien à craindre du Seigneur des Ténèbres de l'époque car Dumbledore serait là pour s'en occuper. Le seul danger auquel Harry risquait d'être confronté serait un jeune Tom Riddle.
Tout ça leur semblait bien trop facile.
Ils ne comprenaient pas ce que l'engagement d'Harry impliquait, à quel point cette tâche était dangereuse, comment chaque action devait être calculée précisément pour mesurer son impact sur le futur, et à quel point Harry devait se montrer brave pour affronter le passé en solitaire.
Ils n'étaient pas Harry, ils n'étaient pas obligés de sauter d'époque en époque, et à part Ginny, ils n'avaient jamais rencontré l'adolescent Tom Riddle. Comment osaient-ils le critiquer ainsi quand ils ignoraient tant de choses?
Quand elle leur avait crié dessus, ils avaient essayé de la calmer « Nous faisons confiance à Harry, mais nous pensons que ce plan n'est pas la meilleure alternative. »
Hermione n'avait rien à dire à cela. Elle n'était pas sûre non plus que ce soit le bon choix.
Les choses atteignirent leur apogée lorsqu'un jour, Seamus demanda qu'ils agissent et qu'Harry fasse face à Voldemort.
« Et pourquoi pas? Ça devient trop dangereux, nous ne pouvons plus rester ici. Si on n'agit pas les premiers, ils vont trouver Harry et le tueront. Et si Harry meurt, on mourra tous. Nous devons préparer un plan d'attaque. Harry est un bon combattant, le meilleur d'entre nous! Je crois en lui. Il pourra battre Voldemort si on parvient à distraire les mangemorts assez longtemps pour les empêcher d'intervenir dans leur confrontation. » Le jeune homme se tenait droit, parlant avec la passion d'un combattant aguerri.
« Moi aussi je lui fais confiance! S'il part au combat, il aura mon soutien. » Dit un membre de la foule qui les entourait.
Cette déclaration sembla mettre le feu aux poudres, et ce sentiment s'était répandu dans tout le camp. L'appel aux armes de Seamus leur avait redonné espoir, chassant quelque peu le désespoir qui les avait accablés précédemment.
Harry n'était pas le plus grand sorcier à avoir jamais existé, mais il était entouré d'ami qui lui faisaient confiance et qui le soutenaient face à l'adversité. C'était-là ce qui faisait sa force.
…..
« Maître, » dit l'individu masqué en entrant dans la pièce. Il s'agenouilla devant l'homme assis sur le trône.
« Les rumeurs se sont répandues comme nous l'espérions, mais il semblerait que Harry Potter refuse toujours d'apparaître. »
La capuche noire de sa cape dissimulait les quelques traits que le masque aurait pu laisser entrevoir. Il était méconnaissable, et faisait tout pour l'être. Oui, caché au sein de l'Armée de Dumbledore, parmi les amis les plus loyaux d'Harry, se trouvait un traître.
Voldemort cessa de jouer avec le pendentif qu'il avait en main. À côté de lui, Pettigrow observait d'un air inquiet le beau visage du Seigneur des Ténèbres.
Le temps de réabsorber ses Horcruxes, le sorcier noir avait utilisé différentes tactiques pour lutter contre l'Armée de Dumbledore, manipulant leurs peurs et leurs convictions pour leur porter un coup sans affaiblir ses propres troupes.
« Continue à propager la nouvelle : le Survivant est mort. » Dit Voldemort avec un sourire cruel.
Cet homme, qui n'avait jamais craint que la mort, ne pouvait que se moquer de l'amour et de la compassion de son ennemi.
"Tu ne connaîtras jamais l'amour ou l'amitié. Tu me fais pitié."
Ha!
Et toi alors, Harry Potter? Que deviendras-tu, sans personne à tes côté, sans personne pour te protéger du danger? Ils commencent déjà à douter et un jour, ils te trahiront. Et quand tu te retrouveras seul, qui sera le plus pathétique à ce moment-là?
Il ne put retenir un rire, tant cette idée lui était plaisante.
« Maître, quand pourrons nous attaquer ces sang-de-bourbes et ces traîtres à leur sang?" Les yeux de Bellatrix Lestrange étaient fixés sur lui et brillaient. Chaque fois qu'elle avait suggéré de se mettre en action, elle avait été rejetée. Mais cette fois, à coup sûr, son maître leur ferait sentir la puissance destructrice de son courroux. Il n'avait jamais retenu sa colère aussi longtemps.
Le Seigneur des Ténèbres lui sourit. La fierté des sang-purs n'était au final qu'une énorme farce. Ils se tenaient en haute estime, mais s'avéraient être des minions facilement manipulables en fin de compte.
« Ma chère Bella, » dit-il d'une voix douce, comme s'il chuchotait à l'oreille de sa maîtresse, « Inutile de s'emporter. Néanmoins, rassure-toi; j'ai un plan. »
Un murmure s'éleva parmi ses mangemorts. Leur Maitre devenait plus puissant et atteignait un peu plus la perfection chaque jour qui passait. Il n'était plus handicapé par sa folie. Alors qu'il prônait autrefois la violence gratuite, il utilisait maintenant tactiques et raison, ce qui le rendait bien plus dangereux.
« L'Histoire se dirige toujours vers l'inévitable, » leur avait autrefois dit Professor Binns. « Entre deux règnes, il y a toujours une résistance. Ces rebellions ne durent jamais bien longtemps, mais peuvent faire des dommages considérables. »
Et si le prochain souverain s'avérait brutal et malveillant, le peuple lutterait-il davantage pour s'opposer à lui? C'était une question que Voldemort s'était longtemps posée.
Les sorciers n'étaient pas des créatures très compliquées, il en avait conscience. Ils souhaitaient seulement pouvoir dormir l'esprit tranquille, leur baguette sur leur table de chevet, garder leurs vêtements, leurs maisons et leurs traditions, et que leurs enfants puisse euxaussi apprendre la magie. Aussi longtemps que leur vie quotidienne restait intacte, ils se souciaient peu de l'identité de celui qui était aux commandes, que ce soit Fudge, Dumbledore ou Voldemort.
Ils étaient égoïstes, aveugles, stupides et ignorants. Faciles à contrôler.
Voldemort se remit à jouer avec le pendentif, son sourire cruel et élégant.
Harry, cher enfant, regarde bien l'espoir s'effondrer autour de toi. Quand tes camarades te trahiront, quand les sorcières et les sorciers te regarderont mourir pour leur paix, quand le monde entier se dressera contre toi, qui te protégera?
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J'espère que ça vous a plu ?
Une bonne et une mauvaise nouvelle. Laquelle d'abord ?
Bah, commençons par la bonne : 47 devient ma priorité sur les autres fics ! Vous n'aurez donc pas à attendre trop longtemps entre chaque chapitre.
Mauvaise nouvelle (si vous lisez les autres fics) : je suis un peu débordée avec les cours et le job pour l'instant, et comme le blocus n'est plus très loin non plus…. Les autres fics que 47 n'arriveront pas de suite. Pas avant un bon mois en tout cas, vu que toutes mes deadlines pour les travaux d'unif sont pour le 1 ou 15 décembre. (les chapitres de 47 étant plus courts, c'est la plus facile à travailler)
JE N'ABANDONNE RIEN ! C'était juste pour vous prévenir.
