Happy (et spooky) Halloween! Il fallait bien poster un chapitre à la date de... la mort des parents d'Harry? Sa première rencontre avec Voldi? Aaaaaargh, je ne sais pas: c'est une date importante, mais ce n'est pas exactement la plus joyeuse pour eux XD

Merci à ceux qui ont laissé des reviews sur le dernier chapitre, et bon courage pour la relecture de la fanfic!

Bonne lecture

...

Désir

25 décembre, 1942

« Le soir de noël, à l'occasion du Tournoi des Trois Sorciers, nous organiserons une soirée dansante… le bal des Trois Sorciers. »

« Je serai en charge de vous enseigner l'art de la danse. Mr. Weasley, approchez. Vous serez mon cavalier pour cette petite démonstration. »

« Posez vos mains sur ma taille, oui, ma taille! »

Ron avait alors grimacé, comme s'il venait d'avaler une mouche. L'image était aussi claire que de l'eau de roche dans la mémoire d'Harry.

Rigolant tout bas, il se remémora le regard sérieux et autoritaire que McGonagall avait lancé à son ami.

S'il avait été présent pour assister aux leçons de danse d'Harry, comment Ron aurait-il réagi?

Harry, submergé par les souvenirs, sentit les larmes lui monter aux yeux malgré le sourire qu'il affichait. Grâce à cette agréable distraction, ses muscles s'étaient quelque peu relâchés et la terrible sensation de suffoquer qui occupait auparavant sa poitrine s'était atténuée. Mais la voie sur laquelle se trouvait Harry était sombre, et la joie éphémère. Chaque instant de bonheur était semblable à une petite étoile qui éclairait faiblement et brièvement un ciel triste et monotone. Cependant, bien que leur effet soit limité, ces moments de chaleur suffisaient déjà à égayer l'homme qui s'était volontairement aventuré sur une route longue et ardue.

« à quoi penses-tu, Harry? » demanda Tom en tendant à Harry le verre de jus de citrouille qu'il avait été chercher. « Je vais t'accorder un instant, mais après nous devrons vraiment nous y remettre. »

Ayant finalement accepté d'accompagner Mylene, Harry avait décidé que – cette fois-ci – il ne se ridiculiserait pas devant tout le monde. Par conséquent, il s'était résigné à apprendre à danser… avec Tom. Tom était un très bon professeur: chaque pas était exécuté à la perfection et les mouvements semblaient lui venir naturellement, même lorsqu'il ne guidait pas. Il dégageait également une assurance impressionnante et un indéniable charisme; il expliquait en détails chaque déplacement, ne faisait pas de corrections inutiles et même lorsque le rythme s'accélérait, Harry parvenait à le suivre. Alors qu'Harry n'était pas encore familier avec tous les pas.

Si près de lui, sa main reposant sur la taille de Tom, Harry fut de nouveau frappé par la réalisation que le petit garçon qu'il considérait comme son fils avait grandi. Il dépassait à présent Harry de plusieurs centimètres et le voyageur temporel pouvait sentir les muscles que dissimulait l'adolescent sous son uniforme. Il reconnaissait même la voix grave et suave qu'il associait autrefois avec le Tom du journal intime. Tom avait grandi; il n'avait plus besoin de l'aide d'Harry. Au contraire, il était désormais celui qui éduquait Harry.

Le temps passait si rapidement. Harry sentit son cœur se mettre à battre à la chamade tandis que cette réalisation s'inscrivait dans son esprit.

« J'aurais vraiment aimé être ton vrai père. » Dis soudainement Harry, les lèvres tordues en un sourire douloureux et une lueur triste dans les yeux.

Tom s'apprêtait à entrainer Harry dans une pirouette mais, en entendant ces mots, il resserra sa prise sur l'épaule du jeune homme à lunettes et interrompit son mouvement.

« Qu'est-ce qu'il y a? » l'interrogea Harry, pris par surprise. Tom était peut-être fatigué.

La main de Tom glissa de son épaule à sa taille et, avant qu'Harry ne puisse réagir, il réduisit la distance entre eux en l'enlaçant avant d'enfouir sa tête dans le creux de son cou.

« N'as-tu pas été mon père? »

Harry réfléchit un instant, passant ces paroles en boucle dans sa tête. Il sourit, « Bien sûr. »

Tom avait appris très tôt que ses actes et ses paroles pouvaient servir d'appât, comme du miel que l'on verserait dans une cage afin de distraire une future proie. Leur douceur détournerait l'attention de celle-ci du danger…. Jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

…..

Le bal était en fin arrivé.

On avait décoré le grand hall de sorte à en faire un palais des glaces. On aurait dit un décor sorti tout droit d'un conte de féé même les élèves qui avaient grandis dans le monde magique semblaient enchantés par celui-ci.

Les champions et leurs partenaires étaient en place, prêts à faire leur grande entrée. Des rires éclatèrent lorsque le plafond laissa place à un ciel d'hiver et que des flocons en tombèrent. Les petits nuages glacés semblaient descendre jusqu'aux pieds des élèves mais ne touchaient jamais réellement le sol.

Abraxas Malfoy était confortablement assis dans un sofa et ne quittait pas des yeux le préfet des serpentards. Il avait un bras passé autour des épaules d'Ovidius d'une manière qui aurait pu paraître amicale, mais était en réalité insoutenable.

Il suffisait que Tom jette un coup d'œil au garçon, sans même qu'il ne contienne beaucoup de colère, pour qu'Ovidius se mette à trembler de peur. Le cœur du diable était dur comme de la pierre, mais celui du garçon était aussi fragile qu'une feuille de papier.

« Tu ne comptes pas aller danser? » demanda Malfoy avec un léger sourire.

Tom avait déjà refusé l'invitation d'une fille. Son expression, modelée avec un telle maitrise devant Harry, était à présent pure froideur et antagonisme. La façon dont il surveillait la salle, identique à celle d'un prédateur cherchant sa proie, mettait Malfoy sur ses gardes.

« Allez, c'est Noël. Le seul but de cette fête est d'être heureux et de passer un bon moment. » Se permit Malfoy de rappeler à Tom. La dureté du visage de Tom s'atténua un peu.

Juste au moment où les champions entrèrent en scène.

Mylene et Harry se trouvaient en tête de file. Bien qu'Harry se considère comme un homme d'âge mûr, il n'avait rien perdu de l'apparence juvénile que Tom lui avait toujours connue. Il n'était pas doté de la même beauté que Tom mais son physique était suffisamment attrayant pour attirer les regards, et sa personnalité ainsi que son pouvoir ne faisaient qu'augmenter ses atouts.

Le rétablissement de Mylène avait été complet la seule marque présente sur son visage était désormais la rougeur de ses joues, symbole de sa joie.

Enfin, Abraxas comprit pourquoi Tom était de si mauvaise humeur. Il ne put s'empêcher de plaisanter, « Eh bien, je parie que tu n'avais pas envisagé qu'il te trouverai une belle-mère. »

Tom tourna son regards vers Malfoy et le timide garçon assis à côté de lui.

« Oh, je n'ai absolument rien contre elle. » Ce mensonge ne trompa ni Ovidius, ni Malfoy.

Ovidius n'en savait pas autant que Malfoy, mais plus les deux autres serpentards discutaient, plus il se sentait mal.

« Tom, il est évident que tu te soucies de lui. Tu n'as aucune envie que cela arrive réellement, n'est-ce pas? »

« Quoi donc? »

« Tu ne peux pas te sortir Harry de la tête; l'expression sur ton visage en est la preuve suffisante. Ce n'est pas grave, il ne s'agit de ton père que sur papier après tout. » cru bon de rappeler Abraxas.

« Et alors? » Habillé d'une tenue taillée sur mesure, l'élégant adolescent fronça les sourcils, comme s'il cherchait à chasser ses pensées. Finalement, des mots inquiétant passèrent la barrière de ses fines lèvres. « Il faudra que je l'éduque; il devra apprendre que le seul endroit qui lui convienne, c'est un lit. »

« Je pensais que tu l'aimais? »

« Ne me fais pas rire. Comment pourrais-je? Mon intérêt est purement charnel. »

Ovidius entendit chaque mot et regarda Tom d'un air abasourdi et terrifié, comme s'il avait un monstre en face de lui. Comment Tom pouvait-il entretenir de telles… terribles idées envers son père?

« Nous pouvons parler d'autre chose: Londres est en plein chaos! » déclara Abraxas avec sérieux mais sans grande conviction. Tom devait encore apprendre à contrôler ses faiblesses, malgré toute l'aide que lui apportait Abraxas. Le petit complexe d'Electre de Tom n'était pas si problématique en soi, mais deux hommes ensembles était encore considéré comme tabou. Et encore! Ils avaient de la chance de ne pas avoir grandi au temps de leurs père ou, pire, au Moyen-âge.

Ovidius suivi le regard de Tom, qui était posé sur la piste de danse et sur un Harry souriant. En dépit des nombreux sorts de protections installés dans la salle, la façon dont Tom observait son père adoptif l'épouvantait et le remplissait d'effroi. Cet homme, surveillé par ce terrible et horrible monstre, semblait destiné à être ravagé par le désir de cette créature.

Peut-être… Peut-être pourrait-il mettre cet homme en garde.

Ovidius sentit la peur et les doutes l'envahir lorsque Tom détourna enfin son attention d'Harry.

Des yeux perçants rencontrèrent ceux d'Ovidius et l'adolescent dit à Abraxas, « Assure toi qu'il garde sa langue dans sa poche. » Ovidius se mit à trembler.

Il était un serpentard, pas un gryffondor, et ses bonnes intentions ne pouvaient pas résister à la pression et à l'intimidation. Mais l'idée avait été plantée et germerait un jour, bravant l'amas de peur qui tentait de l'étouffer, nourrie par les conviction bien intentionnées d'Ovidius.

Les festivités battaient à plein cœur autour d'eux, mais ils restèrent assis sur le sofa, presque immobiles.

« Tom, je ne veux pas insister là-dessus, mais tu ne penses pas que tu exagères un peu? » dit Abraxas, incapable de se taire à ce sujet.

Perdu dans ses pensées, Tom se lécha les lèvres. Harry était attiré par tout ce qui brillait d'un éclat chaleureux, comme le sourire de la jeune fille avec qui il dansait. Toutefois, aux yeux de Tom, celle-ci était déjà peinte entièrement en rouge.

« Ce ne sera bientôt plus un problème. »

….

« Un horcrux relève de la magie noire, très noire. Il s'agit d'un objet dans lequel quelqu'un aurait caché une part de son âme. »

« Ce faisant, tu es protégé, même en cas d'attaque et même si ton corps est détruit. De plus, cela allège le poids des émotions sur l'âme principale, la libérant de la peur, le manque de confiance et autre sentiments contraignants. »

« Et comment crée-t-on un horcrux, professeur? »

« Je pense que tu connais déjà la réponse. »

« En tuant. »

Le travail préliminaire avait déjà été accompli; il ne lui manquait plus qu'une victime toute fraiche. La joyeuse voleuse qui convoitait sa proie ferait le sacrifice idéal.

Ensuite, il serait enfin libre des émotions qui l'enchainaient à Harry. Le démon serait libre d'agir sans hésitation.

Tom retourna dans sa chambre d'une allure excitée et enthousiaste, ses lugubres ambitions perceptibles dans son aura. Il sortit une boîte joliment décorée d'une armoire sécurisée à l'aide de nombreux sortilèges. Plusieurs objets s'y trouvaient; une baguette brisée, la balle qui avait traversé le corps d'Harry, un morceau de tissu avec un tâche de sang… mais ce fut un journal que Tom sortit de sa boîte à trésors.

Il caressa la couverture en cuire de celui-ci, s'empara d'une plume, et inscrit au coin de la première page : Journal de Tom Riddle.

Ce journal serait le dernier souvenir d'Harry Potter et de l'enfant effrayé qu'il avait éduqué. Il scellerait le destin de cet homme et réduirait au silence l'enfant en pleurs au fond de lui. Dans cet objet, il enfermerait la faiblesse qui l'avait tourmenté au cours des dix dernières années.

Tandis qu'Harry profitait d'une nuit de légèreté et bonne humeur, le Destin dirigeait en silence l'Histoire sur son droit chemin. Le voyageur temporel, aussi insignifiant qu'un insecte, n'avait aucune idée de la futilité de ses actions.

Le premier horcrux ne tarderait pas à être créé et le sauveur se trouvait un peu plus près du précipice. Peut-être, lorsqu'il était lui-même un élève, avait-il pu profiter de la sagesse de son vieux directeur, quelqu'un qui avait la capacité de voir les choses dans leur ensemble. Mais ici, dans le passé, il ne pouvait même pas voir le présent. Il devrait décider, sans assistance, s'il pouvait faire confiance à l'enfant qu'il avait élevé.

Destin se mit à rire, amusé par la vulnérabilité du voyageur temporel.

Et si l'adolescent violait les limites morales qui définissaient sa relation avec Harry, Destin n'en avait rien à faire. Qu'importe si le Seigneur des Ténèbres aimait et désirait quelqu'un… tant qu'il devenait le monstre qu'il était supposé être ?

...

Le chapitre 67 de la version anglaise est paru aujourd'hui... les choses s'échauffent...

Encore une fois, happy Halloween!

(au passage, pour ceux qui auraient besoin d'un nouveau fandom... regardez l'anime "Erased". Chef d'oeuvre je vous dis!)