Chapitre 1 :
Le dernier Jedi
Les Jedi avaient été vaincus.
L'ordre 66 les avait détruit, un par un. Darth Sidious avait vaincu maître Yoda. Il n'y avait plus d'espoir, l'Obscurité avait envahi la Lumière. L'Empire avait tué la République. Anakin Skywalker était devenu Darth Vador et son maître Obi-Wan Kenobi, le célèbre Négociateur, avait été capturé par ce jeune Sith. Il n'avait pu vaincre son ancien éléve, il n'avait pu sauver Padmé, qui était décédé, sans avoir pu accoucher, parce que Vador avait trop aveugle de voir qu'elle était en train de mourir, alors qu'il se tournait dans le coté. A ce moment-là, Obi-Wan, l'unique Jedi encore vivant, savait qu'il ne verrait plus son meilleur ami. Que la fin des Jedi avait désormais eu lieu.
Curieusement, Obi-Wan n'avait pas été tué. Non, Vador l'avait emmené devant son maître, Darth Sidious, anciennement Sheev Palpatine, qui s'esclaffa devant l'ancien maître Jedi, à genoux face à son trône. Les mains étaient attachés dans son dos, à son cou, on lui avait mis un collier inhibiteur de Force et qui s'électrifiait quand il n'obéissait pas. Jusqu'ici, personne n'avait eu à l'activer, car Obi-Wan n'avait plus aucune raison de résister. Tout était mort en lui.
« Voici donc ce qui reste de Maître Kenobi, ricana Sidious, quel tragédie, un être aussi talentueux que vous… »
Obi-Wan n'avait rien dit, trop accablé, trop abattu, trop endeuillé. La mort et la souffrance l'avait hanté à partir du moment où il avait perdu face à Anakin. Désormais, il était certain qu'il allait mourir et rejoindre sa famille, dans la Force.
Mais ce n'était pas ce qu'avait prévu le nouvel Empereur Sith.
« Mettez-le en cellule, ordonna-t-il à Vador, qu'il croupisse à jamais en prison.
- Vous n'allez pas me tuer ? lâcha Obi-Wan surpris et craintif.
- Bien sur que non, sur qui pourrai-je me défouler, si je n'ai aucun Jedi sous la main ? » rit Darth Sidious.
Le maître Jedi frissonna alors. Il n'allait pas être tué, non. Il sera prisonnier et il sera le jouet d'un Sith sadique et cruel.
« Ah, au fait, maître Jedi, fit Sidious avec amusement, sachez que le suicide serait une mauvaise idée…puisqu'elle engendrait encore plus …de morts… »
Obi-Wan serra les dents. Non seulement, il vivrait dans une cage, mais en plus…on lui interdit le droit de mourir, car sinon des gens innocents le suivraient. Certes, ce n'était que des paroles et même au-delà de la mort, Obi-Wan n'aurait pas à souffrir de voir cela se réaliser, mais Sidious avait touché son point faible : il n'avait pas peur de mourir ou d'être torturé, non…mais il avait peur pour ce que son ennemi pourrait faire à des innocents.
« Je vous souhaite donc…un bon retour chez vous, maître Kenobi. »
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Ce qui était étonnant dans toute cette histoire, c'est que la fameuse prison qu'il allait devenir son unique habitation pour les prochaines années, se trouvaient dans les sous-sols du Temple, à quelques pas de son quartier…de chez lui. Et effectivement, il était bien chez lui.
C'était encore plus cruel de l'avoir envoyé ici. Sidious était digne d'un Sith.
Ce fut Vador qui l'accompagna, jusqu'à sa demeure sombre et sans vie. Ce dernier n'avait dit mot sur le trajet, échangeant uniquement avec les Clones qui l'escortaient.
Obi-Wan n'avait pas non plus jugé utile de lui parler, tout ce qui a été dit, il l'avait dit sur Mustafar. A quoi bon gâcher sa salive pour cela ? Quand il regardait le jeune homme aux yeux dorés, il espérait voir une part d'Anakin, mais rien dans son expression ne laissait paraître un tel espoir. Il avait perdu Anakin définitivement. Son ami, son frère, son apprenti était mort.
Après l'avoir poussé dans une sombre cellule de quelques mètres carrés, Obi-Wan fut libéré des menottes mais pas du colliers, puis on le laissa seul. La pièce aux murs grises disposait d'une petit ouverture qui laissait passer la lumière du jour, mais une main pouvait à peine y passer. Il y avait un paillasse à terre, fait en composant naturelle, à même le sol, seul mobiliser présent dans la pièce avec au coin la partie salle de bain, constitué uniquement de WC et de lavabo. Obi-Wan s'installa sur sa couchette de fortune, lâchant un soudain sanglot qui le surprit.
Pleurer.
La tristesse.
C'était tout ce qu'il lui restait comme émotion.
Il n'y avait que la tristesse qui gouvernait actuellement son cœur meurtri. Et personne ne serait là pour le soutenir, pour le rassurer, pour lui donner espoir.
Pas de Qui-Gon. Pas d'Anakin. Pas de Satine. Pas d'Ahsoka. Pas de Yoda. Personne. Juste lui.
Lui et sa futur vie.
Le Dernier Jedi qui ne pouvait pas mourir.
Six mois plus tard
Les jours passèrent et se ressemblaient tous, lui faisant perdre la notion de temps. Il ignorait si des mois, voire des années s'étaient écoulés, il avait perdu le compte mais de toute manière, cela lui était égale.
Obi-Wan n'avait plus revu Vador et la seule interaction qu'il avait était un plateau repas deux fois par jours que l'on glissait dans la fente de la porte destinée à cette effet. C'était généralement un maigre porridge et une bouteille d'eau, mais un Jedi comme lui avait besoin de plus de nutriments et en quelques jours, il sentit sa perte de poids. Il était de plus en plus faible et ses vêtements commençaient à flotter.
Niveau hygiène, il ne pouvait prendre soin de lui comme autrefois, sa barbe poussait et ses cheveux atteignaient la même longueur que son défunt maître, Qui-Gon. Il n'avait le droit qu'à un savon par semaine et un gant de toilette.
A certains moments, quand il en ressentait le besoin et afin de conservait sa vocalise, il se permettait de chanter quelques comptines qu'il avait entendu quand il était enfant. Cela ne concernait pas les Jedi, il craignait que si jamais il faisait allusion à cela dans ses chansons solitaires, il serait probablement torturé ou qui sait ce que l'Empereur ferait à de pauvres innocents.
Parfois, sans aucune raison, son collier s'activait, l'électrocutant et le faisant crier de douleurs, et derrière les portes, , il entendait des rires. Ils soupçonnaient des Clones ou bien des partisans de Sidious qui venaient le voir uniquement pour le plaisir, car en plus d'être enfermé, Obi-Wan était surveillé 24h/24h par une caméra installée au coin du plafond. Donc n'importe qui pouvait l'observer contre son gré sans qu'il le sache. Et l'ancien Négociateur avait de nombreux ennemis.
C'était désormais devenu une routine, qui n'étonnait même plus Obi-Wan, qui avait fini par accepter cela. C'était sa vie et si cela lui permettait de continuer de protéger des personnes, alors il continuerait à vivre. Il gardait ainsi cette flamme qui l'avait autrefois animé quand il était un Jedi, quand il parcourait la Galaxie, et même si c'était une menace du Sith, il était plus ou moins satisfait de continuer à faire ce qu'il avait appris : Sauver des vies.
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C'était la nuit. Et comme à son habitude, Obi-Wan prit un certain temps à s'endormir, il avait réussi à laver ses cheveux et sa barbe dans le lavabo, celui lui avait pris une bonne heure, mais il était heureux d'avoir pu enlever une bonne partie de la crasse qui s'y était incrusté.
Il s'était allongé dans son matelas et attendait patiemment que le sommeil vint à lui. Cependant, alors qu'il somnolait, la porte de la cellule s'ouvrit après un tintement de clé. En alerte, il se redressa vite et se réfugia dans le coin le plus loin de l'entrée de la cellule.
Il n'avait pas peur non, mais cela faisait des jours et des jours qu'il n'avait pas eu de visiteurs, son instinct de survie l'avait donc guidé à agir de cette manière. Il s'attendait à tout : Vador, un Clone, un droide protocolaire, voire un medroide, un ancien ennemi qu'il avait combattu, voire un total inconnu. A tout. Sauf à lui.
L'Empereur Palpatine, dans toute sa splendeur, il était recouvert d'un épais manteau rouge en velours, sa couleur fétiche. Il n'avait plus cette figure fantomatique ridée, mais avait repris ce visage sympathique du bon Chancelier.
« Bonsoir, très cher, salua-t-il avec un sourire, je suis désolé, de vous avoir pas pu vous rendre visite avant, mais voyez-vous, la mise en place d'un Empire prend beaucoup plus de temps qu'on le croit. »
Obi-Wan ne répondit pas, restant figé dans son coin. Darth Sidious releva un sourcils et tendit la main vers lui. Le Jedi se sentit glisser au sol, tiré par le col, et se retrouva à genoux au pied de l'Empereur.
« On ne vous a jamais appris, Jedi, à saluer vos supérieurs ? dit-il sur un ton regrettable.
Le Jedi se mordit les lèvres, ne voulant pas satisfaire le Sith.
- Très bien, CC-2256, veuillez-venir s'il vous plait, lança l'Empereur.
Un Clone apparut à leur coté. Obi-Wan tressaillit en remarquant alors les couleurs de son ancienne équipe, cependant il n'avait jamais retenu les matricules de ses hommes et ne savait qui se cachait derrière son casque.
- Veuillez vous tuer, Clone, ordonna le Sith.
- Non…murmura Obi-Wan la voix rauque.
- Très bien, fit le Clone en s'armant et en pointant son arme contre sa gorge.
- Non ! »
Malgré sa position à terre, Obi-Wan cria tout en tendant la main lorsque l'homme casqué tira sur son arme, mettant fin à ses jours, s'effondrant sans vie à l'entrée de sa cellule. Darth Sidious éclata de rire en observant le Jedi débraillé pleurer face à la mort d'un de ses anciens soldats.
« Voulez-vous qu'un autre le rejoigne ? S'enquit-il alors.
- Non…s'il vous plait…non, pria-t-il les larmes aux yeux, baissant la tête contre le sol.
- Alors, vous savez quoi faire.
- Je…suis votre…humble serviteur, votre Excellence, bredouilla-t-il.
- Bien, c'est un bon début, Jedi. Je vous souhaite une très bonne nuit. »
Cette nuit-là, Obi-Wan ne put empêcher ses larmes de couler de désespoir en sachant qu'il avait causé la mort d'un homme. Un homme qu'il avait connu autrefois.
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Darth Sidious avait apprécié cette séance de torture psychologique du dernier Jedi de la Galaxie. Non seulement, il s'avérait que c'était le Jedi Obi-Wan Kenobi, mais en plus, il allait assouvir ses pulsions de vengeance qu'il avait envers cet homme, qui avait longtemps contrecarré certains de ses plans. Il regrettait cependant devoir étouffer les talents du Jedi, qui dans son Empire aurait pu servir de nobles causes. Il avait rapidement déchanté quand il se rappela à quel point Kenobi était dangereux.
Installé dans la salle du trône, il profitait de ce lieu exquis pour se détendre et apprécier le coté Obscur de la Force. Il était dans son nouveau palais, l'ancien Temple Jedi, il avait ordonné la construction rapide de certaines parties du Temple pour installer son Palais Impérial.
Aujourd'hui était son premier jour dans ses lieux et il avait donc pris le temps d'aller visiter son prisonnier. Voilà six mois que le Jedi était enfermé et il était satisfait de le voir soumis, battu, faible. L'être autrefois si brillant et si imposant n'était plus. Il était désormais devenu un…esclave. Son esclave.
Le voir à genoux, horrifié devant la mort d'un Clone était aussi exaltant, puis lorqu'enfin, il lui avait obéi, lorsqu'enfin, le maître Jedi s'était soumis à son désir, Darth Sidious s'était senti surpuissant et euphorique.
Cependant, il avait envie d'en voir plus, il avait envie de voir le Jedi dans ses retranchements, il avait envie de le voir autrement. Depuis qu'il avait rencontré Kenobi sur Naboo, en compagnie du jeune Skywalker, il avait été intrigué par cet être. Il s'était longtemps dit qu'un jour, lorsqu'il serait empereur, il découvrirait les secrets que cachaient le Jedi.
Son air flegmatique, sa manière de jouer avec les mots, son coté sacrificiel. Ce Jedi n'était pas comme les autres. Oh non, il était loin de l'arrogance de Maître Windu, loin de l'impertinence de Maître Yoda. Il y avait de la faiblesse dans le cœur du Jedi, il se souciait des êtres vivants, il était attaché bien malgré lui à la vie, infime soit elle.
Il souhaitait voir Obi-Wan Kenobi, autrement que ce Jedi qui protégeait toutes vies innocentes soient ellee. Il devait déchirer ce masque que les Jedi lui avaient forcé à porter pendant des années, depuis son enfance.
Il s'enfonça dans le trône, perdu dans ses pensées.
Pendant six mois, il s'était retenu d'aller voir son prisonnier. Pendant six mois, il avait hésité à ordonner la condamnation d'Obi-Wan Kenobi. Mais désormais, il avait pris sa décision, il avait encore envie de jouer avec son prisonnier, de le briser à petit feu.
Obi-Wan Kenobi allait vivre. Et il allait vivre pour l'Empereur.
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Il avait cru qu'après la visite surprise de Darth Sidious, on le laisserait tranquille, mais il avait tort. Dès le lendemain, après son premier repas de la journée, un Droide de service LEP employé surtout pour les enfants et les vieillards, le rejoignit dans sa cellule. Il s'y introduit tranquillement et se présenta à lui.
Obi-Wan méfiant, avait reculé le plus loin possible, prêt à le détruire si cela dégénérait. Si Sidious voulait qu'il se soumette à un droide, il perdait son temps.
« Je suis Vix, droide serviteur, se présenta le petit robot, je suis là pour prendre soin de vous.
- Pardon ? s'étrangla Obi-Wan.
- Si vous le souhaitez, nous pouvons commencer par raser cette barbe qui est plus longue que la moyenne galactique, savez-vous que la plus longue mesure 20 mètres ?
- Eh bien, je dormirai moins bête… et…pourquoi dois-tu prendre soin de moi ?
- Mon maître souhaite que vous restiez en forme un minimum, hygiéniquement et médicalement. Mon devoir est de vous maintenir en vie le plus longtemps possible. »
L'ancien Jedi se mordit les lèvres, comprenant alors la démarche de Sidious d'être venu le voir cette nuit. Il aurait espéré qu'au fur et à mesure des années, après avoir été négligé aussi longtemps, Obi-Wan mourrait d'une maladie ou de dénutritions.
« Bien, commençons, monsieur. » déclara le petit robot en dévoilant par ses bras mécaniques des ciseaux et un rasoir.
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Quelques minutes après, Obi-Wan était nu du visages. Cela lui était très étrange d'être brusquement sans aucun poils sur le menton. Lui, qui pendant une dizaine d'année, avait gardé la barbe en raison d'ailleurs des remarques de ses confrères qui ne cessaient de lui dire qu'il faisait plus jeune que son âge. Cela lui avait valu quelques moqueries d'étrangers voire même des Jedi, et il s'était donc obligé à obtenir cette barbe, pour obtenir le respect qu'il méritait. Maintenant, il n'y avait plus de raisons de la garder, pourtant, c'était déstabilisant.
Comme s'il était en train de devenir quelqu'un d'autre. L'Esclave de L'Empereur. Son Serviteur.
Vix n'avait pas voulu lui couper les cheveux, il les avait lavé, les avait séché et les avait attaché. Quand Obi-Wan lui avait posé la question sur ce refus, le droide lui avait répondu que c'était les ordres de son maître. Le Jedi avait soupiré, car même ses cheveux ne lui appartenaient plus.
En plus de cela, le robot lui avait donné des pilules qui d'après ces dires, lui serviraient pour garder une peau saine. Cela ne rassurait pas du tout Obi-Wan qui se demanda à quel jeu jouait l'Empereur. Pourtant, il prit tout de même ses pilules, n'oubliant pas la mort du Clone, par sa faute, parce qu'il n'avait obéi aux ordres.
« Dis-moi, Vix, combien de temps cela fait que je suis ici ? questionna-t-il alors que le robot frottait son dos avec un gant mouillé et froid.
- D'après mes informations, cela fait à peu près six mois que vous êtes ici, monsieur.
- Oh. Et pourrai-je avoir …des infos sur ce qui se passent dans l'Empire ?
- Bien sûr, monsieur, je suis là pour ça. L'Empereur a crée un nouveau Sénat, tous les Sénateur s qui s'opposaient à lui ont été changé. Une nouvelle armée a été mise en place dans le but d'amener l'ordre et la sécurité. Le système monétaire a quasiment changé. L'Empereur a aussi fait des travaux de rénovation dans le Temple Jedi, qui désormais a été changé et s'appelle maintenant le Palais Impérial.
- Quoi ? »
Obi-Wan tressaillit quand il entendit cette nouvelle. Sa maison…est devenue le Palais de ce Sith ? Comment était-ce possible ? Jusqu'à où l'ambition et la perversion de Sidious iraient-ils ? Si le Sith voulait le faire souffrir, il y est arrivé, jamais Obi-Wan aurait cru un jour que son ancien chez lui serait habité par un maître Sith. Non seulement, c'était sa prison, mais en plus, c'était devenue lieu de vie de son pire ennemi.
« Voulez-vous que je continue ? demanda Vix en lui mettant par-dessus son dos sa nouvelle tunique.
- Non, merci. »
Le droide avait même amené des vêtements propres et il n'allait pas dire non à ça.
« Mon travail est terminé, je vais me désactiver et me réactiver demain matin, annonça le droide.
- Tu restes ici ? s'étonna Obi-Wan.
- Oui, mes ordres sont de prendre soin de vous, si vous avez une demande particulière qui fait partie de mes autorisations, n'hésitez pas à me demander.
- D'accord. A demain, Vix.
- A demain, monsieur. »
Vix se plaça à coté de l'entrée de la cellule et s'immobilisa. Ses petites lumières dans ses yeux s'éteignirent et à nouveau, Obi-Wan était seul. Propre , certes, mais à nouveau seul avec lui-même. Ce n'est pas comme si Vix allait lui donner la conversation. Ce n'était pas un humain.
Il ne se passa à peine quelques minutes, qu'un Clone ouvrit sa cellule, l'arme pointé sur lui.
« Lève-toi, Jedi. L'Empereur t'attend.»
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Obi-Wan trébucha devant le trône impérial, tombant à genoux comme le voulait Darth Sidious. Ce dernier ne cessait d'esquisser un sourire satisfait en le voyant entrer dans la salle impériale, où tout le long du murs se trouvaient des gardes rouges impériales d'élites. Il savait que s'il tentait de fuir, ce serait peine perdu. Sans la Force, il n'était rien qu'un simple humain.
Cela avait été douloureux de traverser ses couloirs où tant de frères et sœurs Jedi avaient autrefois vécu, ce même endroit où certains d'entre eux avaient trouvé la mort.
C'est le cœur meurtri qu'il dut baisser la tête en signe de défaite. Il n'avait plus la Force, il n'avait pas l'énergie, ni bien même l'envie de tenir tête à l'Empereur. Même s'il avait la volonté de le faire, un être vivant perdrait la vie et il n'avait pas le courage de faire face à la mort encore. Le Clone mort cette nuit lui avait fait apprendre la leçon, malgré lui.
« Bienvenue, maître Kenobi, dans votre…eh bien, devrais-je dire, votre demeure ? rit Sidious ironiquement tout en se levant et en se plaçant à un pas de lui.
- Je vous remercie, Votre Excellence, grinça-t-il en serrant les dents, fixant le pan de la robe rouge de l'autre homme.
- Vous êtes tellement plus présentable qu'avant, laissez-moi vous admirer, maître Kenobi. »
Le col du Jedi le tira vers le haut, l'obligeant à se lever, jusqu'à que ses pieds se détachent du sol, le faisant léviter à une hauteur qui permettant au Sith de l'observer dans toutes les coutures. Obi-Wan tenta vainement de paraître détendu, mais sa crispation et la sensation de doigts autour de son cou le rendirent mal à l'aise.
« Le droide a fait du bon travail, approuva le Sith en le déposant brutalement au sol.
Obi-Wan émit un gémissement en atterrissant. Il n'eut pas le temps de réagir à temps que Sidious attrapa la longue tresse rousse d'Obi-Wan et la serra fortement, le forçant à relever la tête vers lui. Il croisa ainsi pour la première fois depuis des mois, les yeux dorés et profonds du Sith, qui le fixait avec mépris et…un soupçon de curiosité qu'il n'avait jamais vu chez aucun Sith qu'il avait pu rencontrer. Comme s'il était lui-même un simple objet étrange et ancien. L'expression du vieil homme le laissait perplexe si bien que même Obi-Wan commençait à douter des véritables intentions du Sith à son propos.
- Vous n'avez pas l'air très vieux, Kenobi, remarqua-t-il à la grande surprise du Jedi qui ne s'attendait pas à de telles paroles provenant de l'être le plus dangereux de la galaxie.
- Vous n'avez pas l'air très jeune, rétorqua-t-il ne pouvant s'empêcher de délier sa langue.
L'Empereur cligna des yeux et Obi-Wan fut pris d'un frémissement soudain, regrettant d'avoir dit ces mots. Il se maudit intérieurement, craignant que le Sith ne décide de le punir pour cette insolence. Mais à la place, Sidious lâcha sa tresse et éclata de rire.
« Vous êtes à genoux, à mes pieds, soumis à mes ordres, comme un Esclave et vous êtes encore capable de me surprendre… »
Il retourna s'asseoir sur son trône et fit signe à Obi-Wan de s'approcher. Ce dernier hésita alors.
« Souvenez-vous sur ce qui peut arriver si vous ne me contentez pas, Kenobi. »
Il se mordit les lèvres, serrant ses poings devant ce fait accompli. Des vies ne dépendaient que de lui. Il se mit sur ses jambes, soulagé qu'il n'ait pas à ramper, et s'avança vers Darth Sidious, qui lui désigna un petit tabouret, non loin de lui. Sur cette petite chaise, un livre y reposait.
« Assis-toi et fais-moi la lecture. » exigea l'Empereur comme si cela était tout à fait normal.
Ne se posant pas de question, Obi-Wan obéit et s'installa sur le tabouret, heureux de ne pas s'asseoir par terre et ouvrit le livre qui s'avérait être un ouvrage Sith. Il avait juste à lire, n'est-ce pas ? Ce n'était pas compliqué ? Non ? C'était contre ses croyances, contre tout ce qu'il avait appris jusqu'ici et malgré le fait que l'Ordre Jedi n'était plus, il avait l'impression de trahir sa famille.
Il ferma les yeux et inspira. Il n'avait pas le choix.
Quelques secondes plus tard, dans la salle du trône, on pouvait entendre la voix d'un Jedi qui lisait la philosophie Sith.
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« Cela suffit, coupa l'Empereur.
Obi-Wan était à peine arrivé avant la moitié du livre, il releva la tête et fut surpris que le soleil s'était à presque couché. Même s'il était un ancien Jedi, il trouvait l'œuvre intéressant, certes, il n'y adhérait pas, mais la philosophie Sith se rapprochait presque de celle des Jedi, il était presque déçu de ne pas continuer.
L'arrêt de la lecture lui fit découvrir que sa langue était pateuse à force de lire. Il mourrait de soif littéralement.
- Laissez ce livre, nous continuerons plus tard, dit Sidious.
Ce fut avec un certain regret qu'Obi-Wan se leva et déposa le livre là où il l'avait pris. Le Sith remarqua son expression et rit doucement.
- Je vois que vous semblez apprécier les enseignements Sith ?
- Nullement, mais je dois avouer que cela est instructif. Il est dommage que je n'ai pu y avoir accès avant, répondit Obi-Wan sincèrement.
- Vous, les Jedi, tentez d'interdire les concepts Sith, gloussa Sidious, votre arrogance vous empêche de voir que le coté Obscur est beaucoup plus puissant. Au moins, votre ancien apprenti a été moins stupide que vous. »
A l'énonce d'Anakin, Obi-Wan blêmit, évitant le regard noir de l'Empereur. A chaque fois qu'il pensait à Vador ou a Anakin, cela lui faisait mal, lui rappelant son échec en tant que maître et mentor.
« Qu'on le ramène à sa cellule, lâcha Sidious.
Un Clone, le même qui l'avait accompagné jusqu'ici, se montra et s'inclina, prenant le bras de Jedi, qui se laissa faire.
- Au fait, Kenobi, j'oubliais.
Obi-Wan s'arrêta et se tourna vers l'Empereur, qui gardait une expression amusée.
- Tout maître doit donner un nom à son Esclave, tu ne seras plus Obi-Wan, tu seras Ben. Qu'en penses-tu ? »
Il aurait voulu protester. Lui enlever son prénom, son identité, c'est renié ce qu'il était réellement, c'est-à-dire un Jedi, un chevalier de la paix, un défenseur de la Justice. Mais il n'était plus cela. Son prénom, Obi-Wan, c'était ce qu'il l'attachait encore à l'Ordre. C'est ainsi que tout le monde l'appelait, Qui-Gon, Anakin, Yoda, Windu, ses frères, ses sœurs, Satine, Padmé, tout le monde l'appelait Obi-Wan.
« Je…ne…commença-t-il en balbutiant.
Les yeux dorés le scrutèrent, attendant sa réponse. L'image de la mort du Clone lui revint en tête.
Ce n'était juste un prénom. Juste un prénom.
Un prénom parmi tant d'autres.
Les Jedi n'existaient plus. Alors Obi-Wan ne devrait pas exister.
- C'est très bien, votre Excellence, souffla-t-il.
- J'en suis ravi, a demain, Ben.
- A …demain, Votre Excellence. »
Le Jedi qui était en lui, venait de rendre son dernier souffle. L'humain – l'Esclave – Ben avait pris sa place. Et même si une flamme était encore présente dans le cœur d'Obi-Wan, son cœur pleura une partie de son identité.
