Toutes mes excuses à ceux qui ont eu la version "codée" de ce chapitre... les joies des petits bugs de haha.
Une bonne lecture!
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Alors… saisie-t 'en !
Janvier-Juin, 1943
L'horcrux avait fait son effet, cela ne laissait aucun doute. Depuis sa création, le serpentard n'avait plus ressentit de pointes d'extrême émotion et appréhendait le monde autour de lui avec froideur et détachement. En une seule action, il s'était libéré de l'emprise de ses émotions, laissant ainsi place à un être animé de pur sang-froid.
Cependant, personne ne s'était rendu compte de cette transformation. Tout élève interrogé à ce sujet aurait adopté un air confus et perplexe. Comment est-ce que Tom Riddle, toujours si poli et courtois, pourrait-il être si froid?
Une question s'imposait néanmoins: combien de temps durerait cet effet?
….
Après les cours, Tom retourna dans sa chambre. En y entrant, il remarqua quelque chose d'inhabituel : la poubelle était toujours à côté de son bureau, tout comme la baguette brisée qu'elle contenait.
Est-ce que ces hideux elfes de maison n'ont pas eu le temps de s'en débarrasser, se demanda Tom en levant un sourcil.
Le simple fait de voir un objet lié à Harry réveilla la bête tourmentée au fond de lui. Rugissante et bouillonnante, elle semblait prête à faire surface pour semer le chaos. Toutefois, cette sensation ne dura qu'un instant. Avant même que Tom ne comprenne ce qui s'était passé, tout était fini. Mais cet instant de tourment, aussi court fut-il, agit comme un chant de sirène ; sans savoir pourquoi, il s'approcha de la poubelle et en sorti les morceaux de baguette.
Fixant l'objet de ses yeux noirs, le jeune homme se mit soudainement à rire.
Il avait trouvé une excuse plausible à ses agissements : ce n'était qu'un souvenir – un rappel de son ignorance, sa fragilité et sa stupidité passées. Une mise en garde.
Cependant, en dépit de cette assurance, de nouvelles fissures étaient apparues sur la façade de la forteresse du serpentard.
Cette forteresse, appellée Horcrux, était à présent recouverte de fissures qui ne cessaient de s'étendre.
Et à l'origine de ces fissures… se trouvait Harry Potter.
…..
20 Janvier, 1943
Cela faisait deux semaines qu'Harry était parti.
Harry n'était toujours pas revenu.
Il n'avait jamais dit qu'il ne reviendrait pas, tout comme il n'avait jamais donné de date de retour. Il avait simplement laissé un mot, vague et imprécis « Je ne pars pas pour toujours. »
….
Tom Riddle était capable d'afficher une expression de totale indifférence.
Ce masque s'était avéré fort utile. Grace à lui, l'intelligent serpentard avait noué des liens avec plusieurs grandes familles en leur resservant leurs absurdes théories sur la supériorité des sang-purs. Outre leurs sourires suffisants et satisfaits, le descendant de Serpentard avait ainsi récolté de nombreux bénéfices, comme leur support et leur argent.
Sa mascarade avait d'autres avantages. Jointe à sa position de préfet, elle lui permettait de chercher la Chambre des Secret à l'insu de Dumbledore et des autres professeurs de Poudlard. Il avait fait attention à maintenir un niveau académique exemplaire afin de ne pas soulever de doutes. De cette façon, il s'était attiré la sympathie du corps enseignant et avait gagné le droit d'enfreindre les règles de temps en temps.
Le jeune démon sourit sereinement et se remit au travail. Il avait un héritage à débusquer.
Ce ne fut qu'au un cours d'un après-midi tranquille et ensoleillé qu'il se permit de s'assoir un instant devant une fenêtre. La chaleur du soleil sur sa peau le berça alors dans un état de transe, durant lequel les choses et les personnes « non importantes » lui revinrent à l'esprit.
Tom sourit, mais aucune lueur n'apparut dans ses yeux; ils restèrent sombres et insondables. D'un mouvement rapide, il referma le rideau, rejetant la compagnie du soleil.
Ne l'avait-on pas déjà mentionné? Que ce soit Tom ou Voldemort, ce qu'ils détestaient par-dessus tout, c'était la lumière.
…
Les filles de Beauxbatons restèrent encore une semaine avant de repartir avec le corps de leur camarade. Lors de leur arrivée, elles étaient accompagnée de leurs amis, parents, frères et sœurs. Lors de leur départ, cette procession comptait une personne de moins.
Bien évidemment, cette situation leur était intolérable. Elles repartirent avec la ferme intention de demander à leur Ministère tout le support et l'assistance possible pour obtenir justice.
Quelques jours plus tard, les garçons de Dumstrang s'en allèrent également. Leurs fière et imposante allure avait disparue, laissant à sa place – sauf chez Karkaroff – des dos courbés et des regards déprimés.
Français et allemands étaient confus; ils ne pouvaient pas blâmer Poudlard… alors que s'était à Poudlard que ces sombres évènements avaient eu lieu. L'héritier de Serpentard avait été méticuleux.
« Aide moi! » Karkaroff regardait d'un air avide le jeune anglais. En quatre mois à peine, l'adolescent avait démontré plus d'intelligence et d'habilité que ses professeurs ou prédécesseurs. Avec son aide, il pourrait surement devenir le prochain Gellert!
Le serpentard fit un brusque mouvement de poignet, se libérant de la paire de mains intrusives qui s'était emparées de sa manche. Derrière son sourire amical, Karakroff devinait la noirceur qui l'habitait. « Je te l'ai déjà dit, je te donnerai ce que tu désires. Tout ce que je demande en retour, c'est ta vie. » Il s'agissait une noirceur sans limite et hypnotique, qui pouvait emprisonner quiconque osait la regarder de face.
« Montre-moi ton bras, » dit soudainement Tom. Karkaroff se figea brièvement avant de remonter sa manche. Plissant les yeux, le serpentard pressa la pointe de sa baguette sur son poignet. Bien que la température environnante soit de 37°C, Karkaroff frissonna, comme s'il se trouvait au cœur d'une chambre froide.
Effrayé, le garçon baissa la tête et ne put retenir une exclamation en découvrant le motif sur son bras. Celui-ci était simple, composé de lignes relativement peu complexes, mais semblait être en mouvement… habité d'une vie propre.
« Pas d'inquiétude. » Tom observait la marque avec intérêt. Ses yeux noirs brillaient d'excitation, comme s'il venait de découvrir un nouveau jouet avec lequel s'occuper. « Il s'agit d'un simple sortilège, qui me permettra de te retrouver où que tu sois. »
Karkaroff leva la tête, rencontrant le regard sombre du jeune homme, et fut immédiatement enchanté. Il avait l'impression d'avoir trouvé la voie lactée.
Malheureusement, la voie lactée avait le visage du Diable.
Au loin, un professeur à la barbe auburn se retourna soudainement. Le soleil se refléta dans ses lunettes en demi-lune, dissimulant ses yeux.
Le voyageur temporal était parti il y avait moins d'un mois, laissant ainsi l'opportunité au Destin de bouger ses pions. Le cauchemars inscrit sur des bras avait finalement commencé à prendre forme. Les âmes marquées à l'encre noire avaient trouvé leur maître, et alors que le souffle de Tom Riddle s'affaiblissait, le Seigneur des Ténèbres s'apprêtait pour son couronnement.
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Février 1943
Une pluie glaciale et continue rendit ce mois particulièrement éprouvant.
Toutefois, ceci n'affecta pas les sorciers. Leur campus n'était pas soumis aux mêmes intempéries que celui des moldus. Les sorciers ne craignaient pas le froid : ils n'avaient pas besoin de se réchauffer en frottant frénétiquement leurs bras autour d'eux. Ils ne rentraient pas chez eux en se plaignant du vent glacial qui soufflait dehors.
Le calme régnait sur le campus. Tout était en ordre
Le départ d'Harry s'était avéré nécessaire nécessaire. Le temps, l'espace et la distance accéléraient le processus de l'oubli. Peu importe à quel point quelqu'un était important, son souvenir ne restait pas intact lorsque soumis à l'épreuve de ces forces.
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Mars 1943
Le professeur ne remarqua rien d'anormal lors de son tour de garde et ne fit aucune note dans son rapport. Il passa à côté d'une figure sombre, dissimulée dans l'obscurité d'une alcôve, sans s'apercevoir de rien.
Tom sortit de sa cachette avant de trouver refuge dans une autre zone d'ombres, si intenses qu'aucun rayon de lumière ne semblait pouvoir les transpercer.
Le ciel nocturne s'assombrissait, mais les étoiles restaient invisibles.
…
April 1943
Tom n'aimait pas le mois d'Avril. L'air était trop humide, la lumière du jour trop douce et trop chaude, et le vert qui se propageait à l'extérieur l'indisposait. Le renouveau de la nature était loin du tableau de désespoir qu'il affectionnait tant.
Tout semblait être en suspens. Il avait dû interrompre ses recherches sur la Chambre des Secrets ainsi que sur les horcruxs. En outre, bien que Tom refuse de l'admettre, l'existence et par conséquence l'absence de celui qu'il désirait oublié – celui qui l'avait déserté – semblait se faire de plus en plus remarquer.
« Où puis-je trouver Harry? Je dois parler avec lui, mais même Fawkes ne parvient pas à le situer. » lui demanda son professeur en ignorant le regard sombre du jeune homme.
« Où est Mr Potter? Charlus, le patriarche de la famille Potter, est curieux à son sujet et voudrait le rencontrer. Mais nous ne savons même pas où envoyer l'invitation! » s'exclama Cygnus Black d'un air perplexe, sans prêter attention à l'expression colérique et froide qui défigura les traits du préfet des serpentards.
Même le demi-géant, sale, répugnant et stupide, eut l'audace de le regarder dans les yeux et de crier, d'un ton chaleureux et inquisiteur, avec son ridicule accent, « Harry! » avant de demander où il pouvait le trouver.
La familiarité dans sa voix réveilla soudainement la soif de sang de Tom, et les yeux du jeune homme virèrent au rouge. Cependant, le demi-géant étant trop lent d'esprit, il n'y prêta pas attention et permit au monstre de se retrancher, sans être vu, dans le cœur du serpentard.
Tom avait l'impression que le monde entier s'était ligué contre lui et avait décidé de lui rappeler l'existence d'Harry Potter.
Mais il ne laisserait pas ceci être un problème!
Le serpentard rit d'un air déterminé et paranoïaque. L'horcrux l'avait rendu plus puissant et plus sombre; il était certain de son succès. Après tout, plus cher était le prix à payer, plus tabou était la méthode. Plus noire était la magie, plus important était son impact. Un simple souvenir ne pouvait pas faire le poids face aux barrières d'un horcrux!
Le garçon récita les effets d'un horcrux à voix haute, tentant vainement de s'auto-hypnotiser. Bien que ses nouvelles habilités lui paraissent absolues, il était voué à l'échec en ce qui concernait Harry.
Même la mieux gardée des forteresses n'est pas complétement imprenable.
Un jour, cette forteresse s'effondrerait. Le fer des barreaux rouillerait, et une fois que les ombres qui ne devait pas être relâchées gouteraient à la liberté, il serait impossible de les contenir à nouveau.
…
Mai 1943
Le temps se réchauffait peu à peu. Les spores et le pollen volaient dans l'air, trouvant parfois refuge au sol où ils croissaient, tout comme les rêves.
En dépit du contrôle qu'avait le jeune serpentard sur le monde autour de lui, il y avait une chose qui échappait à son emprise : ses propres rêves.
Comme un film muet, les images défilaient sans arrêt dans son esprit. Elles n'apparaissaient qu'un court instant, mais cela suffisait pour lui rappeler chaque occasions et chaque mots échangés au cours de celles-ci. Les souvenirs étaient clairs comme de l'eau de roche. Cependant, le rêveur s'étant débarrassé de ses émotions, il devait se contenter de les observer en tant que spectateur distant.
Un tel détachement allait à l'encontre des lois du psychique et de la nature. Ainsi, naturellement, celles-ci firent de leur mieux pour déchainer les émotions de l'adolescent.
Rêve après rêve, les images se faisaient de plus en plus précises et les scènes ralentissaient. Ce phénomène força le jeune homme à revivre la joie folle, immorale et insolite qu'il avait ressenti huit mois plus tôt.
Oui, de la joie. Dans son rêve, il déshabillait de nouveau un homme endormi; parcourant du bout des lèvres son cou et son ventre, sous la lumière tamisée de ses quartiers. Ce souvenir n'aurait pas été d'une grande importance, si ce n'était pour la sensation de plaisir qui y était associée.
L'adolescent avait ressenti une boule de chaleur… non, une flamme brûlante naître dans son ventre, ainsi qu'un sentiment de satiété et de satisfaction similaire à celui qu'un loup devait éprouver après une chasse réussie.
Ce sentiment, et le calme qui en résultait, pouvait amener n'importe qui à se perdre dans cette transe appelée « bonheur ».
Non!
Tom ouvrit les yeux. Il avait l'impression d'être dans l'eau et que ses membres étaient emmêlés dans les algues. S'efforçant d'émerger des profondeurs de son rêve, il se redressa brusquement sur son lit.
Encore une fois, il fut reconnaissant pour l'intimité que lui offrait sa chambre de préfet : personne ne verrait la teinte écarlate qu'avaient pris ses yeux.
Les mains tremblantes et marquées par ses veines, Tom agrippa l'avant de sa chemise avec tant de force qu'il faillit déchirer le fragile tissu.
Des émotions incontrôlables s'agitaient au fond de ses yeux, si intenses qu'il avait l'impression qu'elles pourraient s'en échapper à tout moment.
Ce n'est pas normal! C'est impossible!
Le serpentard refusait d'y croire. Comment aurait-il pu échouer, lui qui avait tant étudié et recherché les arts des ténèbres ?
Mais il lui fallait se rendre à l'évidence… quelque chose n'avait pas fonctionné
À cet instant, les fissurent se répandirent, atteignant le centre de la fondation… et la forteresse s'écroula : toutes ses émotions ressurgirent. Comme une tumeur, elles étaient longtemps restées discrètes et invisibles mais, profitant à présent de conditions favorables, elles augmentèrent et se propagèrent soudainement.
Tout à coup, chaque sourire de cet homme, ses regards et ses gestes lui revinrent à l'esprit. Et avec eux, un sentiment de regret irrépressible.
Comment avait-il pu le laisser partir si facilement?
Ça ne devait pas se passer comme ça!
Le tonnerre retentit. Non loin, un éclair frappa le sol, illuminant l'horizon et jetant une lumière funeste sur les deux yeux rouges du serpentard qui ne laissaient entrevoir aucune pitié.
….
Juin 1943
Les examens de fin d'année approchaient. L'atmosphère était tendue à Poudlard.
Néanmoins, certaines personnes ne semblaient pas trop préoccupées.
« Est-ce que notre préfet serait de mauvaise humeur? » demanda Abraxas en s'allongeant sur le canapé de la salle commune des serpentards. Il semblait apprécier cette position détendue.
Tom jeta un regard froid à Malfoy, pesant ses mots. Il plissa les yeux, ce qui lui donna l'air d'être extrêmement concentré. Malfoy ne put retenir un sourire.
éEh, qu'est-ce qui ne va pas? Tu me fais peur à force de me regarder comme ça. » D'un air dramatique, Malfoy se frotta les bras, comme s'il avait la chair de poule.
Finalement, Tom Riddle s'exprima. « Que faire… quand je ne contrôle pas quelque chose? »
Abraxas lui adressa un regard confus avant d'exploser d'un tel rire qu'il fut incapable de se lever. Il eut besoin de plusieurs minutes pour se reprendre et essuyer les larmes au coin de ses yeux.
« Tom, je pensais que tu avais déjà résolu le problème? Tu t'es toujours emparé de tout ce que tu désirais et les enfermais quelque part, en sûreté, non? À moins que tu aies finalement décidé d'abandonner? » dit Abraxas afin de taquiner son camarade.
Tom serra les lèvres et un éclat rougeâtre traversa ses yeux.
Il avait toujours eu ce qu'il voulait ! Il n'avait jamais abandonné ! Ce qu'il voulait à présent, c'était Harry. Pourtant, s'il devait choisir entre cette personne et une position de pouvoir, il choisirai le second sans hésiter.
Alors pourquoi ne parvenait-il pas à contrôler son désir pour Harry ?
Que faire à présent?
« Je ne suis pas ton père. Il ne me revient donc pas de t'apprendre à chasser, n'est-ce pas? » reprit Abraxas en souriant à son cadet, si puissant et intelligent bien qu'il soit un an plus jeune. « Dresses ton chien, puis lance-le à la poursuite de ta proie. » Tenter d'attraper une proie avec un chien sauvage était voué à l'échec. Toutefois, en faisant usage d'une main ferme et en contrôlant d'abord l'animal canin, un chasseur pouvait acquérir le meilleurs atout qui soit pour l'assister dans sa quête de sang. Il devenait ainsi suffisamment fort pour capturer la plus élusive des proie.
Tant que tu es assez fort, tant que tu as les bonnes ressources, tu peux t'emparer de ce que tu désires. Tu as le control sur n'importe quoi et n'importe qui. Tu peux te lancer à la recherche d'un monde parfait sans la moindre interférence.
L'appétit et le désir firent monter la salive à la bouche du serpentard. Puisque « l'oubli » n'avait pas fonctionné pour régler le problème qu'était Harry Potter, tout ce qui lui restait à faire… c'était de s'en saisir.
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Bon, j'avoue qu'au niveau traduction, ce chapitre m'a donné du fil à retordre. Je ne sais pas si c'est parce que le traducteur chinois-anglais a changé et suit plus littéralement les propos de l'auteur... mais c'était très abstrait et pas mal de références à des fables chinoises. Je me suis donc permise d'interpréter certains passages (au lieu de rester dans la traduction pure et dure) afin que se soit plus cohérent et compréhensible ^^
à la prochaine!
