Toutes mes excuses pour ceux qui ont eu la version... informatique XD

(Merci pour vos reviews)

Bonne lecture!

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La Mort

27 décembre, 1942

Prendre une vie à Poudlard n'était pas sans risque. Le futur seigneur des ténèbres en avait bien conscience.

Le présence de Dumbledore constituait déjà un problème en soi, mais Harry se trouvant également sur les lieux, le plan de Tom devait être d'une minutie absolue.

Un vrai serpentard évaluait toujours prudemment la situation, contrairement aux membres des autres maisons qui, bien qu'également malins par moment, prenaient généralement plus de risques. Un élève réellement rusé savait que toute action reposait sur des calculs précis. Et que tout bon complot avait l'apparence du hasard.

La maison de Serpentard, dans son ensemble, pouvait être comparée à un ensemble de marionnettes, toutes reliées par un même fil. En tirant sur ce fil, en choisissant bien ses mots, les pions se déplaçaient selon le mouvement désiré.

« Tu es ridicule, Charlov. Il serait grand temps de te retirer. » Lança Karkaroff d'un air méprisant, le visage déformé par une grimace hideuse qui rendait son nez encore plus proéminent. « Regarde comment a fini la première épreuve. Dans quel état seras-tu après la deuxième? »

Charlov serra les dents et, rouge de colère, se leva de son lit avant de pointer sa baguette en direction de Karkaroff.

« Un mot de plus, et nous verrons qui sera le plus ridicule ici. » Les autres garçons de Durmstrang observaient la scène avec intérêt, sans quitter Karkaroff des yeux. Ils s'attendaient à ce qu'il s'excuse mais, à leur grande surprise, la menace ne servit qu'à amuser celui-ci.

« Croies-tu que tout le monde soit aussi susceptible que toi? Je t'assures, la honte est un sentiment réservé aux disgraciés. »

Ces propos enragèrent davantage Charlov qui répondit avec un sourire bestiale et mauvais, « Il existe un sort qui t'obligera à faire tout ce que je te dis, même les choses les plus humiliantes : imperio ! »

L'imperius était le plus célèbres des Impardonnables, mais quelle importance? Le sorcier allemand ne s'en souciait guère: il souhaitait simplement punir le faiblard qui faisait honte à leur communauté. Seule la force importait en Allemagne : plus une personne était puissante, plus on l'estimait.

Et tandis que Karkaroff était forcé dans des situations plus embarrassantes les unes que les autres, les autres élèves de Durmstrang rigolaient, profitant de la distraction que leur procurait la bagarre entre leurs deux camarades.

Un réel serpentard sait saisir une opportunité lorsqu'elle se présente. Caché derrière un rideau du dortoir assigné aux étudiants de Durmstrang, observant la farce sans révéler sa présence, le plus vile des serpentards sourit.

….

Mylene Lance était morte.

Soudainement, sans aucun signe avant-coureur, elle s'était effondrée dans la salle de bain. L'évier était encore en train de couler lorsqu'on la retrouva.

Harry se tenait immobile, entouré par une foule inquiète et bruyante. Deux jours plus tôt, cette jeune fille se trouvait à son bras et bavardait joyeusement avec lui. Il pouvait encore sentir son touché, telle une sensation fantôme… comme si elle avait laissé une marque sur sa peau.

À présent, cette jeune fille était allongée sur un sol froid et humide. Sa peau était blanche comme l'ivoire mais, déjà, une teinte grisâtre et terne, celle des morts, apparaissait sur l'ensemble de son corps. La chaleur de la vie ne circulerait plus jamais dans ses veines.

Ce n'était pas la première fois qu'Harry était confronté à la mort d'une connaissance. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait face l'abime qui séparait la vie et la mort. Il avait déjà vu deux visages se ternir, deux bouches se fermer, et se souviendrait toujours de la vie et de la mort de ces deux personnes. Dans son esprit, il pouvait encore voir Cédric et Sirius, immobiles comme des statues.

D'abord Cédric, puis Sirius, et maintenant Mylene. Un autre fantôme pour lui tenir compagnie. Son visage resterait à jamais gravé dans sa mémoire; une expression terrifiée s'était imprimée sur celui-ci au moment de son trépas, comme si le diable en personne était venu récolter son âme. La dévorer.

Harry s'empoigna les cheveux et tira violemment, cherchant à se réveiller… à sortir de ce cauchemar.

À son arrivée sur les lieux du crime, Joan n'avait pas perdu un instant. Elle avait tout de suite averti le Ministère. Les aurors n'avaient pas tardé non plus pour ouvrir une enquête officielle.

« Le sort de la mort l'a tuée. »

Peu importe la méthode d'investigation, le résultat était toujours le même.

Les enseignants étaient abasourdis, leurs expressions figées dans l'horreur tandis que la vérité s'imposait à eux : il y avait un meurtrier dans l'école.

Mais qui, dans cet établissement, s'en serait pris ainsi à cette jeune fille? Était-ce un étudiant ou un membre du personnel?

Armando Dippet, le directeur, était sidéré par le cours des évènements mais, après une discussion plus calme avec Dumbledore, sembla donner son accord à un plan. Dumbledore se tourna vers les professeurs et leur demanda de rassembler tous les étudiants dans le grand hall sans attendre.

Il s'exprima d'une voix calme mais déterminée, bien décidé à protéger les autres élèves et à débusquer le tueur.

« Directeur Dippet, Je pense qu'il faudrait autoriser les aurors à investiguer davantage. » Dit Joan d'un ton sérieux. Sans attendre de réponse, elle continua, « Alphonse, renseigne-toi auprès des portraits et des fantômes. Harry, tu viendras avec moi dans le grand hall. Nous devons examiner les baguettes des élèves. »

Le visage d'Harry était toujours aussi pâle, et courir après Joan ne lui redonna pas de couleurs. Au contraire, des gouttes de sueur glacées apparurent sur son front, et son visage devint presque aussi blanc que celui de Mylene.

…..

Tous les enfants avaient été rassemblés dans la salle. Ils ignoraient tout de ce qui s'était passé, des évènements qui avaient eu lieu quelques heures plus tôt. Ceux qui avaient remarqué l'absence de la jeune fille se disaient simplement qu'elle se trouvait hors de leur champs de vision.

À nouveau, Harry sentit sa poitrine s'alourdir et l'air quitter ses poumons. En comparant les visages colorés des adolescents présents à celui figé dans une grimace de terreur de Mylene, la différence entre la vie et la mort lui apparaissait plus clairement que jamais.

Avec l'aide de Joan, il cherchait à apaiser les enfants de plus en plus nerveux et à les placer en rang, afin de pouvoir examiner leur baguette. Pour ce faire, ils utilisaient simplement un sort de "retour", qui révélait les derniers sortilèges jetés. Une fois le sort lancé, il était impossible d'interrompre le processus. L'effet de la magie sur une baguette était tout simplement irréversible.

Le élèves présentèrent leurs instruments aux aurors sans faire d'histoire, en raison non seulement de leur respect pour eux, mais aussi à cause de leur inquiétude. Pourquoi y avait-il besoin d' une inspection en premier lieu ?

« Votre baguette s'il-vous-plait. »

Après une analyse minutieuse, rien de louche n'apparaissait. Souhaitait-il réellement trouver quelque chose de « louche » ? Harry ne désirait pas voir la baguette d'un de ses élèves émettre une lueur verte. Les enfants étaient le reflet de leur société. Lorsque l'âme de ceux-ci était souillée, qu'est-ce que cela révélait sur une communauté? Sur une époque ?

Harry rendit à l'élève de première année qui lui faisait face sa baguette. Il tapota d'un air rassurant l'épaule du jeune garçon, comme il le faisait avec Tom.

« Tout ira bien. » disait-il à tous les élèves bien qu'en réalité, il ignore tout de l'identité du tueur et si celui-ci comptait encore frapper. Ce n'étaient-là que des paroles vides.

En 2001, il était impuissant et vulnérable face aux ravages de la mort. En 1942, rien ne semblait avoir changé. Il était toujours aussi faible et ignorant.

« Harry, que s'est-il passé? » lui demanda la personne qui s'approchait, non pas pour lui présenter sa baguette, mais pour tirer sur sa manche. « Tu n'as pas l'air bien. »

Harry croisa le regard de Tom, plongea dans ses yeux noirs, et une terrible pensée lui vint à l'esprit, le poignardant en plein cœur. En un rien de temps, la graine d'une idée avait été plantée dans son esprit et chamboula le monde d'Harry.

Qui était responsable de la mort de Cédric? De Sirius? N'était-ce pas cet enfant, pourtant si innocent en apparences? Avait-il également cause le trépas de Mylene?

« Donne-moi ta baguette. » Les mots sortirent de la bouche d'Harry comme un bouquet de ronces : chaque syllabe égratignait son palais, le faisait saigner de l'intérieur. Il ne répondit pas à la question de Tom qui, figé et obéissant, posa sa baguette dans les mains d'Harry. Leurs mains se touchèrent brièvement, laissant une sensation de chaleur chez chacun.

Harry n'arrivait pas à jeter le sort. Il savait que s'il le faisait, il perdrait tout contrôle sur la situation. Bien qu'il soit de 2001, en dépit des souvenirs qu'il avait de Tom et des années passées avec lui, il ne savait apparemment rien à son sujet.

Harry ne voulait pas blâmer Tom sans preuve, mais le doute était présent dans son esprit. Le temps passé avec cet enfant le poussait à vouloir lui faire confiance, mais le futur dont il venait le mettait sur ses gardes.

« Prior Incantato. » Le premier sortilège qui apparut était inoffensif, ainsi que le second et le troisième. Il continua, mais le sort de la mort n'apparut jamais. Harry continua néanmoins son inspection, jusqu'à ce que sa confiance en Tom lui revienne finalement.

Tom n'était pas impliqué dans le meurtre de Mylene.

Harry se le répéta encore et encore, tentant de convaincre la petite voix en lui qui avait encore des doutes, cette même petite voix qui semblait lui murmurer « danger ».

Enfin, Harry regarda Tom droit dans les yeux. « Tom… sois prudent. »

L'adolescent lui sourit et hocha la tête d'un air affectueux.

« S'il-te-plait, présente-moi ta baguette. » Indiqua Harry à l'élève suivant en lui souriant à pleines dents. Ses inquiétudes précédentes ayant presque disparu, il était désormais capable de faire face à la situation plus calmement.

L'enfant qui se trouvait devant lui était très mince, paraissait aussi timide que Neville durant son adolescence, mais arborait un badge de serpentard.

« Mr. Potter, Je… » Un éclat de peur apparut dans les yeux du garçon et il se tut, comme s'il était soudainement effrayé par quelque chose. Une pensée sembla traverser l'esprit de l'enfant qui se mit soudainement à trembler. Harry le vit frissonner.

« Ne t'inquiète pas. Il n'y a aucune raison d'avoir peur. » Dit Harry afin de le réconforter, pensant que cette enquête impromptue impressionnait l'élève.

Le garçon leva les yeux, cherchant désespérément à croiser le regard d'Harry, comme s'il cherchait à lui transmettre un message de cette manière. Tout à coup, des mots sortirent rapidement et nerveusement de sa bouche, « Je m'appelle Ovidius Parkinson, je logeais dans la même chambre que Riddle. »

Lui et Tom étaient dans la même année? Fronçant les sourcils, Harry étudia l'enfant devant lui.

Voyant l'expression sceptique d'Harry, Ovidius ne put se retenir et saisit l'homme par sa tunique, cherchant à lui faire comprendre. Si près de lui, Ovidius comprenait mieux pourquoi le démon était obsédé par son père, d'une telle beauté et d'un air si tendre.

Ovidius avait toujours dépendu des autres. Il était de nature peureuse et fuyait toute responsabilité. Mais à l'instant présent, alors qu'il tentait de s'ouvrir à quelqu'un d'autre, il avait l'impression d'être animé d'une flamme nouvelle.

« Mr. Potter, Riddle, il… » cependant, il ne parvint pas à prononcer des mots aussi obscènes. Ceux-ci refusaient de sortir de sa bouche. Il avait l'impression d'avoir été gelé sur place, comme si un serpent l'avait mordu au cou et avait répandu son venin glacé dans ses os.

Tom Riddle, qui le regardait de loin, lui adressa un sourire. Ovidius recula d'un pas.

Le monstre!

Ovidius manqua de s'étouffer sur un cri réprimé. Son visage, toutefois, portait une expression de terreur absolue.

….

Le visage de Billy apparut brièvement à l'esprit de Tom. L'expression sur le visage d'Ovidius ressemblait en quelques sortes à celle que le garçon avait eu, des années plus tôt : la même peur, la même panique, la même réalisation… celle que Tom serait prêt à le tuer si cela s'avérait nécessaire.

Tom s'approcha de son père adoptif et de son camarade, souriant d'un air nonchalant. Il se tourna vers Harry et lui dit, « Harry, voici Ovidius. Abraxas et moi le cherchions partout. Si tu n'as plus besoin de lui, ça ne te dérange pas s'il vient nous rejoindre ? »

Harry observait le spectacle qui se déroulait devant ses yeux, mais ne parvenait pas à l'interpréter correctement, aveuglé comme il l'était par son affection pour Tom. Il n'avait pas conscience de l'importance des évènements qui se déroulaient sous ses yeux, et ne pouvait que les appréhender d'un air confus et perplexe. Les deux adolescents s'éloignèrent, le laissant seul avec un cœur qui battait à la chamade et cette petite voix en lui, cette sonnait d'alarme de plus en plus bruyante.

...

à la prochaine!