Et voici le nouveau chapitre!
Bonne lecture :)
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La plus brillante des flammes
13 Août, 1943
Le soleil couchant illuminait le ciel d'une douce lumière dorée. Ombres et obscurité avançaient avec hâte, chassant les dernières lueurs du jour la ligne rouge-sang qui marquait l'horizon était le symbole de leur éternel conflit.
Avec l'arrivée de la nuit, le démon pouvait enfin laisser libre cours à ses pulsions les plus sauvages.
Le manoir Riddle ne se trouvait pas très loin de la vieille cabane des Gaunt. Toutefois, tandis que la demeure des Riddle resplendissait de richesses, celle des Gaunt transpirait la pauvreté et la négligence. Les murs étaient recouverts de lichen, les coins des fenêtres de toiles d'araignées et la barrière en fer semblait prête à s'écrouler à la moindre touche. Le serpent épinglé à la porte d'entrée se trouvait là depuis si longtemps qu'il aurait été impossible de déterminer son espèce, et ses yeux vacants paraissaient destinés à faire fuir tout visiteur.
La cabane était ancienne, sale et délabrée… mais au moins, les Gaunts avaient un toit au-dessus de leurs têtes.
Tout en approchant ce taudis, la lueur du jour mourant entourant sa silhouette d'un halo doré, Tom Riddle sourit. Il aurait pu passer pour un ange descendu du ciel, si ce n'était pour l'éclat rouge dans ses yeux qui lui donnait davantage l'allure d'un représentant de la Grande Faucheuse.
« Ouvre moi . » dis Tom Riddle en s'arrêtant devant la porte, l'ordre en fourchelangue s'échappant de ses lèvres dans un sifflement froid et sec. Le sang dont il avait hérité lui avait conféré ce talent unique.
« Pourquoi es-tu revenu, bâtard? » Demanda son oncle en ouvrant la porte. Les pupilles dilatées, il s'empara de la hache qui se trouvait à côté de la porte et l'agita d'un air vicieux et colérique.
« Toi, un répugnant sang-de-bourbe, comment oses-tu t'adresser à moi en fourchelangue? Ta mère, cette imbécile, était supposée devenir ma femme. Nous aurions donné naissance au descendant parfait, pur, plutôt qu'à un bâtard comme toi! »
Le sang de Tom Riddle lui procurait certains talents, mais aucun statut. En dépit de leur liens de parenté, les gens qui étaient censés lui offrir une famille continuaient de le rejeter et le considéraient comme un parfait étranger.
Il aurait pu appartenir à la fois au monde des sorciers et à celui des moldus, mais se retrouvait seul en fin de compte: on l'avait abandonné des deux côtés.
Quelle situation! Sa mère n'avait pas eu la force de vivre pour lui lorsqu'il n'était qu'un nouveau-né. Son père aurait aimé qu'il ne voit jamais le jour. Lui et son oncle le traitaient de bâtard, et celui qui avait toujours veillé sur lui était un voyageur temporel qui l'avait à présent déserté….
Le soleil avait complétement disparu de l'horizon. Derrière lui s'étendait la ville connue sous le nom de Little Hangleton. Tom ne put s'empêcher d'éclater de rire, ses mains devant les yeux.
En fait, il était comme un rat, désespéré de vivre en dépit des circonstances. Mais il n'était pas un rat. Il était Tom Riddle, descendant de Serpentard.
Son orgueil et sa détermination ne l'autorisaient pas à s'apitoyer sur sa vie. Au contraire, ces attributs le poussaient à dissimuler toute trace de faiblesse et remplaçaient ses émotions plus fragiles par un désir de vengeance et une soif de sang.
Le serpentard, qui avait rejeté son humanité, ne se laisserait pas distraire. Il n'hésiterait pas, il ne serait pas la victime de sa frustration.
Tel un envoyé des enfers, il ouvrit la bouche et agita sa baguette comme on abaisserait une faux. Cependant, il n'allait pas offrir une mort si facile à son oncle. Non, d'abord, il voulait qu'il goûte au tourment et au désespoir suscités par les détraqueurs.
Son oncle était si faible qu'il n'eut même pas besoin d'une grande puissance magique pour l'assujettir à sa volonté. Après l'avoir forcé à s'agenouiller, Tom marcha sur la mains de Morfin, les yeux rivés sur le rubis qui brillait à ses doigts.
« N'y penses même pas, petit enfoiré! »
« C'est celle de Serpentard, n'est-ce pas...? » Bien qu'il ne reste pas un rayon de lumière, les yeux rouges du jeune homme brillaient presque autant que le bijou.
« Cela signifie qu'elle me revient. À moi, le bâtard… »
« Non! C'est à moi! » cria Morphin d'un air enragé, fusillant le garçon du regard.
« Ta putain de mère a déjà pris le pendentif, et maintenant c'est à ton tour de me voler mon bien ? N'y penses même pas ! »
« Mais quel bien te fera ton héritage face aux détraqueurs d'Azkaban… cher oncle ? »
Il ne pouvait y avoir qu'un seul héritier de Serpentard.
Tom leva sa baguette et assomma Morfin avant d'arracher la bague de ses doigts, emportant par mégarde un morceau de chair dans son mouvement. Dégouté, il se débarrassa rapidement de celui-ci. Enfin, après s'être saisi de la baguette de son oncle, il jeta le sort de faux souvenirs.
« Très cher oncle, répète après moi: J'ai tué la famille Riddle. »
« J'ai tué la famille Riddle. »
Avec la baguette de Morfin entre ses mains, Tom était désormais prêt à mettre en œuvre la suite de ses plans et ne ressentait aucune inquiétude. Ce n'était pas la première fois qu'il mettait en scène un meurtre, après tout.
…
Le manoir Riddle, qui ne se trouvait qu'à un ou deux kilomètres de la cabane des Gaunts, brillait de mille feux. Chaque chambre était éclairée. Toutefois, l'éclairage était encore trop faible que pour repousser les ténèbres qui s'approchaient de la demeure.
« En voici une bien bonne journée. J'ai trouvé trois nouveaux bijoux pour ma collection. » S'exclama gaiement Lady Riddle en tendant le bras pour montrer les nouveaux trésors acquis.
Le vieux Tom Riddle grimaça avant de couper un morceau de son steak. « J'aurai aussi passé une bonne journée, si ce n'était pour ce bâtard. »
Et c'est à ce moment-là que la mort entra.
Les trois individus, tous plus imbus les uns que les autres, se retournèrent pour regarder le garçon qui était soudainement apparu dans leur salle de séjour. Ils prirent un air effrayé, comme s'ils avaient vu un revenant.
« Disparais! » Cria le vieux Tom. Chaque fois qu'il voyait ce visage, si semblable au sien, il se remémorait l'emprise surnaturelle que cette sordide femme Gaunt avait eu sur lui. Cette union avait été contre nature : il appartenait à la noblesse tandis qu'elle n'était que la fille d'un vieux fou ruiné.
« Pourquoi es-tu de retour? C'est de l'argent que tu veux? Tu ne recevras pas un cent de ma part! »
Ah. Quand bien même l'homme lui aurait cédé tous ses biens, Tom n'aurait pas montré une once de pitié envers lui.
Il n'avait pas besoin d'un père. Il n'avait pas besoin d'un oncle. Il n'avait pas besoin d'une famille de sang. Harry lui suffisait amplement.
« Va en enfer. » Un sourire profondément gentil et néanmoins malveillant apparut sur les lèvres de Tom. Il leva le bras et l'extrémité de sa baguette se mit à briller d'une lueur verdâtre. Malgré l'étrangeté du phénomène, les trois Riddle reconnurent le danger mortel qui les menaçait.
« Avada Kedavra. »
« Non, non! »
Bien que la baguette de Morfin ne lui appartienne pas, elle ne lui opposa aucune résistance.
Ainsi, Tom Riddle jeta son premier sort de la mort. Il était responsable du décès de nombreuses personnes cependant, jusqu'ici, il les avait toujours mené de façon indirecte au trépas. Les hommes qui s'étaient aventurés dans la grotte avaient été tués par les inferi. Karkaroff avait tué Mylene, bien que ce soit sous l'influence de ses machinations. Le vieux Tom fut le premier à périr sous la baguette de son fils.
Quelle ironie: celui qui lui avait donné la vie était aussi le premier dont il prenait personnellement la vie.
Tom vit une expression de terreur se figer sur le visage de son géniteur et il sentit les coins de ses lèvres s'étirer. Le sourire maniaque qu'il afficha aurait presque suffit à terrasser d'effroi les dernier occupants de la pièce.
Tom s'approcha d'eux lentement, observant avec jubilation la façon dont ils se recroquevillèrent dans un coin de la pièce en le suppliant de les épargner.
En vain. La raison du serpentard était étouffée par sa soif de sang. Le vide qu'il ressentait ne serait comblé que lorsqu'il prendrait leurs vies.
À partir de ce jour, il n'y aurait qu'un seul Tom Riddle.
À partir de ce jour, Tom Riddle n'aurait plus que son père adoptif.
Dis, Nagini. Et s'il ne revenait jamais? Avait-il demandé à son compagnon
Pourquoi est-ce que le voyageur temporel voudrait revenir?
….
2001
« Harry, t'es-tu décidé? » demanda Hermione en plongeant son regard dans les yeux verts de son ami. « Il a déjà créé un horcrux et il a déjà du sang sur les mains. Même si tu retournes là-bas, ce sera inutile. Veux-tu vraiment... retourner dans le passé? »
Harry aurait aimé la contredire. Malheureusement, tout supportait les propos de la sorcière. Après un long silence, Harry passa une main dans ses cheveux en bataille. « Je dois finir ce que j'ai commencé. Je me suis occupé de lui pendant plus d'une décennie… il va bientôt entrer dans sa vingtaine. En plus, j'ai toujours une mission à compléter, non? »
« Ce sera mon dernier saut. » Dit Harry en caressant le sablier du bout des doigts, les yeux brillants.
Malgré ces nobles propos, il ne pouvait pas réfuter la vérité… ni son appréhension.
Il avait vu Tom grandir. D'un enfant maladroit qui ne savait pas tenir sa baguette, il était passé à un élégant adolescent qui la maniait avec brio. Harry avait été avec lui en temps de joie, de tristesse, de bonheur et de colère…
Avant cette aventure, avant le voyage dans le temps, Harry aurait tout simplement tapé la table du poing et crié d'un air indigné qu'il détestait Voldemort, car celui-ci n'était alors qu'un symbole du mal.
Mais ce symbole s'était à présent converti en un être de chair et de sang, qui pleurait et souriait, qui l'avait accompagné pendant des années. Saurait-il lui faire face avec la même indifférence qu'auparavant?
Le Tom d'Harry n'était qu'un garçon de seize ans.
Comme tout parent envers leurs enfants, Harry avait été en colère contre lui et avait eu besoin d'un instant pour reprendre son souffle. Mais cette colère était passée, et il était de nouveau prêt embrasser et protéger cet enfant.
Harry fit tourner le sablier.
…
Lorsqu'il apparut dans Godric's Hollow, la nuit était tombée et le quartier baignait dans l'obscurité. Les ténèbres de l'extérieurs rendaient les lumières qui s'échappaient des fenêtres de chaque foyer encore plus resplendissantes.
Harry ne tarda pas à trouver son chemin habituel et se dirigea vers chez lui.
Les lumières étaient éteintes; du jardin jusqu'aux chambres, les ténèbres et le silence avaient établis leur demeure.
Harry se tint devant la porte et toqua. Personne ne répondit. Cependant, lorsqu'il poussa la porte du bout des doigts, celle-ci s'ouvrit en grinçant. Elle n'était pas fermée.
Harry resta dans l'embrasure de la porte un instant, le temps de s'habituer à l'obscurité. Celle-ci était si dense qu'il avait presque l'impression d'être devenu aveugle.
« Il y a quelqu'un? » demanda le jeune homme dans un murmure. Sa silhouette était illuminée par les lumières de l'extérieur. Celles-ci soulignaient la moindre de ses courbes, la moindre de ses mèches.
Enfin, il aperçut l'autre occupant de la pièce.
Tom était assis derrière le canapé, entouré par l'obscurité, et avait les yeux rivés sur le jeune homme qui enlevait à présent ses chaussures. Un éclat de rancœur traversa son regard.
Il est de retour.
Tout son être le pressait de s'avancer vers lui, et il lui obéit. Il se leva et contourna le canapé. Sortant de l'obscurité, il prit son père adoptif dans ses bras. Ses mains, qui venaient juste de lancer le sort de la mort, agrippèrent les épaules de l'homme.
« Tom?! Tu m'as fait peur. » Harry observa l'enfant dont la tête reposait à présent contre son épaule et passa une main dans ses cheveux lisses et soyeux.
Sa mère n'avait pas eu le courage de vivre pour lui, son père avait rejeté son existence et son oncle l'avait traité de bâtard. Néanmoins, quelqu'un était prêt à traverser le temps et l'espace pour lui.
Quelqu'un était prêt à traverser le temps et l'espace pour lui. Indépendamment des motivations d'Harry, c'était là le plus important aux yeux de Tom.
Tom n'avouerait jamais à Harry l'inquiétude, la tristesse et la rancœur qui le rongeaient de l'intérieur, en partie parce qu'il n'était lui-même pas prêt à reconnaître l'existence de telles émotions. Il se contenta de serrer Harry contre lui. Ses deux bras fermement fixés autour de la taille de l'homme et sa tête sur son épaule, il inspira profondément.
Un dicton lui revint à l'esprit.
Une flamme ne resplendit jamais plus fort qu'au milieu de l'obscurité.
Quand bien même personne ne semblait vouloir l'accepter, il y avait toujours quelqu'un prêt à l'accueillir à bras grands ouverts.
Quel dommage que le Diable ne puisse trouver rédemption.
Un saint aurait rendu la gentillesse reçue aux autres, un humain se souviendrait de leur bonté, mais le Diable… l'emprisonnerait.
...
Ne sachant pas si je posterai un nouveau chapitre avant les fêtes, je vous souhaites déjà à tous de joyeuses fêtes!
Prenez soin de vous et vos proches :)
à bientôt,
Yepmissis
