Hehehe... Je suis en vie, et je suis de retour. Toutes mes excuses pour la longue attente... mais la traduction chinois-anglais a finalement repris (et avance à un rythme régulier) et mon intérêt, ma motivation et le temps d'écrire sont en finde nouveau là :)

Milles merci aux lecteurs qui reprendront cette fic. J'espère que les nouveaux chapitres vous plairont (oui, il y en aura plusieurs, de façon régulière je pense).

Bonne lecture (et bon Halloween)

...

Jalousie

Décembre 1942

Karkaroff prenait petit à petit conscience du pouvoir du démon avec lequel il s'était allié.

Deux jours seulement s'étaient écoulés depuis le première épreuve… cependant, les regards plein d'envie et d'admiration que recevait Charlov avant et lors de celle-ci s'étaient transformés en coups d'œil méprisants. Bien que l'impressionnante performance du champion ne soit due qu'à la chance, une rumeur s'était répandue, entrainant à sa suite dédain et dégout : celle qu'il aurait consommé de la Felix Felicis.

« Il a triché! » Proclamaient les étudiants de Poudlard. « Il devrait être exclu du Tournoi des Trois Sorciers! »

Plus les rumeurs au sujet de Dieter Charlov se propageaient dans l'école, plus la colère des élèves envers lui montait. Et pourtant, le pauvre inconscient ne cessait de protester et de défendre son innocence.

Même les serpentards, qui admiraient pourtant la fourberie et Durmstrang, semblaient avoir pris Charlov en horreur.

« Tu as vu comment il se la jouait après sa victoire. Je parie qu'il sera bientôt disqualifié. » s'exclama Cygnus Black tandis qu'il passait avec Tom à côté d'un groupe de Durmstrang, « Si les juges décèlent la moindre trace de chance liquide, ils seront chanceux si leur école est encore autorisée à prendre part à la compétition."

Tom réagit à peine à ces propos; ne montra même pas l'esquisse d'un sourire. Toutefois, une trace d'amusement fut présente dans sa réponse, « En vérité… on pourrait dire que Charlov est plutôt malchanceux. »

Que pouvait-il être d'autre, après avoir chuté de si haut, après qu'on ait ruiné sa glorieuse victoire un instant seulement après qu'il ne l'ait gagnée ? Il avait brièvement goûté à la gloire et au succès, mais était à présent un paria, rejeté par ses propres camarades. Comment pouvait-on le décrire, si ce n'était comme "malchanceux" ?

Quand l'enquête aura pris fin, jusqu'où le désespoir de Charlov l'aura-t-il mené?

Du coin de l'œil, bien qu'il eut le visage tourné vers Krumlov, l'étudiant de Durmstrang qui se trouvait à ses côtés, Karkaroff vit Tom Riddle passer. Quand il aperçut un éclat de rouge dans les yeux du jeune homme, un frisson le traversa et se propagea le long de sa colonne vertébrale.

Il ne savait pas comment, mais ce jeune serpentard, qui n'avait pas encore seize ans, était si intelligent, si manipulateur… que personne ne semblait capable de retourner une situation en sa faveur mieux que lui. Il n'avait même pas eu besoin de se servir de sa baguette.

Lorsque Charlov avait été nommé champion, Karkaroff avait réfléchi à des tactiques pour le discréditer, mais Riddle ne cherchait pas à simplement le ridiculiser; il comptait le détruire!

Était-ce parce que détruire un homme était tout simplement plus facile pour l'adolescent? Ou est-ce qu'une simple victoire ne lui suffisait pas?

Le garçon capta son regard, lui sourit, et continua calmement son chemin.

Karkaroff était passé de la position du chasseur à celle du chien de chasse, retenu fermement et cruellement par une laisse autour du cou. En prenant conscience de ce changement de rôle, l'élève de Durmstrang sentit une boule d'angoisse apparaître dans sa poitrine.

L'adolescent taciturne serra les dents et tenta de contenir le froid qui se propageait en lui.

Ce n'est qu'un enfant… pas encore un vrai sorcier, pensa Karkaroff, tentant de se rassurer.

…..

La première épreuve du tournoi avait été accueillie avec le plus grand enthousiasme, mais l'humeur générale semblait avoir viré dans une toute autre direction.

Ce tournoi est une blague! Durmstrang a triché et le champion de Beauxbatons a dû être envoyé directement à l'infirmerie! La seule lueur d'espoir semblait être que, étant donné les actes de Durmstrang, Poudlard serait probablement considérée comme l'école victorieuse par défaut.

Bien que les élèves soient en colère, déçus et déprimés, Harry ne semblait pas en tenir compte. Aveugle et sourd aux évènements autour de lui, il se hâtait vers l'infirmerie.

« Harry? » l'interpella quelqu'un.

Tenant dans ses bras un panier de fruits surmonté d'une pile de petites boîtes colorées qui lui arrivait presque sous le nez, Harry dut tendre le cou pour voir qui l'avait appelé. La pile, instable, vacilla dangereusement entre ses bras.

Une main s'empara de la boîte qui glissait lentement du sommet du paquet.

Rassuré, Harry s'intéressa enfin à son sauveur.

« Ah, bonjour Tom. » Harry libéra une de ses mains pour réajuster les lunettes sur son nez. Il offrit un grand sourire à Tom.

Intérieurement, Harry soupira en voyant Tom. Il devait admettre être un peu jaloux de l'adolescent.

À seulement quinze ans, le jeune homme était grand et d'une allure élancée, qu'on ne pouvait pas décrire comme chétive. Sa posture était confiante et gracieuse, presque aussi noble que celle de certaines statues romaines. Presque parfait, même au milieu d'un couloir poussiéreux, il semblait tout droit sorti d'une peinture. L'héritier de serpentard avait réellement une apparence saisissante.

Tom leva un sourcil et Harry mit ses pensées envieuses de côté, faisant de nouveau place à sa bonne humeur.

« Où est-ce que tu vas? Je peux t'aider à porter cela. » Tom ne semblait pas avoir remarqué l'instant d'égarement d'Harry et tendit la main.

« Oh, ça vient des étudiants de Beauxbatons. Ils m'ont demandé d'apporter tout ça à Mylene Lance. Tu la connais? »

Oh, évidemment qu'il la connaissait. Il avait assisté avec satisfaction à son transfert vers l'infirmerie. Tom sourit, d'un manière gentille at apaisante qui lui permit de dissimuler ses soudaines pensées noires et la lueur rougeâtre dans ses yeux. « Bien sûr, il s'agit de la championne de Beauxbatons. »

« L'infirmière n'autorise pas encore ses amis à lui rendre visite, du coup ils m'ont demandé de déposer tout ceci à son chevet. »

En pensant à l'intelligente et vive jeune fille, Harry sourit. En quelque sorte, en 1942, il était parvenu à trouver des gens similaires à ceux qu'il connaissait en 2001. Alphonse lui rappelait Ron, Joan Hermionne, et Mylenne, avec sa bonne humeur et sa détermination, était si semblable à Ginny que s'en était presque douloureux. Ce n'était pas correct envers eux, mais Harry considérait ces quasi-inconnus comme les ombres de ses proches et les affectionnait en raison de leurs similitudes.

Tom détestait voir Harry sourire en pensant à quelqu'un d'autre. Pourquoi un étranger aurait-il le droit de susciter un regard si doux?

Et pire encore que la générosité d'Harry envers des inconnus, ce qui dérangeait Tom était qu'il comparait les sourires qu'ils recevaient à ceux qu'Harry lui montrait à lui. Les sourires destinés à Tom étaient certes sincères, mais manquaient d'éclat en comparaison. Ils étaient teintés d'hésitation, de doute et d'une certaine froideur. La part sombre de l'homme apparaissait dans ses yeux, et laissait entrevoir une certaine dureté qu'il ne parvenait jamais à complétement cacher.

Tom observa le sourire d'Harry un peu plus longtemps, avant de retourner son attention sur les cadeaux. Il demanda à Harry, d'un ton se voulant distrait, « Harry, tu es proche d'elle? »

« Pas vraiment, non, mais on s'est rencontré à plusieurs reprises à la bibliothèque et nous avons échangés un ou deux duels. »

Alors ils ne s'étaient vus que quelques fois?

...

« Harry, tu es de retour! » Une fille vêtue d'une robe blanche les salua d'un grand sourire lorsqu'ils entrèrent dans l'infirmerie.

De retour? Derrière Harry, Tom se concentra sur ces mots, étudiant leurs implications tandis que ses yeux noirs observaient la scène devant lui.

« Harry, je suis si contente que tu sois revenu. J'avais une question à te poser. Accepterais-tu de m'accompagner au bal des Trois Sorciers? » L'adolescente de Beauxbatons ne manquait pas de cran; oser demander cela alors que Tom était encore présent. Il la vit adopter une allure timide en disant à Harry, « Je ne connais pas beaucoup de gens ici, et je ne sais pas à qui d'autre demander. »

Allongée sur le lit, le visage pâle et son horrible cicatrice disparaissant peu à peu, sa beauté était plus que visible.

Harry ne réagissant pas tout de suite, Tom sauta sur l'opportunité de parler en premier, « Apparemment, miss. Lance est en bonne voie de guérison. »

Le beau visage de Tom, aux traits marqués et au doux sourire, aurait même pu tromper la sage Athéna. Il tourna donc son charme vers la jeune fille alitée.

Son avertissement semblait ne pas avoir eu grand effet. Comment pouvait-elle avoir déjà surmonté la douleur induite pas ses blessures? Elle s'en remettait bien trop vite, estima Tom.

Mylene semblait à présent un peu hésitante. Tom, l'élégant Tom, la fixait d'un regard captivant. Elle ne put s'empêcher de rougir sous son attention, mais préférait toujours Harry.

« Ah, oui, l'infirmière s'y connait vraiment et ses potions agissent rapidement, » répondit-elle poliment.

Tandis que les deux adolescents parlaient, Harry se tenait là d'un air gêné. Il n'avait pas oublié la torture du bal des Trois Sorciers et ses interactions maladroites avec les filles aux alentours de celui-ci lors de ses propres années à Poudlard. Il ne s'attendait pas à ce que l'une d'entre elles prenne les devants et l'y invite cette fois-ci.

Toute idée de l'inviter aurait dû être étouffée dans l'œuf à cause de son âge. Il avait plus de trente ans et aurait dû être considéré comme un vieil homme par les filles se rendant au bal. Il secoua la tête, s'apprêtant à rejeter son invitation, mais se ravisa en se souvenant à quel point un rejet pouvait blesser, en particulier lorsque quelqu'un d'autre était présent pour y assister.

Cette jeune fille lui avait ouvert son cœur et il était de son devoir de s'assurer que cette merveilleuse personne, courageuse et confiante, ne serait pas ébranlée ou embarrassée d'avoir fait sa demande.

Ainsi donc, après avoir réfléchi aux différentes réponses possibles, il déclara, « Je ne sais pas danser. »

« Je peux t'apprendre! » répondit Mylene avec enthousiasme.

Harry se souvint de l'anxiété qui l'avait saisi quand il n'avait pas su trouver une partenaire, et ne put s'empêcher de sympathiser avec la jeune fille. « C'est gentil, mais tu dois te reposer et guérir… et je risque probablement de nous tourner en ridicule, tous les deux. »

« Qu'est-ce qui te fais dire ça? »

Tom regarda Mylene rire, le monstre vert appelé jalousie rugissant dans sa tête.

Eh bien, si Harry ne voulait pas se ridiculiser et que Mylene voulais lui apprendre – La jalousie ancra ses dents dans le cœur de Tom, répandant son venin dans ses veines.

« Je pourrais t'apprendre à danser. » dit le serpentard à son père adoptif, affichant le plus charmant des sourires. Il continua d'une voix profonde et élégante, « Miss Lance pourra se reposer en attendant. Après tout, ce serait fatiguant pour elle de devoir tout t'apprendre en si peu de temps. »

Harry hocha la tête pour acquiescer, mais le monstre qui s'agitait en Tom n'était pas satisfait des miettes reçues et exigeait le sang de la jeune fille.

« Repose-toi bien. L'infirmière m'a dit que tu devrais pouvoir sortir dans un ou deux jours. » Harry salua Mylene et quitta l'infirmerie.

Tom la salua également d'un air poli. « J'ai hâte de voir ta performance lors de la prochaine épreuve… remets-toi vite. »

...

Oui, petit avertissement: les chapitres semblent plus courts qu'auparavant. Cela nous laisse un peu sur notre fin... mais bonne nouvelle, cela veut aussi dire que l'attente ne devrait pas être trop longue entre chaque chapitre.

à la prochaine!

Yepmissis