Merci encore pour vos reviews et de lire cette fic ^^
Bonne lecture!
...
Seul l'un d'eux peut survivre ?
1943-2001
Harry était parti.
Lorsque Joan annonça la nouvelle à Tom, les yeux de l'héritier de Serpentard virèrent immédiatement au rouge-sang.
Surprise, Joan recula d'un pas. Cependant, ce n'était pas la seule chose qui l'étonnait elle s'était attendue à ce que l'adolescent soit furieux, mais il resta étrangement calme et composé. Lorsqu'il lui répondit, son ton fut aussi plat que s'ils discutaient de la météo.
« Oh, je vois. »
Joan ne parvenait pas à comprendre; comment, malgré son regard meurtrier, pouvait-il rester si calme? Ce paradoxe mit la sorcière – qui avait appris à suivre son instinct depuis longtemps – sur ses gardes. Ces derniers jours, pensa Joan, les évènements ne cessaient de la surprendre. Elle cligna des yeux, regarda à nouveau l'adolescent dans les yeux, puis fronça les sourcils. Les yeux de Tom étaient redevenus normaux: deux orbes noires et profondes qui ne laissaient rien entrevoir de ses tourments internes. Leur teinte rouge avait disparu, comme une simple hallucination. Joan avait-elle simplement halluciné?
« C'est Harry. Il est parti. » La jeune femme aux cheveux courts ne put s'empêcher de répéter ses propos précédents.
Tom Riddle, qui la dépassait de plusieurs centimètres, l'observa avant de lui sourire d'un air serein. « Je vous ai entendue, Miss Joan. Est-ce que je peux m'en aller à présent? »
L'auror regarda le jeune homme s'éloigner d'un pas assuré et élégant. L'instinct de la jeune femme lui soufflait que quelque chose clochait; depuis quand était Tom aussi étrange? Sans parler d'Harry.
….
Le préfet de Serpentard rejoignit ses appartements privés. Sa chambre n'était pas grande, mais elle lui procurait l'intimité dont il avait besoin.
Tom dénoua rapidement sa cravate, la jeta sur son lit et prit une profonde inspiration afin de se calmer et de regagner le contrôle sur ses émotions.
Ce n'est pas normal!
Seul dans la pièce, le serpentard pouvait laisser libre cours à ses états d'âmes et ses pensées. Personne ne verrait ses yeux rouge-sang - animés d'un éclat intense et brûlant – qui reflétaient la colère froide qui l'habitait.
Non, ce n'est pas normal du tout.
Une douleur sourde envahit sa poitrine; bien que limitée, elle était cependant trop forte que pour être ignorée. Cette sensation n'était pas étrangère à Tom. Il l'avait ressentie lorsqu'il était resté tout seul pendant une semaine à Londres, lors des vacances de Noël de sa première année à Poudlard.
Le grand et beau jeune homme inspira à nouveau. De cette façon, la douleur semblait légèrement s'atténuer.
Ce ne sont que des toxines résiduelles! Se disait le serpentard.
À l'aide de sa magie, il fit apparaître une boîte engravée de runes de sous son lit. Il ouvrit la boîte, révélant un journal recouvert d'une couverture noire.
Il prit le journal et le sortit de la boîte; sous celui-ci se trouvait une collection de divers objets, tous liés de près ou de loin à son père adoptif… Harry Potter.
Tom observa sa collection et se mit à rire. Son ancienne obsession lui semblait si stupide, dégoutante et ridicule à présent. La boîte en main, l'adolescent se dirigea vers la poubelle et y versa l'ensemble de son contenu, y compris les balles recouvertes du sang d'Harry et les morceaux de sa baguette brisée, sans hésitation.
Le matin suivant, un elf de maison viendrait prendre ces déchets et les enverrait rejoindre la décharge générale, où ils disparaitraient sans laisser de trace.
Tom lança un regard froid à la pile de "déchets » et sourit fièrement - oui, il s'agissait juste de détritus. Rien de plus.
Ses émotions ne le contrôleraient pas, se jura-t-il. Si c'était le cas, comment pourrait-il jeter ainsi ce à quoi il accordait tellement d'importance autrefois ?
Les actions impétueuses et paranoïaques du serpentard étaient supposées refléter son pouvoir et son contrôle inébranlables. Toutefois, des fissures apparaissaient déjà sur les murs de la forteresse qu'il avait bâtie en son for intérieur. Peu importe à quel point celle-ci était solide : l'accumulation de ces fissures créerait une ouverture qui affecterait le cœur-même de la forteresse.
…
« Tom, ta réaction est… différente cette fois-ci. » Dit Abraxa, après avoir longtemps fixé le profil de son camarade de classe. Malfoy pouvait se montrer superficiel, il n'en restait pas moins un fin observateur « Je sais qu'Harry est parti. »
Tom tourna lentement la page de son livre, sans lever les yeux. D'un air absent et d'un ton très calme, il répondit « Joan me l'a déjà dit, inutile que tu me le répètes à nouveau. »
Malfoy se mit à jouer avec ses longs cheveux blonds, ses yeux bleus toujours posés sur l'autre garçon, et il rigola.
« Et alors? Fatigué de jouer à ce jeu? »
Ne recevant pas de réponse de Tom, il continua « ...Quelle déception. Et moi qui pensais que tu étais encore obnubilé par cet homme. » le rire de Malfoy prit fin lorsque celui-ci reçu un regard désapprobateur de la libraire. Il haussa les épaules d'un air suffisant, mais décida de se taire. Il regrettait déjà d'avoir suivi Tom à la bibliothèque.
…..
Suite au départ d'Harry, les actions de Tom devinrent de plus en plus osées et audacieuses – il alla jusqu'à prendre un bain de minuit. Profitant de son statut de préfet, il prétendait être de tour de garde afin d'excuser ses nombreuses sorties nocturnes.
Quel était l'objectif de ces sorties nocturnes, outre une baignade tranquille? La Chambre des Secrets, bien évidemment.
Il rêvait de l'héritage de Serpentard! Serpentard étant l'un des quatre fondateurs, ce qui revenait à Tom serait probablement grandiose. Trouver la Chambre des Secrets reviendrait probablement à s'emparer du pouvoir de Serpentard!
Tom Riddle était inexorablement attiré par le pouvoir. En imaginant ce qui l'attendait, il ressentait chaque fois un élan de possessivité et de satisfaction le traverser. Durant ces courts instants, son beau visage se déformait en une hideuse grimace.
« Tom, pourquoi n'es-tu pas dans ta chambre ? » s'éleva une voix taquine et âgée derrière lui. « Je ne pense pas que les toilettes soient l'endroit idéal pour une réunion entre amis, n'est-ce pas? »
Albus Dumbledore.
Tom se retourna, les yeux brillants de l'énergie de la jeunesse. Oh, comme l'hypocrisie pouvait être effrayante.
« Bonsoir, Professeur Dumbledore. » Tom leva les coins de sa bouche, croisa les mains derrière son dos, et présenta une expression de respect et d'humilité. Néanmoins, la tension extrême qui parcourait son corps était impossible à dissimuler. « Je faisais juste un dernier tour. Les toilettes ne sont pas exactement les lieux les plus surs, ces derniers temps. » Après tout, une fille n'était-elle pas morte ici-même?
Le vieil homme leva les sourcils et ses yeux, derrière ses lunettes en demi-lune, s'assombrirent. N'ayant pas d'enfant, il considérait tous les élèves de l'école de la sorte. Bien que Mylene n'ait pas été une élève de Poudlard, comment pouvait-il rester impassible face à la perte tragique d'une vie si jeune ?
Il observa attentivement l'adolescent devant lui et se souvint de l'avertissement que lui avait donné Harry, trois ou quatre mois plus tôt. Le vieil homme à la barbe auburn ressentit alors tout le poids de son âge.
L'incident avec Mylène Lance cachait quelque chose d'important. Bien qu'il n'y ait aucune preuve à l'encontre du garçon devant lui, l'expression et le comportement d'Harry semblaient suggérer que Tom y était mêlé d'une façon ou d'une autre.
Cependant, tout comme Harry avant lui, Dumbledore choisit de laisser ses inquiétudes de côté. Riddle était l'un de ses élèves, après tout.
« Tom, ne t'aventures pas sur un mauvais chemin. Cela attristerait Harry. » Dit Albus en faisant face à l'adolescent, ses yeux bleus aussi clairs qu'un ciel clair sans nuage. Le vieil homme poursuivit d'un ton sévère, ses mots pleins d'avertissements, de réconfort et d'encouragement à la fois.
« Bon, Tom, cela ne te dérange pas si je te quitte à présent ? J'ai une limonade fraiche qui m'attend. » L'air sérieux de l'homme se transforma en un instant en une expression espiègle et joyeuse, qui mit immédiatement Tom mal à l'aise.
« Bien sûr que non, Professeur. »
Tom se retourna. À en juger par ses paroles, Dumbledore était au courant de quelque chose. Mais le serpentard n'était pas inquiet.
Qu'est-ce que ce vieillard pouvait bien faire? Même s'il annonçait à tout le monde ses intentions, même si certains le croyaient, cela n'importait guère. S'il ne se souciait plus d'Harry, pourquoi ferait-il attention aux mises en gardes et aux accusations d'autres personnes?
L'adolescent s'avancerait sur la route qu'il avait choisi libre de toute contrainte, assuré de son contrôle « inébranlable ».
….
Le bourdonnement dans ses oreilles cessa enfin; la douleur derrière ses yeux disparut et il put à nouveau respirer.
Harry prit une grande bouffée d'air avant de tomber au sol et de se courber sur lui-même, tentant de diminuer l'impact des spasmes douloureux qui parcouraient son corps.
C'était la première fois qu'il revenait dans le présent à l'improviste; son dernier saut avait duré douze mois dans le passé, et trois jours dans son époque à lui.
Hermione l'avait prévenu que son corps ne supporterait pas plus que des aller-retour à cinq jours d'intervalle. Cinq jours revenaient à deux ans dans le passé.
Le laboratoire était désert; Hermione se s'attendait probablement pas à ce qu'Harry revienne quatre jours plus tôt que prévu.
Sans quelqu'un pour l'aider, Harry, mortifié, dut se contenter de rester allongé sur le sol en attendant que la douleur s'atténue.
En 2001, on était encore en février. En dépit de ses habits chauds, Harry, immobile au sol, ne put repousser le froid qui l'envahit. Cependant, ce même froid lui permit de se refroidir l'esprit malgré la douleur.
Tom as réussi à créer son premier horcrux, fut la première chose qui lui vint à l'esprit dans cet instant de clarté.
Dans sa tête, deux Hermione se manifestèrent. « Tu ne peux pas changer l'histoire, parce que tout a déjà été décidé par le Destin! » le sermonna l'une d'entre elles d'un air sévère.
L'autre lui tapota l'épaule, un doux sourire sur les lèvres. « Ta présence ne peut pas être effacée, Harry, alors peu importe la trajectoire que prend l'histoire, le Destin ne peut pas te tuer. Ta présence est ton meilleur atout. Alors utilise la comme bon te semble. »
Harry parvint à se relever et se dirigea vers la porte.
Il avait besoin d'Hermione, de Ron, de quelqu'un… n'importe qui. Il avait besoin de conseils. Même s'ils ne pouvaient pas l'aider, être en leur compagnie et discuter avec eux lui ferait du bien.
…
« My Lord, aux environs de dix heure ce matin, l'entièreté de l'Armée de Dumbledore a vu Harry Potter… ramper hors du laboratoire. »
Ceci attira immédiatement l'attention du Seigneur des Ténèbres – son adversaire était apparemment en mauvaise posture.
« Hm? Ramper? »
L'homme, dont le visage était caché sous une épaisse capuche noire, parut embarrassé lors d'un instant.
« Pas ramper exactement, mais... il paraissait souffrir. »
« Et moi qui me demandais si nommer un chien Harry Potter conviendrait! » S'exclama d'un air arrogant le mangemort aux côtés de Voldemort. Insulter leur ennemi leur donnait l'impression qu'ils pourraient facilement le battre.
« Silence, » ordonna d'un ton impatient le bel homme assis sur le trône. « Je veux entendre la suite. »
Ces quelques mots suffirent à faire taire ceux qui riaient encore et les firent frissonner. Ceux qui s'apprêtaient à lancer une autre remarque ravalèrent de justesse leurs propos.
« Eh bien...? » Le démon plissa les yeux, aussi rouges que ceux de son alter ego de 1943. « Où se trouve ce laboratoire? » Le serpentard savait qu'il n'y avait pas de temps à perdre et allait droit au but.
« Nous l'ignorons; cet endroit est sous haute surveillance. Seuls Potter et Granger y ont accès, personne d'autre. »
« Je vois… poursuis ta mission. »
« Oui! »
Voldemort sentit l'excitation le gagner. Les choses devenaient enfin intéressantes.
Un petit garçon imprudent, accompagné de ses chers amis… il se demandait dans quelle mystérieuse entreprise ils s'étaient encore lancés.
Dans tous les cas, il était déjà trop tard.
Le cher Sauveur ferait bien de prêter attention aux rumeurs qui circulaient dans le monde magique.
Sauveur du passé, traître du présent !
Avec un sauveur si timide, restait-il le moindre espoir pour le monde?
Assis confortablement sur son trône, dans l'obscurité, Voldemort observa le jeu d'échec qui se trouvait devant lui, clairement dominé par les pions noirs. Ses yeux rouges furent traversés par un éclat de pure malice.
Le Survivant? Seul l'un d'entre eux pouvait survivre?
Comme s'il allait un jour renoncer à sa propre vie. Même s'il réabsorbait ses horcrux, il resterait l'immortel Voldemort.
Voldemort, celui qui échappe à la mort.
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... J'ai comme un doute... est-ce que "horcrux" prend un "s" au pluriel ?
A la prochaine! :)
