Bonjour à tous,
Voici donc la suite de 47. Pour votre information, il y aura 98 chapitres au total
Bonne lecture !
…..
L'ouverture de la Chambre des Secrets
Octobre 1943
Tom Riddle était de plus en plus nerveux.
S'il ne s'en souciait guère auparavant, la vérité qu'il venait de découvrir et toutes les preuves à son appui l'ébranlaient.
Sa suspicion quant à l'identité du meurtrier le laissait sans voix. Inconsciemment, il se retrancha dans ses pensées.
Qu'est-ce qui aurait pu pousser Harry à voyager dans le temps?
Un héros à sauver ou un vilain à tuer. Et il le savait mieux que quiconque: Tom Riddle n'avait rien d'un héros.
Tom se pinça l'arête du nez, l'humeur agitée et les yeux rouges. Harry était-il retourné dans le passé pour se débarrasser de lui ?
Le comportement étrange et détaché d'Harry, sa réaction vis-à-vis de Tom lors du bombardement de Londres, la façon dont il le surveillait à Poudlard… tous ces éléments supportaient l'hypothèse de Tom concernant le voyage temporel d'Harry. Il avait pour objectif d'arrêter Tom.
Tom laissa sa tête tomber et l'appuya sur le dos de ses mains. Il ferma les yeux.
Le plus ridicule dans tout ça, c'était qu'après avoir tué son père et son oncle, il avait été reconnaissant envers Harry. Reconnaissant du fait que, alors qu'il avait été abandonné par sa mère, son père et son oncle, quelqu'un avait eu le courage de remonter de plus d'un siècle dans le temps pour lui
Mais qui était l'homme envers qui il était si reconnaissant? L'homme qui avait pour mission de le tuer.
Ou peut-être avait-il un autre but, une autre raison de se tenir à ses côtés. Mais si c'était le cas, Harry aurait-il été capable de cacher ses sombres dessins à Tom?
Non, impossible.
Le serpentard était obsessif et paranoïaque. Méticuleux et orgueilleux, même lorsqu'il se retrouvait confronté à ses erreurs
Il avait l'habitude d'amplifier l'écho des ténèbres et d'ignorer totalement ce qui était bon. Il était dans sa nature d'embrasser l'emprise de l'obscurité, à tel point que celle-ci finissait par surplanter sa raison, déformer son esprit… jusqu'à ce qu'il se retrouve au bord de la folie.
Oui, Tom en était convaincu: si Harry l'avait charmé lorsqu'il n'était qu'un enfant, c'était seulement avec l'intention de le tuer plus tard. Harry avait souhaité le tuer quand il l'avait abandonné sous le toit d'une maison prête à s'écrouler, espérant probablement que la prochaine bombe l'enterrerait vivant.
Mais ce dont Tom refusait de se souvenir, en cet instant précis, c'était qu'Harry l'avait sorti de l'orphelinat et lui avait offert un foyer. Il avait appris à Tom à manier sa baguette, à lire et à écrire, et l'avait même introduit au monde magique. Tom ne parvenait pas à se remémorer les moments où Harry l'avait pris dans ses bras, offrant à Tom la sécurité de sa personne, et l'avait aidé à flotter au-dessus d'une abysse de désespoir.
Rien de tout ça ne revint à Tom.
Peut-être était-ce la faute d'un défaut génétique ou d'un trouble mental. Peut-être. Dans tous les cas, la colère et le conflit interne de Tom le rendaient incapable de se souvenir du meilleur et concentraient toute son attention sur le pire.
Toutefois, était-ce réellement une surprise? Les ténèbres ne pouvaient pas disparaître en un instant: il fallait les éroder lentement. Cela pouvait prendre des années… des décennies. Était-ce là l'objectif d'Harry ? Était-ce la raison pour laquelle il était resté si longtemps avec Tom ?
Harry, qu'attends tu de moi exactement?
Pourquoi ne m'as-tu pas encore tué?
Harry ignorait que son identité avait été compromise. Peut-être tentait-il simplement de gagner du temps et de retarder les regrets que ce qu'il avait à faire susciterait.
...
« M'sieur Harry, Comment vous saviez qu'j'avais caché Aragog sous mon lit? » demanda d'un air incrédule l'élève de troisième année, un demi-géant plus grand qu'Harry. Sa déclaration, bruyante et curieuse, attira l'attention de plusieurs élèves. L'accent du géant pouvait le rendre difficile à comprendre mais, après des années d'amitié avec lui, Harry n'avait aucune difficulté.
Harry demanda rapidement à Hagrid de baisser la voix. Après un tel rugissement, Hagrid n'aurait même pas besoin d'être accusé d'avoir ouvert la Chambre des Secret pour qu'on le punisse.
« Tu devrais le laisser dans la Forêt Interdite. Tu risques d'effrayer tes camarades si tu le gardes dans l'école, » lui conseilla Harry.
« Mais… » Hagrid tendit les deux mains, ses paumes plus larges que des assiettes, et les agita.
« Aragog n'est pas plus grand que ça, il va avoir des problèmes dans la Forêt Interdite ! »
Harry fixa ces mains du regard, momentanément envahi par un sentiment d'impuissance. « Il pourrait blesser des élèves, Hagrid. Que t'arrivera-t-il à ce moment-là? »
« Il ne fera de mal à personne! »
Ne fera de mal à personne? Harry n'avait pas imaginé la horde d'araignées affamées lors de sa deuxième année.
« Je pourrais veiller sur Aragog pour toi, je suppose. » Harry regretta ses paroles aussitôt qu'elles sortirent de sa bouche. Le simple fait de regarder la créature poilue à huit pattes le faisait frissonner.
Afin d'élever une araignée qui aurait éventuellement la taille d'une maison, Harry choisit un large terrain aux alentours de la Forêt Interdite. Il lança un sort d'éloignement, d'invisibilité, et d'autres protections de la sorte. Après cela, il se rendit plusieurs fois à la bibliothèque afin de se renseigner à propos du régime de l'araignée. En vérité, Harry aurait préféré laisser cette créature mourir de faim.
Enfin, ce n'est qu'une blague, tenta vainement de se convaincre Harry.
Harry ne savait pas si cela fonctionnerait, mais cela réduirait au moins les risques d'accidents.
« 'arry! J'ai trouvé ça, t'vois, ça dit qu'Aragog peut… » Suite à ses actions, l'affection d'Hagrid pour l'assistant monta en flèche. L'élève de troisième année se mit à suivre Harry partout, espérant pouvoir partager ce qu'il avait appris avec quelqu'un qui partageait sa passion pour les animaux.
Un compliment maladroit de la part d'Harry suffisait à mettre Hagrid de bonne humeur pour le reste de la journée.
...
« Harry, j'ai trouvé c'livre sur les Norvégiens à Piques l'autre jour… »
« Harry, j'ai préparé du sucre tout seul. T'en veux en morceau? »
« Harry… »
Harry, Harry, HARRY ! Comment osait-il massacrer le nom de son Harry avec un tel accent, teinté par tant de familiarité et d'enthousiasme ? Regardant le demi-géant de loin, le serpentard grinça des dents. Alors qu'il observait avec amertume les deux visages souriant, Tom perdit le control et laissa échapper sa rage.
Son besoin de monopoliser Harry prit le dessus sur sa raison et ses yeux virèrent au rouge pourpre. Comment est-ce que cet abruti parvenait si facilement à faire rire et sourire Harry ? Pourquoi est-ce qu'Harry lui faisait si facilement confiance, sans rien attendre en retour ?
Pourquoi était-il, lui, l'enfant d'Harry sur papier, la cible qu'Harry était venu tuer.
Qui avait vécu avec Harry pendant plus d'une dizaine d'années? Qui avait fait face à la mort aux côtés d'Harry?
Parmi toutes les personnes présentes, qui avait dû attendre le retour d'Harry seul, dans une satanée maison vide (près d'une décennie, d'ailleurs).
Tom.
Tom Riddle, pas Hagrid.
Mais qui Harry avait-il choisi de laisser derrière? Qui est-ce qu'Harry avait mis en danger? Qui Harry s'apprêtait-il à déserter? Même après tout ce temps?
Encore Tom Riddle. Pas Rubeus Hagrid.
« Tom, qu'est-ce qui ne va pas? » demanda Cygnus d'un air hésitant. Il avait toujours perçu Tom comme une personne souriante. Voir une expression si enragée sur le visage d'une telle personne terrifiait Cygnus.
Cygnus avait peur de provoquer Tom. Même s'il avait le soutien de la famille Black, même si Tom était son camarade, son subconscient lui chuchotait de ne pas mettre le préfet en colère. Plus la force était puissante, plus le contrecoup serait douloureux.
« Serait-ce à cause… » Cygnus fit une pause. « ...de l'assistant Potter? »
Tom baissa les yeux, silencieux. C'était bien cela.
Cygnus sourit. « Il semblerait que tu aimes beaucoup Harry ». Pour ce mettre dans un tel état, cet enfant devait vraiment aimer son père.
« Je ne l'aime pas, » siffla Tom, se levant brusquement. Il foudroya Cygnus du regard.
Cygnus se figea. « C'est ton père. C'est normal de… »
« La famille et l'amour n'ont rien à voir l'un avec l'autre. » Tom résista à l'envie de sourire. L'ironie ne lui échappait pas. Son père biologique n'aimait que sa propre personne tandis que son père adoptif comptait exprimer son amour en plongeant un poignard dans son dos.
Aimer? Aimait-il Harry Potter? Ridicule.
Il ne pouvait pas ressentir l'amour. Tom était tout simplement possessif envers ce qui lui appartenait.
L'amour était une fantaisie créée par les faibles; ceux incapables ou trop effrayés pour se défendre tout seuls.
Pourquoi aurait-il besoin d'amour alors qu'il avait quelque chose de bien mieux : du pouvoir.
L'amour? Tom n'en avait pas besoin.
...
Tom se remit à la recherche de la Chambre des Secrets, profitant pleinement de ses privilèges de préfet. En soirée, il examina le moindre recoin de la salle commune des serpentards.
Tom mit les mains dans ses poches et leva les yeux, perdu dans ses pensées.
Il avait exploré la quasi-totalité du château: les salles de classe, le sous-sols, et même les placards à balais.
Mais il n'avait rien trouvé.
Aurait-il manqué quelque chose? Est-ce que la Chambre des Secrets ne se trouvait pas dans le château ?
Remarquant un morceau de tissu qui dépassait d'un coin, Tom s'exclama « Myrtle Shirley? ». Le serpentard, qui avait une bonne mémoire, se souvint du nom de la serdaigle presque immédiatement. « Qu'est-ce que tu fais ici? Le couvre-feu est déjà passé. »
La jeune fille avait des tresses et dissimulait ses yeux derrière d'épaisses lunettes et mèches de cheveux. Elle répondit timidement « Je-j'étais aux toilettes. » Elle indiqua d'un air gêné le couloir derrière elle. Personne ne s'y trouvait, mais on pouvait entendre le son de l'eau qui s'écoulait.
Les toilettes des filles?
Le beau serpentard plissa les yeux, réfléchissant.
Il avait cherché toutes l'écoles. Partout, à l'exception des toilettes des filles.
Tom choisit prudemment ses mots avant d'offrir un sourire charmeur à sa camarade de classe. Celui-ci était visiblement forcé, mais Myrtle ne s'en rendit pas compte. Tom lui tapota l'épaule, faisant attention à ne pas paraître trop excité. « Dépêche-toi de rejoindre ton dortoir, ou tu risques d'avoir des problèmes avec les professeurs. »
Il souhaitait qu'elle disparaisse au plus vite afin qu'il puisse se relancer dans sa quête.
« O-Oui, d'accord. Me-merci. » Dit la fille, les joues écarlates et la tête baissée. Elle s'éloigna en vitesse.
Tom attendit que sa silhouette disparaisse. Une fois certain que personne ne se trouvait dans les parages, il tourna les talons et se rua dans les toilettes.
La pièce était large. Un bassin se trouvait entre les deux premières rangées de toilettes.
Tom n'hésita pas une seconde. Il ouvrit la bouche, la langue collée à son palais, et émit un sifflement sinistre.
« Ouvre-toi. «
Contrairement à Harry qui devait faire l'effort d'imaginer un serpent à qui s'adresser, Tom s'exprimait aisément en fourchelangue. La capacité volée d'Harry ne faisait pas le poids face à son talent, hérité directement de sa lignée.
Le robinet se mit aussitôt en mouvement, se déplaçant lentement, jusqu'à ce qu'un sombre tunnel apparaisse sous les yeux de Tom.
Tom sourit. Le rire qui s'échappa de sa gorge parut particulièrement sinistre dans la salle de bain déserte. Le volume de son ricanement augmenta doucement mais sûrement; le son en lui-même était mélodieux, mais quiconque en connaissant la signification aurait frissonné.
Harry, j'ai ouvert la Chambre des Secrets, pourquoi ne m'as-tu pas tué plus tôt?
Si tu ne te dépêche pas… Il sera trop tard.
...
En fin de compte, Tom ne s'aventura pas dans le tunnel ce soir-là.
Il ne savait pas quels pièges l'attendraient à l'intérieur de celui-ci. Or, le serpentard était bien trop prudent que pour mettre inconsciemment sa vie en danger. Il choisit donc de refermer le passage et de quitter les toilettes. Il devrait d'abord en apprendre davantage sur la Chambre des Secrets.
Ce n'était pas le bon moment. Pas encore.
« Tom, que fais-tu ici? » Dès qu'il mit un pied hors de la salle de bain, Harry, qui passait dans le couloir, l'interpella. Il l'avait vu. L'homme aux cheveux noirs pantelait encore, comme s'il avait couru pour venir jusque-là.
Tom observa Harry et admira la pâleur que prit son visage lorsque le jeune homme remarqua devant quelle pièce ils se trouvaient. Le coeur de Tom se mit à battre plus rapidement, habité par une cruelle satisfaction.
Le serpentard sourit à son père adoptif d'un air innocent, dissimulant ses crocs acérés. « Je fais mon tour de garde. Je suis un préfet, après tout. »
Le jeune homme garda son calme et sa façade innocente en disant cela, comme s'il attendait une récompense de son gardien.
Inévitablement, l'histoire suivait les galons posés par le Destin. Elle suivait son court; inébranlable, inarrêtable, inchangeable…
La Chambre des Secrets avait été ouverte.
….
Ah oui… j'ai choisi au final de garder un chapitre par chapitre. Merci à tous ceux qui m'ont répondu
À bientôt,
yepmissis
